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Valls, l’équilibriste qui marche sur un fil qui mène vers le vide

Hier, le Premier Ministre a prononcé un nouveau discours de politique générale et a obtenu le soutien de 269 députés. Même si le fond reste le même, sur la forme, Manuel Valls modère un peu son enthousiasme eurolibéral, sans doute un hommage à la synthèse chère à son chef…

Quelques gages donnés à son aile gauche
 
Le discours d’hier aurait sans aucun doute pu être écrit ou dit par François Hollande, tant il représente son goût de la synthèse avec le maintien sans nuance du cap politique qui consiste à tout miser sur une illusoire baisse du prix du travail de 40 milliards, tout en donnant quelques gages à l’aile gauche du PS, qui doit aussi avaler la réduction des déficits publics, le blocage du SMIC et d’autres mesures antisociales. Manuel Valls a ainsi procédé à quelques annonces destinées à tempérer les ardeurs sécessionnistes des frondeurs. Après avoir baissé les impôts de 4 millions de ménages en 2014, 6 millions en profiteront en 2015. Le minimum vieillesse est revalorisé de… 1% et les 35 heures sont sanctifiées.
 
Encore mieux, après avoir été applaudi debout aux universités d’été du Medef, il lui a envoyé une mise en garde contre la « provocation  » et la « surenchère  ». Bourde de Pierre Gattaz qui, suite aux déclarations d’amour d’août s’est laissé emporter par son enthousiasme naissant, ou chorégraphie qui arrange l’un et l’autre ? Enfin, il a soutenu que « la France décidait elle seule de ce qu’elle devrait faire  » en matière de budget, une contradiction totale avec le TSCG, cette camisole budgétaire signée en début de mandat. Bref, nous sommes dans la situation paradoxale où, alors qu’il donne quelques petits gages à son aile gauche, celle-ci s’abstient lors du vote de confiance au gouvernement.
 
Le néolibéralisme, version gauche
 

Ce faisant, le Premier Ministre cherche à faire un grand écart où il confirme son adhésion au néolibéralisme le plus dogmatique (avec la suicidaire quête de compétitivité) tout en cherchant quand même à se distinguer de la droite en plaidant pour une baisse plus lente des déficits et en donnant quelques millions aux pauvres, qui paraissent néanmoins bien léger par rapport aux 40 milliards de baisse du prix de travail, qui montrent bien quelle est la priorité de ce gouvernement qui se dit pourtant « socialiste ». En attaquant bien timidement l’Allemagne et le Medef, Manuel Valls cherche à trouver une position d’équilibre où il pourrait contenter sa gauche comme le centre, mais cela semble bien hasardeux.

 
A vouloir plaire à tout le monde, l’équipe au pouvoir risque de ne plaire à personne. Elle risque de ne pas plaire aux néolibéraux qui lui reprocheront toujours de ne pas aller assez loin et assez vite, malgré les très nombreux gages donnés au patronat le plus dogmatique, comme Eric Verhaeghe le souligne sur le Figaro. Et les quelques oboles données tardivement aux plus pauvres risquent de ne pas peser très lourd face à la hausse du chômage et la baisse du pouvoir d’achat. Et pour les autres, la ligne politique risque de manquer singulièrement de clarté, en entendant le premier ministre tenir un discours proche d’Arnaud Montebourg qui a pourtant été écarté pour avoir tenu ce même discours
 
D’ailleurs cet exercice de synthèse laisse un goût amer puisqu’il a réuni bien moins de voix qu’en avril dernier. Il est de plus en plus clair que ce numéro d’équilibriste qui consiste à suivre un cap eurolibéral de plus en plus marqué tout en donnant quelques œillades à sa gauche, mène dans une impasse.

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3 réactions à cet article    


  • goc goc 17 septembre 2014 11:07

    Valls a déclaré après le vote : « L’important c’est de tenir »
    http://www.boursorama.com/actualites/valls-et-des-tenors-ps-appellent-a-tenir-evoquent-le-peril-fn-3e788c438d8e199cc798524b7c9d1f81
    Quand un pouvoir qui n’a même pas la confiance de 2 citoyens sur 3, prétend vouloir s’accrocher à son poste, alors il bascule du coté sombre de la démocratie, bref on devient une dictature


    • claude-michel claude-michel 17 septembre 2014 11:15

      Valls vient de sauter de l’avion sans parachute... ?
      Une étourderie de sa part..ou un calcul pour 2017.. ?
      Il restera monsieur 5% pour l’éternité.. !


      • zygzornifle zygzornifle 17 septembre 2014 11:47

        Valls va essayer de se taper « l’incruste » jusqu’au bout ..... 

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