Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Politique > Valls : la modernité comme alibi commode pour refuser de débattre et de (...)

Valls : la modernité comme alibi commode pour refuser de débattre et de réfléchir

« Il faut en finir avec la gauche passéiste  » : c’est cette phrase du Premier Ministre dans un entretien à l’Obs qui a allumé le feu, d’autant plus qu’il y regrette que la majorité n’ait pas tendu la main à François Bayrou en 2012. Mais cette phrase cache surtout une posture un peu trop commode.

La sempiternelle rengaine de l’archaïsme
 
Cela fait maintenant 30 ans que le débat politique national revient sur la pseudo fracture entre ce qui serait l’aile moderne et l’aile archaïque du Parti Socialiste. Manuel Valls, représentant ultime de l’aile prétendument moderne, soutient « qu’il faut en finir avec la gauche passéiste, celle qui s’attache à un passé révolu et nostalgique, hantée par le surmoi maxiste et par le souvenir des Trente Glorieuses  ». Pour lui, la gauche doit être « pragmatique, réformiste et républicaine  » et poursuit « il faut assumer devant les Français que réformer un pays qui a perdu sa compétitivité prendra dix ans. Je comprends leur impatience, mais il faudra du temps pour que la France rattrape pleinement son retard  ».
 
Finalement, on peut dire que c’est le discours de Manuel Valls qui est passéiste. Après tout, c’est la même rengaine que l’aile droite du PS nous sert depuis plus de 30 ans, depuis le virage libéralo-austéritaire de 1983, qui a fait que les « socialistes » ont libéralisé express la finance et abandonné les ouvriers. Déjà, à l’époque, les réticences d’un Jean-Pierre Chevènement étaient sans doute jugées comme des positions archaïques par des camarades trop influencés par un air du temps provenant pourtant de Ronald Reagan et Margaret Thatcher. Les mêmes pseudo modernes ont défendu l’indépendance de la banque centrale, qui ne défend plus l’intérêt général, ou le bradage du patrimoine de l’Etat.
 
Une manipulation du débat public

Mais cette rhétorique trop commode du débat entre pseudo-modernes et pseudo-anciens est surtout un moyen d’étouffer tout débat. En qualifiant tout opposant de passéiste, c’est un moyen de les disqualifier par principe. Ainsi, toute personne qui remettrait en cause la course suicidaire à la compétitivité ne serait qu’un nostalgique d’une époque désormais révolue, les Trente Glorieuses, ou alors un néomarxiste, façon de sous-entendre qu’il est quasiment communiste. Bref, toute personne qui remettrait en cause la direction prise par l’actuelle majorité serait au mieux un Guy Mollet en puissance, et au pire, un Jacques Duclos ou un Georges Marchais transposé dans les années 2010.

Ce procédé reflète également, et plus simplement, un refus profond de réfléchir. En effet, l’évidence que présente Manuel Valls, de la course à la compétitivité, n’en est pas une. Dès avant la grande crise de 2008, de nombreux économistes, dont de nombreux libéraux, pourtant classés à droite, la remettaient en cause. On peut penser à Maurice Allais, Jean-Luc Gréau ou Gérard Lafay. Il y a tout de même quelque chose de très paradoxal à voir les pseudo représentants de la gauche tenir les raisonnements de la droite la plus bête et la plus dogmatique pour paraphraser Paul Krugman. Ce faisant, les « socialistes » montrent tout simplement une incapacité à réfléchir, qui n’augure rien de bon.
 
Le danger est d’autant plus grand que certains alternatifs embrassent cette critique au nom de la défense de la tradition, au point parfois de tomber dans le réactionnaire. Mais ce faisant, ils tombent dans le piège qui permet aux idées néolibérales de toujours l’emporter à la fin…

Moyenne des avis sur cet article :  4.29/5   (17 votes)




Réagissez à l'article

16 réactions à cet article    


    • Mmarvinbear Mmarvinbear 25 octobre 2014 20:58

      Après tout, c’est la même rengaine que l’aile droite du PS nous sert depuis plus de 30 ans, depuis le virage libéralo-austéritaire de 1983, qui a fait que les « socialistes » ont libéralisé express la finance et abandonné les ouvriers.


      Le passéisme, c’est vouloir utiliser le chargeur de son Nokia de 1989 pour recharger son iPhone de 2012 parce qu’il est écrit quelque part que le chargeur 1989 est la seule et unique solution socialistement correcte. C’est tout le problème de l’aile gauche du PS qui ne veut pas comprendre que leurs solutions ne peuvent plus marcher et qu’il faut donc autre chose.

      Il faut avant tout dissocier le but des moyens. On peut très bien user de techniques qui ne sont pas dans la doxa socialiste pour remplir les objectifs que sont l’amélioration du sort des ouvriers et du Peuple.

      Les Hamon, Aubry, Mélenchon et Montebourg reprochent en fin de compte à Hollande et Valls de ne pas suivre les préceptes du Petit Jaurès Illustré.

      Mais bon sang, Jaurès a vécu à une époque ou l’économie nationale était grandement déconnectée des circuits internationaux qui n’avaient de plus pas l’importance qu’ils ont aujourd’hui ! C’était un moment de l’ Histoire ou chaque nation avait sa monnaie, sans possibilité d’intervenir réellement en cas de dévaluation ou de réévaluation de la monnaie voisine. C’était une période ou tout reposait sur l’ Etalon Or.

      Pour s’en convaincre il suffit de se demander ce que Blum penserait de Twitter.

      Pas facile d’avoir la réponse, pas vrai ? Et vous savez pourquoi ?

      Parce que Blum ne pouvait pas imaginer qu’un truc comme Internet puisse exister un jour !

      Les idéologies des grands noms du socialisme ne PEUVENT PAS constituer une Bible pour nous guider aujourd’hui, nos mondes sont trop différents. Ils peuvent servir de référence pour les buts à atteindre, mais leurs solutions sont dépassées, et nuisibles désormais.

      La relance de la consommation prônée par le FDG et la gauche du PS ? On l’a fait ! Deux fois ! 

      Le résultat ? Une amélioration à court terme des conditions de vie, mais à moyenne long terme, les effets négatifs prennent le pas. Creusement de la dette, chômage accru par perte de compétitivité.

      Recommencer serait une connerie absolue.



      • njama njama 26 octobre 2014 10:39

        avant on appelait ça le « Progrès », mais comme le mot a été repris par tant de factions pour servir tout et son contraire, et bien plus d’intérêts particuliers que réellement populaires, qu’il est usé, fût rapiécé mille fois pour entretenir la perfusion d’un ersatz de rêve humaniste ... et que ce mirage est passé de mode ... au grand risque de lasser les citoyens, Manuel en chevalier blanc, sauveur du PS qu’il entend rebaptiser aussi, nous propose dans le droit fil du langage orwellien, son clone, « la modernité » !


      • njama njama 26 octobre 2014 11:03

        La sempiternelle rengaine de l’archaïsme...
        ça s’appelle « le progressisme », lequel peut être convoqué pour tout et n’importe quoi, et revendiquer par à peu près n’importe qui, dès lors que l’on veut se débarrasser d’un paquet jugé encombrant en éludant le problème.

        -----
        Pendant la IVe république, le terme est ambigu puisqu’il peut désigner aussi bien les communistes que des républicains modérés et qu’à peu près toutes les forces politiques se réclament du Progrès. Cependant, la Ve République a reformulé le spectre politique français. La mise en cause d’un Progrès technique et scientifique linéaire et peut-être dévastateur pour la nature n’a cependant pas modifié l’image de soi d’une gauche française qui continue de se définir comme la réunion des « forces de progrès »
        http://fr.wikipedia.org/wiki/Progressisme

        Valls tente peut être de redonner une virginité au PS, avec la « la modernité » il ne prend pas trop de risque, le modernisme n’ayant encore aucune connotation politique (sauf peut-être pour l’église catholique ici ... ce qui nous éloigne du spectre politique laïque)
        Maintenant on demande à voir par quel bout « la modernité » pourrait devenir subitement l’apanage des vertus socialistes ?


      • 1871-paris 1871-paris 27 octobre 2014 11:30

        Donc voila pourquoi il ne faut pas rester sous l’égide d’une CEE qui finalement ne nous protège pas des rapaces de la finances mais au contraire nous y livre comme des biquets.


        Basta CEE revenons sur la lois de 1973 ! 

        Pour commencer...

      • lsga lsga 27 octobre 2014 11:32

        toi tu as besoin d’une bureaucratie bourgeoise pour te défendre ? Viva la revolucion ! :-P


        Sinon, l’union des marchés européens provoque l’union des travailleurs européens, déjà, il nous faut une grève générale européenne !

        VIVA !


        et puis la loi de 73 : OSEF. 

      • zygzornifle zygzornifle 26 octobre 2014 08:11

        La modernité pour ce vestige du passé qu’est devenu le PS ?? Qui va le croire !!!!


        • zygzornifle zygzornifle 26 octobre 2014 08:12

          La gauche passéiste c’est transformé en droite qui bouge ......


          • 1871-paris 1871-paris 27 octobre 2014 11:04

            Ce mec « VALLS » est un ignare, il ne connait rien en histoire politique, ne connait pas la philosophie Socialiste, sort des poncifs les uns derrières les autres, un NUL !

             

            Qui lui donne la compilation des reportages « Le capitalisme » qui passe en ce moment sur ARTE ?

             

            Non lui doit croire encore à des conneries comme " l’avantage comparatif« et la »main invisible"... un C.... !


            • 1871-paris 1871-paris 27 octobre 2014 11:07

              Ca fait 35 ans qu’ils nous promènent avec leur « modernité » liberal, et lui demande encore 10 ans de plus !!!!

              Ils y en a qui meritent des baffes !


              • 1871-paris 1871-paris 27 octobre 2014 11:09

                Ce sont eux les passéistes, il nous reserve les doctrines de l’avatage libéral de A.SMITH et D.RICCARDO vieille de presque 300 ans !!!!


                • lsga lsga 27 octobre 2014 11:12

                  Rappelons ici que Marx s’appuie totalement sur les théories de Ricardo, qu’il reprend et corrige.




                • 1871-paris 1871-paris 27 octobre 2014 11:14

                  Et il y a de quoi corriger forcement ! vu le niveau de naifté des postulas....


                • lsga lsga 27 octobre 2014 11:29
                  En fait, le Marxisme appartient au courant libéral. Vu qu’aujourd’hui, on raconte n’importe quoi sur le libéralisme, et la gauche a été envahit par la pensée fascisante d’une Bureaucratie d’État toute puissante qui fait la charité aux pauvres, l’idée surprend.

                  Mais oui : le Marxisme appartient au courant libéral.


                  Le courant libéral c’est :

                  1. John Lock, qui affaiblit le concept de propriété privée en fondant la propriété sur le travail.
                  2. David Hume le gauchiste homosexuel qui faisait parthouser tout l’Angleterre, qui va démontrer que l’économie ne repose pas sur la moral (les 7 péchés capitaux : c’est bon pour le business)
                  3. Ricardo, qui va fonder la valeur sur le Travail.
                  4. Marx qui va corriger le travail de Ricardo, grâce au concept de plus-value, de travail abstrait, et de temps de travail socialement nécessaire ; et qui va pousser à l’extrême l’affaiblissement de la propriété privée (collectivisation entre tous les travailleurs), et en finir avec la moral en Politique grâce à la dialectique matérialiste.
                  5. Schumpeter, qui va maquiller Marx dans une couche de structuralisme pour le rendre présentable aux bourgeois

                  Smith : c’est un crétin. Il a placé la création de richesse dans le marché : c’est n’importe quoi. Les « néo-libéraux » et l’école de Chicago en général ne voulaient surtout pas faire comme Schumpeter, à savoir d’accepter que Marx avait raison et que le Capitalisme allait mourir, ils ont donc été chercher le CANCRE du courant libéral pour défendre leur propriété privée des moyens de production. 

                  Quoi qu’il en soit :

                  À MORT L’ÉTAT ! À MORT LA BUREAUCRATIE ÉTATIQUE ! VIVE LES CONSEILS SOCIALISTES !

                • 1871-paris 1871-paris 27 octobre 2014 11:13

                  Réfléchir chez les leaders Socialistes pensez donc...


                  Cambadélise le fraudeur au Diplomes !

                  Valls l’ignare qui n’en a obtenu aucun et n’a partiqué que l’arrivisme dans le sillage de Rocard !

                  LeGuen militant du GUD puis passé la OCI (bonjour les convictions politiques)

                  Tout ca chapoté par HOLLANDE déguisé en Monsieur loyale pathétique a la blague qui tombe a plat a tout les coups !

                  avec une equipe pareil ou pouvons nous aller , si ce n’est dans le mur !

                  je pense meme qu’ils pensent que Freindman et Hayek ne sont pas mort....


                  • Le421 Le421 27 octobre 2014 12:08

                    Dites-donc les gars !!
                    Les recettes que l’on applique en 2014... Ca ne serait pas les mêmes qu’en 2013,2012, 2011, 2010, etc... Et ça peut remonter loin comme ça.
                    A la bande de conos qui disent :« Ouais !! Et bien voilà !! On a essayé la droite et la gauche, c’est pareil !! »
                    Sauf que je me demande à quel point il faut être taré pour croire que l’on applique une politique de gauche dans ce pays...
                    Même Mitterrand était tout juste un bon centriste attrapiste.
                    Les autres ?? No comment...
                    Certains pays d’Amérique du Sud sont en train de démontrer que d’autres solutions sont possibles, à conditions d’envoyer « péter » les gros financiers qui nous gouvernent.
                    Dernière nouvelle, les banques françaises se portent bien !!
                    Devine !!
                    Vu comment elles se comportent avec leurs victimes* !!
                    *Ceux qu’ils appellent des « clients ».

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès