Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Politique > Vers des élections municipales dès l’automne ?

Vers des élections municipales dès l’automne ?

A peine Nicolas Sarkozy investi comme nouveau président de la République, voici que ressurgit la rumeur selon laquelle les élections municipales et cantonales pourraient être avancées à l’automne prochain.

Petit rappel : fin 2005, le gouvernement Villepin fait adopter une loi qui proroge d’un an le mandat des conseillers municipaux et des conseillers généraux renouvelables en 2007. Raison invoquée : la multiplicité des scrutins électoraux en cette année de présidentielle et de législatives. C’est Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, qui défend le texte de loi au Parlement. Celui-ci est adopté par une large majorité, opposition et majorité confondues.

Cela n’empêche pas le candidat UMP à la présidentielle de multiplier par la suite les sorties sur son intention, s’il est élu président, de modifier ce calendrier. En organisant les élections municipales et cantonales dès l’automne, le nouveau gouvernement aurait ensuite la voie libre pendant un an et demi avant les prochaines échéances électorales (les européennes de juin 2009) pour mener à bien ses réformes. Mais les associations d’élus locaux montent à la charge contre cette idée et finalement, lors du dernier congrès des maires de France, Nicolas Sarkozy annonce qu’il y renonce.

Sauf que, depuis, Nicolas Sarkozy a été élu président de la République avec plus de 53% des suffrages, ce qui lui confère une indéniable légitimité qu’il pourrait utiliser pour modifier une nouvelle fois le calendrier électoral.

Sur le plan technique, la chose est faisable, même si elle pose un certain nombre de problèmes. Après tout, ce qu’une loi a fait, une autre loi peut le défaire. A condition toutefois que celle-ci soit adoptée dès la session extraordinaire du Parlement prévue cet été. Il y a bien une difficulté en ce qui concerne le respect de la législation sur le financement des campagnes électorales et la limitation de la communication des collectivités territoriales qui prennent théoriquement effet un an avant l’échéance. Mais rien n’empêche que la nouvelle loi prévoie des dispositions spécifiques à cet égard et après tout nous sommes d’ores et déjà rentrés dans cette période pré-électorale d’un an.

Sur le plan politique, en revanche, la manoeuvre risque d’être plus délicate à faire accepter. Comment, en effet, justifier une telle remise en cause de la parole donnée par le nouveau président de la République et comment expliquer aux Français que la priorité du nouveau gouvernement réside dans une énième modification du calendrier électoral ? Le côté "tripatouillage politicien" pourrait s’avérer dévastateur pour le pouvoir en place.

Certains imaginent déjà que l’Association des maires de France pourrait réclamer une telle modification ; ce qui aurait le mérite de faciliter la tâche de Nicolas Sarkozy. Il ne reviendrait plus sur une promesse émise publiquement mais répondrait à une demande des élus locaux eux-mêmes ! Mais c’est oublier un peu vite le caractère pluraliste de l’AMF. Or, il est douteux que les élus de gauche ne fassent pas entendre leur voix dans une telle hypothèse... ce qui rendrait la manoeuvre un peu trop voyante et susciterait, à l’évidence, la polémique.

Reste qu’un passage en force n’est pas à exclure venant d’un nouveau président qui semble bien décidé à aller vite dans la mise en oeuvre de ses réformes et à être présent sur tous les fronts. Nul doute que Nicolas Sarkozy et son équipe prendront la décision d’avancer ou non les élections municipales et cantonales au regard d’un principe simple : quel en sera le gain politique ? Certains édiles mis en difficulté dans leur commune, comme les maires de Bordeaux ou de Toulouse, où Ségolène Royal est arrivée nettement en tête le 6 mai dernier, pourraient être tentés d’avancer les échéances pour couper l’herbe sous le pied de leur opposition municipale et bénéficier des avantages supposés d’être sortant. Un Dominique Perben à Lyon pourrait également avoir intérêt à capitaliser les bons résultats obtenus par la droite dans la capitale rhône-alpienne et à empêcher que se développe l’alliance entre socialistes et centristes que Gérard Collomb appelle de ses voeux. A contrario, il n’est pas sûr qu’un Jean-Claude Gaudin à Marseille, encore en plein travaux du tramway, ou une Françoise de Panafieu à Paris, qui cherche encore à s’imposer comme véritable opposante à Bertrand Delanoë, trouvent leur compte dans un tel avancement des échéances.

En outre, le passé récent démontre qu’il est particulièrement incertain de faire des paris sur des échéances locales au regard des résultats de la présidentielle, tant les enjeux de ces deux types de scrutins sont différents. En 1995, la droite avait déjà espéré capitaliser sur sa victoire à l’élection présidentielle en reportant les municipales au mois de septembre. Or, la gauche avait remporté plutôt de bons résultats, mettant notamment fin à la suprématie du RPR dans la capitale.

Autant dire que l’exercice s’avère périlleux ! Il serait, en tout état de cause, parfaitement contraire au respect des principes démocratiques les plus élémentaires puisqu’il aurait pour conséquence directe de réduire la campagne électorale à sa plus simple expression. Ce ne serait pas le moindre des paradoxes au moment où l’on a tant vanté le retour de flamme démocratique des Français à l’occasion de ce scrutin présidentiel.


Moyenne des avis sur cet article :  4.75/5   (16 votes)




Réagissez à l'article

5 réactions à cet article    


  • vachefolle vachefolle 18 mai 2007 14:47

    Le premier scandale est la modification initiale. Qu’une simple loi puisse modifier a ce point le mandat de tel ou tel élu est inacceptable. Il est dailleurs tout aussi scandaleux que le nb de députés et le mode de scrutin soit modifiable par une simple loi, et non inscrit dans la constitution.

    Le deuxieme scandale serait de revenir dessus. Gagons que Sarkozy se souviendra de l’episode de 1997, et evitera de manipuler le scrutin.


    • non666 non666 18 mai 2007 19:00

      Il etait en effet scandaleux d’avoir modifier la date initiale des municipales.

      Il s’agissait ni plus ni moins de prolonger le mandat de pres d’un an.

      Cette maneuvre n’etait pas, comme il a été indiqué , pour eviter de telescoper la presidentielle, mais bel et bien de garder les maires en Otage dans la perspective de la modification des 500 signatures.

      Pour les menaçer de devoiler les soutiens « scandaleux » a LePen ou Besancenot, il fallait des delais pour les montrer du doigt aux populations.

      En plein bruit presidentiel, cela n’etait pas possible. Le pouvoir coercitif aurait fonctionner dans les deux sens. Les electeurs FN pouvant par exemple « torpiller » leurs maires qui refuser de signer l’investiture Lepen...

      En decalant l’election, on laisse aux electeurs le temps d’oublier les boycott et on ne fera du bruit que contre les maires « signeurs ».

      Si Sarkozy et son gang ont decidé de ne pas utiliser cette arme(le refus des signatures« en dernier ressort c’est visiblement parce que les enquetes leurs ont montrés qu’il avait capté suffisament d’electeur LePen pour le laisser »passer".

      Mais il est clair que les elections sont devenues illegitimes dans la mesure ou il faut un « parrainage » pour pouvoir se presenter.

      Et pourquoi pas la caution d’un parti siegeant a l’assemblée pour se presenter aux municipales , pendant qu’on y est...


    • Pelletier Jean Pelletier Jean 18 mai 2007 17:31

      je crains fort que la rumeur soit étayée car ce serait l’intérêt de l’UMP de tirer tout le profit, il (NS) attendra sans doute les résultats des législatives avant de se décider...


      • LosKr 18 mai 2007 17:58

        Et zut !

        Peux pas attendre, le Sarko ??? Les élections présidentielles m’ont mis tellement les boules que j’ai décidé de devenirr citoyen français ! Après tout, je paie mes impots ici, j’ai quand même le droit de décider un peu à quoi ça doit servir !

        Déjà, je rate les legislatives, manquerait plus que je puisse pas voter non plus aux municipales !!! Il aurait pas un peu peur de mon vote, le Sarko ??? mdr


        • Céline Ertalif Céline Ertalif 19 mai 2007 00:47

          Cher collègue territorial,

          J’ai commis un article sur ce même sujet le 25 septembre dernier : http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=13683

          Effectivement, il reste de bonnes raisons de faire ces élections municipales et cantonales en automne : j’ai donné moi-même une excellente raison qui n’est pas politicienne. Visiblement, les préoccupations des décideurs le sont beaucoup plus.

          Une telle modification me paraitrait maintenant très « gonflée ».

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès