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Accueil du site > Actualités > Politique > Vers la « dernière » réforme de l’Etat ?

Vers la « dernière » réforme de l’Etat ?

L’avenir de l’Etat belge se joue-t-il dans les semaines qui viennent ? Désormais, tout le monde se dit prêt à discuter de cette « grande » réforme de l’Etat. Mais la donne a changé : pris au mot par les Francophones, les Flamands semblent à présent vouloir freiner le processus… Avant la grande explication, les protagonistes se testent à coup de déclarations.

Les grandes manœuvres politiques de la rentrée sont lancées. Après les ultimatums du cartel flamand CD&V/NVA, les Francophones ont mûri leur discours et échafaudé une stratégie qui semble poser problème dans le Nord. Elle consiste à minimiser l’impact de BHV en plaçant Bruxelles au cœur du débat. Il faut se rappeler que les premières conclusions du triumvirat de médiateurs royaux avait fait valoir la nécessité, pour négocier une réforme de l’Etat harmonieuse, d’un dialogue entre les entités fédérées plutôt qu’entre les partis. Assez rapidement, la question qui s’imposait était : les entités fédérées oui, mais lesquelles ? Rappelons qu’elles sont au nombre de six, se partageant les compétences mais aussi certains territoires : la Région flamande, la Communauté flamande (Flandre + les Flamands de Bruxelles), la Région wallonne, la Région de Bruxelles-Capitale, la Communauté française (Wallonie + les francophones de Bruxelles) et la Communauté germanophone (intégrée à la Région wallonne). Ce qui ouvre un large éventail de choix d’interlocuteurs… Pour les Francophones, il est évident que la région bruxelloise, vieille pomme de discorde institutionnelle, doit participer aux négociations. Pour les Flamands, il n’y a pas d’autre choix qu’un dialogue entre Flamands et Francophones, qui déciderait du sort de Bruxelles.
 

Perdre en voulant trop gagner

On assiste donc, depuis le début du mois, à des gesticulations entre Kris Peeters, ministre-président de la Région flamande, et Rudy Demotte, son alter ego de la région wallonne et de la Communauté française (ensemble sur la photo), histoire de tâter le terrain et de sonder la fermeté des positions adverses. Mais la donne a changé. Car l’an dernier, les exigences flamandes d’importants transferts de compétences vers les régions, comprenant notamment la sécurité sociale et l’impôt des sociétés, avaient semé la panique en Wallonie, « demandeuse de rien » et craignant d’être livrée à elle-même. Mais avec le temps, les Francophones ont noué un partenariat entre Wallons et Bruxellois afin de présenter un front uni face aux revendications nordistes. C’est ainsi que Kris Peeters se retrouve aujourd’hui seul face à deux entités fédérées solidaires, ce qui n’arrange pas du tout ses affaires. Les Francophones ont-ils misé sur le fait que les exigences flamandes étaient un bluff qui dépassait leurs réels objectifs ? En se déclarant aujourd’hui presque plus décidés que les Flamands à enfoncer l’accélérateur de la réforme, ont-ils réussi à refroidir les ardeurs séparatistes de ces derniers ? On sait les Flamands peu enclins à transiger sur Bruxelles, qu’ils considèrent comme faisant partie de la Flandre. En exigeant la présence de Bruxelles-la-francophone (à près de 90%) à la table des négociations, Rudy Demotte place Kris Peeters devant une équation insoluble. Et permet à Charles Piqué, Ministre-président de la Région bruxelloise, d’évoquer la « dernière réforme » d’un Etat dont il n’hésite plus à brandir le spectre d’une disparition rapide. Résultat des courses : les Flamands se retrouvent aujourd’hui dans la position qu’occupaient les Francophones l’an dernier, celle de celui qui a peur de perdre en voulant trop gagner. Avec la perspective d’élections fédérales couplées aux régionales de juin 2009, l’équation s’annonce délicate à résoudre.


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3 réactions à cet article    


  • Bof 13 septembre 2008 17:04

    Merci pour cette infomation. On peut....et être content que ça s’arrange quand même. ALORS....pour une fois, pour la première fois...en public, mes bons baisers et souhaits ...et sans histoires : !


    • Antoine Diederick 13 septembre 2008 22:32

      Bonsoir Gilles, nos crétins d’hommes politiques belges sont encore encore à l’oeuvre ? Je croyais que les vacances avaient réduits leurs ardeurs à rien. Je me suis donc trompé. Ils continuent leurs "salvatrices négociations"....

      Comme dirait un ami flamand que j’ai rencontré l’autre jour... :" Si tu savais comme en politique les hommes sont mesquins entre eux...."

      J’ai médité cette affirmation, et elle m’a convaincu. Mon copain flamand aussi par la même occasion.

      Tu sais bien , Gilles (pour faire brellien , Brel quoi...) que la politique consiste à vendre du poisson pas frais comme celui qui aurait été pêché la nuit même et mis sur l’étal le matin à l’aube.


      • Antoine Diederick 13 septembre 2008 23:26

        a part mon commentaire ci dessus,

        très bon article et si cela se confirme, il y aurait donc un renvoi des protagonistes à des plus modestes considérations ce qui permettra au réalisme de l"emporter, c’est mon souhait.

        Ceci dit la presse exploite encore le populisme qu’ induit la situation, surtout autour de la personnalité fallote de De Wever(s)....je sais jamais si faut mettre un "s" à son nom vu que comme extra - terrestre, nous avons déjà vu mieux dans la farce belge de par le passé.

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