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Vers une nouvelle Commision des droits de l’homme

Cette année, la Commission des droits de l’homme comptait 53 membres, parmi lesquels la Chine, Cuba, le Pakistan, l’Arabie Saoudite, le Soudan et le Zimbabwe. Ces pays sont cependant régulièrement cités comme les pires violateurs de ces droits fondamentaux par Amnesty International ou Human Rights Watch. Mais les grands défenseurs de ces droits fondamentaux veillent. Sauf que, des groupes de travail ont une influence majeure dans les sujets débattus.

L’un de ces groupes de travail est le Groupe de travail des situations de la Commission :

Le Groupe de travail des situations (...) se réunira au moins un mois avant la Commission afin d’examiner les situations qui lui ont été transmises par le Groupe de travail des communications et de décider de leur renvoi éventuel à la Commission. Ce sera ensuite à la Commission de prendre une décision concernant les situations ainsi portées à son attention.

Le Groupe de travail des situations joue donc un rôle de filtre utltime des plaintes dignes d’intérêt qui pourront être examinées par la Comission des 53. Cette année la Chine, Cuba et le Zimbabwe étaient 3 des 5 membres de ce groupe de travail.

Le Houston Chronicle relayait ce problème, et avançait que le problème réside dans le fait que toutes les nations sont considérées égales : la voix de Cuba vaut celle des USA qui vaut celle du Zimbabwe.

Un rapport international des Nations Unies de cette année, indiquait à Kofi Annan que la crédibilité et le professionalisme de la Commission des droits de l’homme était en train de s’éroder. Annan a admis lui-même que le déclin de crédibilité de la comission était une menace pour la réputation des Nations Unies. Il a alors proposé de réduire l’actuelle Commission aux nations répondant aux standards des droits de l’homme.

Pour rappel ou pour information, voici ce que l’on peut lire de ces 3 pays dans l’actualité des droits de l’homme :

- La Chine souhaite mettre en place un Etat de droit, mais, le chemin restant à faire est « manifestement long et, pendant ce temps, la réalité des droits de l’homme continue d’être préoccupante », disait Mary Robinson, haut commissaire des Nations Unies en 2002. Le 14 avril 2005, le gouvernement de Pékin a publié un Livre Blanc sur les droits de l’homme, qui se flatte des « progrès » enregistrés, tout en reconnaissant les abus dont se rendent coupables policiers et officiels, notamment au niveau provincial. Le livre cite des cas de « détentions illégales », d’« aveux forcés » de « violences et de tortures sur des détenus ». Il se félicite du lancement de campagnes ayant abouti à la « condamnation » de 1595 responsables et à « la remise en liberté, l’année dernière, de 10000 personnes injustement emprisonnées ». La Chine est consciente.

- A Cuba le 20 mai 2005 se réunissaient librement 200 dissidents cubains, à l’initiative de l’Assemblée pour la promotion de la société civile (APSC), la branche considérée comme la plus « droitière » de la dissidence, pour dénoncer le régime « stalinien et totalitaire » de Fidel Castro.

- Le cas du Zimbabwe est plus obscure. Un rapport d’avril 2003 rédigé par une organisation non gouvernementale indiquait : « La violence organisée par l’Etat s’est déroulée à grande échelle dans de nombreuses régions du Zimbabwe durant le mois de mars » et « la torture par mutilation est sans l’ombre d’un doute pratiquée par les partisans du gouvernement contre leurs opposants politiques ». Au moment des élections législatives de mars 2005 l’Institut des medias d’Afrique australe dénonçait : « En raison du niveau élevé de la violence et des intimidations, les gens ne peuvent pas s’exprimer librement en tant que membres ou sympathisants d’un parti politique par crainte de représailles, pour peu que ce parti ne soit pas le bon ». Le « bon » parti est celui du président Robert Mugabe, l’Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF), les militants et sympathisants du principal parti d’opposition, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), étant systématiquement réprimés.

Le principal reproche qui a été fait au groupe de travail des situations est que celui-ci a probablement mis sous silence des plaintes émanant de leur pays et ont préféré soumettre à la Commission des communications qui ne les mettaient pas en cause. Des communications plutôt symboliques donc, et en particulier, ont été soumis à la Commission les cas du Népal, suffisamment petit sur la scène internationale pour ne pas créer de vagues diplomatiques ou celui du Soudan dont les actions génocidaires ne peuvent de toutes façons plus être ignorées.

Mais traiter la Chine à l’égale du Zimbabwe n’est pas non plus une idée. La Chine est un pays violateur des droits de l’homme mais se soigne. Elle est en tout cas visiblement ouverte au dialogue. Tout comme Cuba, une façon de l’encourager, lui faire accepter ses fautes, et ainsi créer le changement est de l’intégrer dans ces institutions internationales malgré tout.

Les propositions de Kofi Annan permettent seulement de créer une nouvelle élite internationale de nations dirigeantes. Une élite qui va montrer la route à suivre aux autres en leur pointant leurs fautes sans même leur permettre de participer au dialogue. Mais des questions aussi évidentes que des maltraitances de prisonniers sous couvert de conflit armé, ou de haine raciale ouvertement prononcée et accompagnée de profanation de cimetières continueront à ne pas être abordées si elles mettent en cause des pays élites comme les USA ou la France, dans leur position de grands garants de ces droits fondamentaux.

Le problème de la Comission n’est pas le filtre du groupe de travail des situations de cette année, mais bien cette idée même de filtre. Parmi les sujets qui doivent être abordés ouvertement et sans limitations, il y a la question des droits de l’homme. Effectivement, donc, la Comission se doit de subir des réformes d’organisation, mais toutes les nations doivent y trouver une place.


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2 réactions à cet article    


  • Jean GODBOUT (---.---.150.69) 30 juin 2005 16:32

    La Commission des Droits de l’Homme de l’ONU nécessite plus qu’un « lifting » mais bien d’une réforme en profondeur.

    À titre de VICTIME de TORTURE au CANADA, l’ONU de Kofi ANNAN et des deux prostituées Louise ARBOUR et Louise FRÉCHETTE ne fonctionne absolument pas. Ce trio de l’axe du mal excelle a soutirer des millions de dollars du tyran et dictateur Paul MARTIN (premier ministre du Canada) mais lorsque vient le temps d’assurer le respect des Droits de l’Homme .... oups.... ils ne sont plus là.

    J’ai même reçu une lettre du Centre des Droits de l’Homme de l’ONU ou ils précisent qu’ils n’ont pas compétence sur les Droits de l’Homme, alors... à quoi ça sert un centre des Droits de l’Homme s’ils sont des incompétents ?

    Pendant ce temps, les juges criminels du Canada, tels les Hélène POULIN j.c.s et Martin BUREAU j.c.s. volent et méprisent les droits des justiciable, querstion de sauver la peau des bourreaux et tortionnaires qui m’ont frauduleusement et criminellement rendu invalide pour le reste de ma vie.

    Il n’y a plus aucune crédibilité envers le crime organisé que constitue l’ONU et les centaines d’ONG qui se prétendent « défenseurs des Droits de l’Homme ».

    Jean GODBOUT Victime de torture au Canada.


    • julialix (---.---.51.102) 10 janvier 2006 22:21

      Mr Godbout votre texte est obscur.

      Pouvez-vous préciser les faits bruts de manière à nous donner une information claire ?

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