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Voilà pourquoi le SMIC à 1700€ est possible

Parmi les nombreuses mesures proposées par le Front de Gauche, il en est une qui fait particulièrement réagir : le Smic à 1700 euros. Et de manière générale l’idée qu’il est temps d’augmenter les salaires. Ça ne serait pas possible nous dit-on. Voyons ça.

Aujourd’hui, le SMIC est à 1365 euros brut, soit 1070 net/mois. Si le Front de Gauche arrive au pouvoir, il le passera à 1700 euros brut en début de législature, puis 1700 net en 2017. Or, quand on écrit cela, on nous réplique : « Dans ce contexte de crise, comment feront les petites entreprises pour supporter cette augmentation ? Comment faire alors que l’Etat est en faillite ? Vous n’y pensez pas, dans un monde ouvert il faut être compétitif ! ». 
 
Où en est le SMIC ?
« Dans les années 80, le SMIC était à 4000 Fr. Et avec cette somme, on pouvait s’acheter 1300 baguettes. Aujourd’hui, avec le SMIC, on ne peut en acheter que 1000 ! Le SMIC a donc perdu 300 baguettes, soit 30% de sa valeur ». Le SMIC à 1700 euros, c’est le ramener au point où il en était à cette époque ». Et la France de 2011 est beaucoup plus riche que celle des années 80, puisque la productivité du travail a augmenté d’une manière considérable.
 
Comment on finance le SMIC à 1700€ ?
Ce SMIC à 1700 euros, il y a plusieurs moyens de le financer. Un de ces moyens est la limitation des hauts salaires par la fiscalité. Cette limitation sera fixée à 20 fois le SMIC (ce qui laisse quand même aux grands patrons 360 000 euros par an, de quoi s’acheter non seulement beaucoup de baguettes, mais aussi pas mal de choses en plus).
 
Cette limitation aura lieu notamment dans toutes les grandes entreprises privées parce que c’est dans ces secteurs que les salaires des grands patrons ont atteint les sommes les plus gigantesques. Ainsi, si les grands patrons veulent plus, ils seront obligés d’augmenter d’abord leurs salariés !

Avec la limitation des hauts salaires, il y aura largement de quoi permettre aux entreprises artisanales, aux TPE (toutes petites entreprises) et aux PME (petites et moyennes entreprises) de payer à leurs salariés ce nouveau SMIC.
 
Impossible ? On nous a déjà fait le coup
A chaque fois que la gauche a arraché quelque chose dans ce pays, la droite disait : « Ce n’est pas possible ! ». On nous taxait d’utopistes. C’est vrai que ça devait faire rêver. Imaginez un peu, donner le droit pour les ouvriers de toucher un salaire en étant en congé ou bin malade, ou encore le droit de partir à la retraite avant la mort. Infaisable nous disaient-ils. Pourtant, les congés payés et la retraite à 60 ans ont été arrachés de dure lutte. Finalement, c’était possible non ?
 
Impossible ? L'Humain d'abord
A ceux qui nous disent que le SMIC à 1700 euros, ça ne tient pas la route, nous devons leur rétorquer la question suivante : « est-ce que ça tient la route une société où on demande aux salariés de vivre avec 1000 euros par mois ? Aujourd’hui, le SMIC, c’est 120 euros de plus que le seuil de pauvreté. Ça tient la route ca ? Peut on vivre décemment, se soigner, se loger, s’instruire avec 1000 €/mois ? » On l’a vu plus haut, notre pays n’a jamais été aussi riche. La richesse est le produit du travail collectif de la société toute entière. Où sont passés les gains de productivité de ces 50 dernières années ? Nous avons le devoir moral de mieux repartir la richesse produite par tous. Nous le devons.
 
Impossible, les TPE PME mourront ? Au contraire !
Aujourd’hui, 80% des salariés sont dans des TPE et PME. Ce sont elles qui font tourner l’économie et non nos « champions nationaux » du CAC40.
En moyenne, les entreprises de moins de 9 salariés sont taxés à 30%, les entreprises du CAC40 le sont seulement à 8%. Donc, si on taxe les revenus du gros capital pour augmenter les salaires, cela se fera forcement au profit des petites entreprises. CQFD ! Par ailleurs, ce qui fait tourner les entreprises, ce n’est pas le fait qu’elles doivent payer plus ou moins de « charges ». Ce qui compte, c’est le carnet de commande. Dans cette optique, une augmentation des bas salaires fera respirer l’économie. Car, les salaires des classes populaires vont forcément à un moment ou un autre, se retrouver dans la consommation locale et ainsi faire tourner l’économie réelle (ce qui n’est pas le cas des hauts revenus qui partent bien souvent dans la bulle spéculative. Au total, moins de 2% des des opérations financières financent des opérations économiques réelles). En augmentant les bas salaires, on rentre ainsi dans un cercle vertueux dont vont forcément bénéficier les entreprises :
 
Augmentation des salaires -> consommation -> le commerce repart -> le carnet de commande se remplit -> hausse du chiffre d’affaire -> l’augmentation des salaires n’est plus un problème.
 
Augmenter les salaires fera respirer l’économie. C’est la seule issue pour sortir de la crise. L’autre politique possible, c’est l’austérité, et on voit bien le résultat.
 
Impossible il y la mondialisation ? Ce n’est pas un problème.
« Mais alors, les prix vont augmenter. Du coup, les consommateurs vont acheter les produits chinois, ou les fraises espagnoles. On est dans un monde ouvert bla bla bla… ». Tout d’abord, les TPE PME sont moins ouvertes à la concurrence que ce qu’on dit. Il faut arrêter avec le mythe du plombier Polonais. De plus, pour résister à la pression internationale sur le coût du travail, la réponse politique est simple : il faut se protéger. Et, plutôt que de privilégier des formes de protectionnisme unilatérales qui pourrait se transformer en protectionnisme nationaliste, il faudra plutôt œuvrer pour la mise en place d’un système de protectionnisme international multilatéral. Aujourd’hui, l’OMC puni les états qui ne respectent pas bien les règles du libre échange. Si on a réussit à mettre cela en place, on peut tout aussi bien en changer les règles. En attendant, pour résister aux agressions, nous ne nous interdirons pas de mettre en place au niveau européen mais aussi au niveau national, une certaine forme de protectionnisme social et écologique. Cela pourra passer notamment par la mise en place d’une taxe kilométrique qui permettra de taxer plus lourdement les produits qui viennent de plus loin : convergence sociale et écologique qui favorise aussi le commerce transfrontalier. Bref, pour mettre en place ces mesures, nous devront sortir d’un certain nombre de dispositions du traité de Lisbonne dont la pierre angulaire est la concurrence libre et non faussée. Si le peuple nous en donne le mandat, nous le ferons.
 
Enfin, certains disent qu’il faut démondialiser (Sapir, Montebourg), d’autres disent qu’il faut du protectionnisme (Todd), ou d’autres encore qu’il faut décapitaliser (P. Laurent). Derrière le vocabulaire, l’idée est là : les ouvriers du monde entier ne doivent pas être mis en concurrence les uns avec les autres pour faire pression sur les salaires. La mondialisation n’est pas un problème insoluble. Les gouvernements se sont auto infligés des règles dogmatiques pour servir les intérêts de quelques uns. Il n’y a pas de lois naturelles en économie, ce sont bien les gouvernements les maitres d’œuvre. Un gouvernement qui veut changer ces règles, le peut. Nous nous sommes mis des menottes en plastiques qu’on peut décider de briser à tout moment.
 
Impossible, nous n'avons aucune marge de manœuvre budgétaire ? Ah vraiment ?
Quoi qu’en disent les declinistes qui ne cessent de clamer haut et fort que l’état est en faillite, si on reprenait les 10 points qui sont passées des poches du travail a celles du capital en 25 ans, cela rapporterait 195 milliards d’euros par an !!!!!!
Je rappelle que le service de la dette qui nous effraie tant ne représente que 50 milliards par an. L’état a de quoi assurer la transition pour aider les entreprises en difficulté, notamment en favorisant le développement de l’économie sociale et solidaire. Les seuls perdants dans tout ça, seront ceux qui gagnent leur argent en dormant, ceux qui spéculent et qui ruinent la France en s’accaparant injustement les richesses et les intérêts de nos vies à crédits.
 
Toujour impossible ? Et sinon, vous proposez quoi d’autre ?
Mais ceux qui ne sont pas convaincues et qui veulent continuer comme aujourd’hui, on ne peut que leur dire qu’une chose : à la fin, c’est le peuple souverain qui décide. Le réponse à la crise, c’est le partage des richesses. Le partage est la seule stratégie crédible et plausible, et c’est une issue par le haut. Nous on propose la planification écologique, la 6e république, le partage des richesses… Et actuellement, l’austérité ? Montrez nous un endroit où cette politique fonctionne ! Nulle part !
 
Nous on peut !
« La meilleure forteresse des tyrans, c’est l’inertie des peuple » disait Machiavel.
Le Front de Gauche est un outil et un programme que le peuple peut choisir de mettre en mouvement. Et, sachez le, si le peuple souverain le décide, tout ce qui est dans le programme du Front de Gauche sera appliqué ! La clef du succès, c’est l’implication populaire. Cela commence par chacun d’entre nous !

Car rien est écrit, la vie c'est choisir le chemin puis le construire.
Et le Front de Gauche fait actuellement la meilleure proposition de construction sur la scène politique.



par Xtf17 samedi 24 mars 2012 - 298 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par wesson (---.---.---.90) 24 mars 2012 15:44
    wesson

    " tu iras expliquer ton raisonnement à la pme pas loin de chez moi qui fabrique des boulons "


    l’exemple est à peu près ridicule. 

    D’une part, l’augmentation du prix de la marchandise que vous mentionnez suppose que son prix est quasi exclusivement du salaire. Hors, sur toute production industrielle, le prix du salaire représente 10% du prix final au grand maximum. C’est à dire si vous augmentez le salaire d’environ 20% (ce que propose le FDG), vous vous retrouvez en fait avec une augmentation du prix total de l’ordre de 2%... on est bien loin de vos chiffres farfelus.

    D’autre part, il ne vous a pas échappé que dans la production du boulon, la matière premier c’est le métal. Et là j’ai un exemple parfait d’une PME qui fabriquait des transformateurs dans laquelle j’ai effectué un petit passage il y a quelques années. Le prix de la matière première (entrefer, fil émaillé, coques, capots) était supérieur au prix du produit fini livré en France des mêmes transformateurs mais fabriqués par un sous-traitant en Chine. Autrement dit, même avec des travailleurs esclaves que l’entreprise n’aurait pas payé, elle n’était pas rentable. Comme le problème du prix des matières premières, l’acier en particulier, s’est même aggravé par rapport à cette époque, j’en conclut que votre entreprise de boulon doit souffrir du même type de problème, à moins qu’il ne s’agisse de boulons ultra spéciaux ou le prix est tel que la part représentant le salaire y est de toute manière marginale. Ou plus simplement que vous avez affabulé votre exemple.
  • Par Scual (---.---.---.134) 24 mars 2012 12:13

    Et bien il semble que c’est le raisonement des riches.

    Pourquoi devrais je me contenter de 2 millions par ans alors que je ne travaille pas ? Pourquoi pas 3 ? ou4 ?

    Les futures ex-classes moyennes paieront et les futurs ex-entreprises qui ne pouvaient plus suivre paieront.

    C’est cet abus qui l’exact opposé de celui que vous décrivez que ce smic à 1700 euros tout ce qu’il y a de plus raisonnable veut corriger...

  • Par wesson (---.---.---.90) 24 mars 2012 14:29
    wesson

    bonjour kalagan75,


    « on se débrouillera »

    Ben oui, étant d’ailleurs dans une TPE, je suis en accord avec le FDG - on se débrouillera, comme toutes les PME-TPE le font. 

    On feint d’oublier quelque chose d’essentiel. Ce qui permet à une entreprise de vivre et de prospérer, c’est ses clients. Vous pouvez baisser autant que vous voulez les salaires, si vous n’avez pas de clients, vous devrez mettre la clé sous la porte. C’est finalement très simple. 

    Hors, les PME-TPE Française ont pour leur immense majorité des clients Français. La santé de ce tissus d’entreprise là est donc directement lié au pouvoir d’achat de l’ensemble des Français. Détruisez-le, vous détruirez aussi les PME-TPE. 

    Par contre, en augmentant principalement les bas salaires, vous êtes assurés que ceux-ci vont immédiatement se retrouver dans la consommation (et oui, les smicards font assez peu de placements financiers ...) et donc favoriser les PME/TPE.

    Et croyez-moi, dès lors que vous avez les clients, les impôts et les salaires annexes (improprement appelés « les charges »), vous arriverez toujours à les payer. 
  • Par xtf17 (---.---.---.129) 24 mars 2012 11:20
    Xtf17

    Non, il y a une différence entre les investisseurs qui apportent des capitaux aux entreprises sur le marché primaire, et les actionnaires capitalistes parasites qui jouent au poker sur des titres sur le marché secondaire (la bourse en gros), ruinant les travailleurs.
    L’investissement sera toujours nécessaire, mission première du capitalisme, alors que le problème est le libéralisme qui pompe les richesses produites à l’aide du capital.
    D’où la nécessité supplémentaire de séparer à nouveau banques d’investissement et banques de dépôt.

    Le Front de Gauche propose immédiatement :

     Adoption d’une loi portant création d’un pôle public financier transformant notamment la politique et les critères du crédit

     Placement sous contrôle social des banques privées qui ne respecteraient pas la nouvelle réglementation en matière de lutte contre la spéculation et la financiarisation de notre économie

     Blocage des échanges de capitaux avec les paradis fiscaux

     Réforme de la fiscalité : suppression du bouclier fiscal, augmentation de l’ISF et de l’impôt sur les revenus du capital, taxation des revenus financiers des entreprises, mise en place du principe de modulation de l’impôt sur les sociétés et du taux des cotisations sociales patronales en fonction des objectifs d’emploi, de formation et de salaires de l’entreprise

     Suppression des exonérations de cotisations sociales patronales qui ont montré leur inefficacité

     Création d’un Fonds national et de fonds régionaux pour l’emploi et la formation

    Et pour un changement durable :

     Transformer les missions, la politique monétaire et la gouvernance de la Banque centrale européenne (BCE) et de la Banque de France et créer un Fonds européen de développement social, écologique et solidaire pour l’expansion des services publics, de l’emploi et des qualifications

     Création de pouvoirs nouveaux pour les salariés et leurs représentants dans la gestion de leurs entrepri- ses, ainsi que des citoyens dans les institutions ban- caires et les collectivités territoriales

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