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Accueil du site > Actualités > Politique > VOUS AVEZ DIT PROJET EUROPEEN ?

VOUS AVEZ DIT PROJET EUROPEEN ?

Jamais consultés ou informés par les dirigeants de la majorité ou de l’opposition depuis le référendum de Maastricht, les Français sont en droit de s’interroger sur le débat qui fait rage au sujet du traité constitutionnel. Si chaque traité fondateur de l’Union européenne a donné lieu à des affrontements, jamais la classe politique française n’en était arrivée à ce stade de la caricature ou de l’implosion. En dehors de quelques anti-européens farouches et déterminés, chaque parti ou formation politique majeure est sans cesse en demande de « plus d’Europe ».

Mais a-t-on vu les états majors des partis prendre le temps nécessaire pour expliquer années après années le rôle de l’Europe et de sa construction ? La dernière campagne électorale européenne a été particulièrement pauvre en arguments et s’est essentiellement axée sur la politique française. A-t-on vu les leaders des grands partis politiques français être candidats à la mandature européenne ? Les Français ne sont pas sots et se rendent bien compte que nos ténors préfèrent se réserver pour le parlement français.

Le résultat de cette indifférence est sans aucun doute la cause du taux extrêmement important d ?abstention et de la sanction sévère subie par le gouvernement et sa majorité. La totalité des partis politiques français ont, la plupart du temps, utilisé l’Union européenne et sa construction pour justifier des impossibilités de gouverner ou de réformer. Nous avons tous en mémoire le combat mémorable mené par le gouvernement français pour la baisse de la TVA issue d’une promesse électorale. Dans un autre registre, le pacte de stabilité a été brocardé alors que la France en a été une des initiatrices. Combien de ministres se sont appuyés sur les media pour nous expliquer le combat qu’ils livraient auprès de la commission pour sauver des emplois ? Combien d’élus de la nation se sont émerveillés sur le traité de Nice qui était aux dires de l’époque une formidable avancée ? Aucun ne se souciait alors de préciser aux Français que l ?arrivée de nouveaux entrants le rendrait inadapté.

A bien y regarder, ce que se demandent en fait aujourd ?hui les Français est si le Oui au traité constitutionnel est fait pour eux ou bien uniquement pour ceux qui le leur « vendent ». Pourquoi a-t-on oublié de leur d’expliquer clairement que la Turquie qui est un partenaire de longue date de l’Union avait vocation à en devenir membre ? Bien que cette question ne soit pas au coeur du traité constitutionnel, les déclarations des partis politiques majeurs ont encore un peu plus brouillé les cartes. Alors qu’aucun effort de présentation des nouveaux adhérents à l’Union n’a été fait, la Roumanie et la Bulgarie rejoindront l’Union en 2007, au plus tard en 2008. La Croatie et la Serbie Monténégro, eux, pourraient très rapidement suivre, des discussions avancées ? connues des seuls initiés ? étant actuellement en cours à cet effet.

Dans un tel contexte, nombreux sont les Français qui en viennent à se demander s’il existe encore un véritable projet européen. Les avantages de la monnaie unique, la libre circulation des biens et personnes, le droit de s’installer et d’exercer son métier dans un autre pays membre de l’Union, tout ceci ne les concerne malheureusement que pour une minorité d’entre eux. Les autres, eux, attendent toujours que l’on veuille bien leur expliquer les avantages du « plus d’Europe ». L’Union dont une majorité de Français a rêvé devait être une zone de prospérité économique. Certes, le traité constitutionnel leur propose parmi ses objectifs la recherche du plein emploi. Mais, au quotidien et pour des populations fragilisées par la perte de leur travail, cette notion d’objectif semble bien faible et abstraite. Ne nous a-t-on pas n effet parallèlement expliqué que les accords économiques internationaux contribueront à faire disparaître des pans entiers de l’industrie. Seront nous en mesure de limiter les importations chinoises ou indiennes alors même que ces deux pays sont clients de nos technologies de pointe et jouissent de ce fait un moyen de pression commerciale à notre encontre ? Il est dommage qu’Airbus ne puisse fournir assez d’emplois pour recycler tous les salariés français qui seront victimes de ces échanges. Voilà peut être pourquoi une partie encore majoritaire de nos concitoyens s’apprête à voter Non au projet de traité constitutionnel.

Jean Claude Benard est consultant en stratégie commerciale sur le Web.


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