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Accueil du site > Actualités > Politique > Woerth, Méry : Comment sortir par le haut de ces affaires

Woerth, Méry : Comment sortir par le haut de ces affaires

L’affaire Woerth Bettencourt, la cassette Méry, le Karachigate et j’en passe. Ces affaires sont symptomatiques d’un système démocratique mal conçu. Il faut prendre du recul pour voir le problème dans toute son ampleur sous peine de continuer à découvrir de nouveaux Eric Woerth tous les 5 ans.

Le mal est profond. Difficile pour les français de découvrir que leur république ne vaut finalement pas beaucoup mieux que les républiques bananières dont elle s’est assurée par ailleurs d’empêcher le développement. Changer l’équipe gouvernementale ne changera rien. Changer de majorité non plus. Changer tout le panorama politique encore moins. L’erreur est dans la conception même du système. La solution est simple comme toujours en sciences humaines et comme toujours une solution biaisée nous est imposée volontairement pour protéger certains intérêts.
 
Faire une carrière politique est un non sens.
 
La politique ne doit pas être un métier. Tout simplement. Car, mécaniquement tant que la politique sera un métier, les hommes politiques seront la cible des financeurs de campagne, des lobbyistes de tous poils et autres grandes bourgeoisies. Tout simplement aussi car la politique n’a pas besoin d’être un métier, car au fond aucune formation qualifiante n’existe pour devenir homme politique.
 
Toute personne intelligente, dotée de sens logique et qui met régulièrement son intelligence à l’épreuve dans son domaine est qualifiée pour décider aux affaires du pays. Mais au lieu de cela s’est développée la formation qualifiante de rhétoricien. ENA, Sciences po, HEC, avocats sont devenus les politiciens actuels, sélectionnés finalement sur leur aptitude à déguiser les faits. La république des avocats de Gilles Le Béguec est devenue celle des menteurs. Professionnels.
 
Profitons de cette crise pour penser plus loin. Ne demandons pas au gouvernement de nous donner les coupables. Demandons une réflexion sur notre système. Les solutions alternatives existent et sont simples. Evidemment le pouvoir actuel ne souhaite par en parler car ces solutions seraient la fin de ce microcosme. Nous voyons d’ailleurs une curieuse danse autour de l’affaire Woerth qui consiste à s’offusquer parfois (PS ou UMP) puis à se serrer les coudes à d’autres moments. Lorsque Fillon dit au parlement en répondant à une question du PS "De la même façon que je ne vous demande pas si Mr Berger finance les campagnes de Madame Royal" "La république et la démocratie ce sont des règles et des principes et vous les bafouez en permanence", on ne peut s’empêcher d’entendre "Vous savez bien comment fonctionne notre mafia politique alors arrêtez d’attirer l’attention des badauds et respectez l’omerta".
 

Question du socialiste B. Roman à Eric Woerth
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 De même lorsque Baroin déclare : "Est ce que vous vous rendez compte du mal que vous faites à la démocratie" "Vous êtes un parti de gouvernement, vous avez exercé des responsabilités, certains d’entre vous ont été ministres du budget", on ne peut s’empêcher d’entendre "Est ce que vous vous rendez compte que vous pourrissez notre bon vieux système corrompu dans lequel vous avez bien trempé".
 
 
Mais on ne peut pas tellement les blâmer, Bourdieu dirait simplement que Barouin et Fillon agissent en acteurs rationnels en optimisant leur situation dans un contexte donné.
 
Dans un système mal conçu, dans lequel chacun vise son intérêt à court terme en maintenant les défaut inhérents au système il faut une refonte profonde. La refonte est très simple : la fin du métier de politicien. Etienne Chouard a déjà largement étudié cette hypothèse. Il suffit de réécouter ses propositions à la lumière des derniers évènements.
 

Assemblée constituante citoyenne
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Assemblée constituante citoyenne 2
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ETIENNE CHOUARD 1/1 - LE TIRAGE AU SORT DES DEPUTES - LCP
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ETIENNE CHOUARD 2/2 - LE TIRAGE AU SORT DES DEPUTES LCP
Uploaded by page2007.
 
Voilà une première étape de réflexion qui s’impose aujourd’hui. 
 
Apprendre à "sortir du cadre" et développer l’esprit d’abstraction sont des nécessités pour évoluer vers de meilleurs systèmes.
 
Dans le feuilleton Bettencourt vous avez probablement été aussi frappés par l’image de cette dame âgée plus puissante financièrement que des milliers de français réunis.
 
Si le premier exercice intellectuel vous a mis en jambe vous pourrez alors peut-être continuer ce travail d’abstraction et imaginer un monde sans bourse (cf Frédéric Lordon) voire même sans système monétaire.
 
L’imagination au pouvoir.
 
 

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7 réactions à cet article    


  • BA 9 juillet 2010 12:57

    Le porte-parole de l’UMP Frédéric Lefebvre a estimé jeudi 1er juillet qu’à l’issue des conclusions de l’enquête de l’Inspection générale des finances (IGF) sur l’affaire Bettencourt/Woerth, tous ceux qui ont émis des doutes sur la probité du ministre du Travail « devront se taire ».

    L’enquête confiée à l’IGF par le ministre du Budget François Baroin « va rendre ses conclusions sous 10 jours », a déclaré le responsable du parti majoritaire, sur France Inter.

    « Ainsi, ceux qui se posent des questions honnêtement vont avoir des réponses : l’administration fiscale a-t-elle reçu des pressions ou non, a-t-elle fait son travail ou non ? Et ensuite (...) tout le monde devra se taire et certains devront s’excuser publiquement auprès de M. Woerth », a-t-il poursuivi.

    Il faudra que « ceux qui insultent matin, midi ou soir M. Woerth, colportent des allégations, se taisent », a encore insisté le porte-parole de l’UMP.

    http://www.leparisien.fr/politique/woerth-bettencourt-apres-enquete-de-l-igf-tout-le-monde-devra-se-taire-01-07-2010-985157.php

    Le chef de l’Inspection générale des finances s’appelle Jean Bassères.

    Jean Bassères est en train d’enquêter sur le rôle d’Eric Woerth dans l’absence de contrôles fiscaux sur Liliane Bettencourt.

    Jean Bassères est en train de rédiger son rapport. Son rapport ne sera rendu que le 12 juillet.

    Or, Frédéric Lefebvre dit cette phrase hallucinante le jeudi 1er juillet : « tout le monde devra se taire et certains devront s’excuser publiquement auprès de M. Woerth ».

    Ah bon ?

    Onze jours avant le rapport de Jean Bassères, Frédéric Lefebvre savait déjà que le rapport allait blanchir Eric Woerth ? 

    Comment Frédéric Lefebvre le savait ?

    Jean Bassères lui avait dit que son rapport allait blanchir Eric Woerth ?

    Ou alors Jean Bassères est-il en train d’écrire ce que sa hiérarchie attend de lui ?


    • plancherDesVaches 9 juillet 2010 13:08

      Bien vu, BA.


    • plancherDesVaches 9 juillet 2010 13:23

      Ca vient de tomber :
      http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/07/09/l-ancienne-secretaire-des-bettencourt-confirme-les-propos-de-la-comptable_1385927_3224.html
      « L’ancienne secrétaire des Bettencourt confirme les propos de la comptable »

      L’UMP va continuer de transpirer... Et, telle une bête blessée, devenir de plus en plus virulente et violente.
      On comprend les accusations de « fashisme ».


      • impertinent3 impertinent3 9 juillet 2010 13:52

        Merci l’auteur.

        Je retiens un point important de votre article et je le crie :

        FAIRE UNE CARRIÈRE POLITIQUE EST UN NON SENS.


        • JJ il muratore JJ il muratore 9 juillet 2010 15:57

          @jahlucine. Effectivement devant le constat désolant de la politique conduite depuis...un paquet d’années en France il est normal de relever les vices d’une « professionnalisation » du Politique.
          Pourtant je pense que le remède que vous proposez serait pire que le mal.
          Permettez que je m’explique.
          1/ Vous réduisez à des vertus banales les compétences requise pour bien exercer ces responsabilités. Or ces vertus ne sont qu’un préalable nécessaire mais non suffisant. (Il est vrai que nombre de nos élus paraissent en être dépourvu !)
          Un responsable politique de haut niveau (Député, Ministre, Chef d’Etat) ne peut exercer sans :
          a) une énorme capacité de travail ; b) une très grande mobilité intellectuelle vu le nombre de dossiers à traiter ; c) une autorité et un charisme naturel ; d) une connaissance des rouages hyper-complexes de notre Administration et de ses procédures ; e) enfin un très grand réseau de relations.
          Ces qualités ne se trouvent pas réunies chez le premier venu doté de bon sens et d’esprit logique. Elles ne se trouvent pas toujours non plus chez tous les élus.
          Mais le plus grand danger que guette un néophyte serait d’être l’otage totalement dépendant de notre bureaucratie qui est en fait le véritable pouvoir derrière le Pouvoir.
          Et, en France à l’inverse des E.U. il n’est pas possible de chambouler tout l’organigramme de l’Administration pour l’adapter à la sensibilité élue.
          Qu’il faille changer les règles c’est évident, règler plus finement la machinerie de notre République bien sûr, mais les solutions à « la hache » ne sont que des illusions.


          • non667 9 juillet 2010 19:15

            d’abord prendre conscience que nous ne sommes pas en démocratie

            on nous demande de voter pour des hommes et leur discours (du vent ) de signer des chèques en blancs arguant que si l’on n’est pas content on n’aura qu’à ne plus voter pour eux . c’est une escroquerie parce qu’en attendant ils auront fait ce qu’ils auront voulu . ils s’en seront mis plein les poches (voté des augmentations ) auront déclaré des guerres (ex : afganistan .....) signé des alliances ( réintégration dans l’otan )

            plus démocratique serait un fonctionnement comme dans les copropriétés :
            chaque parti proposerait un budget quinquénal (dépenses ,recettes impots ) en soulignant les + ou - par rapport aux budgets existant avec interdiction de les dépasser ,en cas d’impasse ou d’imprévu ,un avenant serait soumis a référendum avec démission en cas d’échec .
            pour ce qui est non budgetisable (peine de mort ,avortement ,euthanasie ,€,europe ,etc....) cela devrait être dans le programme pour être mis en oeuvre ou soumis a réferendum spécifique .


            • BA 9 juillet 2010 21:44

              A propos de la députée socialiste Sylvie Andrieux :

              « La députée s’est vu notifier sa mise en examen par le JUGE D’INSTRUCTION marseillais Franck Landou, qui l’avait d’abord convoquée comme témoin assisté dans ce dossier relatif à des détournements présumés de subventions du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur. »

              Quand une députée socialiste est mise en cause, l’enquête est confiée à un JUGE D’INSTRUCTION indépendant du pouvoir politique.

              Mais en revanche, quand le ministre UMP Eric Woerth est mis en cause, l’enquête est confiée à deux personnages qui sont aux ordres du pouvoir politique : le procureur de Nanterre Philippe Courroye, et le chef de l’Inspection Générale des Finances Jean Bassères.

              Toute la différence est là : le pouvoir politique nomme, placardise, ou donne une promotion à deux hommes : le procureur de Nanterre Philippe Courroye, et le chef de l’Inspection Générale des Finances Jean Bassères.

              L’enquête sur le scandale Bettencourt et sur le scandale Woerth est confiée à deux hommes qui dépendent du pouvoir politique ! Cette enquête n’est pas confiée à un juge d’instruction indépendant du pouvoir politique !

              Conclusion : cette enquête est une mascarade pour tenter d’étouffer le scandale.

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