Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Religions > Abattage rituel : le gouvernement méprise la liberté de ne pas (...)

Abattage rituel : le gouvernement méprise la liberté de ne pas croire

Un député UMP avait demandé par lettre qu'une mention sur l'emballage avertisse le consommateur en cas d'abattage rituel. Réponse du secrétaire d'Etat au commerce Frédéric Lefèbvre : c'est niet, car un tel étiquetage serait "susceptible de stigmatiser, aux yeux du consommateur, des pratiques d'abattage ayant des fondements relatifs à la liberté religieuse."

L'affaire est révélée par Valeurs actuelles (14 juillet 2011 page 6) : le député Jacques Kossowski (UMP, Hauts de Seine), avait écrit le 26 avril à Lefèbvre une lettre demandant, en cas d'abattage rituel, de "rendre obligatoire une mention spécifique sur l'emballage" par respect pour ceux des consommateurs qui "ne souhaitent pas consommer ce type de produits pour des raisons philosophiques (laïcité, défense de la condition animale, etc ...).

Réponse du sous-ministre : "Le gouvernement français n'est pas favorable" à la résolution du Parlement européen de 2010 qui "introduit, en première lecture, un amendement visant à la mise en place d'une mention obligatoire de l'abattage sans étourdissement sur la viande issue d'animaux abattus selon les rites musulman ou israélite" ; un tel étiquetage serait "susceptiblede stigmatiser, aux yeux des consommateurs, des pratiques d'abattage ayant des fondements relatifs à la liberté religieuse."

On renverra à deux documents de la Fondation Brigitte Bardot, qui a enquêté sur le terrain en long et en large : dans sa brochure "De la souffrance animale à la tromperie des consommateurs", elle explique que l'abattage rituel, en théorie l'exception, est en passe de devenir la règle. Elle signale déjà les risques sanitaires liés à ce mode d'abattage. Dans un document plus récent intitulé : "Steacks hachés contaminés, les autorités avaient déjà été alertées", elle relaie à nouveau des mises en garde de vétérinaires signalant le risque de déversement du contenu stomacal et de ses bactéries sur la viande en cas d'abattage rituel.

De tels arguments devraient suffire, en théorie, à valider la revendication d'information du consommateur.

Mais j'en ai marre d'argumenter. J'en ai marre de me jusitifer.

Maintenant, je veux aller au fond des choses, à l'essentiel, et dire simplement au sieur Lefèvre :

Monsieur le sous-ministre, vous faites grand cas de la liberté religieuse des partisans de l'abattage rituel. 

Alors, j'aimerais savoir pourquoi ma propre liberté religieuse ne bénéficie pas des mêmes égards gouvernementaux.

La liberté religieuse, c'est la liberté de croire OU DE NE PAS CROIRE. C'est la liberté de prratique OU DE NE PAS PRATIQUER. 

Mon refus de manger de la viande sacrificielle n'est pas moins respectable que le souhait de certains religieux d'en manger.

Et je suis un peu surprise par votre souci de ne pas "stigmatiser" des "pratiques d'abattage".

Je me permets de vous faire observer que, seules, les personnes doivent être protégées de la stigmatisation.

Mais la critique des religions, de leurs dogmes et de leurs pratiques, est permise, jusqu'à nouvel ordre.

Le délit de blasphème n'a pas encore été rétabli, même si certains de votre majorité y ont travaillé et y travaillent sans doute encore sournoisement. Il est donc parfaitement permis de refuser l'abattage rituel, et même de le stigmatiser, c'est à dire de le marquer du sceau de la honte en le qualifiant de barbare, moyen-ageux, et dangereux au plan sanitaire.

Il est même permis de ne pas le stigmatiser, de ne rien lui reprocher, ou de décider de ne formaliser aucun reproche, préférant formuler une exigence qui pourrait tout simplement s'exprimer comme suit :

"Ne pas manger de viande sacrificelle fait partie de MA liberté religieuse, de MON DROIT de ne pas participer à un rite ; cette liberté et ce droit valent bien la liberté et le droit des vieux messieurs tout noirs et de leurs ouailles.

J'exige qu'il soit respecté ! "


Moyenne des avis sur cet article :  3.91/5   (66 votes)




Réagissez à l'article

82 réactions à cet article


  • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 19 juillet 2011 10:53

    L’abattage rituel, comme nombre d’autres rites religieux, constitue un précepte prescrit pas des textes prétendument « sacrés » révélés, à des prétendus « prophètes », par un « dieu » très hypothétique.

    Or, l’existence d’un « dieu » demeurant improuvée, quel intérêt y a-t-il à lire, comprendre, perdre son temps à étudier des textes contenant, supposément, les paroles d’une telle entité, à l’existence improuvée, qui auraient été révélées à un individu quelconque (qui pourrait même n’avoir jamais existé) ?

    Cette réflexion vaut pour tous les écrits supposément « sacrés » de toutes les religions ainsi que pour tout ce qui se réclame d’une « divinité » à l’existence improuvée.

    L’incroyance et la dérision sont des droits absolus et inviolables vis-à-vis de tout ce fatras et ce verbiage découlant, dégoulinant, d’un postulat (principe premier d’une démonstration, admis comme un fait reconnu et indiscutable, mais qui est indémontrable) irrationnel.

    Bien évidemment, cette incroyance et cette dérision ne sauraient constituer un « blasphème » ou une « hérésie » puisque provenant de personnes entièrement étrangères à ces billevesées, stupidités, inepties, et cætera ! ...


    Le IIIe millénaire sera agnostique ou ne sera pas !


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 19 juillet 2011 13:15

      Cette devinette m’a été posée par un Mauritanien musulman :

      « Savez-vous pourquoi certains musulmans acceptent de boire de l’alcool mais se refusent toujours à manger du porc ? »
      Réponse :
      Parce que le porc ne saoule pas ...
       smiley

    • OMAR 19 juillet 2011 20:49

      Omar 33

      Juluch : Mangez du porc !!

      Ouais, c’est une idée...

      Mais vous, pourquoi ne mangez-vous pas du Chien ?


    • papi 19 juillet 2011 21:37

      omar

       je n’en mange pas parce que je n’en trouve pas chez mon boucher/charcutier !! par contre du bon cochon oui .. et tu n’es pas obligé d’en manger, quoique depuis que les autorités sanitaires ont de nouveau autorisé l’utilisation des farines animales pour l’élevage en général , : ovins, bovins, et volailles, et que dans les farines animales se trouve incorporé et pour bonne part des résidus de porcs, vous pouvez vous poser la question lorsque vous mangez de la volaille, ou du bœuf si le délicieux morceau ne contient pas indirectement, par ingestion des résidus de porc, c’est une question que je soulève en égard à nos amis musulmans..Il faudra demander des viandes d’élevage hallal,..


    • OMAR 20 juillet 2011 00:32

      Omar 33

      Papi:je n’en mange pas parce que je n’en trouve pas chez mon boucher/charcutie..

      Papi, vous jouez sur les mots et les amalgames..

      Faites un tour dans les quartiers chinois...

      Et si vous préférez cette question plus simple : mangeriez-vous du chien, s’il vous en est proposé ?

      Et ce n’est pas tellement important ce que mange un porc, un mouton ou une poule.
      Par contre, demandez aux pecheurs, quel est l’alimentation favorite des crevettes... 


    • OMAR 20 juillet 2011 00:36

      Omar 33

      Juluch, Soulemanfred et Perseus vous jalousent...... ma parole...

      Ils vous envient votre cervelle, parce que celle-ci est neuve, vierge, immaculée...


    • ali8 19 juillet 2011 12:45

      Catherine chérie

      Là, tu touche un sujet sensible !Perso, je me fourni en viande halal dans une boucherie de quartier, mais des produits halal vendus en gdes surfaces, certifiés par la mosquée d’Yvri seraient douteux. Mais ces produits sont vendus dans un rayon spécialisé et il ne tient qu’à toi de t’approvisionner ailleurs

      la production halal suffit à peine pour la communauté musulmane ; la plupart des produits provenant d’abattages rituels sont cashers par exemple les gigots d’agneaux qui te régalent

      il est heureux pour la communauté musulmane que les juifs pratiquent un abattage rituel car nul ne s’attaquera à leurs pratiques sans être taxé d’antisémitisme, et je précise que ce qui est bon pour eux est bon pour nous 

       

      juluch, ne te prives pas de cochons élevés dans de scandaleuses conditions ce qui n’indigne personne


      • Castor 19 juillet 2011 15:10

        On peut avoir le choix de se rendre ou non dans une boucherie halal.

        Ce choix risque fort d’être supprimé en grande surface, faute d’un étiquetage net et en présence d’un mélange des viandes halal et non halal qui pourrait exister.

        Il paraît tout aussi sain de différencier ces deux produits que d’opérer la distinction entre un jus de fruits frais et un jus à base de concentré (toute utilisation de cette comparaison personnelle à des fins partisanes serait parfaitement étrangère à ma volonté).

        A une époque où l’information du consommateur gagne du terrain, je ne conçois pas que l’on puisse faire exception tandis que les différences sont aussi flagrantes, tant sur le plan de la composition, la « fabrication » du produit, voire même ses qualités gustatives, que sur le plan de sa valeur ajoutée religieuse.

        Une fois la différence d’étiquetage gommée, je ne donne pas cher des rayons séparés.

      • agent orange agent orange 19 juillet 2011 18:16

        La viande en grande surface c’est de la m....
        Mieux vaut acheter chez les artisans-bouchers. Eux connaissent bien leurs produits et leur traçabilité n’est pas opaque. Souvent la viande provient d’élevage bio. Et puis çà fait vivre les petits commerces.
        Pour ma part je mange quasiment plus de viande depuis près de 20 ans. An Asie du sud-est c’est surtout riz-poisson et dans le sous-continent c’est végétarien...


      • King Al Batar King Al Batar 19 juillet 2011 13:03

        C’est vrai que l’abattage rituel des canards pour le foie gras, tout aussi barbares a l’air de peu l’emouvoir.


      • Farniente 20 juillet 2011 01:31

        Si j,étais un animal promis à la table des humains,est ce que j’aimerais mieux mourir pendu par les pieds/électrocuté ou être abattu rituellement ?
        Après y avoir mûrement réfléchi,je penche définitivement vers l’abattage rituel..........de l’ortolan,noyé dans un bol de cognac.
        lien


      • Hadj Ahmed 19 juillet 2011 13:29

        Retour aux habitudes saines pour AV, deux (02) Christine Tasin au menu du jour...

        Bref à ceux qui étaient persuadés que rien ni personne ne pourrait un jour avoir l’idée saugrenue, de les pousser à aller sur riposte cecicelique, soyez les bienvenus dans la ... sous-annexe.

        En fait je parie qu’à la maison mère, le dosage c’est un billet/jour maxi. Autrement dit, ici c’est mieux 


        • Catherine Segurane Catherine Segurane 19 juillet 2011 14:53

          @ Hadj Ahmed,

          Je ne suis pas Christine Tasin. J’ai déjà été démasquée par des copains à vous comme étant un homme et habitant Nice ; peut être Philippe Vardon de Nizza Rebella ; c’est pour mieux cacher cette appartenance à la mouvance identitaire que je fais semblant de soutenir une autre candidature, celle de Marine Le Pen.


        • Catherine Segurane Catherine Segurane 20 juillet 2011 03:49

          @ Perséus


          Non, je ne soutiens pas l’extrème-droite.

          Car la seule extrème-droite qui sévisse actuellement, c’est l’islam (violence, inégalité des sexes, inégalités selon les religions) et je ne soutiens pas l’islam.


        • docdory docdory 19 juillet 2011 13:34

          @ Catherine Ségurane

          La réponse scandaleuse de Frédéric Lefebvre s’explique si l’on considère que les grandes entreprises de distribution et de l’alimentaire sont le plus souvent des soutiens financiers et alliés politiques du gouvernement actuel, dont l’action principale depuis l’élection de Sarkozy est de défendre les intérêts des plus riches et du patronat.
          Or , pour ces grandes entreprises, le hallal est avant tout un marché totalement juteux. Il est bien évident que leurs dirigeants estiment totalement ridicule et grotesque l’idée d’un abattage rituel, mais par contre ont très vite vu le profit financier gigantesque qu’ils pouvaient tirer de ces superstitions alimentaires absurdes issus du cerveau dérangé d’un chamelier du moyen-âge inventeur d’une religion dont la nocivité s’accroît de jour en jour. ( Apparemment , le chiffre d’affaires du halal se compte en milliards d’euros par an, il est proche du chiffre d’affaire engendré par d’autres superstitions aussi ridicules, telles que la voyance ).
          Le problème est que , pour diverses raisons, les consommateurs de viande hallal n’apprécient guère certaines partie de la viande ( on voit rarement, par exemple, des musulmans faire du boeuf bourguignon ni donc acheter la viande qui sert à en faire ) . Ces parties de viande sont donc revendues aux non musulmans, bien que la taxe halal ait déjà été versée au bénéfice des intérêts de l’islam au moment de l’abattage.
          Les non-musulmans ( c’est à dire, selon la dernière statistique de 2011, 97 % de la population française ) se retrouvent donc à participer contre leur gré au développement d’ une technique d’abattage d’une cruauté particulièrement « raffinée » , et au paiement d’une « taxe privée » servant principalement à édifier des mosquées.
          C’est là qu’intervient le problème de l’étiquetage : si le gouvernement acceptait d’imposer l’étiquetage des animaux abattus rituellement, (ce qui serait la moindre des choses en matière d’information du consommateur ) une grande partie des consommateurs non musulmans n’en achèteraient en aucun cas , et par conséquent, il y aurait des invendus en grande quantité. Les distributeurs seraient donc dans l’obligation de jeter des milliers de tonnes de viande chaque année, et seraient donc obligés d’augmenter fortement le prix de la viande halal, qui cesserait du coup d’être achetée par les musulmans ( elle deviendrait , dans cette hypothèse, totalement inabordable pour la plupart des consommateurs musulmans ). Dans cette hypothèse , les profits énormes engrangés par l’industrie agro-alimentaire et la distribution grâce au halal fondraient comme neige au soleil !
          Nul doute que F Lefebvre , dans sa honteuse réponse au député Kossowski, ne fasse que répéter ce que les lobbys de l’alimentaire et de la grande distribution lui ont demandé de dire ! ....

          • Hadj Ahmed 19 juillet 2011 13:39

            "si le gouvernement acceptait d’imposer l’étiquetage des animaux abattus rituellement, (ce qui serait la moindre des choses en matière d’information du consommateur ) une grande partie des consommateurs non musulmans n’en achèteraient en aucun cas , et par conséquent, il y aurait des invendus en grande quantité. Les distributeurs seraient donc dans l’obligation de jeter des milliers de tonnes de viande chaque année, et seraient donc obligés d’augmenter fortement le prix de la viande halal, qui cesserait du coup d’être achetée par les musulmans"

             smiley Promis je ne vous appelle plus doc en toc, désormais, docteur simplet s’impose


          • docdory docdory 19 juillet 2011 14:01

            @ Hadj Ahmed

            Le train de vos sarcasmes roule sur les rails de mon indifférence !

          • Castor 19 juillet 2011 14:52

            Très jolie référence à un film culte : la classe américaine.

            Ceci étant dit, je suis surpris du manque cruel d’arguments dans les petites interventions de Hadj Ahmed...

            Quant à l’intervention de Docdory, je suis parfaitement d’accord, et même si certains ici ont pu comparer avec les oies ou canards engraissés pour leur foie d’une manière très peu raffinée également, il ne s’agit pas de culte mais de culture.

            Le fond du problème n’est pas de savoir s’il existe une bonne façon de tuer un animal pour le manger mais de savoir si un rite religieux peut être imposé à des non-croyants pour de simples raisons économiques.

            La réponse est bien évidemment non, et il n’y a pas à tortiller du cul pour justifier ce qu’il convient d’appeler une agression caractérisée.

          • Catherine Segurane Catherine Segurane 19 juillet 2011 14:59

            Un grand bonjour, Docdory.

            Oui, les aspects économiques sont fondamentaux.

            A la base, il est impossible de produire de la viande sacrificielle dans grands gaspillages (gestes sacrificiels ratés par exemple). L’écoulement de ces viandes sacrificielles ratées auprès du consommateur lambda est indispensable à l’équilibre économique de la filière.

            Pareil pour le casher. Certains rabbins ont décidé que les quartiers arrières des animaux, même abattus rituellement, ne pouvaient pas être kasher. D’où nécessité de les écouler auprès des goys.


          • docdory docdory 19 juillet 2011 15:17

            @ Castor 

            Rendons à Greg ce qui est à Greg : l’expression « le train de vos injures roule sur les rails de mon indifférence » est prononcée par Achille Talon ( cerveau choc ) dans une réplique adressée à son voisin Hilarion Lefuneste ( si mes souvenirs sont exacts ) ! Il me semble qu’il ajoute « et s’arrête en gare de mon mépris » ( à vérifier ! ) .

          • Castor 19 juillet 2011 15:30

            Au temps pour moi alors.

            Achille Talon est bien plus loin de mes souvenirs que ne l’est ce flim sur le cyclimse.

          • Hadj Ahmed 19 juillet 2011 17:11

            Castor,

            Vous avez raison, il n’y a effectivement pas à tortiller du fondement alors il serait peut être temps que vous arrêtiez…

            « Casher » ou « Halal », avéré ou en attrape-ceci cela, est le seul argument de vente de la filière. Je la vois donc mal s’en passer ou le mettre en caractères minuscules. Bref, sauf à être analphabète (plutôt rare chez vous non), ou mal voyant, un non-croyant a contrairement à ce que vous dites, un vrai choix. Tous ne peuvent pas en dire autant…

            Et le Hadj Ahmed, il argumentera quand sa chéchia lui fera signe, sinon ben il continuera à en emmerder quelques uns, sans oublier quelques autres, en long en large et et et en travers smiley


          • Castor 19 juillet 2011 18:33

            Enfin un zeste d’argument.

            Pour ce qui me concerne, très cher, ce qui m’interpelle, c’est «  »Le gouvernement français n’est pas favorable«  à la résolution du Parlement européen de 2010 qui  »introduit, en première lecture, un amendement visant à la mise en place d’une mention obligatoire de l’abattage sans étourdissement sur la viande issue d’animaux abattus selon les rites musulman ou israélite«  ; un tel étiquetage serait  »susceptible de stigmatiser, aux yeux des consommateurs, des pratiques d’abattage ayant des fondements relatifs à la liberté religieuse.«  »

            En réalité, il me semble évident que sauf à aller dans une boutique halal, si un tel étiquetage n’existe pas en supermarché, ce ne peut à terme que contraindre une partie de la population française (majoritaire, si j’en crois les chiffres) à consommer sans le savoir une viande abattue selon des rites religieux qui lui sont étrangers.

            L’explication en est simple : il est résolument trop cher pour la filière d’abattage d’avoir deux chaînes, l’une respectant ces rites, l’autre non.

            La tentation est donc grande de n’en plus avoir qu’une - halal - et donc d’imposer à ceux qui n’en veulent pas de manger une viande sacrificielle.
            Quel mal, me direz-vous, si in fine la viande est identique ?

            Je vous répondrai que je ne vois pas au nom de quel principe républicain on m’imposerait de manger une viande abattue selon des rites auxquels je ne crois pas simplement parce que d’autres le font pour des raisons qui les regardent et, surtout, en raison d’intérêts économiques bien compris de la filière d’abattage.

            Il ne me viendrait pas plus à l’idée de me moquer des végétariens en n’indiquant pas que l’assaisonnement de la salade de carottes que je vends contient des huiles animales ou des lardons déguisés en croûtons de pain.

            Si cela est la conception que vous avez de ma liberté et des choix de conscience que je peux avoir, nous ne serons définitivement pas d’accord.

            Sur ce, je retourne tortiller du croupion (je suis élevé en plein-air).

          • Castor 19 juillet 2011 18:40

            M’suis égaré en cours de route (quel bavard)...

            Le risque n’est pas tant de ne pas voir la mention HALAL dans les rayons spécialisés que de ne pas voir la même mention sur les produits hors rayon spécialisé.

            Or s’il n’existe pas d’obligation de mentionner le type d’abattage, vous verrez que nos fins tacticiens nous fourguerons à tous de la viande halal, certains parce qu’ils le voudront, d’autres parce qu’ils l’ignoreront.

            Je trouve ça un poil malsain.

          • Catherine Segurane Catherine Segurane 19 juillet 2011 19:46

            @ Castor,


            S’il suffisait de s’assurer que la mention « halal » (ou « casher ») est absente, le problème serait résolu de lui-même.

            Mais il y a des viandes qui ne sont marquées ni halal ni kasher et qui pourtant ont été abattues rituellement.

            Exemples : bêtes refusées par les controleurs religieux, par exemple pour geste sacrificiel raté.
            Ou encore : quartiers arrières d’animaux tués selon le rite juif (pour certains rabbins, seules les parties avant peuvent être casher)

          • Castor 20 juillet 2011 11:15

            Bonjour, Catherine,

            il me semble que ce que je dis va dans le sens de ce que vous dites.

            Mon propos est effectivement de dénoncer le fait que, pour des raisons économiques, les chaînes d’abattage pourraient devenir (sont devenues ?) uniques, c’est-à-dire halal, et ce sans que ce fait soit indiqué sur les étiquettes.

            Ce qui me paraît aller encore beaucoup plus loin encore que la mise en circuit « normal » de viandes refusées en circuit halal.

          • LADY75 LADY75 20 juillet 2011 16:14

            Au docteur..

            Où l’on assiste à une graphomanie délirante..

            Je prend, au hasard de cette logorrhée, la partie consacrée au « Bourguignon »... A la fois morceau de viande à cuisson lente mais aussi dénomination d’un de ces plats sûrement emblématique d’une « identité nationale » dont on voudrait qu’elle fût la préoccupation première des Français..

            Encore une mystification.. Mais d’où donc tenez-vous que les Musulmans n’apprécieraient point cette partie du boeuf, si propice à la préparation de tajines, de ragoûts divers et du couscous ?

            De nulle part.. Sinon du fait que les morceaux à cuire lentement souffrent d’une désaffection GENERALE pour la préparation culinaire et qui affecte TOUTES les catégories de la population. Le steak, haché de surcroit, ayant la préférence du consommateur de base, pressé de s’installer devant sa dose quotidienne de TF1 ou d’Al Jazeera..


          • Catherine Segurane Catherine Segurane 21 juillet 2011 06:32

            Oui, Castor, j’ai bien compris, mais je pense qu’il fallait formaliser cette précision.


          • Piotrek Piotrek 19 juillet 2011 15:38

            1) La laicité c’est justement ne pas mentionner les appartenences religieuses

            2) Vous pointez du doigt la souffrance animale, mais vous pensez que l’elevage industriel n’affecte nullement les animaux ? Et puisque vous demandez la vérité sur les étiquettes je présume que n’êtes pas végétarienne ?

            3) La liberté on peut en parler, ce est justement pas que la vôtre, c’est comme ca que ca marche

            4) Si vous ne croyez pas, en quoi un rituel religieux change-t-il la nature de la viande ? Cela devrait être uniquement de la matière sans aucun symbole

            Votre article comporte une bien grande liberté d’interprétation quant à la définition même de toutes les valeurs que vous défendez


            • tikhomir 19 juillet 2011 15:48

              Pour le point 4), cela change qu’elle n’a pas envie de payer un imam et de financer une mosquée délivrant le certificat de sacrificateur pour tuer la bête qui servira de viande dans son assiette. Et sur ce point, elle n’a pas tort et il justifie à lui seul l’étiquetage à mon avis.


            • Lefumiste Lefumiste 19 juillet 2011 15:49

              Très juste Piotrek.....

              Mais entre nous .... Pensez-vous sincèrement que le problème de l’auteur et des intervenants allant dans son sens soit simplement le fait d’étiqueter ou non la viande hallal/casher dans la grande distrib ??

              Après les arguments bien pensant genre « souffrance animale » « attitude barbare » etc ... quelle fumisterie !!! C’est vrai que nos abattoirs à nous sont connus pour accompagner au mieux les animaux dans la mort avant de les transformer en nuggets ou steak hachés.


            • Castor 19 juillet 2011 15:55

              Dire que l’état s’interdit, au nom du principe laïque, toute intervention dans la sphère religieuse ne signifie pas que l’ordre public n’aie pas à s’affirmer dans ce cas précis.

              En l’occurrence, il s’agit précisément de ne pas faire primer un principe religieux (l’abattage rituel) sur un autre principe qui veut que le consommateur a droit à une information légitime sur ce qu’il consomme, la façon dont ce qu’il consomme est produit et si les conditions de production ne heurtent pas ses propres convictions.

              Précisément, si l’information est donnée, le choix auquel chacun a droit est respecté.

              Il me semble encore que vous confondez appartenance religieuse et préceptes religieux, lesquels n’ont pas à être cachés lorsqu’ils sont proposés à la vente.
              Du reste, à ce compte-là, pourquoi indiquer « casher » ou « halal » sur l’étiquetage ne serait-il pas tout aussi contraire à la laïcité que vous invoquez ?

              Faites le parallèle non-religieux avec la consommation de viande de cheval et vous m’en direz des nouvelles. Mieux, vous pourrez pousser la réflexion avec la viande de boeuf aux hormones...

              Quant à la liberté à laquelle vous faites référence, pouvez-vous m’indiquer le sens des priorités auquel elle vous mène ?
              Parce que si je ne conçois pas que l’on puisse interdire une prescription religieuse, je ne conçois pas plus que l’on puisse m’imposer celle-ci au nom de la liberté de l’autre.

              La liberté n’est pas linéaire. Elle s’adapte sans cesse pour répondre à son contraire.

            • docdory docdory 19 juillet 2011 17:27

              @ Piotrek

              La véritable laïcité , ce serait que la réglementation sur l’étourdissement avant abattage ne comporte aucune dérogation religieuse ( c’est ce qui a été décidé dans certains pays européens )
              La véritable laïcité serait de constater que des « sacrificateurs rituels » n’ont rien à faire dans les abattoirs, lesquels ne sont pas des entreprises religieuses .
              La véritable laïcité serait également de supprimer les menus confessionnels dans les cantines scolaires : l’école de la République n’a pas à cautionner les superstitions, quand bien même celles-ci seraient religieuses, mais elle doit au contraire promouvoir la Raison. 

            • Piotrek Piotrek 19 juillet 2011 19:03

              @tikhomir

              Je pense que vous poussez la traçabilité un peu loin smiley à ce compte là je demande si le boucher est carté à l’UMP et si il a voté Sarko, si c’est le cas : je prendrai pas de sa bidoche !

              @Lefumiste

              Mais entre nous .... Pensez-vous sincèrement que le problème de l’auteur et des intervenants allant dans son sens soit simplement le fait d’étiqueter ou non la viande hallal/casher dans la grande distrib ??

              Bien évidemment que non, mais on m’a déjà fait remarquer mon discours un poil brutal, donc j’interviens avec un peu plus de tact

              @Castor

              Dire que l’état s’interdit, au nom du principe laïque, toute intervention dans la sphère religieuse ne signifie pas que l’ordre public n’aie pas à s’affirmer dans ce cas précis.

              De l’ordre public ? Fichtre vous y allez bien fort pour une simple étiquette

              En l’occurrence, il s’agit précisément de ne pas faire primer un principe religieux (l’abattage rituel) sur un autre principe qui veut que le consommateur a droit à une information légitime sur ce qu’il consomme, la façon dont ce qu’il consomme est produit et si les conditions de production ne heurtent pas ses propres convictions.

               

              Précisément, si l’information est donnée, le choix auquel chacun a droit est respecté.

              Non il ne s’agit pas d’une information innocente. Demander une loi pour "Ce produit a été conditionné par une personne de couleur« ou »Cette vache a été tuée par un communiste" pourrait être pour certaines personnes un droit à une information en fonction de ses sensibilités politiques. Mais cela s’appelle une discrimination
              Si c’est marqué Halal ou Kasher, c’est un choix privé, dans le cadre du commerce pour les consommateurs.
              Si vous voulez légiférer et forcer des inscriptions à connotations religieuses, pour éviter que des consommateurs non religieux (c’est à dire qui s’en foutent par définition) en consomment, c’est de la discrimination. Article 225 du code pénal

              Il me semble encore que vous confondez appartenance religieuse et préceptes religieux, lesquels n’ont pas à être cachés lorsqu’ils sont proposés à la vente.

              Du reste, à ce compte-là, pourquoi indiquer « casher » ou « halal » sur l’étiquetage ne serait-il pas tout aussi contraire à la laïcité que vous invoquez ?

              Non pas de laïcité en jeu, car domaine privé. En revanche si on veut en faire une loi : laïcité SVP !

              Quant à la liberté à laquelle vous faites référence, pouvez-vous m’indiquer le sens des priorités auquel elle vous mène ?

              Parce que si je ne conçois pas que l’on puisse interdire une prescription religieuse, je ne conçois pas plus que l’on puisse m’imposer celle-ci au nom de la liberté de l’autre.

               

              La liberté n’est pas linéaire. Elle s’adapte sans cesse pour répondre à son contraire.

              C’est vous le consommateur, vous avez le choix, vous êtes libres d’aller chez le boucher artisan du coin et vous saurez même le nom de la vache. Par contre aller jusqu’a dire que tout ce qui est Halal ou Kasher doit obligatoirement et légalement être étiqueté dans le but de discriminer religieusement (ou anti-religieusement), c’est pousser le bouchon de l’état « protecteur » un peu trop loin à mon gout


              @docdory

              La véritable laïcité , ce serait que la réglementation sur l’étourdissement avant abattage ne comporte aucune dérogation religieuse ( c’est ce qui a été décidé dans certains pays européens )

              Si c’est pour les abattoirs publics, je n’ai aucune objection. Par contre légiférer le privé pour forcer à ne plus faire de Halal ou de Kacher, c’est contre la liberté du marché, des religions, et des hommes (et tellement inefficace et grossier pour tenter de se débarrasser des consommateurs de Halal ou Kacher)

              La véritable laïcité serait également de supprimer les menus confessionnels dans les cantines scolaires : l’école de la République n’a pas à cautionner les superstitions, quand bien même celles-ci seraient religieuses, mais elle doit au contraire promouvoir la Raison.

              Je suis d’accord pour les menus des cantines (publiques) quoique c’est un peu tard, mais franchement, pensez vous que les musulmans de France vont quitter le pays car il n’y a pas de Halal à la cantine ? Qu’ils vont émigrer en masse car madame ne veut pas manger Halal ?

              Car je crains que l’article s’orientait dans ce sens

               

               


            • Castor 19 juillet 2011 19:14

              Je crois pour ma part que vous feignez l’incompréhension.

              La question est pourtant simple : trouvez-vous normal que l’on puisse vendre de la viande halal sans mentionner qu’elle l’est ?

              Si oui, allons plus loin : trouveriez-vous normal que l’on ne mentionne pas sur des emballages de carottes râpées que l’assaisonnement est à base de graisse animale et que l’on se foute ouvertement des végétariens ?

              Si vous avez une différence dans ces deux réponses, alors vous avez un problème.

              Et vos explications à base d’outrances sont too much pour être une réelle argumentation.
              Une viande sacrificielle n’est pas une viande abattue par un communiste.

            • Castor 19 juillet 2011 19:20

              « C’est vous le consommateur, vous avez le choix, vous êtes libres d’aller chez le boucher artisan du coin et vous saurez même le nom de la vache. Par contre aller jusqu’a dire que tout ce qui est Halal ou Kasher doit obligatoirement et légalement être étiqueté dans le but de discriminer religieusement (ou anti-religieusement), c’est pousser le bouchon de l’état »protecteur« un peu trop loin à mon gout »

              C’est précisément vous qui indiquez qu’il s’agit de discriminer.
              En réalité, ce choix que vous prétendez que j’ai, où sera-t-il lorsque les filières d’abattage auront décidé qu’au nom de leurs sacro-saints bénéfices, ils n’auront plus qu’une seule filière (halal) d’abattage et qu’il ne leur sera fait aucune obligation de mentionner ce point ?

              Car le risque est là. Il ne consiste pas à discriminer tel ou tel pour ses pratiques mais de permettre au consommateur que je suis de savoir ce que je mange et dans quelles conditions sanitaires et religieuses ce que je mange a été conditionné.
              Or quand on me vendra de la viande halal dans un rayon non-halal sans que je puisse vérifier qu’elle ne l’est pas, je considérerai que j’ai été trompé sur la marchandise aussi sûrement que lorsque l’on ne m’aura pas dit que tel composant était potentiellement allergène (et je ne suis pas allergique à la viande halal !).

            • docdory docdory 19 juillet 2011 22:03

              @ Piotrek

              Je parlais des menus musulmans sans porc dans les cantines.
              Que l’école de la République aient été jusqu’à cautionner des superstitions alimentaires moyen-âgeuses pour satisfaire les revendications passéistes d’ une minorité agissante, au dépens du principe fondamental que la République laïque ( et donc ses écoles et leurs cantines ) ne reconnaît aucun culte, est parfaitement scandaleux .

            • LADY75 LADY75 20 juillet 2011 15:54

              Lady Panam’ :

              Repas musulmans dans les cantines de la République ?

              Ou possibilité de choix d’un repas SANS VIANDE salutaire pour nos bambins aux régimes surcarnés, possibilité aussi de leur faire ingurgiter les 5-fruits-5-légumes-par-jour, thériaque de la surcharge pondérale.. ?


            • LADY75 LADY75 20 juillet 2011 15:59

              @ Piotrek :

              « De quelle patience ne faites-vous pas preuve !

              Cet article est une intox pure.. Il tend à faire passer pour »halal" (épithète honnie par l’auteure) toute viande ayant sauté l’étape de l’étourdissement avant égorgement..

              Or, ce qui est indispensable pour labeliser halal ou kasher.. c’est une formule rituelle prononcée lords de la mise à mort. L’article joue sur cette omission pour faire parler de son bouc émissaire favori..


            • Laratapinhata 19 juillet 2011 16:44

              Les bons bouddhistes sont végétariens.

              Ajouter une réaction

              Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

              Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


              FAIRE UN DON

ECRIVEZ UN ARTICLE !





Les thématiques de l'article


Palmarès