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Abattage rituel : le gouvernement méprise la liberté de ne pas croire

Un député UMP avait demandé par lettre qu'une mention sur l'emballage avertisse le consommateur en cas d'abattage rituel. Réponse du secrétaire d'Etat au commerce Frédéric Lefèbvre : c'est niet, car un tel étiquetage serait "susceptible de stigmatiser, aux yeux du consommateur, des pratiques d'abattage ayant des fondements relatifs à la liberté religieuse."

L'affaire est révélée par Valeurs actuelles (14 juillet 2011 page 6) : le député Jacques Kossowski (UMP, Hauts de Seine), avait écrit le 26 avril à Lefèbvre une lettre demandant, en cas d'abattage rituel, de "rendre obligatoire une mention spécifique sur l'emballage" par respect pour ceux des consommateurs qui "ne souhaitent pas consommer ce type de produits pour des raisons philosophiques (laïcité, défense de la condition animale, etc ...).

Réponse du sous-ministre : "Le gouvernement français n'est pas favorable" à la résolution du Parlement européen de 2010 qui "introduit, en première lecture, un amendement visant à la mise en place d'une mention obligatoire de l'abattage sans étourdissement sur la viande issue d'animaux abattus selon les rites musulman ou israélite" ; un tel étiquetage serait "susceptiblede stigmatiser, aux yeux des consommateurs, des pratiques d'abattage ayant des fondements relatifs à la liberté religieuse."

On renverra à deux documents de la Fondation Brigitte Bardot, qui a enquêté sur le terrain en long et en large : dans sa brochure "De la souffrance animale à la tromperie des consommateurs", elle explique que l'abattage rituel, en théorie l'exception, est en passe de devenir la règle. Elle signale déjà les risques sanitaires liés à ce mode d'abattage. Dans un document plus récent intitulé : "Steacks hachés contaminés, les autorités avaient déjà été alertées", elle relaie à nouveau des mises en garde de vétérinaires signalant le risque de déversement du contenu stomacal et de ses bactéries sur la viande en cas d'abattage rituel.

De tels arguments devraient suffire, en théorie, à valider la revendication d'information du consommateur.

Mais j'en ai marre d'argumenter. J'en ai marre de me jusitifer.

Maintenant, je veux aller au fond des choses, à l'essentiel, et dire simplement au sieur Lefèvre :

Monsieur le sous-ministre, vous faites grand cas de la liberté religieuse des partisans de l'abattage rituel. 

Alors, j'aimerais savoir pourquoi ma propre liberté religieuse ne bénéficie pas des mêmes égards gouvernementaux.

La liberté religieuse, c'est la liberté de croire OU DE NE PAS CROIRE. C'est la liberté de prratique OU DE NE PAS PRATIQUER. 

Mon refus de manger de la viande sacrificielle n'est pas moins respectable que le souhait de certains religieux d'en manger.

Et je suis un peu surprise par votre souci de ne pas "stigmatiser" des "pratiques d'abattage".

Je me permets de vous faire observer que, seules, les personnes doivent être protégées de la stigmatisation.

Mais la critique des religions, de leurs dogmes et de leurs pratiques, est permise, jusqu'à nouvel ordre.

Le délit de blasphème n'a pas encore été rétabli, même si certains de votre majorité y ont travaillé et y travaillent sans doute encore sournoisement. Il est donc parfaitement permis de refuser l'abattage rituel, et même de le stigmatiser, c'est à dire de le marquer du sceau de la honte en le qualifiant de barbare, moyen-ageux, et dangereux au plan sanitaire.

Il est même permis de ne pas le stigmatiser, de ne rien lui reprocher, ou de décider de ne formaliser aucun reproche, préférant formuler une exigence qui pourrait tout simplement s'exprimer comme suit :

"Ne pas manger de viande sacrificelle fait partie de MA liberté religieuse, de MON DROIT de ne pas participer à un rite ; cette liberté et ce droit valent bien la liberté et le droit des vieux messieurs tout noirs et de leurs ouailles.

J'exige qu'il soit respecté ! "



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Les réactions les plus appréciées

  • Par Jean-Pierre Llabrés (---.---.---.82) 19 juillet 2011 10:53
    Jean-Pierre Llabrés

    L’abattage rituel, comme nombre d’autres rites religieux, constitue un précepte prescrit pas des textes prétendument « sacrés » révélés, à des prétendus « prophètes », par un « dieu » très hypothétique.

    Or, l’existence d’un « dieu » demeurant improuvée, quel intérêt y a-t-il à lire, comprendre, perdre son temps à étudier des textes contenant, supposément, les paroles d’une telle entité, à l’existence improuvée, qui auraient été révélées à un individu quelconque (qui pourrait même n’avoir jamais existé) ?

    Cette réflexion vaut pour tous les écrits supposément « sacrés » de toutes les religions ainsi que pour tout ce qui se réclame d’une « divinité » à l’existence improuvée.

    L’incroyance et la dérision sont des droits absolus et inviolables vis-à-vis de tout ce fatras et ce verbiage découlant, dégoulinant, d’un postulat (principe premier d’une démonstration, admis comme un fait reconnu et indiscutable, mais qui est indémontrable) irrationnel.

    Bien évidemment, cette incroyance et cette dérision ne sauraient constituer un « blasphème » ou une « hérésie » puisque provenant de personnes entièrement étrangères à ces billevesées, stupidités, inepties, et cætera ! ...


    Le IIIe millénaire sera agnostique ou ne sera pas !

  • Par docdory (---.---.---.224) 19 juillet 2011 13:34
    docdory

    @ Catherine Ségurane

    La réponse scandaleuse de Frédéric Lefebvre s’explique si l’on considère que les grandes entreprises de distribution et de l’alimentaire sont le plus souvent des soutiens financiers et alliés politiques du gouvernement actuel, dont l’action principale depuis l’élection de Sarkozy est de défendre les intérêts des plus riches et du patronat.
    Or , pour ces grandes entreprises, le hallal est avant tout un marché totalement juteux. Il est bien évident que leurs dirigeants estiment totalement ridicule et grotesque l’idée d’un abattage rituel, mais par contre ont très vite vu le profit financier gigantesque qu’ils pouvaient tirer de ces superstitions alimentaires absurdes issus du cerveau dérangé d’un chamelier du moyen-âge inventeur d’une religion dont la nocivité s’accroît de jour en jour. ( Apparemment , le chiffre d’affaires du halal se compte en milliards d’euros par an, il est proche du chiffre d’affaire engendré par d’autres superstitions aussi ridicules, telles que la voyance ).
    Le problème est que , pour diverses raisons, les consommateurs de viande hallal n’apprécient guère certaines partie de la viande ( on voit rarement, par exemple, des musulmans faire du boeuf bourguignon ni donc acheter la viande qui sert à en faire ) . Ces parties de viande sont donc revendues aux non musulmans, bien que la taxe halal ait déjà été versée au bénéfice des intérêts de l’islam au moment de l’abattage.
    Les non-musulmans ( c’est à dire, selon la dernière statistique de 2011, 97 % de la population française ) se retrouvent donc à participer contre leur gré au développement d’ une technique d’abattage d’une cruauté particulièrement « raffinée » , et au paiement d’une « taxe privée » servant principalement à édifier des mosquées.
    C’est là qu’intervient le problème de l’étiquetage : si le gouvernement acceptait d’imposer l’étiquetage des animaux abattus rituellement, (ce qui serait la moindre des choses en matière d’information du consommateur ) une grande partie des consommateurs non musulmans n’en achèteraient en aucun cas , et par conséquent, il y aurait des invendus en grande quantité. Les distributeurs seraient donc dans l’obligation de jeter des milliers de tonnes de viande chaque année, et seraient donc obligés d’augmenter fortement le prix de la viande halal, qui cesserait du coup d’être achetée par les musulmans ( elle deviendrait , dans cette hypothèse, totalement inabordable pour la plupart des consommateurs musulmans ). Dans cette hypothèse , les profits énormes engrangés par l’industrie agro-alimentaire et la distribution grâce au halal fondraient comme neige au soleil !
    Nul doute que F Lefebvre , dans sa honteuse réponse au député Kossowski, ne fasse que répéter ce que les lobbys de l’alimentaire et de la grande distribution lui ont demandé de dire ! ....
  • Par Jean-Pierre Llabrés (---.---.---.82) 19 juillet 2011 13:15
    Jean-Pierre Llabrés

    Cette devinette m’a été posée par un Mauritanien musulman :

    « Savez-vous pourquoi certains musulmans acceptent de boire de l’alcool mais se refusent toujours à manger du porc ? »
    Réponse :
    Parce que le porc ne saoule pas ...
     smiley
  • Par Laratapinhata (---.---.---.70) 19 juillet 2011 16:49

    Ceci dit je suis parfaitement d’accord pour lutter contre l’abattage rituel qui est une pratique immonde... et pour que l’étiquetage soit obligatoire, pour que l’on puisse choisir et si possible ruiner les filières qui vendent leur surplus sur le marché ordinaire... que les croyants soutiennent leur filière s’ils le peuvent...
    Et la campagne européenne contre l’abattage rituel ?

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