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Accepter la différence, c’est d’abord accepter qui nous sommes

Dans un manuel scolaire d’histoire géographie, l’éditeur Belin a décidé de « flouter » le visage du prophète Mahomet sur une reproduction du XIIIe siècle, rapporte Le Figaro dans un article daté du 7 avril 2007.

Au Canada, ce type de décision porte désormais un nom : un « accommodement déraisonnable ».

L’"accommodement raisonnable" est une expression juridique définie par la Cour suprême du Canada pour désigner différentes mesures destinées à minimiser la discrimination dont pourrait être victime un individu issu d’une minorité à l’intérieur de la société canadienne.

Tout accommodement se fonde sur la "Charte canadienne des droits et libertés", intégrée dans la constitution depuis 1982 et qui interdit toute discrimination basée sur le sexe, la race, la religion, l’opinion ou l’orientation sexuelle.

Préalablement, en 1975, la province du Québec s’était déjà dotée d’une "Charte des droits et libertés de la personne".

Or, c’est précisément au Québec que la question des accommodements s’est imposée dans la dernière campagne électorale de mars 2007 à la suite de revendications de plusieurs minorités religieuses, contestées par l’opinion publique.

Telle communauté juive ne supportait pas qu’une salle de sport, dont les fenêtres donnaient sur une rue passante, puisse laisser voir des femmes en tenue sportive, demandant que les fenêtres soient givrées. Telle communauté indienne revendiquait le port du kirpan (un petit couteau traditionnel) pour les garçons à l’école. Telle communauté musulmane revendiquait le droit de porter le nijab pour aller voter, alors que la loi électorale québécoise impose l’identification visuelle de la personne. Telle autre communauté religieuse s’indigna que le gouvernement célébre Noël, fête typiquement catholique. Telle communauté religieuse refuse de passer le permis de conduire avec une femme comme examinateur. Telle autre refuse que des cours prénataux soient donnés à des groupes mixtes, etc.

Jusqu’où doit-on accommoder les minorités pour respecter leurs coutumes au risque de sacrifier aux principes d’égalité et de non-discrimination énoncés par les chartes elles-mêmes ?

Tout d’abord, il est une première évidence : ces communautés religieuses n’acceptent pas qu’il puisse y avoir une séparation entre la vie privée et la vie publique. Dans leur conception des choses, la religion (qui, pour nous, occidentaux, est une affaire privée) est aussi pour eux une affaire publique que l’État doit même garantir. D’où leur activisme pour imposer leur vision religieuse de la société.

Seconde évidence : toutes les religions ont toujours été hostiles à la femme. Les États occidentaux, devenus laïques, ont su, avec plus ou moins de volonté politique, réhabiliter la femme dans la société. Pour les non-occidentaux, la question de la femme reste souvent dramatique et il est intolérable de sacrifier l’égalité entre hommes et femmes au profit d’une autre vision sociétale. Il y a des principes universels (celui-là en est un parmi d’autres) qui ne supportent ni relativisme ni compromis.

Troisième évidence : les pays occidentaux ont une histoire et cette histoire est judéo-chrétienne. Certains peuvent le déplorer, mais on n’efface pas une histoire, même pour accommoder quelques-uns. Ceci est aussi vrai pour toutes les cultures : l’histoire d’un peuple ou d’un continent, quel qu’il soit, est le creuset de son identité et elle doit être respectée. Par conséquent, bien que laïques, les pays occidentaux n’en continuent pas moins d’utiliser un calendrier grégorien (du pape Grégoire XIII), de faire résonner les cloches des Églises catholiques le dimanche et de déclarer Noël jour de congé. Il n’y a pas de honte à avoir une histoire.

On peut donc être laïque, affirmer des principes républicains inamovibles tels que l’égalité des sexes et accepter notre héritage judéo-chrétien. Ce n’est que sur cette base pleinement assumée et revendiquée que nous pourrons satisfaire à des accommodements qui soient véritablement raisonnables. Car après tout, accepter la différence, c’est d’abord accepter qui nous sommes.




par Maximilien Depontailler (son site) mercredi 11 avril 2007 - 57 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par lerma (---.---.---.24) 11 avril 2007 13:47
    tvargentine.com

    Le droit à la différence,c’est la porte ouverte à toutes les formes de communautarismes et qui va à l’encontre de toutes formes d’intégration dans une société dans laquelle on vient vivre.

    Le communautarisme porte en lui des idées obscurantistes et incompatibles avec une république moderne.

    Voila pourquoi,nous devons nous battre contre ce communautarisme qui cherchera toujours à défier la république et le mieux est d’expulser du territoire ces éléments les plus extrèmistes afin de les renvoyer dans leur pays d’origine.

    Le communautarisme est une forme de fascisme qui doit etre combattue par tout les moyens légaux et cela passent donc par une immigration controlée afin de savoir qui on accepte sur notre territoire.

  • Par Pierre (---.---.---.63) 11 avril 2007 20:10

    Un individu qui vient dans un pays qui n’est pas de sa culture doit s’adapter à celle-ci où aller sous d’autres cieux. D’ailleurs, il y a des demandes incompatibles entre elles. Par exemple pour faire plaisir aux intégristes musulmans, il faudrait que toutes les femmes en France portent le voile pour ne pas choquer...Allah et le prophète ! oui, mais voilà les féministes ont eu bien du mal à avoir quelques avancées pour les femmes...Comment concilier ces deux demandes ? Donc, il faut respecter la laïcité d’une part et d’autre part IL FAUT que les nouveaux arrivants s’adaptent à nos moeurs. Ce n’est pas aux descendants de Gaulois à s’adapter à l’Islam ou à toute autre religion venant d’ailleurs.

  • Par Unknown (---.---.---.82) 11 avril 2007 14:58

    Je suis dans une équipe de foot depuis 5 ans maintenant. Mais je suis le seul à avoir le droit de jouer avec une main, j’ai du faire des concéssions, je viens du basket. Julo, un autre équipié, joue avec une raquette car il est fan de squash, il serait injuste de l’en priver. Robert, le Goal refuse d’arrêter le ballon avec les mains car en tant que peintre à ses heures perdues, il ne veut les abimer, c’est bien naturel. Charles ne joue que lorsque le vent souffle, la nostalgie du marin qu’il était étant trop ancré en lui.

    Si tu veux jouer au foot...tu joues selon ses règles.

    A bon entendeur...

  • Par Unknown (---.---.---.82) 11 avril 2007 17:26

    Je suis globalement très d’accord avec votre commentaire, mais (je crois) il ne vaut que pour les exemples que vous citez, en réalisant la synthèse : Ceux qui supportent leur conditions (handicapés, malades, personnes agés,...)

    Dans le cas de l’équipe, comme de la migration, rien ne te force à venir (sauf réfugiés) rien ne te force à jouer de nouvelles règles, ton voyage vers l’Europe, les Us ou je ne sais, est effectué librement.

    Nous n’avons pas (indigènes) à changer ceci ou cela, pour faire plaisir à un tel ou une telle, un Algérien (exemple) ne vient pas en France pour recréer une Algérie. Je n’ai pas à me cacher devant lui parce que je bois une bière ou grignotte mon jambon-beurre, ok ? Il adopte mes règles, nos règles car il est venu dans l’équipe librement, alors il joue le jeu, et s’il n’est pas d’accord il y a l’aéroport. (chanson québecoise)

    Le Canada prend le chemin qui lui plaira, chemin qui est le reflet de son parcours historique. La France, en fait les français, ne sont pas franchement d’accord avec de tels accomodements. Il s’agit de construire la France du future et non d’en créer une nouvelle, le propos est l’évolution et non la transformation.

    Qu’une minorité ethnique veuille imposer ses règles est une belle marque d’intolérance envers la population qui l’accueil. Elle s’installe au pays de la mini-juppe, et hurle finalement au scandal, c’est un peu se foutre de la gueule du monde. On ne lui a pas menti, il savait ce qu’il faisait et où il allait, puisqu’il y est venu librement.

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