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Accueil du site > Actualités > Religions > Au Vatican : On y gagne son latin !

Au Vatican : On y gagne son latin !

Le latin n’est pas une langue morte. Pour preuve, il s’agit de la langue officielle du Vatican. Certes, les 832 habitants de cette monarchie absolue (mais élective) ne parlent pas tous couramment la langue de Cicéron. Cela ne l’empêche pas d’évoluer pour être…dans le vent.

D’abord cela peut-être utile de se tenir au parfum. La journaliste spécialiste du Vatican de l’agence de presse italienne ANSA, Giovanna Chirri, a confortablement grillé la concurrence (AFP, Thomson-Reuters, « et caetera »…) en annonçant la renonciation de Benoit XVI avant que ses confrères aient eu le temps de consulter leur dictionnaire Gaffiot.

Et pour cause, Giovanna entend le latin et a pu traduire in extenso la parole du Souverain pontife à travers un « urgent », « flash » ou « snap » d’agence. A telle enseigne que notre AFP, a du citer ANSA comme première source avant d’avoir confirmation officielle d’un porte-parole du Vatican. Quart d’heure de gloire pour mademoiselle Chirri …

Certes, une langue parlée sur 0,44 km2 peut apparaître négligeable à l’apprentissage, au moins si vous n’êtes pas prélat intégriste nostalgique de Vatican I, ou, espèce en voie d’extinction rapide au grand dam de feu l’académicienne Jacqueline de Romilly, latiniste distingué.

Mais pour concocter prêches, oraisons et autres homélies intra muros sans avoir l’air de sortir du haut moyen âge, les hommes de la Curie doivent se tenir à la page. Pour leur venir en aide, la fondation Latinitas fait vivre la langue.

 

NIGRITARUM MUSICA

Et pour cause, les distributeurs automatiques de la banque du Vatican donnent leurs instruction en latin pour être sur le même ton que les encycliques papales.

D’ailleurs, lesdites encycliques butent parfois sur des termes à l’esprit nouveau du style internet ou électricité.

Du coup, la fondation Latinitas a établi le Lexicon recentis Latinitatis (dernière édition 2003, sous la signature de don Cleto Pavanetto) , dictionnaire en deux volumes regroupant 15.000 néologismes grâce à la collaboration d’experts du monde entier.

Donc, pêle-mêle un billet de banque se dira « charta nummària », des blue-jeans « bracae linteae caeruleae », internet « inter rete », une adresse mail « inscriptio cursus electronici », électrité étant elle-même : electrica vis.

Encore plus moderne, nous citerons pour jazz le quelque peu sulfureux « nigritarum musica » (NDLR : il a été atténué en « iazensis musica »…) , « virosa mulier » pour nymphomane ou encore « manuballistulla » pour mitraillette.

Le préservatif se prononce « tegumenbra » mais nous pouvons nous interroger avec notre Canard Enchaîné, impie parmi les impies, il n’y a donc rien pour « pédophile », « blanchiment d’argent » ou « lobby gay » ?


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5 réactions à cet article    


  • ZEN ZEN 27 mars 2013 11:47

    Très drôle !
    Que de contorsions pour mettre Virgile au goût du mundi moderni
    ça doit contribuer à l’exotisme de ces lieux hautement touristiques, sources de nombreuses chartas nummàrias pour la banca vaticana. Quel est l’équivalent latin de blanchiment d’argent, mafia ?..

    Comment dit-on rigolo, en latino hypermoderno ? smiley


    • docdory docdory 27 mars 2013 16:49

      @ Denis Thomas

      Vos potest amare loquentem Latine, etiam si tu non es sacerdos vel cardinalis !!!

      • docdory docdory 27 mars 2013 16:49

        NB : qualité du latin non garantie !


      • Aldous Aldous 27 mars 2013 20:03

        Tant qu’on y est on peut se demander ce qui permet de qualifier le grec de langue morte, le grec démotique moderne étant une évolution sommes toutes assez modérée la koiné de l’époque christique si bien que les Grecs continuent de suivre la messe qui est toujours dite en koiné sans éprouver trop de difficulté à comprendre.


        • Aldous Aldous 27 mars 2013 20:17

          Pour expliciter voici le début du notre père en koiné :

          Patera hémôn ho en toîs ouranoîs agiasthitô to onoma sou ...

           Et en grec moderne :

          Patera mas ho en tous ouranous agiasmêno to onoma sou...

          Et maintenant en Français du XXIe siecle :

          Li nostre Perre ki ies es ciels, seit seintefiez li tuns nuns.

          Et aujourd’hui :

          Notre père qui es aux cieux que ton nom soit sanctifié...

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