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Accueil du site > Actualités > Religions > Benoît XVI, chef de guerre

Benoît XVI, chef de guerre

Les catholiques se sont dotés en 2005 d’un pape qui apparaît comme un véritable chef de guerre. Est-ce que l’Eglise aurait décidé de se mettre en ordre de bataille pour le XXIe siècle qui sera, tout le monde le dit, le siècle du religieux ?

Dans son message de Pâques, le pape Benoît XVI a lancé un appel à la paix au Tibet, au Proche-Orient et au Darfour.

Qui ne saurait souscrire à un tel message ? Et qui aurait pu tenir un discours différent ? Pourtant on ressent comme un malaise à entendre ce message de la bouche de ce pape. Benoît XVI, dans ses propos comme dans ses actes, n’a jamais semblé porté par une idéologie de la paix. Instruments d’identité des peuples, les religions ont été utilisées depuis des millénaires à des fins de domination. Alors qu’elles auraient dû se développer dans la sphère spirituelle, les religions ont été et sont encore la cause des conflits majeurs que nous vivons dans le monde. Le bon sens voudrait que les dirigeants des grandes religions du monde soient les porteurs d’un message de paix entre les nations et les peuples. Les chrétiens reprochent souvent à l’islam sa volonté hégémonique dans les âmes comme dans le domaine temporel. Mais les catholiques se sont dotés en 2005 d’un pape qui apparaît comme un véritable chef de guerre. Est-ce que l’Eglise aurait décidé de se mettre en ordre de bataille pour le XXIe siècle qui sera, tout le monde le dit, le siècle du religieux ? Tout semble le montrer dans les choix et le comportement de Benoît XVI.

Montrer sa force

Au moment où il appelle à la paix dans le monde le jour de Pâques 2008, le pape baptise lui-même le journaliste italien Magdi Allam, d’origine musulmane. Le pape savait que ce journaliste a des positions radicales contre l’islam, et il savait aussi que l’islam interdit (on peut le regretter) à ses croyants la conversion à une autre religion. Il ne pouvait pas ignorer que ce serait pour les musulmans une provocation de plus. Il aurait pu laisser un autre ecclésiastique se charger de ce baptême. Non ! En pleine connaissance de cause, il l’a fait lui-même.

Benoît XVI n’en est pas à sa première provocation, puisqu’il il faut bien utiliser ce mot.

Après la présentation en juillet 2007 par José Luis Zapatero d’une loi sur la « Mémoire historique sur les victimes des deux camps », visant à réhabiliter la mémoire des 150 000 tués de la guerre civile d’Espagne, le pape organise le 28 octobre 2007 à Rome la plus grande cérémonie de béatification de l’histoire de l’Eglise : 498 religieux sont déclarés « martyrs, tués par haine de la foi, et élevés à l’honneur des autels  ».

Défendre ses territoires

La réaction violente du pape est certainement liée à la situation exceptionnelle de l’Eglise en Espagne : elle bénéficie de privilèges éducatifs, est financée à plus de 90% par l’Etat, est exonérée de taxes. Dans les pays où elle domine, la religion catholique montre sa force pour défendre ses territoires, comme le font les gouvernements du Soudan au Darfour ou de la Chine au Tibet.

Le cardinal Ratzinger, avant d’être Benoît XVI, a été l’auxiliaire actif de son prédécesseur Jean-Paul II. Ecoutons François Houtart [I] : « Pendant les années 80 et 90, le cardinal Ratzinger mit en marche un processus de répression qui commença en réduisant au silence plusieurs théologiens en Amérique latine et en leur interdisant d’enseigner, et qui alla jusqu’à l’excommunication du père Tissa Balasuriya du Sri Lanka. C’est sous son influence que les lieux de formation théologique ou pastorale contrôlés par l’Eglise catholique se virent interdits d’enseigner la Théologie de la libération. »

Cette affirmation politique se concrétisa brutalement lors de la visite de Jean-Paul II à Managua dans le Nicaragua sandiniste où l’archevêque Obando y Bravo avait mis en place une « pastorale conflictuelle  » vis-à-vis du gouvernement légal et de l’Eglise progressiste. Le 4 mars 1983, le pape réprimande le père Cardenal, ministre du gouvernement nicaraguayen, à genoux devant lui et qui lui baise la main. Quelques jours plus tard, au cours d’une messe rassemblant 700 000 personnes, aux fidèles qui demandent une prière pour les morts, le pape en colère réclamera par neuf fois « Silencio !  ». « Provocation évidente  », « la messe se termine en débâcle, débordée par les cris d’une marée humaine  », dira Maurice Lemoine [II].

Outre le fait d’être une remarquable machine intellectuelle, Benoît XVI a une excellente mémoire. En 2007, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi continue à poursuivre le jésuite Jan Sobrino : ce religieux refuse de reconnaître que ses écrits contiennent des « propositions dangereuses et erronées  ». Mais qui est Jan Sobrino ? Jésuite intervenant dans un centre de réflexion de l’université centro-américaine de San Salvador, il a échappé miraculeusement à la mort le 16 novembre 1989, alors que cinq autres jésuites de l’université sont assassinés ce jour-là par un groupe paramilitaire. Le silence du pape sur le sort fait à ces prêtres est assourdissant.

Une attitude agressive envers les autres religions

« De quel côté, dans l’histoire humaine, se sont trouvés le rejet de la raison et le recours à la violence pour imposer la religion ? » demande le philosophe Henri Pena-Ruiz [III]. La hiérarchie catholique fait appel à un langage guerrier dramatisant l’image de la forteresse assiégée : « L’Evangile, ultime rempart contre l’islam  » (l’évêque de Côme dans Il Giornale en janvier 1983). L’habileté consiste à développer des arguments trompeurs, opposant une région du monde - l’Europe - et une religion - l’islam. « L’Europe a vécu sous la menace constante de l’islam pendant près de 1000 ans  » (Giuseppe de Rosa dans Civilta Cattolica en 2005).

Le cardinal Ratzinger n’est pas en reste lorsqu’il souligne le « fanatisme aveugle de l’islam  » le 5 juin 2004 à Caen peu avant son élection. Ceci nous amène au fameux discours de Ratisbonne du pape Benoît XVI nouvellement élu, au cours duquel il cite un empereur byzantin du XIVe siècle : « Montre-moi ce que Mahomet a apporté de nouveau, et tu ne trouveras que des choses méchantes et inhumaines, comme son ordre de diffuser par les moyens de l’épée la foi qu’il professait. » Encore une fois, il ne s’agit pas d’une phrase malheureuse, mais délibérée et conforme aux positions prises sa vie durant par le pape. Celui-ci jugera bon, devant les protestations unanimes qui ont suivi, de publier une version annotée de ce discours dans laquelle il dit (mais qui le croira ?) : « J’espère que le lecteur de mon texte verra immédiatement que cette phrase n’exprime pas ma vue personnelle du Coran, pour lequel j’ai le respect dû au Livre Saint d’une grande religion. »

Que l’on ne se méprenne pas : il ne s’agit pas ici pour l’auteur de cet article de défendre une ou des religions, mais bien plutôt de comprendre la stratégie développée par une religion pour se maintenir ou surpasser les autres. Car si l’Eglise catholique affronte l’athéisme en Europe, l’islam à l’est et au sud, elle fait face à l’Evangélisme qui se déploie et se renforce en Amérique latine. Le Vatican a condamné théologiquement les néoconservateurs nord-américains. La « Déclaration de Jérusalem sur le sionisme chrétien » d’août 2006 rejette « l’alliance contemporaine des dirigeants chrétiens sionistes et d’organisations qui ont des éléments dans les gouvernements d’Israël et des Etats-Unis  ».

Néo-obscurantisme

Benoît XVI a participé à sa première messe en tant que pape à la Chapelle Sixtine. Il a ouvert cette messe par une prière en latin, et a prononcé aussi son homélie en latin. Plus tard son texte Motu Propio a réhabilité la messe en latin supprimée 40 ans plus tôt par le concile Vatican II. Sans doute est-il convaincu que l’obscurantisme est favorable à la foi et que les jeunes catholiques peuvent prononcer des mots latins dépourvus de sens pour eux aussi bien que les jeunes musulmans qui apprennent le Coran par cœur sans en comprendre la signification.

Il est vrai que le cardinal Ratzinger avait réaffirmé à Parme le 15 mars 1990 que « à l’époque de Galilée, l’Eglise était restée beaucoup plus fidèle à la raison que Galilée lui-même. Le procès contre Galilée fut raisonnable et juste ».

La nouvelle guerre des religions

Tout est en place pour que l’Eglise catholique prenne une part active à la guerre des religions du XXIe siècle. Comme au temps des missionnaires qui accompagnaient les conquistadors, il va falloir conquérir le plus grand nombre possible des âmes « en recherche de sens » pour les convertir à la « vraie foi  ». Il ne s’agit plus de parler de charité et d’amour, de tendre la joue quand on reçoit un soufflet, mais d’affirmer la supériorité de sa religion par rapport aux autres. L’idéologie n’a pas changé. Elle est toujours de mettre en opposition la mauvaiseté de l’homme et l’idéal représenté par la foi, comme le dit Benoît XVI lui-même : « L’homme n’a pas confiance en Dieu..., il se fie au mensonge plutôt qu’à la vérité et cela fait sombrer sa vie dans le vide, dans la mort [...]. Nous portons tous en nous une goutte du venin de cette façon de penser illustrée par les images du Livre de la Genèse [IV]. »

On peut tout craindre d’une religion qui, négligeant les leçons de l’histoire, choisit à nouveau une idéologie guerrière, et place au second plan la parole d’égalité et d’amour de Jésus dans les Evangiles, parole révolutionnaire il y a 2000 ans - et sans doute utopique au regard des réalités d’aujourd’hui.

[I] Extrait d’un article du 25 novembre 2005 de François Houtart, prêtre et professeur à l’université de Louvain (http://risal.collectifs.net/spip.php?article1523).

[II] Maurice Lemoine. Les Naufragés d’Esquipulas. L’Atalante (2002)

[IV] Homélie du pape prononcée le jeudi 8 décembre 2005 pour la Fête de l’Immaculée Conception


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104 réactions à cet article    


  • Dalziel 31 mars 2008 10:47

    C’est sûr qu’après les tolérants, les oecuméniques, les compromisseux et les tièdes, qui se succèdent à la tête de l’Eglise depuis Jean XXIII inclus, le retour d’un Pape pleinement catholique surprend les autres tolérants, les autres oecuméniques, les autres compromisseux et les autres tièdes.

    Que cela contrarie les Gaillot et consorts est un signe de santé retrouvée pour cette vénérable institution.


    • ARMINIUS ARMINIUS 1er avril 2008 08:14

      Tout à fait d’accord , Lavaddi ; à propos de pompes savez vous que les siennes sont signées Prada ? Ce très cher pape n’a pas renoncé : "au démon, à ses pompes et à ses oeuvres" suivant la vieille formule baptismale, puis qu’il en partage la coquetterie ! (cf : le diable s’habille en Prada)

      Mais l’essentiel n’est pas là : on aurait pu attendre d’un pape allemand un peu plus de modernité et d’esprit d’ouverture : au lieu de cela, un sectarisme inspiré directement de l’"Opus Dei" et de ses sympathies facisantes : quel gachis !

      Prochaine étape : la canonisation de Pie XI ?

       

       


    • ARMINIUS ARMINIUS 1er avril 2008 08:24

      Pardon, lire Pie XII et non Pie XI ,

      Pour mémoire : Pie XII était plus antisémite que pro -nazi , malgré le surnom "Tedesco" (= l’Allemand) dont l’affublaient ses contemporains italiens.


    • droopy78 7 mai 2008 14:36

      "Leur travail (payé par les citoyens) est-il de préserver le sort des âmes ?" 

      Ah ? depuis quand ? Il semblerait que vous ignorez la loi du 5 décembre 1905 sur la séparation des cultes et de l’Etat, selon laquelle les religieux ne sont pas rémunérés par l’Etat, et qu’aucun culte ne reçoit de subventions publiques (encore que, pour l’Islam, il semblerait que la loi ait été adaptée, en témoignent plusieurs subventions attribuées par la municipalité de Clichy sous Bois pour la construction d’une mosquée).

      Autrement dit, les prêtres de l’Eglise catholique, les rabbins ou les pasteurs ne vivent que de la générosité des fidèles et de l’attribution de sommes à chaque diocèse (pour le catholicisme) par le Vatican. Le citoyen français ne saurait participer à la rémunération de leur travail par ses impôts ! Il en est différent an Alsace-Lorraine, mais cela ne saurait durer


    • TALL 31 mars 2008 10:49

      Le 21e siècle ne sera pas religieux, il sera cybernétique. Imaginez un réseau de vraies IA + puissantes que notre cerveau, qui fait de la recherche médicale ( entre autres ) et qui parvient non seulement à éradiquer quasi toutes les maladies mais aussi neutraliser le vieillissement....

      Imaginez ...

      Et bien, ce sera ça, le 21e siècle.


      • Emmanuel W 31 mars 2008 16:59

        Déjà, programmez une IA qui joue correctement au jeu de Go qu’on rigole...


      • TALL 1er avril 2008 09:20

        Les vraies IA ne se programmeront pas.


      • TALL 1er avril 2008 13:10

        En repliant des post comme le 1er du fil là,, ce n’est pas moi qu’on discrédite, c’est le niveau de ce site. Mais bon, quand on vend de l’imam morice ou du reopen1109 il ne faut pas s’étonner de s’attirer un certain genre de clientèle


      • masuyer masuyer 1er avril 2008 14:23

        Toujours aussi modeste Tall.


      • TALL 1er avril 2008 20:42

        Qui vivra verra...


      • Méric de Saint-Cyr Méric de Saint-Cyr 31 mars 2008 10:59

        Excellent article, je me range du côté de Dalziel pour considérer qu’après tout, ce que fait Benoît 16 n’est jamais que ce que ferait n’importe quel patron d’entreprise pour redresser la barre face à la concurrence.

        Néanmoins, gradons aussi à l’esprit qu’il existe un autre combat, celui de la raison contre l’obscurantisme, celui de la libre pensée ou de l’athéisme. Et de rappeler ce principe formulé si clairement par Freud : les religions de l’humanité sont des délires collectifs et tant que quelqu’un partage l’un de ces délires, il ne le reconnaît jamais pour tel. (Malaise dans la civilisation)

        Un monde sans religion serait tellement plus vivable ! Pas de doute, la religion est une maladie et les religieux sont des malades contagieux.


        • Forest Ent Forest Ent 31 mars 2008 11:23

          Bon ben je suis un malade contagieux et je me le tiendrai pour dit. Mais quelque part je n’ai pas l’impression d’être le plus prosélyte ici. smiley

          Quant à cet article : simplifications, amalgames, procès d’intentions, ... Ce n’est pas bien d’avoir excommunié la "théologie de la libération" ? Vous auriez préféré que l’église catholique soit ouvertement communiste ? Trostkyste romaine ou staliniste orthodoxe ? Ce n’est pas bien d’avoir dénoncé le mouvement revivaliste neocon ? Vous auriez préféré que l’église catholique soutienne ouvertement Bush ? Et vous, pendant ce temps-là, à part dénoncer les crimes du 16ème siècle ?


        • ZEN ZEN 31 mars 2008 11:51

          Je me souviens de Mr Spellman, bénissant les troupes us ("armées du Christ")en partance pour le Vietnam, je me souviens du soutien papal à la croisade le Pinochet, je me souviens des récentes nominations d’évêques tres conservateurs en Amérique Latine, je me souviens des lourds silences de Rome dans certaines périodes tragiques de l’histoire humaine, je me souviens...


        • Bulgroz 31 mars 2008 11:59

          Chapeau Forest, je plusse à mort.

          Merci.


        • Bulgroz 31 mars 2008 12:13

          "Les catholiques se sont dotés en 2005 d’un pape qui apparaît comme un véritable chef de guerre"

          "On peut tout craindre d’une religion qui, négligeant les leçons de l’histoire, choisit à nouveau une idéologie guerrière..."

          Ce matin encore dans mon village, à Thibhirine les Bains, on a retrouvé 7 imams décapités dans les caniveaux.

          Une bande de jeunes curés tonsurés et ensoutanés est fortement soupçonnée.

           


        • Ornithorynque Ornithorynque 31 mars 2008 12:16

          Le monde sans religion existe : en chine et en corée du Nord notamment.


        • ZEN ZEN 31 mars 2008 13:08

          Ma brève intervention ne vaut pas caution à un titre et une analyse trop caricaturale..

          Mais il ne faudrait pas oublier le caution qu’a fourni le Vatican et l’Eglise en général à tant d’entreprises de conquêtes anciennes et plus récentes, à tant de régimes si peu démocratiques..La listes serait longue...Banal que d’affirmer cela.


        • Forest Ent Forest Ent 31 mars 2008 15:07

          Bien sûr, l’église catholique entre autres a commis plein de péchés, mais à mon avis pas plus que des tas d’institutions athées, et ça ne condamne pas la foi catholique. Ce serait trop facile.

          @ synchronicity

          "comment tu crois que l’on peut changer les choses au XXXI eme siècle ?"

          Comme au 21ème. Comme au 11ème. Comme il y a 5000 ans. Comme le disent les textes qui me semblent les plus aptes à guider l’humanité, même si je ne m’en inspire pas assez pour moi-même, les évangiles, la bible, Confucius, etc ..., on peut peut améliorer l’humanité qu’en s’améliorant soi-même. Chacun de nous. Personnellement.

          Et non je n’ai pas trop envie de fun là-dessus. Je ne demande pas aux lecteurs d’AV d’adopter mes convictions, juste de ne pas en faire que les insulter quotidiennement. Pour moi, des sujets fun sur lesquels on peut déconner sans restriction, ce sont la politique, les arts, les sciences, l’économie, la santé, etc..., parce que ce n’est pas sérieux. La seule chose sérieuse, c’est le bien.

           


        • Eloi Eloi 31 mars 2008 19:07

          @ Forest

          Et si plutôt que le Bien, on cherchait plutôt le bon ?


        • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 1er avril 2008 02:46

          Je préférerais que l’Eglise soit résolument du côté des faibles et des pauvres plutôt qu’au service des puissants. Cela dit sans égard à son dogme qui est évidemment ridicule, mais pas plus que celui des autres religions, et sur lequel on pourrait fermer les yeux, si cette organisation riche et puissante faisait un peu du bien qu’elle pouvait faire.

           

          Pierre JC Allard


        • Ciucilon Ciucilon 31 mars 2008 11:22

          Je suis d’accord avec Dalziel et Méric à lunettes, le pape actuel montre le vrai visage des catholiques. Pas le catholique qui va à l’église le dimanche et n’y repense plus après, mais le vrai croyant. Et puis la crise de foi n’aidant pas il faut galvaniser ses troupes et montrer l’enemi.

          Comment se comporter autrement quand on détient la vérité après tout ? C’est le même son de cloche chez les musulmans d’ailleurs. Les religions sont des folies collectives, des superstitions vestiges de l’enfance de l’humanité mais surtout des instruments de pouvoir incomparable.

          S’en débarrasser est une alternative séduisante, mais comment faire sans prendre un chemin bien obscur, où le remède serait pire que le mal.


          • ARMINIUS ARMINIUS 1er avril 2008 08:39

            Vous avez oublié un "haine" à ennemi, à part ça je suis assez d’accord sauf sur la conclusion : étant donné le rôle éminent, et parfois principal, joué par toutes les religions dans tous les conflits de l’humanité ( passés, présents et à venir) il vaut mieux s’en passer : la séparation de l’église et de l’état est le premier pas à franchir,

            c’est cette bonne parole, hérité de notre révolution,qu’il faut faire passer, en priorité à nos partenaires européens.

             


          • chmoll chmoll 31 mars 2008 11:54

            comme dirait L’OVNI, plus connu sous jesus, des clous !!!!!


            • Rétif 31 mars 2008 12:05

              "Tant que quelqu’un partage un de ces délires, il ne le reconnaitra jamais pour tel ", dit donc M. Freud.

              Traduction :" tant qu’ un malade est malade, et donc, ne partage mes idées sur sa maladie, il ne se reconnaitra jamais comme malade ! "

              Décidément, tout le monde i pue, i sent la charogne / y a qu’ le Grand Babu qui sent la cologne !


              • Vilain petit canard Vilain petit canard 31 mars 2008 12:09

                Chef de guerre ? Comme vous y allez, mince, on ne plastique pas encore les mosquées au nom de Jésus, les armées ne sont pas bénies par les curés, et on n’exige pas encore le port de croix de cinquante kilos à la Pâque pour tous les fidèles. Baptiser un journaliste, c’est un geste fort symboliquement, d’accord, mais on en est pas au conflit armé...


                • Ornithorynque Ornithorynque 31 mars 2008 12:14

                  Article aussi stupide que simpliste, accumulant les clichés et les citations tronquées... La récitation d’un petit catéchisme anti-vatican ne suffit pas à faire un article.

                  Etes vous au courant que actuellement, se lieu de dialogue les plus important entre l’Islam et l’occident se situe à Rome, et à l’initiative conjointe de 138 dignitaires et intellectuels musulmans, qui échangent et discutent avec des interlocuteurs de même niveau dans l’église ?

                  Non, vous n’êtes pas au courant.

                  Etes vous au courant que, alors que des ouvriers venaient de mettre à jour un charnier en Février en Espagne, le Président Zapatero a du anuller en catastrophe lma cérémonie d’hommage aux "victimes du Franquisme"... car on venait de réaliser que les victimes en question, éxécutées en masse, l’avaient été par les républicains !

                  L’histoire n’est pas aussi manichéenne que vous vouliez bien le croire.

                  Quant au musulman que le pape a baptisé, Il est menacé de mort. Que devait faire l’église selon vous  : accepter cette condamnation à mort comme normale ? baisser la tête ? Ou , au contraire, montrer que elle n’avait pas peur ?

                  Si pour vous, la violence consiste simplement à redresser sereinement la tête face à ceux qui condamnent à mort et qui tuent... (Je vous rappelle que l’église catholique a pris explicitement position contre la guerre d’Irak, et ce , dès le début), alors vous subissez une sérieuse inversion de valeurs, et c’est dangereux

                   


                  • Zalka Zalka 31 mars 2008 13:45

                    Tant que vous ne nous parlez pas de vos convictions créationnistes...


                  • Ornithorynque Ornithorynque 31 mars 2008 14:41

                    zalka, vous devez vous tromper d’article, ou d’interlocuteur... je suis furieusement évolutioniste !


                  • Mr.K (generation-volée) generation-volée 31 mars 2008 12:19

                    merci pour cette article,

                     

                    ça pu la mauvaise foi aujourd’hui sur agoravox........


                    • italiasempre 31 mars 2008 12:23

                      @l’auteur

                      Benoit XVI chef de guerre ?

                      Vous n’y allez pas un peu fort ?

                      Vous considerez comme une provocation le bapteme du journaliste italien le jour de Paques, mais savez vous comment ce pays est dechiré depuis quelques années par des polemiques et des revendications de toute sorte fomentées par des pseudo-musulmans qui trouvent l’Italie bien trop catholique a leur gout ?

                      Benoit XVI devrait marquer tous les jours, je dis bien tous les jours son soutien aux chretiens d’orient qui sont victimes d’enlevements et de massacres quasi quotidiens en toute impunité.

                      Alors, chef de guerre...

                       


                      • Icks PEY Icks PEY 31 mars 2008 12:26

                        Article d’une incroyable agressivité à l’égard de l’Eglise sur des fondements largement contestables.

                        Il véhicule et manipule des rumeurs et des fausses vérités.

                        La haine du religieux transpire tellement de vos propos qu’ils en perdent tout intérêt.

                        Heureusement qu’il y a dans le monde des religieux car sinon, il n’y aurait plus grand monde pour espérer !

                        Des hommes et des femmes comme Saint Vincent de Paul, Mère Teresa, Soeur Emmanuelle, ou l’Abbé Pierre sont là pour nous dire combien la spiritualité est utile et indispensable dans notre monde.

                        Vos propos sur la théologie de la révolution sont significatifs de votre mauvaise foi : l’Eglise n’est pas une formation de combat terrestre : rendez à césar ce qui appartient à césar et à Dieu ce qui est à Dieu. Sans cela, Jésus aurait levé des troupe pour chasser les romains ! Une injustice ne peut pas être compensée par une autre injustice.

                        Icks PEY


                        • Bulgroz 31 mars 2008 12:59

                          Au delà de cet article,

                          Je suis surpris de la ligne éditoriale d’Agoravox (s’il y en a une).

                          J’ai appris par exemple que Reboul faisait partie de ceux qui validaient les textes sur Agoravox.

                          Or, que nous dit Reboul ? :

                          ...d’autant moins que cela est affirmé comme un projet par le pape en personne à qui je ne dois aucune obéissance puisque je ne suis pas chrétien.”

                          C’est ce que nous a dit Monsieur Reboul dans un commentaire du 3 Février 2008 suite à son article intitulé “Refusons tout enracinement politico-religieux” :

                           http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=35223

                          son commentaire est ici :

                           http://www.agoravox.fr/commentaire_static.php3?id_article=35223&id_forum=1609178

                          Reboul, le non chrétien, nous exliquait très doctement dans son article :”affirmer que des racines historiques d’une population sont chrétiennes...est un tour de passe-passe logique entre fait et norme qui est tout à la fois antilaïque et antidémocratique”.

                          Oui, vous avez bien lu, le fait de dire que nos racines sont chrétiennes est "anti-laique et anti-démocratique".

                          Alors, Reboul, grand manitou à Agoravox ?

                          Le non chrétien parle aux chrétiens ?

                          Ceci explique cela ?

                          Agoravox, site anti chrétien ?


                        • masuyer masuyer 31 mars 2008 14:15

                          Bulgroz,

                          je croyais que comme tu le disais dans ce commentaire, Je ne suis pas religieux donc je ne participe pas aux débats inter religieux. C’est pas mon problème.

                          Aurais-tu changé d’avis ?


                        • LE CHAT LE CHAT 31 mars 2008 12:42

                          Chef de guerre , c’est un peu fort ! un nouveau Coach qui va faire vibrer le Kop de Vatican F.C ( Furieusement catholiques )


                          • mariner valley mariner valley 31 mars 2008 13:13

                            @ LE CHAT

                            D’ailleurs ils sont tellement furieux que l’attaquant vedette le numero 10 JC a ete suspendu

                             


                            • LE CHAT LE CHAT 31 mars 2008 13:45

                              Le coach précedent avait l’habitude d’embrasser le terrain avant les matchs !


                            • chris chris 31 mars 2008 13:31

                              Cet article est grotesque tellement il est excessif et peu objectif

                               

                              « Les chrétiens reprochent souvent à l’islam sa volonté hégémonique » Ah bon, il faut être chrétien pour constater une volonté hégémonique de l’Islam ?

                               

                               

                              « l’islam interdit (on peut le regretter) à ses croyants la conversion à une autre religion »

                              C’est juste « regrettable » selon vous, mais pas du tout condamnable, c’est pas si important en somme. Vous semblez bien tolérant avec cette forme d’intolérance religieuse.

                               

                              Vous ignorez sans doute qu’en Orient les chrétiens sont persécutés.

                              En Occident, les musulmans nationaux auraient ils des droits inférieurs à ceux des chrétiens ?  

                              Deux exemples pour éclairer votre lanterne à géométrie variable sur le baromètre de l’indignation

                               

                              -En Arabie Saoudite, la charia interdit le culte chrétien, même dans le cadre strictement privé  

                               

                              -En Algérie, depuis 2006, la loi punit d’un emprisonnement de 2 à 5 ans de prison et d’une amende de 5 000 à 10 000€ le simple fait d’essayer de convertir un musulman à une autre religion  

                              http://www.lemonde.fr/afrique/article/2008/02/25/algerie-les-chretiens-sous-pression_1015239_3212.html

                              C’est « regrettable », ne trouvez vous pas ?

                               

                              Encore un petit exemple :

                              À Diyarbakir, la grande ville du sud-est de la Turquie, le principal imam a pu clamer dans un de ses prêches, sans apparemment choquer les autorités : « Les transferts d’organes sont licites sauf pour les prostituées, les drogués et les chrétiens. »

                               

                              Sans doute une forme d’humour « regrettable » ?

                               


                              • poetiste poetiste 31 mars 2008 23:40

                                 

                                Doctrine à adoucir (pour Chris)

                                 

                                Chris, Je suis de ton avis. Il y a des choses qui choquent le bon sens dans la culture de l’Islam mais il faut pour les comprendre en connaître l’histoire. Le différent avec les autres religions monothéistes existe depuis l’origine. Le Koraïchite et marchand Mohamad s’indignait de l’idolâtrie pratiquée par les siens et ne jouissait pas d’une bonne réputation parmi les Juifs Orthodoxes et chrétiens de son époque. Il y avait un défi à relever et une légende fondatrice à naître qui s’inspirerait des autres cultures et paradoxalement s’y opposerait. Ainsi, la nuit du « Kadir » sur le mont Hira, qui marque l’origine, du Ramadan, Mohamad a reçu comme Moïse ou la vierge Marie, la visite de l’archange Gabriel. Son épouse Khadîdja a consulté Ouaraka qui a encouragé Mohamed dans cette voie. Et l’archange Gabriel lui serait apparu pendant 23 ans. Le Coran a de suite édicté des lois à caractère politique très proches de l’esprit de l’ancien testament. La lutte de Mohamad contre les idolâtres est évoquée à plusieurs reprises dans le Coran. La dernière révélation était la bonne et il fallait écarter le Christ ; le Coran dit que l’on a mis une autre personne sur la croix. L’Islam est une religion « Adamique », l’esprit du Christ, l’esprit chrétien ne pouvait lui servir de modèle. La non représentation en images de Allah ou Mahomet est conséquente de cette lutte contre l’idolâtrie. Bon ! Tout cela nous a amené à de très jolies arabesques, à une culture brillante mais qui ne s’est jamais affranchie de son caractère expansionniste des débuts. L’interdiction d’épouser un étranger à la religion (un infidèle) n’est que pour la femme. L’homme se réserve le droit d’épouser une étrangère mais a le devoir de la convertir. A la lecture de l’Islam, il n’est en effet pas nécessaire d’être chrétien pour en saisir le caractère hégémonique. La fatwa ou la condamnation de l’apostat sont aussi, politiquement de sacrées trouvailles pour accentuer celui-ci. Il faut dire cependant que les persécutions de chrétiens par des musulmans sont contraires aux préceptes du Coran. Le Coran dit : « tu peux fréquenter des chrétiens car ils ont des prêtres ». Comprenne qui pourra. La religion musulmane comporte un nombre important de sacralisations qui exacerbent son particularisme et écartent donc ceux qui n’auraient pas adhéré à ses principes. On comprend le mimétisme fort de l’Islam à la lumière de ses débuts et sa difficulté à se débarrasser de l’amalgame entre foi et politique. Si le pape baptise ostensiblement un musulman, on peut dire que Charles de Foucault n’en a jamais converti un seul et que, de plus, c’est un musulman qui l’a assassiné. Charles de Foucault est plus dans une démarche évangélique que le pape à ce sujet. La religion catholique a le privilège d’avoir un « comité central » à Rome mais on aimerait que son infaillibilité soit réelle. Alors, ce que dit l’imâm de Diyarbakir est d’une religion « plurielle » ; les différences d’interprétation du Coran, c’est la faiblesse de L’Islam. Aujourd’hui, des musulmans pensent que le Coran est à réformer, qu’il reste peut-être des textes apocryphes dans ses pages. Nous ne pouvons que les encourager avec tout le respect qui convient. Ce n’est pas un service à rendre aux musulmans que de leur laisser croire que leurs règles s’appliquent à nous dont l’histoire douloureuse a vu naître les droits de l’homme et la laïcité, des valeurs universelles chèrement payées. Je voudrais dire que la religion n’est pas une identité. Notre identité c’est d’être des mammifères omnivores et que le singe a 99% des mêmes gènes que les nôtres. On peut se choisir une identité religieuse, mais qu’elle ne soit pas prétentieuse, qu’elle ne s’érige pas en vérité première. Etre libre de choix, libre d’aimer, c’est le bonheur des hommes. Etre contraint de se conformer à une croyance, c’est l’enfer. Si l’homme n’a de certitudes que pour focaliser sur une religion, espérons que le dieu qu’il s’invente n’a de certitude que pour aimer des hommes qu’il aurait créés. C’est quoi ces différenciations absurdes ! Ne nous heurtons pas et que la paix soit plus forte que la guerre. Chris, que la paix soit avec toi ! Mais je pense qu’elle l’est déjà.

                                A.C


                              • Le péripate Le péripate 31 mars 2008 13:40

                                La force des clichés, c’est de ne pas nécessiter d’argumentation un peu poussée, on assène, point à la ligne. Critiquer donc cet article demanderait quelques pages pour chaque paragraphe. Je ne le ferais donc que sur un seul point.

                                Une remarque tout d’abord, on ne comprendra rien au religieux en adoptant un vulgaire marxisme "religion, opium du peuple". Ou alors il faut admettre que l’humanité a vécu toute son histoire droguée, et il reste à expliquer comment des drogués ont pu faire la révolution néolithique, découvrir la science, etc... Bref....

                                A lire le discours de Ratisbonne, on s’aperçoit que le propos de Benoit est un plaidoyer pour la raison. Dieu ne prend pas plaisir au sang, dit-il, et ne pas agir selon la raison (‘σύν λόγω’) est contraire à la nature de Dieu.

                                Ce qui introduit une longue réflexion sur le transcendantal, et la nécessité de retrouver les racines grecques de la raison pour éviter le transcendantal absolu, y compris à l’intérieur du christianisme, voire de l’athéisme scientiste. Et ceci pour favoriser le dialogue entre peuples et cultures.

                                Benoit 16 est sans doute un conservateur, mais un chef de guerre....

                                 

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