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Accueil du site > Actualités > Religions > Benoît XVI et Jean-Paul II à l’épreuve des faits

Benoît XVI et Jean-Paul II à l’épreuve des faits

Doit-on accepter l’insoutenable parce qu’il émane de certains responsables de Eglise catholique et qu’il concerne des affaires de pédophilie ?
 
Il n’est plus contestable aujourd’hui que dans le monde, au cours des cinquante dernières années, plus de 6.000 prêtres catholiques ont violé et maltraité sexuellement des dizaines de milliers d’enfants. Il est vrai que les papes Jean Paul II et Benoît XVI se sont publiquement excusés de ces atrocités. Est-ce pour autant suffisant de la part d’une religion qui prétend représenter la « lumière du monde » et être dépositaire des valeurs humaines ?
 
Le problème n’est pas qu’il ait existé ou qu’il existe encore des prêtres pédophiles, il y en a malheureusement partout.
 
Par contre, la seule question qui se pose réellement est de savoir si la hiérarchie catholique, y compris Jean Paul II et Benoît XVI, était informée de ces agissements et si elle les a couverts au lieu de les dénoncer. Il ne fait aucun doute que la réponse est oui.
 
Il faut savoir que le 16 mars 1962, la Sacrée Congrégation du Saint Office, avait transmis aux archevêques, aux évêques et aux autorités diocésaines y compris celles du rite oriental une instruction écrite, intitulée « Crimen Sollicitationis  », détaillant comment devaient être abordées les « fautes » commises au sein de l’Eglise, dans le domaine sexuel incluant les actes de pédophilie.
 
Il y était mentionné en préalable que « ce texte doit être scrupuleusement classé dans les archives secrètes de la Curie comme strictement confidentiel, il n’a pas à être publié ni joint à aucun commentaire  ».
 
Pourquoi le Vatican a-t-il estimé nécessaire de garder strictement secrètes des consignes qu’il donnait aux évêques ?
 
Cette instruction, approuvée et confirmée par le pape Jean XXIII le jour de sa diffusion, indiquait dans le paragraphe 13 de ses préliminaires les procédures à suivre en cas d’accusations contre des prêtres pouvant s’être livrés à des abus sexuels :
 
« Dans ces cas, les accusateurs, ou les dénonciateurs (du prêtre) et les témoins doivent prêter serment de garder le secret.  »
 
La formule E de cette instruction décrivait dans le détail la manière d’enregistrer les dénonciations. Au début de son audition, le dénonciateur devait prêter serment de dire la vérité « en touchant la Bible avec sa main  ». Cette mention n’est absolument pas critiquable, par contre, il est pour le moins contestable qu’il soit précisé qu’à la fin de son audition, le dénonciateur devait « prêter serment d’observer le secret en touchant à nouveau la Bible », et que ce serment devait être écrit et signé par lui. Il était également indiqué que si le dénonciateur n’était pas capable de signer, il devait le faire avec une croix.
 
Il faut également savoir que cette instruction imposait le secret à tous ceux qui étaient chargés et informés de ces affaires sous peine d’excommunication immédiate (latae sententiae), peine la plus lourde du Droit Canon. La personne chargée de l’audition du dénonciateur devait transmettre les procès verbaux à l’autorité qui l’avait déléguée et avait pour obligation de ne conserver aucun document.
 
Le Vatican considérait donc que les viols d’enfants par des prêtres étaient une affaire strictement interne à l’Eglise et qu’il fallait mettre en place des procédures rigoureuses pour empêcher qu’elles ne soient dévoilées. Il faut savoir que dans la grande majorité des cas, la seule sanction qu’ont eu à subir ces prêtres pédophiles fut une mutation dans une nouvelle paroisse.
 
A partir de 1981, le cardinal Ratzinger, futur pape Benoît XVI, fut nommé préfet de la Congrégation pour la Doctrine et la Foi, département du Vatican ayant pour objectif de promouvoir et de protéger la doctrine et les mœurs. Il a donc été l’homme chargé d’appliquer cette directive pendant 24 ans. Il est difficile d’imaginer qu’il n’était pas informé des pratiques pédophiles de milliers de prêtres dans le monde entier.
 
En effet, il était clairement précisé dans les articles 67 et 74 de cette instruction, que la Congrégation pour la Doctrine et la Foi devait être informée de toute procédure interne contre un prêtre ou un religieux et être destinataire des documents judiciaires et administratifs des décisions concernant les cas les plus graves. Ses excuses sont-elles suffisantes alors qu’il a eu connaissance des milliers de procès verbaux réalisés dans les évêchés concernant les actes de pédophilies de membres de l’Eglise ?
 
Peut-on être étonné qu’il ait pu affirmer lors d’un voyage aux Etats-Unis en avril 2008 ? :
 
« Il est difficile pour moi de comprendre comment les prêtres ont pu ainsi trahir leur mission…Je suis profondément honteux…Un pédophile ne peut pas être prêtre. »
 
On ne peut que constater que sous sa direction jusqu’à la fin des années 1990, des milliers de prêtres, que l’Eglise savait être pédophiles, ont été simplement mutés et n’ont même pas été déchargés de leur fonction.
 
Cette instruction « Crimen Sollicitationis » est-elle admissible quand on sait que des milliers d’enfants ont continué à être maltraités et violés à cause d’elle ?
Il faut observer que ce n’est qu’à partir de la fin des années 90, que des milliers de prêtres ont été accusés de pédophilie par les justices civiles. Ils n’avaient pas été inquiétés pendant des dizaines d’années, sauf à de très rares occasions.
 
L’omerta a bien été réelle pendant plus de 30 ans, car comment expliquer autrement le sort réservé par la papauté au prêtre Mexicain Marcial Maciel, qui a créé et dirigé jusqu’en 2004 un des plus importants mouvements catholiques, la Légion du Christ. Cette congrégation possède 150 collèges, une trentaine d’universités et plus de 600 centres d’éducation dans une vingtaine de pays. Elle dépend directement de la papauté.
 
A sa création en 1941, ce prêtre rêvait « d’étendre le règne de Jésus dans la société, selon les exigences de la justice et de la charité  ». Dès 1948, il est accusé de mensonges, trafic de drogues, alcoolisme, séquestration de jeunes séminaristes à qui il avait interdit de se confesser à un autre prêtre. Ce n’est qu’en 1956, qu’il fut suspendu de tout contact avec les légionnaires du Christ, pendant…deux ans et demi. Cet homme qui a été un proche du pape Jean Paul II, est accusé d’avoir abusé sexuellement plus de 200 personnes, tout au long de sa carrière ecclésiastique, soit pendant plus de 60 ans.
 
Le Vatican a mis des dizaines d’années avant de se décider à sanctionner à nouveau ce prélat. Ce n’est qu’en 2006, que Benoît XVI a décidé de le « punir » en l’invitant à « une vie discrète de prière et de pénitence » et à «  renoncer à tout ministère public.  » Après cette punition exemplaire, un communiqué des Légionnaires du Christ a fait savoir que le père Maciel avait accueilli cette décision comme « une nouvelle croix que Dieu, père de la Miséricorde, l’a autorisé à porter dans la souffrance et qui obtiendra de nombreuses grâces pour les Légionnaires ».
 
Faut-il ajouter qu’aux Etats-Unis, ces dernières années, l’Eglise catholique a payé des milliards de dollars aux victimes de pédophilie afin d’éviter des poursuites judiciaires ? C’est donc grâce à ses énormes moyens financiers provenant des dons des fidèles, qu’elle a permis à ses prêtres d’éviter la prison. Peut-on considérer qu’il s’agisse d’une utilisation morale des moyens de l’Eglise ? Tout cet argent n’aurait-il pas dû servir à financer l’instruction de millions d’hommes et de femmes illettrés si l’on estime que l’Eglise œuvre pour le bien de l’humanité ?
Les actes de pédophilie de certains de ses membres pendant des dizaines d’années ne méritaient-ils qu’une simple mutation ?
 
En mai 2009, a été publié le rapport d’une commission d’enquête irlandaise dénonçant des décennies d’abus sexuels sur des enfants dans des institutions dirigées par l’Eglise catholique. Il est question à ce jour de plus de 10.000 victimes pour des actes qui se sont déroulés jusqu’en 2000. On peut lire dans ce rapport :
 
« Les abus sexuels étaient endémiques dans les institutions pour garçons…Dans les écoles examinées, l’étude a révélé un niveau important d’abus sexuel sur des garçons allant d’attouchements déplacés et de caresses à des viols avec violence…Les auteurs des abus ont pu continuer sans être inquiétés pendant de longues périodes…
Quand le personnel religieux commettait des abus, le problème était plutôt traité avec des procédures internes et avec la loi canonique. La Gardai (police irlandaise) n’était pas mise au courant…Des hommes ayant déjà commis des abus sexuels quand ils étaient membres d’un ordre religieux continuaient à exercer en tant qu’enseignants. »
 
Le cardinal Sean Brady, numéro un de l’Eglise catholique irlandaise a réagit à ce rapport en déclarant :
 
« Je suis profondément désolé et j’éprouve une honte extrême… Je reste déterminé à faire tout le nécessaire pour faire de l’Eglise un lieu de sécurité, de vie et de joie pour les enfants. »
 
Il faut savoir qu’il était archevêque en Irlande depuis 1993 et numéro un de l’Eglise d’Irlande depuis 1996. Ce haut responsable était donc parfaitement au courant de ce qui se passait dans ses institutions religieuses.
 
Qui connait le parcours de Bernard Law qui fut nommé par Jean Paul II, archevêque de Boston aux Etats-Unis de 1984 à fin 2002 ? Ce haut-responsable de l’Eglise catholique a couvert pendant de nombreuses années près d’une centaine de prêtres pédophiles qui étaient sous sa responsabilité, se contentant de les muter dans de nouvelles paroisses où nombre d’entre eux continuaient leurs exactions. Doit-on ajouter que grâce à son « autorité morale », il arrivait à imposer le secret aux victimes de ces prêtres ?
 
Face à de tels faits, on pourrait penser que cet archevêque a été condamné à de la prison. Il n’en a rien été. On pourrait aussi penser que le pape Jean Paul II l’a définitivement écarté de l’Eglise catholique. Il n’en a rien été non plus. Il faut savoir qu’il lui a effectivement demandé de renoncer à ces fonctions d’archevêque de Boston, mais c’était pour le nommer quelques mois plus tard, en 2004, archiprêtre de la Basilique Sainte-Marie-Majeure, qui est une des plus importantes de…Rome. Faut-il rajouter, qu’en 2008, il était non seulement toujours cardinal mais aussi membre de plusieurs congrégations dont celles pour l’Education catholique et l’Evangélisation des peuples et même du Conseil Pontifical pour la Famille ? Les croyants sont donc tenus de continuer à l’appeler « Eminence ».
 
On peut se demander pourquoi l’Eglise s’est contentée pendant des dizaines d’années de muter les prêtres pédophiles ?
 
Pour cela, il est nécessaire de se référer au Droit Canon, qui est le recueil des lois auxquelles sont soumis, selon son article 11, l’ensemble des « baptisés dans l’Eglise catholique ou ceux qui y ont été reçus ». Le clergé y est donc naturellement astreint et les évêques sont chargés de l’appliquer.
 
Les actes de pédophilies sont concernés par deux articles. Ils se réfèrent au sixième commandement qui est considéré comme englobant l’ensemble de la sexualité humaine (Catéchisme de l’Eglise catholique 2336) :
 
« Le prêtre qui, dans l’acte ou à l’occasion ou sous le prétexte de la confession, sollicite le pénitent au péché contre le sixième commandement du Décalogue sera puni, selon la gravité du délit, de suspense, d’interdictions, de privations, et dans les cas les plus graves, sera renvoyé de l’état clérical. » Article 1387
 
« Le clerc qui a commis d’une autre façon un délit contre le sixième commandement du Décalogue, si vraiment le délit a été commis avec violence ou avec menaces ou publiquement, ou bien avec un mineur de moins de 16 ans, sera puni de justes peines, y compris, si le cas l’exige, le renvoi de l’état clérical. » Article 1395-2
 
Compte tenu de ces articles du Droit Canon, on ne peut que constater que pendant des dizaines d’années, l’Eglise, en ne faisant que muter les prêtres pédophiles, n’a pas considéré que le viol d’un enfant faisait parti des cas les plus graves des délits sexuels.
 
Les délits sexuels commis par des prêtres sont donc punis au maximum du renvoi de l’état clérical qui n’est pas une excommunication comme on pourrait le penser. Ces prêtres ne sont pas exclus de la Communion de l’Eglise mais du clergé. Peut-on faire remarquer que si les prêtres pédophiles ne risquaient pas l’excommunication, ceux qui avaient participé aux auditions de son dénonciateur et qui rompaient leur serment de garder le secret la risquait ? Pour l’Eglise, il est donc plus grave de rompre un serment que de violer un enfant.
 
Il faut savoir que ce n’est que depuis le début des années 2000, en réaction aux scandales qui avaient éclaté précédemment, que les évêques se sont engagés à systématiquement condamner les prêtres pédophiles au renvoi de l’état clérical. Par contre, il n’a jamais été précisé que l’instruction « Crimen Solititationis » avait été abrogée et qu’il était question d’informer les justices civiles des agissements passés de ces prêtres. Il est nécessaire de préciser que, contrairement à ce que certains prétendent, le secret de la confession ne saurait être invoqué dans ces affaires.
 
Peut-on rappeler qu’il est question ici de dizaines de milliers d’enfants dont la vie a été détruite par des milliers de prêtres ?
 
Comment peut-on estimer faire le bien quand on demande à une victime de prêter serment de ne pas divulguer les sévices qu’elle a subis avec pour objectif d’empêcher l’auteur de ces sévices d’être poursuivi ?
 
Comment peut-on estimer faire le bien quand on ne demande pas l’emprisonnement de coupables de crimes sur des innocents afin qu’ils ne récidivent pas ?
 
Les papes Jean Paul II et Benoît XVI, destinataires de toutes les procédures internes conformément à l’instruction « Crimen Solititationis », ont été régulièrement informés de ces crimes pendant des dizaines d’années et les ont couverts. Ils avaient le pouvoir de faire cesser ces atrocités, ils ne l’ont pas fait et n’ont jamais été inquiétés.
 
Jean Paul II va être béatifié et Benoît XVI a pu dire :
 
« Il est difficile pour moi de comprendre comment les prêtres ont pu ainsi trahir leur mission…Je suis profondément honteux…Un pédophile ne peut pas être prêtre. »
 
Est-ce de l’intolérance envers l’église catholique d’essayer de faire en sorte que ces faits soient simplement connus de tous et surtout de ses fidèles à qui les responsables catholiques ont menti en leur faisant croire qu’ils n’étaient pas informés de cette triste réalité ?
 
Jean Paul II était aimé et avait du charisme mais on ne savait pas tout.
Doit-on s’extasier devant la capacité de l’église catholique à ne pas être déstabilisée par ces révélations ?
 
L’archevêque de Paris, président de la Conférence de évêques de France a pu écrire dans le Figaro du 20/12/2009 :
 
« Nous avons un potentiel de fidélité et d’engagement considérable dans toutes les générations. L’Eglise est la seule organisation à réunir des centaines de milliers de personnes chaque semaine...Une chose est sûre : Dieu n’abandonne jamais. »
 

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27 réactions à cet article    


  • Rounga el senor Rounga de la Shinga 22 décembre 2009 16:00

    Tout cet argent n’aurait-il pas dû servir à financer l’instruction de millions d’hommes et de femmes illettrés si l’on estime que l’Eglise œuvre pour le bien de l’humanité ?

    Alors ça c’est très drôle ! Vous seriez le premier à vous scandaliser si l’Église proposait de financer l’instruction en France. En gros, quel que soit le cas, l’Église a toujours tort : chez nous la laïcité doit sans cesse repousser son influence, mais dans les pays pauvres, c’est sa faute s’il y a des illettré !

    En ce qui concerne le reste de l’article, je n’en nie pas l’aspect choquant, mais tout de même j’aimerais faire remarquer que ce n’est pas très élégant de bouffer du curé avec un tel zèle alors que l’Église est plutôt sur le déclin. Il y a plus chevaleresque que de tirer sur l’ambulance.


    • Olivier Bach 22 décembre 2009 18:50

      A ma connaissance, l’église catholique indique qu’une de ses principales missions est d’aider les pauvres.
      Le silence devant de tels agissements est-il plus élégant ?
      Je ne cherche nullement à « bouffer du curé ». Il en existe beaucoup de remarquables. Je considérais que Jean Paul II était de ceux la même si je contestais certaines de ses positions. Mais comment considérer un homme remarquable quand on découvre qu’il a couvert des milliers de viols d’enfants.


    • Shaytan666 Shaytan666 23 décembre 2009 18:35

      Je pense mais je n’en suis pas sûr, il n’en a pas eu le temps, Jean-Paul I tout comme son prédécesseur Jean XXIII, aurait fait un pape progressiste, tout le contraire de JPII.


    • jullien 22 décembre 2009 16:03

      Le ministère de l’Education Nationale faisait la même chose (s’efforcer d’étouffer l’affaire)avec les pédophiles dans ses rangs et parfois ne les mutait même pas.
      Je ne peux m’empêcher de penser à un épisode de ma vie : quelque temps après les scandales de pédophilie dans l’Education Nationale à la fin des années 1990 alors que je suivais une pré-formation pour devenir enseignant, la question de la pédophilie fut abordée au cours d’une séance de TD. L’enseignante qui essayait de faire de nous de bons pédagogues nous rapporta des anecdotes sur le lourd climat de suspicion envers les enseignants à ce moment-là. L’ambiance dans le groupe n’était pas comme d’habitude au bavardage mais lourde et pesante.
      Alors quand aujourd’hui je vois ou entends hurler contre les prêtres pédophiles et accuser l’ensemble des ecclésiastiques de tremper dans cette horreur, je pense à cet épisode et je me dis que ces « braves gens » hurlent avec les loups et que ce sont les mêmes qui ne seraient pas gênés de participer à des lynchages ou de demander le rétablissement de la peine de mort. 


      • Olivier Bach 22 décembre 2009 18:06

        Mettre sur un pied d’égalité les agissements des responsables de l’éducation nationale avec ceux des responsables de l’église catholique me paraît exagéré.

        Jusqu’à preuve du contraire, personne ne vous a fait prêter serment de garder le silence, et aux victimes non plus.

        Jean Paul II et Benoît XVI dans toutes leurs déclarations, ont fait croire qu’ils découvraient ces affaires quand elles ont éclatées, alors qu’ils ont eu sur leur bureau les dossiers de milliers de cas.

        Est-ce hurler avec les loups que de présenter les faits qui prouvent qu’ils ont menti ?

        Pourquoi accepte-t-on cela d’autorités dites « morales »  alors que tout autre dirigeant de n’importe quel autre organisme aurait été poussé à la démission ?

         


      • eugène wermelinger eugène wermelinger 22 décembre 2009 17:56

        Il me vient une question : au sein des église chrétiennes protestantes, où les pasteurs on le droit de se marier, y a-t-il pareillement des déviations pédophiles, et en plus ou en moins ?



        • Olivier Bach 22 décembre 2009 18:17

          Je n’ai pas de réponse à votre question. Par contre, il me semble certain que les pasteurs qui ont des enfants, n’auraient jamais accepté d’appliquer cette instruction.


        • Louise Louise 22 décembre 2009 19:16

          Il y a bien plus de pères, oncles, voire grands pères pédophiles, en prison, que de prêtres.
          J’ai été visiteuse dans 2 prisons, où il n’y avait aucun prêtre, et cependant beaucoup de pédophiles !
          Eh oui, il y a malheureusement des pasteurs pédophiles. Cela n’a rien à voir avec le célibat.

          Généralement, les prêtres accusés de pédophilie n’étaient pas simplement « mutés ». Leur « mutation » les conduisait plutôt dans un monastère... où ils avaient tout loisir de se repentir...

          Par contre ; l’Education nationale n’avait pas cet échappatoire, et les profs pédophiles allaient sévir ailleurs, en toute discrétion.


        • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque 22 décembre 2009 19:28

          Jacques Gaillot, ancien évêque d´Evreux, destitué par le Vatican en 1995 pour ses positions progressistes, avair reconnu, vendredi 8 décembre [2000], qu´il était au courant du passé du père Denis Vadeboncœur, un prêtre québécois mis en examen et écroué, vendredi 1er décembre, pour viols sur mineur de moins de 15 ans et de plus de 15 ans par personne ayant autorité. Le père Vadeboncœur avait en effet été condamné en novembre 1985 à 20 mois de prison au Québec pour abus sexuels. En 1988, il avait été accueilli dans le diocèse d´Evreux et avait été nommé, par Mgr Gaillot, curé de la paroisse de Lieurey (Eure). Un jeune homme de 25 ans vient de porter plainte pour viols – des faits qui se seraient produits pendant cette période, avant et après 1990.

          Dans un entretien (Paris-Normandie, 6 décembre 2000), l´ancien évêque d´Evreux avait pourtant affirmé qu´il ignorait « tout de la gravité des faits » qui avaient valu sa condamnation au père Vadeboncœur : « Je ne l´aurais pas accepté dans le diocèse si j´avais su qu´il avait été condamné pour pédophilie. » Jacques Gaillot précisait même qu´il avait reçu « une lettre d´accompagnement favorable » émanant des supérieurs du prêtre au Québec. Ces dénégations ont suscité une polémique au Canada. La congrégation des religieux de Saint-Vincent-de-Paul, à laquelle appartient le prêtre, a donc décidé de rendre public, jeudi 7 décembre, l´échange de courriers qu´elle a eu, en 1987 et 1988, avec l´évêché d´Evreux.

          Dans une lettre en date du 13 octobre 1987, l´abbé Jean-Jacques Latour, secrétaire de Mgr Gaillot, demande des « renseignements complémentaires » sur le père Vadeboncœur. Le provincial canadien des religieux de Saint-Vincent-de-Paul lui envoie un long courrier, daté du 29 octobre 1987. Les agissements et la condamnation du prêtre québécois y sont longuement détaillés

          « Au tout début du mois de février 1985, le père Vadeboncœur a été arrêté à la suite d´une enquête policière. Il était alors accusé d´actes de grossière indécence et d´agression sexuelle à l´égard de quelques adolescents, âgés de 12 à 17 ans, et d´un acte de sodomie avec un de ceux-ci. » Le père Pierre Lévesque, signataire de la lettre, estime qu´il n´est pas « déraisonnable d´entretenir certains doutes sur [la] capacité [du père Vadeboncœur] de ne pas récidiver ». 

          Dans un courrier du 24 février 1988, le secrétaire de Jacques Gaillot accuse réception de la lettre. Il explique, à propos du père Vadeboncœur : « Nous espérons comme vous que ce changement de climat permettra un nouveau départ, au service de l´Evangile. »

          Revenant sur ses précédentes déclarations, Mgr Jacques Gaillot a affirmé, vendredi 8 décembre [2000], dans un communiqué, qu´il avait été informé du passé du prêtre québécois : « Avant de décider de l´accueil de Denis Vadeboncœur à Evreux, j´ai reçu quelques informations fragmentaires et incomplètes sur la courte détention qu´il avait subie au Québec. (…) Ce n´est que plus tard que j´ai reçu des informations plus détaillées. Néanmoins, face à sa volonté de réinsertion et en l´absence de toute critique de ses paroissiens, je n´ai pas estimé devoir revenir sur cette décision d´accueil. »

          Contrairement à ce qui est reproché à l´évêque de Bayeux, Mgr Pierre Pican, mis en examen pour non-dénonciation de crime et d´atteinte sexuelle sur mineur, Mgr Gaillot ne semblait en effet pas au courant des [nouveaux] agissements reprochés au père Vadeboncœur à Lieurey [Eure]. Pour autant, l´attitude des évêques français suscite l´étonnement au Québec : « Comment a-t-on pu le nommer en paroisse ? s´interroge Jacques Côté, responsable de la communication de l´archevêché de Québec. Nous avons adopté chez nous le principe de la tolérance zéro : tout prêtre soupçonné de pédophilie est aussitôt signalé à la justice. »

           

           


          • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque 22 décembre 2009 19:36

            HIER COMME AUJOURD’HUI :

            - Jean Imbert Brunet, prêtre du lieu d’Ollioules [Var actuel], prévenu de «  sodomie abominable commise à la personne de Gabriel Maistral âgé de cinq ans  », est condamné en 1599 par la justice ecclésiastique à la réclusion dans un monastère ; puis, réclamé par la justice civile qui fait prévaloir sa compétence sur celle de l’Official [juge ecclésiastique], il est condamné à mort, à être brûlé, en avril 1601 ; peine exécutée malgré les efforts de l’archevêque d’Aix-en-Provence pour le sauver, en refusant de le dégrader avant l’exécution (mss 1787, fonds Peiresc, de la Bibliothèque Inguibertine de Carpentras).

            - Dans ses Mémoires-Journaux, Pierre de L’Estoile cita le cas d’un vicaire du quartier de Vaugirard accusé d’avoir violé une fille de neuf ans, et qui, sachant que le prince de Conti voulait le faire arrêter, alla se constituer prisonnier à l’évéché (Édition Lemerre, 1879, tome VII, p. 324) ; autre scandale, un moine de l’ordre des Carmes, le père Camus, accusé de sodomie avec un novice « âgé seulement de quinze à seize ans » (id., ibid.). En août 1608, un prêtre de St Honoré, «  dans l’église même, bougeronne un jeune garçon  » (id., tome IX, p. 122) 


          • resistance 22 décembre 2009 23:14

            Je voudrais tout de même inciter les censeurs que vous êtes à la circonspection sans du tout pour autant nier la gravité des cas avérés de pédophilie. Croyez-vous que les faits soient toujours faciles à établir ? La justice humaine prononce parfois des condamnations, certes... mais êtes-vous sûrs de son infaillibilité ? N’avez-vous jamais entendu parler d’une certaine « affaire d’Outreau » ? Et combien y-a-t-il eu d’autres affaires de ce type sur lesquels les journalistes ont été beaucoup plus discrets, tout simplement parce que ces affaires concernaient moins de monde ou peut-être du monde autre que des « notables » ? Prudence, prudence, s’il vous plaît ! Autre chose : la pédophilie est très grave et doit être absolument combattue étant donné les ravages qu’elle produit sur les enfants, oui ! Mais entre la faute morale et la maladie, croyez-vous qu’il soit facile d’établir une distinction précise ? Et ne savez-vous pas que ceux qui sont coupables de pédophilie se recrutent parmi les anciennes victimes ? Combattre la pédophilie, encore une fois oui, mais à condition de savoir raison garder et de comprendre qu’on est en terrain très délicat.


          • Olivier Bach 23 décembre 2009 00:04

            A résistance,

            L’objet de mon article est d’exposer la manière dont le vatican, depuis 1962, a traité les affaires de pédophilie au niveau mondial. Ce sont des faits et il n’y a pas lieu d’être circonspect.

            Je ne peux que proposer à tous ceux qui doutent ou qui se disent que ce n’est pas possible, de s’informer sur internet sur des sites d’informations indépendants comme l’est Agoravox.


          • Arnaud 22 décembre 2009 20:30

            Cet article n’est absolument pas crédible et manifeste une méconnaissance totale de l’Eglise catholique et de son droit canonique : Un document SECRET envoyé à une Eglise d’ORIENT et donnant des directives pour COUVRIR DES PRÊTRES PÉDOPHILES est une absurdité.

            Le code de Droit Canonique est PBLIC, CONNU.

            Ce qu’il s’est passé par rapport aux prêtres pédophile ne vient pas de directives canoniques ou secrète. Cela vient d’une MECONNAISSANCE UNIVERSELLE ? avant la prise de conscience des années 90, de cette déviation sexuelle qu’est la pédophilie, et de ses conséquences sur les enfants.

            Cet article doit être rangé parmi les rumeurs malveillantes. Comment lutter contre lui ? En lui demandant ses sources. Il va dire quoi ? Qu’il connait ce document SECRET par une source SECRÈTE ?



            • Olivier Bach 22 décembre 2009 23:00

               Cette instruction, qui n’a rien à voir avec le code canonique, est restée secrête jusqu’au 1er octobre 2006 et a été dévoilée à la BBC dans un documentaire « Sex Crimes and the Vatican ». Elle est présentée depuis dans tous les procès intentés par les victimes aux Etats Unis et en Irlande.
               Votre commentaire est la conséquence de l’omerta quasi totale sur cette grave affaire en France. Si vous cherchez crimen sollicitationis sur google en français, vous ne trouverez pratiquement rien. Il y a une présentation scandaleuse sur wikipedia français qui déforme la réalité du texte. Par contre, en anglais vous trouverez des milliers d’informations très précises et son utilisation dans les proçès aux US.


            • ErasmusMinor 5 janvier 2010 14:31

              Je vous invite - si vous lisez le latin - à vous reportez au site du Vatican pour vérifier la réalité de cette instruction : http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_con_cfa ith_doc_20010518_epistula_graviora%20delicta_lt.html


            • Olivier Bach 5 janvier 2010 23:24

              A ErasmusMinor,

              Je ne lis plus le latin depuis bien longtemps et c’est avec plaisir que je lirais votre traduction de cette lettre datée de 2001 qui semble faire état de l’instruction Crimen Sollicitacionis qui datait comme je l’ai indiqué de 1962. Je rappelle que le cardinal Ratzinger a été nommé préfet de la congrégation en 1981...


            • bob 22 décembre 2009 23:04

              Bof, bof,

              Encore un brulot anti-catho. Au dela de l’absence d’originalité d’un marronier, il est amusant de constater que l’auteur tire son argumentaire d’un protocole supposé. Est-il concevable que l’église émette en public un document qui la condame autant ou est-ce juste un hoax fabriqué par des organisations pseudo-religieuses ayant un intérêt à la destabiliser.

              Quant à l’auteur, ne pourrait-il pas écrire prochainement un article sur ces affreuses richesses que cache l’église mais que lui seul a retrouvé grace aux manuscrits de la mer morte tome 28 ?


              • Olivier Bach 23 décembre 2009 00:14

                Vous avez raison de considérer que ce document est accablant. Le vatican ne consteste plus sa réalité. Si l’on vous dit le contraire, c’est que l’on vous ment.
                Il faut savoir qu’elle avait été écrite en latin avec interdiction de la traduire.


              • Krokodilo Krokodilo 23 décembre 2009 13:41

                Un marronnier, c’est un sujet qui revient régulièrement dans la presse, comme les régimes avant l’été, alors que la protection par la hiérarchie catholique accordée à la plupart de ses criminels pédophiles est un sujet quasiment tabou, sauf lors d’affaires exceptionnelles comme les orphelinats irlandais, et encore ne met-on jamais l’accent sur la complicité, le fait de couvrir des crimes par centaines ou milliers. A rapprocher du fait que la banque du Vatican est un des paradis fiscaux les plus opaques, et on a un tableau peu reluisant du Vatican, un des endroits au monde où la morale chrétienne est la moins appliquée !


              • bob 23 décembre 2009 18:29

                @ Olivier Bach

                C’est ennuyeux ce que vous dites : si des prêtres impliqués ne parlent pas le latin, la situation va vite devenir embarassante. De plus, je n’ai jamais entendu parler d’un tel document et encore moins de sa confirmation. Si ce que vous dites est vrai cela implique qu’une église rivale ( anglicane ) a commandité un reportage supposé prendre en défaut l’église catholique. C’est donc une querelle de clocher.


              • bob 23 décembre 2009 18:32

                @ krokodilo,

                Merci de nous expliquer ce qu’est un maronnier. Ceci dit, cette notion n’est pas du au thème évoqué mais à sa fréquence. L’église catholique définie comme un repaire de pédophiles et de maffieux ressort tous les ans.
                Par ailleurs, quel est le rapport entre une minorité de pervers pédophiles et le statut de paradis fiscal ?
                N-y-a-t-il pas d’autres religions possédant un paradis fiscal voire judiciaire ( si, si réflechissez bien) ?


              • Ichtus02 Ichtus02 23 décembre 2009 11:00

                Deux réactions à cet article :

                - Depuis des siècles, l’église catholique est davantage un monde de ténèbres que de lumière. preuve en est par les innombralbes persécutions, bûchers qu’elle a dressé contre tous ceux qui, croyants, ont remis en question son hégémonie et ses prétentions. Preuve en est par sa volonté délibérée de confisquer l’accès à la lecture de la Bible par les fidèles pendant des siècles. L’Eglise catholique a, au plus fort de sa puissance, été plus proche des sectes que de l’Evangile.

                - Sans excuser les auteurs de ces crimes sexuels, ceux qui les commettent sont aussi les victimes du système. C’est en 1074 que le pape de l’époque a ordonné aux prêtres de rester célibataire. La raison principale en était financière, les biens des prêtres à leur mort n’allant pas à l’église, mais à leurs descendants. L’église catholique a alors mis sur les épaules de ses serviteurs un joug que beaucoup n’ont pas pu supporter. Une prescription contraire à l’Evangile : l’apôtre Pierre, le soi-disant premier pape étant marié, Jésus ayant guéri sa belle-mère de la fièvre. Notons encore que l’Evangile dit que Marie a eu d’autres enfants que Jésus, que Paul préconise comme une nécessité que les responsables d’église doivent être mariés et se montrer des modèles dans l’éducation de leurs enfants.

                Mais une église infaillible ne peut ni se tromper, ni revenir en arrière... pour sa honte et sa future perte. Dieu jugera !


                • bob 23 décembre 2009 18:38

                  @ ichtus02

                  L’église catholique a structuré les différentes civilisations européennes par le biais de ses champions. Elle a davantage fait pour ces nations que les différentes sectes qui lui ont succédé avec les resultats que l’on connait.
                  Sur les bûchers, il faut savoir qu’ils étaient installés la plupart du temps en dehors des souhaits de l’église qui avait davantage intéret à sauver des âmes qu’à brûler des fous furieux. Ceci dit, lorsque vous convoitez les biens de votre voisin, il apparait clairement que de le dénoncer comme sorcier au seigneur et de le bruler le plus rapidement possible est la meilleure solution pour vous attribuer ses biens.
                  Sur la notion de secte, il s’agit d’un groupe qui vit coupé du monde, contrairement au sujet qui nous intéresse.


                • bob 23 décembre 2009 23:10

                  @ ichtus02

                  Sur la seconde partie de votre commentaire, il apparait comme peu pertinent de mettre sur un pied d’égalité le besoin naturel des hommes vis à vis des femmes ( ou d’autres hommes) et la perversion qui consiste à violer des enfants.
                  Le mariage des prètres n’empèchera pas le viol des enfants par des pervers dépravés. Il appartient à la justice de s’occuper de ces déviants.


                • ddacoudre ddacoudre 23 décembre 2009 12:15

                  bonjour olivier

                  tu fais dans le recuit. c’est un sujet qui est particulièrement difficile à traiter dans son ensemble, car ils ne peut être contenu dans un article comme ceux que nous écrivons sur ago.

                  en conséquence nous faisons ce que tu fais , nous choisissons un aspect, et il n’est en rien indicatif, tant du phénomène ancestral dont l’on trouve des traces dans toutes les civilisations, l’Égypte pour la plus ancienne, que celui présent.

                  il n’y a donc aucune raison que des êtres y échappent, c’est un problème lié l’expression de la sexualité humaine. notre époque en à fait (je ne porte pas de jugement) un sujet diabolisé, parce que elle à des peurs à circonscrire et des insuffisances à cacher. toutes les époques ont eu leur « diabolisation » comme défoulement populaire sur des sujets bien réels.

                  cette « diabolisation » vient de la place que nous avons accordé à l’enfant dans nos sociétés prospères, ainsi quand l’on veut en traiter ils faut reconstituer l’événement dans le temps.

                  et si l’on manifeste un intérêts pour l’enfance, pourquoi s’arrêter à ce sujet qui ne trouve sa violence que dans le tabou sexuel du monde judéo chrétien, et dans le même temps où l’on soulage nos consciences en participant à l’hystérie collective que ce sujet développe, nous ne sommes pas capable de donner un Euros pour sauver tous les enfants qui meurent du sida de la faim et du paludisme.

                  si les hommes ne croyaient pas que la religions se compose de « sains » et soient capables d’admettre qu’une structure vertueuse ne protège pas ses protagonistes des affres du vice, il y aurait moins d’appel au lynchage dans tous les domaines, ce qui ’est devenu une spécialité médiatique.
                  bon article tous de m^me

                  cordialement..


                  • Hadrien Hadrien 23 décembre 2009 13:28

                    Encore un article pour tirer sur l’ambulance.

                    Quand la vache tombe, nombreux deviennent les couteaux.


                    • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 23 décembre 2009 13:51

                      De toute façon c’est un problème qui ne concerne que les Cathos : les autres ne sont pas concernés !

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