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Accueil du site > Actualités > Religions > Caritas in veritate

Caritas in veritate

 Par cette encyclique, Benoît XVI se mérite une place dans l’Histoire. D’abord par l’importance de ce qu’il dit - qui permet de penser que l’Église va prendre enfin la part des déshérités - ensuite, par le courage de l’avoir dit de cette façon.

Car en disant que cette encyclique est le « Rerum novarum de l’époque contemporaine » qui éclaire le chemin de l’humanité en voie d’unification, il va aussi loin dans la voie d’une révision des positions de l’Église que peut aller une organisation qui se prétend infaillible. Ce faisant, il nous permet de penser qu’elle peut parfois avoir raison.
 
 Laissons de côté ce qui est ronds de jambes pour dire que rien n’a changé, et acceptons ce message actuel de l’Église. Les casuistes nous dirons s’il est ou non novateur, mais seuls d’autres casuistes s’en préoccuperont. Je ne répéterai pas le texte, il est ici pour consultation. Je vais vous dire ce que j’y lis.
 
1. Il faut repenser l’Économique L’activité économique ne peut résoudre tous les problèmes sociaux par la simple extension de la logique marchande. Une activité financière mal utilisée - et, qui plus est, spéculative - ne soutient qu’une croissance artificielle liée à une consommation excessive. Vouloir séparer la gestion de l’Économique, dont le seul objectif serait de produire la richesse, de celle de la Politique, dont ce serait la seule mission de rechercher la justice au moyen de la redistribution, est une cause de graves déséquilibres.
 
 2. Il faut repenser le Politique L’État vient de faire la preuve de son utilité, en s’attelant à corriger les erreurs et les dysfonctionnements de l’économique. La crise actuelle nous oblige à créer de nouvelle règles du jeu et c’est l’occasion d’élaborer et de mettre en place de nouveaux projets. Non seulement ceux qui ont donné la gouvernance de l’État pour désuète ont-il eu tort, mais il serait temps de mettre en place un autre palier de gouvernance : une véritable autorité politique mondiale.
 
3. Il faut repenser la justice distributive. Même du point de vue économique, les pauvres ne sont pas à considérer comme un fardeau, mais au contraire comme une ressource. Pour fonctionner correctement, l’économie mondialisée a besoin de la logique du don sans contrepartie. Gratuité et don de soi sont des vecteurs de la prospérité et l’économie a donc besoin de l’éthique.
 
4. Il faut repenser l’entrepreneuriat À côté des entreprises dont les objectifs sont économiques, il faut concevoir des entreprises dont le but soit social. Il faut concevoir des microprojets. Il faut créer des coopératives de consommation. Il faut consommer de façon plus sobre et assurer à tous ceux qui travaillent une rétribution décente. On pourrait même penser à la « subsidiarité fiscale » qui permettrait aux citoyens de décider de la destination d’une part de leurs impôts versés à l’État, de façon à aider les pays en voie de développement.
 
5. Il faut soutenir les réseaux de protection sociale Benoît XVI suggère de favoriser davantage la liberté syndicale. « Plus pertinente encore aujourd’hui qu’hier », dit-il, car il faut « se donner comme objectif prioritaire l’accès au travail ». C"est l’amende honorable pour Rerum Novarum.
 
Je ne croyais pas voir le jour où j’applaudirais une encyclique papale. Pourtant, non seulement suis-je d’accord avec tout ce qu’elle propose - même si le rôle dévolu aux syndicats parait aujourd’hui dépassé – mais, si je n’avais peur de rendre ce texte illisible, je pourrais faire un lien de chacune des phrases vers un texte soutenant la même idée, que j’ai écrit il y a 5, 10 ou 20 ans ! Dire que je suis d’accord est en-deçà de la vérité.
 
Je sais que beaucoup de ceux qui mènent les mêmes combats que moi y verront in piège, une manœuvre pour avancer l’agenda néolibéral de mondialisation. Mais je ne veux voir qu’à sa face même le message qui est ici livré : ce qui est ici écrit restera écrit et c’est un gain net pour la justice sociale.
 
L’Église a son propre agenda, qui a été néolibéral quand il a été opportun qu’il le soit ; je crois qu’elle a décidé que ce ne l’était plus. Ceux qui voudraient l’instrumentaliser – et je ne doute pas qu’ils soient nombreux – devraient méditer sur la fameuse phrase le Lincoln. When you have got an elephant by the hind leg, and he is trying to run away, it’s best to let him run."
 
 
Pierre JC Allard

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44 réactions à cet article    


  • Massaliote 9 juillet 2009 10:15

    Oui, le combat du pape est courageux et c’est pour ça que tout est bon l’abattre ! Des polémiques sont montées de toutes pièces, des amalgames sont faits. Les propos de Benoit XVI en Afrique attaquant avec force la mondialisation ont été passés sous silence, par exemple.


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 9 juillet 2009 14:09

      Massaliote :


      Mettons les choses au clair d’entrée de jeu. Le monde change, les alliances se défont et c’est la guerre ; inutile de perdre une minute à exiger de la bonne bonne foi. Cette encyclique peut redessiner l’Amérique latine. Obama est au Vatican. L’Église est redevenue signifiante.


      PJCA


    • Gabriel Gabriel 9 juillet 2009 11:18

      Dans cette encyclique, j’analyse deux thèmes. Cet extrait sur la sexualité et la régulation des naissances reflète un point de vu chrétien que je respecte mais que je ne peut en aucun cas prendre comme vérité absolue. En effet, qu’il pense connaître le sens profond de la sexualité est surprenant, qu’il en ai une idée serait plus compréhensible et modeste à moins qu’il nous en donne clairement sa propre définition afin qu’on s’en fasse une idée. Le fait de dire que la responsabilité interdit de considérer la sexualité comme une simple source de plaisir n’engage que lui. Le seul frein que je puisse trouver à la sexualité est le non respect du partenaire. Quant à la régularisation des naissances, il faudra m’expliquer comment sans cet outil nous subviendrons aux besoins d’une humanité de bientôt 10 milliards de personnes. En conclusion, tout est beau dans les livres mais dans les actes cela se complexifie


      • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 9 juillet 2009 14:19

        @ Gabriel : 


        l’Eglise m’intéresse comme force socio-politique. Il serait indélicat de ma part de m’attarder sur les positions morales qui me semblent, disons « équivoques », de ce qui devient un allié circonstanciel. Je ne pense pas plus ici à l’aspect religieux de l’Eglise, même si on peut y voir logiquement sa raison d’être in se, que je ne pense aux interprétations libidineuses de la sexualité des plantes que fait Linné, quand je veux paysager un jardin.


        PJCA






      • Gabriel Gabriel 9 juillet 2009 15:39

        D’accord sur le fait de considérer l’église comme force politique. Enfin si Dieu existe, j’espère qu’il a une bonne excuse.


      • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 9 juillet 2009 16:38

        @ Gabriel :


         C’est que s’il n’existait pas, nous n’en aurions pas : -)


        PJCA

      • ZEN ZEN 9 juillet 2009 12:03

        Pierre
        Oui, l’Eglise a son propre agenda, comme vous dites
        On connaît son opportunisme. Elle sent tourner le vent. Il n’est plus question de défendre le néolibéralisme et de saluer les succès de Pinochet
        Il faut reconquérir les pauvres, et ceux-ci ne cessent de croître , en cessant de croire
        Sauver les meubles...
        Un discours, purement formel et opportuniste ne changera pas les choses, c’est vrai
        L’Eglise a aussi besoin de redorer son blason ..
        Et si B16 proposait un conclave de banquiers à la Cité ?...avec obligation de trouver dans les plus bref délais des solutions radicales aux malheurs qui viennent
        Un sacré Bilderberg ?


        • Bois-Guisbert 9 juillet 2009 12:34

           Il n’est plus question de défendre le néolibéralisme et de saluer les succès de Pinochet

          Ce n’est pas en tant que néolibéral que le général Pinochet méritait notre soutien autrefois et notre reconnaissance aujourd’hui, c’est pour avoir sauver le Chili de la bolchevisation.

          On a un peu perdu de vue qu’au moment où il a été neutralisé, le pochtron de la Moneda n’avait plus la majorité au Parlement et qu’il gouvernait au moyen de « décrets d’insistance », selon un procédé qui puait la démocratie populaire infiniment plus qu’il ne sentait la démocratie tout court.


        • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 9 juillet 2009 14:30

          @ Zen : 


          Ne lui prêtez pas des motifs, elle en a plein.... Le soutien de l’Église est d’autant plus utile que l’on n’a pas ici une force qui peut vaciller au gré d’une échéance électorale, mais une autorité monolithique qui agit les yeux grand ouverts. Il y a deux ans que le contenu dogmatique de cette encyclique était prêt. On ne l’a publié que lorsqu’on a été convaincu de la tendance lourde de l’évolution. Cette tendance ne semble pas pointer vers une remise en selle du capitalisme et l’Eglise agit en conséquence.

           PJCA

        • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 9 juillet 2009 14:53

          @ Bois-Guibert :


          Comme vous le savez, « Bolchevique » ne veut dire que « grand », concrètement, « majoritaire ». On peut y associer des comportements, mais il faut alors, pour en discuter et y voir une quelconque pertinence avec la situation au Chili d’Allende, entrer dans une analyse plus détaillée qui ne cadrerait avec les objectifs de cet article. Si, toutefois, vous proposez une article sur ce thème, je ferai ma modeste part comme modérateur pour qu’il soit publié et je le commenterai alors avec joie.

          PJCA

        • Bois-Guisbert 9 juillet 2009 15:15

          Si, toutefois, vous proposez une article sur ce thème, je ferai ma modeste part comme modérateur pour qu’il soit publié et je le commenterai alors avec joie.

          Non merci. Je ne connais que trop le poids des idées reçues pour perdre mon temps avec les parasites qui trollent systématiquement tous les débats et qu’ensuite on ne peut pas laisser sans réponse au risque de laisser croire qu’ils avaient raison...

          C’est beaucoup de temps perdu pour peu de résultats et c’est ce qui fait que je préfère des rectifications ponctuelles en esppérant qu’elles tomberont dans l’oreille d’un ou deux « pas sourds » qui les propageront à leur tour.

          P.S. - Il est instructif de considérer que la Guerre froide n’est terminée que depuis vingt ans , mais qu’il y a déjà plein de gens qui s’expriment comme si elle n’avait jamais existé...


        • Gabriel Gabriel 9 juillet 2009 15:49

          @ Bois-guisbert
          Pinochet a sauvé le Chili ! Demander aux milliers de personnes torturées, exécutées. Le fascisme vous fascine l’ami vous êtes du genre à collectionner les svastika à ce que je vois, Etre admiratif d’un tyran me laisse perplexe, à moins que ce soit votre humour 3em degré


        • Le péripate Le péripate 9 juillet 2009 16:11

          On n’aurait pas idée de demander aux morts de la population de Dresde si les Américains ont libérés l’Allemagne du joug nazie. Un peu mauvais goût.

          Maintenant il ne faut pas tout mélanger. La dictature s’oppose à la démocratie, mais le fascisme s’oppose au libéralisme. On peut donc avoir les appariements suivants : démocratie libérale, démocratie fasciste (ou populaire), dictature fasciste et dictature libérale.
          D’où il appert que Pinochet bien que dictateur n’était pas fasciste, et que Allende, bien qu’élu démocratiquement, n’en était pas moins un fasciste (ou un communiste, ce qui est pareil).


        • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 9 juillet 2009 16:54

          @ Bois-Guibert :


           Si j’affirme froidement que la Guerre froide n’a jamais existé, puis-je espérer un buzz comme si je niais la Shoah, ou n’est ce pas suffisamment important ? Pourquoi risquer...




          PJCA

        • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 9 juillet 2009 18:20

          @ Peripate


           Bien d’accord sur le modele à deux axes, mais je ne vois pas comment on pourrait éviter de mettre Pinochet dans l’autoritaire ( Nord) et le libérals (Est), Allende étant pour la distribution ( Ouest).

          Personellemen, je vois le grand clivage entre capitalisme et entrepreneuriat


          PJCA



        • Bois-Guisbert 10 juillet 2009 08:20

           Demander aux milliers de personnes torturées, exécutées.

          Mais ces quelques milliers de personnes ne sont pas LE Chili. Et c’est le Chili qui a été sauvé.

          Le fascisme vous fascine l’ami vous êtes du genre à collectionner les svastika à ce que je vois,

          Vous êtes tout ce qu’il y a de clairvoyant. Les points communs entre le Chili de 1975 et le IIIe Reich d’une part, entre Pinochet et Hitler d’autre part, sont tellement évidents qu’ils ne pouvaient échapper à votre sagacité

          Etre admiratif d’un tyran me laisse perplexe...

          Staline a eu des admirateurs, Mao en a eu, Pol Pot en a eu, Castro en a, Kim Jong-il en a, et leurs bilans est sans commune mesure avec celui du régime qui a sauvé le Chili du communisme et l’Amérique latine d’une implantation soviétique supplémentaire.

          Alors, vos états d’âme me font plutôt sourire...


        • Gazi BORAT 10 juillet 2009 08:50

          Demander aux milliers de personnes torturées, exécutées.

          Mais ces quelques milliers de personnes ne sont pas LE Chili. Et c’est le Chili qui a été sauvé.


          Intéressant débat.. et retour d’une réthorique ancienne :

          « On ne fait pas d’omelette sans casser les oeufs »
          « Quand on abat la forêt, les copeaux volent »
          « La Révolution n’est pas un dîner de gala.. »

          gAZi bORAt


        • ZEN ZEN 9 juillet 2009 12:18

          Rien que des vieux pieux !

          Cela ne va pas émouvoir les grands de ce monde...qui vont tout de même saluer cette grande oeuvre« humaniste »

          Business as usual...

          "...Dans cette longue lettre de Benoît XVI - 145 pages - ne figure pas le mot « capitalisme » financier. Mais elle critique implici­tement « les effets délétères sur ­l’économie réelle d’une activité financière mal utilisée et, qui plus est, spéculative ». Et condamne les « prodiges de la finance » qui ne soutiennent qu’« une croissance artificielle liée à une consommation excessive ».

          Il faut se rendre à l’évidence, lance le Pape : « Le marché n’arrive pas à produire la cohésion sociale. » Et devant « la complexité et la gravité de la situation économique », il appelle à « une nouvelle synthèse humaniste » car « l’activité économique ne peut résoudre tous les problèmes sociaux par la simple extension de la logique marchande ».

          De toute façon, estime-t-il, le monde n’a pas le choix : « La crise nous oblige à reconsidérer notre itinéraire, à nous donner des nouvelles règles (…). La crise devient ainsi une occasion de discernement et elle met en capacité d’élaborer de nouveaux projets. »..." (Le Figaro)

          A la fin, on dirait du Sarkozy, non ?


          • ZEN ZEN 9 juillet 2009 12:20


            Rectif : « voeux pieux », bien sûr

            Acte manqué ?


          • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 9 juillet 2009 14:39

             Le message de l’Église, c’ est « ca ne va plus, proposez autre chose » C’est important, car il y a des milliers de gens qui vont se mettre en branle pour relayer ce message sur tous les tons. Srkozy a les Jeunes Pop, mais il ne sont pas actifs dans les favelas... 


            PJCA

          • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 9 juillet 2009 14:42

            @Zen : Les vieux pieux feront le travail.... Acte manqué, « conversion » réussie smiley


            PJCA

          • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 9 juillet 2009 12:21


            Quelles sont les solutions de l’église catholique pour résoudre tous les problèmes qu’elle soulève ?


            • ZEN ZEN 9 juillet 2009 13:20

              Les « solutions » ?
              Prier, mon frère...


            • Shaytan666 Shaytan666 9 juillet 2009 13:34

              Surtout Ste Rita, la patronne des causes désespérées !


            • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 9 juillet 2009 17:00

              @ Shaytan :


               Je ne connaissais pas sainte Rita. Je m’en souviendrai si jamais je désespère de quoi que ce soit :- 

              PJCA

            • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 9 juillet 2009 15:41

              @ Jean Pierre Liabrés : 


              L’Église a une grille d’interprétation qu’elle veut statique, mais souple. Elle ne cherche pas des solutions, mais des réponses. Sa façon traditionnelle de maintenir sa pertinence et d’atteindre ses objectifs est d’insérer les problèmes dans la case de sa grille dont l’application des algorithmes spécifiques mènera, en le justifiant, au résultat pragmatique souhaité. Définir la problématique en fonction de ce qu’on veut. À coté de cette technique rodée depuis des siècles, les manipulations de nos gauches comme de nos droites modernes apparaissent bien grossières. 

              Il serait ridiculement prétentieux de ma part de prétendre déceler les intention de l’Èglise dont je pense que ni la CIA, ii le Mossad, ni les Russes, ni les Pakistanais ne parviendont à démêler l’écheveau... Je reste aux aguets, et je cherche à réduire le délai entre le moment où le dernier paramètre est connu et celui où le résultat de l’équation résolue m’apparaît.

              Concrètement, beaucoup de comportements que nous considérons intuitivement comme des crimes, mais que le croyant peut faire sans risquer son âme éternelle vont devenir peu à peu officiellement des « péchés ». 

              Ne doutez pas qu’il en sortira une transformation de leur habitus - même de ceux qui ne se pensent pas croyants, mais qui obéissent inconsciemment aux diktats de la culture occidentale - et que l’impact en sera significatif pour la société.

              Pierre JC Allard


              • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 9 juillet 2009 15:42

                @ Jean Pierre Liabrés : 


                L’Église a une grille d’interprétation qu’elle veut statique, mais souple. Elle ne cherche pas des solutions, mais des réponses. Sa façon traditionnelle de maintenir sa pertinence et d’atteindre ses objectifs est d’insérer les problèmes dans la case de sa grille dont l’application des algorithmes spécifiques mènera, en le justifiant, au résultat pragmatique souhaité. Définir la problématique en fonction de ce qu’on veut. À coté de cette technique rodée depuis des siècles, les manipulations de nos gauches comme de nos droites modernes apparaissent bien grossières. 

                Il serait ridiculement prétentieux de ma part de prétendre déceler les intention de l’Èglise dont je pense que ni la CIA, ii le Mossad, ni les Russes, ni les Pakistanais ne parviendont à démêler l’écheveau... Je reste aux aguets, et je cherche à réduire le délai entre le moment où le dernier paramètre est connu et celui où le résultat de l’équation résolue m’apparaît.

                Concrètement, beaucoup de comportements que nous considérons intuitivement comme des crimes, mais que le croyant peut faire sans risquer son âme éternelle vont devenir peu à peu officiellement des « péchés ». 

                Ne doutez pas qu’il en sortira une transformation de leur habitus - même de ceux qui ne se pensent pas croyants, mais qui obéissent inconsciemment aux diktats de la culture occidentale - et que l’impact en sera significatif pour la société.

                Pierre JC Allard


                • Le péripate Le péripate 9 juillet 2009 16:33

                  Je ne vais sûrement pas me livrer à un concours d’exégèse. Je me suis livré ici à un petit exercice de ce type, à seule fin de montrer qu’il est possible de faire dire n’importe quoi à un texte long et touffu. On en tirera les conclusions que l’on voudra.

                  Le propos est éthique, lié à « la liberté responsable de la personne ». Ce qui est remarquable à mon sens, c’est que B16 enchasse l’économique dans le domaine plus vaste de l’agir humain, ce que les libéraux nomment la praxéologie. Ceci me semble une excellente approche.


                  • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 9 juillet 2009 17:18

                    @ Le péripate :


                    Quand on parle de B 16, je le vois comme une vitamine ou un bombardier... . Je pense qu’on n’a pas attendu l’École de Vienne pour comprendre que l’économie recouvrait des activités humaines qui engageaient une responsabilité, mais je pense que ce sont bien les Libertariens qui en font maintenant presqu’un dogme. Voyez le texte en lien où je dis en toute simplicité comment je me situe sur cette question...


                    PJCA

                  • Le péripate Le péripate 9 juillet 2009 17:36

                    Je vois. Mais un dogme n’est qu’un point de doctrine que l’on estime vrai, ou incontestable. Bien sûr, on peut faire une utilisation péjorative de ce mot, mais il n’en reste pas moins qu’il existe quelques fondations solides dans l’archipel de la connaissance.
                    Donc, oui, liberté et responsabilité sont des éléments du dogme libéral (libertarien pour vous autres américains). Il ne s’ensuit pas que la messe est dite.


                  • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 9 juillet 2009 17:52

                    @ Peripate 2



                     Comme je le dis dans le texte en lien, je pense - comme Chomsky - que les principes libertariens ne permettent pas la construction d’une société, puisqu’une certaine solidarité en est un préalable essentiel. 

                    Au contraire de la plupart des gens de gauche, toutefois, je pense que la finalité d’une société est d’atteindre l’abondance et l’organisation qui permettront que s’y développe un volet libertaire dont l’importance relative sera grandisssante


                    PJCA

                  • Le péripate Le péripate 10 juillet 2009 07:59

                    Il est tout à fait exact que ces principes ne permettent pas la construction d’une société. Et, pourtant, les sociétés existent. La solution à cette apparente contradiction git dans l’énoncé. Une société n’est pas quelque chose qui se construit, le résultat d’un dessein. Elle est ordre spontané, ou cattalaxie ( d’un verbe grec qui signifie à la fois « troquer » « échanger » et « admettre comme ami », « faire d’un ennemi un ami »).


                  • Fergus fergus 9 juillet 2009 16:36

                    Bonjour,

                    Résolument laïc, je n’ai pas a priori un regard très positif sur ce pape dont les positions récentes, il est vrai un tantinet déformées, agressent ma propre sensibilité.

                    Cela dit, j’ai été agréablement surpris par le fond de cette encyclique qui rejoint, sur le plan socio-économique, les valeurs de base d’une Eglise dont je ne suis pas.

                    Bravo à M. Ratzinger pour cette prise de position claire qui, bien qu’un peu timide, remet sur de bons rails la pensée catholique. Puisse-t-elle agir sur la frange calotine de l’Ump pour lui remettre les idées en place et lui rappeler que les croyants n’ont pas pour mission d’enrichir toujours plus les riches, mais de porter assistance aux pauvres et aux démunis !


                    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 9 juillet 2009 17:22

                      @ Fergus :


                       Nous sommes TOTALEMENT d’accord




                      PJCA

                    • trois14 9 juillet 2009 16:38

                      Je n’ai pas lu l’encyclique, mais à lire votre résumé, c’est un texte très politique. Est-ce ainsi ou bien vous êtes vous concentré sur une partie du texte ?
                      Dans le fond, ce texte est très proche de celui de Muhamad Yunus, « Vers un nouveau capitalisme ». On retrouve également dans ce livre de nombreux traits communs aux points 1 (répenser l’économique : insuffisance de la logique marchande, consommation excessive, ) ,2 (repenser le politique, penser mondial) ,3 (repenser la justice, les pauvres ne sont pas un fardeau) et 4(social business).

                      Que ce même message soit porté par des vecteurs différents (un pape catholique, un économiste bangladais, et sûrement tellement d’autres) est un signe d’espoir.
                      C’est le signe d’une prise de conscience générale.
                      Il faut continuer à faire entendre ce message, et s’attacher à le mettre en oeuvre.


                      Ne doutez pas qu’il en sortira une transformation de leur habitus - même de ceux qui ne se pensent pas croyants, mais qui obéissent inconsciemment aux diktats de la culture occidentale - et que l’impact en sera significatif pour la société.

                      Je ne crois pas que l’influence de l’Eglise soit si importante que vous le pensez. Mais si c’était le cas, tant mieux.


                      • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 9 juillet 2009 17:37

                        @ trois14


                        Je me suis concentré sur l’aspect politique. Comme je le dis dans un commentaire plus haut, je ne vois pas utile de souligner les divergences sur les question de simple religion. 

                        Je crois que l’influence de son passé chrétien est déterminant pour la civilisation occidentale dont l’Inconscient et la culture en sont imprégnés. L’influence de l’Église est à la mesure de sa capacité à s’identifier comme portant ce message chrétien. Depuis quelque temps, elle n’y réussit plus. Je vois son désir de se le réapproprier comme la raison première du réalignement à gauche que tente cette encyclique

                        PJCA

                      • Lucien Denfer Lucien Denfer 9 juillet 2009 17:52

                        J’ai lu votre article du 11 mai intitulé Ratzinger, Joseph pape avec intérêt. Dans celui-ci vous questionnez l’absence de réaction de B16 quand aux horreurs que l’on peut voir un peu partout dans le monde et particulièrement au moyen-orient :

                        "Le Vatican n’a-t-il pas compris que l’ambiguïté n’est plus une vertu dans le monde de transparence que créé l’Internet et qui rend le double discours impossible ?"

                        Il semblerait que ce pape vous est répondu assez justement par cette encyclique disponible sur le net et idéologiquement alignée sur des idées porteuses, la crise est passée par là. Pour ma part j’y vois surtout la reconnaissance que le monde à changé et que les crises sont les périodes les plus propices pour les opportunités de changement.

                        Si le fond du texte de B16 est fidèle à la tradition sociale de l’église, que la forme et le ton sont très modernes, je ne doute pas un seul instant que le but recherché est la légitimation et le renforcement de l’église catholique.


                        • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 9 juillet 2009 18:01

                          @ Lucien Denfer


                          C’est de cette réponse que je prend acte dans cette article. Vous pouvez constater que j’interprète très favorablement cette initiative, tout en ne doutant pas, moi non plus « un seul instant, que le but recherché est la légitimation et le renforcement de l’église catholique. »



                          PJCA



                        • Gabriel Gabriel 9 juillet 2009 19:29

                          C’est de cette réponse que je prend acte dans cette article. Vous pouvez constater que j’interprète très favorablement cette initiative, tout en ne doutant pas, moi non plus « un seul instant, que le but recherché est la légitimation et le renforcement de l’église catholique. »

                          Salut Pierre,

                          De dire ce que tu as écrit entre guillemet, ( tout en ne doutant pas, moi non plus « un seul instant, que le but recherché est la légitimation et le renforcement de l’église catholique. »), à ce moment là il ne s’agit plus de conpassion de la part de l’église (du Vatican) il s’agit en fait de servir sa personne . 

                          Le But de l’église est d’amener l’amour et la bonté à la surface du globe et non de chercher à amélioré son image de marque pour ses fins personnels !

                          Ceci n’est pas une critique envers toi, mais le jours ou un pape sera saint on continuera à penser encore qu’il agit pour lui et pour son église plutôt qu’en vers l’humanité .

                          Je suis bien d’accord que Benoit XVI n’est pas le pape dont je parle, mais le jour ou ce pape là se présentera il faudra éviter ce genre de discourt (de phrase) qu’il le pénaliserait, il faudra au contraire l’appuyer .

                          Mais, c’est bien que l’église fasse cette avancé, on est d’accord !


                          • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 9 juillet 2009 23:38

                            @ Gabriel :


                            Le texte mis en italique est pour indiqué qu’il est recopié du texte de Lucien Denfert


                            PJCA

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