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Accueil du site > Actualités > Religions > Considérations sur le rite sacrificiel

Considérations sur le rite sacrificiel

Il n’y a rien de plus de plus stupéfiant, dans la réflexion philosophique et religieuse des derniers siècles, que l’oubli total dans lequel est tombée la pratique liturgique centrale de l’espèce humaine depuis des millénaires, à savoir le sacrifice. Un tel oubli semble indiquer que nous sommes vraiment dans la période sombre de l’âge sombre, celle où les vérités primordiales sont totalement offusquées, et qui précède immédiatement l’entrée dans un nouveau cycle.

 Le sacrifice est le rituel de base de toutes les civilisations connues. Il a été pratiqué à grande échelle par les Mésopotamiens, les Indiens, les Chinois, les Grecs, les Hébreux, les Celtes, les Romains, les Incas, les Mayas, les Aztèques, etc. Pendant des millénaires, le sacrifice était véritablement au centre de l’existence, et une société sans sacrifices était proprement inconcevable. C’est avec l’entrée dans la période dite « historique » que des préoccupations nouvelles, plus intellectuelles, émergent, et que le sacrifice, perdant peu à peu sa signification, est relégué à un statut purement formel, avant de disparaître tout à fait (du moins de manière visible). Les Modernes, obsédés par Dieu et par le sens de l’histoire, se sont complètement désintéressés de cet acte qui, selon les mythologies traditionnelles, est à l’origine du monde et de la vie.

Il est rigoureusement impossible de transcrire dans le langage l’essence et la portée du sacrifice. On peut néanmoins indiquer quelques-unes de ses vertus évidentes :

- Le sacrifice, par son caractère frappant, réalise immédiatement le but recherché par toutes les sagesses, à savoir la conscience accrue de l’instant présent, l’oubli des regrets à l’égard du passé et de la crainte à l’égard de l’avenir.

- Le sacrifice libère de la peur de la mort et laisse entrevoir la nature fondamentale de l’être. En supprimant l’enveloppe matérielle et apparente de l’individu, il opère ce que les sagesses appellent le « retour à la racine », au noyau qui transcende le temps et l’espace, la vie et la mort. L’animal immolé n’est pas anéanti, il est au contraire rendu à son essence éternelle, à la divinité.

- Le sacrifice rend possible l’action. En manifestant le caractère illusoire de la souffrance et de la mort, le sacrifice détruit toutes les appréhensions et les entraves qui retiennent l’homme dans l’accomplissement de son devoir. C’est notamment pourquoi il était pratiqué avant les batailles.

- Le sacrifice soude la communauté. Tous les assistants sont liés par ce rite ultime, confondus en quelque sorte dans la substance unique de la victime.

Il serait sans doute aisé de démontrer que tous les maux de notre société (désespoir, individualisme, nihilisme, violence, etc.) trouvent leur cause dans une conception dramatiquement limitée de l’existence, que le sacrifice avait justement pour but de prévenir. Notre époque sera peut-être considérée un jour comme une anomalie sans équivalent, une période où le fondement métaphysique de la cohésion sociale était complètement absent. (L’objection instinctive à la pratique du sacrifice, à savoir la répulsion à faire souffrir et à tuer des êtres innocents, n’est qu’une objection superficielle. La chair et le sang sont offerts sur les autels de toutes les villes et villages de France tous les dimanches sans que la prise d’une vie animale soit nécessaire.) Pourtant, malgré la cécité actuelle, il est très probable que le vingt-et-unième ou le vingt-deuxième siècle sera celui d’un retour à la norme. L’unification de l’humanité opérée par les moyens de communication, la multiplication des conflits meurtriers dus à des convictions erronées, une certaine quête spirituelle qui se fait jour obscurément, de nombreux éléments indiquent que le temps approche d’une indispensable, inévitable et salvatrice restauration du sacrifice.


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41 réactions à cet article    


  • Sozenz 6 octobre 2015 18:20

    je vous propose d’être le premier sacrifié volontaire !
    Vous voulez bien ?


    • hunter hunter 6 octobre 2015 18:24

      @Sozenz

      Bien vu ! c’est vrai, faut donner l’exemple, et puis comme les civilisations pré-colombiennes d’Amérique du sud pratiquaient ce genre de sacrifice, allons-y !

      Et les jeux avec combats de gladiateurs à mort, ça pourrait être bien aussi non ?

      Adishatz

      H/


    • hunter hunter 6 octobre 2015 18:21

      Ah, alors égorger des millions de poulets ou de moutons comme le font les musulmans, ça va nous sauver quelque part ?

      Euh, vous avez pris vos cachets ce matin ou bien votre dealer est en vacances .... ? je ne vois pas en quoi faire souffrir un pauvre animal innocent, va arranger nos problèmes ?......
      C’est une bien étrange conception de la vie, très spéciste, avec un vrai mépris de toutes les autres formes de vie animales....

      Sinon de quel sacrifice vous parlez, de celui où on sacrifie un peu de sa vanité, pour le bien du collectif, donc des autres ?

      D’autre part, ce monde n’a pas renoncé aux sacrifices il me semble, demandez aux centaines de millions de pauvres de la planète, s’ils ne se sacrifient pas tous les jours sur l’autel du bénéfice de quelques uns, les nouveaux prêtres du seul dieu loué de nos jours, j’ai nommé Mammon !

      Article étrange, mais bon faut de tout pour nourrir ce site !

      Adishatz

      H/


      • philouie 6 octobre 2015 18:39

        @hunter
        l’occident massacre des millions de bêtes, élevés dans des conditions monstrueuses, sans même s’en rendre compte.
        Oui, manger la viande que l’on tue soi-même, ou que l’on a vu tuer, serait un grand progrès pour l’humanité.
        quitter le monde du mensonge de la viande morte sous cellophane pour entrer dans la vérité du don.
        Don divin, évidement.


      • hunter hunter 6 octobre 2015 19:03

        @philouie

        Oui, je suis d’accord avec cette réflexion. C’est vrai que l’industrialisation de la mort de centaines de millions d’animaux dans nos abattoirs, est une ignominie.
        Mais c’est logique la civilisation occidentale ne respecte plus la vie humaine, pourquoi respecterait-elle la vie animale ?

        La civilisation occidentale ne respecte que le profit et l’argent.

        Adishatz

        H/


      • philouie 6 octobre 2015 19:23

        @hunter
        « La civilisation occidentale ne respecte que le profit et l’argent. »
         
        Et bien peut-être justement parce qu’elle méconnait le sacrifice.
        Sacrifice qui est dons et partages sous le regard du Grand Prodigue, Dieu Lui-même.


      • hunter hunter 6 octobre 2015 19:37

        @philouie

        C’est votre opinion, mais je ne crois pas que détruire gratuitement des vies animales qui n’ont rien à voir avec nos perturbations mentales, changera quelque chose.

        A noter que pour ceux de mon race, ( la race des non bouffeurs de viande) le problème ne se pose pas ; j’aime bien dorénavant employer le mot race comme ça de temps en temps.......
         smiley

        Ça serait plutôt de respecter toute forme de vie à mon humble avis, mais si vous tenez à des sacrifices, peut-être pourrait-on nous mettre d’accord sur quelques parasites humains de haut-vol, genre banquiers prédateurs, dirigeants de multinationales, il y a pléthore de ces créatures, qui ainsi expieraient la masse non-mesurable de leurs péchés véniels ?

        Adishatz

        H/


      • TREKKOTAZ TREKKOTAZ 6 octobre 2015 18:45

        L’ auteur laconique et démoniaque fait une apologie implacable du rite sacrificiel( lien social, harmonie et paix de l’ âme), et nous devrions êtres subjugués par ce maître du logos ?Il m’ a l’ air d’ un fin connaisseur,possédé par les démons,une inspection de sa cave sera nécessaire !


        • philouie 6 octobre 2015 18:48

          Il est dommage de ne pas citer Girard, ni même Frazer.
          Le sacrifice, où plutôt l’animal sacrifié, comme véhicule transportant les fautes hors de la cité.
          la vision de la violence sacrificielle comme calmant à la souffrance intérieur.

          Aujourd’hui tout se passe au journal de 20h. ce n’est pas pour rien qu’on appelle ça la messe du 20h.
          Les images de la violence rende le cerveau disponible.
          Comme les assassinats des Charlies ont permit de rendre mou le cerveaux des français.
          Un loi de merde avalée sans que personne ne s’oppose. Charlie, ton sacrifice n’a pas été vain !
          Valls est fier de toi !


          • hunter hunter 6 octobre 2015 19:44

            @philouie

            J’ai vraiment du mal à faire la relation entre tuer un animal, et exorciser les problèmes mentaux de l’espèce humaine ......

            Je croyais qu’il y avait la médecine pour ça, et toutes sorte de médecines, aussi bien l’occidentale que l’ayurvédique !

            Seriez-vous en mal de fleuves d’hémoglobines.... ? vous pouvez vous engager dans un des nombreux conflits de la planète, entretenus pour le bien-être du système économique prédateur, vous avez le choix des lieux, des climats (vous aimez les climats froids... ? allez hop, Ukraine ! vous préférez la chaleur ? Mali RDC, l’Afrique regorge de conflits....)

            Bref, si vous voulez du sang, si c’est ça qui vous excite, faites couler le sang de l’espèce la plus nuisible du monde, pas celui de pauvres bestiaux qui n’ont jamais nuit à qui que ce soit !

            Adishatz

            H/


          • philouie 6 octobre 2015 20:18

            @hunter
            Si nos ancêtres pratiquaient ce genre de rite, c’est qu’ils y trouvaient avantage, c’est à dire une certaine efficacité.
            Je ne saurais évidement en expliquer les mécanismes, mais il faut bien penser que la confrontation avec la mort provoque dans l’esprit humain un état particulier. Apaisement et crédulité. Crédulité dans le sens où elle ouvre à une forme de communion par laquelle c’est « on » qui pense. les attentats de charlie en témoignent.
            Mais il ne faut pas oublier que le sacrifice, c’est aussi sacrifice de soi. C’est aussi sa propre mort qui est contemplé dans l’animal sacrifié. Animal qui servira à nourrir non pas soi seul, comme lorsqu’on tue simplement pour manger, mais pour nourrir la multitude.
            Il y a une dialectique de l’échange dans le sacrifice. Dialectique entre Dieu dont les ateliers regorgent et qui prodiguent sans compter de ses richesses, et le moi égoïste, avare, avide mais mortel. Dieu donne à profusion et moi, moi qui ne suit rien qu’un vermisseau face à sa Toute Puissance, ,je teindrais à mon petit à moi ? Dans le sacrifice Dieu nous invite dans Sa prodigalité. Il nous invite à être un agent de son don universel, pour nous apprendre à être tel que Lui et savoir simplement donner.
            Vous avez de la peine pour ses animaux ? vous ne devez pas. Ils sont là donnés par Dieu et leur mort n’est rien d’autre que l’accomplissement de la divine volonté qui veut que le vivant tue et est tué pour vivre. vivre et mourir son les deux faces d’une même pièce qui a pour mon la Vie et pour moteur la chaine alimentaire.
            Enfin vous m’opposer la violence dans le monde, de gens si nuisible qu’il faudrait les combattre.
            Mais ne voyez vous pas que c’est de notre avidité que jaillissent toutes ses guerres ?
            Ne croyez-vous pas que seul un être humain apaisé, pacifié peut amener le monde à la paix ?
            Le sacrifice , s’est faire face à la violence, sa propre violence. C’est la regarder en face et c’est se regarder en face.


          • hunter hunter 6 octobre 2015 20:49

            @philouie

            Désolé, je n’ai aucune compétence en psy, ce n’est pas ma formation.

            J’au déjà fait face à la mort, j’ai vu des gens mourir, beaucoup de ma familles et des étrangers : je n’ai pas besoin d’aller sabrer un mouton pour exorciser ce que je connais.
            Je ne peux continuer la discussion sur ce point.

            Je ne suis juste pas d’accord avec vous. Les traditions c’est bien, mais quand elles sont connes et cruelles, elles doivent disparaître !

            Ce n’est pas parce que nos ancêtres sacrifiaient des tonnes de bestiaux, que c’était mieux.

            quand à l’appel à Dieu.....j’ai toujours été fasciné par tous ces gens qui en appellent à un dieu de vie, pour justifier la mort des autres formes de vie, y compris humaines !

            C’est pourquoi je suis athée et agnostique !

            Portez-vous bien, égorgez vos poulets si ça vous fait vibrer, je compatis avec ces pauvres bêtes, et décidément, la barbarie humaine n’a pas de limites, y compris de beaux discours pour justifier la mort, mais toujours celles de pauvres êtres innocents !

            Comme je le disais je ne suis pas psy, donc je ne peux rien pour vous.

            Adishatz

            H/


          • Sozenz 6 octobre 2015 20:53

            @hunter
            Bref, si vous voulez du sang, si c’est ça qui vous excite, faites couler le sang de l’espèce la plus nuisible du monde
            meme question que celle que j ai posé au tout début .
            si vous sous entendez faire couler le sang humain . voulez vous faire couler le votre ? ou celui de vos enfants ...
            pour moi l’affaire est close . et non négociable .

            je pense que ma position ne peut porter à confusion


          • philouie 6 octobre 2015 21:31

            @hunter
            « Portez-vous bien, égorgez vos poulets si ça vous fait vibrer »
             
            Je décèle dans cette formulation un contresens largement répandu : le fait de tuer un animal pour le manger, quand bien même ce serait fait en respectant le rite qui permet de transformer un animal vivant en une viande propre à la consommation, n’a rien à voir avec le sacrifice : le sacrifice étant le don de ses biens - dans la figure d’un mouton qu’on achète ou qu’on possède - et le partage avec les autres, en particulier les plus pauvres..
            Non. Dans ce cas, il s’agit simplement de tuer pour vivre.
            Vivre. Si vous ne voyez pas que le Dieu Vivant est le Dieu qui fait vivre ET le Dieu qui fait mourir, ici, c’est moi qui ne peut rien contre votre cécité.
            Je ne suis pas avide de sang mais je constate avec une grande constance, que nous, humains, mangeons de la viande et je ne suis pas responsable de ce fait.
            Vous dites ne pas manger de la viande et je respecte ce choix. Moi mon approche est à l’opposé : je dis : il faut se réapproprier ce choix, le fait qu’on mange de la viande. Non pas dire, c’est mal, c’est barbare. (comment qualifier de barbare une pratique humaine aussi répandue ?).
            Se réapproprier ce choix par le retour au rite. Oui, je mange de la viande. oui je tue un poulet. Mais ce poulet, il est là devant moi. je sais d’où il vient, je sais à qui je l’ai acheté. je ne l’ai pas trouvé emballé dans du papier cellophane au super U.


          • hunter hunter 7 octobre 2015 12:06

            @philouie

            Je ne conteste pas le fait qu’un viandard tue son poulet pour le bouffer, s’il a envie de s’empoisonner, c’est son problème.

            Sachez qu’avec un camarade, on a des poulets : je sais les tuer et les plumer (y’a que pour vider que je suis nul), donc je n’achète rien en supermarché à ce niveau.
            La seule barback que j’achète, c’est pour mes chiens ! ( je ne peux pas zigouiller un bœuf et stocker la barback).

            Je ne bouffe pas mes poulets ; je ne mange pas de viande par idéologie, mais par goût, qui s’est manifesté dès mon enfance :je n’aime pas la viande, c’est tout.
            Je bouffe des fruits et des légumes, et des gâteaux, je suis très pâtisseries.

            Ces poulets, avec le camarade on les vend, et même, on en file gratos à des camarades qui sont dans la merde : y’a pas de profits, on rentre dans les frais et basta. Évidemment, on fait autre chose à côté.
            Par contre, je bouffe les œufs, ça oui !

            C’est du poulet élevé à l’ancienne, tué après 6 mois, nourris sans aliments industriels, en liberté (ils trouvent aussi leur pitance dans les champs).

            Ce poulet passe pour bizarre en goût, pour les citadins :ils le trouvent trop ferme, bref, ils sont habitués à la merde industrielle.

            Par contre, je ne prends aucun plaisir à zigouiller ces pauvres bêtes, et en tout cas, ce n’est pas dans le cadre d’un quelconque rituel envers une quelconque divinité ( agnostique et athée, je l’ai déjà dit, je trouve ça d’un ridicule.......mais ne croyez pas que je sois un adepte de la technoscience, loin de là !)

            J’ai vu beaucoup d’animaux être sacrifiés, car j’ai été élevé en Afrique et au Moyen-Orient, donc dans ces contrées le mahométisme ou l’animisme, sont friands d’égorgement de poulets où de moutons.
            J’ai toujours trouvé ça extrêmement sauvage, surtout l’égorgement sans étourdissement...la mode « hallal/casher » quoi !

            Je sais ce qu’est un abattoir, et que dans ces usines de mort, travaillent souvent des vrais malades mentaux, se réjouissant de rajouter de la souffrance à des animaux qui vont être massacrés.

            Cela révèle la barbarie intrinsèque à la nature humaine :on commence par tuer un animal, puis deux, et après, on flingue son semblable avec plaisir : en suivant les travaux de Stéphane Bourgoin, on apprend que la quasi-totalité des tueurs en série, diagnostiqués après arrestation comme souffrant de sévères pathologies mentales, ont souvent commencé par tuer et torturer des animaux domestiques dans leur enfance.

            A noter que si vous faîtes bien le compte, il y a plus de gens sur la planète, qui ne bouffent pas de viande (et pas seulement pour raisons de fric), que de gens qui s’en gavent, comme les occidentaux.

            On peut très bien vivre sans bouffer de viande, une grande part de l’humanité le fait.

            Oui, je sais, vous allez me dire que les carottes et les salades souffrent aussi.....c’est l’argument classique qu’objectent ceux qui bouffent de la viande à ceux qui n’en bouffent pas ! j’ai l’habitude, mais je n’ai jamais entendu hurler une carotte, alors qu’un mouton et un poulet, oui, souvent.

            Je ne suis pas un citadin détaché des réalités de la terre, la terre je vis au milieu, je la connais (mais ’apprends aussi tout le temps de nouvelles choses), je sais ce qu’est la mort, et je ne vois pas en quoi sacrifier des vies dans le cadre de rituels religieux, puisse quoi que ce soit à l’amélioration des pathologies mentales humaines ?
            Tout ça est du fantasme, de la littérature, avec tout le respect que j ’ai pour elle, car elle est à la base de ma formation universitaire.

            Adishatz

            h/


          • philouie 6 octobre 2015 21:10

            Ce n’est pas parce que nos ancêtres sacrifiaient des tonnes de bestiaux, que c’était mieux.
             
            Et bien demain allez dans un supermarché et regardez le rayon viande.
            Vous êtes sûr qu’on ne sacrifient pas des tonnes de bestiaux ?


            • sarcastelle 6 octobre 2015 22:17

              L’auteur nous dit que l’eucharistie est célébrée chaque dimanche dans chaque village de France. 

              A mon avis voilà un moment qu’il n’a pas cherché à aller à la messe à la campagne. 

              • Gollum Gollum 7 octobre 2015 09:03

                Je me contenterai ici de faire remarquer que depuis que l’homme s’est mis à rire des sacrifices religieux on n’a jamais eu autant de sacrifices réels…


                Guillotine non-stop autour des années 1790… 1ère guerre mondiale, 2ème guerre mondiale, Hiroshima, 11/9, Daesh… et bientôt ?

                • Jeussey de Sourcesûre M de Sourcessure 7 octobre 2015 09:50

                  @Gollum

                  ce ne sont pas des sacrifices mais des carnages

                • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 8 octobre 2015 04:45

                  @M de Sourcessure

                  J’aurais dit « pas des sacrifices mais des mas-sacres » !
                  Ceci étant dit, on peut envisager la guerre comme une forme sacrificielle destinée à restaurer ... la paix sociale (on fait la guerre à l’extérieur et on a la paix à l’intérieur car la solidarité devient quasi obligatoire (sinon on est un traître qui fait le jeu de l’ennemi)). C’est le mécanisme du bouc émissaire.

                  Cf. De l’animal à l’homme par l’invention du religieux : retour sur le modèle sacrificiel de René Girard - AgoraVox le média citoyen

                   Lettre à René Girard sur le 11 septembre 2001 - AgoraVox le média citoyen


                • ddacoudre ddacoudre 7 octobre 2015 09:21

                  bonjour laconique

                  face à l’angoisse de l’existence, et aux cataclysmes qui emportaient les hommes comme les maladies qui les tuaient, dans leur ignorance des raisons de ces événements le développement de leur conscience des choses leur ont permis de comprendre que leurs existences ne dépendaient que d’eux. nous avons doc développé toutes les formes d’une espérance d’éviter que ne s’abattent les malheurs. ce fut donc une longue chaîne de comportement qui se continuent jusqu’à aujourd’hui pour conjurer le sort (ne croise ton pas les doigts pour cela).
                  dans ce cadre des rituels les hommes offraient ce à quoi ils attachaient le plus d’importance pour apaiser les « responsables » des événements et obtenir leurs aides. dans ce cadre le sacrifice d’humain n’étaient pas un acte de barbarie mais la signification qu’ils offraient ce à quoi ils tenaient le, plus leur vie.
                  il est juste de dire que la science à démystifié toutes ces pratiques lié a l’ignorance de la connaissance du monde et a récupéré l’espérance humaine, avant que nous en arrivions aujourd’hui à cerner tout ce qu’elle peut avoir de destructeurs et donc nous laisser avec un vide d’espérance. L’homme est anthropologiquement un croyant qui se construit du fait de son ignorance toutes formes de Totems pour conserver une espérance de jours heureux. que devrions nous sacrifier aujourd’hui pour cela ? nous sommes entrain de le réaliser notre liberté et notre droit d’expression pour les remplacer par des machines intelligentes inertes qui régleront nos existences.
                  ddacoudre.over-blog.com .
                  cordialement


                  • Sozenz 7 octobre 2015 11:27

                    @ddacoudre
                    savez vous ce que je trouve le plus extraordinaire . c est que l humain tentent toutes les stratégies pour améliorer sa vie ...il est pret à faire n importe quoi ; SAUF CE QU IL FAUT.
                    c est dingue quand même !!
                    Je me demande parfois si l homme a peur d être heureux .
                    ou , s il a peur de se rendre compte que les choses sont simples , qu on lui a dit cela durant des milliers d années , et d’être obligé à un moment de s arrêter et de dire .. je n ai jamais voulu écouter et de reconnaitre sa grande erreur .
                    Qu il se rassure . y a pas l échafaud au bout de la route s’ il admet . 
                    il faut que l homme sache que souffrir n est pas une obligation. il n y a rien à payer .. juste accepter de vivre sur un autre mode .
                    Essayez , tentez de le faire 1 semaine , un mois pour les plus courageux . ce n est pas grand chose dans une vie .


                  • ddacoudre ddacoudre 7 octobre 2015 13:35

                    @Sozenz

                    bonjour je n’ai aucune prétention à vouloir donner la Solution, je n’ai que des points de vue partiaux
                    rattaché à mon histoire, mais je ne déroge pas pour autant à un ensemble de comportements qui caractérisent l’homme, essayer d’être critique par un analyse est toujours sujet à caution, il est donc trés difficile d’avoir le juste à propos des événements qui se présentent pour y répondre par le moyen le plus adéquate, non par rapport à ce que l’on a ressenti d’eux mais de notre réponse émotionnelle dans le cadre d’événements qui généreront dans la durée une conséquence que l’on ne peut toujours pas apprécier en l’instant. par exemple tu dis que souffrir n’est pas une obligation, or la souffrance est un indicateur d’existence et nous protège de ce qui peut nous altérer, mais c’est aussi grâce à son existence que l’on peut envisager de la possibilité de la rendre acceptable pour qu’elle ne génère pas de la douleur qui s’impose et en « regénère », si l’on ne coupe pas cette chaine dynamique, ce que donc tu proposes.

                    cordialement.


                  • Sozenz 7 octobre 2015 13:44

                    @ddacoudre
                    ne voyez dans mon intervention aucun jugement dans votre approche que je trouve très juste. je faisais juste une petite parenthèse .
                    cordialement .


                  • Jeussey de Sourcesûre M de Sourcessure 7 octobre 2015 09:49

                    la communion des chrétiens est un rite sacrificiel : l’hostie représente « le corps du christ » (sic).


                    Le rite sacrificiel moderne est l’élection du président de la République : le bulletin de vote est le glaive et la victime expiatoire permet aux membres impuissants de la société de se donner bonne conscience en évacuant leurs propres responsabilités. 
                    De nouveaux dieux ont remplacé les anciens : la démocratie, la laïcité, la patrie...

                    • soi même 7 octobre 2015 12:24

                      @ Laconique chapeau comme grand prête du N.O.N , tu as gagné tes galons.
                      Le Sacrifice ce n’est pas qu’il a été pratiqué à grande échelle dans le passé millénaire de l’humanité, qu’il était à sa place.
                      En réalité quand les sacrifices d’animaux ont eux un glissement vers l’utilisation de sacrifice humain, l’on en réalité affaire à des cultes aux lieux de libérer les hommes les obscurcies.

                      Il y a une très grande différence entre ses victimes de ses cultes et le Sacrifice du Christ , il est l’Alpha et l’Oméga qui a clos ses pratiques Sacerdotales qui sont liées à la décadence de l’humanité.

                       


                      • Sozenz 7 octobre 2015 15:57

                        @soi même

                        très juste parenthèse. Merci


                      • Crab2 7 octobre 2015 12:29

                        Ce n’est pas le titre d’un film d’épouvante pour, dans notre pays, faire vibrer des populations en manque « d’émotions », des populations qui au nom de ...

                        http://laicite-moderne.blogspot.fr/2015/10/excision-2015-suites.html

                        .

                        http://laiciteetsociete.hautetfort.com/archive/2015/10/07/excision-2015-suites-5696340.html


                        • bakerstreet bakerstreet 7 octobre 2015 15:55

                          C’est un peu con de sacrifier la raison pour en faire un article !


                          • Samson Samson 7 octobre 2015 16:03

                            « L’objection instinctive à la pratique du sacrifice, à savoir la répulsion à faire souffrir et à tuer des êtres innocents, n’est qu’une objection superficielle. »

                            Si l’on se réfère à la perspective anthropologique ouverte par l’œuvre considérable et magistrale de René Girard sur la question (La Violence et le Sacré, Le Bouc Émissaire, ...), le sacrifice, omniprésent dans toutes les sociétés primitives, a pour fonction essentielle de détourner et soulager l’accumulation des tensions et d’une violence inhérente à toute vie en société en la catalysant sur une victime substitutive à la fois suffisamment représentative que pour être efficace et suffisamment étrangère au groupe que pour ne pas l’exposer en retour à l’interminable et très destructeur cycle de la vengeance.

                            Si l’émergence des lois et de la puissance des appareils d’états substitue au cycle de la vengeance celui d’un appareil législatif et judiciaire tout puissants qui s’en approprient le monopole, c’est au prix - n’en déplaise à Rousseau - de l’occultation de cette terrifiante violence sociale apparemment inhérente à notre « nature » humaine.

                            Ce déni du sens et cette profonde ignorance de l’efficacité du mécanisme sacrificiel à apaiser les tensions au sein du groupe expose fort malheureusement ce dernier à sa « contamination » sans parade par une violence dont les outils de la raison s’avèrent dramatiquement impuissants à parer l’escalade toujours plus aveugle.

                            La très compréhensible répulsion des modernes à tuer des êtres innocents - leur souffrance pouvant être réduite du fait de l’évolution technique - nous expose faute de substituts « valables » au danger très réel d’en massacrer bien plus, à l’occasion d’une de ces flambées cycliques d’irrationalisme et de fanatisme dont l’histoire nous expose d’innombrables exemples : l’Europe de nos parents se réduisait il y a seulement septante ans à un immense champ de cendres et de ruines.

                            « La chair et le sang sont offerts sur les autels de toutes les villes et villages de France tous les dimanches sans que la prise d’une vie animale soit nécessaire. »

                            Mais encore y faut-il l’indispensable cohésion sociale nécessaire à son efficacité ! A noter l’originale substitution opérée par le Christ, au prix de sa propre vie, d’un rituel sacrificiel agricole (transsubstantiation du pain et du vin) au rituel pastoral (agneau premier-né), jusque là seul efficace depuis la malédiction de Caïn.
                            Pour rappel, tout sacrifice est substitutif et à l’origine humain.

                            Salutations ! smiley


                            • Sozenz 7 octobre 2015 17:27

                              @Samson
                              nous expose faute de substituts « valables » au danger très réel d’en massacrer bien plus, à l’occasion d’une de ces flambées cycliques d’irrationalisme et de fanatisme dont l’histoire nous expose d’innombrables exemples
                              Vous avez totalement raison sur les risques et sur les cycles, ils existent bel et bien.
                              par contre il ne faut pas prendre ces cycles sous une forme plane. ( un cercle fermé ou tout recommence sous la même forme) mais plus si on peut l imager sous une forme spirale.
                               Chaque « anneau » de la spirale est un plan (vu de dessus ou de dessous comme un cercle ) de conscience.. ces anneaux à un point X identique annoncent une répétition. mais par rapport à un autre anneaux déjà « passé » nous nous apercevons qu il n est plus soumis à la même énergie..

                              http://arbresacre.forumactif.com/t45-la-spirale-comme-symbole-de-l-evolution-personnelle-et-spirituelle

                              je viens de trouver ce lien qui a mon avis explique bien la démarche très rapidement.

                              donc ce qui nous amène à penser que l on peut dépasser aussi le phénomène du  d’en massacrer bien plus, à l’occasion d’une de ces flambées cycliques d’irrationalisme et de fanatisme.

                              Rien ne nous garantis que nous en sommes au stade de ce dépassement . mais je dis que nous devons tendre au non sacrifice
                              catalysant sur une victime substitutive à la fois suffisamment représentative que pour être efficace et suffisamment étrangère au groupe que pour ne pas l’exposer en retour à l’interminable et très destructeur cycle de la vengeance.
                               dont vous parlez.


                            • Phalanx Phalanx 7 octobre 2015 16:14

                              Je crois que l’auteur passe à coté du plus grand sacrifice jamais realisé. 


                              Le sacrifice de notre propre civilisation.

                              • panpan 7 octobre 2015 17:21

                                Apparemment, le sacrifice d’animaux, ça ne marche plus depuis longtemps... On est toujours aussi stressés et mal à l’aise...

                                Je suggère d’étendre plus largement ce qui se pratique déjà de plus en plus « sous le manteau »... enfin de moins en moins sous le manteau : le sacrifice d’enfants

                                Les adeptes ont l’air de se porter très bien


                                • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 8 octobre 2015 05:17

                                  @ l’auteur

                                  Le diagnostic est juste : l’idée de sacrifice nous est devenue complètement étrangère et nous semble un archaïsme.
                                  Mais c’est méconnaître le sacrifice que de s’en tenir à ce constat.
                                  Quant à faire l’apologie du sacrifice, Soi-même a raison, ça ressemble terriblement à une tentative totalitaire de restauration de l’ordre ancien.

                                  Pour penser le sacrifice, Sansom7 a raison, c’est bien Girard qu’il faut lire.
                                  Mais ensuite on peut poursuivre lecheminement et envisager que la chasse, l’abattage et la guerre soient aussi des formes sacrificielles archaïques ou abâtardies.

                                  Cf. De l’animal à l’homme par l’invention du religieux : retour sur le modèle sacrificiel de René Girard - AgoraVox le média citoyen

                                   Lettre à René Girard sur le 11 septembre 2001 - AgoraVox le média citoyen

                                  Quoi qu’il en soit, permettez-moi de livrer ma conviction à la hussarde : je pense que le mécanisme sacrificiel théorisé par Girard fonctionne encore très bien au sens où nous avons toujours autant besoin de bioucs émissaires pour construire notre réalité. Je pense que la guerre est une dynamique sacrificielle qui a encore de beaux jours devant car c’est encore, malheureusement, le plus sûr moyen d’avoir la paix et d’entendre nos politiciens proclamer « plus jamais ça ! » pendant quelques années. Nous n’avons rien trouvé de mieux tant il est clair que nos institutions internationales et nos gouvernements ne sont pas, quoi qu’ils en disent, orientés vers la paix dont ils se fichent comme d’une guigne.

                                  Bref, pour finir, si nous voulons la paix sérieusement, cela passera par l’imitation du Christ : le sacrifice de soi. Pas sur la croix bien sûr, ce n’est plus nécessaire, mais par le renoncement à ses pulsions dominatrices et la prise de sa « patate chaude » plutôt que de jeter la pierre aux autres en les accusant des maux dont nous sommes nous-mêmes coupables. Bon c’est dit un peu vite, mais ce n’est qu’un pitch, celui d’un article en préparation.


                                  • philouie 8 octobre 2015 09:11

                                    @Luc-Laurent Salvador
                                    Il vaut mieux de multiples petits sacrifices qu’un grand sacrifice.
                                    Il est notable que l’abandon par les pays chrétiens de la pratique chrétienne a été suivi par des massacres de grandes ampleurs.
                                    Le premier des sacrifices est l’éducation. C’est l’exemple d’Abraham.


                                  • Sozenz 8 octobre 2015 14:19

                                    @Luc-Laurent Salvador
                                    Bref, pour finir, si nous voulons la paix sérieusement, cela passera par l’imitation du Christ : le sacrifice de soi. Pas sur la croix bien sûr, ce n’est plus nécessaire, mais par le renoncement à ses pulsions dominatrices et la prise de sa « patate chaude » plutôt que de jeter la pierre aux autres en les accusant des maux dont nous sommes nous-mêmes coupables. Bon c’est dit un peu vite, mais ce n’est qu’un pitch, celui d’un article en préparation.

                                    Merci pour cette conclusion qui est la seule voie véritable .
                                    et merci pour votre commentaire dans sa totalité .


                                  • Samson Samson 8 octobre 2015 18:16

                                    @Luc-Laurent Salvador
                                    Je n’étais pas encore abonné à Agoravox à l’époque de vos précédents billets et les hypothèses qu’ils exposent !
                                    Merci donc pour les liens ! smiley


                                  • Samson Samson 8 octobre 2015 18:19

                                    @Samson
                                    Et vous expliquez bien mieux que moi ! smiley


                                  • sleeping-zombie 8 octobre 2015 14:54

                                    Hello,

                                    Il serait sans doute aisé de démontrer que tous les maux de notre société (désespoir, individualisme, nihilisme, violence, etc.) trouvent leur cause dans une conception dramatiquement limitée de l’existence, que le sacrifice avait justement pour but de prévenir.

                                    Sans doute aisé, mais on va pas le faire. Faut pas déconner non plus...


                                    • philouie 9 octobre 2015 08:33

                                      @sleeping-zombie
                                      en deux phrases :
                                      le sacrifice c’est renoncer à soi pour laisser la place à l’autre.
                                      l’individualisme, c’est moi-je qui mène le monde.

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Laconique

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