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Accueil du site > Actualités > Religions > De la Cité de Dieu au Village global

De la Cité de Dieu au Village global

Dans mes deux articles précédents C’est Calvin qui brûle la planète et Le marxisme, une hérésie chrétienne, j’ai essayé de montrer que les deux impasses du capitalisme anglo-saxon d’origine protestante et du communisme athée étaient symétriques. Ces deux conceptions s’opposent à celle du christianisme originel qui reposait sur le mystère de la Liberté et de la Grâce. Un équilibre que tente de respecter Saint Augustin, aussi bien dans sa philosophie de l’Histoire que dans ses écrits sur le Libre arbitre. Mais Saint Augustin lui même... 

Les catholiques, quant à eux, ne croient pas à l’avènement d’un paradis sur terre, comme les communistes. Ils ne croient pas non plus à la Prédestination comme les protestants. Ils pensent que l’homme est libre de faire son salut, mais ils croient aussi que Dieu est tout puissant. Les catholiques n’ont pas de solution à ce mystère dont les termes ont été posés par Saint Augustin, dans sa controverse avec le moine Pélage (qui donnait une place prépondérante au libre-arbitre, face à la toute puissance de Dieu). Mais aussi dans la Cité de Dieu, base de la philosophie chrétienne de l’Histoire (saluons à ce propos le "travail de bénédictin" de l’abbaye Saint-Benoit de Port-Valais ...)

Le lecteur peut très bien penser de Saint Augustin ce que l’auteur pense de Karl Marx : « je n’y crois pas, je suis hostile à ses idées. Je les crois aussi fausses que dangereuses. Mais il se trouve que des masses énormes d’hommes y ont cru à travers les âges, et que l’Histoire en a été façonnée. »

L’objet de cet article n’est évidemment pas de régler la controverse théologique entre partisans de la grâce et partisans du libre-arbitre, issus de la postérité de Saint Augustin. Il suffit de rappeler que des génies comme Pascal et Leibnitz n’y sont pas parvenus. Que des trésors d’intelligence se sont engloutis dans cette querelle sans fin. Notre objectif n’est pas de régler celle-ci, mais de montrer que l’histoire d’un mystère et des divers moyens de le percer, est l’histoire spirituelle même de l’Occident : de Calvin au jansénisme et à Bossuet, des Lumières à Hégel et au marxisme, elle transcende tout, y compris le clivage entre société chrétienne traditionnelle et société moderne déchristianisée. Elle survit à tout, même à la "mort de Dieu".

Aujourd’hui, on retrouve, sous d’autres formes, l’opposition de ces deux principes, liberté et déterminisme, dans toutes les conceptions progressistes, libérales ou marxistes. Notre époque est donc largement façonnée par une double inversion de la doctrine chrétienne de l’Histoire. L’Histoire moderne ressemble à une double spirale entrelacée.

Liberté et déterminisme

Le point commun à toutes les conceptions modernes du Progrès, ce mythe fondateur de la modernité, est peut-être le refus de considérer le Mal comme inhérent à la nature humaine. Le péché originel était d’ailleurs la bête noire des philosophes des Lumières. Il est au contraire la pierre angulaire de la religion réformée, mais il est évacué, comme nous l’avons vu dans un précédent article, par l’évolution de la société et de l’économie américaines.

Le Progrès admet ou tolère Dieu, mais jamais le Diable. Or, ce que nous observons aujourd’hui c’est le caractère persistant du Mal, que la modernité n’a aucunement fait reculer. Le communisme est littéralement un « enfer pavé de bonnes intentions ». Avec le capitalisme anglo-saxon, c’est plutôt le « qui veut faire l’ange, fait la bête » de Pascal...

Cela ne nous dispense pas de poser une question, aussi vieille que l’Evangile, mais que l’espérance déçue du Progrès, oblige à reprendre, non sans une certaine amertume : faut-il renoncer à toute amélioration de la condition humaine sur terre ? pourquoi les chrétiens font-ils la charité et le Bien, alors que le Royaume de Dieu « n’est pas de ce monde » ? N’est-ce pas un rocher de Sisyphe, qui retombe aussitôt parvenu à un résultat ? Une tâche désolante, et sans espoir que chaque génération doit renouveler, sans bénéficier du travail des générations précédentes ?

La réponse est donnée par Jésus-Christ lui même dans le Sermon sur la Montagne. "Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde..." Le fait est que les catholiques, comme les protestants ou les communistes (sous une autre forme), placent très haut le secours au prochain. Saint Vincent de Paul, Mère Térésa et d’innombrables anonymes se sont entièrement voués aux autres. Pour rien, ou pour un résultat éphémère en ce bas-monde ? La charité ne garantit rien en ce monde. Elle permet de gagner le royaume de Dieu.

Chez Saint Augustin, comme le montre Henri-Irénée Marrou, (notamment dans Théologie de l’histoire)il n’y a pas de Progrès réel en vue dans la Cité terrestre. Lorsque le Bien s’y accumule, le Mal s’y accumule aussi. Bien et Mal s’équilibrent, laissant ainsi chaque génération aussi libre que la précédente. En revanche, dans la Cité de Dieu, le Bien s’accumule, et le Mal se dissipe, il y a Progrès de la sainteté.

Sachant qu’à travers notre histoire moderne, l’émancipation marxiste se renie en déterminisme totalitaire, et que la Prédestination protestante se retourne également en culte de la liberté à tout prix, on peut considérer que le mystère de la liberté et de la grâce reste intact. Avec son corollaire inexplicable, l’obligation « d’aimer son prochain comme soi même ». Sans illusion et sans trop d’espoir ici-bas. Mais le Progrès, marxiste ou capitaliste, n’a pas fait mieux.

Deux erreurs ont fait deux Progrès

Ainsi, le mystère de la liberté et de la grâce, posé au IVème siècle par Saint Augustin est-il tellement essentiel dans l’histoire occidentale, qu’il éclaire largement notre présent moderne.

  1. Si vous supprimez Dieu, vous absolutisez l’Homme, jusqu’à le diviniser ; vous remplacez Dieu par la Raison, l’Histoire, ou l’Humanité, mais c’est finalement le Parti ou l’État, sacralisé, qui se retourne contre l’individu et s’oppose, tout-puissant, à son libre-arbitre.
  2. Mais si, au contraire, vous supprimez le libre-arbitre par la Prédestination, loin de servir la toute puissance de Dieu, vous la faites descendre sur terre, dans le cours des entreprises de Wall-street et la puissance de l’armée américaine, là où elle n’a que faire. Tandis que s’impose au dehors une civilisation matérialiste, reflétée par les images de la société du spectacle et vide de Dieu.

L’homme contemporain voit deux échecs qui lui semblent, de plus en plus, symétriques : l’échec du communisme et l’échec d’un capitalisme d’essence anglo-saxonne, incapable de d’affronter les problèmes qu’il a lui même provoqué. Mais il s’agit aussi de l’échec de deux « hérésies » (au sens catholique du terme) absolument antagonistes.

Détournons donc hardiment la phrase la plus célèbre de l’évêque d’Hippone ! « Deux erreurs ont fait deux Progrès : l’émancipation de l’Homme jusqu’à la mort de Dieu, a fait le communisme ; le croyance en la prédestination jusqu’à l’effacement de l’homme, le capitalisme anglo-saxon. »

Ajoutons, avec Pascal dans les Ecrits sur la grâce : « Et ne pensons pas qu’il suffise de fuir une de ces erreurs pour être dans la vérité »

La marche en avant de l’Histoire occidentale est rendue possible par une suite de déséquilibres : un pas vers la liberté, un pas vers Dieu. Saint Augustin lui-même, n’a pas su s’empêcher de perdre l’équilibre : comme on le sait, c’est vers la toute puissance de Dieu, au détriment du libre-arbitre. Entrainé par l’esprit de polémique, il parsème son oeuvre de ce que Henri-Irrénée Marrou appelle drôlement « des pièges à jansénistes » (on pourrait dire des « pièges à calvinistes », ou pourquoi pas des « pièges à hégéliens »...)

Quelle conclusion pratique pour aujourd’hui ?

On peut reprocher au catholicisme ce que l’on veut : l’inquisition, le scandale des indulgences, d’avoir fermé les yeux sur l’esclavage, d’avoir gardé le silence sur le nazisme, etc...mais on ne peut pas lui reprocher la situation actuelle de notre village global.

Plusieurs commentaires de mes précédents articles me reprochaient de ne voir que les deux voies possibles du communisme et du capitalisme. D’autres voies, bien sûr, n’ont pas été expérimentées. Mais depuis plusieurs siècles l’Occident a bâti progressivement deux modèles principaux. On ne sait rien de plus qu’à l’époque de Saint-Augustin, si ce n’est que deux hérésies, émanant de lui, ont échoué.

Même si l’on n’est ni catholique ni croyant, on peut s’inspirer de quelques valeurs du christianisme originel et du catholicisme : ni déterminisme dans le bien, ni déterminisme dans le mal. L’homme est libre. Une "entreprise", c’est-à-dire un groupe d’hommes poursuivant le même but sont à l’image de ces hommes : mi-bons, mi mauvais. Il y a du mauvais en eux (ce que l’on appelle le pêché originel) et un désir de faire le bien. Donc une entreprise qui réussit n’est pas nécessairement bénie par Dieu (comme chez les protestants) ni condamnée par les hommes (comme dans le communisme). Elle est probablement "passable" (comme dirait Voltaire).

Ni enfer, ni paradis sur terre. La Cité de Dieu n’est pas la cité terrestre. Et méfions nous de tous les déterminismes et de toutes les prédestinations que les "réchauffistes" et "anti-réchauffistes", comme les partisans de la Décroissance autoritaire ou du développement durable mercantile ne vont pas manquer de nous resservir, à l’occasion de Copenhague, comme de tous les autres rendez-vous qui vont s’offrir à notre village global !

 

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17 réactions à cet article    


  • Jacquesp 30 novembre 2009 11:30

    Vous me disiez précédemment que vous n’étiez pas sur la même longueur d’onde que Mr Potay. Et pourtant... Mettons de côté le fait qu’il se dise prophète,(ce qui en effet est difficile à prouver) et arrêtons nous un instant sur le dernier commentaire qu’il a fait sur son blog, comme une résonance à votre article :

    La vision qu’Augustin a de l’homme est pessimiste. Je ne vois pas comment Jésus de Nazareth pourrait se reconnaître en Augustin d’Hippone. Pour celui-ci l’homme est irrémédiablement mauvais, faible, pécheur, etc, et doit recourir à l’intermédiaire de la religion pour s’en sortir, tandis que La Révélation d’Arès, dont la première partie sort directement des lèvres de Jésus revenu sur terre à Arès, se montre optimiste en rappelant que l’homme a des ressources de vertu insoupçonnées, une vertu qui ne peut pas venir de la religion et encore moins de la politique (l’État), mais de la pénitence privée.
    De plus, Augustin croit à la prédestination, à savoir que chacun est prédestiné au salut ou à la damnation, ce que dénonce La Révélation d’Arès qui distingue les hommes par leurs actes effectifs, mais non par une quelconque prédestination.
    S’il y a pollution morale, ce n’st pas à nos yeux celle de la politique seule mais c’est aussi celle de la religion qui emprisonne l’homme en lui cachant qu’il peut non seulement trouver son salut tout seul par le bien qu’il fait, mais aussi contribuer de cette façon au salut du monde, à l’établissement de la « Cité de Dieu » qui n’est autre que la Cité du Bien.

    Je suis obligé de constater des convergences très nettes entre vous sur les mêmes sujets au même moment. Ceci est très prometteur et je vous invite à persévérer.


    • Pierre de La Coste Pierre de La Coste 30 novembre 2009 14:56

      Oui, et je ne suis toujours pas convaincu...
      Sur Saint Augustin : son oeuvre est gigantesque et parfois contradictoire. Il y a des passages grandioses, jubilatoires, d’autres plus sombres. Il faut aussi tenir compte du contexte et de l’esprit de polémique face au moine Pélage (qu’Augustin respectait par ailleurs en tant qu’homme).
       Il y a donc des lectures différentes de Saint Augustin. Comme je l’ai dit et répété, celle de Calvin est faussée, orientée, négative. Il est également faux de dire qu’Augustin accepte la prédestination absolue, radicale, de Calvin. Enfin ,l’Egise catholique ne reprend pas en totalité les idées de Saint Augustin.
      Reste donc le mystère de la toute puissance de Dieu et du libre arbitre. L’homme et Dieu collaborent à la Grâce. Les textes les plus beaux sur ce sujet sont ceux de Simone Weil (la philosophe, pas la politique)


    • ddacoudre ddacoudre 30 novembre 2009 18:08

      bonjour pierre

      j’"ai pulsé ton article, pour que tu puisses continuer le débat. j’avais préparé un article à ton intention mais comme il n’est pas passé je te le colle en commentaire.

      L’existence nous permet d’avoir la foi et d’être athée, les deux sont viables puisqu’ils existent.

      Ce qui est viable « dieu » pour le croyant, la nature pour l’athée, l’univers pour le cosmologiste, la génétique pour le biologiste, le permet, et rien n’empêche les uns et les autres de croiser ces divers champ.

       

      Ces livres « fermer » pour moi sacrés pour les croyants sont un regard sur nos ancêtres qui avec leurs écrits, pour moi inspirés de leurs prédécesseurs, pour les croyant de « dieu » ont contribué à l’élaboration de notre société et ont généré les athées.

       

      Dieu est le verbe au même titre que l’athée, et le verbe formalise toute chose à partir moment ou nous pouvons la désigner. Faute de mots la foi se matérialise dans l’animisme ou la complétude que perçoivent les hommes de leur relation avec la nature dont ils ont pris conscience de leurs dépendances. Sans le verbe notre monde serait tout autre. Le verbe n’est pas figé il évolue au fil du temps souvent en dehors de la perception humaine, il faut l’apprendre, il nous faut l’apprendre grâce au verbe qui se grave, ou se peint, ou se calligraphie, ou s’écrit, ou se copie, ou s’imprime.

       

      Pour quoi une voiture existe, parce que nous pouvons désigner nommément les quelques 1000 pièces qui la compose, et les placer conformément au le plan que nous avons élaboré avec le verbe.

      Le verbe est donc un déterminant il permet la construction de toute chose dans la limite de l’interprétation que nous donnons de ce que nous comprenons. Nous ne pouvons désigner instantanément une chose que nous ne comprenons pas, c’est le temps qui construit le mot qui la caractérisera à hauteur de la compréhension que l’on en aura, sinon elle restera dans l’inconnu, le néant, l’infini des mots qui désignent nos limites à la compréhension du monde.

       

       

      Einstein a dit : « La nature ne nous montre que la queue du lion. Mais il ne fait aucun doute pour moi que le lion à qui elle appartient est au bout, bien qu’il ne puisse se montrer tout d’une pièce à cause de son énorme taille ». Si bien, que d’une certaine manière notre existence se déroule par défaut.

       

       

      Ainsi, chaque fois que nous définissons un concept pour expliquer l’indéfinissable (nos perceptions sensorielles). Ce concept défini entre dans ce que j’appelle l’indéterminé (comment le définir). Un indéterminé que nous parvenons à préciser par des théories issues du verbe, lesquelles entrent à leur tour dans les divers degrés de l’incertitude, (car le verbe n’est pas la vérité). Cette incertitude a pour principe, qu’après la conceptualisation d’une théorie, nous ne pouvons être assurés que ses éléments dans a durée trouvent la place que nous leur avons imaginée. Également, qu’ils resteront ce qu’ils sont, à la place où nous les avons mis ou observé.

      Cela, du seul fait que l’Univers est en mouvement (expansion), et si ceci pouvait échapper au regard du primitif, cela ne peut plus l’être au notre.

       

      Ainsi ces livres fermés dont leur codification ne peuvent être modifié et doivent être appris à la lettre, constituent le déterminisme.

      Ils permettent à une société humaine de se structurer, sauf que la vie n’est pas figée et qu’elle suit l’expansion, ce qui limite de fait la vérité délivré par ces livres.

      Donc toutes choses de ce que nous avons élaboré ce transforment parce que faute de disposer d’une vérité sur la composition de l’univers nous constatons qu’il se déroule de manière aléatoire dans le cadre d’évolution lente qui nous permettent d’en prendre la mesure à notre échelle (nous ne sommes pas capable de percevoir la vitesse de la lumière, nous la mesurons seulement) ce qui nous laisse le sentiment d’un déterminisme.

       

      Que propose l’athée est-ce qu’il est conscient du phénomène aléatoire de l’existence, et est-ce que ceci réorganise sa réflexion. Certainement pas, il s’attache comme moi aux valeurs de la république comme d’autres se sont attachés au communisme, et ils voudraient qu’elle durent toute l’existence qu’elle soit leur vérité qui détermine l’organisation sociale.

       

      C’est ainsi que ce qui sépare les deux, ce ne sont pas les codifications, mais la FOI verbalisé (dieu), un comportement qui ne traduit que la perception de l’indéfinissable.

      Est-ce que l’athée serait démuni de ce sens, certainement pas, mais il ne le verbalise pas, et pour l’être, la seule chose que j’en dis, est que l’incertitude la seule terre à conquérir.

      Je suis donc à la fois athée et agnostique, est-ce que cela m’empêche d’avoir foi en quelque chose, d’avoir une espérance, non, sinon je ne pourrais pas vivre.

       

      Les deux ne s’oppose pas elles sont complémentaires avec le déterminisme l’on construit et l’on fabrique, avec l’aléatoire l’on sait que cela ne dure pas et l’on se projette dans l’incertitude du produit de la réflexion que vas élaborer notre cerveau, même pour les croyants.

      Ce n’est que l’histoire du cerveau borné, empli de vérité pour se rassurer, s’adapter et qui doit sortir du déterminisme structurant pour s’ouvrir à la diversité du monde et affronter l’incertitude créée par l’univers, le monde en mouvement.

      La seule clé qui nous est indispensable, est comprendre, alors les solutions apparaissent, et cela nous évite de prendre les effets pour la cause, mais sans garantie, car  : 

      Tout ceci commande d’être convaincu qu’il y a un absolu où tout ce que nous concevons s’écroule, Il est donc nécessaire de comprendre que quelqu’un qui dispose d’une certitude absolue peut se suicider car il est déjà mort. En fait c’est un mort vivant qui ne pourra plus rien apporter au monde, hormis sa destruction, car pour vivre il ne peut développer que la mort qu’il porte.

       

      j’espère que ce commentaire nourrira la réflexion j’ai bien apprécié ton article, notamment sur le constat que deux erreurs dirigent notre existence

      cordialement.


      • Pierre de La Coste Pierre de La Coste 3 décembre 2009 12:46

        Bonjour DDa coudre, pour cette reflexion en profondeur, sur l’indeterminé dans le concept de Dieu. J’aimerai bien savoir pourquoi ton article n’est pas passé...
        La citation d’Einstein est très belle et montre ce sur quoi nous pouvons parler, et ce qui reste hors d’atteinte.
        Je ne prétend rien prouver sur Dieu, contrairement à certains commentaires qui suivent, mais simplement, tirer des conséquences politiques de certaines options religieuses qui ont abouti à des impasses tragiques, à l’intérieur de l’Histoire d el’Occident. Ton article prouve que l’on peut avoir une reflexion libre sur Agoravox, à l’écart des invectives et des illuminations.
        J’imagine que tu es un grand lecteur de Teilhard de Chardin. Il est le plus proche de la Vérité, selon moi. Je parle de l’époque moderne. Avec Simone Weil (la philosophe)
        Désolé, je ne t’ai pas répondu tout de suite, parceque ces derniers jours ma vie professionelle m’a entrainé très loin de Saint-Augustin...


      • ddacoudre ddacoudre 5 décembre 2009 21:42

        bonjour pierre

        je viens juste de lire ta réponse. pour faire sortir les article il faut aller dans l’espace modération et pulser l’article de son choix c’est ce que j’avais fais pour le tient, mais ensuite il y a une deux autres étapes qui nous échappent.

        oui bien sur j’ai lu Chardin, j’ai aussi gardé de Monod son idée que l’homme avance avec une lenteur désespérante vers ce qu’il appelait l’hominisation.

        j’ai un ami pasteur et souvent nous avons échangé, je lui disais souvent qu’il accéderait à la compréhension de son dieu lorsqu’il aura admis qu’il est ni bon ni mauvais, qu’il été seulement dieu, et qu’il le tutoierait lorqu’il n’aurait plus besoin de faire référence a son intercesseur, parce qu’il aurait compris que nous sommes le verbe.

        cordialement.


      • jidaie jidaie 30 novembre 2009 19:05

        La crise financière mondiale nous permet de clamer plus que jamais que aujourd’hui il y a la voie de la doctrine sociale catholique. Elle est le chemin d’un humanisme véritable selon les mots de Mgr Hérouard : « un chemin respectueux des hommes de tous les hommes »


        • ddacoudre ddacoudre 30 novembre 2009 21:11

          bonjour jidaie

          je ne pense pas que la doctrine catholique soit particulièrement une source d’un chemin respectueux de l’homme, cela fait des siècles que nous clamons tous ceci au nom de ce que l’on a compris pour mieux vivre ensemble au fil des siècles. au bout il y a toujours le même résultat, je pense que ce que nous avons a comprendre du monde ne nous a pas encore atteint nous ne sommes pas encore capable de définir l’indéfinissable. l’accepter n’est pas renoncer mais être conscient de la difficulté et cette conscience là doit nous ouvrir les portes de l’Autre.

          cordialement.


        • Pierre Boisjoli Pierre Boisjoli 30 novembre 2009 20:53

          Saint-Paul disait que l’homme de bien est esclave de la justice alors que l’homme de mal est esclave du péché. Il y a d’autres esclavages comme celle aux drogues, a la malbouffe ou aux exces de corps, la pollution. Ce qu’il faut choisir est le bien car c’est la sa plus grande libération. Aujourd’hui nous savons ce qu’il faut pour faire le bien ; les médias nous le rappelle a chaque instant. Dieu nous a donné une loi, les dix commandements et un fils pour nous montrer la voie. Tout le reste est accessoire. L’homme nouveau de Marx n’est pas mort, il n’est qu’endormi et il triomphera de tous les autres modes de pensée.
          Pierre Boisjoli
          Celui qui est oint de Dieu


          • Hieronymus Hieronymus 1er décembre 2009 02:00

            merci pour ce tres bon article
            « Si vous supprimez Dieu, vous absolutisez l’Homme, jusqu’à le diviniser »
            j’ai toujours pense que l’humanisme etait un faux progres, humanisme ca veut dire quoi ? mettre l’humain au centre c’est le debut de la negation d’un divin transcendental, exterieur a l’homme et cela va amener progressivement le materialisme puis l’atheisme en definitive avec la negation de toute divinite ..
            on peut suivre ce cheminement progressif des idees allant du XVI au XIX siecle ou Nietzsche proclame « Dieu est mort » c’est a dire la defaite historique de l’idee de Dieu !
            cordialement


            • SysATI 1er décembre 2009 05:44

              « Si vous supprimez Dieu, vous absolutisez l’Homme, jusqu’à le diviniser »
              j’ai toujours pense que l’humanisme etait un faux progres, humanisme ca veut dire quoi ? mettre l’humain au centre c’est le debut de la negation d’un divin transcendental, exterieur a l’homme et cela va amener progressivement le materialisme puis l’atheisme en definitive avec la negation de toute divinite ..
              on peut suivre ce cheminement progressif des idees allant du XVI au XIX siecle ou Nietzsche proclame « Dieu est mort » c’est a dire la defaite historique de l’idee de Dieu !
              « 

              Excusez-moi de ne pas partager votre enthousiasme, mais je ne peux résiter à l’envie de poser une question toute bête...

              Et alors ?

              Je n’ai aucune »divinité« , ne crois en aucun vieux bonhomme à barbe blanche allongé sur son nuage... Mais le plus important est que je n’en ai strictement aucun besoin dans ma vie de tous les jours, ni pour faire le bien, ni pour faire le mal.

              Tout ce que je vois de la religion, et quelque soit la religion, ne me donne qu’une irresistible envie de vomir et rien d’autre. 

              Comme je suis parfaitement serein, je n’arrive vraiment pas à comprendre que des gens doués de raison aient ce besoin morbide de surnaturel qui les pousse à s’entretuer depuis des millénaires au nom d’un truc qui n’existe que dans leur tête...
              Excusez-moi encore une fois d’être athé et heureux de l’être, même en pensant aux pissenlits qui vont être ravis le jour de ma mort...

              Et surtout de »prier très fort" ( smiley pour qu’il y ait de plus en plus de gens dans mon cas à l’avenir...

              Est-ce si difficile de se dire tout simplement que l’on n’est rien de plus qu’une amibe un peu évoluée et qu’on formera un très bon humus après notre mort ?

              Que ni notre vie, ni notre mort n’a aucun sens...

              Et que l’on peut parfaitement vivre en ayant pleinement conscience de cela ?

            • Gollum Gollum 1er décembre 2009 09:13

              D’accord avec Hiéronymus. La négation de la Transcendance de notre époque est clairement un drame. L’humanisme moderne est purement horizontal. Destiné à s’évaporer à la moindre difficulté.


              Quant à la prédestination et la négation du libre-arbitre, elle a pour conséquence de mettre de côté toute morale du péché et donc le pouvoir des Églises constitutionnalisées. Le libre-arbitre est en effet fondamental pour toute Église exotérique. A l’inverse l’absence de libre-arbitre ouvre sur la seule véritable liberté, celle d’adhérer à la toute puissance cosmique. Au Tao diraient les Chinois.

              On voit mal par quelle perversion de l’esprit, les protestants ont pu élaborer une morale rigide à partir d’un principe comme celui-ci...

            • Jacquesp 1er décembre 2009 09:40

              Bravo Sysati,

              Vous exprimez parfaitement ce que la plupart des hommes pensent à bon droit. Si l’homme est honnête avec lui-même il doit être athée. « Dieu est mort », Nietzsche le constate mais le vrai responsable de cette vérité, c’est Dieu qui fait tout pour se rendre mort à la conscience des hommes. d’après les moyens qu’il a à sa disposition, l’homme déduit qu’il n’est qu’un animal intelligent qui disparaitra à la mort. Cette façon de voir ne me déplait pas du tout : après la mort on sera enfin tranquille.

              Pour moi, si Dieu existe, c’est manifestement un fou, un malade mental et ceux qui y croient ont certainement un grain aussi. Jugez un peu : d’après Dieu l’homme s’engendrerait en une autre vie après la mort ! Bon, admettons, mais le problème c’est que personne n’a entendu parler de cette vie là. Comment voulez-vous convaincre les gens sans preuve ? On va vous rire au nez. Oui, bien sûr, il y a eu un gars qui a ressuscité un jour. Est-ce que l’exception a valeur de règle ? Etait-il vraiment un homme comme nous, celui qui changeait l’eau en vin ? Ne serait-il pas plus simple de faire communiquer les vivants ordinaires avec les morts vivants ordinaires ? Trop simple pour Dieu sans doute. Dieu est Dieu, il a ses trucs à lui, que la raison humaine ne peut pas comprendre. Résultat : tout ce qu’il a entrepris sur cette terre a tourné en eau de boudin. Dieu est peut-être très fort mais c’est une nullité pédagogique. Quand un formateur veut faire apprendre quelque chose, il s’interroge d’abord sur les pré-requis de ses stagiaires faute de quoi ce sera la déception pour tout le monde.
              En conclusion : Dieu est Dieu, l’homme est l’homme. En attendant que ces deux entités se comprennent, celui qui campera dans l’athéisme n’est pas le plus idiot. C’est le plus réaliste et le plus honnête avec lui-même.

              Si un jour il vous arrive d’être fou, peut-être arriverez-vous à comprendre Dieu. A l’occasion, Dieu décidera lui-même de ne plus être mort. Pour l’instant, pas de chance, ce jour-là correspond précisément au jour de notre mort. Bon, j’arrête là, je commence à délirer à mon tour.


            • Gollum Gollum 1er décembre 2009 11:58

              l’homme s’engendrerait en une autre vie après la mort ! Bon, admettons, mais le problème c’est que personne n’a entendu parler de cette vie là. Comment voulez-vous convaincre les gens sans preuve ? On va vous rire au nez.


              Vous êtes assez mal renseigné. Car il existe énormément de témoignages de ceux qui ont frôlé la mort (tapez NDE dans Google).. et ils vont tous dans le même sens.
              Bien évidemment les rationalistes plats en font un simple phénomène de chimie du cerveau.
              Quand ils daignent en parler d’ailleurs parce qu’en général c’est le black-out..

            • Jacquesp 3 décembre 2009 15:40

              A Gollum,

              Votre remarque est tout à fait juste. J’ai moi-même vécu ces expériences suite à différents arrêts cardiaques : ce qui est le plus étonnant, c’est le niveau de conscience que l’on conserve dans ces moments-là. Mais est-ce que pour autant cela nous donne une idée juste de la vie après la mort ? J’en doute. Il existe un français qui a pu visité le séjour des morts pendant quelques dizaines de secondes. Je n’ai pas son témoignage mais ce que je sais, c’est qu’en partant, il avait les cheveux bruns et qu’au retour, ses cheveux étaient devenus tout blancs : ça donne une idée du niveau effrayant du spectacle. Y a-t-il des volontaires pour être acteurs de cette comédie ? Si chacun avait conscience de cela, la question de la croyance en Dieu ne se poserait pas, et même ceux qui appartiennent aux différentes religions veilleraient à ne pas faire n’importe quoi.


            • Pierre de La Coste Pierre de La Coste 1er décembre 2009 10:05

              @ Sysati et Jacquesp,
              Votre opinion est interessante, car elle est très minoritaire. Comme le dit Michel Onfray, le pape de l’athéisme, dans son traité d’athéologie, la majorité des gens à notre époque n’est pas athée, mais indifférente.
               Croire que nous sommes « des amibes un peu évolués » n’a rien d’évident. C’est au moins aussi extraordinaire à concevoir, pour un être pensant, que l’existence de Dieu. L’idée de Dieu est naturellement présente dans l’esprit humain, comme le dit Descartes.
              Pour le reste, que Dieu soit bon, que Jésus soit son fils, qu’il sauve l’Humanité...je conçois volontier que ce soit difficile à admettre. D’autres son mieux placés que moi pour vous en parler.
              En revanche, vous ne pouvez pas ignorer l’Histoire, surtout l’Histoire récente. Les hommes se massacrent, au nom de l’idée de Dieu, et alors ? comme vous le dites. Dieu (ou son idée) y est-il pour quelque chose ? Quand on voit les hommes se massacrer également au nom d’autres idées, comme le communisme athée, on est en droit d’en douter.
              On ne prouvera jamais rien sur Dieu, mais on sait que le déterminisme marxiste et la Prédestination protestante sont deux impasses dont il faut absolument sortir.


              • Jacquesp 1er décembre 2009 11:15

                Pierre de la Coste,
                je vous ferai juste remarquer que Dieu et l’athée sont d’accord sur un point : sortir des griffes de la religion. Je constate que le déterminisme marxisme a réussi là où Dieu a échoué. Reconnaissez que, historiquement, le marxisme a barré la route au prosélytisme religieux. Pour cela, ils seront accueillis comme des rois chez Dieu, en tout cas, je l’espère. Vous semblez encenser la religion catholique, c’est votre droit et je n’y vois aucune objection mais je ne suis pas le seul à penser que le temps des règlements de compte entre la hiérarchie catholique et Dieu est pour ce siècle qui sera mystique à défaut d’être religieux.


              • Jacquesp 3 décembre 2009 10:49

                « On ne prouvera jamais rien sur Dieu ».

                Eh bien si, justement. Dieu a donné récemment quatre moyens de preuve dont deux se sont déjà réalisés. Le troisième est en cours de réalisation (la crise économique), le quatrième viendra plus tard. Quand ces quatre évènements se seront réalisés, le monde saura où est Dieu et où il n’est pas. Alors chacun pourra exercer son libre-arbitre par rapport à la toute-puissance de Dieu. D’ici là, attention aux douleurs et aux tribulations, car beaucoup de puissants ont tout intérêt à ce que les individus n’exercent pas leur libre-arbitre, en les empêchant notamment d’accéder à toutes les informations, comme cela se passe actuellement en France. Beaucoup de lecteurs ne comprendront rien à ce message, ce qui confirme bien ce que je dis. Les autorités savent, mais se taisent en croisant les doigts, car évidemment elles risquent gros. En toute amitié, je les préviens : ne jouez pas avec Dieu, c’est perdu d’avance, il a tout prévu. Dieu ne cherche pas la confrontation, mais la prise de conscience, il patiente encore, mais le temps joue inéluctablement en faveur de ceux qui ont été bafoués.

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