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Accueil du site > Actualités > Religions > Dédoublement des discours religieux et philosophiques et maintenant (...)

Dédoublement des discours religieux et philosophiques et maintenant scientifiques (I)

Tout récemment vient d’être traduit un ouvrage de l’égyptologue Jan Assmann consacré au double discours présent dans le champ du religieux (Religio duplex, Aubiers, livre chroniqué dans Books de janvier 2013). N’ayant pas encore lu l’ouvrage, je me contente d’exposer la thèse de l’auteur qui se situerait dans un sillon tracé par Cudworth à la fin du 17ème siècle, période en pleine effervescence placée sous l’égide de Newton, Locke, Leibniz et qui vit naître la franc-maçonnerie moderne dont le fonctionnement évoque mais de loin les pratiques religieuses antiques étudiées par Assmann. Toutes les religions aurait délivré un double discours, l’un réservé aux initiés, censé être savant et rationnel et l’autre, réservé au ouailles et autres membres de cette foule ignorante à qui les prêtres proposaient divers rites et autres fables mythologiques dont le rôle est de conférer une instruction et quelques rudiments de pensée religieuse à des gens doué d’une intelligence moyenne. Autrement dit, les religions auraient produit deux discours, celui des docteurs de la foi et celui des prédicateurs. Ce qui intéresse l’auteur, c’est de montrer comment cette idée du double discours a perduré et s’est répandue au cours des trois derniers siècles par les voies maçonniques. Beaucoup d’ésotéristes pensent qu’il existe deux domaines de vérité dont l’un n’est accessible qu’à un cercle d’initiés. D’où parfois quelques savantes fables sur Platon et Aristote qui n’auraient publié que des écrits à visée exotérique pour les profanes tout en réservant l’enseignement des mystères de l’univers à un cercle d’élèves sélectionnés. D’éminents philosophes se sont penchés sur cette question. Et donc je vais laisser Assmann de côté et passer le « témoin » à un prestigieux philosophe du 20ème siècle afin d’avancer et de vous amener vers cette thèse inédite, celle d’une science qui se dédouble.

1. connaissances exotériques et ésotériques en philosophie et religion

Dans un texte très dense d’une dizaine de pages, Leo Strauss trace une étude édifiante sur la distinction entre enseignements ésotérique et exotérique et les deux manières d’aborder cette question au moment des Lumières, alors que la maçonnerie était en pleine ascension. Deux options se précisent. Celle de Lessing pour qui Platon et surtout Leibniz, à qui il consacra une étude, auraient dissimulé un enseignement ésotérique accordé à quelques initiés, pour se contenter de divulguer aux profane des vérités pour ainsi dire tronquées. Lessing intervient en cette période où l’idée d’un savoir secret fait son chemin, propagée surtout par les membres des sociétés maçonniques ou théosophiques. Lessing se place dans cette mouvance et tente de convaincre ses contemporains que certains savoirs ne doivent pas être divulgués aux gens ordinaires. Strauss a parfaitement fait le lien avec l’intention maçonnique qui, conçue à ses débuts comme une société scientifique destinée à faire passer dans la vie civile les vérités spéculatives, est devenue un cercle où les initiés s’élèveraient de la pratique civile à la pratique spéculative. On pressent alors que la mise à l’écart du profane ne prend pas la même signification chez Platon (nul n’entre ici s’il n’est pas géomètre) que dans la maçonnerie. Dans le premier cas, il y a une dimension ontologique (lié à la constitution de l’être) et dans le second cas, c’est de l’éthique. Je m’explique. Le profane n’accède pas aux enseignements ésotériques de Platon parce qu’il ne les comprend pas (il n’a pas quitté la caverne) alors qu’au 18ème siècle, le commun est mis à l’écart des savoirs spéculatifs des maçons parce qu’il ne doit pas y accéder. L’idée étant que le profane pourrait altérer ce savoir en le divulguant ou le dilapidant. Bien entendu, on peut penser aussi qu’en divulguant quelque secret, le commun pourrait réduire l’asymétrie d’information et de ce fait, altérer le pouvoir que confère ce secret. Car la maçonnerie oscille entre l’intention du pouvoir et l’éthique du perfectionnement social. Ce second volet nous incitant à ne pas oublier que si religion (sociale pour ne pas dire socialiste) on trouve dans la maçonnerie, c’est le culte de la perfection. A distinguer des religions monothéistes dont l’essence est la réalisation de l’amour à travers l’obéissance à Dieu. Strauss poursuit ainsi son investigation en évoquant la position de Schleiermacher pour qui il n’y a qu’un seul enseignement de Platon, celui consigné dans les dialogues. Pour accéder au volet ésotérique, l’élève doit pratiquer une authentique conversion, c’est-à-dire une rupture radicale par rapport au débutant. Selon Strauss, il y a une différence de genre et non pas de degré entre l’attitude du débutant et la compréhension de l’élève parvenu à la vérité philosophique. Il ne faut pas monter sur une échelle mais passer à travers le mur qui sépare la compréhension profane de la vérité ésotérique.

La thèse du dédoublement des discours religieux et philosophiques se trouve ainsi rigoureusement cadrée grâce à ces éclairantes pages de Strauss. Certes, la thèse de cercles savants réservant un enseignement ésotérique aux initiés est défendable si l’on scrute les loges maçonniques et bien d’autres confréries initiatiques plus ou moins sectaires. Néanmoins, cette thèse ne tient pas si on l’applique aux écrits philosophiques et théologiques. Le dédoublement des savoirs est bien présent mais il a comme ressort la différence d’aptitude cognitive entre le débutant et l’initié. Ce constat, valable pour les philosophies antiques et moderne, de Platon à Heidegger, est aussi opérationnel en matière de religion. Mais avec une différence importante. C’est que les institutions religieuses ont pour vocation d’accueillir tous les fidèle et donc, pour permettre à tous de pratiquer le culte et d’être inclus dans la communauté, il est nécessaire de délivrer un discours accessible au plus grand nombre. Les Ecritures peuvent être lues sur quatre niveaux, littéral, allégorique, symbolique et mystique. Lors d’un office religieux, les prêtres utilisent presque exclusivement les deux premiers niveaux. Et c’est pareil pour le catéchisme ou bien l’enseignement pour les autres cultes. Les vérités théologiques sont difficiles à comprendre. Un paysan médiéval n’aurait rien entendu à la spiration ni à la querelle du filioque, pas plus qu’un bédouin de l’Islam médiéval n’aurait compris la sourate sur les sept terres et cieux. Mais ce n’est pas un problème pour la religion qui réunit, à l’église, la mosquée et la synagogue, le professeur d’université, le médecin, l’instituteur, le paysan et l’ouvrier. Les religions sont démocratiques au sens où elles démocratisent l’accès au discours religieux, comme on dit que l’accès à la télévision et l’automobile s’est démocratisée. Ce qui explique que les plus radicaux ont opté pour une sécession gnostique en cultivant les expériences et connaissances ésotériques. On les trouve dans la mystique soufie, la kabbale, les mouvances ésotériques chrétiennes et maçonniques. C’est assez compréhensible si l’on connaît le genre humain. Quelques représentants ayant la volonté d’aller plus loin que le peuple et les masses essayent de pratiquer les voies difficiles de la connaissance qui permettent de se rapprocher des secrets de la nature et l’univers. Et bien souvent, ce sont eux qui élèvent le niveau des populations en diffusant leurs connaissances et ce, depuis des millénaires.

Le dédoublement des discours, on peut le deviner dans la démarche de Michel Onfray qui n’ira pas se risquer à enseigner Platon ou Heidegger parce que sans doute, il ne peut pas comprendre ces auteurs et que d’autre part, son public ne serait pas aussi large. Onfray joue sur la fibre tellement humaine de l’homme que Nietzsche s’en détournerait. On retrouve un même schéma que pour l’Eglise. Un enseignement exotérique accessible à tous et populaire. Onfray est à son corps défendant un prédicateur laïque qui sait satisfaire ses ouailles en quête de foi philosophique et qui religieusement, l’écoutent lorsqu’il prononce ses conférences à l’université populaire. Il n’y a pas à condamner mais juste à mettre les choses à leur place. La philosophie populaire est distincte de la philosophie gnostique. Après, on pourra gloser et se demander avec Strauss s’il existe entre les deux une différence de genre et non de degré. Pourquoi Onfray n’enseigne pas Platon ou Heidegger ? Est-ce parce qu’il n’adhère pas aux options ontologiques qui s’y dessinent (monde intelligible, divin, Etre et étant…) ou parce qu’il ne les comprend pas ? Si une chose est certaine, c’est que si Platon, Plotin, Leibniz ou Heidegger doivent être compris, c’est en accordant aux choses qu’ils analysent une authenticité ontologique et non pas en les rejetant comme s’il s’agissait de concepts chimériques produits arbitrairement par l’imagination. Alors, il se peut bien que comme en matière de religion, la philosophie à contenu ésotérique nécessite une aptitude de la conscience pour accéder à une perception de la réalité ainsi qu’à une connaissance d’un type spécial (c’est ce que pensait Pierre Hadot en considérant les textes philosophiques antiques comme les témoignages d’un éveil spirituel). L’élève qui n’a pas encore accès à l’éveil pourra accorder un crédit aux écrits ésotériques en se disant que ces penseurs sont des voyageurs qui, à l’instar de Colomb et ses acolytes, ont découvert des choses. Ou à l’inverse suivre Onfray dont l’opinion à l’égard de la philosophie à contenu ésotérique est cohérente avec son approche du religieux. Elle est celle d’un docteur très instruit dans son champ mais aussi mécréant face aux champs dont il rejette la légitimité ontologique. Le mérite d’Onfray réside dans l’élaboration d’une contre-histoire de la philosophie qui met en avant l’un des deux genres de pensée, celui définissable comme prosaïque et profane, auquel on oppose les penseurs à visée ésotérique qui sont aussi les plus prestigieux, de Platon à Husserl et Heidegger en passant par Plotin, Avicenne, Ibn Arabî, les docteurs de la scolastique, Leibniz, Spinoza, Kant, Hegel et même Nietzsche.

Ce qu’il faut retenir de ces modestes réflexions, c’est que le dédoublement des connaissances va de pair avec d’une part deux genres de connaissance, une commune et l’autre réservée à une minorité (grandissante) et d’autre part, un dédoublement du réel attesté par le socle ontologique consigné par les écritures philosophiques et religieuses. Des textes reposant souvent sur des expériences où le « monde supratemporel de l’Esprit » entre en relation avec les consciences incarnées qui peuvent alors transcrire ce qu’elles ont perçu, compris, ressenti. En ce début de 21ème siècle, on doit rester attentif en convenant que la philosophie à contenu ésotérique n’est pas encore achevée et savoir lire correctement les écrits du passé pour mieux les dépasser. C’est du reste ce que fit avec une grande intelligence Heidegger. Auteur incontournable qui lui aussi, doit être dépassé.

Ces digressions n’ont aucun intérêt pour le profane mais le savant s’interroge et se demande si Platon a été parfaitement compris par la plupart des universitaires contemporains et des professeurs de philosophie. Je n’en suis pas si sûr. Cette remarque facétieuse permet de proposer une réponse à une question ici évoquée. La thèse d’un enseignement ésotérique de Platon ne tient pas mais on peut être plus certain d’une autre thèse qui suppose que très peu d’élèves de Platon l’avaient vraiment compris, voire même aucun !

 

2. La science exotérique et ésotérique au 21ème siècle 

la suite si ça vous intéresse....


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44 réactions à cet article    


  • Piere CHALORY Piere Chalory 11 mars 2013 11:01

    Bonjour Bernard Dugué,


    Vous faites bien de souligner l’évidence du double discours religieux, philosophique, etc, car il semble que ce double discours soit répandu absolument partout. Dans tous les domaines, il y a des initiés et des profanes. Même l’ouvrier qualifié connaît des secrets que nous ignorons.


    Quand à l’initiation ésotérique ou spirituelle ou philosophique ou ce que vous voudrez, pour qui que ce soit, elle ne fera que révéler, à la manière du bain des photos argentiques ce qui était déjà imprimé chez l’individu, latent.


    La ’’star académie’’ dogmatique, mathématique, autre, représentative d’un concept ’’humain’’, n’a pas encore inventé de Christ, de Marilyn Monroë ou de Jimi Hendrix. Croire qu’en s’inscrivant dans un mouvement intelligent vous élèvera à un statut supérieur, spirituellement s’entend, est un leurre.


    L’Univers qu’il soit visible ou invisible, et la physique quantique le ’’démontre’’ : / passé, futur, présent sont étroitement liés. C’est déjà une avancée énorme ; tout est dans tout, l’hologramme qui nous entoure finira t-il par avouer ses mensonges ?



    • Gollum Gollum 11 mars 2013 11:06

      Si une chose est certaine, c’est que si Platon, Plotin, Leibniz ou Heidegger doivent être compris, c’est en accordant aux choses qu’ils analysent une authenticité ontologique et non pas en les rejetant comme s’il s’agissait de concepts chimériques produits arbitrairement par l’imagination.


      C’est bien évident. Je rajoute qu’une telle attitude est une attitude d’humilité et de respect vis à vis du discours tenu. Et comme notre monde moderne (et tous ceux qui se réclament de son paradigme) est imbu de lui-même et de ses propres à priori, il ne peut que rejeter les « délires » des Anciens..

      Sinon il est vrai que les connaissances initiatiques doivent se protéger ou être protégées..
      Pourquoi ? Ben tout simplement parce qu’elles sont d’essence qualitative. La divulgation au plus grand nombre a pour fâcheux effet que le quantitatif, d’essence entropique, propre à la multitude, dégrade la doctrine.

      L’astrologie moderne est scindée en une multitude de courants qui se rejettent, courants défendus par des personnes dont les compétences sont sujettes à caution.
      La gnose s’est dégradée à notre époque en New Age, fourre-tout hétéroclite où une poule aurait du mal à retrouver ses petits..

      D’où la parole de l’auteur du Sepher Yetzirah : Malheur à moi si je parle (car mon discours sera perverti) et malheur à moi si je ne parle pas (car dans ce cas la doctrine restera stérile)

      • clostra 11 mars 2013 11:40

        Peut-on parler de dédoublement ?

        Dans la « marche de l’univers » qui nous suggère que partant d’un tout , celui-ci « explose » en multitude : ce qui nous manquerait dans ce schéma est la puissance du « pouvoir séparateur ».

        Ce qui signifie, en optique (que l’on pourrait généraliser à tous les sens y compris le plus suspect : l’intuition), que nous arriverions à voir ce qui ne peut l’être sans un entraînement.

        Exemple : je regadais hier un docu sur les serpents des Indes. L’observateur -à l’oeil nu - voyait attaque et morsure. Sa caméra perfectionnée (2500 images/seconde) lui a permis de constater bien autre chose, à condition de ramener son vidéoprojecteur à 24 images/seconde. Ce qu’il a vu était tout autre : certains serpents commenceraient par fuir.

        Entraînement, - on pense au discours par exemple - l’enfant commence par dire « ce qui lui passe par la tête », l’orateur fait bien plus et peut même se payer de faire en live de la rhétorique, pourvu qu’il est en tête là où il veut arriver et où il veut emmener son public.

        C’est peut-être là que se trouve le paradoxe : ce ne sont pas ceux qui jonglent avec les idées, la pensée qui atteignent nécessairement ce qu’ils cherchent, mais ceux qui ne chercheraient rien. On pense à la méditation, par exemple. Des expériences uniques, parfois incommunicables.

        « Heureux les pauvres en esprit car ils verront Dieu »


        • Rounga Roungalashinga 11 mars 2013 12:07

          Il serait intéressant d’étudier le lien entre la disparition des corporations et l’essor des sociétés maçonniques. En effet, ce que l’article ne dit pas, c’est que toute pratique traditionnelle contient plusieurs niveaux, accessibles par le pratiquant en fonction de sa maturation spirituelle, de sa progression vers l’Être. Cela est vrai aussi bien pour les religions que pour les arts martiaux, la peinture, les mathématiques et l’art japonais de servir le thé ! Ce que l’homme ordinaire perçoit habituellement, c’est uniquement la partie émergée de l’iceberg, mais il ignore qu’il existe une multitude d’autres niveaux. On peut schématiquement distinguer trois niveaux d’initiation : le niveau exotérique, le niveau mésotérique, et le niveau ésotérique (en japonais renshi, kyoshi, hanshi). Dans les sociétés corporatistes, tout individu d’une guilde pouvait s’accomplir en parvenant au sommet de son art, ce qui implique un accès à l’ésotérisme contenu dans sa discipline. La société était donc conçue de telle manière que tout individu pouvait devenir initié. Mais la disparition des corps de métiers, qui a été la première conséquence de la Révolution (loi Le Chapelier), a aboli cela, car l’individu citoyen, privé de maître et livré au Marché, devient un salarié, un instrument au service du capitaliste, et non pas une personne qui progresse dans son art, au sein d’un cercle. C’est l’une des considérations qui rendent très plausibles les théories dépeignant l’histoire moderne comme un acharnement des forces lucifériennes sur le monde chrétien traditionnel. Tout se passe en effet comme si le but de l’Histoire avait été de priver les hommes de l’accès à l’Être dont ils disposaient par l’art et l’artisanat, d’une part, et la religion d’autre part. Les seuls cercles « ésotériques » restants seraient satanistes, ce qui est identifiable au fait que ces société prétendraient dispenser un « savoir » réservé aux seuls initiés. Or, il n’y a pas de savoir supplémentaire dans l’ésotérisme par rapport à l’exotérisme. L’ésotérisme se trouve au coeur même de l’exotérisme. C’est la lettre volée : ce qui est « caché » est en fait exposé au vu et au su de tous, bien en évidence, mais l’homme ordinaire n’arrive pas à le voir. Il n’y a donc pas, surtout aujourd’hui où l’on trouve tout dans n’importe quelle bonne librairie, de corpus caché. Par conséquent, une confrérie ésotérique qui prétend prodiguer un « savoir » caché a de grandes chances d’être luciférienne, c’est à dire de détourner ses adeptes de leur relation fondamentale à l’Être. Et c’est probablement le cas de la Franc-Maçonnerie actuelle.


          • philouie 11 mars 2013 13:06

            tout à fait.
            il est plus question d’être que de savoir.

            « Connais-toi toi-même et tu connaitras les Dieux »
            .

            ce qui signifie clairement que nulle connaissance extérieure n’est a chercher.


          • L'enfoiré L’enfoiré 11 mars 2013 14:11

            Ce que j’ai traduit par « Connais l’homme pour mieux te connaitre ».

            Savoir avec quelles quilles ont joue, peut rassurer sur ses propres visions. 

          • Gollum Gollum 11 mars 2013 14:21

            Les seuls cercles « ésotériques » restants seraient satanistes, ce qui est identifiable au fait que ces société prétendraient dispenser un « savoir » réservé aux seuls initiés. 


            Je crois surtout au fait que les forces noires visent en priorité ce qui est censé apporter la Lumière afin de s’en emparer. C’est déjà net en ce qui concerne la FM qui s’est ouverte en 1717 à n’importe qui sans trop y regarder. Le Grand Orient est ainsi devenu le Temple du Rationalisme et du culte de l’Homme. Un comble pour une société initiatique ! Elle est devenue donc à la pointe du renversement des valeurs.
            Mais les Églises aussi ont vécu ce processus de dégradation et d’appauvrissement. 

            Or, il n’y a pas de savoir supplémentaire dans l’ésotérisme par rapport à l’exotérisme. L’ésotérisme se trouve au coeur même de l’exotérisme. 

            Un peu contradictoire dans les termes. S’il n’y rien de plus on se demande à quoi ça sert. Il y a ceux qui comprennent les textes par l’Esprit et ceux qui s’en tiennent à la lettre. Hors la lettre tue l’Esprit. C’est bien ce que reprochait le Christ aux Pharisiens : « Vous avez perdu les clés de la Connaissance. Non seulement vous n’êtes pas entré vous-même, mais ceux qui veulent entrer vous les en empêchez ». 

            Aujourd’hui au 21ème siècle rien n’a changé. Les clés sont toujours perdues et les prélats assis sur les clés de Saint-Pierre sont incapables d’ouvrir les portes.

            C’est la lettre volée : ce qui est « caché » est en fait exposé au vu et au su de tous, bien en évidence, mais l’homme ordinaire n’arrive pas à le voir. 

            Là je suis d’accord. Un bon exemple est la présence de symbolique astrologique au sein de l’Apocalypse. Le refus de cette symbolique par l’Église empêche d’en ouvrir les sceaux.

            Il n’y a donc pas, surtout aujourd’hui où l’on trouve tout dans n’importe quelle bonne librairie, de corpus caché. 

            Oui. 

            Par conséquent, une confrérie ésotérique qui prétend prodiguer un « savoir » caché a de grandes chances d’être luciférienne, c’est à dire de détourner ses adeptes de leur relation fondamentale à l’Être. Et c’est probablement le cas de la Franc-Maçonnerie actuelle.

            Certes mais pas plus que les partis politiques. Ceci dit il est vrai que la FM de par sa nature « discrète » peut favoriser des structures maffieuses qui se greffent dessus et la parasitent.
            Mais c’est la même chose en politique, dans le monde des affaires.

            De toute façon à notre époque bien peu de choses échappent à l’entropie du Kali Yuga.

            D’où l’importance de bien savoir où l’on met les pieds si on souhaite aller dans une structure collective. Personnellement je préfère faire cavalier seul afin d’éviter toute influence de nature affective susceptible de brouiller mon jugement. Du reste ces phénomènes d’entropie psychique sont bien plus virulents dans les groupes que si l’on est seul.

          • Rounga Roungalashinga 11 mars 2013 14:53

            Un peu contradictoire dans les termes. S’il n’y rien de plus on se demande à quoi ça sert.

            Effectivement, ça a l’air contradictoire dans les termes, mais uniquement dans les termes. Comme vous le disiez plus haut, l’ésotérisme est une affaire qualitative, et non quantitative. Par conséquent, celui qui a pénétré la dimension ésotérique ne possède pas un savoir de plus que celui qui en reste à l’exotérique, mais il a réussi à percer la profondeur de son savoir. Il sait mieux. D’ailleurs, nulle part dans la Tradition la culture n’est considérée comme une condition nécessaire à l’Illumination. On peut penser à Houei Neng, ou aux franciscains, qui n’apprennent rien de nouveau à partir du moment où ils rentrent dans les ordres.


          • L'enfoiré L’enfoiré 11 mars 2013 15:14

            Pourquoi croyez-vous que j’insiste quand je vois cela ?


          • Gollum Gollum 11 mars 2013 15:56

            Par conséquent, celui qui a pénétré la dimension ésotérique ne possède pas un savoir de plus que celui qui en reste à l’exotérique, mais il a réussi à percer la profondeur de son savoir. Il sait mieux. 



            D’accord mais il n’y a pas de qualitatif sans un minimum de quantitatif qui va avec. Celui qui sait de façon exotérique bien souvent sait mal. Un bon exemple est le bien heureux les simples d’esprit qui de façon mal comprise dégénère en « Vive les imbéciles » accompagné bien souvent d’un « A bas la culture » et qui est très différend d’un sens plus vrai qui est celui-ci : Bienheureux celui qui est simple en esprit car il va à l’Unité qui englobe et explique toutes choses.

            D’ailleurs, nulle part dans la Tradition la culture n’est considérée comme une condition nécessaire à l’Illumination. On peut penser à Houei Neng, ou aux franciscains, qui n’apprennent rien de nouveau à partir du moment où ils rentrent dans les ordres.

            Tout à fait vrai. Mais si l’illumination peut tomber sur n’importe qui il n’en reste pas moins vrai qu’il existe plusieurs voies différentes avec des outils qui ne sont pas les mêmes..

            Voie intellectuelle ou dévotionnelle, symbolique, gnostique, ésotérique, chevaleresque ou mystique.. chaque voie étant sensée correspondre à un type d’homme bien précis.

          • Furax Furax 11 mars 2013 15:58

            Bonjour Gollum
            "Le Grand Orient est ainsi devenu le Temple du Rationalisme et du culte de l’Homme. Un comble pour une société initiatique ! Elle est devenue donc à la pointe du renversement des valeurs.« 

            Ce qui fait que ce temple de l’athéïsme sénile et franchouillard n’est pas reconnu par la Grande Loge Unie d’Angleterre qui est la »Saint-Siège" de la Franc Maçonnerie

             smiley


          • Gollum Gollum 11 mars 2013 16:23

            Bonjour Furax. Oui tout à fait. 


            Sur la Maçonnerie je me sens moins catégorique que Rounga (d’où les moinssages massifs que je me prends dans la gueule..). Je connais mal ce monde là et je ne veux pas faire de jugements à l’emporte pièce. Je ne connais même pas le symbolisme maçonnique ce qui m’empêche d’avoir un jugement correct dessus. Je connais juste l’opinion de René Guénon qui est loin d’être négative même s’il l’a quitté rapidement. Il observait juste que les gens à l’intérieur de la Maçonnerie ne comprenaient plus le rituel (même dans les loges traditionnelles). Joseph de Maistre qui était un farouche contre-révolutionnaire fut maçon avant de quitter l’ordre. Je ne crois pas qu’il ait violemment critiqué la FM. Mais la Révolution, oui.

            En fait il n’y pas La Franc-Maçonnerie mais des FM diverses et variées, qui vont des loges ésotériques fidèles au rituel en passant par les loges filles des Lumières à fond (et que je déteste bien évidemment) et sans doute des loges gangrenées par la maffia et des forces pas très claires..

          • Neymare Neymare 11 mars 2013 16:31

            @Furax

            La franc maçonnerie n’est pas athée, il était meme exigée par le passé pour y adhérer d’etre croyant


          • Furax Furax 11 mars 2013 16:36

            Neymare,
            Sauf le Grand Orient, cher à nos « gouvernants » smiley qui refuse toute allusion à l’Etre Suprême !


          • Neymare Neymare 11 mars 2013 16:55

            @Furax
            Je ne savais pas. Il est vrai que la FM du fait de sa perte de vitesse ratisse large en terme de recrutement, donc y compris chez les athées en recherche de spiritualité (ou de mystère, ou d’autre chose).


          • Rounga Roungalashinga 11 mars 2013 16:59

            Sur la Maçonnerie je me sens moins catégorique que Rounga


            Notez bien que j’ai écrit : « la Franc-Maçonnerie actuelle ». Je ne vise pas les multiples branches historiques qui ont accueilli Kipling, de Maistre, Saint-Martin, sans doute dignes d’estime, mais bien la Franc-Maçonnerie de Peillon, Bauer, Fabius, etc. qui poursuit l’oeuvre anti-chrétienne commencée à la Révolution.


          • Gollum Gollum 11 mars 2013 17:09

            mais bien la Franc-Maçonnerie de Peillon, Bauer, Fabius, etc. qui poursuit l’oeuvre anti-chrétienne commencée à la Révolution.


            Là dessus je suis tout à fait en phase avec vous. Malheureusement ces nuances échappent à beaucoup.

          • La mouche du coche La mouche du coche 11 mars 2013 18:27

             Hugh ! Roungalashinga écrit d’excellents commentaires. Pourriez vous en faire des articles ? Je n’ai pas bien compris la distinction entre corporations au savoir caché, et la Franc - Maçonnerie qui a a aussi un savoir caché et que vous ne semblez pas prendre en bonne part. Pourquoi cela ?


          • Rounga Roungalashinga 12 mars 2013 01:11

            Roungalashinga écrit d’excellents commentaires. Pourriez vous en faire des articles ?

            Ce n’est pas la première fois qu’on me dit ça. Ca me fait très plaisir, mais je suis trop paresseux pour écrire des articles. C’est que j’ai le sens du travail bien fait, donc un article, ça me prendrait des heures et des heures de boulot, contrairement à la plupart des rédacteurs du site qui en prennent une tout au plus. Ce n’est donc pas dans mes priorités pour le moment. Un jour, peut-être...Pour le moment, je préfère me contenter de commentaires spontanés.

            Je n’ai pas bien compris la distinction entre corporations au savoir caché, et la Franc - Maçonnerie qui a a aussi un savoir caché et que vous ne semblez pas prendre en bonne part. Pourquoi cela ?

            En fait je récuse cette notion de « savoir caché ». Elle laisse entendre que si l’on entre dans une confrérie ésotérique, on va nous fournir une connaissance qui va nous donner la vérité sur les buts ultimes de la vie. Une phrase du genre « la vie, c’est... », « la mort, c’est... », qu’on reconnaîtrait immédiatement pour vraie et qui bouleverserait notre manière de concevoir notre existence une fois qu’on l’a entendue, et bien entendu qu’on se garderait bien de divulguer par la suite. Même si certaines sectes proposent des explications de ce genre, il s’agit de contenus de foi, et en aucune manière d’un savoir positif (tel que « l’eau bout à 100°C, par exemple). On peut tout à fait récuser ces contenus de foi à l’aide d’autres contenus de foi (par exemple : »les hommes ne vont pas au Paradis ou en Enfer après la mort, car ils se réincarnent en un autre être vivant« ), et ce qui influence réellement notre rapport à l’existence, c’est la manière dont nous accordons de l’importance à un contenu de foi particulier. Par conséquent, si en entrant dans une société secrète on m’apprend que la vérité, c’est Matrix, à moins qu’ils me fournissent la pilule bleue rien ne m’oblige à y apporter un crédit qui me transformerait de l’intérieur. Donc il n’existe aucun »savoir caché" de ce genre, d’autant plus que si il en existait, plus d’un auraient vendu la mèche !
            Là où commence l’ésotérisme, c’est lorsque quelque chose nous transforme de l’intérieur et nous met en relation avec ce que nous sommes au plus profond de nous. Il s’agit d’une expérience, et ce n’est pas un savoir qui peut nous la procurer. En revanche, certaines attitudes, certains exercices, et certaines croyances peuvent orienter le pratiquant dans une direction qui l’amènera à connaître cette expérience. Au niveau de l’art ou de l’artisanat, il s’agit de mettre dans sa création quelque chose qui soit profondément personnel. Bien sûr, cela ne peut se faire qu’après avoir acquis un savoir-faire par une pratique assidue (ce que les chinois appellent...kung fu). Il est à noter également que le mouvement répétitif peut très bien être l’occasion d’engager tout son être dans chacun des gestes qu’on effectue, coup d’aiguille après coup d’aiguille, coup de ciseau après coup de ciseau. Cette conception est encore très présente au Japon. En ce qui concerne les exercices, on peut penser à la prière, la méditation, ou la répétition de prières, ou de mantras. Et pour la croyance, cela peut résider dans la manière dont nous sommes transformés intérieurement en accordant une foi totale à un dogme, ou alors dans la dévotion que l’on exprime lorsqu’on s’adresse à la divinité. Voilà tout l’ésotérisme, c’est très simple à raconter, mais très difficile à mettre en pratique, car nous sommes des êtres qui avons accumulé un certain nombre de blocages psychiques et dont l’esprit est parfois trop compliqué pour comprendre les choses les plus simples. Nous sommes déchus.
            Vous voyez donc bien que de mon point de vue, l’ésotérisme ne réside nullement dans un savoir, mais dans une expérience intérieure. Je considère donc ceux qui prétendent le contraire comme des imposteurs. Et j’espère que mon explication sur l’ésotérisme présent dans l’artisanat peut vous faire comprendre en quoi les corporations et le compagnonnage, ne dispensant aucun autre savoir que le savoir-faire, étaient des cercles où une expérience ésotérique pouvait se produire. Cela dit, il ne faudrait pas non plus imaginer que dans l’Ancien Régime tous les ouvriers avaient un haut niveau spirituel. L’ésotérisme concerne en général 1% des individus.

            J’espère que cela a répondu à vos questions.


          • La mouche du coche La mouche du coche 12 mars 2013 07:38

            Merci beaucoup de votre éclairage qui me paraît venir de la « pensée juste » dont parle le Bouddha. Votre vision rejoint un peu la mienne quand je disais à Machiavel sur AVox.tv que finalement, la meilleure manière de lutter contre la société marchande était de faire des prières (!) . Elles videraient l’esprit et nous empêcheraient rien que par manque de temps d’écouter ou de lire les conneries de la télé ou des journaux . Le problème évidemment est que nous ne savons plus prier parce que comme vous dites si bien, nous sommes déchus. Triste est notre condition. smiley 


          • philouie 11 mars 2013 12:58

            Il n’y a pas tant un double discours, qu’une double écoute : ceux qui entendent et les sourds.

            Ainsi la lecture de Nietzsche par Onfray, qui surfe sur sa superficie sans jamais pénétrer sa profondeur.


            • philouie 11 mars 2013 13:02

              Il faut conclure de ça, c’est qu’il N’Y A PAS d’enseignement ésotérique, c’est une supercherie.

              il y a dévoilement, c’est à dire médecine pour les yeux ou pour les oreilles.


            • Gollum Gollum 11 mars 2013 13:47

              Voici ce que nous dit Nietzsche de l’ésotérisme dans Par delà Bien et Mal, paragraphe 30 :


              « Nos vues les plus hautes doivent forcément pa­raître des folies, parfois même des crimes, quand, de façon illicite, elles parviennent aux oreilles de ceux qui n’y sont ni destinés, ni prédestinés. L’exotérisme et l’ésotérisme, — suivant la distinction philosophique en usage chez les Hindous, les Grecs, les Persans et les Musulmans, bref partout où l’on croyait à une hiérarchie et non pas à l’égalité et à des droits égaux — ces deux termes ne se distin-guent pas tant parce que l’Exotérique, placé à l’extérieur, voit les choses du dehors, sans les voir, les apprécier, les mesurer et les juger du dedans, mais par le fait qu’il les voit de bas en haut, — tandis que l’Ésotérique les voit de haut en bas. » 

              J’ai un peu de mal avec votre critique de l’ésotérisme. Surtout de la part d’un musulman quand on sait l’importance de l’ésotérisme musulman.

            • philouie 11 mars 2013 14:25

              Il n’a pas de ma part de critique de l’ésotérisme. (même si un grand nombre de musulman le récuse, ce n’est pas mon cas)

              Mon propos est simplement de dire qu’il n’est pas question de connaissance mais de vue.


            • ffi ffi 11 mars 2013 15:50

              Nietsche confond entre pensée exotérique / ésotérique et pensée analogue / catalogue.
              N’a-t-il jamais fait du grec, Nietzsche ?

              Peut-être que cela revient au même au final. C’est toujours le même problème avec Nietzsche : il affirme catégoriquement des choses sans jamais les démontrer. En tout cas, il dit clairement que, pour lui, l’ésotérisme, c’est se penser tout en haut et regarder tout en bas. C’est donc d’une certaine manière se substituer à Dieu.
               
              En fait, seules les pensées analogiques (ana -> de bas en haut en grec) ont réellement porté des fruits en matière de savoir, du moins pour ce qui concerne son extension. Les pensées catégoriques (cata, de haut en bas en grec) ont toujours finit par former des systèmes clos dont les gens n’arrivaient plus à s’extraire mentalement, bloquant in fine les progrès.

              Mais c’est vrai que les gens qui restent toujours dans l’entre-soi finissent souvent par élaborer une pensée particulièrement catégorique, les rendant assez rapidement hermétique à toute discussion. Nietzsche n’a donc peut-être pas tout-à-fait tord dans sa réflexion, mais le sujet mériterait d’être développé.


            • Gollum Gollum 11 mars 2013 16:05

              c’est se penser tout en haut et regarder tout en bas. C’est donc d’une certaine manière se substituer à Dieu. 
               


              M’enfin ffi... Saint Jean de la Croix dit exactement la même chose quand il dit que l’on ne peut connaître les créatures qu’en passant par le Créateur.. Lui aussi se place au sommet afin de redescendre et d’éclairer ainsi ce qui est en bas..

              Ceci dit je vous accorde que Jean de la Croix est lui bien allé en haut alors que Nietzsche s’est scratché en flamme..

              Et je vous accorde aussi que Nietzsche est un bouillon explosif bien souvent contradictoire. Il y a quand même chez lui des éclairs de fulgurance tout droit sorti des mondes d’en haut qu’il n’a pas su percevoir consciemment.

            • Neymare Neymare 11 mars 2013 17:03

              Quand vous etes tout en haut vous etes aussi forcément tout en bas : on ne peut connaitre Dieu sans connaitre le « diable » (au sens figuré pour ce dernier), car tout est en un, le meilleur comme le pire. L’expérience divine comme l’a racontée Aurobindo passe par une phase d’élévation mais également par une phase de descente dans la totalité de la nature humaine.
              Comme la nature divine, toute la nature humaine (qui est aussi divine si l’on considère l’Unique comme unique) est comprise dans l’homme : en nous sommeille (ou pas) le meilleur saint comme le pire psychopathe


            • Gollum Gollum 11 mars 2013 17:30

              A ffi : je ne suis pas vraiment d’accord avec la définition que vous faites de l’analogie. Je ne suis pas spécialiste en grec mais le Larousse indique bien qu’il s’agit de choses semblables. Il n’y a donc pas de notion de haut et de bas.


              Sinon j’approuve totalement le raisonnement par analogie. C’est le mode de raisonnement utilisé en ésotérisme. Tout ce qui est haut est comme ce qui est en bas. Principe de similitude des choses. Un ésotériste déduira du fer, métal sous l’égide de Mars, des correspondances qu’il ira prendre dans la mythologie d’Arès.. 

              L’Or métal en correspondance avec le Soleil est un métal lumineux, couleur du Soleil, et dont les propriétés sont le reflet de la symbolique solaire : grande résistance aux acides, reflet de la « force » du Soleil..

              Alors que les catégories charcutent le réel en enfermant les choses dans des petites cases, que précisément la pensée analogique et symbolique brise.

            • Gollum Gollum 11 mars 2013 17:42

              A Neymare : c’est ce que nous dit Goethe à la fin du Faust quand il proclame (de mémoire) : Descends dans les profondeurs.. J’aurai pu dire monte dans les hauteurs. C’est tout un.


              Mais ce genre de pensée paradoxale n’est pas prisée par certains..

              On peut rajouter cette phrase de l’Hindouisme : le Seigneur n’accepte ni les péchés, ni les vertus. C’est ce qui trompe les mortels. smiley

            • Neymare Neymare 11 mars 2013 18:20

              @Gollum
              La Connaissance est connaissance totale, aussi bien de ce qui est en haut que ce qui est en bas, de ce qui est bien, de ce qui est mal. De meme que l’ontogenèse récapitule la phylogenese en biologie, de meme tout est en nous en tant qu’espèce : nous sommes le meme organisme qui est apparu sur terre il y a 3 milliards d’années en tant qu’unicellulaire, il n’y eu aucune discontinuité depuis cette époque, juste des transformations. La totalité de cette histoire ainsi que de nos penchants, bons ou mauvais se trouve dans notre mémoire collective.


            • ffi ffi 12 mars 2013 03:58

              @Gollum :
              préfixes en grec :
              ana- : mouvement de bas en haut.
              cata- : mouvement de haut en bas.

              Une analogie est un mouvement de la pensée qui consiste à considérer deux singularités contingentes puis à s’élever par-dessus pour en considérer les concordances, les similarités. Bref, deux existences analogues permettent, par l’abstraction, de leur imaginer une essence commune. Ainsi, prendre deux hommes en ce qu’ils ont d’analogue permet d’imaginer ce qu’est l’humanité.

              Dans la pensée grecque (au moins chez Aristote), l’essence est en haut, l’existence est en bas.

              Les catégories d’Aristote (cata + agorein = de haut en bas + parler) font découler de l’essence toutes les existences, l’Un tout en haut, le Multiple tout en bas. C’est le classique arbre hiérarchique que l’on retrouve partout en informatique ou en biologie.

              Par conséquent, on remonte de l’existence (contingente) à l’essentiel (universel) par analogie ; Quant au système catégorique, il permet, à partir de l’essentiel (universel), de déduire les existences (contingentes).
               
              Notez cependant que Nietzsche dit le contraire de vous :
              « l’Exotérique [...] voit de bas en haut, — tandis que l’Ésotérique [...] voit de haut en bas ».

              L’exotérique, pensée analogique ; l’ésotérique, pensée catalogique.

              L’exotérique, regarde vers le haut, il se considère tout en bas et regarde Dieu qui est au-dessus de lui : il se place dans un mouvement ascendant.
              L’ésotérique, regarde vers le bas, il se considère tout en haut et regarde Dieu qui est au-dessous de lui : il se place dans un mouvement descendant.

              C’est ce que dit Nietzsche dans l’extrait que vous citez.


            • ffi ffi 12 mars 2013 04:40

              Correction (ce que dit Nietzsche) :
              L’exotérique [...] se place dans une perspective ascendante (extraspection, de la partie vers le tout)
              L’ésotérique [...] se place dans une perspective descendante (introspection, du tout vers la partie).
               
              D’autre part, ce double point de vue, toujours possible, s’applique bien à la thématique ici posée du dédoublement des discours, de cette double perspective quant au savoir.

              Soit on considère ne pas posséder pas le savoir, et on cherche à l’acquérir (de bas en haut).
              Soit on considère déjà le posséder, et on cherche à en déduire (de haut en bas).

              Pour introduire un concept que le béotien ignore (concept = cum captare en latin = prendre ensemble), il s’agit de faire oeuvre de pédagogie, en lui faisant sentir les analogies à la base du concept, de manière à ce qu’il puisse le construire intellectuellement : on place le débutant dans une perspective ascendante (c’est un élève).

              Mais quand deux spécialistes déjà instruits d’un concept vont utiliser celui-ci dans un échange intellectuel, ils vont dialoguer sur ce qu’il permet d’en déduire. Le maîtrisant chacun, ils sont dans une perspective descendante, selon un processus de déduction.


            • ffi ffi 12 mars 2013 04:50

              La pédagogie en christianisme : Au départ, l’élève est en bas, le maître est en haut.
              Le maître s’abaisse au niveau de l’élève (il lui « lave les pieds »), initie un mouvement ascendant chez l’élève puis l’accompagne jusqu’à la maîtrise du savoir.


            • Gollum Gollum 12 mars 2013 12:23

              Une analogie est un mouvement de la pensée qui consiste à considérer deux singularités contingentes puis à s’élever par-dessus pour en considérer les concordances, les similarités. Bref, deux existences analogues permettent, par l’abstraction, de leur imaginer une essence commune. Ainsi, prendre deux hommes en ce qu’ils ont d’analogue permet d’imaginer ce qu’est l’humanité.

              Définition Larousse :  Rapport de ressemblance partielle et non essentielle entre deux choses.

              Synonymes affinitéassociationcomparaisonconcordancecorrespondancemétaphore

              Il n’y a donc pas forcément une remontée aux essences. Dans mon exemple sur l’or, métal mis en analogie avec le Soleil, c’est la perception immédiate de la couleur qui est comme celle du Soleil qui fait que la correspondance a été faite.. Bon il est vrai qu’il y a un minimum de remontée à l’essence « couleur » pour faire cette correspondance. Et donc un minimum d’abstraction.

              Dans la pensée grecque (au moins chez Aristote), l’essence est en haut, l’existence est en bas.

              Il n’y a pas que pour les grecs.

              Les catégories d’Aristote (cata + agorein = de haut en bas + parler) font découler de l’essence toutes les existences, l’Un tout en haut, le Multiple tout en bas. C’est le classique arbre hiérarchique que l’on retrouve partout en informatique ou en biologie.

              D’accord. Une catégorie regroupe des éléments qui ont au moins un point commun. La rationalité est beaucoup plus présente que dans l’analogie qui est de l’ordre de l’onirique.

              La catégorie des mammifères regroupe les animaux à mamelles. Il y a un lien logique.

              L’or métal solaire crée un lien intuitif, illogique. Lien voulu par l’ésotérisme qui proclame d’avance l’Unité de toutes choses.

              Par conséquent, on remonte de l’existence (contingente) à l’essentiel (universel) par analogie ; 

              Ok. L’analogie faite par un ésotériste entre la Lumière, le Soleil, l’Or, Dieu, le Roi, permet de remonter aux attributs divins. On part d’en bas pour remonter en haut, mais on suppose ce haut.

              Quant au système catégorique, il permet, à partir de l’essentiel (universel), de déduire les existences (contingentes).

              Notez cependant que Nietzsche dit le contraire de vous :
              « l’Exotérique [...] voit de bas en haut, — tandis que l’Ésotérique [...] voit de haut en bas ».

              Non il ne dit pas le contraire. C’est vous qui comprenez mal. Quand je fais un lien entre l’Or et le Soleil, c’est par un présupposé de l’Unité de toutes choses. C’est ce présupposé qui est le point de vue d’en haut que l’ésotériste, qui est en effet en bas, postule. Et c’est par cette Unité postulée que le lien est fait entre le Soleil et l’Or, ce qu’un scientifique refusera toujours.

              Et une personne de mentalité exotérique aussi.

              L’exotérique, pensée analogique ; l’ésotérique, pensée catalogique.

              C’est exactement l’inverse. L’ésotériste raisonne par analogie en postulant Dieu et une Unité globale des choses. L’exotérisme fait des catégories logiques.

              L’exotérique, regarde vers le haut, il se considère tout en bas et regarde Dieu qui est au-dessus de lui : il se place dans un mouvement ascendant.

              On ne voit pas quel mouvement ascendant il pourrait y avoir. Vous avez plusieurs fois postulé une quasi totale séparation entre Dieu et sa Création. 

              L’ésotérique, regarde vers le bas, il se considère tout en haut et regarde Dieu qui est au-dessous de lui : il se place dans un mouvement descendant.

              Vous êtes dans la confusion la plus totale. L’ésotériste postule un Haut qu’il essaye de rejoindre par la pensée analogique et les lois de correspondances. Baudelaire l’exprime très bien d’ailleurs dans plusieurs de ses poèmes. Et il ne regarde pas Dieu en dessous de lui. Il s’agit ici d’une hérésie complète.. Enfin l’ésotérisme suppose un minimum d’inspiration divine afin de percer l’essence des choses. Cette essence est par nature cachée.

              Exemple : Toute dualité apparente révèle une quaternité cachée. L’exotériste en restera à la dualité et ne verra pas de lien entre 2 et 4. Le Taoïsme, doctrine ésotérique, fait ce lien par le germe caché au sein d’un pôle apparent. Voir l’emblème du Taï Chi. Le petit point de couleur opposé à l’ensemble global dans lequel il se trouve est le germe caché. 

              L’exotériste s’en tient au sens apparent des Écritures, au sens trivial et ignore la symbolique. 

              D’autre part ce sens trivial est le même pour tout le monde avec un refus que d’autres personnes soient favorisées de lumières spéciales. Il s’agit clairement d’une doctrine démocratique, au fond d’essence matérialiste...

            • ffi ffi 12 mars 2013 13:34

              Désolé, mais je crois que vous vous trompez...
              Nietzsche dit bien : « l’Exotérique [...] voit de bas en haut, — tandis que l’Ésotérique [...] voit de haut en bas ».

              Pour moi, ce sont les pensées ésotériques qui ont besoin des catégories hiérarchiques et logiques (cf le Timée de Platon). Cette hiérarchie logique se décline également dans l’organisation des groupes ésotériques et les maîtres y sont sans conteste au-dessus des apprentis (il n’y a pas d’égalité devant Dieu, les maîtres se considèrent comme les élus). Du fait de cette supériorité, ils ont droit à un savoir auquel les apprentis n’ont pas droit.
               
              Il me semble que vous croyez que le recours aux symboles est le propre de l’ésotérisme.
              Mais, sur ce point, vous vous trompez totalement.

              L’analogie de l’ordre de l’onirisme ? Pas forcément.
              Par exemple, toute la théorie de la conduction électrique fut faite par analogie avec celle de la conduction thermique. En science, le recours à l’analogie est fréquent.
               
              L’analogie, c’est ce qui permet de créer des concepts. On prend deux choses qui existent, on regarde leur similarité, on y enlève tout ce qui est accidentel pour aller à l’essentiel. Ainsi, grâce à l’analogie, on a construit une catégorie.

              Je prend deux êtres humains concrets, je considère tout ce qui est similaire, et j’approche donc ainsi ce qu’est l’humanité.

              Vous pouvez rapprochez ma position sur ce sujet de celle d’Abélard lors de la querelle des universaux (conceptualiste).

              La pensée a besoin des deux mouvements :
              L’analogie pour étendre les connaissances et construire des catégories nouvelles.
              Les catégories pour déployer la connaissance actuelle par la logique.


            • Gollum Gollum 12 mars 2013 14:52

              Désolé, mais je crois que vous vous trompez...
              Nietzsche dit bien : « l’Exotérique [...] voit de bas en haut, — tandis que l’Ésotérique [...] voit de haut en bas ».

              Oui. Mais Nietzsche dit bien l’ésotérique et non pas l’ésotériste. L’ésotérique dans son discours veut dire ésotérisme en tant que façon de voir qui voit bien en effet de Haut en Bas. Le global d’abord, le local ensuite. L’ésotériste, lui qui est en bas, ne peut pas avoir un accès au point ultime des choses et progresse donc du Bas vers le Haut de proche en proche. Mais avec des postulats déjà donnés.


              Pour moi, ce sont les pensées ésotériques qui ont besoin des catégories hiérarchiques et logiques (cf le Timée de Platon). Cette hiérarchie logique se décline également dans l’organisation des groupes ésotériques et les maîtres y sont sans conteste au-dessus des apprentis (il n’y a pas d’égalité devant Dieu, les maîtres se considèrent comme les élus). Du fait de cette supériorité, ils ont droit à un savoir auquel les apprentis n’ont pas droit.
               
              Il n’y a pas de différences par rapport à un prof de médecine enseignant à ses étudiants. Je ne vois pas où est le problème.. Quant aux maîtres qui se considéreraient comme des élus, il s’agit pour moi d’une déviation. Et les apprentis ne resteront pas apprentis. Il y a groupe ésotérique et groupe ésotérique. Certains sont authentiques, d’autres non.


              Il me semble que vous croyez que le recours aux symboles est le propre de l’ésotérisme.
              Mais, sur ce point, vous vous trompez totalement.

              Sans doute, mais il n’en est pas moins vrai que la symbolique est très pauvre dans les Églises exotériques. J’y vois d’ailleurs plus une acceptation, malgré elles, de ce symbolisme que d’un intérêt réel. Alors que c’est le langage privilégié des ésotérismes en général.

              L’analogie de l’ordre de l’onirisme ? Pas forcément.
              Par exemple, toute la théorie de la conduction électrique fut faite par analogie avec celle de la conduction thermique. En science, le recours à l’analogie est fréquent.

               
              Tout à fait. Rutherford quand il a fait son modèle atomique l’a fait en analogie d’avec le système solaire. Mais cela s’arrête là. L’ésotérisme y verrait une loi générale due à l’Unité profonde de l’Univers. Le scientifique y voit juste une commodité.


            • ffi ffi 12 mars 2013 16:29

              Notez également, que ce n’est parce que l’on a fait une analogie, comme celle qui concerne la couleur de l’or et du soleil dans votre exemple précédent, que celle-ci a du sens. Une analogie peut être superficielle et peu créative en matière d’intelligence, elle peut mener à des confusions et à des amalgames.

              Personnellement, je ne vois qui soutiens l’analogie de Rutherford en physique.

              D’autre part, il faudrait s’entendre aussi sur ce qu’est un symbole.
              Un symbole, c’est d’abord un signe de reconnaissance, conventionnel, pour signifier l’appartenance à un groupe (c’est une sorte de mot de passe).

              Les symboles ne concernent donc pas tant l’intelligence rationnelle des choses,
              que l’intelligence sociale des appartenances.

              Une école ésotérique est prolifique en symboles, car il lui faut déjà se rendre distincte de l’extérieur, mais il lui faut encore rendre distinct les divers grades en son sein, ce qui exige à chaque fois un symbole.


            • ffi ffi 12 mars 2013 16:36

              Correction : Personnellement, je ne vois rien qui soutiens l’analogie de Rutherford en physique.

              Si elle avait été fondée, tout ce serait parfaitement emboité, nous aurions eu accès à la trajectoire et à la position des électrons. Nous en aurions déduit tout un tas de chose qui aurait été retrouvées par l’expérience. Or, l’expérience n’a pas confirmé ce modèle, d’où la MQ.


            • robin 11 mars 2013 13:17

              1 jean 5-19 : « le monde entier git au pouvoir du diable » or DI - ABLE veut dire littéralement double langage.


              • ffi ffi 12 mars 2013 05:02

                Non, diable vient du grec diaballein ; dia « au travers », ballein « jeter, mettre » (la balle, c’est ce que l’on jette).

                Donc, littéralement, le diable, c’est celui qui « jette à travers », celui qui te met des bâtons dans les roues pour te faire chuter.

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