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Accueil du site > Actualités > Religions > Des racines soi-disant religieuses de l’Europe

Des racines soi-disant religieuses de l’Europe

La laïcité est en danger au nom d’une histoire recomposée.

Le sujet est récurrent. Les Eglises en tout genre, à commencer par l’Eglise catholique romaine, veulent voir reconnaître les "racines chrétiennes de l’Europe". Une telle reconnaissance n’aurait qu’un seul objectif : permettre le retour dans la sphère politique de la religion par la fenêtre après qu’elle en eut été expulsée par la porte (en France, en 1905). Le rêve de certains, comme Sa Majesté Impériale Nicolas Sarkozy ou le pape Benoît XVI, est de faire de l’Europe de nouveaux Etats-Unis où les religieux finissent par avoir un pouvoir presque aussi grand qu’en Iran, même si ce pouvoir est informel aux Etats-Unis et légal en Iran. Les dossiers sensibles pouvant être impactés sont nombreux : de l’IVG et de la recherche génétique à l’égalité des sexes.

Alors, qu’en est-il de ces fameuses racines ? Revenons quelques siècles en arrière.

L’Empire romain a conquis l’essentiel des zones peuplées de ce que nous appelons aujourd’hui l’Europe (Toute ? Toute, même si certains villages résistent encore et toujours à l’envahisseur) ainsi que l’arc méditerranéen. Les Romains pratiquent alors la Pax Deorum (Paix des Dieux) et absorbent toutes les religions des zones conquises. Lors de l’Empire, la déesse égyptienne Isis devient plus célébrée que les dieux classiques issus de la colonisation grecque du sud de l’Italie. Il est vrai que les Romains, peu poètes, possédaient jadis des dieux peu définis, les Numina, et que leur premier acte de Paix des Dieux a été d’annexer l’Olympe... Un bon exemple littéraire de la présence d’Isis à Rome est le célèbre Âne d’Or d’Apulée (excellent livre comique que je vous conseille, d’ailleurs) où la déesse égyptienne sauvera le héros à la fin.
Généralement, cela se passe bien. Il y a bien quelques soucis par-ci par-là lorsque telle secte (notamment d’un culte oriental) obtient un pouvoir un peu trop important et qu’une révolution de palais déclenche une extermination des sectateurs. Mais, globalement, ça se passe bien.
Evidemment, les différents peuples gardent leurs propres dieux tout en étant conquis. C’est notamment le cas des Celto-Germaniques qui possèdent une déesse mère essentielle, Birgit, plus importante que le dieu prédominant, Lug. L’agrandissement de l’Empire et sa décadence a d’ailleurs entraîné la promotion de généraux et de hauts fonctionnaires non romains au sens de "originaires de Rome" : des Gaulois, des Egyptiens, des Francs...
Vous noterez que nous avons déjà mentionné en quelques lignes deux déesses importantes : Isis et Birgit.

Et puis voilà que débarque une religion à portée universelle et exclusive. Voilà des soldats qui refusent d’honorer tous les dieux de l’Empire, à commencer par l’Empereur, c’est-à-dire l’Empire personnifié. Inacceptable. Séditieux.
Les chrétiens - vous les aurez reconnus - sont évidemment persécutés.

Mais les Empereurs romains croient sans doute autant à chaque dieu que Karl Marx pouvait croire à l’Immaculée Conception. Ce qui importe pour eux, c’est l’unité de l’Empire. Or, la religion est un ciment essentiel. C’est parce que l’on prie partout dans le cadre de la Pax Deorum que l’Empire tient plus ou moins.
Le problème, c’est que les chrétiens prennent de l’importance, malgré les persécutions.

Alors vient l’impensable : Constantin proclame en 313 l’Edit de Milan qui autorise le christianisme. En 380, Théodose proclame l’Edit de Thessalonique qui rétablit l’unité religieuse de l’Empire sous la férule du christianisme.

Oui mais...

L’unité du christianisme, tout comme l’unité de l’Eglise, est une fable. Ce qui compte, c’est l’unité de l’Empire. Alors les divergences entre catholiques, ariens (disciples d’Arius, à ne pas confondre avec "aryens"), monophysites, nestoriens et autres, ça ne peut pas durer. D’où le premier Concile de Nicée, en 325, convoqué par l’Empereur Constantin (et pas par un pape). Constantin obtient la création d’un christianisme officiel, l’Eglise catholique romaine. Et il est heureux.

Les guerres de religions sont généralement, à cette époque, des guerres entre peuples. Ainsi, pour se rallier les Gaulois catholiques à sa guerre contre les Wisigoths ariens, le roi franc Clovis épouse une princesse gauloise catholique et finit par se convertir. Clovis réutilise le même truc que les Romains : l’unité politique par l’unité religieuse de son royaume.

La victoire finale du catholicisme relève essentiellement du hasard : ceux qui ont choisi cette version du christianisme ont gagné sur ceux qui avaient fait d’autres choix. La bénédiction divine, sans doute...

Cette unité de l’Empire, socle de l’Europe, par la religion catholique fait-elle de celle-ci une racine de l’Europe ? Il serait plus juste de dire que c’est l’inverse...

En effet, le catholicisme a été créé à des fins politiques. Il intègre beaucoup d’éléments qui n’ont rien à voir avec le christianisme d’origine. Beaucoup de saints sont en fait d’anciens dieux païens, beaucoup de temples sont devenus des églises, et beaucoup de déesses ont été rhabillées. Et la question de la Trinité ou celle de l’Eucharistie ne sont pas les moindres des difficultés qui auront de nombreuses interprétations selon les diverses Eglises.
L’exemple le plus frappant de rupture entre le christianisme originel et le catholicisme est celui du rôle de la Vierge Marie. Regardez les Evangiles. Au mieux, Jésus insiste pour que Marie aille s’occuper de ses casseroles et le laisse faire son boulot de prophète. Au pire, elle n’existe même pas durant l’essentiel du texte. Jamais elle n’aura un rôle sensible. La femme qui est présente lors de la résurrection, ce n’est pas Marie mais... Marie-Madeleine, la seule disciple femme à suivre Jésus. Alors pourquoi Marie obtient-elle un statut si privilégié dans les siècles postérieurs ? Parce que les catholiques avaient un besoin marketing d’avoir une consolatrice féminine à opposer à Birgit, Isis et leurs copines... Le rôle prédominant de Marie est simplement lié aux rôles essentiels, dans l’Empire, de celles qu’elle doit remplacer. Marie est mère. Elle est plus présentable qu’une Marie-Madeleine ancienne pécheresse tenancière de caravansérail. Marie est une femme soumise et aimante. Marie-Madeleine n’hésite pas à l’ouvrir. Le choix est vite fait entre les deux...

Dire que l’Europe a des racines religieuses, c’est soit une lapalissade sans intérêt si on intègre toutes les religions de tous les peuples européens, soit un mensonge si on restreint au seul christianisme.

Dire que le catholicisme et ses dérivés (orthodoxie, protestantisme) ont des racines européennes est par contre exact. Et, quelque part, c’est la culture européenne, avec ses mythes et ses légendes, qui a conquis le monde lorsque l’Eglise a envoyé ses missionnaires...


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75 réactions à cet article    


  • La Taverne des Poètes 16 septembre 2008 10:07

    Si les racines de l’Europe étaient religieuses, il faudrait s’empresser de les couper !
    A bas les religieux qui veulent imposer leur croyances archaïques à la place de la Raison et à notre République !

    Chassons la publicité des cultes de la télévision publique, chassons les signes religieux des lieux publics, cessons de financer les cultes avec l’argent public !

    A bas les religieux non "positifs" ! Chassons l’infâme !


    • Traroth Traroth 16 septembre 2008 18:51

      Le problème, c’est que les références de Sarkozy s’arrêtent en 1789. Il n’a pas saisi les événements qui se sont produits depuis...


    • armand armand 21 septembre 2008 23:39

      On croirait entendre l’infâme Robespierre !

      Alors à cela je reprends l’antienne : "Les bleus sont là, le canon gronde:Dîtes les gars avez vous peur..."

      La République actuelle est née d’un compromis entre toutes les composantes de la France - elle n’est pas le monopole des fanas de ’93.


    • morice morice 16 septembre 2008 10:53

       "L’exemple le plus frappant de rupture entre le christianisme originel et le catholicisme est celui du rôle de la Vierge Marie."`
      excellent : elle n’a pas toujours eu le même statut dans l’histoire... au début pas "immaculée conception" du tout même... car pour faire un "fils de l’homme", faut une femme. Mince, ça compliquai tout dès le départ !!! 


      • morice morice 16 septembre 2008 10:55

         Bulgroz, dans un site citoyen on se parle. Vous, vous faites autre chose et on demande le retrait de vos insultes personnelles dégradantes. Inadmissible !


      • Bulgroz 16 septembre 2008 11:06

        Imam Mohrice à la laicité orientée vers la mecque

        et ces insultes répétées par le caverniste, ça ne vous pose pas de problème ?

        J’emmerde la "laïcité positive

        Et coupons les couilles des fondamentalistes

        Chassons la messe de la télévision publique,

        Karchérisons la racaille de tous les clergés

        je commence à les avoir en horreur.

        Il faut commencer par interdire la transmission de la messe à la télévision publique. (bis)

         


      • La Taverne des Poètes 16 septembre 2008 11:15

        Complétons la liste : supprimons le titre de chanoine de la fonction du président de la république !


      • Serpico Serpico 16 septembre 2008 16:03

        							par Bulgroz (IP:xxx.x6.54.123) le 16 septembre 2008 à 11H06 							
        							

        															
        							 								Imam Mohrice à la laicité orientée vers la mecque

        et ces insultes répétées par le caverniste, ça ne vous pose pas de problème ?

        J’emmerde la "laïcité positive

        Et coupons les couilles des fondamentalistes

        Chassons la messe de la télévision publique,

        Karchérisons la racaille de tous les clergés

        je commence à les avoir en horreur.

        Il faut commencer par interdire la transmission de la messe à la télévision publique. (bis)

        *************************************

        Si ce sont des insultes, je profère les mêmes insultes.

        Bulgroz, coeur d’artichaut.


      • Bulgroz 16 septembre 2008 11:00

         En règle générale, les masses sont dangereuses. Toutes les masses ? 

        Combien de rencontres sportives sous tension nécessitant des milliers de CRS et des centaines de caméras pour contenir les haines qui se déploient dans et autour des stades. 

        Combien de cortèges politiques, de syndicats ou de groupuscules associatifs dégénérant en combat de rue, dégradations multiples et pillages de biens publics et privés. 

        Et pourtant, les foules catholiques échappent à cette loi. Alors que des centaines de milliers de Français se réunissaient autour de Benoît XVI, à Paris et à Lourdes, cette forme de témoignage de réelle tolérance et de paix est à méditer. 

        Péteux des cavernes a raison , méfions nous de ces dangereux fondamentalistes intégristes emmenés par leur chef de guerre ivre de sang et son afidé Sarkozy, le tueur de la république.


        • Gasty Gasty 16 septembre 2008 13:25

          Ma foi ! C’est vrai qu"un troupeau de béates brebis n’ont jamais heurté les valeurs définitives du Bulgroz.


        • Olga Olga 16 septembre 2008 11:12

          Bertrand,
          J’aime beaucoup votre mise en perspective historique...
          Il est toujours utile de rappeler que les dogmes religieux sont édifiés sur des mythes, par des "élites" en quête du contrôle des peuples...


          • La Taverne des Poètes 16 septembre 2008 11:13

            Sarkozy ! tu vas bientôt sentir sur ta tronche l’effet d’un élan de "laïcité positive" !


            • Mescalina Mescalina 16 septembre 2008 11:45

              Bah alors la TAVERNE, on en perd son centre ????????


            • La Taverne des Poètes 16 septembre 2008 13:12

              Je recentre au contraire ! smiley


            • Adolph Morice 16 septembre 2008 11:16

              En tout cas les racines europeenes sont bcp plus chretiennes que musulmanes ou boudistes !


              Donc , soit on considere que la religion n’a aucun interet dans nos contrées, soit on reconnait que la france et l’europe ont une bonne partie de leurs racines dans le christianisme.

              Encore un article qui s’interesse au sexe des anges !


              • Gazi BORAT 16 septembre 2008 11:29

                L’Union Européenne est une construction économique et administrative à laquelle on tente vainement de donner un sens. Benoit XVI confronté à une perte d’influence de l’Eglise Catholique, à une désertion générale de la pratique chez ses fidèles, à des problèmes de recrutement de personnel (pardon : de crise des vocations), à des soucis de trésorerie (pardon : de générosité des versements au titre du denier du culte), tente de remettre en avant son institution en rappelant son influence passée.

                 

                D’où l’évocation des racines « chrétiennes » de l’Europe…

                 

                Et pourquoi pas l’Empire Romain ?

                 

                Présenter l’Union Européenne comme une construction économique n’est pas très « glamour ».. Mieux vaut donner aux peuples un sens plus prestigieux.. Les régimes fascistes et conservateurs de l’Europe des années quarante, eux, mettaient autrefois en avant le critère racial.. On tente aujourd’hui de faire revenir en avant le critère religieux, avec, pour certains, l’arrière pensée de revenir en arrière sur les différentes législations nationales permettant la régulation des naissances..

                 

                Bref, une tentative à pas feutrés de restaurer un ordre moral des plus réactionnaires..

                 

                gAZi  bORAt


                • Bertrand Lemaire Bertrand Lemaire 17 septembre 2008 00:26

                  Ne confondons pas l’Europe et l’Union Européenne...


                • armand armand 21 septembre 2008 23:43

                  Gazi :

                  Et pourquoi pas la référence à l’Empire Romain ? On peut en garder sa grande tolérance religieuse, raciale - c’est bien le premier Etat à avoir accordé la citoyenneté à tous ses habitants, depuis l’Ecosse jusqu’à l’Euphrate.
                  Mais quel Empire romain ? Celui de César ? De Constantin ? De Charlemagne ? De Charles-Quint ?


                • Bertrand Lemaire Bertrand Lemaire 22 septembre 2008 00:01

                  Il faut préciser que la citoyenneté était depuis l’origine du Royaume de Rome jusqu’à la décadence de l’Empire un monopole des habitants de la ville de Rome, de leurs descendants et de ceux qui l’avaient obtenue à titre de récompense (individuellement ou collectivement). La première extension concerna la péninsule italienne (-39). L’extension de la citoyenneté à tout l’Empire fut TRES tardive (en +212).
                  Les racines de l’Europe sont très nombreuses et les lister dans une Constitution (problème posé par les "racines chrétiennes" dont on parle ici) imposerait de ne pas en oublier et de définir un ordre. C’est tout à fait superflu et dangereux.


                • Julius Julius 16 septembre 2008 11:45

                  Je pense (et j’espère) personne ne peut nier que l’Europe serait différente sans le christianisme. Je ne pense pas que la racine est le nom correct pour la relation entre l’Europe et le christianisme. Je pense que le meilleur nom est celui du cadre culturel. Racine est la source unique et se développe toujours inévitablement vers le même arbre. L’Europe a de nombreuses sources : judéo-chrétienne, païenne, Kelt, Viking, gréco-romaine. Et l’Europe est arrivé en situation actuelle par le biais de diverses manières. Certains pays ont adopté la réforme, certains pays ont été transformés par reneissance. Certains pays ont connu des révolutions violentes, d’autres pays évoluent plus pacifique. Mais le christianisme est commune pour toute l’Europe.

                  Il ya une chose qui est, pour moi, indeniable : la culture européenne actuelle est formulé en utilisant cadre chrétien. Le christianisme n’est pas la racine de l’Europe, mais le cadre de l’Europe. Sans la connaissance du christianisme (et sa mythologie), personne ne peut comprendre la culture européenne. Presque pas de littérature ou de peinture (au moins jusqu’au 19ème siècle) peuvent être comprises sans une connaissance approfondie de la mythologie chrétienne. Même l’athéisme européen ne peut pas être comprise sans référence chrétienne. Pas d’enseignement de la culture chrétienne de nos enfants est un suicide collectif de l’Europe.


                  • Antoine Diederick 16 septembre 2008 23:36

                    zodiacal


                  • Bertrand Lemaire Bertrand Lemaire 17 septembre 2008 00:27

                    Il s’agit d’un symbole d’unité d’origine païenne (les 12 étoiles) sur un fond basique (le bleu).


                  • Gazi BORAT 17 septembre 2008 08:02

                    @ Bertrand Lemaire

                    Sur les symboles "païens" contenus dans le drapeau européen, certains n’ont pas tout à fait la même analyse :

                    Certains mauvais esprit feront un rapprochement entre la "divine coïncidence" et une certaine "divine surprise" par laquelle fut saluée l’arrivée au pouvoir de Philippe Pétain..

                    La vision du sujet par un site intégriste catholique :

                    http://membres.lycos.fr/pierreval/drapeaucee.htm

                    qui rejoint celle d’un site intégriste "laïque" :

                    http://www.ripostelaique.com/Le-drapeau-de-l-Union-europeenne.html

                    et celle d’un site de toute autre obédience :

                    http://lettrealepouse.free.fr/breves/LAE1.htm

                    gAZi bORAt


                  • Antenor Antenor 16 septembre 2008 12:25

                    Plutôt que d’utiliser le terme de "racines" qui n’est qu’une métaphore, mieux vaut parler d’influences. Nul ne contestera que la religion du Nazaréen a eu une influence très grande en Europe. Mais comme le fait remarquer l’auteur, Rome également et n’oublions pas les Grecs et les Celtes. Le mot "racines" a un aspect immobilisant qui je trouve, a plus tendance à nous affaiblir qu’à nous renforcer. A la limite on pourrait faire une sorte de catalogue à la Prévert dans la Constitution européenne mais surtout laissons le soin aux historiens de nous dire de quelle manière chaque civilisation, religion, philosophie a influencé notre évolution culturelle. Si on met au premier plan les racines chrétiennes de l’Europe, n’est-ce pas la porte ouverte à l’adhésion de l’Etat d’Israël et de l’Autorité Palestinienne puisque le christianisme est né là-bas ?


                    • ZEN ZEN 16 septembre 2008 12:34

                      Bonjour Antenor
                      "la religion du Nazaréen"
                      Préchait-il vraiment une religion ? On peut en douter...
                      Parlons plutôt de celle de Paul, le vulgarisateur propagandiste de génie


                    • Antenor Antenor 16 septembre 2008 13:49

                      @ Zen

                      Bonjour

                      Question des plus intéressante. Définir le christianisme comme la religion prêchée par un Jésus dont les indices démontrant son existence sont des plus minces et dont les tours de magie paraissent peu crédibles est en effet un raccourci bien pratique qui évite de poser les questions qui fâchent. Les véritables fondateurs du christianisme ne sont-ils pas plutôt les mystérieux rédacteurs des Evangiles ? Ceux-ci se considéraient-ils encore comme juifs ou déjà comme chrétiens ? Pour bien juger du rôle de Paul, il faudrait savoir si les Evangiles ont été écrits avant ou après lui ou même s’il a joué un rôle dans leur rédaction. Que voulez-vous dire précisément quand vous le qualifiez de vulgarisateur-propagandiste de génie ? 


                    • ZEN ZEN 16 septembre 2008 14:23

                      Antenor
                      Quand je dis " de génie", je me référais à un Paul de Tarse qui a trouvé dans ce que la tradition orale disait de Jésus (sans dout essénien), un moyen de fédérer avec habileté et l’énergie des néophytes certaines communautés autour d’un dieu unique dans une partie du bassin méditérannéen...
                      Je me réfère à l’avis de Nietzsche, le considérant comme le véritable fondateur des valeurs du christianisme et aux thèses de Michel Onfray...
                      Mais cela mérite débat et approfondissement...Je ne trancherai pas


                    • ZEN ZEN 16 septembre 2008 14:26

                      @ L’auteur
                      Merci pour l’article
                      "La victoire finale du catholicisme relève essentiellement du hasard "
                      C’est assez vrai. Il suffit de lire l’excellent livre de Guy Gauthier : Constantin, le triomphe de la Croix


                    • Bertrand Lemaire Bertrand Lemaire 16 septembre 2008 16:39

                      Cette question-ci est tranchée depuis longtemps. L’histoire de l’écriture des évangiles canoniques (les 3 synoptiques Matthieu, Marc, Luc + Jean) et apocryphes (des centaines de textes) est assez bien connue. Mais, là, franchement, ça mérite plus un livre qu’un article... Je n’exclus pas de faire un rapide résumé un jour mais ça sera bien un rapide résumé (ça devient vite très compliqué).
                      Paul de Tarse est effectivement l’inventeur du concept de christianisme. Là aussi, il y eut une sorte de hasard historique : l’église judéo-chrétienne, qui refusait l’évangélisation des "gentils" (non-juifs), a simplement été exterminée et/ou dispersée en même temps que les Juifs lors des révoltes en Palestine entre le 1er et le 2ème siècle. La seule branche vivante résultante de la prédication de Jésus fut donc celle fondée et gérée par des gens qui n’avaient JAMAIS rencontré Jésus ou suivi directement ses prêches. Et l’apport idéologique de Paul de Tarse est tout sauf neutre...


                    • armand armand 22 septembre 2008 00:08

                      Zen (et Bertrand Lemaire) :

                      La conversion de Constantin n’est pas vraiment un hasard, si on se rappelle que les empereurs illyriens, depuis le milieu du IIIe siècle, s’étaient progressivement ralliés à une religion d’Etat liée au Soleil Invincible (Sol Invictus) alors que leurs soldats, en grand nombre, célébraient les mystères de Mithra, ce dieu-sauveur d’origine iranienne.
                      Le génie de Constantin a été de rémédier à une des faiblesses fondamentales de ces cultes, leur public essentiellement masculin et guerrier. Même si le soutien de l’Armée était indispensable (quand on voit la longue liste de Césars renversés par leurs troupes) la nécesité d’un culte fédérant hommes, femmes, hommes libres, serfs, esclaves, se faisait sentir.


                    • frédéric lyon 16 septembre 2008 13:13

                      C’est amusant de lire, en même temps et tous deux en première page, deux articles sur Agoravox qui viennent nous expliquer que les racines de l’Europe ne sont pas chrétiennes !!!

                      Sans blague ?

                      Sont-elles musulmanes alors ?

                      Comme les racines Arabes ? 


                      • Gasty Gasty 16 septembre 2008 13:30

                        Par Toutatis ! que le ciel me tombe sur la tête.


                      • Bertrand Lemaire Bertrand Lemaire 16 septembre 2008 16:45

                        Effectivement, l’Islam a contribué aux racines de l’Europe...
                        Les Musulmans ont conquis l’Espagne et construit ce pays, véritable berceau de la Renaissance bien avant l’Italie.
                        Ce sont les philosophes musulmans espagnols qui ont remis en selle les philosophes pré-chrétiens grecs et romains dont les oeuvres ont souvent été détruites ailleurs en Europe avant cette oeuvre essentielle.
                        Sans les Musulmans, il n’y aurait donc pas eu de Renaissance, pas de fusion entre les cultures antiques et du Moyen-Age...
                        Accessoirement, la conquête musulmane a anéanti le royaume espagnol wisigothique, arien, et réduit l’influence des Eglises orientales. Indirectement et involontairement, les Musulmans ont donc permis la suprématie catholique sur le monde chrétien.


                      • Antoine Diederick 16 septembre 2008 23:44

                        a Monsieur Lemaire,

                        pas sûr.


                      • Antoine Diederick 16 septembre 2008 23:48

                        moultes eglises ont été construites autour des chênes antiques....parcourez nos campagnes, vous pourrez les vérifier...et donc nous pouvons parler de racines rustiques...

                         smiley


                      • Hieronymus Hieronymus 22 septembre 2008 00:52

                        D’accord avec F.Lyon
                        et pas d’accord avec Lemaire
                        ou plutot marre du politiquement correct
                        qui consiste a toujours denigrer l’occident
                        la chretientete, notre histoire, nos institutions
                        et a l’inverse faire l’eloge du tiers-monde, des
                        autres civilisations (certes souvent estimables)
                        mais le plus souvent des regimes totalitaires, des
                        despotes sans scrupules, des dictatures hereditaires,
                        de regimes, de societes souvent archaiques et empreintes
                        d’une grande violence ainsi cet islam qui est la religion la
                        plus proselyte qui soit (apostasie punie de mort !) qui semble
                        restee bloquee au moyen-age (fatwa, charia) et a l’origine de
                        l’esclavage des noirs (avec lesquels ils ont ete tres cruels)

                        Cessons ce masochisme, cette volonte de flagelation et de
                        glorification de nos adversaires qui s’en donnent a coeur joie
                        au contraire soyons lucides et rendons nous compte que si
                        l’occident a certes peche par bien des violences et des exces,
                        il a aussi ete un formidable foyer de civilisation et d’humanite !
                        C’est comme la bourgeoisie, classe sociale constamment
                        denigree par tous les intellectuels, mais dans l’histoire
                        aucune classe sociale n’a represente a la fois autant
                        de qualites morales que cette bourgeoisie tant honnie !


                      • Bertrand Lemaire Bertrand Lemaire 22 septembre 2008 06:44

                        Rappelons que le sujet de l’article, ce sont les soi-disantes "racines chrétiennes" de l’Europe... Mon commentaire ci-dessus rappelait juste que l’Islam avait toute sa place parmi ces fameuses "racines", aux côtés des innombrables autres. Et comme je l’indique ailleurs dans les commentaires, l’Islam de l’Andalousie était bien plus tolérant et ouvert que le Catholicisme de la même époque (celle des buchers). Aujourd’hui, la situation est inversée mais nous ne sommes pas à l’abris d’un nouveau retournement...


                      • rocla (haddock) rocla (haddock) 16 septembre 2008 13:20

                        les racines chez les ch’ tis c ’est la chicorée ...


                        • jeanclaude 16 septembre 2008 13:57

                          Excellent exemple de démonstration qui ne prend en compte que les angles de vision-d’analyse qui lui permettent de conclure. Il est vrai qu’il n’y a pas d’hisoire objective.

                          Sans être complet, après une rapide lecture :


                          - ce n’est pas vrai que toute l’Europe a été romanisée - notamment ni l’Ecosse, ni la Germanie, ni la Scandinavie.


                          - concernant la Vierge, sa promotion tient beaucoup à la Tradition de l’Eglise antique et à sa place dans l’organigramme du catholicisme, si j’ose employer un terme neutre.


                          - c’est exact que si on se contente d’une analyse politique, la sorite de la confrontation du catholicisme peut être perçue comme le fruit du hasard. Si on s’engage dans le fond de la doctrine, il y a des arguments tenants à la qualité de la teneur même du message et de la doctrine enseignés et transmis. Mais là on ferait de la théologie.

                          Sur le fond, c’est tout aussi idiot (au sens littéral) de nier l’héritage de la religion que de la privilégier. L’héritage grec et de la raison a une part tout aussi grande et le christianisme n’aurait pas été ce qu’il est sans cet alliage. Là nous nous retrouvons.

                          On pourrait s’interroger sur ce besoin qu’a notre époque d’établir les filiations historiques. Force ou faiblesse ?


                          • frédéric lyon 16 septembre 2008 14:13

                            On pourrait s’interroger sur ce besoin qu’a notre époque d’établir les filiations historiques. Force ou faiblesse ?"
                             
                            .........................

                            Non, nous n’avons aucune besoin d’établir nos filiations historiques, que nous connaissons parfaitement.

                            Ce ne sont que des étrangers, installés chez nous sans autorisation préalable le plus souvent, qui essayent de nous faire croire que leurs racines historiques sont les notres !

                            Ce qui n’est pas le cas, bien sûr.

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