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François le normal

 "Pauvre homme" : telle a été la première réaction de sa soeur. Lui qui a dit aux cardinaux qui venaient de l'élire : "Que Dieu vous pardonne pour ce que vous venez de faire". Chez les Bergoglio, on a de l'humour, sinon le sens de la formule. Le nouveau pape François l'a encore prouvé lors de sa première messe. Voici ce qu'on en a retenu . "Si nous ne professons pas notre foi en Jésus-Christ, nous allons devenir une ONG charitable mais nous ne serons pas l'Eglise, l'épouse du seigneur". Ce nouveau pape, jésuite, premier souverrain pontif, parle donc franchement.

Comme nous avions beaucoup surestimé le rôle l'Eglise dans la chute du communisme, nous surestimons aussi avec la même intensité son role dans la lutte du capitalisme qui, lui aussi, tel qu'il est aujourd'hui, s'effondrera de ses contractions, pour reprendre le langage marxiste. En revanche, de cette élection du nouveau pape, deux aspects n'en sont pas moins fascinants. 

Le premier est qu'il soit jésuite. Jésuite, c'est Aramis. Jésuite, ce sont les coup tordus. Jésuites, ce sont, aussi, leur expulsion par Louis XVI au XVIIIe siècle. Il est un côté sulfureux chez les jésuites, entre méfiance et admiration. 

Le deuxième est le fait qu'il soit sud-américain. On a beaucoup dit, à juste titre, que cela est une conséquence de la mondialisation et de la déchristianisation en Europe. Mais c'est peut-etre aussi, surtout, une conséquence de la transformation des deux grandes religions, le christianisme et l'islam. Chaque religion est attaqué en son sein par des mouvements qui jouent sur l'émotion, sur la communion, éliminant la raison. Sans les comparer, évidemment, on parle d'une part des pentecotistes évangélistes prostestants présents particulièrement au Brésil où ils représentent 20% de la population, lesquels d'ici 30 ans pourraient lentement faire disparaitre le catholicisme du pays ; d'autre part, le salafisme, qui tient le meme role, convertisant des musulmans. Ces attaques sont, en somme, en accord avec notre époque, celle des médias, de l'irrationnel, de l'émotionnel et, aussi, du hors sol. Il fut un temps où, en effet, il était un catholicisme italien, un catholicisme français, ou encore un catholicisme allemand. Aujourd'hui, le pentecotisme est, au contraire, un mouvement universaliste, ravageant une partie du catholicisme. Ce n'est donc pas un hasard que ce pape-là ait été choisi : cette nomination traduit le début d'une volonté de contre-attaque.

Reste une polémique : le role de l'Eglise pendant la dictature argentine. De fait, découle une interrogation : jusqu'où l'Eglise a-t-elle partie liée ou s'oppose-t-elle au pouvoir ? Certes, le pape a bien, aujourd'hui, 76 ans. De 1976 à 1983, le pape avait, par conséquent, entre 35 et 46 ans. Reste que l'anachronisme s'impose, pourtant, comme une évidence. Rappelons le contexte : à l'époque, était une guerre contre le communisme. Dans cette guerre, l'Eglise avait, en Amérique du Sud, choisi de lutter contre le plus grand des dangers, donc, le communisme. Souvenons-nous : quand on demandait à Reagan s'il soutenait tel dictateur, le 40e président des Etats-Unis répondait : "Oui c'est un salopard, mais c'est le nôtre". De fait, l'Eglise, sans l'affirmer, avait un peu fait le même choix. Et, deuxièmement, il est évident que les églises font toujours des compromis, comme ce fut le cas avec Mussolini quand, en 1929, le Duce signe les accords de Latran avec le Vatican, opérant la réconciliation du fascisme et du catholicisme, mettant fin à la "question romaine", restée pendante depuis l'unification de l'Italie ; comme ce fut le cas, aussi, avec Hitler, quand, dans les années 1933-1938, l'Eglise tentera de s'intégrer et de s'accomoder au parti nazi, tout en résistant aux empiètements du pouvoir qui violaient le concordat. Comme ce fut le cas, enfin, et paradoxalement, avec les régimes communistes, meme si ceux-ci étaient beaucoup plus martyrisés, comme l'explique fort justement le professeur de Oliveira dans l'Eglise et l'Etat communiste : la coexistance impossible. Les régimes passent, donc, pendant que l'Eglise, elle, est là pour l'éternité. 


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3 réactions à cet article    


  • gegemalaga 19 mars 2013 12:31

    vous nous parlez d’une election , et nous citez : Dieu pardonne aux innocents...


    je croyais qu’il sagissait de l’autre , notre François à nous , pauvres français !!

    gegemalaga

    • Pelletier Jean Pelletier Jean 19 mars 2013 15:44

      Intéressante contribution à la réflexion sur le devenir du Vatican avec le pape François.
      http://jmpelletier52.over-blog.com/


      • olivier cabanel olivier cabanel 19 mars 2013 16:21

        merci de cette belle réflexion

        je partage
         smiley

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