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Accueil du site > Actualités > Religions > Histoire du Christ, acte I, Jean dit le Baptiste

Histoire du Christ, acte I, Jean dit le Baptiste

L’erreur de localisation du site de Bibracte au mont Beuvray s’inscrira sans aucun doute dans la mémoire de notre histoire comme le plus grand scandale archéologique de tous les temps. Et ce scandale est d’autant plus grand que tout est fait pour retarder le moment où l’opinion en prendra conscience et pour en amortir l’impact comme par exemple de dire « que Gergovie ou Bibracte soient là ou un peu plus loin, qu’est-ce que cela change », alors que cela change tout.

En situant Bibracte au mont Beuvray, les historiens ont perdu un fil important de l’Histoire. En remettant la capitale gauloise à Mont-Saint-Vincent, on retrouve ce fil. On le remonte jusqu’en Palestine, jusqu’à la naissance du christianisme. Alors, tout reprend sens à condition de s’en tenir scrupuleusement aux textes.

 
 
I. Le Jésus du ciel omniprésent de l’Apocalypse de Jean.
 
Que l’on examine de loin ou de près les livres sacrés ou les archives de l’Histoire, il aurait suffi d’ouvrir un peu mieux les yeux pour se rendre compte qu’avant la guerre de Jérusalem de 70, un Jésus du ciel d’espérance constituait manifestement la trame du terrain (http://www.agoravox.fr/ecrire/?exec=articles&id_article=49861).
 
Ce Jésus du ciel a parlé au peuple juif 116 fois dans ce qu’on a appelé l’évangile de Thomas. Le titre originel est le suivant : « Voici les paroles secrètes que Jésus le Vivant a dites et qu’a écrites Didyme Jude Thomas. » 116 ème logia, je cite : « Quand vous verrez celui qui n’a pas été enfanté de la femme, prosternez-vous et adorez-le, car celui-là est votre Père ». Ce que Thomas espérait, inspiré par un Jésus du ciel, n’était pas qu’un Christ vienne sur terre, mais le Père lui-même qui est aux cieux. Le problème est que le peuple juif voulait d’abord un messie/sauveur, et tout de suite. Les prophètes l’avaient annoncé et certains, venus récemment de Gaule, jugeaient sa venue imminente. http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-druides-attendaient-ils-un-58775.

A Jérusalem, le peuple juif est entré en transes, comme la pythie de Delphes lorsqu’elle recevait l’esprit. Il se livre autour du temple à des transports mystiques, et sous l’inspiration divine, débite un flot de paroles prophétiques...La multitude des Juifs enfermés dans la Ville était agitée en sens divers. Les plus faibles, agglomérés autour du Temple, se livraient à des transports mystiques et débitaient force discours prophétiques selon les circonstances (Flavius Josèphe, Guerre des Juifs, Livre I, Chap. XVIII, 347).
 
Les foules suivaient dans le désert les “inspirés de Dieu” et scrutaient le ciel dans l’espoir d’y découvrir le signe annonciateur de la venue imminente du Messie libérateur qui allait changer la face du monde... Des individus vagabonds et fourbes, qui ne cherchaient que changements et révolutions sous le masque de l’inspiration divine, poussaient la multitude à un délire furieux et l’entraînaient au désert, où Dieu, disaient-ils, devait leur montrer les signes de la liberté prochaine (Livre II, XIII, 259). Enivrés par la Parole, 30 000 illuminés se dressèrent soudain sur la montagne des Oliviers et s’apprêtèrent à donner l’assaut contre Jérusalem, la ville infidèle. Les Romains les décimèrent (Livre II, XIII, 261).
 
II. Le Jésus de Jean-Baptiste.

C’est dans ce contexte bien particulier qu’est née une idée étonnante dans le prolongement logique de la pensée essénienne. Cette idée (ma thèse) est celle que Jean, surnommé le Baptiste, a exposée à Hérode Antipas, vers l’an 28... car Hérode craignait Jean, le sachant un homme juste et saint, et il le protégeait. Et après l’avoir entendu, il ne savait vraiment que penser, et cependant, il l’écoutait avec plaisir (Evangile de Marc 6, 20, traduction Bible d’Osty).
 
Mais quelle était donc cette idée ?
 
C’est d’abord un acte de foi dans le Père (cf. mon article rappelé ci-dessus), un Père qui ne se désintéresse pas de son peuple (juif) ... un Père qui inspire le conseil qui guide le peuple... à condition que les membres de ce conseil soient particulièrement saints... jusqu’au jour où l’esprit du Père se révèlera d’une façon parfaite dans le membre le plus saint de ce conseil.
 
En toute logique, c’est dans le conseil de Dieu des Esséniens que Jean dit le Baptiste aurait dû faire descendre le logos. Pourquoi l’a-t-il fait descendre, certes dans le monde, mais plus précisément à Nazareth (non pas celle qu’on montre aux touristes, mais l’antique Sephoris, à moins que cela soit Gamala, voyez mes ouvrages) ? Parce que Jean incarne un courant essénien divergent qui s’inscrit dans un mouvement de restauration nationale et religieuse, et que ce mouvement de restauration nationale est parti de Sephoris, ancienne capitale de la Galilée, et de Gamala. Relisez ce qu’a écrit Flavius Josèphe sur les révoltes de Judas de Galilée, alias Judas de Gamala et aussi de Sephoris. Quelle absurdité de la part de nos historiens que de prétendre que cet auteur ne dit rien sur l’affaire alors qu’il ne cesse de mettre en exergue l’effervescence qui régnait alors en Galilée !
 
Je suis étonné que les exégètes n’ait pas fait le rapprochement entre le fils de Dieu des évangiles et le conseil de Dieu des Esséniens qui se conduisait comme un Fils de Dieu, et même comme un Fils unique. Je suis étonné qu’on ne fasse pas le lien avec la parole d’Isaïe "Toi, Yahvé, tu es notre père" (Is 63,15-16a). Père de qui ? Père d’Israël, bien sûr ! Mais d’un Israël que Jean veut faire naitre ou renaitre. Si l’on prend la parole d’Isaïe à la lettre, ce Fils à venir serait donc un nouvel Israël. Ce Fils à venir serait-il aussi un Jésus, Christ, homme ? Les deux à la fois ?
 
Préambule.
 
Le lendemain, Jean "voit" Jésus qui vient vers lui et il dit : « Voici l’Agneau de Dieu qui va racheter le péché du monde. » (Jean I,29).
 
Pourquoi Jean fait-il descendre Jésus jusqu’à lui, du nord dans le sud de la Palestine, du lac de Tibériade à la mer Morte ? La réponse coule de source : parce qu’en même temps qu’il lui donne l’onction théologique du baptême, Jean légitime son mouvement essénien divergent et réformateur.
 
Grosso modo, la situation était la suivante : au nord, les Esséniens, politiquement prudents, de Bethsaïde et de Gamala (le rocher)... Képhas/Pierre. 
Au sud, les Esséniens réformateurs de Qumrân et d’autour de la mer Morte... Jean.
 
Pierre et Jean sont les noms des deux maîtres, à la fois frères en religion et rivaux (ma thèse). Mais ce sont aussi les noms des deux courants qui divisaient alors la grande communauté des Esséniens.
 
La grande idée de Jean-Baptiste.
 
L’évangile de Jean est l’évangile de Jean-Baptiste (ma thèse). C’est un chemin d’histoire écrit avec leur sang par les membres de la communauté essénienne des Jean, un chemin sur lequel Dieu était invité à y faire venir son fils. Dans son sens caché, ce serait le récit de l’histoire vécue de cette communauté jusqu’à un martyre qui aurait racheté le péché d’Israël. Dans son sens littéral, ce serait une prophétie qu’on proposait à Dieu d’accomplir en y envoyant son fils, en même temps. Dans cette hypothèse, Jésus serait un individu, membre non encore révélé de cette communauté, le plus saint parmi les plus saints, lequel ne se révèlera au monde que sur la croix lorsque Dieu le ressuscitera (le mieux étant qu’il ressuscite en gloire).
 
Cette idée de Jean dit le Baptiste telle que je l’explique et telle qu’il l’a mise en oeuvre dans son évangile - ou essayé - était-elle en rupture avec son héritage littéraire ? Absolument pas ! Cette idée s’inscrit dans le prolongement le plus authentique de la littérature juive revenue de l’exil de Babylone (http://www.agoravox.fr/ecrire/?exec=articles&id_article=49157).
 
Prenons l’exemple du Livre de Daniel (Daniel est évidemment un pseudonyme évoquant un espoir juif de libération née au temps de l’exil à Babylone, dans un milieu juif qui se considérait en situation d’esclavage, ce qui est, historiquement, très exagéré). Daniel y annonce "prophétiquement" la chute prochaine de Balthazar (Nabuchodonosor ?) alors qu’en réalité, le processus était déjà bien enclenché ; la prophétie était facile à faire et avait probablement pour but d’activer le souffle révolutionnaire des Juifs en exil. Que ces textes primitifs, devenus sacrés, soient restés dans la mémoire de leurs descendants réinstallés en Palestine, rien de plus normal. Qu’ils aient été enjolivés par d’autres récits plus ou moins imaginaires, rien d’étonnant. Qu’on y ait "inséré", 400 ans plus tard, au temps de la guerre des Maccabées, une prophétie annonçant la chute du roi séleucide honni, Antiochus Epiphane, c’est indéniablement un faux, mais un "faux patriotique" qui avait pour but d’activer le souffle révolutionnaire des Juifs contre l’occupant grec. Prophétie d’autant plus crédible - apparemment - qu’elle commence par y relater le début de la guerre des Maccabée comme si cela avait été annoncé par Daniel. Le problème pour les auteurs du temps d’Antiochos est qu’ils se sont risqués à prophétiser un évènement qu’ils souhaitaient voir se réaliser, à savoir la grande guerre ultime (cf. les textes esséniens). Cette guerre ultime qui aurait dû "prophétiquement" se terminer vers l’an -130 par la grande victoire du Dieu d’Israël sur l’ensemble des armées païennes gréco-romaines (cf. mes ouvrages) n’a évidemment pas eu lieu. Il y eut certes deux petites victoires remportées par Judas Maccabée vers l’an -165, mais c’est tout. Il faudra attendre l’an 70 pour que survienne le grand affrontement mais ce fut une grande défaite juive. La prophétie mise dans la bouche de Daniel s’est donc révélée fausse.
 
N’en aurait-il pas été de même pour Jean ? Si la première partie de son évangile relate bien des paroles et des actions que sa communauté ou lui-même ont effectivement prononcées ou faites (http://www.agoravox.fr/ecrire/?exec=articles&id_article=38064) - sous l’inspiration du Jésus qui était en eux - la résurrection ne pouvait évidemment pas se réaliser comme Jean l’avait prévue dans la lecture littérale de son texte... grosse déception qui expliquera dans l’évangile qui suivra le "Mon Dieu, pourquoi, m’as-tu abandonné ?". Sachant que les Romains crucifiaient, il n’était pas bien difficile à Jean de prophétiser dans son évangile le processus habituel de la crucifixion. Le procurateur romain aurait-il deviné le piège, le mauvais rôle qu’on voulait lui faire jouer ? Le fait est que Jean Baptiste n’a pas été crucifié mais décapité, et avec lui, sa communauté de Qumrân et autres lieux, décimée très probablement par le glaive (nous sommes déjà dans une situation de guerre psychologique). Et ceci coupait court à l’espérance d’un homme/Jésus crucifié et ressuscitant tel que Jean l’avait prophétisé dans le sens littéral de son texte. Il restait néanmoins le sens caché communautaire, sous le voile. Constatons toutefois la relative prudence de Jean qui ne s’est pas risqué à faire ressusciter son Christ en gloire, c’est à dire en pleine explosion du ciel et entouré de son cortège d’anges/constellations comme certains l’attendaient.
 
III. Si l’Evangile est encore voilé, c’est pour ceux qui se perdent, pour ces incrédules dont le dieu de ce monde a aveuglé l’intelligence afin qu’ils ne voient pas resplendir la lumière de l’évangile...(épître de Paul, 2 CO, 4,3).
 
Ces incrédules, n’ayons pas peur de le dire, nous en faisons partie, nous qui nous sommes enfoncés dans le dogmatisme religieux ou dans la critique bête et méchante. Cette petite lumière cachée des évangiles qui a éclairé l’évolution de notre humanité - critiquable certes sur certains de ses aspects - et qui ne reviendra plus, nous ne l’avons pas vraiment vue ni comprise. Probablement à cause de notre intelligence limitée.
 
Citation : XXII. - Mais Hérode, irrité de ce qu’il avait été trompé par les mages, envoya des homicides tuer tous les enfants qui étaient dans Bethléem depuis deux ans et au-dessous ; et Marie, apprenant que l’on tuait les enfants, frappée de crainte, prit l’enfant, et l’ayant enveloppé de langes, elle le coucha dans la crèche des boeufs, parce qu’il n’y avait point de place pour lui dans l’hôtellerie. Or, Élisabeth apprenant que son fils Jean était recherché, elle monta sur les montagnes, et regardait de tous côtés où elle le cacherait, et il n’y avait pas de lieu secret ; et Élisabeth, gémissant, dit d’une voix haute : O montagne de Dieu, recevez la mère avec le fils ; car Élisabeth ne pouvait pas monter, et tout d’un coup la montagne se divisa et la reçut. Une lumière les éclaira, car l’ange du Seigneur était avec eux qui les gardait (Protévangile de Jacques, traduction de M. de Voltaire).
 
Pour faire simple, essayons de comprendre qu’Elisabeth désigne la population juive de Judée "restée judaïquement pure" et que Jean sont les "séminaristes" qu’elle a enfantés. Dans la perspective d’un rétablissement du pouvoir théocratique, c’est donc Jean qui est appelé à régner à la place d’Hérode. Fuyant la répression hérodienne, cette population s’enfuit dans les montagnes de Judée avec ses "séminaristes" qui sont accueillis dans des centres esséniens de Qumrân et autres lieux (l’ange du Seigneur).
De même, Marie est la population juive "restée pure" que la Galilée héberge et protège, laquelle a enfanté le nouvel Israël, roi d’Israël, dans la lignée de David... Jésus.
 
Jean-Baptiste est un Jean qui dirige le mouvement et la communauté des Jean.
 
 IV. Question de bon sens. Voici une proclamation criante de vérité si on la met dans la bouche des Saints de Dieu - au pluriel si on suit mon interprétation - mais irréaliste, voire surréaliste, dans son sens singulier de Jésus. A vous de juger !

« Qui croit en nous, ce n’est pas en nous qu’il croit,
mais en Celui qui nous a envoyés
(au lieu de qui croit en moi, ce n’est pas en moi qu’il croit)
Lumière nous sommes, venus dans le monde
(au lieu de lumière je suis, venu dans le monde)
pour que quiconque croit en nous ne reste pas dans les ténèbres.
 L’homme qui entend notre Parole et qui ne la garde pas,
ce n’est pas nous qui le jugeons ;
car nous ne sommes pas venus pour juger le monde,
mais pour le sauver.
Qui nous rejette et ne prend pas notre Parole a déjà son juge ;
au dernier jour, la Parole que nous avons enseignée,
c’est elle qui le jugera.
Car nous, nous ne parlons pas de nous-mêmes,
mais c’est Celui qui nous a envoyés,
le Père, qui nous a transmis ce que nous avions à dire.
Nous savons que dans son commandement est la vie éternelle.
Aussi, ce qu’il nous a dit de dire,
nous le disons. (Jean 12,44-50).
 
V. Qui était Jean le Baptiste pour Flavius Josèphe (texte intégral) ?
 
Or, il y avait des Juifs pour penser que, si l’armée d’Hérode avait péri, c’était. par la volonté divine et en juste vengeance de Jean surnommé Baptiste. En effet, Hérode l’avait fait tuer, quoique ce fût un homme de bien et qu’il excitât les Juifs à pratiquer la vertu, à être justes les uns envers les autres et pieux envers Dieu pour recevoir le baptême ; car c’est à cette condition que Dieu considérerait le baptême comme agréable, s’il servait non pour se faire pardonner certaines fautes, mais pour purifier le corps, après qu’on eût préalablement purifié l’âme par la justice. Des gens s’étaient rassemblés autour de lui, car ils étaient très exaltés en l’entendant parler. Hérode craignait qu’une telle faculté de persuader ne suscitât une révolte, la foule semblant prête à suivre en tout les conseils de cet homme. Il aima donc mieux s’emparer de lui avant que quelque trouble se fût produit à son sujet que d’avoir à se repentir plus tard si un mouvement avait lieu, de s’être exposé à des périls. A cause de ces soupçons d’Hérode, Jean fut envoyé à Machaero (Macheronte), la forteresse dont nous avons parlé plus haut, et y fut tué. Les Juifs crurent que c’était pour le venger qu’une catastrophe s’était abattue sur l’armée, Dieu voulant ainsi punir Hérode. (Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, XVIII, V, 116-119, traduction René Harmand).
 
VI. Le triomphe "post mortem" de Jean Baptiste.
 
 Hommes à la mémoire courte, vous qui cherchez en vain et qui prenez les fausses vérités pour bonnes, méfiez-vous des tyrans et des faux prophètes qui s’approchent de vous sous la peau de la brebis. Aveugles que vous êtes, ne voyez-vous pas leur regard de loups rapaces (Mathieu, 7, 15)  ! C’est à ses fruits que vous devez juger l’arbre. Si l’arbre est bon, il porte de beaux fruits. Mais si la véritable sève de la liberté, de la vérité et de l’amour ne circule pas dans l’arbre, où sont les fruits de la liberté, où sont les fruits de la vérité, où sont les fruits de l’amour ? (d’après Mathieu, 7, 16-20).
  Vous cherchez Elie ? Mais moi je vous dis qu’Elie est déjà revenu. Le voilà, Jean-Baptiste, le héraut de Dieu. Il marche en avant, déployant l’oriflamme du royaume et précédant l’armée des croyants. Depuis les jours de Jean-Baptiste, le royaume des cieux est entré en tumulte. Les violents et les mauvais s’inquiètent et les impurs sont effrayés. Les prophètes et la Loi ont parlé jusqu’à Jean. Et Jean est venu et il a dit au monde : « Il vient ». Que celui qui a des oreilles entende ! Je vous le dis, en vérité : parmi ceux qui sont nés de femmes, il ne s’en est pas levé de plus grand que Jean le Baptiste (d’après Mathieu, 11, 7-15).
 
 
Extraits de mes ouvrages publiés dans les années 90.

 Note . Je ne me fais aucune illusion sur l’accueil qu’on réservera à ce présent article. Mes contemporains n’ont plus l’agilité d’esprit des anciens juifs ; il leur faut des vérités simples voire simplistes. Je me trouve donc devant un dilemme pour développer mon argumentation. D’un côté, je suis bien conscient que ce n’est pas par des articles vite lus, vite oubliés, que j’emporterai leur adhésion. D’un autre côté, je me rends bien compte que la lecture des sept livres que j’ai écrits pour avancer dans cette recherche - soigneusement argumentés et référencés - demande une attention suivie dont l’homme moderne a perdu l’habitude.
 

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63 réactions à cet article    


  • jps jps 9 octobre 2009 12:33

    L’évangile de Jean ne peut être pris en référence car c’est un texte qui a été maintes et maintes fois modifié. (peut être les autres aussi d’ailleurs)


    • Emile Mourey Emile Mourey 9 octobre 2009 12:46

      @ jps

      Monsieur, j’ai étudié d’une façon très approfondie Les Ecrits esséniens d’André Dupont-Sommer et Le Christ hébreu de Claude Tresmontant, savants pourtant reconnus, mais dont on n’a pas, ou pas voulu, mesurer les conséquences de leurs travaux, ce qui est un scandale. Y a-t-il plus grand drame pour un savant que de mourir sans avoir réussi à transmettre ses découvertes à une société qui les rejette ? Les nouveaux textes, affirme Dupont-Sommer, révèlent que l’Église chrétienne primitive s’enracine, à un degré que nul n’aurait pu soupçonner, dans la secte juive essénienne. Quant au remarquable hébraïsant Claude Tresmontant, il a démontré l’authenticité de l’évangile de Jean qui nous est parvenu, et montré que les Evangiles ont été écrits au cœur des événements, renvoyant aux oubliettes la thèse absurde d’une longue gestation orale tout en vouant aux gémonies les exégètes et, par conséquent, l’abondante littérature qui s’appuie sur leurs élucubrations.

      L’important est de remettre les Evangiles dans l’ordre.


      • Antenor Antenor 9 octobre 2009 13:40

        L’ordre dans lequel ont été écrits les Evangiles est en effet crucial pour comprendre ce que leurs auteurs « voyaient » en Jésus. Les Evangiles mentent probablement tous... par ommission.

         L’évangile de Marc me semble être le premier des canoniques à avoir été écrit. Il s’inscrit directement après le Récit de l’Enfance qui a dû être diffusé en même temps. C’est un journal de marche doublé d’un consensus théologique mou. Jésus réalise quantité de miracles mais on ne sait pas trop ce qu’il pense.

        L’auteur de l’évangile de Jean a voulu remédier à cela et s’attache avant tout aux discours de Jésus. Il rapporte également quelques faits des début du ministère de Jésus que Marc a préféré passer sous silence.

        Un article qui complète à merveille le vôtre :

        http://www.chemins-cathares.eu/030300_jean_baptiste.php


      • Antenor Antenor 9 octobre 2009 14:09

        C’est vraiment difficile de se faire une opinion. Vous sur-estimez peut-être l’influence de Jean-Baptiste. Si la communauté de Jésus était la même que celle de Jean-Baptiste, il ne serait pas descendu de Nazareth. Sephoris, capitale de la « Galilée des Nations » me paraît être un bien meilleur endroit pour le brassage des idées que le désert de Judée ou de Gamala. N’oublions pas non plus que son aïeule Anne était de la Tribu d’Aser, donc à proximité des ports phéniciens. Dans Luc et Matthieu, Jean-Baptiste a les caractéristiques d’un essénien « à l’ancienne ». Marc précise que tous les disciples s’enfuient lorsque Jésus est arrêté. Si Jésus n’avait été qu’un drapeau, une sorte d’émanation symbolique de ceux qui croyaient en lui, Hérode n’aurait plus eu personne à crucifier.

        Dans les Evangiles, au lieu de lire : « Jésus » tout court, il faudrait lire : « Jésus du Ciel représenté sur terre par ses Saints ».

        Si seulement Zacharie pouvait revenir nous expliquer tout cet échaffaudage qu’il sûrement en grande partie contribué à mettre en place !


      • Emile Mourey Emile Mourey 9 octobre 2009 14:20

        @ Antenor

        Pour moi, c’est très clair. Il faudrait que j’écrive une suite à cet article pour expliquer les actes suivants. L’enjeu en vaut-il la chandelle ?


      • Antenor Antenor 9 octobre 2009 17:33

        @ Emile

        « Je suis étonné que les exégètes n’ait pas fait le rapprochement entre le fils de Dieu des évangiles et le conseil de Dieu des Esséniens qui se conduisait comme un Fils de Dieu, et même comme un Fils unique. »

        C’est précisément à partir de là que mon raisonnement diverge du vôtre. Ce conseil de Dieu des Esséniens ne peut-être le tout jeune Jésus mais Simon-Pierre : les descendants des prêtres de Sadek chassés par les Séleucides à l’époque du grand prêtre Simon et de nouveau écartés par les Macabbés/Asmonéens (Jean) quelques décennies plus tard.

        Si Marie avait été une population essénienne galiléenne, les prêtres asmonéens de Jérusalem (Zacharie) se seraient-ils réjouis de la naissance de ce nouveau danger ? Jean n’avait pas plus de légitimité qu’Hérode à gouverner Israël. Et il l’a bien compris : « Il faut qu’il grandisse et que moi je diminue ». Si Jésus a confié la nouvelle « église » à Simon, c’est parceque ce dernier était le seul pouvant légitimement prétendre à gouverner Israël. Je pense que par sa mort, Jean a mis Jésus au défi de prouver qu’il était bien le Christ en réalisant un acte encore plus « grandiose ». Si Jésus n’avait pas été capable de rivaliser en courage avec Jean, on se serait détourner de lui.


      • Emile Mourey Emile Mourey 9 octobre 2009 19:51

        @ Antenor

        Je ne pense pas que votre raisonnement soit fondamentalement différent du mien. Si Simon désigne bien les Esséniens du Nord de la Galilée qui se considèrent comme les descendants des exilés de Babylone revenus d’exil, grande communauté dans son tout mais aussi dans son conseil restreint de conseil de Dieu, je me demande si cela n’est pas un peu plus compliqué pour les Esséniens du Sud, Jean, dans lequel nous voyons tous deux les descendants des Asmonéens, victimes d’Hérode et d’exil plus récent ? Avons-nous raison de faire une différence aussi tranchée alors que le Protévangile de Jacques nous laisse entendre que les Jean qui ont fui la fureur d’Hérode ont été recueillis par des communautés esséniennes déjà en place dans le désert de Judée. Ne faudrait-il pas aussi prendre en considération deux courants : le courant traditionnel essénien (Simon-Pierre) des manuscrits de la mer Morte, siégeant en conseil à Gamala et le courant réformateur (Jean) de Qumrân ? Deux courants, ce qui laisse supposer qu’il pouvait y avoir des disciples de chaque courant dans les deux camps.

        Qu’il y ait eu rivalité entre Jean et Simon dans la compétition du martyre (un peu hésitant pour Simon), je suis bien d’accord avec vous mais je serais plus nuancé. Je ne vois pas cela sous forme de défi mais comme un ralliement de Jean à Simon à condition que ce dernier se convertisse à son courant, autrement dit qu’il brandisse le drapeau historique d’Israël au risque du martyre. Israël, c’est-à-dire de tout le monde juif, Palestine et diaspora, le symbole asmonéen de Jean ne pouvant prétendre qu’à l’héritage terrestre asmonéen dont Hérode s’est illégalement emparé.

        Là où nous divergeons concerne Zacharie et Marie. Pour moi, Marie est bien galiléenne et le protévangile de Jacques demande bien à Zacharie et à son fils Jean de se rallier au mouvement du Jésus qui va naitre de Marie.


      • Antenor Antenor 9 octobre 2009 21:38

        Oui, Marie descendante d’Aser et résidant à Nazareth était sûrement galiléenne. Par contre, d’après Matthieu et Luc, Joseph était de la tribu de Juda. Je m’interroge plutôt sur l’aspect essénien de Marie. Les évangiles pointent les pharisiens comme les « Méchants ». En réalité, il devait y avoir toute une série de positions nuancées entre les marchands du Temple et les exilés du désert. Jésus ne s’en prend jamais aux esséniens mais beaucoup ont dû sauter au plafond en lisant les évangiles.

        Les esséniens du Sud posent en effet question. Jean-le-Baptiste était-il représentatif de leur attitude ou bien à la marge ? Est-ce un Simon qui a recueilli Elisabeth ?

        « le protévangile de Jacques demande bien à Zacharie et à son fils Jean de se rallier au mouvement du Jésus qui va naitre de Marie. »

        Je pense que c’est l’inverse. Les auteurs asmonéens du protévangile de Jacques offre le sacerdoçat à Simon en échange de son aide. Derrière le « programme Jésus », il faut voir la patte de Zacharie. C’est lui qui a instruit Marie et qui a choisi Joseph ( qui habitait à Beth-Léem ?). Avant Jean et Jésus, c’est lui qui par son martyr a lancé la machine. D’après ce qu’on voit dans les évangiles, les « Simon » étaient passablement frileux et il n’y avait aucune initiative à attendre de leur part. De l’autre côté, Zacharie se doutait sûrement que les « Jean » seraient étroitement surveillés par le pouvoir. Il fallait donc faire naître et surtout faire grandir le Messie à l’écart de Jérusalem. Si Jacques contrairement à Matthieu, ne dit pas que la « Sainte Famille » s’est réfugiée en Egypte (chez Cléopas ?), c’est probablement par mesure de sécurité mais aussi parcequ’un Messie qui prend la poudre d’escampette à peine apparu, ce n’est pas très encourageant.

        Concrètement, je pense qu’en moins -7et à l’instigation de Zacharie, s’est déroulé à Beth-Léem une cérémonie clandestine d’investiture et de formation d’un nouveau conseil de prêtres essentiellement novices et qui avaient vocation à devenir des Saints dans le sens essénien du terme (cf votre Relecture de Jean) ; le tout avec l’espoir que le Sauveur se soit trouvé parmi eux. Ces prêtres qui auraient dû devenir des chefs de guerre au service de Jean et Simon ; ont apparemment changé leur fusil d’épaule en cours de route (instruits par l’échec de Sacrovir en Gaule ?) et préféré la solution pacifique.

        Au sujet de la citadelle de Gamala, vous vous interrogez sur ses occupants : Simon/André ou Jean/Jacques ? Il ne faut pas oublier le tétrarque Philippe. Militairement, c’était lui le patron. Il était fils d’une Cléopâtre. On ne peut affirmer d’emblée qu’il avait un lien avec Philippe l’apôtre de Beth-Saïd ou avec Cléopas mais la question est posée. Tout cela donne l’impression que le vieux Hérode avait tissé une sacrée toile d’araignée autour de son trône.


      • Guy Masavi Masavi 9 octobre 2009 12:47

        Merci pour cette approche de la fable de Jésus Christ. La référence à Flavius Josèphe seul contemporain écrivain de cette époque me parait incontournable, malgré les remaniement opéré sur son texte au III siècle au profit d’une fable qui voulait avoir apparence d’histoire.

        Les textes de Guy fau ou de Prosper Alfaric ont déjà abordé ainsi l’approche des évangiles et des texte bibliques qui sont tout sauf un texte historique.

        Un roman pour aborder de manière plus ludique cette réflexion :

        http://www.inlibroveritas.net/lire/oeuvre9803.html


        • octavien octavien 9 octobre 2009 13:52

          Sauf que flavius joséphe n’est pas contemporain de l’époque à laquelle M. Mourey fait référence (l’histoire de ce mec qui a finit sur une croix).

          flavius joséphe est contemporain de la fin du régne de néron et du début de celui de vespasien. Cela se voit dans son nom Flavius même nom que vespasien le général qui a fait campagne avec son fils titus contre la révolte juive en judée.

          flavius joséphe ayant pris le bon parti (celui de rome et de vespasien après l’année des 4 empereurs) en cours de route, il a été récompasé par la citoyenneté romaine et a pris le nom de la famille de son protecteur VESPASIEN
           donc M Mourey a tort de s’appuyer sur ce cher flavius joséphe pour conforter ses théses sur jésus qui a vécu au régne de tibère


        • Emile Mourey Emile Mourey 9 octobre 2009 14:32

          @ Octavien

          Grave erreur de votre part. C’est avec de telles affirmations qu’on entretient le flou sur cette période de l’histoire, ce qui arrange beaucoup de monde aux dépens de la recherche de la vérité. Les correspondances entre les écrits de Josèphe et les textes évangéliques ne manquent pas : http://www.agoravox.fr/ecrire/?exec=articles&id_article=27009


        • Mmarvinbear mmarvin 9 octobre 2009 14:43

          Flavius Josèphe : 37 - 100.

          Il n’est donc pas directement contemporain, mais très proche tout de même de la mort de Jésus. On peut donc considérer qu’il se base sur des textes et une tradition orale à peu près intacte.


        • octavien octavien 9 octobre 2009 16:37

          pour l’exemple flavius joséphe est autant contemporain des péripéties de jésus que nous le sommes de la seconde guerre mondiale


        • Mmarvinbear mmarvin 10 octobre 2009 13:28

          Si on en croit la bible, jésus est mort en 33. Flavius est né en 37. Laissons le grandir une quinzaine d’années, on arrive en 52 pour qu’il commence à penser et écrire en adulte.

          La 2è guerre s’est finie en 1945 et nous sommes en 2009. Il y a donc 64 ans d’écart.

          Donc non, nous ne sommes pas aussi proches (et loin de là) de la 2è Guerre que Flavius l’était de Jesus, d’autant plus qu’il a commencé ses miracles à l’age adulte...


        • Emile Mourey Emile Mourey 9 octobre 2009 14:46

          @ Canard

          Merci de votre cadeau. Que la confusion s’abatte sur toutes les critiques que m’a values mon article du 8/1/2007 sur Joseph en Egypte http://www.agoravox.fr/ecrire/?exec=articles&id_article=17369 !


        • Antenor Antenor 9 octobre 2009 22:13

          Je vais lire le livre de Bernard Lamborelle. J’ai quelques à priori sur certaines de ses formules mathématiques mais il semble avoir fait certains recoupements intéressants notamment en ce qui concerne les Hyksos.

          Hypothèse personnelle : les 430 ans mentionnés dans l’Exode sont peut-être l’écart séparant la sortie d’Egypte de Moïse du premier séjour d’Abraham plutôt que de l’entrée de Jacob. Quatre siècles entre Joseph et Moïse, cela fait quand même très long.
          Conséquence, il faudrait décaller tous les évènements précédents d’environ deux siècles.

          Le Déluge biblique serait une métaphore de l’écroulement de l’Empire d’Akkad et ce serait Gudéa, le très pieux roi de Lagash qui aurait inspiré la figure de Noé aux auteurs de la Genèse. Gudéa est en effet celui qui a tenu le gouvernail de Sumer quand la barque akkadienne prenait l’eau dans tous les coins. Le contraste est saisissant entre les représentations grandiloquentes de Naram-Sin et celles très simples de Gudéa. La prétention des rois akkadiens à quasiment égaler les dieux a dû choquer beaucoup de monde et la chute de l’empire aura été perçue comme une punition divine. Leurs successeurs ont dû être invités à plus de sobriété. Sobriété dont les Israëlites se posaient vraisemblablement en héritiers.

          La mort d’Haran et le départ d’Abraham d’Ur sont peut-être à rapprocher de la prise de la ville par Larsa vers -1910. Auparavant, Ur dépendait d’Isin dirigée par une dynastie amoritte orginaire de Mari.


        • Antenor Antenor 12 octobre 2009 22:20

          @ Emile

          Voilà qui contribue à éclaicir le mystère Ioseph / Osarseph et qui accrédite votre hypothèse d’une prédilection des Hébreux pour le culte lunaire.

          http://fr.wikipedia.org/wiki/I%C3%A2h




        • Antenor Antenor 12 octobre 2009 22:40

          Etonnant que ce soit précisément le pharaon Ahmosis qui a chassé les Hyksos qui soit lié à ce dieu. Si on ajoute à cela la date apparemment assez haute de la destruction de Jéricho envisagée par les archéologues (fin du 16ème siècle), il semblerait bien que la fuite des Hyksos et l’Exode des Hébreux soit exactement la même chose. Ce départ des Hyksos aurait donc été négocié. Les Egyptiens les installent en Canaan en échange de leur soumission. Le chef de l’armée du Seigneur devant lequel se prosterne Josué (5.13) ne peut être que celui de l’armée égyptienne (de Thoutmosis ?). Il faut donc comprendre que toutes les villes prises (notamment Meggido) ne l’ont pas été par les seuls Hébreux mais par une coalition sous commandement égyptien. La manne du seigneur cesse lorsque les mercenaire commencent à vivre sur le pays.

          Le pharaon de l’Exode serait Khamosis et ce serait son frère, le futur Ahmosis qui aurait agi dans l’ombre. Il ne fallait donc surtout pas divulguer son nom...


        • Antenor Antenor 12 octobre 2009 22:43

          En fait, le nom même d’Ahmosis est à lui seul incroyable : Ah-Mosis...


        • Emile Mourey Emile Mourey 13 octobre 2009 09:53

          @ Antenor

          et d’où Yahwé.


        • Emile Mourey Emile Mourey 13 octobre 2009 09:55

          @ Antenor

          A tout seigneur, tout honneur, c’est le fondateur de la dynastie des Aménophis, qui nous répond le premier. « Je suis Ahmès Ier, roi d’Egypte. J’ai poursuivi mes adversaires au-delà des frontières de l’Egypte. Pendant trois ans, j’ai assiégé leur place forte de Sharouhen, et au bout de trois ans, je l’ai prise. » Quelle était cette place forte ? Il ne peut s’agir que de Bersabée, la base arrière de Jacob, d’Isaac et d’Abraham, au sud du pays de Canaan. Quand cela a-t-il eu lieu ? la réponse est facile : vers les années 1590/1580, puisque c’est à cette époque qu’Ahmès fut couronné roi.175

          Extrait de mon « Dieu caché », page 217


        • Emile Mourey Emile Mourey 13 octobre 2009 13:06

          @ Antenor

          Rien de contradictoire mais, bien au contraire, nous sommes bien dans la même histoire mais il faut comprendre que les deux parties la relatent en fonction de l’idéologie qu’elles veulent transmettre. Pour les Egyptiens, c’est le pharaon qu’il faut mettre en valeur, pour les auteurs du texte biblique, c’est le peuple hébreu. Le « Contre Apion » de Flavius Josèphe est une bonne source de rectification. Il montre que les Hébreux n’ont pas été seuls quand ils se sont révoltés et qu’ils ont quitté l’Egypte. Quant au Moïse biblique, il n’est peut-être devenu hébreu que par opportunisme. Par ailleurs, il ne faut pas tomber dans le piège des noms. Comme je l’ai expliqué dans mes ouvrages et mes articles, Moïse n’était pas un individu. Probablement était-ce le nom d’une famille ou d’une dynastie ? Dans ce cas, rien de contradictoire à ce qu’il y ait eu des scissions et des luttes intestines dans le milieu dirigeant.


        • Antenor Antenor 13 octobre 2009 15:13

          D’Abraham à Josué ( et même plus tard ?), « Dieu » pourrait désigner le clerger d’Héliopolis. Ahmosis était originaire de Thèbes mais son nom le rattache à la cité de Ré. Cela expliquerait pourquoi le « Dieu » d’Abraham et de ses descendants était si puissant en Egypte sans être toujours en phase avec le Pharaon.

          Le fait que Josué entre sans combattre dans Sichem laisse deviner qu’elle était l’ultime refuge des Hyksos et qu’elle était toujours sous leur contrôle même après la défaite contre Thèbes.


        • Emile Mourey Emile Mourey 13 octobre 2009 17:31

          @ Antenor

          Je ne pense pas qu’on puisse identifier Dieu à un clergé. C’est Pharaon qui est Dieu même s’il n’existe pas en tant qu’individu mais en tant qu’invention et expression d’un clergé.


        • Antenor Antenor 14 octobre 2009 12:00

          Pharaon était Dieu aux yeux du peuple mais qu’en était-il aux yeux des aristocrates et des prêtres, en particulier ceux des cités rivales ? Les prêtres d’Héliopolis pouvaient-ils sincèrement penser qu’un Pharaon de Thèbes était l’hériter légitime de Ré-Osiris-Horus ? Quand je dis qu’à l’époque des patriarches, derrière le mot « Dieu » il faut voir le clergé d’Héliopolis, il faut que je précise : c’est par le biais du clergé d’Héliopolis que les Hébreux pensaient communiquer avec Dieu. Le départ d’Ur a pu provoquer chez Abraham un rejet de ses anciens dieux mésopotamiens. L’appel lancé à Abraham par le clergé d’Héliopolis aura été interprêté comme un appel lancé par Ré lui-même.

          Certains pharaons Hyksos portent des noms qui sont ceux des dieux héliopolitains. Si Moïse était prêtre dans cette cité plutôt qu’à Memphis, ce n’est probablement pas par hasard. De même que derrière l’invasion burgonde, il faut voir la main éduenne ; derrière l’invasion hyksos, il faut voir la main héliopolitaine. Ce dieu qui est le même d’Abraham à Moïse, je ne vois pas à quelle autre cité qu’Héliopolis il pourrait appartenir. Comparé avec les autres polythéïsmes contemporains, celui d’Héliopolis semble être le plus évolué, le plus moderne. Encore aujourd’hui, c’est celui que la plupart des gens connaissent le mieux. Il paraît logique que la religion « réformée » de Moïse en soit issue.

          On pourrait prolonger la comparaison avec les Eduens. Ceux-ci reconnaissaient officiellement l’empereur comme Dieu sur terre mais qu’en pensaient-ils réellement ?


        • Antenor Antenor 14 octobre 2009 12:08

          La transformation d’Abram en Abraham ne serait-elle pas une égyptianisation de son nom dans lequel aura été glissé le nom de Ra ?


        • Emile Mourey Emile Mourey 15 octobre 2009 08:09

          @ Antenor

          Nous sommes d’accord.


        • Gollum Gollum 9 octobre 2009 14:12

          Quant au remarquable hébraïsant Claude Tresmontant, il a démontré l’authenticité de l’évangile de Jean qui nous est parvenu,


          Sauf que Tresmontant, contrairement à vous, montre que la prophétie sur la destruction de Jérusalem de 70 est une véritable prophétie ce dont ne veulent pas entendre parler nos exégètes attachés comme vous au rationalisme le plus plat...

          Quant au prophète Daniel, je renvoie aux écrits de Raoul Auclair qui montre à quel point cette prophétie concerne notre époque.. Raoul Auclair d’ailleurs cité par Pierre Jovanovic dans son dernier bouquin, que je recommande chaudement..

          On vit une époque passionnante où le voile du Temple se déchire.. Il y en a bientôt qui vont se sentir carrément ridicules.

          • Emile Mourey Emile Mourey 9 octobre 2009 14:56

            @ Gollum

            Le principe de la recherche historique est de faire avancer la connaissance. Il est donc logique que j’approfondisse les travaux de Tresmontant en confirmant certaines de ses déductions et en en modifiant d’autres. Tresmontant voit l’évangile de Marc avant Jean alors que je place Jean en premier.

            Tresmontant est resté fidèle à l’institution catholique et a manqué d’audace pour aller jusqu’au bout de ses déductions. Je suis allé plus loin.


            • Akwa Akwa 9 octobre 2009 16:48

              Cet article est parfaitement incompréhensible, sans queue ni tête.
              C’est un charabia imbitable, qui semble s’en prendre plus ou moins aux religions Chrétiennes, et les réviser, en mélangeant tout.


              • Emile Mourey Emile Mourey 9 octobre 2009 16:55

                @ Akwa

                Vous confirmez très exactement ce que j’ai écrit dans ma note en bas de mon article. Il vous faut une vérité simple, pas trop compliquée.


              • Internaute Internaute 9 octobre 2009 21:05

                Je vous ai suivi plus ou moins mais franchement je ne vois pas le rapport entre la position de Bibracte et l’évangile selon Saint Jean. Est-ce le prohète dont vous parlez qui serait venu de Gaule ? Qui est-il dans ce cas ?


                • Mmarvinbear mmarvin 10 octobre 2009 13:32

                  Je crois qu’en fait, Mimile a acheté des terrains au Mont Saint Vincent et qu’il veut y ouvrir Bibracte-land. Mais il a mal lu car Bibracte se trouve sur le Mont Beuvray. Alors il fait tout ce qu’il peut pour déplacer le site, histoire de ne pas perdre d’argent.
                   :)

                  Plus sérieusement, ses théories seraient peut-être prises plus au sérieux s’il faisait un effort de clarté, s’il présentait des preuves et non des interprêtations, et surtout s’il acceptait l’idée qu’il puisse se tromper...


                • moebius 9 octobre 2009 21:09

                   Oui cet article est absolument incomphréensible ? vous étes au bord de la folie ? Croyez qu’il ya une vérité historique ? 
                   Lisez plutot ces paroles que vous citez et faite une pause dans ce que je qualifierais de délire historique.
                  "la multitude des Juifs enfermés dans la Ville était agitée en sens divers. Les plus faibles, agglomérés autour du Temple, se livraient à des transports mystiques et débitaient force discours prophétiques selon les circonstances (Flavius Josèphe, Guerre des Juifs, Livre I, Chap. XVIII, 347).

                  Des individus vagabonds et fourbes, qui ne cherchaient que changements et révolutions sous le masque de l’inspiration divine, poussaient la multitude à un délire furieux et l’entraînaient au désert, où Dieu, disaient-ils, devait leur montrer les signes de la liberté 
                  prochaine (Livre II, XIII, 259).
                   
                  «  » Jésus qui vient vers lui et dit : « Voici l’Agneau de Dieu qui va racheter le péché du monde. » (Jean I,29).
                   la foule en proie a l’hystérie et a l’indifférentiation se cherche un bouc un agneau, un christos, un Frédo récent ou pour se calmer et donc voila l’entrée en scéne de celui qui ne se préte pas a ce jeux et qui plutot que complaire à la foule lyncheuse et irationnelle lui dit nous dit la vérité sur le divin 
                   et vous fou que vous étes vous nous parlez de Bitracte et de la Gaulle ??????

                  • Emile Mourey Emile Mourey 9 octobre 2009 21:28

                    @ Moebius et @ internaute

                    copie @ Antenor

                    Si je suis fou, je ne suis actuellement plus le seul. Il faudrait demander à ceux qui me comprennent, comme Antenor, de vous expliquer le problème. Mais le mieux serait de vous reporter à mes précédents articles.


                  • Emile Mourey Emile Mourey 9 octobre 2009 21:41

                    rectificatif : rayer @ internaute dans mon message précédent, lire nouveau message @ internaute

                    Evidemment, cela peut surprendre ex abrupto, mais c’est bien ma remise en question de la localisation du site de Bibracte qui m’a amené à repenser les origines du christianisme en Gaule et à remonter jusqu’en Palestine et à l’évangile de Jean.


                  • moebius 9 octobre 2009 21:13

                    Le divin vous vous en branler non ? Bitracte ! c’est grave ? ce qui ..et puis zut


                    • moebius 9 octobre 2009 21:15

                       Les gaulois attendrait le méssie ? 


                      • moebius 9 octobre 2009 22:25

                        Les autres qui partagent votre point de vue eux aussi doivent avoir un grain., vous étes plusieurs a partager le méme grain. A la base un manque de reconnaissance social peut étre et un processus intellectuel qui s’autonomise... Jésus et les gaulois.. la gaule c’est le centre étoilée du monde ?


                        • hpspt 9 octobre 2009 22:54

                          Cette manie qu’ont les chrétiens de tordre le cou à l’histoire pour l’adapter à leurs textes.
                          D’un coté les évangiles, bricolés, modifés, revus et corrigés et dont pratiquement rien n’est historique. Et de l’autre, l’histoire : les écrits, les témoignages, les nombreux historiens de l’époque (dont, d’ailleurs aucun n’a entendu parler de Jésus).
                          Un exemple : les écrits de Qumran qui couvrent une large période avant et après JC, ne mentionnent jamais ce dernrier. Bizarre ? Non ?
                          Pour moi, ce genre de dissertation a autant d’intérêt que de savoir si oui ou non, le Père Noël est végétarien...


                          hpspt

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