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Accueil du site > Actualités > Religions > Introduction au zérothéisme

Introduction au zérothéisme

Autant le dire dès le début, la question de l'existence de Dieu ne présente pas le moindre intérêt. L'argument ontologique est à prendre à rebours : l'Être suressentiel, éternel, infini dans son être et dans ses attributs n'a que faire de l'existence. Exister n'apporte rien de plus à ce qu'il est déjà. Et s'il n'existe pas, cela ne lui nuit en rien, il ne perd rien. Si ses attributs sont infinis, c'est comme s'il n'en avait aucun. Ce que je suis en train de dire, c'est que si Dieu existe, alors il n'existe pourtant pas, et si Dieu n'existe pas, alors il existe quand même. C'est pourtant simple à comprendre. Voilà donc la question odieuse "Dieu existe-t-il ?" balayée, évacuée, expulsée comme une malpropre (je n'ai pas dit "résolue", je souligne). Il faut admettre qu'on respire mieux, tout de suite, et on peut passer à l'étape suivante. Dieu ne peut pas être quelque chose, car ce serait affirmer son existence, et tomber dans une impasse. Posons donc : Dieu n'est rien. Ou plutôt : Dieu est rien. C'est un néant, un vide, c'est le zéro métaphysique absolu [1], dont "l'Etre n'est qu'un infime défaut dans l'infinie pureté du Non-Être" (Valéry). On parlera donc de zérothéisme.

Ainsi, Dieu est rien. Je ne sais pas si cela satisfera les athées et certains croyants. Mais qu'on y réfléchisse. Après tout, rien, c'est quelque chose ! Qui a déjà vu "rien", qui a essayé de penser à rien, de se représenter le néant ? Pas facile. Et pourtant, le vide est partout, même s'il n'est nulle part en particulier. La matière ne peut exister que par le vide qui sépare les particules, "trente rayons convergent au moyeu, mais c'est le vide médian qui fait marcher le char" (Laozi). La question n'est donc pas "pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?", mais "pourrait-il y avoir quelque chose s'il n'y avait pas rien  ?".

Qu'on ne se méprenne pas : le zérothéisme n'est pas de l'athéisme. Au contraire, le zérothéisme se trouve au sein des grandes traditions religieuses, de la théologie apophatique chrétienne à la réalisation bouddhiste de la vacuité, en passant par l'anéantissement soufi. L'athée prend prétexte de l'inexistence de Dieu pour échapper à toute pratique spirituelle déterminée. L'agnostique, plus timoré, fait valoir son scepticisme pour suspendre sa pratique à l'indécidabilité d'une question qui est, je l'ai dit plus haut, totalement inintéressante. Bon nombre d'athées et d'agnostiques prétendent tout de même qu'ils peuvent développer une forme de spiritualité qui leur est spécifique. Nous voyons bien que le zérothéisme permet effectivement de leur aménager un chemin vers Dieu, car il est permis de supposer que leurs réticences proviennent en réalité d'une saine horreur de l'idolâtrie dont les fidèles donnent malheureusement trop d'exemples. Cependant, cette "bonne foi" présumée des athées et des agnostiques est beaucoup plus douteuse lorsqu'elle se mue en mépris systématique de toute forme de dévotion et de religiosité, qui ne sont nullement bannies par le zérothéisme.

Si Dieu est rien, alors l'Infini n'est pas seulement le Supérieur absolu, mais il est aussi l'Inférieur ("supérieur à toute chose par sa puissance, inférieur par son soutien"-Saint Grégoire Ier le Grand). Les infinis convergent : le plus grand est le plus petit, et les premiers seront les derniers. Si la croissance infinie de la puissance humaine n'est pas envisageable, puisque celle-ci connaîtra toujours des limites, il apparaît que l'humilité est un chemin plus sûr pour parvenir à une union avec le divin. C'est donc l'égo, qui fait désirer la puissance et l'extension illimitée des capacités, qu'il faut mater. Il ne s'agit cependant pas de rejeter absolument les réalisations obtenues grâce à l'égo, puisque celles-ci sont profitables dans d'autres domaines, mais de ne pas s'y attacher, et ne pas leur sacrifier la joie obtenue lors de la démarche spirituelle de dépouillement de soi. L'humilité abaisse le moi, le vide de sa consistance jusqu'à le faire semblable à Dieu. Une âme anéantie qui se regarde dans le miroir voit Dieu, puisque son néant est identique au néant divin. La dévotion et l'humilité ont pour but de mettre les êtres dans cet état de disponibilité spirituelle totale, qui permet, en ne favorisant pas un aspect ou une idée de Dieu en particulier, d'embrasser son néant et de s'y fondre dans un amour absolu. Il apparaît donc que le zérothéisme n'est pas qu'une vue de l'esprit ou une acrobatie dialectique, mais qu'il a une implication directe sur l'expérience existentielle. La vie mystique, c'est le vide mental, qui ne doit pas être confondu avec l'anesthésie de l'intelligence, mais qui est plutôt une ouverture sans réserve de l'esprit. La connaissance de Dieu, dans cette optique, est en fait une inconnaissance, une docte ignorance. 

Méfions-nous de la sémantique, qui nous laisserait croire que le zérothéisme s'oppose au monothéisme. Le terme "monothéisme" ne désigne pas un polythéisme pratiqué avec un seul dieu, mais une altérité radicale par rapport à celui-là dans la conception du divin. Le Dieu des monothéismes n'est pas similaire aux dieux des polythéismes. Infini dans son essence, Dieu échappe à toute qualification, contrairement aux dieux finis, bien qu'immortels. Cependant, les dieux polythéistes peuvent dans certaines traditions être identifiés non comme des entités surnaturelles individuelles et indépendantes, mais comme des manifestations du divin unique et ineffable. La mise en garde du monothéisme à l'égard de cette conception vise le risque de déviation qui consisterait à ne plus mettre l'accent sur l'adoration du divin en lui-même, mais sur ses manifestations circonscrites à une culture, à un lieu ou à une époque. S'attacher à celles-ci revient à n'adorer qu'un aspect de Dieu, ce qui aboutit finalement à ne pas le vénérer du tout, tant sa particularité est justement de n'avoir pas de particularité. Le monothéisme qui refuse ainsi de faire de Dieu une idole est donc compatible avec le zérothéisme.

On pourra objecter qu'on voit mal comment accorder le zérothéisme avec le dogmatisme. Si Dieu est un pur néant, pourquoi y aurait-il besoin de dogmes ? Et pourquoi faudrait-il croire quoi que ce soit pour garantir son Salut ? Ces questions viennent logiquement, mais trahissent une profonde incompréhension de la place des dogmes et des croyances dans les religions. "Croire en Dieu" ne signifie pas "croire que Dieu existe", mais croire en lui, c'est-à-dire centrer sa vie et son espérance sur lui. De la même manière, la croyance aux dogmes ne se résume pas simplement à l'accréditation de certaines affirmations dans leur objectivité factuelle, mais elle révèle plutôt une capacité à s'enthousiasmer pour le contenu spirituel que celles-ci mettent en valeur. Les dogmes n'expliquent pas Dieu, ne donnent pas une information sur lui, mais au contraire épaississent son mystère. Au lieu d'être un raccourci pour comprendre le divin facilement par le biais de l'intelligence, ils sont un obstacle au mental qui ne trouve pas de prise pour l'appréhender, et doit renoncer à le faire, car "tout concept formé par l'entendement pour tenter d'atteindre et de cerner la Nature Divine ne parvient qu'à façonner une idole de Dieu, non à Le faire connaître" (Grégoire de Nysse). Croire aux dogmes permet donc d'augmenter sa dévotion en faisant grandir l'amour de Dieu, tout en circonvenant le mental qui n'est bon qu'à perturber l'expérience de la présence divine. D'autres approches que le dogmatisme peuvent néanmoins remplir ce but : les koans zen en sont un exemple particulièrement frappant.

Il apparaît donc que le zérothéisme soit non pas une voie parmi d'autres, mais l'essence même de toute forme de spiritualité authentique. Tout comme le monothéisme, il ne désigne pas une religion en particulier, mais une attitude générale par rapport à la divinité. Le zérothéisme dépasse la dualité théiste/non-théiste, si bien que des religions qui ne parlent pas de Dieu, comme le bouddhisme, restent dans le cadre qu'il définit. Toute religion dont la théologie n'aboutit pas au zérothéisme est suspecte, car elle fait descendre Dieu dans le monde de l'existant, et lui attribue des particularités qui le limitent. Ne s'attachant à aucune forme religieuse, mais conforme aux grandes traditions spirituelles de l'humanité, le zérothéisme est un paradigme qui permet le dialogue et le rapprochement entre celles-ci. Il n'est cependant pas à prendre comme un prétexte à un syncrétisme facile, puisqu'il laisse à chaque religion son identité propre, qui trouve sa raison d'être dans des domaines non concernés par le zérothéisme.

 

[1] Sur l'expression de "zéro métaphysique", on peut citer ce passage de René Guénon, qui utilise cette expression dans un sens qui correspond au zérothéisme : « Comme le Non-Être, ou le non-manifesté, comprend ou enveloppe l'Être, ou le principe de la manifestation, le silence comporte en lui-même le principe de la parole ; en d'autres termes, de même que l'Unité (l'Être) n'est que le Zéro métaphysique (le Non-Être) affirmé, la parole n'est que le silence exprimé ; mais, inversement, le Zéro métaphysique, tout en étant l'Unité non-affirmée, est aussi quelque chose de plus (et même infiniment plus), et de même le silence, qui en est un aspect au sens que nous venons de préciser, n'est pas seulement la parole non-exprimée, car il faut y laisser subsister en outre ce qui est inexprimable, c'est-à-dire non susceptible de manifestation... », René Guénon, Les États multiples de l'être


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202 réactions à cet article    


  • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 7 juillet 2014 10:25

    À l’auteur :
    « Autant le dire dès le début, la question de l’existence de Dieu ne présente pas le moindre intérêt.  »

    Par Rounga (---.---.194.224) 5 juillet 23:54
    Pour qu’un dieu nous donne quelque nourriture spirituelle, encore faut-il qu’il existe !
    Pouvez-vous prouver son existence ? ? ?... [ J-P LL ]

    On s’en fout qu’il existe ou pas, l’important est de se nourrir spirituellement. [ Rounga ]

    ​J-P LL :
    Non, on ne s’en fiche pas car il s’agit d’un problème fondamental.
    1)
    Peut-on mener une vie spirituelle sans postuler l’existence d’un « dieu », « être​ créateur de l’univers » à l’existence improuvée ? Oui, absolument. Agnosticisme.
    2)
    2.1)
    Peut-on mener une vie spirituelle en postulant l’existence d’un « dieu », « être​ créateur de l’univers » à l’existence improuvée ? Oui, également. Croyants.
    Mais, dans ce cas, ladite vie spirituelle est sujette à caution et ne constitue que purs verbiage et ratiocination car elle découle d’un postulat improuvé, à savoir l’existence dudit « dieu ». Tant que son existence n’est pas prouvée (CAUSE), lesdits textes et toutes autres considérations « théologiques » n’ont aucun caractère sacré (EFFET) : on peut donc s’en torcher sans commettre aucun sacrilège ! ! ! Indépendamment de ce que d’autres pensent...
    ​2.2)​
    ​Peut-on mener une vie spirituelle en postulant l’inexistence d’un « dieu », « être​ créateur de l’univers » à l’inexistence improuvée ? Oui, aussi. Athées.
    Mais, dans ce cas, par symétrie, ladite vie spirituelle est aussi sujette à caution ​que celle des croyants en raison de la même tare initiale conceptuelle.

    ​Personnellement, pour toutes ces raisons, je n’ai jamais parcouru les textes « dits sacrés » autrement que d’un derrière distrait.
    (paraphrase de Henri Jeanson)


    • Rounga Rounga 7 juillet 2014 10:47

      Pour que Dieu ait une existence, il faut qu’il soit quelque chose. S’il est quelque chose, alors il n’est pas Dieu. Par conséquent, se crisper sur la question de l’existence ou de l’inexistence de Dieu est une impasse. C’est une attitude comparable à celle d’un chat déployant tous ses efforts et son agilité pour attraper le point rouge que le maître projette sur le sol avec un laser. Le chat n’arrivera jamais à saisir le point rouge, car il ne comprend pas sa nature. Le maître comprend ce qu’est le laser, mais ça ne veut pas dire qu’il peut l’attraper.
      Voilà l’idée générale de l’article. Vous semblez exiger qu’on vous présente une preuve de l’existence de Dieu, mais cette attitude reflète le désir de poser les pieds sur un fond stable. C’est justement cet espoir que le zérothéisme réfute : il n’y a pas de fond, il n’y a qu’un vide. C’est ce que Jésus dit : « Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l’homme n’a pas où reposer sa tête. » Vous n’avez pas besoin de penser que Dieu existe pour goûter aux textes sacrés, il suffit de les lire avec un esprit ouvert et de voir ce que vous en récoltez.


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 7 juillet 2014 10:52
      Par Rounga (---.---.82.252) 7 juillet 10:47

      Vous tournez en rond dans votre fatras idéologique et théologique qui ne requiert aucune réponse complémentaire !
      Tournez, tournez ! ! !...
       smiley

    • Rounga Rounga 7 juillet 2014 11:04

      Ce que vous ne comprenez pas, c’est que le « verbiage et la ratiocination » sont de votre côté, puisque vous n’arrivez pas à lâcher prise sur la question de l’existence de Dieu. Vous déployez une argumentation inutile pour justifier votre attitude par rapport aux religions, mais cela n’est qu’atermoiement pour reculer un travail spirituel que vous prétendez pouvoir fournir à partir de votre attitude. Le problème est que si cela était vrai, vous arriveriez à traiter avec indifférence la question de l’existence de Dieu, alors que vous y revenez sans cesse !


    • Hermes Hermes 7 juillet 2014 11:07

      Bonjour,
       compte tenu de l’immensité de l’univers, s’il existait quoi que ce soit qui l’eut créé, celà serait inconcevable à la raison, aussi inconcevable l’absence d’intention derrière tout cela. Cela tient juste au fait que nous ne pouvons penser qu’à travers notre conditionnement lié à notre survie individuelle, minuscule être humain parmi des milliards, sur une minuscule planète parmi des milliards de systèmes solaires, dans une minuscule galaxie parmi des milliards de galaxies,.... etc.

       Nous ne savons même pas sortir de nos antagonismes et de nos conflits, et nous pensons pouvoir aborder cette question..... et avoir « raison ».

       Et si « Dieu » n’existait que si nous le créons en nous-même par l’accès à un état où nous cessons de penser la vie, mais simplement la vivons ? Il y aurait autant de « Dieu » ou « non Dieu » que de personnes traversant cet état où affirmation et négation disparaissent. Pour paraphraser Eliphas Levi, la perspective n’est plus « Je pense donc je suis », mais « Je suis donc l’être est », et accessoirement je pense, mais très accessoirement, tellement la pensée est réductrice !

      Bonne journée.


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 7 juillet 2014 11:20
      Par Rounga (---.---.82.252) 7 juillet 11:04
      « Ce que vous ne comprenez pas, c’est que le « verbiage et la ratiocination » sont de votre côté, puisque vous n’arrivez pas à lâcher prise sur la question de l’existence de Dieu.  »

      Mais c’est vous qui ramenez toujours la discussion sur l’existence d’un « dieu », « être créateur de l’univers » en vous référant aux « supposés textes sacrés » qui impliquent l’existence préalable d’un « dieu » « être créateur de l’univers », à l’existence improuvée, pour inspirer l’existence de ces « supposés textes sacrés ».
      « Vous n’avez pas besoin de penser que Dieu existe pour goûter aux textes sacrés » (sic).

      Mettez donc un peu de logique dans vos développements, SVP ! ! !

      Point final en ce qui me concerne.


    • Rounga Rounga 7 juillet 2014 11:34
      Mais c’est vous qui ramenez toujours la discussion sur l’existence d’un « dieu », « être créateur de l’univers » en vous référant aux « supposés textes sacrés » qui impliquent l’existence préalable d’un « dieu » « être créateur de l’univers », à l’existence improuvée, pour inspirer l’existence de ces « supposés textes sacrés ».

      Au contraire j’évacue la question dès le premier paragraphe de mon texte. Nulle part je ne fais référence à un créateur, et nulle part je n’invoque l’autorité de textes sacrés, sinon à titre d’illustration de ce que je suis en train de dire. J’utilise l’expression « texte sacré », car c’est l’expression adéquate lorsqu’on parle d’un texte fondateur d’un culte ou d’une religion. Quand on dit « les textes sacrés de l’islam », on ne sous-entend pas qu’on considère soi-même ces textes comme sacrés, mais on indique simplement que ces textes sont particulièrement importants dans la doctrine islamique.
      Par conséquent, les remarques que vous me faites sont sans objet, et ne concernent nullement l’article.

    • Rounga Rounga 7 juillet 2014 11:47

      De plus, j’aimerais faire remarquer votre tendance à écrire « dieu » entre guillemets (ce qui n’a aucun sens) et une minuscule là où on parle de Dieu. Je pensais avoir été clair : Dieu n’est pas un dieu. Dieu n’est pas quelque chose. Ce n’est pas non plus quelqu’un, du moins pas dans la mesure où vous pensez être vous-même quelqu’un.


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 7 juillet 2014 11:51
      Par Rounga (---.---.82.252) 7 juillet 11:34

      Vous radotez illogiquement ! ! !
       smiley

    • Rounga Rounga 7 juillet 2014 13:19

      Vous radotez illogiquement !!!

      De la part d’un intervenant dont la plupart des contributions sont des copié-collés, je trouve ce reproche assez cocasse. Si vous ne vous montriez pas aussi allergique à certains textes dès lors qu’on les prétend sacré, je vous aurais bien raconté une histoire de paille et de poutre...
      Quoi qu’il en soit ça ne me dérange pas de radoter lorsqu’il s’agit d’expliquer le sens des mots. Face à un interlocuteur qui l’ignore avec entêtement, je ne me lasserai jamais de répéter encore et encore. La pédagogie, c’est la répétition, dit-on :
      sacré, adj : Qui a un rapport avec la religion, avec l’exercice d’un culte : Auteurs sacrés. Musique sacrée et musique profane.
      Je peux donc à mon aise parler des textes sacrés des Mormons, même si je méprise leur religion au plus haut point. De la même manière, je ne refuserais pas d’appeler le dalaï lama par ce titre sous prétexte que je verrais en lui un odieux connard au lieu d’un « océan de sagesse ».
      Mais puisque vous vous targuez d’être logique, expliquez-moi ce que l’affirmation « Dieu existe » voudrait dire, logiquement.


    • Rounga Rounga 7 juillet 2014 14:10

      Ah, j’oubliais : expliquez-moi logiquement comment on peut parler des textes sacrés du bouddhisme. Si on suit votre logique, l’usage de cette expression implique « le postulat d’un »dieu« , »être créateur de l’univers« à l’existence improuvée », alors que pourtant le bouddhisme ne parle à aucun moment de Dieu créateur. Comment expliquez-vous cela ? 


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 7 juillet 2014 14:53
      Par Rounga (---.---.82.252) 7 juillet 14:10
      « le bouddhisme ne parle à aucun moment de Dieu créateur »

      Comment le bouddhisme répond-il à la question fondamentale :
      Quelle est l’origine de l’Univers ?"


    • alinea alinea 7 juillet 2014 15:01

      Jean-Pierre :
      Le bouddhisme enjoint l’homme de ne pas se poser des questions sans réponse ; cette question n’est pas fondamentale pour tout le monde !! et de toute façon, c’est une question sans réponse !! Le bouddhisme est une philosophie, une sagesse et en aucun cas une religion !!


    • Rounga Rounga 7 juillet 2014 15:10
      Comment le bouddhisme répond-il à la question fondamentale :
      Quelle est l’origine de l’Univers ?"

      Ce n’est pas une question fondamentale dans le bouddhisme.

    • non667 7 juillet 2014 15:13

      à jp.l 
      les savants physiciens nous prouvent l’existence de forces /phénomènes (pesanteur ,magnétisme ,électricité ......) par leurs effets qu’ils confirment par de nombreuses expériences !
      hors les évolutionnistes ne reconnaissent pas l’existence des dieux créateurs parce qu’ils ne savent pas reproduire la vie ! ( il y a une volonté politique façon lyssenko derrière cela )
      pourtant chaque brin d’herbe est un effet de la création divine , une preuve  ! 


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 7 juillet 2014 15:19
      Par alinea (---.---.175.184) 7 juillet 15:01

      J’ignore si je peux considérer votre commentaire comme émanant de Rounga...
      « Quelle est l’origine de l’Univers ? » constitue une question fondamentale qui, sous différentes formes, obsède l’Humanité depuis son apparition et, en fonction des réponses apportées au fil du temps, a engendré les religions.
      Si le bouddhisme ignore cette question, il ne fait pas partie du champ de la discussion proposée par Rounga.


    • Jean Keim Jean Keim 7 juillet 2014 15:25

      Un point final suivit de trois petits points en qq. sorte, la pensée est la grande soeur du débat.


    • Rounga Rounga 7 juillet 2014 15:31

      Si le bouddhisme ignore cette question, il ne fait pas partie du champ de la discussion proposée par Rounga.

      Ce n’est pas vous qui allez décider ce qui sort du champ de la discussion que je propose.
      La question de la création de l’Univers m’intéresse moi aussi fort peu. La question importante, c’est la vie : comment se débrouille-t-on avec les énergies que nous possédons, avec le problème de la souffrance, de la mort, de la finitude. Voilà le sujet de l’article.


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 7 juillet 2014 15:40
      Par Rounga (---.---.82.252) 7 juillet 15:10
      « Quelle est l’origine de l’Univers ? n’est pas une question fondamentale dans le bouddhisme. »

      Le bouddhisme ne se réfère donc pas à un « dieu » « créateur de l’univers » qui aurait inspiré ses « textes sacrés » au contraire du judaïsme, du christianisme et de l’islam.

      Le bouddhisme ne se situe donc pas sur le même plan que ces trois religions.

      En conséquence, le terme « sacré » n’a pas la même connotation pour les bouddhistes et les tenants des trois autres religions dont je récuse le caractère « sacré » en tant que textes d’inspiration divine tant que l’existence de leur « dieu » « créateur de l’univers » demeure improuvée.


    • Rounga Rounga 7 juillet 2014 15:43
      Le bouddhisme ne se réfère donc pas à un « dieu » « créateur de l’univers » qui aurait inspiré ses « textes sacrés » au contraire du judaïsme, du christianisme et de l’islam.

      Le bouddhisme ne se situe donc pas sur le même plan que ces trois religions.

      Sauf sous la perspective zérothéiste. Vous avez lu l’article ?

    • Rounga Rounga 7 juillet 2014 15:45

      Il me semble que vous avez une perception extrêmement étroite de ce que sont les trois monothéismes.


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 7 juillet 2014 15:51
      Par Rounga (---.---.82.252) 7 juillet 15:31

      « La question importante, c’est la vie : comment se débrouille-t-on avec les énergies que nous possédons, avec le problème de la souffrance, de la mort, de la finitude ».
      Je suis parfaitement d’accord avec vous.

      « La question de la création de l’Univers m’intéresse moi aussi fort peu.  »
      Tout ce que vous indiquez, plus haut, comme objet de votre intérêt, découle, que vous le vouliez ou non, de la réponse à cette question fondamentale de la Création de l’Univers !


      Superbe paradoxe ! ! !



    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 7 juillet 2014 15:56
      Par Rounga (---.---.82.252) 7 juillet 15:45
      « Il me semble que vous avez une perception extrêmement étroite de ce que sont les trois monothéismes. »
      À partir du moment où leur clef de voûte est un « dieu » « créateur de l’univers », à l’existence improuvée, je cesse totalement de m’intéresser aux ratiocinations qui en découlent.



    • alinea alinea 7 juillet 2014 15:59

      L’humanité a tendance à se focaliser sur des conneries ; mais je ne suis pas sûre que l’on puisse parler d’humanité ! il y a des tas de sagesses, de tous lieux et de tous temps qui se foutent du big bang, parce que, simplement, ils savent que c’est une question sans réponse : à quoi bon perdre son temps, on a tout à faire !!
      Je n’ai jamais entendu parler de sacré dans le bouddhisme, mais bon, j’ai beau y avoir plongé, ceci m’aura peut-être échappé !!


    • Rounga Rounga 7 juillet 2014 16:00

      Tout ce que vous indiquez, plus haut, comme objet de votre intérêt, découle, que vous le vouliez ou non, de la réponse à cette question fondamentale de la Création de l’Univers !

      Non.

      À partir du moment où leur clef de voûte est un « dieu » « créateur de l’univers », à l’existence improuvée, je cesse totalement de m’intéresser aux ratiocinations qui en découlent.


      Enlevez cette clef de voûte : l’édifice tient quand même, vous pouvez le visiter.


    • Rounga Rounga 7 juillet 2014 16:05

      Je n’ai jamais entendu parler de sacré dans le bouddhisme

      Il y a bien des sutras que les moines récitent tous les matins, il y a bien des statues devant lesquelles ils se prosternent. Mais cela a une raison d’être, une raison qui est pratique, et non théorique.
      La question de l’origine de l’univers est une question théorique, un joujou intellectuel, mais la vie de tous les jours, l’humilité dans la pratique, quelle qu’elle soit, ça c’est pratique.


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 7 juillet 2014 16:08
      Par Rounga (---.---.82.252) 7 juillet 16:00
      « À partir du moment où leur clef de voûte est un « dieu » « créateur de l’univers », à l’existence improuvée, je cesse totalement de m’intéresser aux ratiocinations qui en découlent. »
      « Enlevez cette clef de voûte :  » Tout s’effondre ! ! !

    • Rounga Rounga 7 juillet 2014 16:15
      « Enlevez cette clef de voûte :  » Tout s’effondre ! ! !

      Essayez. Un indice avant de tenter l’expérience : Dieu est rien.

    • Jean Keim Jean Keim 7 juillet 2014 16:15

      Je ne suis pas un érudit en bouddhisme, je ne suis érudit en rien du tout d’ailleurs, mais cet art de vivre ne s’intéresse véritablement qu’à ce qui nous est accessible, son objectif est clairement énoncé par son fondateur après qu’il ait découvert le monde quand il a quitté sa prison dorée : ’’mettre un terme à la souffrance", tout le reste n’est que ratiocination.
      Il est bon de rappeler que Le bouddha ayant compris le sens de la vie voulait en rester là, mais sous la pression de ses fidèles, il a accepté de développer un enseignement que les disciples ont transformé en doctrines, chapelles, religions avec ses schismes, et finalement le bouddha a été déifié et est devenu Bouddha avec même tout un panthéon. Le même cirque se répètera environ un demi siècle plus tard en Palestine. Dans le bouddhisme qui est essentiellement rationnel, il y a la notion de cause à effet, chaque chose (agrégat) vient d’une cause qui produit à son tour un effet etc., c’est la notion de Karma, et l’Univers du point de vue bouddhiste, n’échappe pas à cette loi, la cause première ou tout au moins ce qui à engendré l’Univers existerait donc, et mettre un terme à la souffrance c’est échapper à la loi karmique - le nirvana - mais ergotter sur ce qu’est cet état ne sert à rien, ce n’est pas accessible au mental dont la nature participe à la souffrance.


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 7 juillet 2014 16:25
      Par Rounga (---.---.82.252) 7 juillet 16:15
      « Enlevez cette clef de voûte :  » Tout s’effondre ! ! !
      Essayez. Un indice avant de tenter l’expérience : Dieu est rien.

      J’ai essayé :
      Autant le dire dès le début, la question de l’existence de Dieu ne présente pas le moindre intérêt. L’argument ontologique est à prendre à rebours : l’Être suressentiel, éternel, infini dans son être et dans ses attributs n’a que faire de l’existence. Exister n’apporte rien de plus à ce qu’il est déjà. Et s’il n’existe pas, cela ne lui nuit en rien, il ne perd rien. Si ses attributs sont infinis, c’est comme s’il n’en avait aucun. Ce que je suis en train de dire, c’est que si Dieu existe, alors il n’existe pourtant pas, et si Dieu n’existe pas, alors il existe quand même. C’est pourtant simple à comprendre. Voilà donc la question odieuse « Dieu existe-t-il ? » balayée, évacuée, expulsée comme une malpropre (je n’ai pas dit « résolue », je souligne). Il faut admettre qu’on respire mieux, tout de suite, et on peut passer à l’étape suivante. Dieu ne peut pas être quelque chose, car ce serait affirmer son existence, et tomber dans une impasse. Posons donc : Dieu n’est rien. Ou plutôt : Dieu est rien. C’est un néant, un vide, c’est le zéro métaphysique absolu [1], dont « l’Etre n’est qu’un infime défaut dans l’infinie pureté du Non-Être » (Valéry). On parlera donc de zérothéisme.

      Par ZEN (---.---.112.189) 7 juillet 11:02

      Logomachie...


    • alinea alinea 7 juillet 2014 16:26

      Ces rituels, c’est ce qu’en ont fait les gens ! Le Bouddha était formellement contre tout rituel que ce soit !! Toute dévotion !
      D’ailleurs, c’est vrai que le bouddhisme est pris pour une religion ! Un monde entre les écrits du bouddha et les différentes écoles et cultes ici ou là !

      ( écrits du bouddha : transcription de son enseignement !!)


    • Rounga Rounga 7 juillet 2014 16:38

      Le Bouddha était formellement contre tout rituel que ce soit !! Toute dévotion !


      Ca c’est vous qui le dites. Je ne crois pas que le Bouddha ait été contre quoi que ce soit. Il faut arrêter de fantasmer sur la pureté de la religion d’un fondateur forcément souillée par ceux qui le suivent. Le Bouddha a désigné son disciple Mahakashyapa en reconnaissant qu’il était un éveillé. Lors d’une conférence, il avait fait tourner une fleur entre ses doigts, et seul Mahakashyapa avait compris son geste. Les patriarches suivants ont également été sélectionnés grâce à leur qualité d’éveillés, si bien qu’il y a une vraie filiation traçable entre le Bouddha et ses successeurs, de la même façon qu’il y a une filiation entre les papes et Saint Pierre, qui avait reçu du Christ lui-même son autorité. Les religions ne sont pas à détacher de leur fondateur, ou alors c’est les accuser d’avoir échoué.


    • Rounga Rounga 7 juillet 2014 16:41

      Jean-Pierre Llabrés,
      J’ai l’impression de vous avoir énormément dérangé. J’en suis très content.
      Le fait est que quand on ne sait pas comment attaquer un texte, on peut toujours prétendre qu’il n’a pas de sens. S’il n’en a pas pour vous, tant pis, mais ne prenez pas votre cas pour une généralité.


    • alinea alinea 7 juillet 2014 16:49

      Le bouddhisme n’est pas une religion mais une philosophie ! l’enseignement n’avait pas vocation à être vulgarisé, dévoyé pour s’adresser à tous ; mais je vous l’accorde, c’est le cas de toutes les religions, qui ont détourné les textes d’origine pour en faire ce que l’on sait, entre autres, le pouvoir des Églises !!
      Les rituels sont des espèces d’habitudes vidées de sens, quelque chose comme de la superstition ; et ça, non, il n’y en a pas dans le bouddhisme !!


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 7 juillet 2014 16:50
      Par Rounga (---.---.82.252) 7 juillet 16:41

      Je me félicite de votre autosatisfaction...


    • Rounga Rounga 7 juillet 2014 20:40

      Le bouddhisme n’est pas une religion mais une philosophie !

      C’est une pratique sotériologique. Et la plupart des formes de bouddhisme fonctionnent comme des religions.


    • Rounga Rounga 8 juillet 2014 08:51

      l’enseignement n’avait pas vocation à être vulgarisé, dévoyé pour s’adresser à tous

      Vous révélez là un aristocratisme spirituel bien déroutant. Un enseignement qui aboutit à la libération, au Salut, à l’Illumination, doit évidemment s’adresser à tout le monde. Ce n’est pas le dévoyer que de dire cela. Et c’est justement l’intérêt de la constitution en religion : permettre l’accès à tout le monde aux enseignements, et pas seulement aux moines qui ont toute la journée pour méditer dessus.

      Les rituels sont des espèces d’habitudes vidées de sens

      Si elles sont vides de sens, c’est très bien. C’est ça l’intérêt. Donc ce n’est pas de la superstition, puisque la superstition revient justement à exécuter des gestes rituels en leur donnant un sens, en recherchant un but. Les rites religieux nous apprennent à faire des choses pour rien, juste pour Dieu.


    • TOUSENSEMBLE OU L ECUREUIL ROUGE TOUSENSEMBLE OU L ECUREUIL ROUGE 8 juillet 2014 09:26


      j’adhére tout des suite car les religions monothéistes ne sont que prétextes a inquisition 

      guerres de religion DJIHAD....DU POISON POUR LES PAUvRES PAS DE L’

       OPIUM ;; ;; ;; ;; ;; ;; ;; ;; ;; ;; ;; ;; ;; ;; ;


    • Daniel Roux Daniel Roux 7 juillet 2014 11:01

      L’article, sinon l’auteur, n’est pas à la mesure du sujet. Zéro pour ce résultat superficiel.

      Par exemple : « L’athée prend prétexte de l’inexistence de Dieu pour échapper à toute pratique spirituelle déterminée. »

      Cette affirmation n’est pas démontrée et ne peut pas l’être. L’homme est un animal spirituel, qu’il soit athée ou non, rien ne lui interdira de penser, de philosopher, de questionner.


      • Rounga Rounga 7 juillet 2014 11:37

        Je rends justice aux athées juste après :
        « Bon nombre d’athées et d’agnostiques prétendent tout de même qu’ils peuvent développer une forme de spiritualité qui leur est spécifique. Nous voyons bien que le zérothéisme permet effectivement de leur aménager un chemin vers Dieu, car il est permis de supposer que leurs réticences proviennent en réalité d’une saine horreur de l’idolâtrie dont les fidèles donnent malheureusement trop d’exemples. »
        Mais mes remarques sur les athées sont-elles la seule raison pour laquelle vous jugez ce texte « superficiel » ?

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