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Accueil du site > Actualités > Religions > Islam et islamisme : attention à l’amalgame !

Islam et islamisme : attention à l’amalgame !

Islam, oui, islamisme, non ! Angélisme ?
"-isme" s’ajoute à un mot pour désigner une idéologie ou une attitude intellectuelle ou pratique, dont le principe est révélé par le radical : ainsi le christianisme est l’enseignement tiré des paroles du Christ, le pragmatisme est l’attitude de celui qui estime que l’action (pragma) doit être la mesure de toute chose.
La réalité nommée par le radical est la mesure de ce que désigne le mot : si j’adhère au marxisme, la pensée de Marx mesure ce qui peut être considéré comme appartenant au marxisme, et je suis ainsi dit marxiste.
La suffixe "-iste" désigne celui qui adhère au "-isme", et affirme son adhésion au radical. Il peut aussi en désigner le spécialiste, comme dans le mot "chim-iste".

Tout ceci pour permettre d’interroger la nuance, posée souvent en principe salvateur de la bonne conscience journalistique, entre islam et islamisme.

Si l’islam désigne une religion, l’islam est à l’islamisme ce que Marx est au marxisme, ou ce que l’action est au pragmatisme.

Or on a coutume d’opposer islam et islamisme, comme on opposerait alcool et alcoolisme : l’islamisme serait un "trop d’islam", un attachement excessif à l’islam.

C’est là entretenir une certaine confusion de langage. Car si l’islam est en soi une bonne chose, c’est bien son excès qu’il faudrait définir, et il faudrait surtout se demander si dans l’excès d’islam celui-ci est encore de l’islam. L’alcoolisme ne change pas la nature de l’alcool !

Certains pensent s’en tirer en parlant d’islam modéré. Abdelwahab Meddeb récuse, avec bon sens je crois, cette expression. Car parler d’islam modéré, c’est lui reconnaître une nature violente et nocive. C’est dire qu’il faudrait le couper avec ce qui n’est pas lui, comme on coupe le vin avec de l’eau. Modérer, c’est, comme le mot l’indique, soumettre à une mesure extérieure, et cette mesure est celle de la raison.
Ce serait donc reconnaître que la rationalité, grâce à laquelle on voudrait modérer l’islam, lui est extérieure ?

On n’a donc rien dit lorsqu’on a invité à ne pas tomber dans l’amalgame, tant qu’on n’a pas montré que l’islam contredit avec évidence ce que nous appelons islamisme.

On dira que l’islamisme est à l’islam ce que, dans la religion chrétienne, l’intégrisme est au christianisme.
Mais qu’appelle-t-on intégrisme ? La question est de savoir à quoi conduit l’excès de christianisme !
J’aurais envie de dire : à la sainteté, pas à ce que nous appelons intégrisme. Est saint en effet celui qui imite le Christ dans dans ses paroles et dans ses actes...
Or il me semble que le fondateur du christianisme a apporté quatre choses fondamentales avec lesquelles l’islam est en rupture.

D’abord, la laïcité : "Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu". La distinction du spirituel et du temporel, la distinction du clerc et du laïque sont inscrites dans cet enseignement. Que les chrétiens n’y aient pas toujours été fidèles n’y enlève rien. C’est une laïcité respectueuse à laquelle nous devrions peut-être revenir, et non pas une laïcité de repli telle que nous la connaissons. Il ne s’agit pas de barricader la République contre les assauts du religieux, mais de vivre en harmonie. Or, nous avons appris cela du Christ. Que dit le Coran sur la distinction entre le spirituel et le temporel ?

Ensuite l’égalité : "Il n’y a plus ni homme ni femme, ni esclave ni maître," écrit saint Paul, pour dire que devant le Christ, tous les hommes sont égaux. Cette affirmation de l’égalité, Tocqueville la reconnaît comme traversant toute notre histoire, jusqu’à l’égalité proclamée comme principe de la République. Mais qui nous a appris que nous étions égaux ? Ce ne sont pas Diderot ni Voltaire, c’est encore le christianisme. Que les chrétiens n’y aient pas toujours été fidèles n’y enlève rien. Que dit le Coran de l’égalité des hommes, notamment de la position de la femme ?

En outre, la liberté : comme le souligne Hannah Arendt, dans La Crise de la culture, notre liberté moderne est inconnue des Grecs, pour qui la liberté est seulement une notion politique. Le christianisme va imposer une conception personnelle de la liberté : l’homme libre est celui qui adhère au bien à partir du jugement éclairé de son intelligence. L’acte de foi n’est pas pour le chrétien un acte de soumission servile, mais un acte d’obéissance, c’est-à-dire un acte dans lequel j’entre de plein gré dans le projet d’un autre, parce que mon intelligence m’a montré que là est mon bien. C’est là le principe de la liberté religieuse dans la tradition de l’Eglise catholique. Que les chrétiens n’y aient pas toujours été fidèles n’y enlève rien. Que dit le Coran de la liberté religieuse ?

Enfin, la fraternité : le Credo le proclame : Je crois en Dieu, le Père... Inutile de développer pour montrer d’où vient ce concept républicain de fraternité. Que les chrétiens n’y aient pas toujours été fidèles n’y enlève toujours rien. Que dit le Coran de la fraternité humaine ?

Tout ceci me semble permettre de souligner quelques fausses pistes.

D’abord la piste de l’intégrisme laïque, qui voudrait exclure absolument le religieux de l’espace public. Ce serait scier la branche sur laquelle nous sommes assis, car notre culture républicaine, même dans ce qu’elle prétend opposer au fait religieux, est encore d’origine chrétienne.

Ensuite, la piste de l’égalité des cultes devant la loi : car islam et christianisme n’entretiennent pas le même rapport avec la République. Elle n’a donc pas à les traiter pareillement. Etre juste serait reconnaître la dette de la République, et même de l’Europe, à la culture chrétienne. Et j’entends ici par culture chrétienne le soin avec lequel le christianisme a façonné la France et l’Europe d’aujourd’hui.

Enfin, la piste de l’angélisme. Nous ne sommes pas devant une guerre de religions, mais dans un choc de cultures et de civilisations. Qu’on se rassure, les musulmans ne vont pas venir nous trancher la gorge. Ils ont mieux à faire. Par exemple, comparer nos courbes démographiques...


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229 réactions à cet article    


  • Bill (---.---.76.11) 30 octobre 2006 10:17

    @ l’auteur

    Pfffiooouuuuu ! Mais tout le monde va vous tomber dessus ! Article très interéssant en tous cas, qui relève bien certaines différences. J’avais du mal à voir où vous souhaitiez en venir au début. Je vais suivre un peu le fli, vous vous doutez bien qu’il va y avoir du sport !


    • T.B. (---.---.21.162) 30 octobre 2006 11:26

      Courbe démographique, si on laisse les cathos encore dix ans au pouvoir, la courbe va se rejoinre. Prolifiques et super conscients des enjeux environnementaux, comme les lapins.


    • -noID- 31 octobre 2006 11:03

      Wow !! Brillante demonstration Mr le professeur !

      Le grand écart entre dogmatisme et empirisme est bluffant : on sacralise des concepts en ignorant superbement leurs applications...

      Du sophisme new age : savoureux smiley


    • Cochonouh Cochonouh 30 octobre 2006 10:21

      J’aime beaucoup cet article.

      Une petite remarque toutefois,vous écrivez : « Car si l’islam est en soi une bonne chose, ... »

      Les religions sont-elles bonnes ? Ça mérite un autre article.


      • Bill (---.---.76.11) 30 octobre 2006 10:47

        Bonjour Cochonouh

        Pour rebondir un peu à votre commentaire, les religions peuvent être une bonne chose dans le sens où elles amènent parfois une certaines humanité qui a pu manquer jusque là. En effet dans les peuples tribals, on pratiquait parfois les sacrifices humains. Je pense que l’Homme a besoin du religieux et toutes nos bases morales découlent des religions, que nous le voulions ou non.

        Dans le Coran on indique qu’avant l’Islam on pratiquait sur place (à la Mecque, je crois... ?) le sacrifice humain.

        Mais vous avez raison ! Cette question mériterait un autre article !


      • miaou (---.---.204.12) 30 octobre 2006 11:12

        « Les religions sont-elles bonnes ? »

        Cette question est intéressante à condition :

        * de n’oublier dans le bilan, ni l’actif, ni le passif.

        * d’éviter d’être trop général : peut-on mettre indistinctement dans le même sac les religions aztèque ou carthagénoise (sacrifices humains) et le bouddhisme ou le christianisme ? Chaque doctrine (religieuse ou même idéologique) doit être jaugée à part ; d’ailleurs, la nature religieuse ou pas d’une doctrine est secondaire dans un tel cadre.

        Un élément de réponse : je reviens à ma marotte (René Girard) ; ce dernier explique que même le religieux archaïque (c’est-à-dire le sacrificiel) contient des éléments positifs, dans la mesure où il empêche l’auto-destruction de la société par la violence issues de la crise mimétique. Le sacré ne serait donc qu’un mode de gestion de la violence. Certes, à un niveau primitif, cela se pratique sur le dos d’un bouc émissaire (peut-être innocent), mais la crise est effectivement évitée. Par la suite, des systèmes plus évoluées (religions plus avancées, justice...) prendront le relais.


      • Bill (---.---.76.11) 30 octobre 2006 11:27

        @ miaou

        « ce dernier explique que même le religieux archaïque (c’est-à-dire le sacrificiel) contient des éléments positifs, dans la mesure où il empêche l’auto-destruction de la société par la violence issues de la crise mimétique. »

        Je suis d’accord avec ça mais aussi avec tout le reste... !


      • Kelsaltan (---.---.178.45) 30 octobre 2006 11:31

        Pour ma part, je verrais plutôt la philosophie pour palier à une certaine humanité qui a pu manquer jusque là. Parce que pour ce faire, la réligion n’a pas fait montre d’une très grande efficacité jusqu’à aujourd’hui. Et cela n’a pas l’air d’aller dans le bon sens. L’avenir est sombre.


      • miaou (---.---.204.12) 30 octobre 2006 11:39

        « Pour ma part, je verrais plutôt la philosophie pour palier à une certaine humanité qui a pu manquer jusque là »

        Je n’ai pas souvenir que les grands philosophes de l’Antiquité se soient beaucoup intéressés au sort des esclaves, par exemple (rappelons au passage Voltaire et certains de ses investissement dans les sociétés pratiquant la traite négrière)


      • Kelsaltan (---.---.178.45) 30 octobre 2006 11:49

        Tu as sans doute raison, Miaou, mais il s’agit précisemment de l’antiquité. Depuis, la philosophie a beaucoup évolué, il me semble. Ce qui ne ma paraît pas être le cas de la religion, quelle qu’elle soit. La caractéristique de non-évolution y est même une valeur défendue. Mais bon... je n’y connais pas grand chose, en matière de religion.


      • Cochonouh (---.---.174.144) 30 octobre 2006 12:21

        Vos remarques sont fort intéressantes.

        Une page documentée sur les sacrifices humains.

        et une observation brillante trouvée sur Wiki :

        « La tentative d’extermination (parmi d’autres groupes) des juifs durant la Seconde Guerre mondiale a été nommée holocauste. Cette appellation induit que ce génocide peut être vu comme un sacrifice à la race qui serait l’entité divine du nazisme. C’est pourquoi le terme d’holocauste est rejeté et on préfère utiliser le terme shoah qui signifie cataclysme. »


      • Bill (---.---.76.11) 30 octobre 2006 12:33

        @ Cochonouh

        Justement pour Hitler et son mouvement il faut savoir qu’il mettait en place un neo-paganisme. Je crois (mais je me trompe peut-être) que l’usage de la swastika vient du fait que ce mouvement religieux indien serait tiré de la culture indo-européenne primitive. Qu’on me contredise, je ne suis pas sûr !

        Il faut savoir que même chez les gaulois il y avait des sacrifices humains.


      • Capreolus Capreolus 1er novembre 2006 20:37

        Merci pour votre remarque : le « si » désigne une pure hypothèse.


      • Marsupilami (---.---.161.58) 30 octobre 2006 10:32

        Très bon article, très lucide. Il n’y a plus qu’à attendre que la meute se déchaîne...


        • miaou (---.---.204.12) 30 octobre 2006 10:39

          Bravo pour le brio avec lequel vous vous êtes réappropriés un des poncifs préférés des médias et du politiquement correct.


          • wrisya (---.---.231.251) 30 octobre 2006 10:43

            Bonjour Capréolus,

            C’était intéressant et réflexif jusqu’à ce que vous opposiez de manière simpliste et réductive les enseignements de l’islam et du christiannisme.

            Ce qui finit par démontrer une approche idéologique du problème et non qui pousse à la réflexion : vous apportez déjà des réponses délibérément orientées aux fausses questions que vous posez...


            • Marsupilami (---.---.161.58) 30 octobre 2006 10:58

              @ Wrysia

              Quelles sont les « fausses questions » ?


            • wrisya (---.---.231.251) 30 octobre 2006 11:06

              Bonjour Marsu,

              Ce sont les raccourcis qui m’interpellent lorsqu’il tend à s’interroger sur la manière dont l’islam/christiannisme en tant que religion envisage :

              - le rapport homme/femmes
              - la liberté de conscience, de croyance
              - la fraternité humaine ;

              Au vu de la seconde partie de son article, l’opposition est par trop binaire et se définit comme suit : Islam/Pas bien, Christiannisme/Bien.

              Et je crois que c’est éluder une importante partie des enseignements religieux dans l’islam que de faire cette distinction... Tout n’est pas blanc ou noir, le manichéisme ça n’existe nulle part : si l’on retire tout ce qui forge le religieux à une Religion, celle-ci ne repose alors sur Rien : retirer de manière aussi univoque et presque caricaturale les notions de fraternité, d’humanité à une religion c’est ne pas prendre en compte ces dimensions là justement... C’est trop simpliste cette binérisation : soit t’es pour, soit t’es contre...


            • Cochonouh Cochonouh 30 octobre 2006 11:17

              bonjour Wrisya,

              « C’était intéressant et réflexif jusqu’à ce que vous opposiez de manière simpliste et réductive les enseignements de l’islam et du christianisme.

              tu as remarqué que l’auteur n’opposait pas vraiment les deux religions, mais qu’il développait la vision chrétienne et pose ensuite une question du genre « qu’en est-il pour l’islam ? ». Et là, c’est à toi de répondre.

              Par exemple : « Que dit le Coran de la fraternité humaine ? »

              Réponse : le musulman est fraternel avec tout le monde sauf avec les mécréants et les idolâtres.


            • wrisya (---.---.231.251) 30 octobre 2006 11:27

              Ouaaaais, là c’est un fastoche !!

              Comment tu peux prétendre écrire un article qui voudrait marquer en trois lignes simplistes ce qu’est l’islam, surtout lorsque la lecture que tu en fais vise délibérément à discréditer ton sujet ? C’est pas comme ça que ça marche !!!

              Les propos qu’il pose sont les « classiques » que l’on balance aux muslims en général, donc y’a rien d’original et ils ne posent aucune réflexion : c’est comme des matières brutes que tu prends ici ou là pour interpréter l’orientation de ton sujet.

              C’est comme si moi je prenais les passages les plus épouvantables de l’A.T. pour dire : Voyez comme Dieu est cruel et vengeur et appelle au meurtre.

              C’est du n’importe quoi.


            • Bill (---.---.76.11) 30 octobre 2006 11:38

              @ Wrisya

              Ma chère Wrizya, attention ! L’A.T. n’est pas le message principal, ce qui concerne Jésus est dans le nouveau testament. Juste pour précision !


            • wrisya (---.---.231.251) 30 octobre 2006 11:50

              Sans doute, mais ça ne change rien : la Bible c’est l’A.T. et le N.T. inclus, ou alors il n’aurait fallu en garder qu’un si l’autre est trop « gênant »... !!

              Cdt


            • Bill (---.---.76.11) 30 octobre 2006 12:05

              Si Wrizya, quelque chose change puisque les Chrétiens ne suivent pas les prescriptions du lévitique par exemple en matière d’alimentation.


            • Marsupilami (---.---.161.58) 30 octobre 2006 12:16

              @ Wrysia & Bill

              « je ne suis pas venu abolir, mais accomplir » la loi des prophètes bibliques, aurait dit le rabbin Ieschouah selon Matthieu (5,17). Donc le message évangélique se situe dans le prolongement de l’Ancien Testament. C’est toute l’ambiguïté du christianisme, qui reprend à son compte l’épopée biblique pleine de bruit, de fureur et de massacres tout en s’en démarquant radicalement.


            • miaou (---.---.204.12) 30 octobre 2006 12:18

              @ Wrisya

              « Sans doute, mais ça ne change rien : la Bible c’est l’A.T. et le N.T. inclus, ou alors il n’aurait fallu en garder qu’un si l’autre est trop »gênant« ... !! »

              Cette tentation a existé au sein du christianisme, c’est le marcionisme. Mais la suppression de l’AT n’aurait pas permis de percevoir pleinement la nouveauté du message évangélique et aurait fait oublier la dette chrétienne à l’égard du judaïsme (c’est d’ailleurs un peu le problème de l’islam, qui bien que fortement influencé par le judaîsme et la gnose chrétienne, prétend disqualifier la Bible)

              Mais d’une certaine façon, on peut également poser cette même question à l’islam, au sujet du système « abrogeant/abrogé » qui a cours lorsque des passages du Coran sont contradictoires : ce sont les versets les plus anciens (du temps où Mahomet n’était pas au faite de sa puissance) qui sont abrogés Pourquoi garder les autres dans ce cas ?. On relèvera néanmoins que les effets ne sont pas les mêmes, puisque ce sont les versets les plus violents qui sont ainsi le plus souvent valorisés.


            • wrisya 30 octobre 2006 13:30

              Dire qu’il n’y a dans l’islam ni fraternité, ni liberté de conscience, ni égalité de traitement entre l’homme et la femme, c’est prendre les muslims pour des idiots ;

              Je crois déjà que pour parler ou esquisser un point de vue sur des positions aussi complexes, il ne s’agit pas de faire l’opposition systématique et non constructive entre l’islam et le christiannisme comme une espèce de compétition hors de propos.

              L’auteur doit pouvoir proposer une démarche critique et non pas critiqué de manière aussi binaire l’islam, afin de mieux rehausser le christiannisme en faisant silence au passage sur « l’esclavage des Nègres » béni par l’Eglise catholique durant des siècles, silence sur la vision de la femme longtemps considérée comme suppôt de satan quand Aïcha la femme du Prophète de l’islam était déjà garante de la pérénité du message et ce bien après sa mort. Considérant la fraternité, je ne parle même pas des massacres interconfessionnelles entre les cathos et protestants. Alors je crois que si l’on veut faire preuve d’objectivité et comparer ce qu’il n’y a pas lieu de comparer, il faut au moins essayer de le faire avec justesse et retenue... et non pas réduire le christiannisme à l’Amour et l’Islam à la haine : ça c’est une inteprétation redekerisée (lool) et en plus anachronique donc, désolée mais je ne trouve pas cet article critique, mais plutôt un avis très personnel d’une personne qui se veut claire et objective, mais ne fait au fond que donner son avis totalement subjectif sous couvert de proposition réflexive, ce que cet article n’est pas.


            • ... 30 octobre 2006 13:43

              Mais qu’est-ce qui vous prend à tous d’avoir une conversation intelligente ? smiley

              c’est les températures qui baissent à l’arrivée de l’hiver qui vous ont rendu malade ? smiley

              Bravo les gars (et les garces) je suis fiers de vous. smiley


            • Cochonouh Cochonouh 30 octobre 2006 14:41

              pour Wrisya,

              « Dire qu’il n’y a dans l’islam ni fraternité, ni liberté de conscience, ni égalité de traitement entre l’homme et la femme, c’est prendre les muslims pour des idiots ; »

              « Article 55 : Un Infidèle - celui qui nie l’existence d’Allah ou qui associe quelqu’un d’autre ou quelque chose d’autre à Allah - est impur. ... En ce qui concerne les Gens du Livre qui ne croient pas au dernier des Prophètes, le Prophète Mohammad (Que la Paix soit sur lui et sur ses Descendants), ils sont, d’après l’opinion commune, impurs ; toutefois, il n’est pas improbable qu’ils soient purs, mais il est préférable de les éviter. »

              « Article 770 : Une femme Musulmane ne peut pas se marier avec un non-Musulman, et un homme Musulman ne peut pas, lui non plus, épouser une femme non-Musulmane, sauf si elle fait partie des gens du Livre. En tout cas, il n’est pas interdit de contracter un mariage à durée déterminée avec des femmes juives ou chrétiennes, et la précaution obligatoire veut que l’on s’abstienne de contracter un mariage permanent avec elles. »

              Y a-t-il, oui ou non, un problème de fraternité, d’égalité et de liberté ou l’Ayatullah Sayyid Ali Sistani est-il un idiot ?


            • Cochonouh Cochonouh 30 octobre 2006 14:54

              Pour Wrisya (suite)

              Égalité de traitement entre l’homme et la femme ? Je te repasse mon copain Sayyid.

              Article 365 : Lorsque nous prions, nous devons couvrir nos parties intimes même si personne ne risque de nous voir, et il vaut mieux que notre corps soit couvert depuis le nombril jusqu’aux genoux.

              Article 366 : La femme doit couvrir tout son corps ainsi que ses cheveux lorsqu’elle accomplit la Prière. Et la précaution recommandée veut qu’elle couvre également les plantes de ses pieds. Toutefois, il n’est pas nécessaire qu’elle couvre la partie de son visage qu’elle lave lors des ablutions, ni les mains jusqu’aux poignets, ni la partie supérieure des pieds (le cou-de-pied) jusqu’aux chevilles. Néanmoins, pour s’assurer qu’elle a couvert correctement la totalité de la partie de son corps qu’il est obligatoire de couvrir, elle doit couvrir également une partie des deux côtés de son visage et la partie inférieure de ses poignets ainsi que ses chevilles


            • wrisya 31 octobre 2006 17:18

              Cochonouh,

              Je ne viens de lire que maintenant ton post, mais j’avais pas trop de temps...

              Bref, tu cites comme toujours des propos sujet à caution d’un certain religieux que je ne connais pas : tu fais toujours ça, des copié-collé sans intérêt pour illustrer ce que tu dis.

              - Le mariage temporaire est de toute façon interdit dans l’islam, bien que certains cheikhs l’autorise et cela n’engage que leur madhab : ceci référant à des confréries qui se démarquent très souvent des enseignemens orthodoxes ; rien d’extra ordinaire c’est la même pour toutes les autres religions : des hérétiques ou hétérodoxes sont nommés tel car ils se démarquent des enseignements « officiels ».

              - L’amitié avec un associateur ou infidèle ou mécréant était déconseillée parce qu’encore une fois, à mon sens, c’est de contextualisation dont il s’agit : à l’époque de Muhammad que la paix l’accompagne, les muslims étaient persécutés et ce que j’en comprends, c’est qu’il était évidemment mieux pour un muslim d’éviter des relations amicales avec ceux qui étaient censés le persécuter ou le combattre pour sa foi ; aujourd’hui, nous sommes dans un contexte où cette dimension n’existe plus et si l’on veut contextualiser le message on évitera toujours des gens qui tendront à nous détourner de notre foi quels qu’ils soit et ça participe du bon sens du croyant ;

              Ensuite, l’islam nous met aussi en garde contre les muslims qui sont hypocrites car ils sont là pour diviser la communauté et non pour raffermir ses pas dans ce que l’on nomme La Voie Droite et de ce point de vue, c’est en ce sens qu’il faut comprendre ce que tu cites : nous sommes liés à ceux que nous fréquentons et au bout d’un moment, nous pouvons délaisser notre foi ou religion pour imiter un comportement non islamique, c’est en ce sens qu’il faut comprendre les choses et non pas parce que untel est ce qu’il est Par Définition.

              Encore une fois, tes citations sont de doute façon hors-contexte et peuvent tout à fait désigner le contraire de ce qu’elles disent si on essaie de les lire dans leur globalité : faire des contre-sens est souvent l’apanage des anti-islam qui adorent tronquer des passages du Coran pour faire dire au verset le contraire de ce qu’il dit ; De toute façon, je crois que ce n’est pas en s’improvisant théologien que l’on pourra avancer, mais plutôt en proposant une vision critique des textes...

              La fraternité existe bel et bien dans l’islam : Des parents, de la famille, des amis, du voisin, de l’Etranger nous avons un devoir envers eux de subsistance que ce soit des muslims ou pas, ils sont d’abord considérés créatures d’Allah.

              Il nous est même dit que faire preuve de miséricorde envers un animal est un acte de foi, alors je crois que quand on veut proposer une critique de l’islam j’entends constructive, ce n’est pas en versant dans la manichéisme qu’on y arrive !!!

              Tchuss !


            • EricB 1er novembre 2006 14:07

              « Sans doute, mais ça ne change rien : la Bible c’est l’A.T. et le N.T. inclus, ou alors il n’aurait fallu en garder qu’un si l’autre est trop »gênant« ... !! »

              Le Nouveau Testament n’est totalement comprehensible qu’en référence à l’Ancien, et à l’histoire du peuple juif, des prophétes qui ont précédé le Christ. C’est pour cela que la Bible est « un tout ». Mais les « prescriptions » de l’A.T., à la différence de celles du Coran, ne sont pas temporairement ni géographiquement universels ; elles ne s’adressent qu’à des gens, des peuples précis en des temps précis.


            • Cochonouh Cochonouh 1er novembre 2006 18:30

              Pour Wrisya,

              il me semblait que l’ayatollah Sistani était quelqu’un de respectable et de respecté pour les musulmans.

              Je ne vois pas de quel contexte j’ai pu sortir ces règles. Elles sont écrites pour que les musulmans les suivent sans se poser trop de questions. Je ne suis pas musulman, je me pose des questions.

              Si ces règles te sont étrangères, dis moi où je peux trouver celles qui te semblent respecter « ton » islam.

              Chiisme, Sunnisme, Kharidjisme, Soufisme, Wahhabisme ... je m’y perd un peu


            • wrisya 1er novembre 2006 19:37

              Bonjour Cochonouh,

              J’espère que t’as passé un bon Halloween si c qq chose que tu festoies : Perso, j’ai acheté des bonbons mais les gosses sont passés trop tôt du coup j’étais pas là : j’vais les manger, tant pis pour eux !!!

              Que le cheikh Sistani soit respecté par nombre de muslims ne veut pas forcément dire que ses recommandations sont suivies par tous : beaucoup d’entre nous n’appartiennent à aucune confrérie, beaucoup d’entre nous y appartiennent... Donc, c’est chacun comme il ressent.

              Peu importe qu’il existe des confréries différentes : je ne suis contre aucune pour ma part : que l’on soit chiite, wahabite, salafi, soufi, malékite, hambalite, hanif... de toute façon, le croyant est avant tout défini comme muslim, de là il suit sa croyance via l’interprétation qui lui « convient » le mieux ; Y’en a qui se bouffe entre eux pour un rien, perso je m’en fous ça me gêne pas : Rien de sorcier, c’est pareil pour les autres religions...

              Et puis il y a ceux qui ne fédèrent à aucune confrérie en particulier, mais préfère prendre la somme du meilleur en toutes : c’est mon cas.

              Je n’ai pas de site à t’indiquer, seulement disons qu’un site très bien réalisé et orthodoxe sur l’islam : la page de l’islam. C’est réalisé par un musulman de la Réunion : il est assez fourni et bien expliqué, et pour chaque problématique propose les différentes versions ou regards portés par les « officiels » et fait un éventail de ce qui est considéré comme licite, illicite et ce qui est sujet à équivoque...

              P.S. : contrairement à ce que tu dis, la Connaissance et le Savoir sont primordiaux dans l’islam, il ne s’agit pas de croire « bêtement » sans se poser de questions, mais bien plutô d’entreprendre tant que faire ce peut une démarche critique et d’assimilation du savoir afin de connaître la religion.


            • Capreolus Capreolus 1er novembre 2006 20:39

              Vous avez raison sur la nécessité d’échapper au manichéisme. Ici il s’agit seulement de manifester le contraste.


            • Cochonouh Cochonouh 1er novembre 2006 20:48

              Merci d’avoir répondu si vite, je vais pas chercher ton site maintenant car je suis un accro de la série « prison break »

              mais je t’en propose un que je trouve sympa. En plus l’auteur est AgoraVoxien


            • Capreolus Capreolus 7 avril 2015 13:02

              @wrisya
              Il y a en effet dans l’AT des épisodes sanglants. Mais le texte ne commande pas aux croyants de tous les temps de tuer les incroyants. D’autre part, étant chréien, je lis l’AT avec le Christ comme clé d’interprétation. Relisez les Evangiles, vous verrez que la vie de Jésus est de loin plus édifiante que celle des chrétiens, mais surtout que celle de Mahomet.


            • bj33 (---.---.206.205) 30 octobre 2006 10:44

              De la lucidité non passionnée, j’ai peur que la suite du fil sorte de ce cadre......


              • Patrick Adam Patrick Adam 30 octobre 2006 10:53

                @ l’auteur

                Très bon article qui a le mérite d’appeler un chat un chat et qui ne tourne pas la cuillère dans le pot jusqu’à obtenir une mélasse sirupeuse.

                L’islam n’est ni le christianisme et encore moins un reflet de la pensée grecque ou romaine alors que l’Occident a su faire la synthèse des deux. (Que wrysia et Ka me pardonne) mais je considère que l’islam est d’une pauvreté conceptuelle affligeante, une « caricature » des principaux courants de la pensée universelle.

                Bon courage pour la suite des interventions. Patrick Adam


                • Bill (---.---.76.11) 30 octobre 2006 10:57

                  @ Patrick Adam

                  Et malgré ce que j’ai écrit plus haut, je suis d’accord avec vous !!!


                • Passant Passant 30 octobre 2006 13:06

                  Bonjour Patrick, Vous êtes un des deux : injuste ou ignorant. Je suis sûr que vous ne connaissez de l’Islam que le nom. Voulez-vous que j’argumente ou êtes-vous le seul organisme immobile ?

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