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Accueil du site > Actualités > Religions > L’Apocalypse selon Arte (suite 3)

L’Apocalypse selon Arte (suite 3)

Rester dans le questionnement, mettre en avant les doutes et ne jamais conclure. Pour que tout reste en suspens et que le spectateur puisse lui-même prendre part à cette bataille d’idées, d’hypothèses et de propositions. Au fond, nous organisons des échanges qui ne pourraient pas avoir lieu si... (Gérard Mordillat, Le Monde.fr du 28.11.08).

Résumé de mes deux Histoire du Christ, tome I et II, publiés en 1996, dépôt légal ISBN 2-9507295-5-X et 6-8.

En l’an + 30, Jean-Baptiste reprend l’appel aux armes du Protévangile de Jacques en proposant à la grande communauté des Esséniens une profonde réforme.

Jean n’est pas le quatrième évangile, mais le premier. Contrairement à tout ce qu’on a dit, il n’est pas le résultat d’une longue gestation ; il a été écrit dans le feu de l’action. Il est l’évangile de Jean-Baptiste.

Dans son sens caché, comme dans son sens littéral, l’évangile de Jean (Jean-Baptiste) nous révèle un étonnant précurseur. Et voilà qu’à travers son texte s’ébauche le Jésus qui doit venir pour sauver le monde.

Un Homme se dresse sur la croix. L’évangéliste le dit "Fils de Dieu".

Ce "Fils de Dieu", est-ce la communauté essénienne rénovée par l’enseignement du Baptiste ? Est-ce un membre élu de cette communauté ?

Cette communauté de disciples qui proclame la toute puissance de sa foi, qui refuse les idoles et les lois romaines au risque du sacrifice inévitable, est-elle le sauveur annoncé par les prophètes ? Ce messie qui doit venir est-il un membre de cette communauté qui s’apprête à monter sur la croix comme l’agneau... comme l’agneau qui doit ouvrir à l’humanité la porte du ciel ?

Pourquoi Jean-Baptiste a-t-il été décapité et non crucifié comme l’exigeait la loi de Rome ? Salomé qui dansa sa valse hésitation devant Hérode ne serait-elle pas l’ancien salut de Yahwé dont se réclamait les communautés juives revenues de l’exil de Babylone ? Pourquoi la tête du Prophète fut-elle présentée à la pro-romaine Hérodiade sur un plat d’argent ?

Et voilà qu’une communauté des bords du lac de Tibériade reprend le flambeau tombé à terre. C’est cette communauté - ses oeuvres témoignent en sa faveur - c’est celle-là qui va tenter de construire le royaume de Dieu. L’évangile de Marc est un immense effort pour évangéliser les rives du lac de Galilée. La parole de Dieu se répand même jusqu’à Jérusalem. Mais l’échec subi devant Nazareth marque la fin de cette tentative ambitieuse de réforme et il ne reste plus au Fils de l’Homme qu’à mourir sur la croix à la face de son Dieu.

Trois ans après, la grande communauté essénienne récupère le mouvement populaire. C’est l’évangile de Luc. Luc se souvient. Il rappelle le grand combat et le sacrifice des martyrs. Mais, recherchant la conciliation avec le pouvoir en place, il tempère les critiques. Le calme succède à la tempête. La nouvelle voie étend son influence jusqu’à Antioche. Son succès dépasse toutes les espérances.

La crise éclate en l’an 48. Elle était prévisible. Forte de son nouveau pouvoir, la nouvelle église se dresse à Jérusalem avec une violence sans pareille contre les Pharisiens et les Sadducéens rassemblés pour la première fois dans le même sac de l’opprobe, ainsi que contre les villes qui ne se sont pas converties. C’est l’évangile de Mathieu. Conséquence inévitable, la répression s’abat sur les communautés saintes. Jésus qui vit dans l’esprit des disciples monte de nouveau sur la croix ; et pour la première fois, l’historien juif Flavius Josèphe confirme que cette crucifixion a bien eu lieu.

Oui, pour comprendre, il suffisait de remettre dans l’ordre les éléments de cette tragique odyssée qui nous est parvenue comme un puzzle dans son écriture cachée. Il fallait percer le vrai sens de certains récits qu’on a placés un peu vite sur les rayons poussiéreux des textes apocryphes. Mais il fallait surtout se remettre dans la tournure d’esprit de ces hommes qui, voilà bientôt deux mille ans, ont écrit cette Histoire avec leurs espoirs, leurs larmes et leur sang.

J’ai écrit mes deux "Histoire du Christ" de 1984 à 1988. Mes travaux ayant été contestés dès le début, je les ai publiés moi-même en auto-édition mais n’ai pas réussi à les faire connaître. J’ai écrit le résumé ci-dessus en 1996.


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11 réactions à cet article    


  • Darius 22 décembre 2008 15:07

    franchement plus je vous lis, moins je vous suis
    vos assertions me paraissent parfaitement gratuites pour ne pas dire pire
    ou allez vous chercher toutes vos theories ?
    cet enchainement chronologique des evangiles qui seraient autant de manifestes de revolte ?
    et le Christ qui a chaque fois remonte sur la croix apres en etre redescendu ?
    une sorte de Christ qu’on peut reutiliser a chaque fois ...
    "Flavius Josèphe confirme que cette crucifixion a bien eu lieu."
    F.J. rien du tout, l’Eglise ce grand faussaire, a fait ensuite les rajouts necessaires...
    mais que cherchez vous a prouver avec ces soi-disant "faits" historiques ?
    que croyez vous au fond ? a quoi riment tous ces recits ? de quoi est il question ?
    "au commencement etait le verbe" evangile de Jean, ecrit dans le feu de l’action, mais de quelle action ?
    avant de paritr comme cela, il serait plus sage de revenir aux fondamentaux et de se poser les questions de bon sens : le nouveau testament s’appuie sur l’ancien, il y est fait constamment reference au Messie au prophete que tous attendent et incarne en la personne de Jesus,
    la une question s’impose : pourquoi certains y ont ils cru ? (les Chretiens)
    et les autres non ? (Juifs traditionnalistes)


    • Emile Mourey Emile Mourey 22 décembre 2008 16:21

      @ Darius

      Le présent article ne prétend pas à argumentation contrairement à d’autres qu’Agoravox a bien voulu publier et pour lesquels des débats ont eu lieu.

      Je n’ai pas d’intention cachée et ne dis aujourd’hui pas autre chose que ce que j’ai écrit dans les années 80 dans les deux livres précités ; livres dans lesquels j’argumente, preuves et documents à l’appui. Si le débat n’a pas eu lieu en 1996 comme je le souhaitais sur ces écrits, ce n’est pas de ma faute mais celle du ministère de la Culture, de sa hiérarchie et des organisations et personnes en lien ou liaison avec ce ministère. Comment se faire éditer ? comment réussir une diffusion quand des libraires et des comités de lecture préfèrent, plutôt que de juger d’une argumentation, se reférer à une opinion dominante ou à un expert faisant partie du sérail ?

      Quant aux médias, je ne veux pas faire leur procès, d’autres l’ont fait. Force est de constater que dans les domaines que je traite, archéologie, antiquité... il n’y a plus de journalistes d’investigation compétents. Le siècle des lumières est derrière nous... loin derrière nous.

      L’important, au départ, c’est de replacer au bon endroit le site de Bibracte. Et ensuite, le fil se déroule sans problème.

      Mais que voulez-vous, on a beau alerter. On n’obtient que réponse méchante et langue de bois. Quant aux élus, locaux ou nationaux, je ne sais pas s’ils sont encore à l’écoute de leurs concitoyens qui ont quelque chose à dire ?


    • Jean TITOUPLIN Jean TITOUPLIN 22 décembre 2008 17:14

      En vous lisant, me vient un doute affreux.

      Si Ponce Pilate avait fait noyer Jésus, y aurait-il un aquarium de poissons de la Mer Morte dans chaque église ?


      • Hieronymus Hieronymus 22 décembre 2008 19:05

        la croix fait partie des mythes de l’Eglise
        il fallait que "cela ait de l’allure" alors on a represente le Christ comme "cloue"
        sur 2 panneaux de bois transversaux et suspendu qq 1 a 2 metres en hauteur au dessus
        du sol (ex. type : la crucifixion ds le film de Mel Gibson ou a la fin de Spartacus de Kubrick)
        mais cette representation du Christ en croix est une construction a posteriori qui date en gros du IV siecle, en fait les Romains ne crucifiaient pas leurs victimes de cette facon-la, il n’y avait pas de clou du tout, le type avait les bras attaches sur une barre horizontale mais ses pieds reposaient sur le sol et il mourrait d’epuisement ou d’etouffement car sa tete tombait en avant et bloquait la respiration, supplice atroce car interminable, il fallait plusieurs jours pour rendre l’ame ds de telles conditions ..
        comme autre exemple de mythe a posteriori, je pense aux chapeaux de cow-boy ds les westerns au cinema, avec les bords recourbes sur le cote, c’est une invention du 7eme art, au XIX siecle personne n’avait de chapeau comme cela au far-west, pipeau..


      • Liberty 23 décembre 2008 12:27

        Dieu est les seul père du monde capable de regarder ses enfants mourir dans d’atroces souffrances sans lever le petit doigt !

        Il ne peut pas dire qu’il ne voit pas, il est omnipréent, ominiscient, omnipotent !
        Il vous menace d’aller bruler dans les flames de l’enfer dans la souffrance et le touement éternel MAIS... ... Il vous aime . ha ha ha

        J’ai vu plus de guerres de religions tuer des hommes que de guerres de laïcité .
        Et dieu "tout puissant" a laissé faire bravo !
        Un père "normal" qui se comporte comme cela est un sacré égoïste, alors un "tout puissant" est un criminel sadique qui aime torturer les enfants.

        C’est le seul mort qui a besoin d’argent encore et encore et encore, incroyable ce type tout de même !
        Il est esprit mais qu’est-ce qu’il a besoin comme fric ce type !

        Dieu, l’outil de manipulation des masses utilisé depuis plus de 2 000 ans !
        (il devrait être côté en bourse, et être obligatoire pour la défense nationale tellement il est rentable)

        Traces historiques de Jésus = Zéro, le néant, alors qu’un type avec ces pouvoirs aurait été récupéré par n’importe quel empeureur !


        • Antenor Antenor 23 décembre 2008 14:17

          @ Emile

          Mon interprètation du baptême de "Jésus" par "Jean-Baptiste" dans l’Evangile de Matthieu (3.13) :

          Alors paraissent les prêtres nazoréens de Séphoris, venus de Galilée jusqu’au Jourdain auprès des Asmonéens chassés par Hérode, pour se faire oindre par eux. Les Asmonéen voulurent s’y opposer :

          "C’est nous, disaient-ils, qui avons besoin d’être oints par vous, et c’est vous qui venez à nous !"

          Mais les Nazoréens leur répliquèrent : "Laissez-faire maintenant, la justice de YHWH veut que pour réparer les crimes que vous, imposteurs, avez commis en -78, vous abdiquiez en notre faveur car nous sommes les véritables héritiers de David."


          • Emile Mourey Emile Mourey 23 décembre 2008 15:51

            @ Antenor

            Oui, c’est probablement un peu ça.

            Je suis tout de même un peu découragé. Impossible de faire comprendre à nos concitoyens qu’il ne faut pas
            lire ces textes à la romaine mais un peu comme un midrah.

            J’ai peut-être eu tort de faire cet article car il est vrai, compte tenu de tout ce qui a été dit, cela surprend. Continuer en ne traitant que certains points particuliers, peut-être ? Encore faut-il que cela passe à la modération. Pas facile quand il s’avère que certains votent "non" systématiquement sans même lire l’article.

            Et puis, je me demande quelle est la véritable audience d’Agoravox.


          • Emile Mourey Emile Mourey 23 décembre 2008 17:08

            @ Antenor

            C’est même très certainement cela.


          • Antenor Antenor 26 décembre 2008 16:02

            @ Emile

            "En l’an + 30, Jean-Baptiste reprend l’appel aux armes du Protévangile de Jacques en proposant à la grande communauté des Esséniens une profonde réforme."

            Ce que vous attribuez à Jean-le-Baptiste, je pense qu’il faut plutôt l’attribuer à Jean de Beth-Saïd. Dans les Evangiles, Jean-Baptiste apparaît comme un Essenien sans concession, il ne mange, ni ne boit, s’habille de peaux de bêtes. S’il n’y avait pas la mention du christ crucifié, je lui attribuerais sans hésiter l’écriture de l’Apocalypse.

            Dans les fils de Zébédée, il faut probablement voir les héritiers des vainqueurs des Zabadéens. La question étant de savoir pourquoi à l’instar des Esséniens divisés entre André et Simon ; ils sont eux aussi séparés en deux courants : Jean et Jacques. Jean étant "l’apôtre que Jésus aimait", on peut supposer qu’il désigne les Asmonéens ralliés dès la première heure à Jésus de Nazareth. Peut-être que ce sont eux qui lui ouvert les portes de Gamala. Si dans l’Evangile de Jean, Simon est dit "fils de Jean", ne serait-ce pas parcequ’il vivait à Beth-Saïd, cité-fille de Gamala où était installé Jean ? Jacques désignerait les Asmonéens plus récalcitrants et restés fidèles à la dynastie chassée par Hérode. Peut-être que ce sont les seconds qui ont écrit le Protévangile de Jacques.


          • Antenor Antenor 26 décembre 2008 18:17

            Pour ce qui est de l’audience d’Agoravox, je n’en ai pas la moindre idée. Je trouve que depuis quelques mois le nombre d’articles intéressants est en chute libre. Pas la peine d’être un média indépendant si c’est pour faire du réchauffé.

            Faire des articles plus simples pour expliquer votre démarche est une bonne idée. Il faut savoir quel public vous visez. Etant donné qu’apparemment vos articles n’intéressent pas les gens concernés, il faut élargir votre lectorat en allant plus lentement, faire de la vulgarisation en n’oubliant pas que la plus grande partie des lecteurs n’a pas forcément vos connaissances sur le sujet.

            Des exemples qui me viennent à l’esprit : Une histoire des Esséniens expliquant pourquoi le Simon de la Bible porte ce nom. Un comparatif des arguments en faveur de la localisation de Bibracte au Mont-Beuvray et celle au Mont-Sain-Vincent. Votre interprètation du Murus Gallicus est également d’une telle simplicité que seul un peu de bon sens est nécessaire à sa compréhension.


          • Emile Mourey Emile Mourey 28 décembre 2008 10:19

            @ Antenor

            En ce moment, j’ai mes enfants. Quand ils seront partis, je proposerai un nouvel article. Bonne année à vous et à votre famille. Merci pour vos commentaires.

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