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Accueil du site > Actualités > Religions > L’hommo-créator

L’hommo-créator

Dans la brise du matin, le bruissement des palmes vibre l’air d’un cliquetis d’étoffe rigide. Les martins croassent et dans le lointain, le vrombissement d’un hélicoptère annonce le départ des riches touristes vers le massif du volcan. L’hiver austral a posé sa fraîcheur sur le parc. Le temps est suspendu au réveil de la ville. L’odeur du café ramène à soi et, peu à peu, la conscience perce la ouate de l’habitude de vivre. Qui suis-je ?

Je ne suis pas ce corps dont quelques heures auparavant, dans l’oubli du sommeil, je n’avais qu’une inconscience résiduelle. Je ne suis pas mes peurs qui s’évanouissent par instant pour mieux revenir m’assaillir. Je ne suis pas mes pensées qui me traversent en fulgurance avant de retourner d’où elles sont venues. Je ne suis pas mes sentiments qui ne cristallisent en « réalité » que sous la pression d’un mental assoiffé et insatiable.

Pourtant derrière la fenêtre de mes yeux, de mes oreilles, de mon odorat, de mon goût et de la sensation de mes doigts sur le clavier patiente l’Etre, dont l’attention inconditionnelle prouve la vigilance et suggère la présence légère. La ténuité de l’Etre et son effacement amoureux dans ce que nous nommons « la vie humaine » nous caresse avec une telle permanente douceur qu’il n’est possible de l’entendre que dans l’absolue paix du cœur et le renoncement à la volonté du mental.

L’Etre que nous sommes en Vérité, établi dans sa parfaite immortalité, n’est pas pressé ! Se sachant créateur, il infuse d’amour chaque goutte d’eau pour dissoudre le granit le plus dur. La coquille commence à fendre et de l’intérieur de l’œuf, la lumière transpire déjà. Les rats, éclairés par l’aurore naissante deviennent progressivement visibles et paniquent devant la conscience de leur enfermement et le dévoilement de leur forfaiture. Mais la lumière brille pour tous. Ils pourront eux aussi, sans doute, renoncer à leurs peurs et à leur parasitisme pour s’établir dans l’opulence infinie de leur divinité créatrice.

L’énergie libératrice vient de la connaissance de notre nature première. Nous ne sommes ni rat, ni chat, ni mouton, ni loup. Nous sommes l’Hommo-créator, fidèle reflet, dans le miroir de la matière, de l’Absolue Conscience. Aucune autorité extérieure ne prévaut sur lui sauf à ce qu’il abdique sa couronne. Toute l’astuce des parasites, qui sont aussi et malgré tout les catalyseurs de notre dévoilement, a été de lui masquer cette Vérité. Chacun et tous, nous sommes à la fois la créature et le créateur. Aucune occurrence n’est externe. Rien de ce qui advient ou de ce qui est créé n’est autre qu’un plan conçu par notre essence individuelle pour faire briller la lumière de la conscience et révéler la puissance de l’Esprit. Chaque leçon de vie est choisie par notre Etre pour donner à l’animal-égo l’opportunité de Voir et établir ici et maintenant, la concrétisation de son plein potentiel. Chaque rencontre, de la plus douce à la plus violente, est une coopération fraternelle pour faire advenir La Vérité : nous sommes individuellement l’autorité suprême. Il n’y a rien au dessus, rien à prier, rien à supplier, rien à espérer, rien à servir que notre Etre.

Toute délégation de pouvoir est abandon de Soi. Renoncer à être le souverain de notre vie et le maître de notre destiné c’est renoncer à notre projet d’incarnation et donc à appeler la mort. L’unique fonction de cette infinie mascarade cyclique des réincarnations est de lasser notre patience d’ange afin de nous forcer nous même à nous souvenir de notre puissance de Feu et de notre expérience d’éternité.

Ancrer par la peur une autorité à l’extérieur de Soi, comme l’établissent les hiérarchies sociales, politiques, militaires ou religieuses, distille le poison insidieux de la perte de conscience et de l’abandon de responsabilité. L’autonomie naturelle de l’humain est ainsi dévoyée rendant difficile voir impossible toute coopération qui n’advient que dans un rapport d’échanges justes et équilibrés. Ainsi la division, la soumission et le renoncement deviennent la norme. Ainsi la séparation d’avec notre Etre est maintenue et le sceau de l’oubli, scellé.

Dés la naissance, l’enfant humain est formaté à l’impuissance et à la résignation. Elles tissent un voile devant la conscience de sa vraie nature omnipotente et dessinent déjà le chemin de sa déchéance future. Elles contraignent l’incorruptible puissance de l’Etre à jouer le scénario de la passivité écrit par les usurpateurs. Cette désorientation volontaire de la conscience humaine sert des intérêts étrangers. L’abandon de Soi devient un mode de vie. La résignation et la fatalité sont érigées en dogmes. La séparation du Ciel et de la Terre assure la division du royaume et programme la fin de la partie.

Se tenir debout, sans filet, sans assurance, sur le fil de sa vie, force à la vigilance. Cet acte volontaire d’attention rouvre la porte de la communion avec Soi. Les réponses sont alors claires et sont celle de l’autorité suprême, hors de tout compromis. Sûr de son immortelle puissance et de son abondance infinie, l’homo-créator est alors un roi magnanime, un juge impartial, un amant attentif. L’autorité suprême ne s’immisce que dans ce qui la concerne, au moment présent et avec la précision du scalpel. La présence à l’instant est gage d’éternité.

La lumière vive du soleil évapore maintenant les gouttelettes de rosée. La conscience de la souveraineté s’estompe comme s’estompent les étoiles derrière le bleu du ciel. Le tohubohu de la cité des fous reprend peu à peu ses faux droits et m’entraine dans son sillage anarchique. Je garde en mantras le secours de la devise de notre île : « je fleurirais là où je serais porté » !

Erik Gruchet , Saint Pierre le 9 juillet 2012


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31 réactions à cet article    


  • Pierre Régnier Pierre Régnier 9 juillet 2012 14:01

     »L’impuissance et la résignation« auxquelles »l’enfant humain est formaté dès sa naissance«   »contraignent l’incorruptible puissance de l’Etre à jouer le scénario de la passivité écrit par les usurpateurs" écrit l’auteur.

     

    Et encore, ce résultat  : « La résignation et la fatalité sont érigées en dogmes ».

     

    Pour parler encore comme cet auteur je dirai, chaque fois que possible dans la rubrique Religions d’Agoravox, que je me tiendrai « debout, sans filet, sans assurance » plutôt que de me résigner à la censure sur ce qui me paraît être l’un des plus importants problèmes de ma génération, la violence religieuse.

     

    C’est pourquoi, mon petit article Garaudy est mort, vive la violence religieuse ? n’ayant pas été accepté par les modérateurs d’Agoravox je répète qu’on peut le lire ici  :

     

    http://blog.sami-aldeeb.com/2012/06/26/pierre-regnier-garaudy-est-mort-vive-la-violence-religieuse/

     

    et ici :

     

    http://www.centpapiers.com/garaudy-est-mort-vive-la-violence-religieuse/99205


    • Gollum Gollum 9 juillet 2012 15:23

      Texte ambigu qui me met mal à l’aise car le début ressemble à la philosophie d’un Eckhart Tollé ou d’un Thich Nhat Hanh pour ensuite affirmer « Renoncer à être le souverain de notre vie et le maître de notre destiné c’est renoncer à notre projet d’incarnation et donc à appeler la mort. » 


      Hors le propre de l’homme moderne a-religieux est qu’il entend bien justement être le souverain unique et seul maître de sa destinée. Raison profonde d’ailleurs pour laquelle il ne maîtrise plus rien du tout. Et que tout se craquelle de toute part.

      Au contraire l’homme de Providence abandonne sa vie à la Transcendance et devient beaucoup plus léger, vivant sans soucis... Les choses viennent à lui, se mettent en place pour lui, sans qu’il recherche quoi que ce soit..

      Deux attitudes diamétralement opposées et qui font la différence entre Occident et Orient au sens de Guénon.

      • Pierre-Marie Baty Pierre-Marie Baty 9 juillet 2012 19:29

        Bonjour Gollum

        On ne peut pas renoncer à la souveraineté sur sa vie. On ne peut renoncer à rien. Le renoncement au sens de poser l’acte de renoncer est une illusion. Renoncer c’est se séparer d’une partie de soi. On ne peut pas se séparer d’une partie de soi. On peut essayer de l’ignorer, mais cela ne marche pas. Ca développe même tout un tas de pathologies névrotiques, le fait de feindre d’ignorer une partie de soi.

        On ne peut pas non plus exercer son contrôle si on entend l’exercer de manière sélective, c’est-à-dire sur une partie de l’univers à l’exclusion du reste. Cela ne fonctionne pas davantage. C’est parce que l’être humain se croit séparé de ses frères qu’il ne réussit pas à contrôler sa vie comme il le voudrait : c’est comme si des cellules de votre corps décidaient de mener leur vie propre, sans tenir compte de leurs voisines. C’est une pathologie bien connue qui fait mourir beaucoup de gens.

        On ne peut ni s’abandonner ni exercer une souveraineté sélective. Soit nous sommes Dieu et nous contrôlons tout, soit nous sommes des névrosés souffrants.

        C’est seulement quand les gens qui sont malheureux auront compris que leur bonheur individuel passe par la félicité collective que leur vie commencera à changer. Ils s’inscriront à nouveau dans le grand système de l’unité, et laisseront leur ego embrasser l’univers et se fondre dans lui. Tout est un. Je suis vous, vous êtes moi, et vous êtes Dieu. Il suffit d’en prendre conscience pour atteindre à la demande une félicité telle qu’elle éclipse tout, y compris l’insignifiance de votre propre mort.

        Je ne désespère pas que vous le compreniez un jour. Permettez-moi maintenant de terminer sur le smiley obligatoire de l’auto-suffisance — très beau terme, ne trouvez-vous pas ? smiley


      • Gollum Gollum 10 juillet 2012 08:58

        On ne peut renoncer à rien.


        On peut renoncer à tout.


        Renoncer c’est se séparer d’une partie de soi. 


        Ou le contraire, renoncer c’est se focaliser sur l’essentiel et se retrouver soi, retrouver l’ Être. 


        Ca développe même tout un tas de pathologies névrotiques, le fait de feindre d’ignorer une partie de soi.


        Bien d’accord mais là on est dans le domaine du psychique et donc de l’ego. Le renoncement ultime se situe à un autre niveau, l’étage au-dessus qui est celui de l’Esprit et donc où il n’y a plus d’ego. 


        C’est seulement quand les gens qui sont malheureux auront compris que leur bonheur individuel passe par la félicité collective que leur vie commencera à changer. Ils s’inscriront à nouveau dans le grand système de l’unité, et laisseront leur ego embrasser l’univers et se fondre dans lui. 


        Vous êtes trop optimiste. Pensez-vous sérieusement que cela suffise ? Qu’il suffit d’avoir « compris » ? Bien évidemment non. Tant que l’on n’a fait que comprendre on reste au niveau de l’ego. On s’illusionne sur soi, on s’imagine être arrivé au sommet de l’évolution spirituelle et tout cela à bon compte sans rien avoir sacrifié...


        D’ailleurs le fait même que vous utilisiez le terme d’ego qui embrasse l’univers montre que vous êtes plus mystique qu’autre chose dans le fond. Pour moi l’ego qui embrasse l’univers est quelque chose de régressif même si cette expérience a sa positivité.


        Tout est un. Je suis vous, vous êtes moi, et vous êtes Dieu. Il suffit d’en prendre conscience pour atteindre à la demande une félicité telle qu’elle éclipse tout, y compris l’insignifiance de votre propre mort.


        Non il ne suffit pas de le comprendre. Comprendre est facile, il suffit d’avoir fréquenté un peu les diverses spiritualités des divers continents pour l’avoir compris. La doctrine de la non-dualité implique dans ses termes même ce que vous écrivez.

        Ci-dessous un extrait de la préface des Contemplations de Victor Hugo (natif des Poissons, les connaisseurs comprendront..) : « Est-ce donc la vie d’un homme ? Oui, et la vie des autres hommes aussi. Nul de nous n’a l’honneur d’avoir une vie qui soit à lui. Ma vie est la vôtre, votre vie est la mienne, vous vivez ce que je vis ; la destinée est une. Prenez donc ce miroir, et regardez-vous-y. On se plaint quelquefois des écrivains qui disent moi. Parlez-nous de nous, leur crie-t-on. Hélas ! quand je vous parle de moi, je vous parle de vous. Comment ne le sentez-vous pas ? Ah ! insensé, qui crois que je ne suis pas toi ! »


        Je ne désespère pas que vous le compreniez un jour.


        Merci de votre sollicitude.. smiley Mais si vous aviez été un peu attentif à ce que j’écris ici ou là, vous le sauriez depuis un moment que je le savais... Par contre je ne l’ai pas encore réalisé.. (et je suis prêt à mettre ma main au feu qu’intuitivement, vous non plus...) Saisissez-vous la nuance ?... smiley


      • Pierre-Marie Baty Pierre-Marie Baty 10 juillet 2012 17:42

        Mais pourquoi donc cette obsession du sacrifice et d’un coût à payer pour réaliser la chose la plus simple du monde ?

        Sacrifier, renoncer, séparer, ne voyez-vous pas que c’est la même chose ? Comment pouvez-vous penser que vous intégrerez l’unité en sacrifiant, en renonçant, c’est-à-dire en vous séparant de quoi que ce soit ?

        Ce n’est pas parce que des illustres bonhommes ont écrit tout un tas de textes savants sur la spiritualité qu’ils ont raison, vous savez smiley

        Puisque vous vous piquez d’exégèse, permettez que je vous dirige vers ceci : Matthieu 11-25.

        En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents et de ce que tu les as révélées aux enfants.

        Oui, Père, je te loue de ce que tel a été ton bienveillant dessein.

        Tout m’a été remis par mon Père, et personne ne connaît le Fils, si ce n’est le Père, personne non plus ne connaît le Père, si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler. (notez la potentialité induite dans cette phrase)

        Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos.

        Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez du repos pour vos âmes.

        Car mon joug est aisé, et mon fardeau léger.

        Comment Jésus pourrait-il être plus explicite ? D’où sort donc chez vous cette perversion du coût, ce goût pour l’ésotérisme punitif et compliqué ? Qu’avez-vous donc à expier ? Il n’y a rien à faire, rien à payer. Juste à réaliser. Et croyez bien que le bonheur à la demande, je le réalise quand je veux. smiley


      • Hervé Hum Hervé Hum 11 juillet 2012 01:59

        Il y a de mon point de vue beaucoup de confusions dans les messages ci dessus et dessous.

        Ainsi, on ne peut prétendre être le maître souverain de sa destinée dès lors que l on s attache aux choses et aux autres. De fait, l Etre que nous sommes est lié et attaché à son corps et de lui seul.

        Alors, soit vous considerez l Univers votre, soit vous ne considerez que vous même. La 1er, dans laquelle baigne l humanité conduit aux menaces actuelle, la 2eme mène à l anarchie !!!

        Mais l anarchie est dans son principe très exigeant, car elle suppose une humanité arrivée à son degré de conscience le plus aboutit. L anarchie n est possible que dans une humanité s étant affranchie de la propriété privée.

        Mais je m égarre, nous sommes en religion !

        Pour terminer sur le sujet, les grandes religions parlent toutes de la même chose... Le détachement d autrui et des choses pour ne s attacher qu à soi et accessoirement à Dieu ! 

         


      • Gollum Gollum 11 juillet 2012 08:40

        Mais pourquoi donc cette obsession du sacrifice et d’un coût à payer pour réaliser la chose la plus simple du monde ?

        Sacrifier, renoncer, séparer, ne voyez-vous pas que c’est la même chose ? Comment pouvez-vous penser que vous intégrerez l’unité en sacrifiant, en renonçant, c’est-à-dire en vous séparant de quoi que ce soit ?


        Je ne comprends pas votre incompréhension. Vous semblez systématiquement vous placer d’un point de vue absolu alors que nous sommes pour 99,999999 % d’entre nous de simples humains. Ce qui implique forcément de sacrifier l’humain pour atteindre l’étage supérieur. Bien évidemment une fois à cet étage il n’y a plus de sacrifice nulle part puisque l’Absolu ou le Brahman si vous préférez n’est jamais né, jamais mort, n’a jamais eu besoin d’être libéré. Notre dialogue de sourd vient de ce paradoxe là... La raison s’y perd car d’un point de vue logique il y a en effet conflit.


        Ce n’est pas parce que des illustres bonhommes ont écrit tout un tas de textes savants sur la spiritualité qu’ils ont raison, vous savez 


        Il y a déjà bien longtemps que l’argument d’autorité ne m’impressionne plus. Ceci dit, des générations d’âmes diverses ont à peu près toutes dites la même chose et j’ai tendance à rechercher les points communs... simple bon sens me semble-t-il..

        Puisque vous vous piquez d’exégèse, permettez que je vous dirige vers ceci : Matthieu 11-25.

        ..............

        Comment Jésus pourrait-il être plus explicite ? 


        Oui et alors ? Il a aussi dit qu’entrer dans le Royaume était la chose la plus difficile au monde... Parabole du chameau incapable d’entrer dans le chas d’une aiguille ou parabole de la porte étroite. Ce que vous ne comprenez pas, c’est que différentes façons de voir peuvent être vraies.. Entrer dans le Royaume est à la fois très simple et quasi surhumain à faire.


        D’où sort donc chez vous cette perversion du coût, ce goût pour l’ésotérisme punitif et compliqué ? Arff.. smiley

        Qu’elle est bonne celle-là.. C’est juste un intérêt comme un autre.. Vous avez bien l’intérêt de la chose politique il me semble ? A quoi cela vous sert-il ? Bref, remarque un peu ridicule. S’intéresser à l’ésotérisme n’est pas plus « punitif » que de pratiquer du sport le week-end..


        Qu’avez-vous donc à expier ? 

        Mais rien du tout. Je ne suis pas moraliste. Allez plutôt voir du côté de tikhomir qui lui est moraliste et a donc quelque chose à expier. Moi non.

        Il n’y a rien à faire, rien à payer. Juste à réaliser. 


        D’accord. Et bien je suis en voie de réalisation. À ma façon, lente, progressive. Je ne suis pas pressé. J’ai tout mon temps. De toute façon étant le Brahman je suis déjà libéré.  smiley Vous voyez que l’on nage en plein paradoxe...  smiley


        Et croyez bien que le bonheur à la demande, je le réalise quand je veux. 


        Mais j’en suis ravi.. Tant mieux pour vous. Je me permettrai quand même de garder quant à cette affirmation mon scepticisme naturel... Je pense même que l’essentiel de votre erreur vient de là. Vous semblez persuadé d’être arrivé au bout du chemin.. J’ai bien peur que la Vie tôt ou tard ne vous ramène au réel..


        Par contre, ce que je peux affirmer c’est que mon travail ésotérique sur lequel vous jetez l’opprobre m’a permis d’acquérir au fil du temps une sérénité qui me montre que je n’ai pas trop fait fausse route jusqu’ici..


        Bien à vous.


      • Pierre Régnier Pierre Régnier 11 juillet 2012 09:12


        Mais non, Hervé, vous ne vous égarez pas. Le très religieux Emmanuel Mounier avait très bien réfléchi sur l’anarchie et son rapport à la religion.

         

        Il savait l’intérêt et les risques de la première. Il savait l’intérêt et les possibles tricheries de la seconde. Il savait que la solution était, justement, dans la solidarité.

         

        Et ce que vous voyez ici comme « des confusions » n’en est pas vraiment. Vous voyez seulement la pente naturelle vers l’égocentrisme et l’égoïsme - très exactement le contraire du personnalisme de Mounier - quand on oublie que sa petite personne merveilleusement autosuffisante dans la création est aussi, qu’on le veuille ou non, solidaire du destin des autres.

         

         »Les autres" ne sont « l’enfer », comme aurait dit Sartre, que lorsqu’ils se complaisent dans cet oubli de la solidarité.


      • tikhomir 9 juillet 2012 16:22

        « Se sachant créateur, il infuse d’amour chaque goutte d’eau pour dissoudre le granit le plus dur. »

        Allez-y, on vous regarde créer, vous nous raconterez comment ça se passe avec l’homo-creator plus ou moins divinité. Délire d’un texte vaguement spiritualisant... C’est rigolo 5 minutes mais quel rapport avec la réalité ?


        • riorim riorim 9 juillet 2012 19:18

          C’est rigolo 5 minutes mais quel rapport avec la réalité ?

          C’est quoi : la réalité ?
           
          Des milliards d’euros pour découvrir un Boson ?
          Le journal de 20 heures ?
          L’extermination des requins ?
          Le cours de la bourse ?
          Le chant des cigales qui ne laisse ausun répit ?
          Un homme qui nous confie simplement ce qu’il ressent ?


        • Pierre-Marie Baty Pierre-Marie Baty 9 juillet 2012 19:33

          Le réel est un système de symboles, ou comme dirait le mentor d’un film cyberpunk bien connu : « si tu veux parler de ce que tu peux voir, de ce que tu peux toucher, de ce que tu peux sentir, alors le réel n’est qu’un influx électrique interprété par ton cerveau ».

          La Nature est un temple où de vivants piliers
          laissent parfois échapper de confuses paroles
          l’Homme y passe à travers des forêts de symboles
          qui l’observent avec des regards familiers.

          Comme de longs échos qui de loin se confondent
          Dans une ténébreuse et profonde unité,
          Vaste comme la nuit et comme la clarté,
          Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

          Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
          Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
          - Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,

          Ayant l’expansion des choses infinies,
          Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
          Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.
           (Baudelaire)


        • victoria victoria 10 juillet 2012 10:21

          Pierre-marie

          Suggérez vous que Morpheus aurait pu écrire un tel poème ? 

          J’ai accueilli ce texte sans résistance..

          Allez-y, on vous regarde créer, vous nous raconterez comment ça se passe avec l’homo-creator plus ou moins divinité. Délire d’un texte vaguement spiritualisant... C’est rigolo 5 minutes mais quel rapport avec la réalité ? 

          Quel rapport avec ce texte ?

        • luluberlu luluberlu 10 juillet 2012 11:03

          Pendant les cinq minutes vous fûtes de la joie, et la joie est l’expression de la vie qui prend conscience d’être en vie.


        • Pierre Régnier Pierre Régnier 10 juillet 2012 21:33

          mais, victoria

           

          quand le texte est poème tout "a rapport avec le texte",

           

          aussi bien la foi de tikhomir que la poésie de Baudelaire et la réalisation du bonheur par Pierre-Marie « quand il veut »

           

          Accueillez la suite aussi « sans résistance » mais, si possible, gardez regard sur les frères et sœurs de la vie réelle

           

          Le seul risque de la belle écriture est dans la possible rupture d’avec leur monde à affronter chaque matin

           

          Dans cette rupture, quand elle est souhaitée dans l’énivrement par les mots, "la présence à l’instant" peut être gage de férocité.


        • Gollum Gollum 11 juillet 2012 08:46

          Au fait Baty il y a quelque contradiction entre votre allégeance au symbolisme et votre rejet de l’ésotérisme, car l’ésotérisme c’est précisément la science des symboles..


          Baudelaire quant à lui était disciple de Joseph de Maistre et de Swedenborg..

        • victoria victoria 11 juillet 2012 10:24

          Accueillez la suite aussi « sans résistance » mais, si possible, gardez regard sur les frères et sœurs de la vie réelle

           Le seul risque de la belle écriture est dans la possible rupture d’avec leur monde à affronter chaque matin

           Dans cette rupture, quand elle est souhaitée dans l’énivrement par les mots, « la présence à l’instant » peut être gage de férocité.

          Cette rupture n’engage-t-elle pas que son auteur ?


        • Pierre Régnier Pierre Régnier 11 juillet 2012 11:46


          victoria

           

          Tant que l’auteur de la rupture n’est pas conscient de vivre hors solidarité il n’est même pas, comme vous dites, « engagé » négativement.

           

          S’il cultive cette rupture - et c’est tentant - il est responsable, tout simplement.

           

          Comme tous les autres individus sans pouvoir particulier, ni plus ni moins.


          Mais, dans l’époque que nous vivons, notre responsabilité commune est grande face à la très concrète violence religieuse, que les principaux individus au pouvoir (politique, religieux, médiatique, pédagogique...) s’efforcent de masquer.

          Par lâcheté. Au moins dans le cas de ceux qui ont le pouvoir politique

        • Pierre-Marie Baty Pierre-Marie Baty 11 juillet 2012 12:58

          Gollum, là où vous voyez des contradictions, je vous invite à reconsidérer l’ensemble : tout se tient. Reconnaître la nature symbolique du réel n’est pas y faire allégeance : y faire allégeance, ce serait y donner une quelconque importance, et s’attacher à l’étude des symboles au lieu de s’attacher à l’étude du signifié.

          L’ésotériste symbolique est semblable à celui qui, ayant reçu une lettre, aurait le goût de se livrer immédiatement à une étude de la forme des caractères et de l’épaisseur du trait, en oubliant de lire le message.

          Les signes n’ont aucune importance. Les signes sont virtuels : ils sont de pures représentations. Attachez-vous à ce qu’ils représentent, et suivez la piste : l’influx électrique codé en fréquence/intensité/durée, la nature de la pensée, la non-dualité entre la matière et l’énergie. Nous sommes à l’image de l’univers, un assemblage d’énergie dont certaines concentrations locales sont nommées particules de matière. Délimiter notre ego au sein de ce bouillon d’énergie est aussi absurde que de vouloir déterminer le périmètre d’une goutte d’eau au milieu de l’océan. Il n’y a rien à sacrifier : le brahmane est aussi un homme.


        • Gollum Gollum 11 juillet 2012 15:16

          L’ésotériste symbolique est semblable à celui qui, ayant reçu une lettre, aurait le goût de se livrer immédiatement à une étude de la forme des caractères et de l’épaisseur du trait, en oubliant de lire le message.


          Ca c’est vous qui le dites. Et je me demande où vous allez pêcher ça. Non l’ésotériste essaye de lire le message (sinon ce n’est plus de l’ésotérisme mais juste une étude d’historien des symboles ou d’historien des divers ésotérismes... il y en a d’ailleurs, qui n’entrent pas réellement au cœur même de ce qu’ils étudient. Scholem par exemple est pour moi un érudit de la Kabbale mais pas un vrai kabbaliste.. mais ça n’engage que moi). 

          Le problème est que pour lire le message correctement et c’est là la clé et le nœud du problème la Grâce est impérative sinon le Temple reste irrémédiablement fermé.

        • Gollum Gollum 11 juillet 2012 15:17

          Quant aux contradictions par moi évoquées j’ai pourtant bien précisé qu’il s’agit de contradictions logiques et non pas de contradictions d’essence. Je pensais pourtant avoir été assez clair.


        • luluberlu luluberlu 10 juillet 2012 10:58

          @ l’auteur : bienvenu au club. Mais pourquoi sapiens plus créator que mousse lichen lilas daurade ou vers de terre ? les vivants quoi..... ;Boson lui est créator....nous tous en sommes l’ultime conc&quences


          • gordon71 gordon71 11 juillet 2012 08:48

            bonjour 


            extrêmement intéressant votre discussion : 

            toute centrée autour du phénomène de la Grâce 

            le pouvoir et la maîtrise de sa propre vie se trouve dans l’abandon le plus complet 

            étonnant non ?

            et difficile, presqu’impossible à admettre et à comprendre pour un rationnaliste 

            • Pierre-Marie Baty Pierre-Marie Baty 11 juillet 2012 13:06

              C’est une conception intéressante en effet.

              L’attrait pour le mysticisme est puissant en spiritualité.

              Le mystique de la grâce, thème de prédilection de Saint Augustin, est au fond en comparaison avec le spiritualiste pélagien semblable à l’homme qui monte sur un char à voile.

              Certes, il ira plus vite que celui qui va à pied, mais seulement s’il y a du vent, et seulement si celui-ci souffle dans le bon sens !

              Bonne journée smiley


            • Gollum Gollum 11 juillet 2012 15:05

              le pouvoir et la maîtrise de sa propre vie se trouve dans l’abandon le plus complet 



              Ben voilà.. Vous avez tout compris. Et comme vous l’écrivez impigeable pour un rationaliste. Le rationalisme c’est dire si je veux telle chose je dois tout faire pour l’obtenir. 


              La logique divine c’est l’inverse. Si je veux telle chose, je ne dois rien faire pour l’obtenir ou même le contraire. C’est la logique évangélique : les derniers seront les premiers, etc.. ou celle du Taoïsme. Lao Tseu : plus le sage donne, plus il possède.. ou encore : Le sage par le non-agir accomplit de grandes choses..


              C’est une logique paradoxale, celle qui est à la base même du Yi-Jing.


            • Gollum Gollum 11 juillet 2012 15:08

              Certes, il ira plus vite que celui qui va à pied, mais seulement s’il y a du vent, et seulement si celui-ci souffle dans le bon sens !


              Ben moi je vais à pied comme déjà expliqué. Parce que s’il fallait que j’attende la grâce... 
              Tant mieux pour ceux qui ont eu cette grâce.. et bon vent !

            • gordon71 gordon71 13 juillet 2012 14:15

              si je veux quelquechose et si ce quelquechose est dans l’ordre

              naturel (je vais enlever divin) si cette chose est juste, en accord avec l’ordre naturel

              si moi m^me je suis à ma place, en accord avec la symphonie universelle

              alors je veux ce que veux l’ordre naturel (que j’appelle Dieu), je n’ai pas à me battre contre lui

              juste être là et recevoir

              m^me chose avec le bateau, Pierre marie , on ne peut avancer contre les éléments

              et pourtant si on les comprend, si l’on en accepte les lois il vous font remonter au vent

              avec quelques détours j’en convient et quelques virements de bord


            • Pierre-Marie Baty Pierre-Marie Baty 14 juillet 2012 22:42

              Bonjour Gordon

              Oui, c’est tout à fait cela : quand nous sommes à notre place, nous ne pouvons pas ne pas vouloir autre chose que l’ordre naturel des choses. smiley

              Ainsi nous ne voulons que ce qui se réalise, et tout ce que nous voulons se réalise. Ainsi sommes-nous réuni au divin.

              Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi la loi mosaïque (les dix commandements) étaient formulés, même dans les traductions les plus anciennes de celle-ci, au futur et non à l’impératif ?


            • gordon71 gordon71 11 juillet 2012 08:55

              la « charis » ce qui brille et ce qui réjouit 


              vivre dans l’abandon de soi, à l’inspiration et à l’intuition du tout, omniprésent bienveillant 

              vivre sa vie, inspiré, dans la joie ,

               comme une oeuvre d’art au service de Dieu 

              • gordon71 gordon71 11 juillet 2012 09:19
                Dés la naissance, l’enfant humain est formaté à l’impuissance et à la résignation. Elles tissent un voile devant la conscience de sa vraie nature omnipotente et dessinent déjà le chemin de sa déchéance future.

                entièrement d’accord, (pour notre époque) et l’orgueil ou le fait de surévaluer ses forces, ou encore de se sentir en position de supériorité face à la création est peut être l’aveu le plus pathétique de cette impuissance 

                • Pierre Régnier Pierre Régnier 11 juillet 2012 09:26

                  @ gordon71


                  Si l’oeuvre d’art est au service d’un Dieu qui est lui-même au service de l’humanité, c’est parfait.

                  Si l’ « auto-création artistique » est une oeuvre d’art au service d’un Dieu qui est lui-même au service des égoïsmes de chacun, ça donne très concrètement le monde violent dont l’humanité n’arrive pas à sortir.

                  • riorim riorim 11 juillet 2012 17:06

                    Histoire de vocabulaire.
                     
                    Le mot « dieu » est tellement chargé de sens...

                    Je prendrais pour base de réflexion le seul mot « conscience ».

                    Avoir conscience d’exister est un fait en soi qui peut mener fort loin dans la représentation du réel.

                     Plus besoin alors de faire référence à un concept incertain.

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Auteur de l'article

Erik Gruchet


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