D’abord, il faut situer le contexte. Le nouveau testament n’a pas pu se détacher de l’Ancien Testament malgré tous les efforts de Marcion pour séparer le nouveau dieu d’amour de l’ancien dieu vengeur selon le principe de Paul que l’amour abolit la Loi. L’évangile universel n’a pas de sens sans la bible hébraïque qui en constitue le fondement historique depuis la création du monde jusqu’à l’Empire en passant par le Peuple élu. Sur la Bible, on en sait beaucoup plus depuis peu, du moins l’archéologie a confirmé et précisé ce qu’on avait pu déduire avant, en partie au moins, mais qui n’était pas reconnu comme maintenant, depuis le livre de Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman "La Bible dévoilée" qui montre que la rédaction de la Bible date du VIIe siècle (on le savait) et qu’avant cette date il n’y avait pas grand-chose au royaume de Judas ni vraiment de Jérusalem, avant que le royaume d’Israël plus au nord ne soit détruit par les Assyriens (On ne le savait pas). Toute l’histoire biblique est profondément remise en cause et dépouillée de toute véracité historique. C’est au moins une mythification, si ce n’est une mystification au service d’intérêts politiques, mais qui reprend une grande partie de la sagesse babylonienne (sumérienne, akkadienne, égyptienne, hittite et perse) et d’anciennes traditions locales. Bien sûr tous les Juifs ne l’admettent pas, la plupart ne sont même pas au courant, mais cette archéologie de la Bible n’a pas rencontré d’opposants sérieux à ce jour sans que cela ne trouble vraiment les croyants. C’est sans doute que les Juifs ont gardé en partie le sens de la lettre et des symboles, de la distance entre la représentation et le réel qui exige interprétation, de la dimension proprement religieuse alors que les chrétien,s ne faisant plus de différence entre le monde divin et le monde profane, ne peuvent admettre que le Christ n’ait pas vécu (né d’une vierge), qu’il ne soit pas vraiment mort ni vraiment ressuscité ! Mystère de l’incarnation...

Si l’Ancien Testament ne tient pas le coup, que reste-t-il du Nouveau ? Sans Père dans les cieux, Jésus perd toute divinité, mais cela ne l’empêche pas d’exister pour autant ! Ce qui rend son existence contestable c’est seulement qu’il n’y en a aucune trace. Aucune ! Au point qu’on sait que toutes les soi-disant preuves archéologiques de son existence sont des faux, plus ou moins grossiers. Le plus troublant c’est qu’on n’en trouve aucune trace dans "La Guerre des Juifs" de Flavius Josèphe qui couvre cette période de façon assez détaillée pourtant (parlant de Jean-Baptiste entre autres). Bien sûr il y a des versions chrétiennes (en slavon) qui ont réparé l’oubli et que certains vont s’imaginer être la version originale censurée par Flavius Josèphe lui-même ! Quand on est croyant, on peut croire n’importe quoi ! Il n’y a tellement rien nulle part ailleurs qu’on s’appuie toujours sur les mêmes passages des Antiquités judaïques (écrits dans les années 93-94) pour se rassurer sur l’existence de Jésus, mais, d’une part il y avait effectivement plusieurs Jésus à cette époque, qui n’avaient pas grand-chose à voir avec celui des Evangiles, et la seule citation qui n’est peut-être pas rajoutée est celle-ci :

"Comme Anan était tel et qu’il croyait avoir une occasion favorable parce que Festus était mort et Albinus encore en route, il réunit un sanhédrin, traduisit devant lui Jacques, frère de Jésus appelé le Christ, et certains autres, en les accusant d’avoir transgressé la loi, et il les fit lapider. (201) Mais tous ceux des habitants de la ville qui étaient les plus modérés et les plus attachés à la loi en furent irrités et ils envoyèrent demander secrètement au roi d’enjoindre à Anan de ne plus agir ainsi, car déjà auparavant il s’était conduit injustement. (202) Certains d’entre eux allèrent même à la rencontre d’Albinus qui venait d’Alexandrie et lui apprirent qu’Anan n’avait pas le droit de convoquer le sanhédrin sans son autorisation. (203) Albinus, persuadé par leurs paroles, écrivit avec colère à Anan en le menaçant de tirer vengeance de lui. Le roi Agrippa lui enleva pour ce motif le grand-pontificat qu’il avait exercé trois mois et en investit Jésus, fils de Damnaios".

Il n’est pas sûr que la mention "appelé le Christ" ne soit pas un ajout mais il n’est pas impossible que ce n’en soit pas un car il y en avait pas mal en ce temps-là qui se prenaient pour le Christ appelé à délivré les Juifs des Romains. On s’arrête en général à ce petit bout de phrase sans aller jusqu’au bout du paragraphe où l’on voit qu’on parle d’un Jésus, fils de Damnaios. Plus loin, il précise :

"Le roi donna aussi la succession du grand pontificat à Jésus, fils de Gamaliel, après après ravoir enlevé à Jésus, fils de Damnaios. Cela fut cause d’une lutte entre eux. En effet, les gens les plus audacieux ayant été rassemblés par eux en bandes, des insultes on en vint à se jeter des pierres.

Ayant enlevé le grand-pontificat à Jésus, fils de Gamaliel, il le donna à Matthias, fils de Théophile, sous lequel commença la guerre des Juifs contre les Romains".

Précisons que Jacques le juste, dit "frère de Jésus", a sûrement existé, ayant constitué une des première communautés chrétiennes mais cela ne veut pas dire qu’il soit vraiment son frère ni que ce soit de lui qu’on parle ici. L’autre citation (Antiquités XVIII) est encore plus douteuse. Le texte "officiel" venant de L’Histoire ecclésiastique (I, 11) d’Eusèbe devrait d’autant moins être pris en compte qu’il y a trois autres versions qui n’ont pas plus de raisons d’être authentiques ! C’est justement parce qu’on veut faire dire à Flavius Josèphe, qui n’était pas du tout chrétien, que Jésus était bien divin que la supercherie semble évidente :

"En ce temps-là, paraît Jésus, homme sage, si toutefois il faut l’appeler homme ; car il était l’auteur d’oeuvres prodigieuses, le maître des hommes qui reçoivent avec joie la vérité. Il entraîna beaucoup de Juifs et aussi beaucoup de Grecs. Il était le Christ. Et comme sur la dénonciation des premiers parmi nous, Pilate l’avait condamné à la croix, ceux qui l’avaient aimé précédemment ne cessèrent pas. Car il leur apparut le troisième jour, vivant à nouveau ; les prophètes divins avaient dit ces choses et dix mille autres merveilles à son sujet. Jusqu’à maintenant encore, le groupe des chrétiens, ainsi nommé à cause de lui, n’a pas disparu". (Eusèbe, Histoire ecclésiatique 1,11)

"A cette époque-là, il y eut une homme sage nommé Jésus, dont la conduite était bonne ; ses vertus furent reconnues. Et beaucoup de Juifs et des autres nations se firent ses disciples. Et Pilate le condamna à être crucifié et à mourir. Mais ceux qui s’étaient faits ses disciples prêchèrent sa doctrine. Ils racontèrent qu’il leur apparut trois jours après sa crucifixion et qu’il était vivant. Peut-être était-il le Messie au sujet duquel les prophètes avaient dit des prodiges". (Agapios, Histoire Universelle)

"À la même époque il y eut Jésus, homme sage, pour autant qu’il convienne de le dire homme. Il était en effet l’auteur de faits étonnants et le maître de ceux qui reçoivent librement la vérité. De plus, beaucoup, tant parmi les Juifs que parmi les Gentils devinrent ses disciples, et l’on croyait qu’il était le Christ..." (Saint-Jérôme, De Viris illustribus)

"En ce temps-là, il y eut un homme sage du nom de Jésus, s’il nous convient de l’appeler homme. Car il était l’auteur d’oeuvres glorieuses et maître de vérité. Et de beaucoup parmi les Juifs et parmi les nations il fit des disciples. On pensait qu’il était le Messie..." (Michel le Syrien, Chronique)

Bien sûr on ne peut prouver une non-existence. L’absence de preuves n’est pas preuve de l’absence. Il n’est pas impossible qu’il y ait un noyau de vérité dans les Evangiles, mais tellement remanié qu’on n’en a pas besoin. Ce n’est pas qu’il n’y aurait eu aucun prophète à l’origine de ce remaniement théologique mais plutôt plusieurs (voir tableau) ! Qu’on sache déjà que les premiers Evangiles, comme l’Evangile selon Thomas, n’étaient qu’une suite de logia ou paroles de Jésus qu’on retrouvera dans l’Evangile officiel ensuite mais sans aucune mise en scène alors (ni nativité, ni mort et résurrection), chaque sentence étant simplement précédée par : "Jésus a dit". L’histoire de Jésus et de sa crucifixion ne viendront qu’après. Il est donc loin d’être absurde de voir dans l’invention de Jésus et de sa passion une construction théologique des prêtres exilés à Nazareth par les Romains qui interdisent désormais Jérusalem aux Juifs après la destruction du temple par Titus (en 70). On peut lire la construction de cette figure comme "réalisation des écritures" (surtout Isaïe et le Livre d’Esther), ce qui en dénonce le caractère de fiction et dont la finalité est de détacher la religion de la politique pour survivre à l’anéantissement de l’espoir d’un messie qui leur donnerait une domination militaire devenue impossible. Dès lors, plutôt que de s’attacher au personnage du Christ, c’est la constitution du christianisme lui-même qu’on devrait examiner et l’ensemble des courants qui ont mené à cette branche qui se détache du judaïsme et s’universalise au moment même où les Juifs sont expulsés de leur pays et dispersés à travers l’Empire.

Le christianisme n’est pas autre chose que la religion de l’Empire romain, c’est-à-dire du césarisme (où le nouvel Alexandre n’a d’autre légitimité que ses actes), reprenant le calendrier de Jules César (JC) et identifiant grossièrement la naissance de Jésus-Christ (JC) avec la naissance de l’Empire (le recensement). C’est son adoption par l’empereur Constantin qui en a fixé le dogme, avec Eusèbe, et lui a donné son véritable essor. L’unité d’un empire regroupant de si nombreux peuples ne pouvait se satisfaire de la religion romaine hellénisée, utilitaire, imprégnée de superstitions et confisquée par l’aristocratie patricienne (qui détenait les sacra), encore moins de la divinisation de l’empereur. Les légions romaines popularisaient le culte de Mitra, dieu de l’amitié virile et des contrats, avec ses initiations de guerriers héritées des Aryens. Les tentatives de culte solaire (Sol invictus) témoignaient de la nécessité d’une religion universelle mais cet universel ne pouvait être atteint vraiment que par les exclus de l’empire, les esclaves, car sous l’autorité absolue de l’empereur la distinction de l’esclave et du citoyen n’a plus de sens. La diffusion de la bible des Septante, traduction en grec de l’hébreu, donnait à cette nouvelle religion la tradition qui lui manquait ainsi que sa conscience malheureuse, attisée par la destruction du temple, et qui exprimait le délaissement de l’empire à la recherche de son unité. La dispersion des Juifs dans tout l’empire favorisait aussi son universalisation comme représentant des peuples soumis face à la diaspora des maîtres (Grecs et Romains).

C’est dans le creuset d’Alexandrie, avant Rome, que devait s’effectuer la synthèse des sectes esséniennes (ou gnostiques, héritières de la Perse à travers Isaïe) et de la philosophie (stoïcienne et néoplatonicienne), voire du culte de Mitra et des religions agricoles (pain et vin). Les thèses essentielles en sont la création (qui change l’avenir), l’incarnation (Dieu fait homme) et la Rédemption (amour de Dieu) mais qui se réduisent explicitement au commandement "Aime ton prochain comme toi-même", faisant de Dieu l’entre-deux, la relation au semblable, la conscience réflexive dans l’autre, incarnation de la liberté, de la conscience dont procède le péché qui pour être originel ne nous épargne guère (et si la liberté est créatrice, amour, charité, elle se soumet aussitôt à la foi ou à l’amour, s’y abandonne et se renie alors dans un asservissement extrême : manuel de discipline essénien, le sacrifice de soi qui sauve). Cette théologie se réfère, particulièrement au sermon sur la montagne, d’origine éssenienne, dont la morale paradoxale du manque annonce déjà le triomphe de la crucifixion, où le négatif est sauvé comme sacrifice. "Heureux, vous les pauvres, le royaume de Dieu est à vous ! Heureux, vous qui avez faim...". C’est l’universalisation de la religion des anciens esclaves juifs. La personnalité juridique romaine trouvait là un fondement universel (Catholicon) qui faisait de chaque être humain, maître comme esclave, Romain aussi bien que Juif, l’incarnation du divin (L’homme passe infiniment l’homme. Pascal).

Les messianismes, inspirés de Jéhu oint par Élisée, ne manquent pas depuis la révolte des Maccabées qui devait exacerber l’opposition entre les tendances universalistes et particularistes de la Révélation. L’intégrisme patriotique des Zélotes ne tolérait pas que le dieu des Juifs puisse sauver les autres nations alors que la dispersion des Juifs dans tout l’empire et la diffusion de la bible des Septante transformait la religion hébraïque, comme les autres religions orientales, en religion universelle. Le christianisme qui s’enracine dans l’éssenisme (la Didachê) et dont la première forme repérable est sans doute celle de Jacques le Juste (frère de Jésus) et des ébionites (les pauvres), ne commence vraiment qu’avec Marcion (140, soit après la fin du messianisme juif, après la défaite définitive de 135 et la mort du messie Chimon Bar Koziba, le fils de l’étoile) qui s’appuie sur Paul (Juif élève de Gamaliel mais citoyen romain de Tarse donc après 150 !?) pour le séparer du judaïsme (opposition Ancien/Nouveau Testament) et l’universaliser. En 140, le pasteur d’Hermas ignore encore le nom de Jésus formé par les kabbalistes exilés en Galilée. Mais c’est la prédication de Montan (160) qui en fera une religion populaire proche de celle d’Attis, rejetant la gnose (la kabbale) au profit de la foi et faisant de Jésus un personnage historique, introduisant la vierge (sans doute à cause de la traduction grecque d’Isaïe).

Le succès durable de cette nouvelle prophétie (Tertullien, Irénée, évangiles canoniques) malgré sa répression, ses martyrs, (et malgré le manichéisme qui lui fait concurrence ensuite) va mener Constantin à la transformer, 150 ans après, en religion d’Etat pour asseoir l’empire sur une autre base religieuse que le culte de l’empereur : Eusèbe de Césarée et le concile de Nicée (325) vont définir le nouveau dogme (le pouvoir de l’empereur comme représentant du pouvoir divin) en accord avec les intérêts de Rome, respectant les coutumes acquises comme la fête de Mitra le 25 décembre (naissance de Mitra le soleil-bienfaiteur-ami-allié d’une vierge dans une grotte, qui rend Varuna propice, culte du Soma-sang du Christ, somagraha = graal), constituant avec les théologiens néoplatonisants une synthèse remarquable des grandes traditions de l’empire (les trois rois mages égyptien, perse et chaldéen, les Juifs plus la philosophie). Le syncrétisme ne s’arrêtera pas là et, à travers le culte des saints, donnera au christianisme une capacité immense d’absorber les cultes locaux païens (la vierge Marie, mère de Dieu depuis le concile d’Ephèse, ne sera vraiment divinisée que vers l’an mil sous l’influence de l’amour courtois, retrouvant la trinité Perse Ahura Mazda-Mithra-Anahita).

Il y aurait beaucoup à dire encore mais ce serait dépasser le cadre d’un article, il ne s’agit que de signaler une piste plus raisonnable que la version officielle. J’ai extrait les 4quatre derniers paragraphes de mon histoire des religions, ainsi que ce tableau ci-dessous, très simplificateur et critiquable mais qui peut être utile pour visualiser les différents courants qui ont participé à la construction du christianisme et voir comment ça se fabrique. Cela montre au moins que c’est bien un processus historique (on ne peut faire de l’histoire des religions et y croire comme le cardinal Poupon qui en a fait une très partiale). Cela n’empêche pas de reconnaître la valeur du message évangélique pour la libération des esclaves, l’exigence de justice, l’universalisation de l’humanité et la sortie de la religion (le désenchantement du monde). Plus proche d’Albert Jacquard que de Michel Onfray sans doute même s’il n’est pas question d’en rester aux Evangiles qui datent de presque 2000 ans et qu’il faudra bien tenir compte d’un monde qui a complètement changé depuis (passer de l’amour à la liberté ?) :

Les origines du christianisme


Le même
L’Un, le Père
Le double
Le divisé, le Fils
L’Autre
L’Unité, l’Esprit

Judéens

Yhavé

Samaritains
El, Magna Mater
Hellénistes
Dualisme iranien

Jérusalem / Rome
Samarie / Antioche
Damas / Alexandrie

Messianismes
La tradition, l’autorité, La Loi
Millénarismes
L’incarnation, la Foi, l’ascétisme
Apocalypses
La raison, la liberté, la charité
-165 Maccabées Baptistes (Masbothéens) Sadducéens (Justes)
-135
Dosithée (crucifié)
-100 Pharisiens (séparés) Nazoréens Esséniens (église)

Manuel de discipline

-63 Jules César (mort -44) La sagesse de Salomon Mort du Maître de Justice
0 Zélotes
(Judas le galiléen)
Simon de Samarie/Hélène
(magie)
Thérapeutes, Philon
Hermès trismégiste
19 Anti-sémitisme (Tibère)

30 Jacques le juste et Simon (crucifié) Jean-baptiste
Jacob de Kepher (crucifié en 42)
Simon l’éssenien
50 Sicaires, "Chrétiens"
(Néron/Sénèque, Plutarque)
Galiléens Theudas et les pauvres
70 Destruction du temple
Ebionites, Pierre
Unité des sectes

Gnostiques, Cérinthe (Jésus)

Qumrân
Didache (remaniée en 140)
95 Persécutions des Chrétiens (Domitien)

100 Elchasaïtisme (Jacques et Simon-Pierre)

Clément (Rome invention d’Irénée)

Philippe
Aquilas et Priscilla
Ignace (Antioche écrits 135/190)
Jean (Ephèse), Apocalypse
Apolos (Grèce), Paul
Thomas (Edesse)
135 Fin du messianisme juif
(Chimon Bar Koziba)
rupture chétiens/juifs extension à l’empire
140 Evangile de Pierre
Evangile de Matthieu
Evangile des Hébreux
Polycarpe, Papias
Evangile des Égyptiens
(Apolos), Hermas
150 Evangile de Jacques Valentin

Justin le gnostique
(Livre de Baruch)

Marcion / Paul, luc
160
Nouvelle Prophétie

Montan

Justin l’apologétiste (grec)
170 Evangiles canoniques Tatien, Tertullien Apollonius
180 Irénée (tradition)
Agbar IX (Edesse)
190 (Talmud, Merkabah)
Clément d’Alexandrie
230

Origène (Plotin, Jamblique)
242
Mani (Manichéisme)
325 Catholicisme

Constantin, Eusèbe de Césarée



400

Augustin