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Accueil du site > Actualités > Religions > L’islam : une alternative à quoi ?

L’islam : une alternative à quoi ?

Si un bilan devait être dressé de ces premières années du XXIe siècle, nul doute – les historiens du futur en attesteront certainement – que la question de l’islam occuperait une place centrale dans les sujets les plus marquants de la période que nous traversons. Cette période, qui débute à la chute de l’Empire soviétique, sera vraisemblablement considérée avec le recul comme une parenthèse géopolitique, quelques décennies durant lesquelles, brièvement, aura triomphé l’unilatéralisme, le pouvoir d’une seule puissance : la puissance nord-américaine. Parenthèse, dis-je, car tout semble à l’œuvre un peu partout dans le monde pour nous ramener à plus ou moins brève échéance à une période de multipolarité, dans une sorte d’accélération de l’Histoire qui se manifeste par des signes aussi éloquents que la remise sur pieds de la Fédération de Russie, la montée en puissance de la Chine, la régénération politique d’une partie importante de l’Amérique du Sud, le réveil du monde arabe et, de manière générale, un regain d’agitation dans les zones contrôlées par l’empire états-unien (guerre d’usure en Irak, refus à l’Est des boucliers anti-missiles de l’Otan, exaspération au Japon et en Corée du Sud face à la présence militaire américaine, tensions sécessionnistes au cœur même de l’Empire, etc.). Je ne vais pas me prêter ici au jeu des perspectives et des paris quant à la forme que prendra demain le nouvel ordre mondial désaméricanisé, mais je vais me pencher plutôt sur la période que nous traversons en ce moment, une parenthèse qui n’a rien d’une stagnation.

De l’actuel leadership états-unien, on ne doit pas déduire que tout autre modèle alternatif a cessé d’exister depuis la chute de l’URSS. Le communisme est moribond, certes, mais l’Histoire a horreur du vide et à un mouvement international d’opposition de masse ne pouvait que succéder un autre mouvement international d’opposition de masse. Cette opposition, nous le savons tous, a aujourd’hui le visage de l’islam.

De Moscou à Téhéran, de la moustache du petit père des peuples à la barbe du prophète, les convergences sont frappantes. Les médias occidentaux ne s’y trompent pas, d’ailleurs, puisqu’ils réservent bien souvent aux musulmans le même traitement diabolisant et discriminatoire qu’ils réservaient hier aux activistes communistes. Même chasse aux sorcières, mêmes amalgames calomnieux, même stigmatisation, mêmes accusations délirantes de terrorisme et de subversion et, bien sûr, même peur d’une infiltration massive de cette subversion au cœur même du monde occidental. Les conversions, l’influence idéologique de l’islam déstabilisent l’establishment au même titre qu’hier l’adhésion des travailleurs au Parti ou aux syndicats rouges. La comparaison s’arrête là, mais c’est déjà beaucoup.

Cette "prolifération" fait d’autant plus peur qu’elle est grandement favorisée par le contexte démographique. Pour des raisons culturelles et économiques qui ne sont un secret pour personne, les pays occidentaux à forte immigration musulmane sont aujourd’hui le théâtre de ce que nous pourrions appeler une substitution progressive de peuplement. L’équation en est simple : immigration musulmane massive + regroupement familial + démographie explosive de cette immigration + dénatalité indigène = substitution ethno-culturelle d’un peuplement à un autre sur un territoire donné. La question de savoir s’il faut le déplorer ou s’en réjouir n’entre pas en ligne de compte dans cette analyse, il s’agit de faits et de faits indiscutables. Une certaine gauche applaudit au nom de l’idéologie multiculturaliste et xénophile tandis qu’une certaine droite vitupère au nom des vieilles chimères ethnocentristes et racialistes, mais, une fois de plus, les extrémistes des deux bords ont un train de retard et l’Histoire ne les a pas attendus. Relevons tout de même qu’en dépit du discours cosmopolisant véhiculé par les médias du système, les immigrés migrent très rarement par choix ou par amour de leur terre d’accueil et les musulmans sont loin, c’est le moins qu’on puisse dire, d’être des fanas du métissage généralisé…

La question se complique encore – et devient plus intéressante – quand on sait qu’en plus de ses atouts démographiques, l’Islam peut compter, de plus en plus, sur un pouvoir de séduction qui va grandissant. Un exemple paru dans la presse, il y a quelques mois, m’avait particulièrement frappé. Un groupuscule islamiste qui fomentait des attentats en Allemagne avait été démantelé et ses membres arrêtés. Le seul hic de l’affaire, qui lassa les forces de l’ordre dubitatives, c’est qu’un nombre important des membres de ce groupe armé n’étaient ni des migrants arabo-musulmans ni des fils d’immigrés, mais de jeunes Allemands de souche ! Doit-on vraiment s’en étonner ? L’Europe de l’Ouest, tout comme les Etats-Unis, n’est-elle pas un terrain particulièrement propice aux menées du prosélytisme islamiste ? Deux des plus grands "idéaux de masse" de notre histoire – le christianisme et le socialisme – ayant quasiment tiré leur révérence ou étant sur le point de le faire (ce constat s’applique particulièrement à notre coin d’Europe), il se trouve que nous n’avons rien de crédible à opposer à cette formidable espérance que représente l’islam pour des millions et des millions d’individus à travers le monde. L’Histoire a horreur du vide, je l’ai dit, et une place délaissée ne reste jamais longtemps vacante. Ceux qui, chez nous, s’étonnent du nombre croissant de conversions de nos compatriotes à la foi musulmane n’ont vraisemblablement pas compris que l’homme ne vit pas que de fêtes et de shopping, comme ils n’ont de toute évidence pas compris non plus que si nous n’avons à opposer à l’islam que notre économie de marché et notre consumérisme hédoniste, alors c’est que nous avons déjà perdu.

La séduction de l’islam s’exerce avant tout dans nos quartiers les plus défavorisés, de par la forte présence d’immigrés arabo-musulmans, bien sûr, mais aussi pour des raisons beaucoup plus profondes. Ces raisons tiennent en grande partie à ce que nous appellerons les "convergences morales" qui existent entre certaines valeurs de l’islam et les valeurs propres aux classes populaires de notre société. Ces valeurs recoupent en gros ce que Georges Orwell appelait la comon decency, soit un ensemble d’idées très précises de « ce qui se fait » et « ce qui ne se fait pas », un certain sens de l’honneur, de la famille, une certaine fierté identitaire et une virilité exacerbée. Virilité que beaucoup de jeunes travailleurs font leur, parce qu’elle correspond à l’image qu’ils souhaitent donner d’eux-mêmes et parce que les bas salaires qu’ils touchent (quand ce n’est pas l’absence pure et simple d’un emploi) sont au contraire ressentis par eux comme des facteurs humiliants de dévirilisation. Compensant ainsi leur faible pouvoir d’achat et leur impuissance à exercer une influence réelle sur la société qui les entoure, ils se laissent souvent séduire par un islam viril – machiste, diront certains – qui leur enseigne le respect des aînés, de la mère notamment, et qui leur apprend à se prémunir physiquement contre tout affront les visant ou attentant aux valeurs que nous venons de mentionner[1]. En un autre temps, ces jeunes Européens, à la recherche de valeurs du même type, se seraient identifiés à une expression européenne, culturellement enracinée, de ces valeurs – le catholicisme, le scoutisme, telle ou telle mouvance philosophique ou culturelle ou que sais-je encore – mais le fait est que l’Europe moderne ne propose plus aucune de ces alternatives. Comme l’explique l’essayiste Guillaume Faye (auteur à prendre avec des pincettes, mais qui a parfois des éclairs de lucidité), « le surgissement de l’islam radical est le contrecoup des excès du cosmopolitisme de la modernité qui voulut imposer au monde entier le modèle de l’individualisme athée, le culte de la marchandise, la déspiritualisation des valeurs et la dictature du spectacle. »[2] Le choix de l’islam par certains de nos compatriotes n’est tout de même pas qu’un choix par défaut, certes, mais on ne voit guère en même temps quelle autre offre morale et spirituelle pourrait lui faire concurrence.

Ceux parmi nous qui, sous l’influence débilitante des médias à discours unique, voient l’islam banlieusard comme un univers barbare où les mosquées côtoient les caves à tournantes, sont donc bien loin de la réalité. Le fait est que ces médias cherchent sciemment, à chaque manifestation d’incivilité des jeunes immigrés arabo-musulmans (ou de ceux qui les côtoient) à mettre lesdites incivilités sur le compte de l’influence pernicieuse de l’islam, comme si le Coran préconisait à ses lecteurs de dealer des stupéfiants, d’agresser les chauffeurs de bus, de brûler les voitures et de violer des femmes en bande. On présente les voyous en Lacoste et en casquette de base-ball comme des sectateurs de Mahomet alors que nous savons pertinemment que ces gens-là ont été allaités au rap américain, aux vidéos porno, à la culture bling-bling de MTV et au fantasme de l’argent facile entretenu par la pensée ultralibérale. Rien de commun avec l’islam, on en conviendra. Rien de commun entre ce lumpenprolétariat acculturé et hyper-consumériste et la République islamique d’Iran, par exemple, qui développe jusque dans le domaine de la publicité une méfiance soutenue face aux écueils de la société de consommation.[3] Rien de commun entre ces ados décérébrés accros aux sites X et les activistes musulmans du Maghreb en guerre contre Canal+ et son Journal du hard[4]. Ceux que d’aucuns appellent les "racailles" ne sont en définitive pas des musulmans en puissance – ce sont des Américains en puissance.

Serions-nous donc pris en tenaille entre deux modèles antagonistes de société (le musulman et l’états-unien) dont aucun n’est vraiment le nôtre ? Serions-nous donc déjà hors de la course, sommés de choisir entre deux conceptions de la vie dont aucune n’est européenne ? Je me souviens d’un slogan identitaire qui avait circulé en Suisse, il y a quelques années, sous forme de graffitis sur les murs et qui disait "ni McDo ni kebab". Une certaine conception de la neutralité suisse, dira-t-on… Ce type de slogans, construit sur le vieux modèle du célèbre "ni trust ni soviet" de la guerre froide, ne va certes pas chercher bien loin, mais il met en exergue cette question du retour de la bipolarité mondiale que j’évoquais au début de cet article et l’abyssale absence de l’Europe dans le nouveau jeu géopolitique et idéologique qui est en train de se dessiner. Si nous ne parvenons pas sur le moyen terme à régénérer ce que nous pourrions appeler une vraie pensée européenne (et je me permets de ne pas être très optimiste sur ce point), il viendra immanquablement un moment où il nous faudra affronter ce choix difficile et prendre parti, au moins à titre individuel, pour un des deux camps en présence. Lequel ?

En pleine guerre froide, Alain de Benoist, éminent intellectuel français, s’était, sur le même modèle, élevé au-dessus des préjugés anticommunistes en cours dans les milieux qu’il fréquentait (la "nouvelle droite") et il avait écrit, s’attirant la foudre de nombreux de ses camarades : « Certains ne se résignent pas à la pensée d’avoir un jour à porter la casquette de l’Armée Rouge. De fait, ce n’est pas une perspective agréable. Nous, nous ne supportons pas l’idée d’avoir un jour à passer ce qui nous reste à vivre en mangeant des hamburgers du côté de Brooklyn.  »[5] En remplaçant la casquette de l’Armée Rouge par le keffieh palestinien, nous aurions, je crois, un énoncé clair du dilemme qui est aujourd’hui le nôtre, à nous jeunes Européens.

J’étais, il y a quelques jours, assis dans le bus à côté d’une femme voilée entourée de trois ou quatre enfants en bas âge et je feuilletais Le Matin bleu. Il était question, dans la brève que je lisais (car il n’y a que des brèves dans Le Matin bleu) d’une jeune Italienne qui participait en ce moment à une émission de télévision où elle avait mis aux enchères sa virginité ; elle espérait au moins empocher un million et demi d’euro. Le journaliste expliquait que ce nouveau concept à la mode nous venait d’outre-Atlantique (allons donc !) où l’hymen d’une jeune Américaine avait trouvé acquéreur sur internet pour la somme faramineuse d’1,2 million de dollars. Et la jeune fille d’expliquer : « Je n’ai pas de dilemme moral, nous vivons dans une société capitaliste.  »[6] Ecœuré, j’ai refermé mon journal et je me suis surpris, sans y penser, à observer cette mère de famille voilée en train de parler à ses enfants. J’ai alors réalisé l’abîme incommensurable qui séparait ces deux mondes, celui – fait de droiture et de préceptes stricts – de l’islam, et celui, jouisseur et cynique, d’un Occident abandonné aux ravages du libéralisme apatride. Ces deux sphères idéologiques sont résolument inconciliables.

S’il fallait vraiment choisir – et je ne le ferais pas de bon cœur car ce combat n’est pas le mien – alors il faudrait peut-être se poser une question très simple : préféreriez-vous que votre fille se convertisse à l’islam ou qu’elle mette sa virginité aux enchères sur internet ? Quant à moi, je n’hésiterais pas une seconde.


[1] J’ai voulu mettre l’accent sur cette question de la virilité parce qu’aux dires de nombreux musulmans (et on ne peut pas entièrement leur donner tort), c’est précisément ce qui ferait défaut à notre actuelle conception de la vie. Je ne parle pas de la conception européenne en tant que telle, mais de ce qu’elle est devenue depuis quelques décennies sous l’influence de certaines idées libérales et de la religion dite des "droits de l’homme". Il faut bien avouer que convertis comme nous le sommes à l’auto-masochisme, au reniement permanent de nos origines et au mépris de toutes les manifestations morales ou physiques de la force (à laquelle nous préférons maintenant des valeurs plus "féminines" telles que la douceur, les concessions, la tolérance), nous ne sommes plus vraiment de taille à tenir tête lors d’un hypothétique choc des civilisations. Evolution positive ou dommageable ? Je me permets de suspendre mon jugement.

[2] Guillaume Faye, "L’Archéofuturisme", éditions de l’Aencre, 1998

[3] « L’Iran a interdit aux vedettes du cinéma et du sport de faire de la publicité, affirmant que les célébrités ne devaient pas promouvoir la culture de la consommation. "L’utilisation de l’image des artistes, des sportifs et des personnalités culturelles est interdite dans les publicités commerciales" a déclaré Ali Reza Karimi, directeur général du ministère de la Culture en charge de la publicité. Il a ajouté que les artistes et les célébrités "doivent promouvoir la culture des notions chevaleresques plutôt que celle de la consommation". » (AFP, 9 juillet 2008)

[4] « Le parquet antiterroriste de Paris a ouvert une enquête préliminaire après des menaces proférées à l’encontre de Canal+ exigeant que la chaîne cryptée cesse la diffusion de films pornographiques vers le Maghreb. La chaîne avait déposé plainte après avoir reçu un courrier anonyme fin juin. Son ou ses auteurs, qui se présentent comme musulmans, menacent de "faire sauter le siège" de la chaîne, situé au sud-ouest de Paris, si elle ne met pas fin à la diffusion chaque premier samedi du mois de son film pornographique, diffusé aux abonnés du Maghreb et du Moyen-Orient grâce au satellite Hotbird. » (AFP, 8 juillet 2008) Ce communiqué m’a rappelé un texte du libre-penseur français Marc-Edouard Nabe, sympathisant anarchisant de la cause musulmane, qui écrivait dans son journal La Vérité (n° 1, novembre 2003) : « La pudeur manque. Il ne faut pas s’étonner que ce soit à coups de bombes que certains cherchent à l’imposer. Oui, chaque attentat est non pas un attentat à la pudeur, mais pour la pudeur ! »

[5] Alain de Benoist, in. Eléments n° 41, mars-avril 1981

[6] Le Matin bleu, 18 septembre 2008, p. 12, rubrique "économie" ( !)

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281 réactions à cet article    


  • mikaboom 5 novembre 2008 10:21

     Rien que le mot inepte "etatsuniens" suffit à ce que la lecture s’arrete net.


    • David L'Epée David L’Epée 5 novembre 2008 13:00

      Je vous accorde que le mot "étasunien" sonne un peu comme un barbarisme de la langue française, tel qu’en inventent tous les jours les journalistes. Mais j’ai tout de même fini par l’adopter car on utilise trop souvent l’adjectif "américain" pour parler des Etats-Unis, ce qui est un abus de langage puisque ce terme englobe tout le continent, jusqu’aux pays du Sud qui n’ont absolument rien à voir avec les Etats-Unis. Vous me répondrez que je pourrais alors me contenter de l’adjectif "nord-américain", mais je maintiens que "étasunien" s’attache plus au politique alors que l’autre définit seulement un peuple et une géographie. Et on nous le répète assez souvent : ne confondez pas la critique des gouvernements avec la critique des peuples...


    • mikaboom 5 novembre 2008 15:50

       Non cher monsieur. Votre explication ne tient pas.

      Nous disons Etats-Unis d’Amérique avec ses habitants les américains.

      Comme nous dirions Etats-Unis d’Europe avec ses habitants les européens.

      Et cela est valable pour toutes les unions, y compris le Brésil.

      99% des gens savent que les américains sont les habitants des USA....En revanche, ce barbarisme qui sonne clairement anti-américain ne signifie rien pour la majeure partie des gens de cette planete. 



    • Gwenolito 5 novembre 2008 18:11

      Je soutiens l’auteur : je puis vous promettre que pour un habitant des Amériques d’un autre pays que les Etats-Unis, la distinction est importante et est appréciée. Peut-être pas pour un "étatsunien" en revanche...
      Et puis les langues sont faites pour évoluer ! ;)
      Cordialement,


    • SergioV 5 novembre 2008 22:05

      Comme médiéval et moyenâgeux, le deuxième portant un jugement de valeur.
      Comme dit ci-dessus, les langues évoluent. Je ne vois pas non plus ce qui empêche l’auteur d’émettre son opinion...

      Bon article, qu’on soit d’accord ou pas sur le fond et la forme.


    • Nobody knows me Nobody knows me 6 novembre 2008 09:57

      Scotché par votre analyse. Excellent article. Merci à vous et bonne journée.

      Et oui, il faut écrire "citoyens des Etats Unis d’Amérique"... Pas trop long hein ?
       smiley


    • ouallonsnous 9 novembre 2008 11:16

      a @mikaboom, l’adjectif américain s’applique à tous ce qui concerne les Amériques, elles sont trois, du nord, du centre et du sud, ceci pour vous rafraîchir la mémoire.

      Il ne peut donc s’appliquer à un état de l’Amérique du nord, les USA, qui n’a pas été fichu de se trouver un nom autre que le sigle de l’acronyme des mots qui résument son mode de formation politique.

      Par défaut et ne vous en déplaise, le terme étatsuniens reste pour le moment le plus approprié.

      Il ne semble que votre réaction est plus due au fait que l’article met à leur véritable place en terme de valeurs humaines, l’Islam et ce qu’il faut bien appeler la décadence du mode de vie "étatsuniens" !


    • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 5 novembre 2008 10:54

       Encore un damné de l’impérialisme amoureux de l’Armée Rouge et fantasmant sur la Oumma, et pour qui une femme morale est une mère voilée ? 


      • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 5 novembre 2008 10:55

         Mais à propos de ces Américains que vous semblez tant abhorrer, savez-vous que vous êtes tout près des convictions d’une Sarah Palin ? Sans parler des intégristes catholiques...


      • David L'Epée David L’Epée 5 novembre 2008 13:02

        Nous n’avons vraisemblablement pas eu vent des mêmes discours de Sarah Palin concernant l’Islam - ou alors c’est que la doctrine républicaine sur le terrorisme islamique a bien changé...


      • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 5 novembre 2008 13:13

         Je vous parle de son puritanisme et de son extrême religiosité, ainsi que son créationnisme smiley
        Mais je viendrai discuter plus tard plus amplement.


      • Gilles Gilles 5 novembre 2008 14:26

        Je suis surpris de tant de commentaires négatifs.

        Pour une fois qu’un auteur fait l’effort de mettre sur papier une pensée élaborée, qui pose clairement une, problématique, un questionnement qui n’est jamais définitif, en tirant en plus un parrallèle intéréssant entre vision du communisme et de l’islam par cette "droite contemptrice" censée auto-incarner les "vraies valeurs" , je vous trouve durs, et je dirais même trés CONFORMISTES. 

        A croire que si on ne colle pas pil poil avec vos convictions, vous braillez. Aprés on peut critiquer mais dire comme cet âne de Mikadoo "j’ai arrêté de lire aprés trois mots " ou de gueuler parce qu’on parle d’islam sans insultes, c’est minable. Retournez dire que les articles de Sylvain ou la Taverne sont de sperles

        Je ne vois dans cet article ni apologie de l’islam ni dénigrement à outrance des USA, mais une réflexion sur l’orientation possibles de nos valeurs à long terme. Car effectivement, et je crois que ce n’est pas nouveau, l’Islam représente pour certains, en déshérence, qui ne trouvent pas leur place dans cette socièté (qu’ils soient "de souche" ou "allogènes") , une communauté plus stable sur laquelle on peut compter, un référentiel plus sain dont les valeurs s’opposent à celles qui les marginalisent . Et comme il le dit, socialisme et christianisme qui furent en leur temps une aubaine révolutionnaire, sont discrédités, vieillots. Plus, il est aussi trés courant d’entendre que l’’idéologie de la consommation à outrance, l’hédonisme, la résusite individuelle avant tout, le pognon le plus possible est déstructurant pour certains.

        L’auteur ne fait pas l’apologie l’islam comme l’imaginent certains (j’y vois même des propos anti -islam), mais parle de l’islam car il est de fait présent, de plus en plus aux premières loges de l’actualité ; Cela aurait pu être n’importe quoi d’autre !

        Y aura t-il des commentaires pertinents ? C’est mal parti

        Ps : il y a apourtant des trucs qui me hérissent dans cet article, mais il est indibitablement intéressant





      • Gilles Gilles 5 novembre 2008 14:40

        Seb

        "celui – fait de droiture et de préceptes stricts – de l’Islam,"
        "jouisseur et cynique, d’un Occident abandonné aux ravages du libéralisme apatride."


        Désolé, mais l’islam ne rime pas forcement avec "droiture", de nombreux exemples historiques , comme contemporains le prouvent. De meme Tous les occidentaux ne sont pas "jouisseurs" (les musulmans aussi non ?) et "cyniques", ni n’approuvent ce "liberalisme apatride". Il s’agit donc d’un faux procès


        Oui mais aprés, il dit : Ces deux sphères idéologiques sont résolument inconciliables. S’il fallait vraiment choisir – et je ne le ferais pas de bon cœur car ce combat n’est pas le mien

        En fait il ne faut pas comprendre que se sont des jugements absolus sur l’Islam et L’Occident, comme si seules ces deux idéologies existaient et qu’il fallait absolument prendre partie pour un camp. C’est la manière dont ils sont considérés, notamment par ceux qui adhèrent sans concessions à l’un ou à l’autre.

        Un "bon musulman", droit et strict sur ses valeurs verra en l’occidental consommateur de tout, un jouisseur cynique, et inverserment un tel occidental verra dans le musulman pieux un homme peut être droit (être droit n’est pas forcément une qualité au passage) mais baignant dans un carcan de préceptes ridicules

        Et plus marrant, une vie dissolue, jouisseuse, cynique peut finir par dégoûter et mener droit dans une idéologie de droiture et de préceptes stricts (chrétien, musulmans ou autres....), et inversement, une vie entourés de cette droiture hypertrophiée peut mener vers la vie la plus dissolue. Il existe moult exemple (à commencer par un futut ex président américain, courreur de jupon, ivrogne, adultère, bling bling reconvertit en homme austère et droit, fidèle à des préceptes nases


      • Gilles Gilles 5 novembre 2008 17:50

        Cakos

        Vous sortez la phrase de son contexte. Relisez le point (4). On ne demande pas d’être d’accord, mais juste de concevoir que certains vont évoluer vers le terrorisme, et surtout, pourquoi.

        Imaginez une chaine musulmane intégriste qui dispatche sur le cable des retransmissions en live de lapidation de femmes adultères ou de décapitation d’apostats ? 

        Ou imaginez un pays ou la pédophilie est naturelle et qu’ils vous bombardent de film porno avec des gosses ?

        Vous ne seriez pas outré, n’iriez pas gueuler devant leur ambassade ? Des fanatiques de votre bord iraient peut âtre aussi déposer une bombe devant.... (vu que de sintégristes chrétiens foutent le feu à des cinoches et tuent des médecins pro avortement) 

        Donc ce que ressente ces musulmans à la vue de ces films porno hard qu’on déverse chez eux, et bien c’est pareail

        Relativises mon gars. ça n’excuse pas les horreurs des autres, mais on moins on devient moins con


      • David L'Epée David L’Epée 5 novembre 2008 18:58

        Gilles, vous m’avez tout à fait compris, et votre ouverture d’esprit est tout à votre honneur. Ce n’est qu’avec une bonne dose d’intelligence critique et de mise à plat de nos préjugés respectifs que nous parviendrons à comprendre les nouveaux enjeux qui fondent ce XXIe siècle.


      • David L'Epée David L’Epée 5 novembre 2008 19:07

        à Georges Cake :

        Rassurez-vous, l’univers multiculturel à forte présence musulmane, je le connais particulièrement bien, on peut même dire que je suis en plein dedans, j’enseigne à l’école primaire dans des classes où les Mohammed sont généralement plus nombreux que les Fabien. Ce qui me permet d’ailleurs d’en parler sans devoir trop sacrifier au politiquement correct. Et quant à mon ordinateur, bien que ça ne vous regarde pas, il va très bien, merci, et je n’ai nul besoin d’aller chez mes parents emprunter le leur (alors qu’ils n’en possèdent pas). Désagréable habitude, sur internet, que de vouloir toujours infantiliser son interlocuteur de manière arbitraire, et qui dénote souvent une absence pure et simple d’arguments...


      • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 5 novembre 2008 19:43

         Parce que vos arguments sifflés à la pompe soralienne sont supérieurs à ceux de vos contradicteurs, peut-être ? Au fait, apparemment Clouscard himself s’est déplacé sur votre jolie lettre à Alain, l’autre intellectuel déclassé par la classe-dominante-bourgeoise-libérale. Il n’aime pas trop que votre chouchou s’y réfère. Ca vous embête, en tant que marxiste ? Ah et puis oui, demandez donc à un libéral si les Etats-Unis le sont, ça serait pas mal, aussi, d’argumenter là-dessus.


      • David L'Epée David L’Epée 5 novembre 2008 19:50

        Que d’amertume... Vos objections ne mériteraient-elles pas d’être exposées plus calmement, sans sarcasme et avec un minimum de courtoisie ?

        Pour vous répondre tout de même, oui je suis un peu déçu de la rupture Clouscard-Soral, qui sont deux auteurs que j’apprécie beaucoup, mais les deux ont leurs raisons. Soral doit effectivement beaucoup à Clouscard dans sa conception du marxisme et Clouscard, qui est un penseur qui n’a jamais voulu s’engager dans la lutte partisane (ce qui est son droit le plus strict) ne souhaite évidemment pas être associé à la lutte politique entreprise par Soral depuis deux ans. Question de cohérence, rien de plus, et pas de quoi déclencher une guerre.


      • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 5 novembre 2008 19:55

         Aucune amertume de ma part, et vous remarquerez que je reste polie. Malgré votre ode à la virilité diluée dans la société féminisée (je rigole) et vos sophismes à deux kopecks grâce auxquels votre idéologie espère emberlificoter les innocents qui ne verraient dans votre défense de l’islam, unique rempart contre le consumérisme satanique, qu’une douce ode à la compréhension des "différences".


      • Gilles Gilles 6 novembre 2008 09:48

        relisez mon commentaire...Cake, vous êtes à coté de la plaque et tout d’abord, vous ai-je insulté ?


      • 1984 1984 5 novembre 2008 10:56

        Je suis partagé quant à cet article. D’un côté, je suis d’accord avec la nécessité d’une "Pensée européenne" et de l’autre, la propagande pro-islam me refroidit.


        • foufouille foufouille 5 novembre 2008 11:11

          meme si les chretiens et les islamistes sont au pouvoir dans leur pays
          ils sont une minorite
          il y a pas que la religion ou ces religions ds nos societes
          l’islam est une alternative a rien. sauf pour le clientellisme chretien en perte de vitesse


          • Gasty Gasty 5 novembre 2008 12:34

            Bien dit !


          • morice morice 5 novembre 2008 11:21

             par Cosmic Dancer (IP:xxx.x15.62.101) le 5 novembre 2008 à 10H54 

             
            Encore un damné de l’impérialisme amoureux de l’Armée Rouge et fantasmant sur la Oumma, et pour qui une femme morale est une mère voilée ?

            propos aberrant...

            • Super resistant de l’islam 5 novembre 2008 11:32

              @ l’auteur

              Bonjour,

              j’ai preferé ne pas noter votre article car je suis partagé sur celui ci.

              D’un coté votre analyse du probleme de l’islam dans nos contrées est assez réaliste et echappe aux idées prémachées politiquement correctes, ce qui est une bonne chose.

              Par contre, sur la fin, je n’arrive pas à comprendre ce que vous preferez :

              je vous cite :

              "celui – fait de droiture et de préceptes stricts – de l’Islam,"
               "jouisseur et cynique, d’un Occident abandonné aux ravages du libéralisme apatride."


              Désolé, mais l’islam ne rime pas forcement avec "droiture", de nombreux exemples historiques , comme contemporains le prouvent. De meme Tous les occidentaux ne sont pas "jouisseurs" (les musulmans aussi non ?) et "cyniques", ni n’approuvent ce "liberalisme apatride". Il s’agit donc d’un faux procès.  smiley

              " préféreriez-vous que votre fille se convertisse à l’Islam ou qu’elle mette sa virginité aux enchères sur Internet"

              Quel raccourcis ! Etre occidental n’oblige pas à se prostituer et se convertir à l’islam ne mene pas à une vie de "droiture" ! smiley

              Personnellement si le choix etait "preferez vous que votre fille mette sa virginité en vente sur internet ou se convertisse à une religion integriste, avilisante et retrograde ?" Je prefererais qu’elle dispose de son corps comme elle l’entend , en tant qu’etre à part entiere et femme libre.  smiley




              • foufouille foufouille 5 novembre 2008 12:21

                tu devrais dire ca aux super catho qui l’avortement dans tous les cas


              • Super resistant de l’islam 5 novembre 2008 15:38

                Commentaire interessant ... Tu es catho ou musulman ?

                C’est clair que la musulmane ne peut pas avorter, on ne lui donne pas le choix. Chez les cathos, on lui permet mais on la renie.


              • Nobody knows me Nobody knows me 6 novembre 2008 10:19

                Seb, la tournure de votre question fait très... comment dire... sondage. Je m’explique : la formulation ultra-orientée de votre question ne peut que pousser la personne questionnée.
                Alors que la question posée par l’auteur, bien que mettant en jeu des antipodes extrêmes, utilise des termes et une formulation simple et objective.


                Seb, et si je vous posais une question avec votre schéma de pensée (et ce que je crois de vos préjugés), on pourrait envisager ceci : "
                Entre un enfant ayant une sexualité déviante et perverse comme l’homosexualité et un enfant qui se tourne vers l’Islam, vous préfèreriez quoi ?"

                Voilà, j’ai orienté votre réponse avec des qualificatifs négatifs. Rien de plus simple.
                Laissez-moi deviner : "Je préfère qu’il soit homosexuel, tant qu’il ne me fait pas chier" me paraît être la réponse type dans ce genre de situation...

                PS : Evidemment, je ne pense pas que l’homosexualité soit perverse et déviante, c’était juste pour l’exemple.


              • Nobody knows me Nobody knows me 6 novembre 2008 10:23

                D’un coté votre analyse du probleme de l’islam dans nos contrées est assez réaliste et echappe aux idées prémachées politiquement correctes, ce qui est une bonne chose.
                Il échappe également aux clichés nationalistes et ultra-catholliques, c’est pour cela qu’il nous touche tous deux...

                @l’auteur
                Bravo, faire un article sur l’Islam et faire en sorte que Seb ne vomisse pas au premier post un dégueulis de critiques et de clichés sur l’Islam
                , et moi de hurler au racisme, faut le faire... smiley

                Par contre, on attend toujours les preuves pour ça, ou au moins une explication plus approfondie :
                Désolé, mais l’islam ne rime pas forcement avec "droiture", de nombreux exemples historiques , comme contemporains le prouvent


              • ficelle 10 novembre 2008 08:46

                frustré ? foufouille ?


              • zelectron zelectron 5 novembre 2008 11:33

                @l’auteur

                votre question
                "préféreriez-vous que votre fille se convertisse à l’Islam ou qu’elle mette sa virginité aux enchères sur Internet ? Quant à moi, je n’hésiterais pas une seconde"

                A question idiote...

                Remarque : et si cette jeune femme avait été réparée par hyménoplastie ?


                • Gül, le Retour II 5 novembre 2008 12:05

                  Bonjour,

                  Votre réflexion n’est pas inintéressante. Je suis assez en accord avec vous sur ce vide de pensée ou tout au moins sur une pensée unique qui ne mène pas à grand chose.

                  Par contre, quel manichéisme dans vos propos, c’est effarant !!!


                  • Deneb Deneb 5 novembre 2008 12:29

                    Ca m’ennerve, les musulmans qui s’offusquent de la pornographie sur canal+, et même temps aprennent à leurs enfants le maniement des armes. La pornographie et le commerce de la sexualité sont les maux bien moindres que les discours pleins de haine que vociferent nomreux mollahs, endoctrinant les plus jeunes parmi eux au Jihad dont le but est de "tuer les infidèles". Sans parler de l’amalgame antimusulman = raciste que ces térgiversateurs integristes tentent de nous imposer. Je suis contre l’islam, comme je suis contre le christianisme, hindouisme, shintoisme, scientologisme, moonisme et d’autres idéologies loufoques dont le but est commun : faire en sorte que les gens oeuvrent pour enrichir l’istitution, et ça marche depuis les millenaires. Ils nous disent qu’il faille respecter les croyances, une abominable idiotie. Dois-je respecter les croyances d’un jihadiste qui croit dur comme fer qu’il faille tuer tous les infidèles ? Dois-je respecter les croyances d’un créationniste qui dit que le monde est vieux de 6000 ans ? Dois-je respecter les croyances d’un père immigré qui impose à sa fille le mariage avec quelqu’un qu’elle n’ait jamais vu, dans un pays qu’elle ne connait pas. Ma raison s’y oppose. Je respecte les gens pour leurs actions, leurs croyances je n’en ai que faire.


                    • Warhouha Warhouha 5 novembre 2008 14:56

                      Vous parlez des musulmans de France, puisque vous faites référence à Canal+.
                      Ainsi, en France, les musulmans apprenent à leurs enfants le maniement des armes ?

                      Mais bien sûr. Vos propos me rendent heureux de ne pas avoir à assister au sinistre spectacle de vos pensées.

                      @l’auteur : votre réflexion est intéressante, même si, selon moi, vous vous laissez aller à prendre pour acquises quelques idées reçues fausses.


                    • Christophe Christophe 5 novembre 2008 12:52

                      @L’auteur,

                      Analyse qui me semble pertinente dans la première partie et qui rejoins tout à fait lespropos du politologue Lucien Sfez : dans une société qui ne sait plus communiquer avec elle-même, dont la cohésion est contestée, dont les valeurs se délitent, que des symboles trop usés ne parviennent plus à unifier.

                      Je rejoins tout à fait votre analyse concernant le consumérisme intégriste qui anime nos sociétés qui ne peux reposer que sur une perméabilité de nos esprits pour répondre favorablement au dictat publicitaire, comme à l’appât du gain. Cela ouvre des perspectives non négligeables pour tout autre sorte de manipulation dont les religions nous ont montrées, dans leur histoire, leur capacité à s’engouffrer dans ce type de brèche.

                      Il existe une grande part d’utopie quant au développement de l’individualisme, mais votre propos de seconde partie me pose soucis. Que des comportements conformistes (donc pas si individuelistes que cela) se présentent à un extrême ou à un autre n’est pas étonnant. Est-ce à dire que le choix se situe obligatoirement sur l’une des extrémité d’une quelconque idéologie ?

                      Votre article me semble perdre de sa pertinence par un rapprochement douteux entre une étude générale pertinente ramenée à quelques singularités qui ne sont pas comparables quant à leur symbolique.


                      • David L'Epée David L’Epée 5 novembre 2008 13:14

                        Je prends note de votre critique. Il est vrai que mon propos peut paraître un peu manichéen, mais c’est à dessein. Je cherchais juste à provoquer un peu en posant cette question en fait éminemment défaitisite : et si vous n’aviez le choix qu’entre le modèle étasunien et le modèle musulman ?

                        A cette question, nous devrions certes tous répondre : la question ne se pose pas en ces termes, nous sommes Européens. Seulement, l’affirmation d’une identité n’est pas suffisante en soi, elle doit s’accompagner de la mise en acte au quotidien d’un corpus de valeurs vivantes, car, comme je l’ai écrit dans le texte, le vide n’est pas tolérable car le vide est aussitôt rempli par l’extérieur. L’Europe a connu par le passé ce que nous pourrions appeler de grandes "doctrines" communautaires, telles que le christianisme, le socialisme ou diverses écoles philosophiques, mais elles semblent toutes aujourd’hui à bout de souffle. Or, comment voulez-vous résister à la pression d’une concurrence quelconque quand vous n’êtes vous-mêmes plus dans la course ? Comment voulez-vous dire non à quelque chose alors que vous n’avez vous-mêmes rien à proposer à la place ?

                        Je noiricis les trains bien sûr ; en vérité, je suis de nature plutôt optimiste et j’espère sincèrement que l’Europe de demain ne sera ni américanisée ni islamisée mais tout simplement européenne, bâtie sur des valeurs solides et partagées. Mais, je n’en fais pas secret, si vraiment nous étions déjà trop faibles pour nous relever, s’il fallait vraiment choisir entre deux maux, je choisirais plutôt l’Islam que le modèle étasunien libéral.


                      • Christophe Christophe 5 novembre 2008 16:33

                        @L’auteur,

                        Il est vrai que mon propos peut paraître un peu manichéen, mais c’est à dessein. Je cherchais juste à provoquer un peu en posant cette question en fait éminemment défaitisite : et si vous n’aviez le choix qu’entre le modèle étasunien et le modèle musulman ?

                        Je le prends donc comme tel. Même si je considère que l’opposition par un manichéisme forcené tend à restreindre le débat ; c’est par le principe de tiers exclu que nous ne trouvons jamais de position alternative puisqu’un propos ne peut être que vrai ou faux. Ne croyant pas à la vérité s’appliquant aux schémas mentaux qui nous permettent de raisonner (une situation réelle est vraie, mais notre interprétation la fausse, comme notre restitution), il me semble que cette posture est une recherche de polémique sans laisser place au débat d’idées ; alors que la première partie de votre article laisse une grande place au débat.

                        A cette question, nous devrions certes tous répondre : la question ne se pose pas en ces termes, nous sommes Européens. Seulement, l’affirmation d’une identité n’est pas suffisante en soi, elle doit s’accompagner de la mise en acte au quotidien d’un corpus de valeurs vivantes, car, comme je l’ai écrit dans le texte, le vide n’est pas tolérable car le vide est aussitôt rempli par l’extérieur.

                        C’est pour cette raison que je me suis permis la référence à Lucien Sfez. Nous sommes bien d’accord que le fait d’appartenir à un groupe est nécessaire (l’homme est un animal politique) mais non suffisante. Il nous faut trouver les concensus qui nous permettent de vivre ensemble à une époque ou l’individualisme est galvaudé par des postures égoïstes ou égocentristes ; à l’échelle du monde, il existe nombre de positions ethnocentristes. Un concensus ne peut être trouvé qu’à partir de compromis sur des valeurs individuelles qui animent chaque composante d’un groupe. Or, la dérive de l’individualisme pousse les individus à ne plus savoir ce qu’est un compromis, alors que nous savons pertinemment qu’un corpus de valeurs permettant une adhésion de chaque entité composant un groupe ne sera jamais la somme des valeurs individuelles de chaque membre. Nous avons créé les conditions de notre propre impasse.

                        L’Europe a connu par le passé ce que nous pourrions appeler de grandes "doctrines" communautaires, telles que le christianisme, le socialisme ou diverses écoles philosophiques, mais elles semblent toutes aujourd’hui à bout de souffle. Or, comment voulez-vous résister à la pression d’une concurrence quelconque quand vous n’êtes vous-mêmes plus dans la course ? Comment voulez-vous dire non à quelque chose alors que vous n’avez vous-mêmes rien à proposer à la place ?

                        Il me semble que c’est justement parce que les doctrines sont un enfermement de l’esprit dans un cadre souvent trop strict qu’elles ne peuvent mener qu’à leur propre fin ; ce n’est qu’une question de temps. Je parle des anciennes doctrines et même de celles qui sévissent encore de nos jours. Le reproche que nous pouvons faire principalement dans ce cadre est que la doctrine ne reste pas uniquement dans le monde de l’intelligible, mais elle dicte, dans le monde des actions ce qui doit ou peut être accepté au regard des idées qu’elle défend, on érige des systèmes sur les bases des doctrines. Alors qu’à partir des idées intelligibles, les formes qu’elles peuvent prendre dépendent des contextes singuliers dans lesquelles elles s’appliquent. Ne pouvant être exhaustif a priori, les actions admissibles ne sont tributaires que des contextes connus par les dépositaires d’une doctrine, rejetant de fait toute action qui ne peut prendre place dans l’ensemble des actions admissibles.

                        Nous n’avons pas encore de doctrine qui ne se cantonne qu’à un corpus de principes.

                        Ceci rejoint les propos de Durkheim :
                        Certaines théories qui se disent scientifiques (...) construisent, mais n’observent pas. Elles voient dans la morale, non un ensemble de faits acquis qu’il faut étudier, mais une sorte de législation toujours révocable que chaque penseur institue à nouveau. La morale réellement pratiquée par les hommes n’est alors considérée que comme une collection d’habitudes, de préjugés qui n’ont de valeur que s’ils sont conformes à la doctrine ; et comme cette doctrine est dérivée d’un principe qui n’est pas induit de l’observation des faits moraux, mais emprunté à des sciences étrangères, il est inévitable qu’elle contredise sur plus d’un point l’ordre moral existant. et ceux de G. Duhamel : Le jeu favori, pour les philosophes du Parc, était non point de mettre axiomes et doctrines à l’épreuve des événements, de vivifier les dogmes par l’observation et l’expérience, mais, au contraire, d’inscrire à toute force les matériaux de la vie dans les gabarits d’une idéologie vétilleuse et d’écarter avec dédain ce qui ne semblait pas se prêter à cette pratique.


                      • Fenzy 5 novembre 2008 13:22

                        Article essayant de soulever la polémique en mettant le lecteur devant un choix cornélien absurde.

                        Il existe une culture européenne, un humanisme européen, et un avenir européen. Il est même en train de se construire sous vos yeux et ses fondations sont l’histoire commune des européens qui se reconnaisent aisément à la profonde unité architecturale, intellectuelle et littéraire que l’on peut rencontrer de Barcelone à Prague, en passant par Paris, Londres et Varsovie.

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