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Accueil du site > Actualités > Religions > La burqa passionne les dirigistes

La burqa passionne les dirigistes

Prohiber la burqa pour combattre l’obscurantisme religieux, c’est aussi stupide et inefficace qu’interdire le drapeau rouge pour lutter contre la barbarie communiste.

La classe politique française lance donc un "débat" sur l’opportunité d’interdire la Burqa, c’est à dire le voile intégral porté par certaines musulmanes. En réalité pour M. Copé, la cause est déjà entendue, il faut légiférer !

Après les prouesses législatives de M. Jean Claude Gayssot, dont la loi éponyme a établi un délit de contestation de crime contre l’humanité, voici une autre initiative communiste, celle de M. Gerin portant sur l’interdiction du voile intégral.

En interdisant la publication des thèses négationnistes dont l’argumentation, minable sur le plan scientifique, était très facilement réfutable, M. Gayssot a réussi à transformer ceux qui nient l’existence des chambres à gaz, en victimes de la censure aux yeux d’une bonne partie de l’opinion. Il leur a donné le caractère rebelle et maudit de l’interdit. Les Dieudonné et consorts, prospèrent donc sur ce terrain soigneusement labouré par les dirigistes.

Dans cette nouvelle offensive des Forces du Bien, M. Gerin, se propose de combattre l’obscurantisme religieux ou la maltraitance faite aux femmes en interdisant une tenue vestimentaire censée la représenter. Un peu comme si pour combattre le communisme on interdisait le drapeau rouge.
L’idée est tellement stupide et contre-productive qu’on a peine à croire qu’une pareille tartufferie puisse un jour être discutée à l’assemblée.
Et pourtant ! ceux qui croient qu’une telle interdiction n’a aucune chance d’être appliquée, qu’elle sera censurée par le conseil constitutionnel ou par la cour européenne des Droits de l’Homme, se trompent lourdement. Tous les Etats Européens interdisent la nudité sans que ces deux institutions y trouvent quoi que ce soit à redire. Certains maires interdisent même qu’on se promène en maillot de bain dans "leur" ville. Les prohibitionnistes pourront donc aisément démontrer qu’à partir du moment où les Etats peuvent interdire une tenue particulière (la nudité) sans contrevenir aux Droits de l’Homme, ils peuvent parfaitement en interdire une autre (l’habit intégral) puisque la liberté de se vêtir à sa guise n’est pas reconnue. Non, il ne faut espérer aucune réaction de la part de ces deux organismes dont une des fonctions essentielles consiste à cautionner la non-application par les Etats des vrais Droits de l’Homme.

En fait la volonté d’interdiction de la Burqa résulte tout simplement de l’application d’un grand principe dirigiste dont la subtile logique peut se résumer en ces termes : "ce truc me gêne, donc je l’interdis." Présentée de cette manière, l’argumentation dirigiste n’est certes pas très flatteuse, c’est pourquoi on assiste à des contorsions intellectuelles plus ou moins comiques de la part de ceux qui cherchent à justifier leur sentence d’interdiction.
Voici par exemple les "réflexions" des porte-paroles de deux associations, très différentes qui se prononcent toutes deux en faveur de cette nouvelle prohibition.

Tout d’abord Bernard Zimmern, sur le site de l’association conservatrice : IFRAP 2012, nous explique qu’il faut interdire la burqa au nom de la sécurité publique
Bernard Zimmern : "Pour tous les terroristes qui veulent du mal à notre pays, la burqa est l’habit idéal car impossible de savoir qui s’y cache, un homme ou une femme. Et il est assez ample pour permettre de cacher une mitraillette et des grenades, sinon un fusil mitrailleur. [...]
la burqa doit être interdite en raison des dangers qu’elle entraîne pour l’ordre public et la protection contre le terrorisme
."

Ne riez pas, c’est sérieux.
Bien entendu la djellaba, le poncho, la soutane du curé, l’habit de bonne soeur ou même le simple manteau ample, ne sont pas mis en cause. Ils ne permettent pas de cacher des grenades, des explosifs ou une mitraillette, pas plus que le simple sac de voyage. Seule la burqa s’y prête vraiment. C’est vraiment l’habit "idéal" du terroriste, avec son côté pratique - tirer à la mitraillette ou dégoupiller une grenade dans un sac grillagé avec un champ de vision de 30 degrés, et son côté discret - se fondre dans la foule sans attirer l’attention du public ni celle des forces de l’ordre.

Difficile d’imaginer qu’un tel billet puisse convaincre qui que ce soit et pourtant les lecteurs du site semblent approuver massivement l’article de M. Zimmern . Il est vrai que, dans la rubrique "vos meilleurs commentaires" (sic), le brave homme censure tout ce qui n’abonde pas dans son sens (comme les sites d’extrême gauche).

Deuxième prise de position nettement moins comique, celle de l’association "laïque" : Le chevalier de La Barre. Le site de l’association, plutôt fruste, se pare d’une belle bannière qui annonce : Association pour la promotion de la laïcité, la liberté de conscience et d’expression. Avec une telle devise on se demande bien comment il vont réussir à justifier l’interdiction de la Burqa, eh bien voici :

"Quoiqu’il en soit, nous constatons que le port de la burqa dissimule entièrement la femme. On ne peut ainsi la distinguer d’autrui, sauf à la remarquer.
La singularité que cette femme souhaiterait afficher dans la rue est usurpée puisque sa tenue est uniformément noire.
Le signe d’appartenance que cette femme voudrait promouvoir est falsifié puisque on ne peut la reconnaître dans son individualité sous ce vêtement.
La « publicité » qu’elle pourrait ainsi rechercher dans l’espace dit « public » a donc un caractère d’imposture.
Aussi cette dissimulation contrevient-elle gravement au principe de reconnaissance individuelle, principe que notre démocratie n’a cessé de cultiver afin de promouvoir la liberté de chacun et lui éviter d’être asservi à quelque autorité que ce soit sauf celle de la loi.
Cette pratique bafoue autant la liberté de conscience que la liberté d’expression.
Et elle marque une profonde régression du mouvement d’émancipation de la femme
.
[...]
"Pour ces raisons, l’association « Le Chevalier de La Barre » soutiendra avec la plus grande vigueur tout effort législatif visant à l’interdiction du port de la burqa (et du niqab) en France."

Ce fatras idéologique est une manifestation d’un jacobinisme primaire (un brin violent) qui affirme que rien ne doit exister entre l’individu et l’Etat. C’est au nom de ces grands principes que les jacobins ont interdit toutes les associations, qu’elles soient religieuses ou pas, et le droit de faire grève au passage.
En fait Le Chevalier de La Barre est un repaire de laïcards désuets qui vouent un culte passionné à un Etat unique et indivisible, une sorte de big brother qui doit tout connaître de ses ouailles, lesquelles ne doivent "être asservies à quelque autorité que ce soit sauf celle de la loi".
Pour eux, l’individu n’existe que si on peut le reconnaître !. La violence verbale de ces ayatollah étatistes : "singularité usurpée", "signe d’appartenance falsifié", "caractère d’imposture" donnerait presque envie de porter un de ces horribles sacs grillagés.
Le clergé fit condamner le Chevalier de La Barre parce qu’il ne s’était pas découvert devant une procession religieuse. Ceux qui prétendent défendre sa mémoire, condamnent maintenant une minorité religieuse parce qu’elle ne se découvre pas devant le pouvoir étatiste. Les pauvres ne s’aperçoivent même pas de la similitude de leur idéologie avec celle qu’ils prétendent combattre.

Allons, "tout cela n’a pas beaucoup d’importance, après tout il ne s’agit que d’interdire la tenue imposée aux femmes par une secte obscurantiste" (et de surcroit musulmane) pensent la majorité de nos concitoyens.

Ceux qui croient cela devraient se méfier des retours de bâton du dirigisme. Outre le fait qu’une femme peut vouloir porter volontairement cette tenue, et qu’il n’y a dans ce cas aucune raison de le lui interdire, on ne combat pas l’obscurantisme religieux en interdisant ses parures ou ses cérémonies. Au contraire, en le victimisant on le renforce et on le fortifie.

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47 réactions à cet article    


  • Julie Dep Julie Dep 18 juillet 2009 10:25

    Continuez : « C’est comme si, pour supprimer le racisme, on interdisait les tenues du Ku Klux Klan ; pour interdire le nazisme, d’exhiber des croix gammées, etc. »

    J’espère que ce « chevalier » (que je vous sais gré de me faire connaître), Elizabeth Badinter et tous les « laïquards » dont je suis seront plus écoutés que les bobos défenseurs d’une tolérance envers l’intolérance qui a déjà fait assez de dégâts.


    • alcodu 18 juillet 2009 11:54

      Excellents exemples. La lutte contre le Ku Klux Klan ne s’est pas faite à coup d’interdictions aux Etats Unis, or il ne représente quasiment plus rien aujourd’hui. C’est la société civile qui s’est chargée de l’eradiquer.
      J’ai expliqué les effets de la loi Gayssot chez nous...
      La consommation et la vente d’opium ont été interdits à peu près partout dans le monde. Résultat il n’y a jamais eu autant de drogués et le chiffre d’affaire du trafic représente plusieurs fois le budget de la France.

      Le plus grave c’est de mépriser et de fouler aux pieds le principe de la liberté d’expression et de culte. Quand on accepte de s’asseoir là-dessus, il ne faut pas s’étonner que les fascistes et les obscurantistes religieux prospèrent. Ils ont tout le champ idéologique pour le faire. Ils peuvent même se permettre de donner des leçons de démocratie. Examinez ce qui se passe par exemple en Turquie où c’est le pouvoir pseudo laïc qui bafoue les Droits de l’Homme et où ceux qui apparaissent - faussement - comme des démocrates tolérants sont les islamistes. C’est triste et dramatique d’en arriver là.

      Mais de toutes façons la Burqa sera interdite en France. C’est déjà décidé « démocratiquement » par les dirgistes qui nous « protègent ». Nous aurons donc l’occasion de vérifier l’effet à long terme de cette prohibition.


    • armand armand 18 juillet 2009 12:11

      Mauvais exemple, alcodu...
      Le Ku Klux Klan a pu prospérer précisément parce que l’Etat fédéral, après avoir gagné la Guerre de Sécession, s’est désintéressé de la suite et a dégagé progressivement ses troupes, laissant de véritables bandes terroristes - dont le KKK - reprendre par l’assassinat et l’intimidation ce qu’ils avaient perdu par la force des armes.

      Plus d’un siècle pour parvenir à la quasi-extinction d’une organisation pareille cela ne milite vraiment pas en faveur d’une attitude laissez-faire.
      Les milliers de Noirs et de militants blancs des droits civiques, assassinés, torturés, brûlés ou simplement chassés à grande échelle pendant des décennies auraient préféré un interventionnisme plus musclé contre les tenants de la ségrégation.

      D’ailleurs il y a d’intéressants parallèles entre les islamistes actuels et les esclavagistes d’alors - remplacez ’noirs’ par ’femmes’ et vous trouverez une même suscepibilité maladive, une même violence dirigée contre tout ce qui, venant de l’extérieur, met en cause ce qui relève de la ’sphère privée’ et de l’’intime’ - même si celle-ci n’est autre que la domination physique d’une partie de la population sur l’autre.


    • alcodu 18 juillet 2009 15:41

      Tout groupe armé ou non qui exerce une violence à l’encontre d’autres personnes peut légitimement être condamné et ses membres violents emprisonnés. Cette remarque est bien sûr valable pour les Etats-nations eux-même.
      Le KKK, comme les salafistes n’échappent évidemment pas à cette règle.

      Exercer des violences sur les femmes, les noirs ou les juifs est interdit, cela va de soi. La question qui se pose ici est d’interdire l’expression d’idées (si désagréables et méprisables soient -elles) ou le port d’une tenue.
      Les Etats Unis n’ont pas (à ma connaissance) interdit les réunions du KKK, leur tenue grotesque ou la diffiusion de leurs idées. Ils ont peut-être été laxistes sur certains actes violents du KKK avant 45, ce qui est regrettable, vous avez raison de le souligner mais ce n’est pas le problème dont nous débattons.

      En France nous disposons de tout un arsenal législatif qui permet de condamner celui qui oblige une femme à porter la burqa ou qui l’empêche de l’enlever. Cet arsenal doit être utilisé très fermement.

      Il en va de même pour les sectes qui ne doivent être condamnées que pour les actes délictueux qu’elles commettent et non parce qu’elles sont des sectes.


    • stephanemot stephanemot 19 juillet 2009 04:09

      La burqa ou la republique, il faut choisir mais les deux sont incompatibles.

      Si l’auteur, autoproclame liberal, refuse de choisir, il peut s’installer aux States pour admirer, sous la protection du premier amendement, des Nazis defiler en costume ou sponsoriser un autoroute.


    • alcodu 19 juillet 2009 17:12
      • La burqa ou la republique, il faut choisir mais les deux sont incompatibles.
      • Si l’auteur, autoproclame liberal, refuse de choisir, il peut s’installer aux States pour admirer, sous la protection du premier amendement, des Nazis defiler en costume ou sponsoriser un autoroute.
      En somme, la France on l’aime ou on la quitte ... j’ai déjà entendu ça quelque part.

    • Gio 18 juillet 2009 12:21

      La burqua n’est qu’un des signes visibles de l’obscurantisme de certains fanatiques musulmans.
      Comme l’ensemble des fanatismes, religieux ou laïques, passés ou présents, il doit être combattu sans haine mais avec fermeté.
      Dans le cas présent l’argument religion n’est qu’une « couverture », un prétexte pour imposer une soumission que certains, voir certaines, utilise à des fins beucoup plus politiques que religieuses.
      Ne nous laissons pas abuser.


      • tvargentine.com lerma 18 juillet 2009 15:11

        J’aurai aimé voir mon article publié pour faire un parallèle à celui ci

        c’est vraiment dommage que cela soit à sens unique l’information sur AGORAVOX

        D’ailleurs je constate en plus ici les pleines pubs pour des sites islamistes collés à cet article

        Se pose la question des articles en relation avec des liens publicitaire générateurs de rentrée d’argent

        C’est ça l’information citoyenne ??

        http://www.tvargentine.com


        • Reinette Reinette 19 juillet 2009 10:13

          Voilà que les vieux démons reviennent « mon article n’est pas publié....gna gna gna... »
          Votre article est une diatribe vide de tout contenu probant contre le ps et la mairie de Colombes, avec un couplet raciste, le travai au noir.... Qu’est ce que cela a à voir avec la burqa ?.
           pas publié ? Il y en a 280 en attente ! vous ferez peut être mieux la prochaine fois

          Sampiero


          Mais
          s’il n’est pas publié, nous ne sommes pas obligé de vous croire !!! et qui décide ? car des contenus avec couplet raciste/antisémite ce n’est pas ça qui manque tout de même !


        • Le péripate Le péripate 18 juillet 2009 18:16

          J’avais beaucoup aimé lire sur votre blog cette phrase : on ne combat pas le communisme en interdisant le drapeau rouge.
          C’est une question où j’ai longtemps balancé. Mais, effectivement, on ne peut prévoir les effets pervers d’une telle mesure. Ce n’est probablement pas le bon niveau pour combattre le fascisme islamique. Comme d’habitude, c’est en bas, dans la société, de manière spontanée que la solution viendra. Une piste : la burqa est aussi le symbole d’une culture endogamique dans une société toute acquise à l’exogamie. Si cela est vrai, il faut s’attendre à ce que les mariages mixtes agissent comme un puissant acide sur une population endogame.


          • pigripi pigripi 18 juillet 2009 18:39

            Port du voile : la Cour européenne rejette des plaintes
            NOUVELOBS.COM | 17.07.2009 | 19:00
            La Cour européenne des droits de l’homme a jugé irrecevables six requêtes concernant l’exclusion d’élèves de leur établissement scolaire en raison du port de signes ostensibles d’appartenance religieuse.

            Femmes voilées (AP)

            La Cour européenne des droits de l’homme a déclaré vendredi 17 juillet irrecevables des plaintes contre la France concernant l’exclusion d’élèves en raison du port de signes ostensibles d’appartenance religieuse.
            Les enfants des familles Aktas, Bayrak, Gamaleddyn, Ghazal et Singh étaient inscrits à la rentrée scolaire 2004-2005 dans des établissements publics. Le jour de la rentrée, les jeunes filles, de confession musulmane, se présentèrent avec les cheveux couverts d’un voile ou d’un couvre-chef. Les garçons Singh étaient coiffés du « keski », un sous-turban porté par les Sikhs.

            Protection des droits d’autrui
            Selon les proviseurs, ces accessoires étaient contraires aux dispositions interdisant des signes ou des tenues manifestant ostensiblement l’appartenance à une religion, pas seulement en cours d’éducation physique, mais dans l’ensemble des cours. Mlles Bayrak, Gamaleddyn et Aktas substituèrent ensuite un bonnet à leur voile.
            Le conseil de discipline des établissements a prononcé l’exclusion définitive des élèves pour non-respect du code de l’éducation.
            Devant la CEDH, les familles dénonçaient une violation de leur liberté de pensée et de religion ainsi qu’une différence de traitement fondée sur leur religion.
            "Ce sont ces impératifs de protection des droits d’autrui et de l’ordre public qui ont motivé l’exclusion, et non des objections aux convictions religieuses des élèves", selon la CEDH.

            (Nouvelobs.com)

            • armand armand 18 juillet 2009 19:48

              BobGratton est non seulement antisémite, mais malcomprenant.

              Pour le coup, je n’imputait pas l’esclavage en tant que tel aux islamistes (alors même que l’Islam a longtemps pratiqué l’esclavage...)
              Mais la même susceptibilité maladive et violente sur la question des femmes que les esclavagistes du Sud des USA en matière d’esclavage.

              Dans les deux cas c’est une revendication de pouvoir absolu sur une partie de la population.
              Une association de ce pouvoir à des obsessions sexuelles.
              Le recours à la barbarie physique contre tout semblant de révolte.
              Une hystérie disproportionnée devant la prétention des étrangers (les Occidentaux ou les Nordistes) à intervenir.


            • Le péripate Le péripate 18 juillet 2009 21:03

              @Armand
              Je serais très intéressé par une lecture sur ce thème (le discours du sud à propos de l’esclavage). Une suggestion à me faire ?


            • armand armand 19 juillet 2009 09:49

              Toujours aussi malcomprenant, le Bob...
              D’abord c’est vous qui avez l’air de confondre islamiste et musulman.
              Donc, si vous préférez, je reformule : les ’fondamentalistes’ musulmans sont aussi obsédés par la question féminine que les esclavagistes d’antan s’agissant de ’leurs’ noirs.
              Dans les deux cas c’est la mise sous tutelle d’une partie de la population dont on craint le comportement sexuel.
              Les Juifs hyper orthodoxes sont eux aussi obsédés par cela (la notion d’impureté chez les femmes, etc.) seulement, grande différence, ils ne lapident pas leurs femmes, ne les mettent pas sous des housses opaques,ne les brûlent pas si elles s’affichent avec un goy, etc..

              Tenez, dans la série bonne rigolade, le Hamas vient d’accuser Israël de permettre l’acheminement à Gaza de stocks de chewing gum qui ont pour effet secondaire d’exciter la libido des jeunes filles.
              Chez tout intégriste il y a un obsédé sexuel.


            • armand armand 19 juillet 2009 10:19

              péripate,

              Il y a le classique « The Peculiar Institution » de Kenneth N. Stampp, si vous lisez l’anglais ;
              Sinon, il y a beaucoup de titres qui devraient paraître sous peu sur le Sud et la Reconstruction, ce sujet figurant au programme de l’agrégation d’anglais de cette année.

              Plus généralement, je suis frappé par les coïncidences entre les lynchages de noirs qui se comportaient ’mal’, ou étaient trop riches, ou tentaient de voter et les violences exercées contre les femmes au Pakistan, notamment dans les fameuses ’zones tribales’.

              Et dans les deux cas je vois surtout une peur hystérique de la sexualité, vraie ou fantasmée, de ces populations qu’on veut garder sous contrôle.

              Maintenant, pour le pas prêter le flanc à des accusations d’islamophobie, on constate cette même hystérie en Inde hindouiste dès que lon transgresse les règles de sa caste.


            • Le péripate Le péripate 19 juillet 2009 18:13

              Merci Armand. Je vais voir si je trouve une fiche de lecture sur ce livre.


            • armand armand 20 juillet 2009 09:28

              Bob,
              Bis repetita :
              « Les Juifs hyper orthodoxes sont eux aussi obsédés par cela (la notion d’impureté chez les femmes, etc.) seulement, grande différence, ils ne lapident pas leurs femmes, ne les mettent pas sous des housses opaques,ne les brûlent pas si elles s’affichent avec un goy, etc.. »

              Les esclaves étaient considérés aussi (ceux de la maison en tout cas) comme des membres de la famille. Et les planteurs sudistes aimaient rappeler que l’ouvrier du Nord avait une longévité nettement inférieure à celle de l’esclave, qu’il était jeté à la rue quand il était malade, etc.
              Mon principal point de comparaison entre fondamentalistes islamiques et esclavagistes porte sur l’extrême susceptibilité et violence qu’on dirige contre toute tentative - de l’intérieur ou de l’extérieur - de porter atteinte au droit de propriété exercé sur le corps des femmes dans un cas, des esclaves dans l’autre. Et sur les obsessions sexuelles sous-jacents (pour les islamistes, une femme libre est une dévergondée qui ira voir ailleurs, pour un esclavagiste, un esclave en liberté va s’attaquer à la femme ou aux filles de son patron).


            • Capillotracteur algfr 30 juillet 2009 14:36

              Je vous cite :
              "

              Nom d’une pipe !
              J’ai failli être d’accord pour une fois avec Armand, jusqu’à ce que je tombe sur :
              « D’ailleurs il y a d’intéressants parallèles entre les islamistes actuels et les esclavagistes... »

              Evidemment que non !
              Les archives publiques (pour combien de temps ?) nous montrent très clairement qui avait le monopole de l’esclavage et du transport, notamment à Newport.

              "

              Je ne sais pas si vous croyez ce que vous dites rassurez moi car les propos que vous tenez sont assez aberrants. En effet, vous semblez nier le volume et la violence de la traite négrière pratiquée par les musulmans au cours des siècles et abolie seulement au XXème siècle (je pense notamment à l’Arabie Saoudie qui l’a fait en 1962 ou la Mauritanie en 1980).

              Encore une personne faisant des leçons d’histoire sous le prisme de l’auto flagellation...


            • HELIOS HELIOS 18 juillet 2009 22:39

              Ecusez moi de me commetre dans une discussion si douteuse, mais puisque tout le monde donne son avis, pourquoi pas moi, si je peux apporter quelque chose au débat.

              Le problème de la burqua ou du voile integral n’est pas seulement un probleme de sécurité, d’integrisme ou de droit de l’homme.
              C’est un problème de souveraineté culturelle.

              Une societé ouverte a tous, accueillante dans le cadre d’une laïcité bien comprise, on est d’accord.
              En acceptant d’aller « trop loin », c’est a dire de faire fi, comme je le cite, des règles d ’egalité des sexes, de présence, républicaine et citoyenne, ces accoutrements exotiques outrepassent l’acceptable au même titre que l’excision et j’ose le dire, la circoncision. Cette dernière semble ne pas (encore) poser problème...

              Puisque nos règles de vie, n’avaient pas besoin de préciser qu’une femme (ou un homme) ne doit pas se voiler completement, quelles qu’en soient les raisons, la loi doit alors venir préciser ce que ces us et coutumes n’ont pas prevues.

              Il se trouve que ce sont les musulmans en général qui sont stigmatisés par NOS règles. evidement puisqu’ils n’ont pas les mêmes ! un boudhiste ne se sentira pas concernés..
              Osons le dire clairement, puisque les contorsions sont evidentes. L’islam et ses manières viennent buter sur nos habitudes.

              Faut il alors tout accepter ou abandonner nos manières d’être ? Comme toujours la voie mediane a été choisie., les voiles etc sont acceptés sauf dans les administrations, la burqua l’est a la maison mais pas dans la rue.
              Le problème vient toujours des mêmes, quand on leur offre la main ils veulent le bras.

              Non, le voile integral n’a pas droit de cité chez nous, le vide juridique et coutumier qui l’entoure doit etre comblé et c’est par la loi que cela se fait dans un etat de droit. Ceux qui se sentiraient discriminés sont en fait ceux qui aujourd’hui se plaignent mais qui n’hesitent pas a imposer leurs regles quand aucune autre contestation ne se fait jour.

              Il n’y a pas a chercher midi a quatorze heure. La religion est une affaire privée dans une république laïque. Le debordement de ce domaine sur le domaine public est inaceptable, d’ou qu’il vienne tout en sachant quand même que la France est un pays de culture judeo-chretienne.

              Ami musulmans, c’est cette culture judeo chretienne qui vous permet de perpetuer votre culte ici, parce qu’il n’y a pas discrimination. Ne tentez pas le diable, ne cherchez pas a vous imposer, si la pression monte trop, la cocotte minute explose !

              Bonne nuit a tous


              • Capillotracteur algfr 30 juillet 2009 14:40

                Je ne l’aurais pas mieux dit !


              • Mr Pigeon Mr Pigeon 19 juillet 2009 00:22

                Derrière tous ces partis politique, Alternative Libérale, Parti Écologiste, Nouveau Parti Anticapitaliste, etc... ne se trouve que des versions altérées du communisme, avec un fonctionnement sectaire.

                Voilà ce qui vous pousse à défendre les autres sectes que sont les bourquistes, les négationistes et les scientologues. Ainsi que la dépénalisation de la drogue.

                Vous pensez qu’en victimisant les salafistes bourquistes, qui sont minoritaires parmi les musulmans, vous récupèrerez l’ensemble de l’électorat musulman. Et c’est faux.


                • pigripi pigripi 19 juillet 2009 11:50

                  Point de vue
                  La dignité de l’homme exige qu’il porte la burqa par Pierrette Fleutiaux
                  LE MONDE | 04.07.09 | 14h28
                   
                  Si j’étais un homme pieux, voici ce que je proposerais. La femme est un être faible, soumis à toutes les tentations, nous le savons depuis la nuit des temps. Elle est concupiscente, tout entière la proie de pulsions condamnables. Son corps aspire à celui de l’homme, la société doit maîtriser ce corps, dès son plus jeune âge. La burqa peut sembler une réponse appropriée. Contraindre les mouvements de la femme, la ramener à la modestie, encadrer les désirs sauvages qui lui sont naturels, qui troublent son esprit et corrompent la société, relève du devoir de l’homme respectueux de l’ordre divin.
                  Cependant, peut-être avons-nous fait erreur non pas dans l’interprétation de la loi divine, mais dans les moyens de la mieux appliquer. En effet, les yeux de la femme, même derrière un grillage, même dans la fente du niqab, restent libres. La vision périphérique en est certes limitée, mais la perversité naturelle de la femme lui fera trouver le moyen de contourner ce léger handicap. La femme en burqa continue de voir. On imagine quelles turpitudes alors peuvent agiter son esprit. Cachée sous son voile intégral, la femme peut encore se livrer à la débauche mentale.
                  Une solution serait de l’aveugler totalement, par le moyen d’un bandeau ou tout autre moyen non cruel mais efficace. Cette solution est à écarter : la femme ne pourrait plus en effet accomplir les tâches auxquelles la destine sa condition subalterne : nourrir l’homme et ses fils, conduire les fils de l’homme à l’école, et faire toutes choses qui dégagent l’homme des tâches matérielles, facilitent l’exercice de son vouloir et son étude des textes sacrés.
                  Je soumets ici une modeste proposition à mes frères. Que les hommes portent la burqa, qu’ils s’approprient ce vêtement que dévoie trop facilement la femme. L’homme est beau, l’homme est la création première de Dieu, la femme le désire indécemment. Ne lui donnant pas la liberté de convoiter, ne tentons pas sa faible nature.
                  Voyez l’homme derrière lequel marche la femme en burqa. Même voilée, justement parce que voilée, elle a toute licence de contempler les bras que montrent les chemisettes d’été, les pieds dans les sandales, les fesses agiles et les jambes qui se devinent sous les pantalons, les poitrines mâles et les visages nobles. L’homme croit avoir mis la femme à l’abri de tout danger dans sa prison portative de la burqa. En réalité, il lui accorde une liberté scandaleuse.
                  L’homme en burqa brisera net l’élan pervers de la femme. Ces yeux brillants, qui transpercent le voile le plus épais, se heurteront à un mur. Ainsi privée dans la journée, elle n’en sera dans sa maison que plus portée à répondre aux besoins sexuels légitimes de son époux.
                  Que la femme aille dans la rue dans les atours aguicheurs qu’elle ne manquera pas de se choisir. Son regard s’épuisera sur les autres femmes, elle y verra comme dans un miroir sa propre indécence, sa futilité même la détournera de toute compétition malsaine avec l’homme. Quant à cette exposition de la féminité, elle ne saurait nuire à l’homme. Il s’y verra conforté dans son incontestable supériorité. Il saura, dans les autres burqas, reconnaître les hommes pieux et respectueux de la loi, et ainsi renforcera nécessairement la belle et indispensable communauté masculine.
                  ORDRE DIVIN Repoussons cette croyance absurde qu’il faudrait voiler les femmes pour que les hommes ne soient pas portés à désirer celles d’autrui. Une telle croyance est mécréante : elle accrédite l’idée que l’homme a été créé libidineux, violeur par nature et faible devant ses désirs. Et que, devant toute femme passant sous ses yeux, s’éveille aussitôt en lui la pulsion de lui sauter sur le râble pour consommer l’œuvre de chair. L’homme a en lui la force de l’âme et le respect naturel de l’ordre divin. L’homme n’a rien à craindre des misérables appâts de la femme.
                  Enfin, reconnaissons qu’il y a grand danger à abandonner les fils de l’homme aux soins de la femme. Son faible entendement ne peut que leur nuire. À l’homme de prendre en charge l’homme dans le nourrisson, à lui de le langer, le nourrir, le soigner. Une fois sa tâche reproductive accomplie, que la femme dirige ses agissements erratiques vers l’extérieur, qu’elle s’en aille piailler dans les assemblées publiques, mais que ses miasmes ne corrompent plus le foyer sacré de l’homme. La dignité de l’homme exige qu’il porte la burqa. La burqa est faite pour l’homme.
                  Écrivaine
                  Pierrette Fleutiaux


                  • pigripi pigripi 19 juillet 2009 12:10

                    dimanche 21 juin 2009
                    Non à l’apartheid vestimentaire des Francaises musulmanes

                    par Docteure Michèle Dayras, SOS-Sexisme

                    La déferlante du voile en Occident traduit la poussée de l’Islam politique pour lequel le premier pays à conquérir demeure notre République, dont la laïcité fait la spécificité.

                    Ignorant cette offensive intégriste réelle et planifiée, le gouvernement défend le multiculturalisme et le maintien des particularismes, au risque de nous conduire vers une société différentialiste à l’anglo-saxonne qui mettrait en péril les droits et les acquis des françaises. Et de nombreuses associations de lutte contre les discriminations se montrent pro-voile, niant de façon éhontée le sexisme de cette pratique.

                    Le principe démocratique d’ « égalité entre les femmes et les hommes » ne doit-il pas primer celui de « liberté individuelle » dont se gargarisent les intégristes qui vivent ici ?

                    La liberté ne s’arrête-t-elle pas dès qu’elle met en péril celle d’autrui ?

                    Le voile intégral, le tchador, le niqab, la burka (combattus comme relevant de pratiques obscurantistes dans de nombreux états musulmans) freinent l’émancipation des Françaises d’origine immigrée ; ils constituent un obstacle majeur à leur intégration sociale, et sont un danger pour toutes les femmes de France car partout où la laïcité est menacée, les droits des femmes reculent !

                    Oui le voile, le tchador, le niqab et la burka sont des vêtements à connotation sexiste, traduction du mépris, de la haine et de la peur du féminin.

                    Assimilables au ruban rouge des prostituées sous le règne de Saint-Louis, ces voiles ont pour finalité d’asservir les musulmanes, de leur rappeler qu’elles appartiennent aux hommes et au dieu qu’ils ont inventé à leur image, de les isoler, les marginaliser et les exclure, entraînant un véritable apartheid sexuel.

                    C’est dans ce contexte que nous demandons impérativement au Président de la République d’intervenir de toute urgence pour que soient interdits ces déguisements misogynes, grotesques et rétrogrades, et punies celles qui persisteront à défier la loi


                    • pigripi pigripi 19 juillet 2009 12:12

                      mercredi 24 juin 2009
                      La stratégie de prise de contrôle sur le corps des femmes par un code vestimentaire est inacceptable

                      Par Regards de Femmes

                      La stratégie de prise de contrôle sur le corps des femmes par l’obéissance à un code vestimentaire céleste de bonne conduite est inacceptable. Le voile des femmes, stigmate de discrimination, de séparation, de fantasmes sexuels considère les femmes comme propriétés de leur mari et intouchables par les autres. L’affichage ostensible du marquage archaïque possessionnel et obsessionnel du corps féminin est le cheval de Troie de l’islam politique pour montrer sa capacité d’occupation des espaces et des esprits.

                      Dans l’espace public, de plus en plus de fillettes portent le voile islamique, ce marqueur archaïque et « claustrant » de l’oppression des femmes. Comment construire le principe d’égalité en droit entre les hommes et les femmes ? De plus en plus de femmes sont enveloppées dans une « burqa » qui les couvre entièrement afin que même dehors, elles restent « dedans ». C’est leur voler leur identité puisqu’elles ne doivent pas être identifiables.

                      Les machocrates ont besoin de l’assujettissement volontaire des femmes. Leur stratégie manipulatoire est simple : faire croire aux femmes que leurs dieux ont les yeux fixés sur elles. Imbues de leur importance, en attendant de rencontrer les divinités dans l’au-delà, celles-ci acceptent d’obéir aux diktats des hommes, représentants des dieux sur terre.

                      Tolérer qu’il s’impose à des femmes, sous prétexte religieux, de se dissimuler dans l’espace public contrevient gravement au principe d’égalité en droits, devoirs et dignité des femmes et des hommes et à la laïcité.

                      La commission Stasi, les rapports des inspecteurs généraux, ont montré les troubles à l’ordre public engendrés par les demandes dérogatoires aux principes républicains.

                      Regards de femmes a pris l’initiative d’une adresse aux parlementaires pour demander d’étendre la loi de 2004 sur les signes religieux :

                    • à l’université et dans les établissements publics d’enseignement supérieur
                    • à certaines catégories de la population, en situation de faiblesse, notamment les fillettes,
                    • à des tenues, qui dissimulent entièrement les femmes, telle la burqa.

                      Parmi les parlementaires signataires, Pascale Crozon, Marc Dolez, Nicolas Dupont-Aignan André Gerin, Françoise Hostalier, Catherine Quéré.

                      Françoise Hostalier est l’auteur d’une proposition de loi visant « à interdire le port de signes ou de vêtements manifestant ostensiblement une appartenance religieuse, politique ou philosophique à toute personne investie de l’autorité publique, chargée d’une mission de service public ou y participant concurremment », signée par plus de 60 députés.

                      André Gérin demande la création d’une commission d’enquête sur le développement du port de la burqa par des femmes en France. Il a été rejoint par 57 parlementaires.

                      Il est indispensable de légiférer pour faire respecter nos principes fondamentaux de laïcité et d’égalité des sexes, garants de la paix civile.

                      Regards de femmes


  • pigripi pigripi 19 juillet 2009 12:17

    20 ans de combat contre le voile par Micèle Dayras, SOS sexisme

    SOS sexisme ne peut que se réjouir de voir la question du voile islamique devenir, à nouveau, un sujet de débat pour l’ensemble de la société française – en dépit de la honteuse tolérance que les pouvoirs publics de tous bords lui accordent depuis 20 ans !

    Notre association, créée en 1988, n’a cessé depuis 1989 de tirer la sonnette d’alarme (réunions, tracts, courriers, courriels, fax, pétitions, lettres ouvertes) sur la signification et les risques pour les droits des femmes, du port du hidjab et de ses dérivés (tchador, niqab, burka), expression de « la peste misogyne » et de la "haine et du mépris du féminin", selon Françoise d’Eaubonne, Secrétaire générale de SOS Sexisme.

    Dès 1989, lors de la polémique du « Voile de Creil », Michèle Dayras, présidente, a organisé une réunion des associations féministes à la Maison des femmes de Paris, pour dénoncer le danger de l’arrivée de filles voilées à l’école qui ferait reculer les droits de toutes les femmes de France. Les musulmanes présentes n’entendaient pas un tel discours ; elles l’ont traitée de fasciste, de lepéniste… Ce n’est que beaucoup plus tard (trop tard ?) qu’elles se sont ralliées à notre combat.

    En 1991, nous avons fait parvenir à qui de droit nos « Propositions législatives paraissant urgentes », dans lesquelles figurait « l’interdiction du hidjab dans les lieux publics sur le territoire français ».

    Telles étaient aussi les mises en garde prononcées par Françoise d’Eaubonne dans « Le voile, NON ! » où elle répondait, en 1994, aux rédactrices des Cahiers du Féminisme qui défendaient le voile comme « différence culturelle »...

    En janvier 1999, un fax urgent fut envoyé par Michèle Dayras à la Ministre déléguée à l’Education Nationale, Ségolène Royal : « Non au voile à l’école ! » : « Le port du voile à l’école n’est pas neutre. C’est une manifestation religieuse, directement issue du Coran et discriminatoire pour les femmes et les fillettes. Il s’agit d’un pas de plus effectué par l’islam en France, pays pourtant laïque, à travers ce symbole de leur servitude et de leur marginalisation. Comment pouvons-nous accepter un tel affront à nos lois démocratiques et laïques ? Nous connaissons le courage des femmes algériennes qui, chaque jour, même si elles risquent la mort, défient les intégristes en sortant non voilées. C’est au nom de ces milliers de femmes qui résistent à l’ordre patriarcal religieux et qui suivent ce qui se passe en Occident et tout particulièrement en France, que nous devons interdire le port du voile à l’école et dans tous les lieux publics, hors les mosquées ».

    Il y eut d’autres articles : « NON aux femmes voilées en dehors des lieux de culte ! » (2002) : « Porteur d’exclusion, le voile est totalement incompatible avec l’intégration citoyenne ». « Lettre ouverte aux Politiques » demandant une Loi (2003) : « Il est temps que les Politiques aient pleinement conscience du danger de dérive communautaire que ces attributs vestimentaires traduisent et qu’ils prennent fermement position contre les signes ostentatoires d’une religion qui refuse de reconnaître aux femmes l’égalité des chances et l’égalité des droits ».

    « Ni à poil, Ni en voile ! » (2003) : « Dans les sociétés où l’Islam impose son diktat, les femmes sont contraintes de se cacher de la concupiscence masculine pour pouvoir survivre ».

    La « Lettre ouverte aux Maires » (2003) a été adressée pour qu’elle/ils reviennent au plus vite sur leurs décisions discriminatoires concernant les horaires aménagés pour les femmes de confessions musulmane ou juive dans leurs piscines communales, car « recréer sur notre territoire, l’apartheid sexuel tel qu’il existe dans les pays où l’islam a force de loi, avec son cortège de discriminations à l’égard des femmes, est une régression et une atteinte fondamentale aux droits de TOUTES les femmes ».

    Elle fut suivie d’un autre courrier de Michèle Dayras « Merci Madame la Maire ! Merci Monsieur le Maire ! » (2003) qui insistait sur « la montée en puissance de l’Islam (qui) conforte les prérogatives et les privilèges masculins et personne ne semble le comprendre ou tout le monde feint de l’ignorer. Malgré les luttes des femmes et en contradiction totale avec les législations nationales et le droit international, les acquis des femmes régressent à une vitesse vertigineuse. Le danger n’est plus potentiel, il est réel et imminent : l’intégrisme musulman est prêt à rétablir, pour des lustres, l’enfermement et la soumission des femmes à la dictature religieuse la plus réactionnaire, misogyne et machiste qui soit  ».

    En 2007 à l’occasion du procès de Fanny Truchelut, Michèle Dayras écrivait dans « Halte aux enfermements sexistes des femmes en France ! » : « Et si les femmes n’y prennent garde, ce qui leur arrivera prochainement sera très grave car l’offensive est réelle et planifiée. En effet, à travers la concurrence médiatique à laquelle elles font semblant de se livrer, les religions patriarcales oeuvrent de concert pour renforcer la place des femmes dans le giron de la famille et le pouvoir masculin sur les femmes. (Colloque 1997 / Palais des Congrès : ‘Islam et Occident’) ».

    Enfin le 21 juin 2009, SOS Sexisme intervenait contre le port du voile intégral « NON à l’apartheid vestimentaire des Françaises musulmanes ! » : « Ces voiles ont pour finalité d’asservir les musulmanes, de leur rappeler qu’elles appartiennent aux hommes et au dieu qu’ils ont inventé à leur image, de les isoler, les marginaliser et les exclure, entraînant un véritable apartheid sexuel ».

    Tolérer de plus en plus de femmes voilées en France, instrumentalisées par les extrémistes à des fins politiques, c’est condamner l’ensemble des femmes de ce pays à une régression, sans précédent, de leurs droits si durement acquis depuis la Révolution française, et c’est faire un affront aux générations de féministes dont le sang a parfois coulé dans ce long et difficile combat contre le patriarcat et vers l’égalité des sexes.


    • pigripi pigripi 19 juillet 2009 12:21

      Un peu de philosophie ....

      Accommodements raisonnables. Droit à la différence et non différence des droits

      par Yolande Geadah, auteure


      Dans le débat actuel sur les accommodements raisonnables, on oublie trop souvent que cette question ne concerne pas seulement les libertés individuelles. Elle met aussi en cause la possibilité même de maintenir un espace public commun. Si jusqu’ici on s’en est remis aux tribunaux pour décider de ce qui était acceptable ou non des demandes d’accommodement, on se rend bien compte aujourd’hui que cette approche juridique ne suffit pas. Une réflexion collective sur les exigences du vivre ensemble au-delà de ce que le droit permet est donc nécessaire. Cette question est aussi une question politique.

      Cet essai s’adresse aux citoyens et citoyennes de toutes cultures et religions, aux défenseurs des droits humains, aux hommes et aux femmes politiques, et aux représentants des institutions et des médias. Il fait d’abord le point de façon éclairante sur les différents incidents à l’origine de ce débat, il précise la notion d’accommodement, utilisée souvent de façon abusive.

      Il rappelle les exigences démocratiques de laïcité et il en expose trois modèles institués - français, étasunien et turc. Il permet ainsi de dégager les lignes directrices qui devraient guider l’action des responsables des services publics et des organismes de la société civile, quand ils sont confrontés à des revendications émanant de diverses communautés ethnico-religieuses.

      Extrait de l’introduction :

      Distinction entre inclusion, intégration et assimilation

      À mon avis, l’approche juridique des accommodements repose sur une logique individualiste des droits qui vise l’inclusion restreinte des individus à court terme, mais qui ignore les objectifs d’intégration des communautés à long terme. Selon le Petit Robert, l’inclusion concerne l’introduction d’« un élément dans un milieu de nature différente », tandis que l’intégration renvoie à l’« établissement d’une interdépendance plus étroite entre les parties d’un être vivant ou les membres d’une société ».

      On fait fausse route, me semble-t-il, en privilégiant l’inclusion restreinte qui autorise chaque individu et chaque communauté à conserver ses valeurs intactes, encourageant ainsi un modèle de développement séparé, plutôt que l’intégration qui exige un certain cheminement pour créer un rapprochement au niveau des valeurs communes à respecter. Le modèle fondé sur l’inclusion restreinte entraîne une juxtaposition de communautés culturelles séparées, qui peuvent se côtoyer dans un même espace mais qui continuent de vivre chacune selon son système de valeurs, avec un minimum de communication entre elles. Ce modèle, appuyé par la politique du multiculturalisme, comporte certains avantages. Il a permis jusqu’ici l’insertion de nombreuses communautés immigrantes, surtout d’origine européenne, qui ont réussi à s’établir et à prospérer tout en conservant leur culture d’origine sur plusieurs générations. Malgré les avantages de ce modèle, l’histoire nous montre qu’il est porteur de tensions et de conflits sociaux latents.

      À l’inverse, le modèle de l’intégration permet de sortir de l’enfermement identitaire et de la ghettoïsation qui emprisonnent les individus, et surtout les femmes, à l’intérieur de leur communauté d’origine. Ce modèle est plus favorable au plein épanouissement du potentiel des individus. En favorisant une plus grande interaction entre les membres des diverses communautés, il contribue à consolider les liens sociaux qui sont à la base de la citoyenneté moderne. Certes cela suppose l’abandon de certaines valeurs et pratiques traditionnelles, au profit d’une intégration permettant de jouir des mêmes droits que l’ensemble des citoyens et des citoyennes et d’avoir les mêmes obligations.

      Soulignons ici qu’intégration n’est pas assimilation. L’assimilation suppose la supériorité d’un modèle unique (celui de la société d’accueil), imposé aux membres des minorités immigrantes qui doivent abandonner leur culture d’origine pour épouser entièrement la culture dominante et se fondre dans la société d’accueil. Dans le modèle fondé sur l’intégration, il ne s’agit nullement d’imposer un modèle uniforme dans tous les aspects de la vie, mais plutôt de construire ensemble une société partageant des valeurs et des règles communes, tout en respectant la diversité culturelle. Mais cela ne peut se faire que par le respect prioritaire de la société d’accueil.

      Vlb éditeur
      Coll. « Partis pris actuels »
      Essai, 2007
      ISBN 978-2-8900-5999-3
      12.95 $


      • pigripi pigripi 19 juillet 2009 12:28

        Un féminisme non interventionniste face à l’extrémisme religieux

        par Micheline Carrier


        Ce texte est la deuxième partie de l’article « Un féminisme gangrené par le relativisme ».

        Aux résistantes de tous les horizons.

        Avant la récente vague de fondamentalisme religieux dans le monde, très peu de Québécoises musulmanes portaient un foulard islamique dans les lieux publics. Il aurait été étonnant que la montée de l’islamisme politique dans certains pays musulmans n’exerce aucune influence sur la diaspora. Combien de femmes et d’adolescentes porteraient le foulard si elles ne subissaient pas les pressions de leur milieu ? Des extrémistes religieux, qui sont loin de représenter la communauté musulsane du Québec et du Canada mais n’en jouissent pas moins d’une grande influence dans les domaines privé et public, encouragent à se servir du foulard islamique comme symbole identitaire. Ils se fabriquent ainsi un prétexte pour taxer de racisme les éventuels critiques : « Quand vous critiquez le fait que je porte le voile ou le hijab, vous m’attaquez en tant que musulmane, donc vous êtes raciste. » Celles qui ne le portent pas sont-elles moins musulmanes ?

        Des gens s’exclament : « On ne les oblige tout de même pas à le porter, ce voile ! » Certes, pas toutes.

          « Sûrement que, contrairement à d’autres contextes où l’on oblige ces femmes à le porter, c’est vrai dans un contexte canadien, c.-à.-dire de société démocratique, dit une internaute québécoise musulmane. Je suis tentée de vous dire que la définition même de l’aliénation, c’est d’en être consentant(e) ! Ces femmes ont raison de vous dire que le voile est dicté par dieu. C’est normal, c’est dans le Coran ! C’est là qu’intervient la nécessité d’être vigilant. Il ne s’agit pas de prendre un fouet et de fouetter ces pauvres femmes, ou de leur mettre une étoile verte sur le costume. À titre individuel, il n y a pas d’autres choix que de les respecter dans leur...choix consentant !

          « Mais à titre collectif, ma foi, il est temps d’affûter ses arguments et d’oser s’attaquer à l’essentiel, c’est-à-dire les idées. Le voile n’est pas un simple habit : c’est un étendard idéologique. Derrière le voile se cache non pas une violence physique (la plupart des voilées d’ici ne sont pas sujettes à des violences physiques, bien au contraire), mais une violence symbolique. »

        Il existe bien des manières d’influencer la liberté d’autrui. Menacer et manipuler la vérité sont parmi les plus fréquemment employées. L’automne dernier, le site du Centre communautaire musulman de Montréal
        - ce Centre où s’entraînaient les petites filles de 8 a 12 ans (l’âge des grands choix “libres“, n’est-ce pas ?) qui ont fait les manchettes au Québec parce qu’“elles voulaient“ porter le hijab lors de compétitions de Tae Kwan Do (1) - a publié un article menaçant les femmes musulmanes qui ne portent pas le foulard islamique : « Ne pas porter le hijab peut entraîner “des cas de divorce, d’adultère, de viol et d’enfants illégitimes“, disait l’avertissement pour le moins ahurissant. On y disait aussi que celle qui enlève son voile voit sa “foi détruite“, adopte un “comportement indécent“ et sera punie en “enfer“. On y traitait aussi la femme occidentale de “prostituée non payée“ ». (2)

        Combien de discours semblables avait entendus dans des mosquées, ou lus sur des sites, le père ontarien qui a tué sa fille de 16 ans, Aqsa Parvez, rebelle aux règles islamiques (dont le port du hijab) ? Parce qu’elle souhaitait s’intégrer à la société canadienne et à son milieu scolaire, cette adolescente avait antérieurement quitté sa famille qui voulait l’en empêcher. On a essayé de faire croire que ce meurtre n’était qu’un crime familial comme il y en a tant au pays, sans connotation religieuse ni politique. Les groupes féministes, une fois encore, même ceux qui militent contre la violence envers les femmes, se sont montrés plutôt discrets sur ce crime et sa signification. Il faut peut-être se demander dans quelle mesure l’autocensure engendrée par le relativisme culturel restreint les luttes des femmes.

        Quoiqu’on essaie parfois de le faire croire, le discours sur le foulard islamique n’a rien à voir avec la liberté de religion. Porter ou non ce foulard relève de croyances, et les croyances ne sont pas à l’abri des critiques. « Tolérer ne veut pas dire se taire ». (3) Quand des hommes, au nom d’une religion créée par eux et qu’ils se disent les seuls à pouvoir interpréter, imposent ce symbole de soumission aux femmes, et à elles seules, c’est faire l’autruche d’agir comme si cet acte n’avait aucune portée particulière. Des féministes devraient être capables de dénoncer ce sexisme sans craindre être accusées d’intolérance.

        Des organisations féministes peuvent prétendre défendre les droits de “toutes les femmes“ dans le respect de la diversité, en s’abstenant de critiquer des symboles politico-religieux réservés aux seules femmes musulmanes. Il me semble que cette attitude n’aide en rien celles qui y résistent ou voudraient y résister. En acceptant la différence des droits au nom de traditions culturelles ou religieuses, ces organisations collaborent d’une certaine façon à la marginalisation et à l’instrumentalisation de ces femmes à des fins idéologiques.

        Un silence troublant

        Des musulman-es progressistes admettent que des traditions archaïques et discriminatoires pèsent lourdement sur les femmes et les adolescentes de leur communauté, mais ce n’est pas dans les médias du Québec que ces progressistes s’expriment habituellement. Certain-es disent connaître plusieurs adolescentes qui doivent se battre, comme Aqsa Parvez, pour leur liberté. Les mariages forcés ne sont pas rares au sein de la communauté musulmane canadienne, selon une femme qui a refusé un mariage qu’on voulait lui imposer, il y a 20 ans, et qui en a payé le prix, dont la mise à l’écart de sa communauté (facteur qui influe sur le “choix“). Un professeur à la retraite déclare connaître « au moins 9 familles dont les filles ont dû se débattre comme Aqsa avec une double vie, arrivant au collège vêtue des traditionnels hijab et vêtements amples, avant de se changer dans les toilettes et en émerger en jeans serrés, avec la chevelure dénouée. Lorsque trois des pères ont découvert le pot aux roses, leurs filles furent rapidement mariées à des hommes du Pakistan qu’elles n’avaient jamais rencontrés : les cérémonies religieuses de mariage se déroulèrent au téléphone ! » (4). Leur communauté évite d’en parler afin ne pas accroître les sentiments islamophobes... Si on ajoute à ce silence le non-interventionnisme du reste de la société, les extrémistes islamistes ont la voie libre tandis que les femmes qui voudraient leur échapper se retrouvent seules.

        Ces musulman-es progressistes déplorent que trop peu d’entre eux dénoncent ces extrémistes. Ce silence relatif est troublant car il indique la force réelle de l’intégrisme qui réussit par la peur à imposer ses règles du jeu. Les intégristes religieux savent aussi tirer profit du relativisme culturel et religieux. Des femmes et des hommes musulmans ont quitté des fonctions en vue au sein de leur communauté à la suite de menaces de mort lancées contre eux et leur famille. « Pour des raisons de sécurité », une intellectuelle musulmane canadienne nous a demandé de retirer son nom d’un communiqué annonçant sur Sisyphe une conférence à laquelle elle avait participé quelques mois plus tôt. Le fait que des individus ou des groupes se sentent à l’aise d’intimider autrui et même de menacer leur vie, dans un pays qui se prétend à la fine pointe de la défense des droits fondamentaux, donne la mesure de la complaisance dont ils se savent gratifiés.

        Le syndrome de l’accommodement : tout le monde est féministe !

        Une sorte de démission face à la complexité et à la difficulté des luttes à mener incite des femmes et des groupes à essayer d’accommoder le féminisme à toutes les sauces. Le féminisme est presque devenu une sorte d’auberge espagnole. On voit du féminisme dans n’importe quoi et n’importe qui peut se dire féministe. On devrait la ou le croire du moment qu’elle ou il le dit. Qui sommes-nous pour en douter ? Dans les années 1970, Playboy affirmait aussi servir la cause féministe en favorisant la libération sexuelle des femmes... Un tel brouillage sert parfois à masquer les hésitations et les craintes face aux religions ou aux groupes extrémistes. Ce “syndrome de l’accommodement“ se développe dans des circonstances où l’on imagine l’adversaire invincible. On préfère se replier, se taire et collaborer au lieu de l’affronter.

        Quelques femmes ainsi que la Fédération des femmes du Québec (FFQ) ont déclaré devant la Commission Bouchard-Taylor qu’on peut être féministe et porter le voile islamique. C’est peut-être le cas pour certaines et, sans doute, la FFQ ne voulait-elle exclure personne. Mais sur quelles bases une telle affirmation s’appuie-t-elle ? Les Québécoises musulmanes qui portent le voile et ceux qui les incitent à le porter sont-elles/ils favorables à la mixité dans les institutions et les lieux publics ? À la liberté sexuelle des femmes ? Au droit à la contraception et à l’avortement ? Aux droits des lesbiennes et des homosexuels ? À l’égalité des conjoints et au divorce ? À la liberté d’une femme musulmane de choisir son conjoint, sa carrière, ses engagements politiques, sociaux ou religieux ? Peuvent-elles s’opposer à la polygamie et au mariage arrangé ? Reconnaissent-elles dans les faits l’égalité sociale, juridique, politique et économique des femmes et des hommes ? Bref, sont-elles et sont-ils favorables à la liberté et à l’égalité des femmes ? Si oui, comment concilient-elles cette profession de foi féministe et l’adhésion à des codes religieux et culturels qui nient tout cela ? Si la communauté musulmane traite hommes et femmes également - le principe d’égalité est défendu par les féministes de toutes tendances -, quel est l’équivalent du voile pour les hommes ? Quelle forme de marquage infériorisant leur impose-t-on, à eux, prétendûment au nom de la religion ?

        On s’insurge contre des femmes qui voient un symbole de soumission dans le foulard islamique ou la burqa. À la lumière du relativisme qui tend à tout niveler, on leur reproche de juger.

          « Mais bien sûr qu’il n’y aura pas de femme voilée pour venir dire qu’elle le porte en guise de soumission, commente l’internaute musulmane citée plus haut. Du moins, surtout pas parmi les militantes islamistes. Elles ont même réussi à s’approprier le discours féministe occidental et à l’adapter à leur idéologie. [...] Il s’agit d’une ruse, une escroquerie intellectuelle que les islamistes manient très bien pour détourner le débat sur l’essentiel, à savoir que le voile reste un signe de discrimination et de minorisation des femmes. Elles ont réussi à développer toute une rhétorique autour du voile en empruntant à l’Occident les notions de liberté et de libre-arbitre. Mais laissez-moi vous dire que là où le contexte socio-politique et culturel s’y prête, les femmes voilées sont les suppôts directs de tous les islamistes et autres conservateurs qui s’opposent aux droits fondamentaux des femmes. »

        À un homme qui la mettait “paternellement“ en garde contre le risque de “diaboliser“ les femmes musulmanes portant le voile, elle répond :

          « Celles qui seraient diabolisées dans le contexte que je décris [l’Algérie] sont les féministes démocrates qui se battent depuis des décennies pour arracher aux femmes le droit au divorce, le droit de refuser la polygamie, le droit de signer un quelconque document (scolaire, bancaire, etc.), à leur enfant ». Et elle conclut ainsi : « Ce n’est pas le voile qui menace [...], mais la mollesse des débats féministes, la perte de sens, le manque d’affirmation des idéaux et justement les dérives de ce féminisme folklorique où il suffit de prononcer le mot patriarcat pour être promu féministe ».

        La revanche du patriarcat

        Un mot ne fait pas une analyse. Et le terme même patriarcat est rejeté dans certains milieux, par exemple ceux qui se disent postféministes, tandis que dans d’autres milieux, on fait un usage très sélectif de l’analyse patriarcale. La majorité des féministes évoquent volontiers la culture patriarcale pour expliquer et dénoncer la violence en milieu conjugal et le viol, mais elles hésitent à appliquer la même analyse à la prostitution, une institution patriarcale parmi les plus anciennes et qui équivaut aux religions en termes d’oppression des femmes. Une rhétorique ambiguë, qui fait appel à la liberté individuelle, s’élabore pour masquer la peur de se compromettre sur cette question au coeur de laquelle se situe la responsabilité de beaucoup d’hommes.

        Plus sérieux encore pour l’avenir des luttes féministes est la concurrence qui semble exister entre le combat contre le racisme et le combat contre le sexisme et la misogynie. Il semble qu’on se croie parfois obligé de choisir entre les deux. La misogynie et le sexisme traversent pourtant, et depuis toujours, toutes les cultures, toutes les religions, tous les systèmes de pensée et de droit, mais leurs attaques contre les femmes continuent d’être perçues - même par des femmes - comme moins importantes que le racisme, et les luttes pour les éliminer paraissent moins légitimes que celles qui visent l’élimination du racisme. Les femmes sont toujours prêtes au renoncement quand il s’agit de servir d’autres causes que la leur... Cette perception de la hiérarchie des luttes contre le racisme et le sexisme, ainsi qu’une estime de soi vacillante, jouent un rôle certain dans l’attitude non-interventionniste de la majorité des féministes québécoises et canadiennes face à l’extrémisme islamiste. Elles se croient obligées de démontrer ainsi leur rejet du racisme. (5)

        « Ainsi, plusieurs décennies après la refonte des droits de la personne provoquée par l’émancipation sociale des femmes, commente la chroniqueure Rosie DiManno, les féministes les plus aguerries et les plus combatives marchent sur des œufs et hésitent à lancer la pierre. Le dieu du multiculturalisme, réincarné en un avatar autorisant une interprétation radicale des impératifs religieux et culturels, transcende l’égalité des sexes. » (6)

        Pris entre le relativisme culturel, le néolibéralisme et les théories révisionnistes du postmodernisme, le féminisme québécois (majoritairement libéral) ne semble pas conscient de la gravité de la menace que représente l’extrémisme religieux pour les droits et l’égalité des femmes. Il semble renoncer à combattre le système patriarcal sur ce front. Avec, d’un côté, l’esclavage sexuel (prostitution et traite des femmes et des enfants) propulsé et banalisé par la mondialisation et, de l’autre, l’intégrisme religieux protégé par le relativisme, le patriarcat prend sa revanche sur le féminisme des dernières décennies... avec la complicité de féministes...

        Notes

        1. “Des musulmanes refusent d’enlever leur hijab pour un tournoi de tae kwon do“, Nouvelles musulmanes, décembre 2006.
        2. Rima Elkoury, , “Voile et viol“, La Presse, 17 décembre 2007.
        3. Daniel Baril, “Tolérer ne veut pas dire se taire“. Communication présentée au débat-conférence “Kirpan, kippa, voile : la tolérance, jusqu’où“, organisé par Tolérance.ca, le 20 mai 2004.
        4. “La mort d’Aqsa Parvez, attribuée à son père, est le résultat d’un choc culturel“, par Michele Mandel, Sisyphe, le 7 janvier 2008.
        5. Rosie DiManno, “Maintenir notre engagement envers toutes les Aqsa Parvez. Le fanatisme religieux est le pire des péchés“.
        6. Haideh Moghissi and Shahrzad Mojab, Of « Cultural » Crimes and Denials Aqsa Pervez, Znet, January 08, 2008

        Mis en ligne sur Sisyphe, le 3 mars 2008


        • armand armand 20 juillet 2009 09:19

          pasou,

          Je pense qu’on pourrait modérer ces propos tout en en conservant l’essentiel.
          La culture orientale, dans l’ensemble, s’accompagne d’une spatialisation différente, tournée vers l’intérieur. Ainsi la maison tourne le dos à la rue, simple voie de circulation souvent livrée aux immondices, et s’organise autour d’un patio ou jardin intérieur, que les gens de l’extérieur ne peuvent voir. En Inde on construisait les murs suffisamment hauts pour qu’on ne puisse surplomber, même à dos d’éléphant. A l’intérieur l’invité ne va pas plus loin que le quartier des ’hommes’ (mardana), et le quartier des femmes (zenana ou harem) reste interdit à tout ce qui n’est pas de la parantèle la plus proche.
          Cela explique, en bref, pourquoi la femme porte sa maison autour d’elle quand elle sort - il faut qu’elle soit invisible aux yeux de tout ce qui n’est pas sa famille.
          Bien entendu, ce modèle caractérise surtout les hautes classes urbaines - on se doute que la paysanne trimait toujours dans son champ.


        • pigripi pigripi 19 juillet 2009 13:06

          vendredi 21 décembre 2007


          Le marketing du voile islamique

          par Louise Mailloux, professeure de philosophie

          Dans son livre Que pense Allah de l’Europe ?, l’iranienne Chahdortt Djavann demande : « Pourquoi les nombrils dénudés, les strings, le piercing et pas le voile ? » Hein ? Après tout, notre ardent défenseur du multiculturalisme, le juriste Julius Grey, n’a-t-il pas déjà dit « qu’au Canada, les gens sont libres de s’habiller comme ils le veulent. Quelqu’un peut même s’habiller en clown, si ça lui chante, et circuler sur la rue, sans que cela ne dérange personne. » Réponse de Djavann : « Jusqu’à ce jour, aucun régime n’a obligé à coup de kalachnikov toutes les femmes d’un pays à sortir nombril dénudé en été comme en hiver. » Alors, si vous choisissez l’Iran comme destination vacances cet hiver, et que vous êtes une femme, on vous obligera à vous déguiser en clown dès votre descente d’avion. C’est pour vous dire comme le voile n’a rien d’une tuque !

          Dites, honnêtement, avez-vous déjà vu au Québec des manifestations pour ou contre le port de la tuque chez les femmes ? Et pourtant, le voile islamique, qu’on impose à des centaines de millions de femmes dans le monde, suscite partout de vives controverses, y compris dans le monde musulman lui-même. Depuis nombre de décennies, ce bout de tissu extraordinairement explosif enflamme hommes et femmes, qui, ma foi, sur cette question, semblent tout aussi islamophobes qu’un bon nombre de Québécois... Non, croyez-moi, notre tuque identitaire en pure laine d’habitants que nous sommes, n’est vraiment rien à côté de cela ! Faut croire que l’enjeu politique qui se cache sous ce voile n’a rien à voir avec une paire de bas de nylon.

          Voile 101

          Depuis l’Antiquité, on a toujours voilé les femmes, mais il n’y a que dans l’islam où cette pratique perdure encore. Pourquoi ? Pourquoi, par exemple, dans un régime totalitaire comme l’Iran ne peut-il exister de femmes non voilées ? Pourquoi les femmes chrétiennes et juives sont-elles obligées, elles aussi, de se voiler ? Et pourquoi les surveille-t-on, armé de kalachnikovs ? Pourquoi seules les femmes doivent-elles se voiler ? Et pourquoi voile-t-on aussi les fillettes de six et de sept ans ? Choix vestimentaire ? Élan de pudeur ? Expression d’une foi profonde ? Foutaises que tout cela. Les intégristes nous prennent pour des valises, des grosses à part ça.

          Que signifie ce fameux voile ? Que cache-t-il et que montre-t-il ? On sait que les religions ne font pas bon ménage avec les sciences mais elles ont tout de même compris quelque chose à la biologie ; la paternité est toujours douteuse, la maternité, jamais ! Donc, la seule façon pour un homme de s’assurer que son enfant est bien le sien, et non celui de son voisin, c’est de contrôler l’hymen de la femme. En termes politiques, cela s’appelle le patriarcat, où les mâles contrôlent la circulation des ovules. Le plus simple, me direz-vous, serait de les enfermer à double tour avec des chips, du coke et un jeu de Parchési, de la puberté jusqu’à la ménopause, dans un gynécée ou un harem, une espèce de centre pour femmes. Mais cela ferait un peu archaïque sans compter qu’aujourd’hui, il y a l’ONU, le Haut Commissariat aux Droits Humains et ses ONG, qui ont tous l’œil de maman Arbour...

          Alors, si on ne peut plus les enfermer dans du ciment, enfermons-les autrement ! Sous la tente ambulante qu’est la burqa ou en version plus décapotable comme le niqab, le tchador ou son plus “moderne“ cousin, le voile islamique. Rendons-les invisibles, anonymes, et détruisons en elles toute velléité d’avoir une vie à soi. Maintenant, mettez un peu de chair autour des ovules, et cela donne une femme, un “bien“ familial à contrôler pour garantir la filiation agnatique, parce qu’ici, les enfants n’appartiennent qu’aux mâles, et que la femme musulmane doit d’abord, et surtout, être une génitrice de petits musulmans. Même si elle fait un doctorat.

          Et pour bien s’assurer de cela, voici le programme islamique, pour femmes seulement : l’interdiction pour une femme musulmane d’épouser un non-musulman, sauf s’il se convertit à l’islam (ce qui n’est pas forcément bon pour l’intégration, mais enfin...). Une législation (la Charia) qui, en matière de mariage, de divorce, de garde d’enfant, de succession et d’adultère, est à l’extrême désavantage des femmes (voir Les Rapports arabes sur le développement humain des Nations Unies publiés en 2002-2003). Une morale sexuelle patriarcale exigeant la chasteté pré-maritale, sur laquelle repose l’honneur des hommes et le respect de leur communauté, d’où l’étroite surveillance des jeunes filles, leur isolement, la violence, les crimes d’honneurs, souvent impunis, pour rendre ces femmes invisibles à tout jamais, comme cette jeune ontarienne, Aqsa Parvez, qui, il y a quelques jours, est devenue soudainement invisible, à seize ans. Le mariage précoce et arrangé qui minimise les dangers d’hymens déchirés, soulage du fardeau de la surveillance et met à l’abri l’honneur des mâles. Une véritable aubaine ! L’exigence de fidélité durant le mariage alors que la polygamie est permise pour les hommes, et une condamnation plus sévère de l’adultère féminin. Et finalement, l’exigence de la non-mixité qui transpose l’espace religieux des mosquées dans la sphère publique, afin de limiter les contacts des femmes avec d’autres hommes. Pas terrible pour rêver de Roméo, et même de Juliette...

          Femmes infantilisées, humiliées, placées sous haute surveillance, subissant à chaque jour le marquage discriminatoire de leur sexe, sur la planète entière, là où les hommes du clan islamique délimitent leur territoire, justement par ce voile, qui est leur plus éclatant succès (rien qu’en Égypte, huit femmes sur dix le portent). Ce voile, qui ne diffère de la burqa qu’en degré, mais absolument pas en nature, et qui symbolise l’autorité du père, des frères, des oncles ou du mari, à toutes les fois qu’elles vont au dépanneur ou montent dans un autobus de l’Espace Public mixte. Rien à voir avec nos tuques !

          Et évidemment, pour que la sauce prenne, pour rendre l’aliénation moins grossière, couler le tout dans le béton de la Parole révélée, par Dieu lui-même, en personne. Y a pas meilleure recette que la religion pour faire de la politique. Vous en doutez ? Lisez bien ceci : « Les hommes sont supérieurs aux femmes à cause des qualités par lesquelles Dieu a élevé ceux-là au-dessus de celles-ci, et parce que les hommes emploient leurs biens pour doter les femmes. Les femmes vertueuses sont obéissantes et soumises ; elles conservent soigneusement pendant l’absence de leurs maris ce que Dieu a ordonné de conserver intact. Vous réprimanderez celles dont vous aurez à craindre l’inobéissance ; vous les reléguerez dans des lits à part, vous les battrez ; mais aussitôt qu’elles vous obéissent, ne leur cherchez point querelle. Dieu est élevé et grand. » Le Coran, sourate IV, verset 38. Et une dernière citation pour les femmes voilées ayant un doctorat : « Voici le Livre ! Il ne renferme aucun doute ; il est une Direction pour ceux qui craignent Dieu. » S. II, v.2. Relisez maintenant la sourate IV, verset 38.

          Alors, quand j’entends une militante politique du Forum musulman canadien dire « qu’il faut cesser de semer les amalgames en liant le hijab à la question de l’égalité des hommes et des femmes » et, dans un même souffle, Michèle Asselin, présidente de la Fédération des femmes du Québec, ajouter « que le port du voile ne contrevient pas nécessairement au principe de l’égalité hommes-femmes » (in Le Devoir du 11 déc.), vraiment là, c’est à vous écoeurer d’être féministe !

          Le port des signes religieux à l’école

          Pour que cette égalité hommes-femmes ne soit pas qu’un vœu pieux, il va falloir que nous soyons moins frileux, plus avisés et plus fermes avec les représentants de l’islam politique parce qu’il serait franchement odieux de brader en douce les droits des femmes pour acheter la paix sociale. En ce sens, je me réjouis et j’appuie la recommandation de la CSN et du Conseil du statut de la femme, faite à la Commission Bouchard-Taylor, exigeant la neutralité religieuse des agents de l’État dans les institutions publiques du gouvernement du Québec, mais je considère que celle-ci demeure insuffisante parce qu’elle laisse intacte l’épineuse question politique du port des signes religieux à l’école.

          Nous ne pouvons pas prétendre que l’égalité hommes-femmes soit une valeur qui nous est chère et, en même temps, abandonner des jeunes filles musulmanes de nos écoles primaires et secondaires publiques qui, parce qu’elles subissent des pressions familiales, doivent porter le voile islamique. Une pareille indifférence à leur sort serait de l’hypocrisie et de l’irresponsabilité de notre part. Pour préserver notre confort... Quant à l’argument voulant qu’interdire le voile ne fasse que nuire à l’intégration de ces jeunes Québécoises, je réponds que ce sont justement ces jeunes filles musulmanes, qui souhaitent vivre comme nous, qui sont le gage le plus sûr d’une intégration réussie, et que de permettre le port du voile à l’école sera un encouragement à porter le voile au Québec. Et cela va, fort probablement, se passer en français...

          Au nom du respect des droits de la personne, au nom du respect des droits des enfants, au nom de la protection des mineur-es, il faudrait que l’État interdise le port des signes religieux dans les écoles primaires et secondaires publiques du Québec.

          Mis en ligne sur Sisyphe, le 17 décembre 2007


          • pigripi pigripi 19 juillet 2009 13:18

            @Pasou

            La culture musulmanne place l’homme musulman au dessus de tout, c’est le patriarche qui controle jusqu’à la sexualité de ses filles (+ de 100 crimes d’honneur par les frères et pères en Angletterre l’année dernière).

            Les articles que je viens de mettre en ligne confirment vos propos.
            De plus, j’ajouterais qu’à partir de 8 ans, quand le garçon musulman est « initié » et circoncis, il devient intouchable et est élevé comme un roi. Il prend plus d’importance que sa propre mère qu’il est alors autorisé à surveiller, celle-ci ’ayant plus le droit de le critiquer et le gronder d’où l’incapacité de l’éduquer.
            Et il reporte cette conviction sur ses professeurs, en particulier sur les enseignantes dont ils ne respectent pas l’autorité.

            A ce conditionnement s’ajoute le principe : « les lois d’Allah sont supérieures à celles de la République ».

            Il en résulte que le garçon musulman ne respecte ni les femmes, ni la loi. Et comme on peut faire dire ce qu’on veut au Coran, il s’abrite des « textes » qui vont dans le sens de ses intérêts égoîstes, passionnels et indifférents au bien commun qui permet le vivre ensemble.


            • pigripi pigripi 19 juillet 2009 13:35

              DIEU n’est pas tout puissant !

              Trois femmes, dont deux enceintes et un ado noyés à Trouville.

              Ce triste fait divers illustre les conséquences du communautarisme qui conduit au grégarisme et à l’absence de respect des lois et règlements.

              70 personnes évangélistes, fortes de la présence divine sur leur groupe, se rendent au bord de la mer et, « naturellement » s’isolent pour rester entre soi.
              Sans respecter la réglementation sur les les baignades autorisées, elles se regroupent dans un endroit non surveillé et tranquille. Et pour cause, les baigneurs qui se renseignent savent que l’embouchure de la Touque à marée montante est une véritable souricière pour eux.
              C’est pour cela qu’il n’y a personne sur la place à cet endroit.

              Quel rapport avec la burqa ? Le fanatisme religieux qui obscurcit la pensée, y compris la sécurité individuelle.


              • Ali 19 juillet 2009 19:09

                coucou réveillez vous !! je suis musulman et je n’ai jamais vu de burqa en France malgré la médiatisation. Peut-être y a-t-il des réfugiés politiques afghans sur le territoire.

                toutefois, elle existe depuis toujours à la Réunion département français et n’a jamais attiré l’attention. Pourquoi ce brusque revirement ?

                je ne me fais pas de souci, la burqa à de beaux jours devant elle !! étant entendu que la burqa est le vétement grillagé


                • pigripi pigripi 20 juillet 2009 00:22

                  @Pasou

                  Et bien Ali, va te promener en région parisienne, et tu la verras, certes encore rare mais elle est portée. Et puis se multiplient les« petites burqa », c’est à dire le voile court et le voile long, dernier voile qui ne laisse voir que l’arrondi du visage : la burqa n’est pas loin dans ce dernier cas.

                  Burqa, Tchador, voile long, intégral ou court, ce n’est pas la dimension du tissu qui pose problème mais le fait qu’il ne concerne que les femmes, que c’est un signe « infemmant », discriminant, que c’est une atteinte à la dignité de celles qui le portent comme de celles qui ne le portent pas, qu’il est synonyme d’absence de droit et de liberté, qu’il exprime du mépris pour les femmes qui se sont battues pour se rapprocher de l’égalité homme/femme comme le stipule la Déclaration des droits de l’homme : « les hommes naissent libres et égaux en droits », que c’est de l’irrespect pour notre histoire et nos coutumes et qu’on n’en a rien à faire de la religion d’autrui, que c’est une affaire privée, intime qui ne doit pas s’afficher et être imposée, une atteinte à la liberté de conscience des laïcs, agnostiques et athées, et que le port du voile est associé à des comportements sectaires et communautaristes, etc.

                  Les femmes françaises ont connu l’obligation et la contrainte de se couvrir la tête avec le fichu, la mantille, le chapeau sans lesquels elles étaient considérées comme des « femmes de mauvaise vie ». On a assez donné à l’aliénation, nous nous en sommes débarassées et nous n’en voulons plus !


                  • Rounga Roungalashinga 20 juillet 2009 10:08

                    Les femmes françaises ont connu l’obligation et la contrainte de se couvrir la tête avec le fichu, la mantille, le chapeau sans lesquels elles étaient considérées comme des « femmes de mauvaise vie ».

                    Comme vous y allez ! Cette « obligation », cette « contrainte » s’appliquait également aux hommes. On évitait de sortir tête nue, ça faisait partie des conventions, mais ce n’était pas unilatéral.


                  • alcodu 20 juillet 2009 01:01

                    Et la déclaration des Droits de l’Homme ajoute :
                    La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui
                    et aussi :
                    Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses

                    Mais vous êtes aussi intransigeant et intolérant que ceux qui obligeaient les femmes à se couvrir. Vous voulez maintenant obliger tout le monde à se découvrir . Vous ajoutez d’ailleurs : on n’en a rien à faire de la religion d’autrui. Voila qui a le mérite d’être clair.

                    Les femmes françaises se sont débarrassées du fichu, de la mantille, du chapeau sans lesquels elles étaient considérées comme des « femmes de mauvaise vie » sans le moindre recours à une interdiction de ces attributs.
                    Elle ont gagné leur liberté justement parce qu’elles peuvent indifféremment porter ou ne pas porter ces tenues.


                    • HELIOS HELIOS 20 juillet 2009 01:58


                      ----- Elle ont gagné leur liberté justement parce qu’elles peuvent indifféremment porter ou ne pas porter ces tenues. -----

                      Elle n’ont rien gagné, c’est la pression sociale qui a disparu. la religion a perdu son emprise, la frequentation des eglises a baissé et les codes qui vont avec se sont effacés devant la praticité de la vie de tous les jours.

                      Nous sommes en France, la société n’impose rien à la femme, si ce n’est d’etre civilisée. Si les musulmanes mettent, volontairement ou pas un quelconque voile, c’est par pression de la famille, de la religion, de la culture... c’est justement de ces contraintes que nous voulons les liberer... car nous sommes dans un pays d’essence judeo chretienne, plus chretienne d’ailleurs que judeo.... mais peu importe.... et justement ici, les individus assument leur liberté et leur autonomie sans distinction de sexe.

                      Alors, comme je suppose que les nouveaux arrivants, de confession musulmane sont la pour s’integrer a notre communauté, il faut qu’ils fassent ce petit effort...


                    • armand armand 20 juillet 2009 09:06

                      alcodu,

                      Réduire un phénomène à sa seule énonciation - la liberté ou non de porter tel ou tel vêtement, fût-il une housse opaque- c’est passer à côté de l’essentiel.
                      La burqa n’est pas un vêtement anodin dès lors qu’elle est imposée, sous peine de sévices dans tel ou tel partie du monde. Et dès lors que les sectaires qui entendent l’arborer en France se voient comme les auxiliaires de ces mouvements mertriers et oppresseurs. Aussi, dans l’oeil du passant cette tenue peut sembler une intolérable provocation. Ou alors vous n’avez qu’à militer pour le droit de porter un uniforme SS


                    • alcodu 20 juillet 2009 12:54

                      @ Armand

                      Vous avez bien raison de rappeler que la Burqa n’est pas un vêtement anodin. Il s’agit bien évidemment dans le cas général d’une provocation et d’une forme d’agressivité à l’égard de nos sociétés tolérantes et ouvertes.
                      Une (mauvaise) question qui se pose c’est : son interdiction va t-elle être efficace ? Je crois que non et que cela va clairement renforcer les salafistes partout dans le monde. Tous les extrémistes vont s’emparer de ça pour stigmatiser la France qui prône la liberté mais qui ne l’applique pas. C’est un point de vue utilitariste peu pertinent sur le plan ethique mais il faut le prendre en compte.

                      La bonne question c’est : est-ce qu’on combat une idéologie, si détestable soit-elle, en interdisant une tenue ? Si les salafistes sont une religion qui applique la violence et la privation de liberté forcée pour les femmes alors il faut appliquer la loi et condamner les salafistes. Un point c’est tout.
                      En réalité c’est parce que le pouvoir est incapable d’appliquer la loi aux religions qu’il utilise des moyens détournés pour essayer d’arriver à ses fins. Ce faisant il n’hésite pas à bafouer les Droits de l’Homme et à restreindre la liberté.
                      C’est le salafisme le problème, certainement pas le voile intégral.

                      Je revendique haut et fort le Droit pour tout homme ou femme de sortir intégralement couvert, que ce soit avec un voile, une voilette, une cagoule, un casque intégral ou des lunettes de soleil. L’Etat n’a pas à m’obliger à découvrir mon visage parce qu’une bande de fanatiques utilise ça comme accoutrement.

                      Faites tous attention ! la société totalitaire, automatiquement induite par un Etat dirigiste trop puissant, est en train de s’installer petit à petit.


                    • armand armand 20 juillet 2009 15:07

                      alcodu,

                      C’est pour cela que je suis plus modéré que certains. Un signe d’appartenance dans le sens le plus large est pour moi acceptable - je n’ai rien contre le foulard qui peut d’ailleurs rimer avec coquetterie, comme nos grands-mères qui portaient chapeau et voilettes. La burqa c’est la concrétisation de cette exclusion des femmes de la société quotidienne. C’est littéralement porter les murs de sa maison autour de soi.

                      Alors je reconnais que les attaques contre la burqa ont semble-t-il mis le feu aux poudres chez des musulmans même modérés. Mais n cela ce sont eux qui sont c...ns parce qu’ils se ruent à la défense de leurs principaux oppresseurs. Maintenant, ce serait peut-être le moyen brutal mais tranché pour faire le point sur les allégeances.


                    • Polemikvictor Polemikvictor 20 juillet 2009 09:39

                      S’integrer demande un minimum de contact sociaux, pour cela etre identifiable par ses proches : voisins, commerçants est un minimum

                      Plutot que la Burqua et par respect pour les peuples premiers je vais prendre le métro avec uniquement d’un étui penien et une sagaie, je compte sur le soutien de tous les partisants de la Burqua afin qu’il défendent ma liberté.

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alcodu

Je suis libéral avec une sensibilité et des préoccupations de gauche. J’ai été élu pendant un an au Conseil National du parti Alternative Libérale sur la liste : gauche libérale. J’ai été candidat aux élections européennes en Ile de France. J’anime depuis 2003 la Gauche Libérale, association qui vise à faire renaître une véritable pensée de gauche, c’est à dire basée (...)


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