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Accueil du site > Actualités > Religions > La Commission canadienne des droits de la personne absout l’imam (...)

La Commission canadienne des droits de la personne absout l’imam Al-Hayiti accusé de propos injurieux

Selon le Centre culturel islamique de Québec (CCIQ), la communauté musulmane est présente dans la ville de Québec depuis 1962 ; elle est diversifiée de par les cultures et les traditions provenant de nombreux pays. On y parle plus de 10 langues, y compris le français, langue commune d’échange parlée et écrite, qui est même utilisée dans le prêche canonique de la prière collective du vendredi.

Dans un mémoire qu’il présentait à la Commission Bouchard-Taylor, en 2007, le CCIQ déplorait le fait que les femmes musulmanes font face à de grandes difficultés dans la recherche d’emploi notamment au Québec et particulièrement dans la ville et la région de Québec. Le taux de chômage des femmes portant le foulard est impressionnant et ce malgré leurs compétences reconnues et leur niveau d’éducation élevé. Cela a beaucoup de conséquences néfastes autant pour la société que pour ces femmes.

Le CCIQ constatait également, entre autres récriminations, que les médias avaient tendance à susciter des irritants au sein de la société québécoise. En effet, le CCIQ remarque que les médias présentent des cas précis d’accommodements raisonnables, entre personnes ou des arrangements entre des groupes, comme étant des exemples de menaces aux valeurs québécoises et à l’équilibre de la société.

Fort d’une tradition de tolérance du Québec, le CCIQ poussait plus loin ses réflexions sur le comportement que devait adopter la population à l’égard des autres religions : « La laïcité est un terme qui reste à définir. À cet effet, il suffit de comparer l’application de la laïcité en France et aux États-Unis, pour ne nommer que ces deux pays, pour comprendre la grande différence dans les champs d’action de la laïcité. Le modèle québécois incarne une laïcité respectueuse des religions, et non pas une laïcité anti-religieuse qui devient un nouveau dogme en permanente confrontation avec les religions existant au Québec, et plus particulièrement celles qui ne font pas partie du patrimoine chrétien catholique de la Province. [...] Les musulmanes et les musulmans habités par leur foi offrent des exemples très pertinents sur l’indissociable expression de foi aussi bien dans la sphère privée que dans le domaine public ».

Abou Hammaad Sulaiman Dameus Al-Hayiti se présente comme un imam salafiste. L’an dernier, il a été congédié de la mosquée Dar al-Arqam de Montréal. Cet imam controversé a publié un ouvrage non moins controversé - L’Islam ou l’intégrisme - disponible sur internet. Il expose dans cet opus sa vision de l’Islam dont voici que quelques extraits significatifs :

· Les homosexuels « sèment le désordre sur la terre »

· Les homosexuels et les lesbiennes méritent d’être « anéantis dans cette vie »

· « Le fait d’envoyer nos enfants, garçons ou filles, à l’école avec les mécréants dans leurs écoles a des effets dévastateurs sur leurs croyances, leurs comportements et leurs caractères. Car les enfants des mécréants sont les enfants les plus pervers qui soient et ils adoptent très tôt le comportement de leurs parents »

· « Et le fait de fréquenter des mécréants risque de créer dans le cœur de nos enfants, de l’amitié pour eux, ce qui représente une contradiction des fondements de l’Islam. Car l’Islam interdit de prendre même les plus proches parents comme amis s’ils sont des mécréants »

· « L’homme est supérieur et meilleur que la femme ». En général, « l’homme est plus complet dans son intellect et dans sa mémoire que la femme »

· « Les mécréants le reconnaissent aussi, mais ils ne veulent pas accepter la vérité parce qu’ils sont aveuglés par leurs passions  »

· « Les conséquences de l’impudeur sont « les viols, les maladies vénériennes, le Sida, l’herpès, les familles monoparentales, la délinquance, la pauvreté, l’ignorance et tant d’autres »,

· « Si une musulmane est mariée à un non-musulman ... leur mariage est invalide, elle est en réalité dans l’adultère »

· « C’est à cause de cette religion de mensonge [le christianisme], qui va contre la nature humaine, que l’Occident est aujourd’hui noyé dans la perversité, dans la corruption et l’adultère  »

· « La démocratie est un système qui s’oppose totalement à l’Islam »

Pour ceux ou celles qui souhaitent lire l’ouvrage dans son entier, voici l’adresse du lien.

Né à Montréal, M. Al-Hayiti prêche essentiellement dans le cyberespace, où il met en ligne ses écrits en français et des fichiers sonores numériques de ses sermons en français et en arabe. Point de BASCULE Canada se veut un regroupement de citoyens et citoyennes qui cherchent à exprimer leur attachement aux droits de la personne et à la liberté d’expression. Il entend se consacrer à l’examen de ce qu’il estime être les dérives de l’islamisme. Le 11 avril 2008, Marc Lebuis, son éditeur, dépose une plainte pour « propagande haineuse » devant la Commission canadienne des droits de la personne contre l’imam salafiste montréalais. Selon l’éditeur, « les écrits de l’imam sont suprématistes, haineux et méprisants envers les personnes faisant partie des groupes suivants : les homosexuels, les mécréants (les non musulmans), les femmes, les Juifs, les Québécois (comme groupe ethnique et minorité nationale) ».

L’imam Al-Hayiti fait parvenir à la Commission canadienne des droits de la personne une lettre demandant le rejet de la plainte de l’éditeur de Point de BASCULE Canada. L’Imam explique la publication de son ouvrage, objet de la plainte, en ces termes (orthographe non retouché) : « Je me suis converti à l’Islam il y a de cela 18 ans maintenant. Depuis ce temps, il n’y a pas eu un jour où on ne s’est pas attaquer à l’Islam dans les médias. On appel ouvertement à la haine de la Shari’ah et des musulmans « intégristes » « au nom de la liberté et ont fait même des amalgames entre terrorisme et Islam ! C’est donc pour cette raison que j’ai écrit, l’Islam ou l’Intégrisme. C’est une réponse pacifiste à toutes ces attaques contre ma religion qui est l’Islam orthodoxe ! Je dis pacifiste, parce que même si le ton du livre est dur, il ouvre la porte à un vrai dialogue ».

La Commission canadienne des droits de la personne (CCDP) a rejeté la plainte déposée en vertu de l’article 13 sur la propagande haineuse par monsieur Marc Lebuis. Dans une lettre envoyée au plaignant, la commission affirme que : « « ...la majorité des références dont il est question dans L’islam ou l’intégrisme concernent les « infidèles », les « mécréants » ou « les femmes de l’Occident ». Il s’agit de catégories de personnes très générales et diversifiées qui ne constituent pas un « groupe identifiable » tel que décrit à l’article 13. Comme nous l’avons également mentionné, les passages qui identifient les groupes en fonction d’un motif de distinction illicite (homosexuels, lesbiennes, chrétiens, Juifs et femmes non musulmanes) ne semblent pas promouvoir la « haine » ni le « mépris » comme il est mentionné dans l’affaire Taylor. C’est pourquoi le document dont il est question ne semble pas répondre aux critères relatifs au dépôt d’une plainte en vertu du paragraphe 13(1) de la LCDP ».

L’article 13 de Loi canadienne sur les droits de la personne (L.R., 1985, ch. H-6) se lit comme suit : « Constitue un acte discriminatoire le fait, pour une personne ou un groupe de personnes agissant d’un commun accord, d’utiliser ou de faire utiliser un téléphone de façon répétée en recourant ou en faisant recourir aux services d’une entreprise de télécommunication relevant de la compétence du Parlement pour aborder ou faire aborder des questions susceptibles d’exposer à la haine ou au mépris des personnes appartenant à un groupe identifiable sur la base des critères énoncés à l’article 3 ». Ces critères de l’article 3 sont : « [...] ceux qui sont fondés sur la race, l’origine nationale ou ethnique, la couleur, la religion, l’âge, le sexe, l’orientation sexuelle, l’état matrimonial, la situation de famille, l’état de personne graciée ou la déficience ».

Monsieur Al-Hayiti a commenté la décision du Tribunal en disant que « ce verdict vient confirmer ce que j’ai écrit au sujet des droits de l’homme. Je dis et je répète : la Shari’ah d’Allah est supérieure à toutes les chartes et à toutes les lois parce qu’elle est parfaite ».

Mario Roy, du quotidien La Presse, de Montréal, note en éditorial  : « Pas de groupes identifiables ni de haine ni de mépris, donc, lorsque l’imam parle des homosexuels et des lesbiennes, appelant Allah pour qu’il « les maudisse et les anéantisse dans cette vie et dans l’autre » (page 181). Ou des juifs qui « ne recherchent que les intérêts matériaux et l’argent, à part cela ils n’ont rien » (page 284). Ou des « femmes mécréantes qui ont été séduites par le discours enfantin, naïf et simpliste du féminisme » (page 161). Ou des « enfants des mécréants qui sont les enfants les plus pervers qui soient » (page 156). Il est difficile de prendre connaissance de cette prose sans pouffer de rire - exactement comme dans le cas du suprémaciste blanc. Seulement, on se demande de quel œil la CCDP l’aurait lue si elle avait été signée John Smith ou Joseph Tremblay ».

Marc Lebuis, le plaignant, est excédé par cette décision. Il en tire trois conclusions :

· Si vous faites partie d’une minorité, vous pouvez en toute impunité tenir un discours haineux et méprisant envers la majorité ou envers d’autres minorités. Les normes de tolérance, de respect et de civilité applicables à la majorité ne s’appliquent pas à vous. L’égalité en droit, selon la CCDP, n’existe donc plus.

· Si vous faites partie d’une minorité religieuse, vous pouvez en toute impunité propager une idéologie suprématiste et prôner l’extermination d’autres minorités, et même de la majorité, si c’est la doctrine de votre religion.

· Si vous faites partie de la majorité, et que vous critiquez l’idéologie suprématiste, totalitaire, antidémocratique, séditieuse et liberticide d’une minorité, vous risquez d’être poursuivi.

Il convient de noter, en conclusion, que la Commission canadienne des droits de la personne (CCDP) avait, à la suite d’une plainte du Congrès islamique canadien, condamné un magazine canadien, MacClean’s, pour avoir publié un texte, en octobre 2006, « L’avenir appartient à l’islam », de Mark Steyn, affirmant que, dans quelques années, il y aura plus de musulmans que de chrétiens en Occident.

Et si un commentateur francophone de Montréal tenait ces propos de Pat Condell, quelle décision en tirerait la Commission canadienne des droits de la personne (CCDP) ?

 Pierre R. Chantelois




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82 réactions à cet article    


  • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 19 décembre 2008 11:53

     Où cette commission des droits de la personne place-t-elle le curseur permettant de déterminer à partir de quel moment les propos de cet imam salafiste peuvent être considérés comme des appels à la haine ? Ne sait-on plus lire outre-Atlantique ? On est loin de ceux qu’a pu prononcer un Vanneste à l’encontre des homosexuels, où se préserve la liberté d’expression individuelle garantie par nos lois. On est loin aussi, il me semble, de ceux exprimés par l’Eglise catholique relativement à l’avortement, etc., au sens où - puisqu’il faut bien entendre (cf. l’article de JC Moreau à ce sujet) que la laïcité n’exige pas que les croyants, quelle que soit leur confession ou leur absence de foi, renient publiquement leurs convictions intimes. JC Moreau rappelle également que la décision de la Cour de cassation de casser les jugements antérieurs s’est notamment appuyée sur le fait que la critique de Vanneste portait sur une question sociale, et non sur la qualité intrinsèque des personnes. On en est loin ici au sens où - allons jusqu’à mettre de côté la radicalité des propos - ces écrits encouragent le repli identitaire et le mépris absolu de ce que la commission ne considère pas comme des groupes identifiables, soit "les femmes occidentales", "les Juifs" et "les homosexuels".


    • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 19 décembre 2008 11:55

       Pierre, horrifiée par les propos de ce salafiste, j’en ai oublié de vous saluer. Merci pour cet article.


    • Pierre R. Chantelois Pierre R. Chantelois 19 décembre 2008 18:45

      Cosmic

      Puis-je vous recommander ce coup de gueule profondément lucide de Micheline Carrier qui écrit notamment : « Assez de cet aplaventrisme que l’on retrouve aussi chez des groupes dits féministes (la Fédération des femmes du Québec, notamment), chez des chercheuses dites féministes (Christine Delphy, entre autres), chez des activistes supposément pro-féministes qui se répandent dans Internet en traitant les autres de racistes à tout bout de champ (Martin Dufresne, par exemple). Assez de cet aplaventrisme qu’on retrouve jusqu’au sein d’organismes comme la Commission des droits de la personne et de la jeunesse du Québec, la Commission canadienne des droits de la personne et l’ONU ».

      Et relativement à la décision de la CCDP, Micheline Carrier écrit : « Selon la loi et la jurisprudence au Canada, ajoute la Commission, le terme « haine » fait référence à « une malice extrême, une émotion qui n’admet chez la personne visée aucune qualité qui rachète ses défauts ». Le terme « mépris » est tout aussi extrême, et il comprend « les circonstances où une personne est regardée de haut et ses sentiments sont amoindris, dénigrés, non respectés ou défavorisés ».

      Pierre R.


    • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 19 décembre 2008 20:04

      J’ai lu ce coup de gueule, Pierre. Et j’ai suivi sur UN Watch les réunions pour Durban 2 smiley
      Le problème avec l’argument de cet imam, c’est qu’il est suffisamment intelligent, semble-t-il, pour extraire du Coran et de la Sunna mêmes les termes qu’il emploie lors de ses imprécations. Ce en quoi l’argument de Micheline Carrier est invalide lorsqu’elle en propose un pastiche : il devient alors aisé de se réfugier derrière la tradition religieuse.


    • Pierre R. Chantelois Pierre R. Chantelois 19 décembre 2008 20:08

      Cosmic

      Je n’ai pas vu ce pastiche comme étant une parodie inutile. Parfois une image vaut mille mots. J’avais bien réagi à cet article. smiley

      Pierre R.


    • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 19 décembre 2008 21:26

       Il n’est pas inutile, et en général j’adore ça : qu’est le pastiche sinon une forme d’ironie au long cours ? Ce que je crains, c’est que, citant les textes sacrés, il ne soit, au plan juridique, inattaquable. Tandis que ce pastiche l’est, puisqu’il ne se fonde pas sur ce qui fait précisément la force de l’entrisme islamique à l’ONU et de ses victoires successives : ce fameux "respect des religions et particulièrement l’islam" qui en interdit toute critique, donc, par suite logique, toute utilisation dans le texte quel qu’en soit la visée et l’usage.


    • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 19 décembre 2008 21:29

      Correction, désolée : "donc, par suite logique, toute critique de son utilisation dans le texte quels qu’en soient les visées et l’usage" smiley


    • Pierre R. Chantelois Pierre R. Chantelois 19 décembre 2008 21:42

      Cosmic

      Merci de ces précisions.

      Pierre R.


    • Dr. Larsen Dr. Larsen Bootygood 92 (Hauts de Seine) 19 décembre 2008 12:00

      Un sondage du mardi 11 mars denier publié par La Libre Belgique, la RTBF et l’Université catholique de Louvain révèle mardi que, dans la Belgique non wallonne, si 12% des personnes interrogées se disent musulmanes, un tiers de la population de Bruxelles est déjà musulmane et deviendra majoritaire entre 15 et 20 ans.

      Cette évolution démographique résulte d’une part du nombre des familles nombreuses conforme à cette culture et, d’autre part par suite de la jeunesse de la population musulmane.

      Il faut rappeler que la culture islamique est centrée sur l’esprit communautaire, la "oumma", fondement du monde musulman avec, en corollaire une certaine différenciation avec les non-musulmans. Olivier Servais, sociologue et anthropologue des religions à l’UCL, souligne à l’agence Reuters que "l’intensité" de la pratique religieuse est "presque identitaire chez eux". De plus, le taux de chômage très élevé - plus de 20% de la population active à Bruxelles - développe d’autant plus le repli identitaire.

      Il est probable que des partis communautaristes se présentent aux élections : "Il y aura peut-être une revendication claire d’islam", a-t-il poursuivi dans cet entretien téléphonique, et "je n’exclus pas des explosions liées à des explosions sociales. Pour l’instant, la situation n’est pourtant pas comparable avec celle qui prévaut en France, où des émeutes agitent régulièrement les banlieues à forte population musulmane."

      La Belgique a du mal à institutionnaliser le phénomène musulman communautaire qui ne s’inscrit pas dans la logique institutionnelle européenne et laïque comme le démontre l’échec de l’exécutif des musulmans de Belgique. "Les formes institutionnelles qu’on a projetées sur l’islam sont purement occidentales"

      En conséquence, des "groupes radicaux" pourraient à l’avenir en profiter pour présenter des listes islamistes qui pourraient rassembler 25% des voix aux élections locales.

      Il est clair que la Belgique change profondément et est bouleversée par une nouvelle distribution démographique : les Flamands envisagent de plus en plus l’indépendance, Bruxelles, capitale de l’Europe et de ses nombreuses institutions, devient de plus en plus cosmopolite et moins francophone, avec l’élargissement de l’Europe à 27 pays et les liens avec les Russes, qui, continentalement, sont impliqués dans l’Europe élargie.

      Il faut rappeler qu’en France, nombre de villes dépassent plus de 30% d’habitants musulmans. Le phénomène s’étend à l’Espagne, à l’Allemagne et à l’Italie, par suite de l’énorme dénatalité et du besoin de main d’ oeuvre immigrée.

      Selon certains analystes américain, qui se sont penchés sur le sujet de l’ immigration et de l’ integration des non-européens en Europe, environ 25-30% de la population française n’ est pas blanche.

      Aujourd’ hui, un petit français sur trois a au moins un parent qui n’ est pas européen.

      Mitterand a déclaré que lorsque les minorités visibles depasseront le seuil des 10% de la population totale, ils ne seront plus integrables.

      Le cas de la France est egalement unique en son genre car il est le seul pays occidental non-anglo saxon a connaitre un flux d’ immigrés continu et massif depuis 40 ans maintenant.

      La question actuelle, primordiale, n’ est plus l’ integration des etrangers mais la transformation et le passage sans trop de drames d’ une société jadis homogène à une société clairement multiculturelle composée de plusieurs entités ayant chacunes des references et des interets differents.

      Ce sont des universitaires américains qui disent ça mais il ne faut sans doute pas trop les écouter, ils sont américains donc idiots par nature, pas comme nous, les français.

      Nous sommes les meilleurs du monde et nous avons toujours raison, c’ est bien connu !

       smiley


      • mcm 19 décembre 2008 12:11

        @Pierre R.

        Finalement cet imam Abou Hammaad Sulaiman Dameus Al-Hayiti a au moins le mérite d’être franc, ce qui le rend moins dangereux que ceux qui appliquent la tékia, aussi, je suis heureux de voir cet imam décrire un islam en tout point concordant avec celui qu’on a tenté de m’inculquer et que j’ai décrit sur AV.

        L’islam, c’est exactement ce que cet imam décrit, chacune de ces affirmations est authentiquement coranique, ce qui veut dire qu’un musulman modéré est forcément en contradiction avec les préceptes de base de sa religion.

        Que cette religion dont la caractéristique la plus marquée et l’intolérance, réclame son droit d’exister au nom de la tolérance, c’est déjà incroyable, mais qu’en plus ce discours fallacieux soit encouragé par nos institutions est encore plus incroyable.


        • Gazi BORAT 19 décembre 2008 16:09

           "L’islam, c’est exactement ce que cet imam décrit, chacune de ces affirmations est authentiquement coranique."



          Et voilà !

          Encore un islamologue, expert en exégèse !

          Que ne sont-ils nombreux sur ce site... Plus nombreux encore que sur Salafiya.com !

          gAZi bORat


        • Paradisial Paradisial 21 décembre 2008 12:26

          Au lieu de donner à mcm quelconque raison, veuillez méditer plus bas mon essai titré :

          Islamophobes et Intégristes = Deux Complices.


        • Serpico Serpico 19 décembre 2008 12:13

          Cet Imam devrait être en prison. C’est une commission d’abrutis ou quoi ?


          • mike57 19 décembre 2008 12:54

            La CCDP avait le choix d’ouvrir la porte aux plaintes contre l’intolérance et le suprématisme islamiques ou de se discréditer auprès du public, elle a choisi de se discréditer ce qui en soi est une excellente chose. Peut-on dire que la réponse de la commission était prévisible ? Sans doute, la plainte de Marc Lebuis l’agaçait dans la mesure où elle l’obligeait à enquêter sur un musulman, c’est à dire sur une personne appartenant à un groupe jouissant d’une immunité de fait. Notre bon vieux Jean de Lafontaine a dit dans une de ses fables :

            Selon que vous serez puissant ou misérable,

            les jugements de cour vous feront blanc ou noir !

            En nous inspirant de cette citation nous pouvons à notre tour affirmer :

            Selon que vous serez musulman ou mécréant,

            La CCDP vous fera blanc ou noir !

            Bien sûr cela n’empêchera pas les membres de la commission de se draper dans leur supériorité morale, l’islamiste violent est une victime qu’il faut protéger même quand il tient ouvertement un discours haineux à l’égard des non-musulmans, son statut de victime perpétuelle le place dans une catégorie à part celle des "ayant-tous-les-droits-et-pour-qui-tout-est-permis".

            Dans les faits la CCDP, sans le savoir, institue la charia en terre canadienne. Elle se trouve à consacrer la fondamentale inégalité entre musulmans et citoyens de seconde zone, les dhimmis. Les islamistes ne pouvaient rêver d’une conquête plus facile !
             


            • Pierre R. Chantelois Pierre R. Chantelois 19 décembre 2008 13:30

              À toutes et à tous

              Merci de vos commentaires.

              La présidente de la Commission canadienne des droits de la personne, Jennifer Lynch, a mandaté le professeur Richard Moon, éminent spécialiste en droit constitutionnel, pour examiner l’article 13 de la Loi en vertu de laquelle la CCDP s’était vue refusé d’enquêter sur les propos de l’imam salafiste Al-Hayiti. Le professeur Moon a remis son rapport que vous pouvez consulter en ligne. Le professeur recommande d’abroger l’article 13 de la Loi canadienne sur les droits de la personne (LCDP), de sorte que la Commission canadienne des droits de la personne (CCDP) et le Tribunal canadien des droits de la personne (TCDP) n’aient plus à traiter de propagande haineuse, notamment celle qui se trouve sur Internet. La propagande haineuse doit toutefois continuer d’être interdite en vertu du Code criminel, mais cette interdiction doit se limiter aux formes d’expression qui préconisent ou justifient la violence, ou qui contiennent des menaces de violence. Dans leur lutte contre les propos haineux sur Internet, la police et les poursuivants doivent recourir davantage à l’article 320.1 du Code criminel, qui confère au juge le pouvoir d’ordonner à un fournisseur d’accès Internet de retirer la « propagande haineuse » de son système.

              Selon le professeur Moon, chaque province devrait mettre sur pied une équipe « antre-haine » composée de policiers et de procureurs expérimentés pour s’occuper des enquêtes et des poursuites relatives aux crimes haineux, y compris la propagande haineuse, en appliquant le Code criminel.

              Pierre R.


              • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 19 décembre 2008 14:58

                 Léon

                Ce n’est pas d’une pratique religieuse qui, par on ne sait quel mécanisme, contreviendrait dangereusement à l’ordre laïc qu’il est question ici. Mais d’appels prosélytes à la haine, ce qui est tout différent. La question se pose en fait non seulement pour cet imam salafiste, mais pour l’ensemble de propos dont la violence est évidemment répréhensible lorsqu’elle s’exerce en dehors de la sphère privée. Les appels à la haine des extrémistes musulmans utilisant Internet pour propager leur idéologie mortifère n’ont rien à voir avec de quelconques considérations sur la laïcité que vous confondez toujours avec l’athéisme.


              • San Kukai San Kukai 19 décembre 2008 15:15

                La lecture des propos de Pierre (merci pour cet article) permet de distinguer les différences et ressemblances sur la laïcité entre la France et le Canada. Nous avons en France la Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité), dont les conseils et prérogatives font grincer de nombreuses dents chez les promoteurs de la laïcité.

                Quant à la haine propagée par les intégristes de tout poil (dont certains athées obtus) elle ne sera éradiquée que le jour où le pastafarisme sera devenue religion mondiale officielle.


              • Pierre R. Chantelois Pierre R. Chantelois 19 décembre 2008 15:51

                Léon

                Question difficile qui ne passe que par une argumentation juridique. Hélas ! Les membres de cette Commission sont nommés par le gouvernement. Il me semble que, dans le cas qui nous préoccupe, ils ont eu le réflexe, pour éviter un débat politique, de se réfugier derrière une interprétation tatillonne de l’article 13. La réaction de la présidente en est une démonstration flagrante. Face au tollé déclenché par la décision de la CCDP, elle n’a eu d’autre choix que de demander une interprétation élargie sur les effets de cet article. La présidente sait également qu’au Québec, une Commission présidée par Bouchard et Taylor avait bouleversé complètement la population lorsqu’elle fut mise devant le fait qu’elle pouvait être, en majorité, raciste en raison de ses réactions face à des accomodements dits raisonnables en faveur d’autres minorités religieuses. Et cela ne touchait pas seulement l’Islam mais également la communauté juive qui vivait en vase clos. Ce que les Québécois n’osaient dire à haute voix était maintenant l’objet d’un débat public.

                Autant dans le reste du Canada qu’au Québec, il existe une frilosité face aux groupes minoritaires. Tout se passe comme s’il en dépendait de la réputation d’hospitalité du Canada ou du Québec. Il existe un profond malaise, que la population québécoise découvre progressivement, lorsqu’il est question des privilèges accordés aux groupes minoritaires religieux. Chaque groupe voudrait avoir son système d’éducation propre, recevoir un financement de l’État pour son réseau scolaire propre, se distinguer des réseaux publics d’enseignement.

                Au Québec, l’enseignement scolaire dépendant de deux grands groupes religieux : catholiques et protestants. Les enfants juifs n’étaient pas admis dans les écoles publiques. Les parents se sont regroupés et ont fondé leur réseau scolaire. J’en veux pour démonstration le fait que le calendrier des jours fériés de l’école publique ne correspondait et ne correspond toujours pas à celui des fêtes religieuses juives qui est particulièrement contraignant. Une des conséquences de ce rejet : le réseau scolaire juif s’est rapproché des écoles protestantes anglophones et s’est éloigné des écoles catholiques francophones. L’ex-premier ministre René Lévesque avait tenté un rapprochement entre la communauté catholique et juive pour que cette dernière joigne les rangs de la Commission des écoles catholiques. Ce fut un échec. Aujourd’hui, une très grande partie de la communauté juive de Montréal est anglophone.

                Les écoles religieuses, cependant, doivent respecter un certain nombre d’obligations : application des programmes, contrôles pédagogiques et financiers notamment.

                Selon Statistiques Canada, plus de 108 600 musulmans vivent au Québec, soit plus du double du nombre observé il y a dix ans. Depuis quelques années, la communauté musulmane a également revendiqué ce droit à un réseau d’écoles. Leurs griefs étaient simples et limpides. Les problèmes de l’école publique sont en effet multiples, et ne peuvent que faire peur à des parents soucieux de donner une éducation saine à leurs enfants. Or, plusieurs études et enquêtes menées récemment sur la réalité des écoles publiques du Québec ont révélé que celles-ci souffrent de plusieurs maux, dont la violence entre jeunes enfants, la consommation d’alcool et de drogue enregistrant des taux de plus en plus alarmants, le décrochage scolaire, l’indiscipline, une sexualité plutôt libertaire. Les musulmans québécois se disent victimes de préjugés. Les accomodements raisonnables exigés par cette communauté ont profondément bousculé la population du Québec. Le gouvernement a dû mettre en place une commission d’enquête sur l’étendue de cette discrimination à l’égard des groupes minoritaires de confessionnalité autre que catholique ou protestante. Le Canada a adopté une charte canadienne des droits et les provinces ont également leur charte des droits. Les groupes religieux ont trouvé dans ces chartes un terreau fertile pour leurs revendications en propre.

                Le rapporteur spécial des Nations unies sur le racisme constatait que « dans le contexte actuel, l’islamophobie représente la forme la plus courante de discrimination religieuse ».

                Les Commissions sont débordées. D’une part, les groupes minoritaires se plaignent de discrimination. D’autre part, la majorité catholique ou protestante se plaint des enseignements avec lesquels elle est peu familière et dont elle découvre un certain extrémisme. Deux exemples qui ont horrifié la population québécoise : la communauté juive a exigé d’un établissement de conditionnement physique qu’elle installe des fenêtres opaques afin d’éviter que les élèves d’une école ne voient les dames en tenue de jogging. Et de l’autre côté, des médecins ont été menacés en demandant aux époux de quitter leur cabinet lorsqu’ils recevaient les épouses pour des examens médicaux. La communauté musulmane a également demandé que des heures soient allouées, dans certaines piscines intérieures, aux femmes musulmanes et que les hommes soient exclus de ces plages horaire. Dans les établissements d’enseignement, la communauté musulmane a, exceptionnellement, demandé des locaux pour la prière alors qu’il existe une rareté de locaux pour l’enseignement en lui-même.

                Il est évident que les Commissions qui doivent arbitrer de plus en plus ces litiges sont débordés. La peur de commettre des erreurs fait qu’elles s’abstiennent parfois de toute logique dans leur décision. Voilà pourquoi le professeur Moon voudrait retrancher de la CCDP le droit de censure que lui octroie l’article 13. Il considère qu’en cas de propagande haineuse, les plaintes relèvent de la juridiction criminelle et non des Commissions chargées de l’application des droits de la personne.

                Il me faudrait également aborder toute la question des minorités visibles, de violence policière à leur égard, surtout la communauté noire, le profilage et autres manifestations dites discriminatoires. Il me faudrait également aborder la question linguistique. Les groupes minoritaires veulent avoir le plein droit à un enseignement en anglais et conteste les restrictions qui leur sont faites d’envoyer leurs enfants à l’école francophone.

                Le Québec, longtemps tissé serré, découvre qu’il est pluriel et qu’il doit désormais conjuguer au pluriel l’application des droits de la personne. Et la population québécoise francophone réalise, lentement mais progressivement, que « les nouveaux arrivants n’ont pas que des droits mais aussi des obligations » et qu’elle-même en tant que « société d’accueil elle doit s’ouvrir à la différence ».

                J’espère avoir montré un peu pourquoi il existe cette frilosité au sein des organismes de surveillance de l’application des droits de la personne. Tout n’est que politique. Et politique se conjugue bien mal avec logique.

                Pierre R.


              • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 19 décembre 2008 17:02

                 Où ai-je jamais justifié les prédications suprématistes et appelant à la haine, Léon ? Votre mémoire vous fait défaut.
                Quant à votre conception de la laïcité, pardon d’en avoir longuement débattu avec vous et de savoir en conséquence, vous venez de le répéter vous-même, qu’elle est souhaitable selon vous en tant qu’interdiction de toute expression de foi, dans l’espace public aussi bien que privé ! En conséquence de quoi ce que vous appelez "principe de régulation" ressemble à s’y méprendre à une interdiction pure et simple pour des croyants de vivre leur foi et leur culte. En d’autres termes, à un athéisme d’Etat.
                Et ne faites pas semblant d’ignorer qu’aucun "principe du vivre-ensemble" ne me concernerait à partir de l’instant où une force coercitive s’exerce contre un individu ou un groupe, ce qui est le cas - et vous connaissez très bien mes positions - de l’isolement et du mépris exercés à l’encontre des femmes chez les salafistes, ainsi que de leur abhorration des Juifs et des homosexuels. Or que je sache, tout musulman n’est pas salafiste ! ni wahhabite !
                Et vous parlez de confort et d’irresponsabilité, quand vous vous contentez de crier au danger musulman sans nuancer à aucun moment vos propos.


              • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 19 décembre 2008 17:25

                 Et pour en revenir à (une petite partie de ce que précise Pierre), la question de la discrimination en matière d’accommodements raisonnables a versé dans l’absurde. Car en l’occurrence, ce sont les femmes juives et musulmanes qui sont discriminées. Et ça, c’est intolérable. Et ça n’a rien à voir non plus avec le principe de laïcité ! Si des fondamentalistes religieux exigent de voir respecter leur Weltanschauung où femmes, Juifs et homosexuels sont considérés comme essentiellement inférieurs et menacés à ce titre, bien évidemment qu’il faut bouter ces criminels hors des espaces de liberté où ils répandent leurs appels assassins ! De toute façon, Al-Jahzeera, Al-Manar et Al-Quds leur ouvrent grands les bras et s’en occupent déjà ! Sans même parler de Youtube, que l’un de ces prêcheurs de haine a conseillé à tout fondamentaliste voire djihadiste en herbe de noyer sous des vidéos de propagande !


              • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 19 décembre 2008 19:04

                La position de le CCDP relève d’une double erreur dès lors que :

                1) La question de la règle de non-violence ou de refus de toute appel à la haine n’est plus de l’ordre de la loi universelle mais de celui de la revencation particulière contre les autres. Autrement dit elle vaut pour les autres mais pas pour moi ! Ce qui fait que cette règle est par définition illégitime : une loi est générale et réciproque où elle n’est pas.
                2) il est admis, dans ce pays, une différence de absurde entre un appel direct à la violence et à la haine visant telle ou telle personne ou groupe de personnes avec ordre de passer à l’acte qui serait interdit et celui qui viserait un groupe en général sans appel à un passge à l’acte immédiat qui relèverait de la liberté d’expression. Il va de soi soi que cette différenciation est une fiction théorique, car appeler à la violence haineuse sans appel immédiat de le mettre en pratique, rend possible, sans avoir à le dire, lse conditions d’un passage à l’acte plus ou moins commendité ou cautionné en sous main.

                La question politique pose donc bien celle du rapport entre la violence et la liberté laquelle exige le renoncement à la violence y compris verbale et celle du rapport entre la parole et l’acte dans la mesure où la parole peut déjà être, par elle même, un acte de violence.

                 

                 


              • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 19 décembre 2008 19:08

                La position de le CCDP relève d’une double erreur dès lors que :


                1) La question de la règle de non-violence ou de refus de toute appel à la haine n’est plus de l’ordre de la loi universelle mais de celui de la revencation particulière contre les autres. Autrement dit elle vaut pour les autres mais pas pour moi ! Ce qui fait que cette règle est par définition illégitime : une loi est générale et réciproque où elle n’est pas.

                2) il est admis, dans ce pays, une différence de absurde entre un appel direct à la violence et à la haine visant telle ou telle personne ou groupe de personnes avec ordre de passer à l’acte qui serait interdit et celui qui viserait un groupe en général sans appel à un passge à l’acte immédiat qui relèverait de la liberté d’expression. Il va de soi soi que cette différenciation est une fiction théorique, car appeler à la violence haineuse sans appel immédiat de le mettre en pratique, rend possible, sans avoir à le dire, lse conditions d’un passage à l’acte plus ou moins commendité ou cautionné en sous main.

                La question politique pose donc bien celle du rapport entre la violence et la liberté laquelle exige le renoncement à la violence y compris verbale et celle du rapport entre la parole et l’acte dans la mesure où la parole peut déjà être, par elle même, un acte de violence.

                 


              • Pierre R. Chantelois Pierre R. Chantelois 19 décembre 2008 19:11

                Sylvain

                C’est ce que constatait, il me semble, le professeur Moon à qui le CCDP a commandé une analyse de l’article 13. Il écrit : il est difficile de faire en sorte qu’une interdiction définie avec précision de la propagande haineuse qui met l’accent sur des propos associés à la violence soit liée à une loi sur les droits de la personne qui donne une définition large à la discrimination, qui met l’accent sur les conséquences de l’acte discriminatoire pour la victime plutôt que sur l’intention ou l’inconduite de son auteur, et qui a recours à une procédure visant à réconcilier les parties et à faciliter un règlement à l’amiable de leur « différend ».

                Pierre R.


              • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 19 décembre 2008 19:27

                J’ajoute que je ne vois pas, au nom de quoi, les élucubrations d’une commission Théodule peuvent prétendre se substituer au pouvoir législatif et judiciaire pour décider d’un droit et de son application.

                Il s’agit là, à mon sens, d’un déni de l’état de droit. Le Canada me semble sur une très mauvaise pente...


              • Pierre R. Chantelois Pierre R. Chantelois 19 décembre 2008 19:44

                Sylvain

                Je veux bien me faire comprendre. La Commission canadienne des droits de la personne ne fait qu’appliquer ce que le législateur lui a dicté dans sa loi de constitution. Le législateur réfléchit sur la possibilité d’abroger l’article 13 et de restreindre davantage le champ d’action de la Commission. Mais à partir de là, vous le savez bien, nous sommes dans le domaine de la politique plus que du droit. Hélas. Les membres de cette Commission sont des personnes nommées par le gouvernement au pouvoir.

                Pierre R.


              • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 19 décembre 2008 20:14

                Ce qui veut dire une suprématie en droit et de fait du juridique à l’exécutif par le truchement de cette commission nommée par le gouvernement.

                C’est en effet un pb politique, mais aussi un problème constitutiionnel qui concerne la définition même de l’état de droit.


              • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 19 décembre 2008 20:17

                suprématie en droit et de fait de l’exécutif sur le juridique qui perd toute autonomie, avec mes excuses pour cette inversion.


              • Sisyphe 26 décembre 2008 01:02

                Je me permets de vous suggérer un livre qui aborde ces questions et les liens entre laïcité, démocratie et liberté religieuse. L’auteure estime que les tribunaux se fourvoient en confondant croyances personnelles et droit à la liberté de religion. Elle estime que les dérapages dans la question des accommodements raisonnables découlent en partie de cette confusion. Elle dit que MM. Bouchard et Taylor ont détourné le mandat initial de la commission qu’ils dirigeaient en en faisant une commission sur l’immigration. Elle souligne qu’aucun des accommodements accordés au Québec n’a été demandé en raison d’un statut d’immigrant, ils l’ont plutôt été en vertu d’une interprétation fondamentaliste qu’avaient de leur religion les demandeurs.

                Le livre est fort documenté et propose une analyse fine et mesurée des exemptions demandées au nom des croyances religions, au Canada, en France et ailleurs. On peut avoir plus de détails sur le livre de Diane Guilbault, Démocratie et égalité des sexes à ce lien du site Sisyphe sisyphe.org/spip.php et aussi sisyphe.org/spip.php.


              • fouadraiden fouadraiden 19 décembre 2008 16:44


                 je ne sais pas mais si cet imam ose écrire et surtout penser de telles âneries cela semble démontre une seule chose ,que des musulmans deviennent vite idiots une fois exilés. ah, mais ce semble être un converti, c’est les plus terrible ces imbéciles ,ils se croient tt permis. un occidental musulman, voilà l’astuce !

                 putain de merde on a d’autres problèmes bcp plus urgent que de lire ça.

                 pour revenir dans les partie des droits de l’homme français ,on nous a foutu ici un arabe( après la beurette des cités ) pour s’attaquer aux problèmes des discriminations réelles à l’égard des arabes ,des noirs et ts ceux qui ont des gueules qui ne plaisent pas aux Français tt en nous expliquant que les seuls véritables discriminations sont d’ordre social...ah bon ?

                 alors l’ imam à la noix tu peux le geler dans dans le froid canadien, Pierre, ou je sais pas cherche à sauver les indiens qui ont encore leur tête en bon état smiley


                • mcm 19 décembre 2008 16:50

                  @Léon, Cosmic Dancer,

                  Léon, vous vous interrogez sur les faits qui amène les démocrates à accepter de dangereuses incitations à la haine et au sectarisme. Je propose une hypothèse qui vous choquera sans doute, celle de la synergie d’intérêts : Dans un paysage politique ou gauche et droite poussent dans la même direction même en cas d’intérêts opposés leurs actions se cumulent sans contre-réaction, ce qui produit un emballement et donc des dysfonctions du système.

                  Pour le cas échéant, l’intégration de minorités au sein d’un ensemble, c’est la direction, l’intérêt de l’un est l’importateur des salariés de faible coût, et l’autre est l’avocat des salariés de faible coût. Parmi ces minorités importées, si une seule présente quelques extrêmistes qui font entorse à la législation du pays, comment les réprimer sans être accusé d’oppresser leur minorité d’origine et donc d’être raciste ? 

                  Pour résumer par une parabole : plus le bébé est désiré par le père et la mère, plus ses caprices seront pardonnés.

                  Cosmic, pour une fois je tombe plus en accord avec Léon qu’avec vous, à propos de confondre l’athéisme et la laïcité, cette confusion me semble bonne, puisqu’à mon sens il conviendrait d’interdire strictement dans tout espace public, toute manifestation ou expression d’ordre religieux.

                  Par exemple, bien que gnostique, j’estime devoir me comporter en athée dans les lieux publics, mon crédo religieux n’est pas d’ordre physique, ce n’est qu’un choix éthique, donc strictement personnel et ne regardant en rien le reste de l’humanité.

                  Pour conclure par une parabole : la foi, c’est comme une envie de pisser, nul ne peut soulager la vessie d’un autre. 


                  • San Kukai San Kukai 19 décembre 2008 17:50

                     @ mcm

                    Si la solution est d’interdire strictement dans tout espace public, toute manifestation ou expression d’ordre religieux, quelles seraient les conséquences ?

                    Qui définira ce qui est de l’ordre de la manifestation ou de l’expression religieuse ?
                    Murmurer des prières de façon à peine intelligible en se rendant à son boulot serait-il interdit ?
                    Porter la barbe serait-il autorisé ? Celle du bûcheron canadien (cliché) serait-elle permise et celle de l’immigré musulman (cliché) interdite ?
                    Comment définir les vêtements autorisés et interdits ? Dans ma religion, il est recommandé de s’habiller en pirate. Cela signifierait-il que tout citoyen désirant revêtir un costume de pirate dans un espace public serait hors la loi ?
                    Des éléments vestimentaires font intrinsèquement partie de la croyance dans certaines religions (turban sikh par exemple). Les sikhs devraient-ils rester chez eux et ne jamais pénétrer dans l’espace public ?
                    Il faudrait couper les papillotes des loubavitchs ? Ôter les perruques de la tête de leurs épouses ? Retirer tous les voiles, bandanas compris ? Supprimer les cols romains, les soutanes, les croix pectorales, les coiffes de bonnes sœurs ?
                    Que faire si l’on a un tatouage représentant un symbole religieux ?
                    Etc.

                    Ce mode d’interdiction ressemble à s’y méprendre à celui employé par les États religieux, où la somme des interdits dépasse de très loin celle des libertés (cliché) et où de doctes érudits des textes sacrés conférencent à voix basse sur la hauteur entre le bas de la jupe et le sol ou sur la présence d’écailles chez l’esturgeon (véridique).

                    Quoi qu’il en soit, cette solution serait à l’opposée des accomodements raisonnables ou de la laïcité en France.


                  • fouadraiden fouadraiden 19 décembre 2008 17:51

                    mcm

                     réflechis deux secondes et ne te laisse pas embobiner dans des débat stériles sur l’islam.

                     la Fatma qui ne porte pas le voile connaît évidemment le même sort que la Rachida qui le porte dans les sociétés occidentales.ca ne change rien puisque une discrimination ne vise ni les idées ni même les individus , mais des groupes.

                     on évoque l’islam afin de faire croire ou de se faire croire qu’on porte le débat sur le terraine idéologique.ce qui est faux.

                     et le racisme n’a rien à voir ou presque , il existe simplement des incompatibilités entre des groupes culturelle ment différents (un arabe n’est pas un allemand qui n’est pas un chinois) qui gardent quoi qu’il advienne et quoi qu’en disent les intéresses eux mêmes leurs singularités historiques , donc "inabsorbables" dans la umma tricolore .


                     l’islam c’est du pipeau , dans les salons occidentaux.


                  • docdory docdory 19 décembre 2008 17:58

                     @ Mcm

                    Il faut interdire dans l’espace public les manifestations d’opinions religieuses qui troublent manifestement l’ordre public :

                    - la burqa et le niqab ( qui devraient être totalement interdits sur le territoire français ,

                    - le voile pour les mineures ( que l’on peut assimiler à du mauvais traitement à enfant )

                    - le racolage religieux ( exemple : les mormons tirés à quatre épingles qui se baladent par deux et tentent de trouver des adeptes pour leur culte en leur demandant le chemin ! )

                    - le fait de faire du porte à porte pour donner en main propre des prospectus religieux aux gens chez eux ( cf les évangélistes et les témoins de Jéovah )
                    Liste non limitative ...


                  • San Kukai San Kukai 19 décembre 2008 18:35

                     @ docdory

                    Afin de sacrifier au principe d’égalité, si l’on interdit : 

                     la burqa et le niqab, il faut aussi interdire toutes les tenues religieuses (soutane, habit, chapeau, turban, etc.) — comme dans l’article 5 du décret du 21 février 1795, en plus étendu — ce qui doit s’assortir d’une suppression des processions ;
                     le voile pour les mineures, il faut aussi interdire les tenues et les marques corporelles pour tout mineur ;
                     le racolage religieux, il faut aussi interdire l’Armée du salut ;
                     le porte à porte religieux, il faut aussi interdire toute manifestation cultuelle à la télévision publique, etc.

                    De ces items, le second me semble, à titre personnel, d’une urgence impérative.
                    Vous ne toucherez jamais avec trop de scrupule à cette chose délicate et sacrée, qui est la conscience de l’enfant.
                    — Jules Ferry


                  • Pierre R. Chantelois Pierre R. Chantelois 19 décembre 2008 19:05

                    fouadraiden

                    Cet imam n’est pas endossé inconditionnellement par sa communauté. Puis-je porter à votre attention une partie de son commentaire par suite de la décision de la CCDP :

                    Al-Hamdoulillah rabbil-‘Alamine, was-Salaatou was-salaamou ‘Alaa rassoulihil-karim, wa ‘alaa aalihi wa sahbihi ajma’ine. Ammaa Ba’ad

                    je ne dis que ce qui est écrit dans le Qor’an, dans la Sounnah et qui est en accord avec ce que le consensus de tous les savants de l’Islam de toutes les époques disent au sujet de l’Islam. Ce n’est pas une interprétation sectaire « Wahhabite » d’un soi-disant « Islam Saoudien », mais c’est l’interprétation de l’Islam qui est purement et simplement orthodoxe, qu’on retrouve dans les textes de l’Islam et dans les écrits savants des 4 grandes écoles de jurisprudence Islamique (les Madhaahibs) depuis le début de l’Islam jusqu’à nos jours. Je n’ai rien dit de nouveau.


                    Vous conviendrez que l’imam Abou Hammaad Sulaiman Dameus Al-Hayiti contribue à faire en sorte que l’islam c’est du pipeau , dans les salons occidentaux.

                    Pierre R.


                  • fouadraiden fouadraiden 19 décembre 2008 19:36

                     Cher ami Pierre,


                     Je comprends vos inquiétudes à ce propos mais faut être sérieux , ce type ses propos c’est de la daube comme il en existe des centaines de milliers.


                     Nous avons d’autres problèmes, bcp plus sérieux et plus urgent à régler.


                  • docdory docdory 19 décembre 2008 17:43

                     @ Pierre R

                     

                    La définition angélique de la CCIQ d’une " laïcité respectueuse des religions " ne tient pas la route : en effet , toute religion étant par définition persuadée de détenir "la " vérité , elle ne va avoir de cesse que de faire en sorte que cette " vérité " religieuse devienne une vérité officielle . Par conséquent , la laïcité ne peut pas être " apaisée " sauf à disparaître rapidement sous des accommodements " raisonnables " en fait très déraisonnables . La laïcité est un combat de tous les instants , qui ne saurait se relâcher .

                    Aucune société ne peut fonctionner si la loi n’est pas la même pour tous . Des adeptes de religions dont les dogmes sont contraires à la loi canadienne doivent se soumettre à la loi canadienne ou quitter le Canada pour l’Arabie Saoudite , par exemple . 

                    La CCIQ se plaint du fait que les musulmanes voilées ne trouvent pas d’emploi . En tant qu’employeur , je reçois chaque année des dizaines de CV de demandeuses d’embauche comme secrétaire intérimaire. Il est évident que CV ayant sur la photo d’identité des femmes voilées , porteuses de piercings ou à la chevelure vert fluorescente vont immédiatement à la poubelle sans autre forme d’examen , en raison du droit imprescriptible de l’employeur à sélectionner l’employé sur sa présentation ! Un cabinet médical étant un lieu laïque , il serait inenvisageable , par respect pour les usagers de ce cabinet , qu’une secrétaire y travaillât voilée !

                    L’exemple à suivre en matière de laïcité au Canada est évidemment celui qu’a donné le maire d’Herouxville , qui est un homme d’un grand progressisme , et dont la charte est remarquable d’intelligence .

                     


                    • San Kukai San Kukai 19 décembre 2008 18:20

                       Elle est en tout cas très amusante. Merci pour ce texte. smiley


                    • Pierre R. Chantelois Pierre R. Chantelois 19 décembre 2008 18:59

                      docdory

                      Vous soulevez là très franchement un point de vue qui ne passerait pas au Canada. Vous seriez immédiatement taxé de comportement discriminatoire à l’égard d’une personne en raison de ses convictions religieuses. En contrepartie, je ne vous cacherai pas que cette discrimination est bel et bien réelle. Elle ne s’applique pas qu’à la communauté musulmane. La communauté noire se plaint des mêmes injustices à son égard.

                      Pierre R.


                    • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 19 décembre 2008 19:23

                      Ces revendications essentialistes, ces raidissements identitaires empoisonnent la vie publique qui frappent l’individu du sceau d’un insupportable déterminisme ethnique ou religieux, le condamnant à prendre la pose de ce qu’il va estimer être sa condition première et inaliénable, cette part de lui devenue en lui sacrée, intouchable, éternelle, surdéterminante, comme s’il était une simple cellule d’un corps mythique dont la réalité se mesure à ce seul aspect. La fermeture des "communautés" sur elles-mêmes est parfaitement régressive.

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