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Accueil du site > Actualités > Religions > La faute de Madame Berra : « Quand j’entends « cathédrales » je sors (...)

La faute de Madame Berra : « Quand j’entends « cathédrales » je sors ma laïcité... »

 Revenons sur la passe d’armes entre la secrétaire d’Etat Nora Berra et l’ancien Garde des Sceaux et député Pascal Clément.

La religion c’est l’ensemble de rites, croyances, assortis de lieux de culte, qui permet à l’homme de donner une forme et une intelligibilité au mystère de la vie. Elle emprunte l’idiome particulier et le génie spécifique de chaque peuple. En cela, les cathédrales sont non seulement des édifices de culte, mais des expressions du génie de la France, à la fois chefs d’oeuvres d’art et lieux de mémoire. Les réduire à de simples églises c’est une erreur, d’autant plus choquante qu’elle nous vient d’un ministre de la République. D’autres lieux à la fois cultuels et culturels s’en rapprochent dans leur fonction et leur symbolique, acquis à travers les ans. La Grande Mosquée de Paris, à mon sens, fait aussi partie de l’héritage culturel et artistique de la France.

Mais le plus grave est à chercher dans les commentaires de Madame Berra, parlant de vision passéiste. Or, loin d’être passéiste, la cathédrale est un lieu on l’on conserve non seulement l’héritage architectural du Moyen Age, mais le Grand Temps, qui permet à l’homme de devenir son propre ancêtre, d’éprouver l’immense vertige des générations, vagues roulées et déroulées vers le même rivage. Mais peut-on s’attendre à ce que Madame Berra comprenne l’intemporalité de la cathédrale, elle qui appartient à un gouvernement inscrit dans l’immédiat et non dans la durée, qui semble avoir oublié que les grandes hâtes produisent le plus souvent de médiocres effets ?

Dans son empressement à sortir l’argument éculé de la laïcité pour fustiger M. Clément, elle oublie un fait capital. Tout d’abord, le rôle éminemment culturel et national des cathédrales (mais on peut comprendre qu’elle n’ait pas lu Péguy...grave lacune, néanmoins, chez une Française de sa génération), et surtout, la différenciation entre un Etat qui est, effectivement, laïc depuis 1905, et un pays qui ne saurait l’être. N’en déplaise à un Julien Dray « la France c’est la République » tout guilleret de se trouver miraculeusement blanchi par le parquet, la France ne se confond pas avec son gouvernement, ni même avec la République. En France on est en République, effectivement, et la République est laïque. Là encore, zéro pointé pour cette dame, qui est pourtant cultivée, intelligente, et sait s’exprimer.

Evoquer, comme elle le fait dans son interview, un « socle de valeurs » comme constitutif d’identité nationale, c’est également une erreur. Ce socle peut contribuer à asseoir cet assabiya, le sentiment de groupe cher à Ibn Khaldoun, à mon sens la meilleure définition jamais donnée à l’identité collective. Il n’en est pas le fondement. Les Russes combattirent Hitler pour sauver Matouchka Rossiya, non pour conserver les valeurs de la Patrie des Soviets. Et les Iraniens, toutes tendances confondues, firent face aux Irakiens pour défendre l’Iran éternel, et non le velayat-i-faqih des mollahs.

Qu’un ministre de la République trouve scandaleuse la phrase de M. Clément au point d’en faire une scène laisse perplexe. Suggère-t-elle que France resterait France avec une majorité musulmane ? Que cette hypothèse est froidement envisageable ? Ou au contraire qu’il s’agit d’une projection fantaisiste, de la part de M. Clément, uniquement destinée à exciter les esprits ? Je comprendrais mieux cette troisième hypothèse.

Que l’identité française ait une forte composante chrétienne, que l’Islam (qui n’est deuxième religion de France ,en France métropolitaine, que depuis quelques décennies) soit religion minoritaire et qu’il n’ait pas joué de rôle fondateur dans la création progressive de la France historique, relève du constat. Je n’entends pas les juifs s’en plaindre, ni le contester. De plus, la réaction viscérale de Madame Berra est de nature à renforcer le sentiment communautaire (malgré elle, je veux bien le croire). Sans être croyant, ni pratiquant, ni même chrétien, on peut aimer, chérir ou tout au moins accepter la cathédrale comme une part indissociable de son héritage de Français. Malgré l’antériorité historique du christianisme en Asie Mineure, imaginerait-on une Turquie- pourtant laïque - sans l’Islam et ses mosquées emblématiques ?

L’identité nationale c’est comme l’éléphant et les aveugles de la vieille fable : chacun, en tâtonnant, prend une partie pour le tout. Réduire le France à son identité chrétienne c’est insuffisant. Ecarter cette dernière au profit de la seule République, c’est faire comme les ex-pays de l’Est, faisant démarrer leur histoire moderne à la naissance de leurs partis communistes respectifs, ou comme les états islamiques, qui rejettent tout ce qui est antérieur à l’Islam dans les ténèbres de la Jahiliya.

Est-ce pervers de ma part que de rappeler que Madame Berra, qui fustige l’opinion d’une « fraction de la population » et parle de « passéisme » est chargée des « Aînés » - ceux qui détiennent la mémoire de la Nation ? N’est-ce pas fâcheux qu’une personnalité, pas même élue, mais siégeant au gouvernement par le seul fait du Prince, s’en prenne à un élu du peuple au sujet de l’identité. Une faute, ou tout au moins un manque de tact, qui risque d’être récupérée tant la caricature semble grossière. Mais peut-être que Madame Berra, comme le suggère malicieusement M. Clément, a-t-elle besoin à des fins électorales de son "quart d’heure de célébrité".

Bon Noël à toutes et à tous.


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164 réactions à cet article    


  • Fergus Fergus 25 décembre 2009 09:31

    Bravo, Armand, pour cette excellente analyse de la réaction de Nora Berra aux propos de Pascal Clément, et pour sa mise en perspective avec la réalité identitaire de notre pays.
     
    Comme vous, j’ai tendance à croire à une recherche de publicité pour la titulaire d’un Secrétariat d’Etat effacé.

    A moins qu’elle n’ait réagi de façon épidermique (et stupide !) au seul énoncé des mots « minarets » et « cathédrales » sans percevoir en effet qu’un édifice religieux chargé de patrimoine et constitutif de ce que nous sommes n’est pas, en tant que tel, incompatible avec la laïcité, contrairement à des pratiques et des références religieuses qui empiéteraient sur le fonctionnement de nos institutions et de la gouvernance du pays.

    Bonne journée.


    • armand armand 25 décembre 2009 11:42

      Merci Fergus,

      Je ne connais pas bien Nora Berra. Elle est effectivement un modèle de courage et de réussite, mais elle semble plus arc-boutée sur son identité musulmane et algérienne que Rachida Dati, par exemple. Si cela la conduit à penser « cathédrales, rien à cirer parce que je ne suis pas catho » alors elle n’a rien compris, et sa présence au gouvrenement est un mauvais signe. En tout cas, sa défense de la laïcité ne l’a pas empêchée de rompre le jeûne en compagnie du recteur de la mosquée de Lyon...

      Son idée de la France est-elle une simple juxtaposition de communautés qui observent désormais, séparément, leurs rites particuliers, et n’ont en commun que le respect des institutions républicaines ? Ce n’est pas la mienne.

      Mais la culture et le discernement sont une denrée rare - pas sûr que la très-bourgeoise Nathalie Kosciusko-Morizet en soit particulièrement pourvue.
      C’est le propre du sarkozisme que de promouvoir de jeunes et jolies « battantes », de préférence appartenant aux minorités, qui ne seraient jamais parvenues à de telles responsabilités par leur seul mérite.


    • Cangivas 25 décembre 2009 18:32

      Excellent article mais qui, ce n’est pas un reproche, pose plus de questions qu’il n’en résout.

      La question que je me pose est est-ce que la cause du comportement de Nora Berra (altercation avec Clément, rupture du jeûne en public) est d’abord d’ordre générationnel ou non ?

      Je veux dire par là que peut-être, plus que la religion en elle-même, elle défend ce qui est (ou était) précieux aux yeux de ses parents... et il est possible d’imaginer que les enfants (de Nora Berra) auront un rapport plus distant avec la religion de leurs grands-parents. 

      Ou est-ce que la cause est autre ? Par exemple identitaire (consciemment ou non)... le comportement de Berra pouvant être significatif de querelles - entremêlant identité, politique, géopolitique et religion - à venir.

      Pour la masse des Français (plus largement des Européens, notamment, avec des variantes suivant les contextes historiques), la laïcité c’est - tout naturellement - le fait que la société et les individus ne sont plus soumis à la religion et que ce fait est accepté. Me semble-t-il.

      La laïcité établit une distance entre la société et la religion.
      Distance qui ne signifie pas négation. Les cathédrales, les calvaires, les abbayes, telles célébrations, tels produits, ..., font partie du paysage au même titre que Lully, Versailles, Louis XIV, Vauban, etc.
      On peut apprécier ces derniers, s’en inspirer, célébrer tels aspects, sans être pour autant un nostalgique de l’Ancien Régime, de l’absolutisme ou que sais-je encore et vouloir leur retour.
      Même chose s’agissant de l’héritage, des traditions, ..., chrétiens.

      A cette distance avec le fait religieux qui caractérise selon moi la laïcité, s’oppose la vision de la laïcité par Nora Berra (sauf erreur de ma part Fadela Amara tient les mêmes propos) pour qui la laïcité c’est permettre la pratique de toutes les religions mais aussi leur visibilité, leur exposition de façons égales dans la société...
      ... avec comme conséquence la course à la démonstration tout azimuth et une concurrence religieuse ou à connotation religieuse féroce. A l’américaine.


    • armand armand 25 décembre 2009 19:52

      Cangivas,

      Bonnes questions. Encore une fois, je ne connais pas assez Madame Berra pour hasarder un début de réponse. Si je voulais jouer au (pas trop) vieux grincheux, je ferais remarquer que ce sont des « djeunes » du gouvernement qui ont réagi (même si Madame Berra, si je puis me permettre, est plus près de Sarko question âge que de NKM). Décérébration de l’enseignement en France ? Recul par rapport aux traditions ? Ou alors rien à voir, simplement une indignation feinte ou non devant les propos prêtés à M. Clément.
      Et encore une fois, sont-ce les propos eux-mêmes qui sont en cause, ou l’opportunité de les formuler dans ce débat ?

      Maintenant, s’il existe réellement, au sein de l’UMP, deux tendances dont l’une trouve normale d’écarter toute référence aux racines chrétiennes de la France (cela se voit, notamment, dans les cérémonies de remise de citoyenneté aux naturalisés - la seule et unique référence c’est ’89 et lesDroits de l’Homme. Point barre), il y aura fatalament clash avec la droite plus traditionnelle, incarnée par M. Clément.
      Celle-ci, d’ailleurs, aurait intérêt à annoncer la couleur et à cesser de soutenir un gouvernement qui, par bien des côtés, se trouve aux antipodes de ses valeurs. C’est toute la mesure du vide que Sarkozy a faite autour de lui, aucun homme politique de rechange en vue.


    • armand armand 26 décembre 2009 10:09

      Bonjour Ben Khabou,

      Un député a forcément vocation à exprimer son point de vue dans l’enceinte de l’Assemblée - si tant est-il que M. Clément ait réellement prononcé ces paroles.On n’y débat pas seulement de questions laïques.
      Et quand cela serait, cette phrase peut se prêter à deux niveaux de sens - purement religieux, c’est-à-dire pour M. Clément la France est d’identité chrétienne, majoritairement, et si elle cessait de l’être elle ne serait plus France ; ou culturel, la cathédrale est emblématique de la France, le minaret ne l’est pas. Signifiant et signifié en quelque sorte. Cela revient au même, vous me direz.


    • Deneb Deneb 25 décembre 2009 09:53

      Et qu’ont-ils compris de plus que les autres, les bâtisseurs des cathédrales ? Quel est leur secret, si jalousement gardé pendant des siècles ? Pas grand chose, ils ont seulement compris qu’avec un plan plus juste on arrive à monter un édifice plus elevé. Et en réfléchissant un minimum sur les forces que subissent les différents éléments de cette construction, on arrive à faire tenir debout des formes étonnantes - des arches et même de petits surplombs. Il faut juste se faire un dessin avant de se jeter à l’oeuvre. Mais le fait qu’ils gardent ce « secret » pendant des siècles démontre leur sectarisme : en ne diffusant pas leur savoir et leurs expérience, ils freinent le progrès commun et contribuent à la montée des obscurantismes.

      Il y a eu des artistes, c’est clair, ils ont laissé de belles choses. Mais c’est toujours le même thème - le même schéma - cruciforme, distribution intérieure figée, une grande nef pour accueillir des fidèles, le(s) clocher(s) , l’horloge... Le cahier des charges est resté le même pendant plus d’un millénaire. Il y a donc eu largement matière à masturbation intellectuelle, d’ailleurs genereusement financée par l’Église - l’institution la plus riche qui avait besoin d’épater les gens pour s’accaparer de leurs richesses et de les tenir sous son emprise. Pendant plus de mille ans elle a monopolisé tout ce qui était beau en dénigrant toute expression qui ne contenait pas du petit Jesus. Quel gâchis !


      • Fergus Fergus 25 décembre 2009 11:20

        Votre propos est un peu surprenant, Deneb. Car les techniques utilisées par les constructeurs de cathédrales ont été connues de nombre d’architectes et de bâtisseurs.

        En outre, l’église n’a pas eu, loin de là, le monopole du progrès architectural : vous oubliez les architectes militaires qui, parallèlement aux cathédrales, ont contruit des châteaux, des forteresses et des palais parfois remarquables dans leur conception et leur audace, même si la finalité essentiellement défensive, en excluait les fioritures décoratives. 


      • armand armand 25 décembre 2009 11:31

        Je pense que Deneb parle de l’art en général.
        En effet, les sociétés traditionnelles ne connaissaient que l’art sacré. L’Art pour l’Art c’est une conception du XIXe siècle, qui place l’artiste au centre de la création.
        Alors on se servait effectivement de l’Histoire sainte, plus tard de l’Antiquité, pour faire figurer des personnages de la vie courante. Ce sont les Flamands au XVIIe qui s’affranchissent souvent de cette convention. Mais on donne alors aux scènes de genre une luminosité qui sacralise. Qui peut affirmer qu’il n’y a rien de sacré dans un tableau de Vermeer ?
        Les modèles saints ou mythologiques permettaient de faire passer pas mal de choses - voyez le scandale quand Manet fait figurer des femmes nues dans ses tableaux qui ne sont ni des nymphes, ni des déesses, et qui côtoient des hommes en complet-veston.


      • Deneb Deneb 25 décembre 2009 11:32

        Fergus : je n’ai peut-être pas bien compris, mais il me semble que les bâtisseurs de cathédrales étaient réuni en une corporation qui est devenue plus tard la franc-maçonnerie. D’ou les « secrets maçoniques », qui étaient au demeurant des simples règles de construction.

        Vous avez raison, à part l’église il y a l’armée aussi qui construisait. Mais c’est l’église qui lui ordonnait qu’il faille libérer le tombeau du Christ, ou mater quelques libértins. En tout cas - l’Eglise et l’Armée - la démagogie et la violence - sont les deux mamelles de notre Histoire. J’imagine que vous en êtes paticulièrement fier.


      • armand armand 25 décembre 2009 11:45

        Deneb,

        L’Eglise a essayé sutout de canaliser et de modérer les ardeurs guerrières d’une caste dont la raison d’être était... de se battre.

        Les architectes et bâtisseurs des sociétés traditionnelles appartenaient, comme tout corps de métier, à des guildes. Chez les Ottomans c’étaient les Ahi. En Occident comme en Orient, ces métiers avaient souvent, de leur activité, une lecture ésotérique. C’est ce qui donnera la franc-maçonnerie, en effet.


      • Deneb Deneb 25 décembre 2009 14:41

        Armand : avez-vous déjà été interrogé par la police ? Ils sont toujours par 2 - un gentil et un méchant. C’est le gentil qui vous fait craquer en général, enfin, ça dépend. Je connais bien la procédure, il m’est arrivé, en ado, d’arracher une affiche officielle dans ma Yougoslavie natale et j’étais suffisament naif et imprudent pour me faire remarquer.

        L’eglise et l’armée c’est pareil. Pour mater la populace, on utilise le mêmes méthodes : la gentille église et la méchante armée. On finit par se soumettre à l’une ou à l’autre.


      • Fergus Fergus 25 décembre 2009 15:37

        @ Deneb.

        Profondément athée et antimilitariste, je ne suis « particulièrement fier » ni de l’héritage de l’Eglise ni de celui de l’Armée.

        Je ne les considère pas moins comme des composantes incontournables de notre patrimoine et de notre identité, même si ces composantes se sont trop souvent montrées en totale contradiction avec les valeurs qui sont aujourd’hui les miennes.

        On ne peut rien contre le passé, mais on peut tout pour l’avenir, et notamment s’unir pour éviter les dérives manipulatrices et violentes du sabre et du goupillon. Du moins il nous appartient d’essayer.


      • dom y loulou dom 25 décembre 2009 15:41


        il me semble que vous faites de sacrés raccourcis si je puis me permettre.

        Les bas-tisseurs celtes n’avaient rien des franç-maçons des siècles plus tardifs ou ceux d’aujourd’hui.

        Lire le pape des escargots et les étoiles de compostelle de Henri Vincenot pour mieux les voir ces gens et leur idéal qui ravit durant des siècles toute l’europe.

        les cathédrales furent le premier système social, la maison des pauvres si vous voulez et tout s’y passait, du marché aux festivités et elle ne contenaient pas ces bancs d’école qu’on y trouve toujours maintenant, réduisant le peuple à une classe de sages écoliers silencieux en face des « maîtres ».

        les cathédrales étaient ouvertes 24 h sur 24 pour accueilir les nécessiteux, les gens de soins et les denrées superflues qui au lieu d’être jetées trouvaient un endroit pour être distribuées. Ce n’est pas un vision idyllique mais une vision oubliée de nore histoire,

        comme tant dautres remplacées par des lieux communs de l’esprit issus du dénigrement, d’amalgames et d’aplatissement de notre histoire. Toujours dans le but de servir les desseins scientistes es francs maçons. Notez que ceux du bas de leur pyramide initatique ne savent pas que ceux du haut sont des pervers.

        Les ici-bas-tisseurs qui inventèrent dans leurs joies mystiques le franc c’est n’avaient rien en commun avec les papes de Rome et ceux-ci furent conraints de suivre le mouvement populaire et de voir l’ordre des cistérciens apporter prospérité et lumières sur l’europe pendant quelques siècles en devenant l’ordre le plus artistique, le plus riche et le plus sociétal de tous les ordres que l’église connut jusqu’à nous.
         
        La frange violente des gens de ce temps fut embrigadée dans les templiers auxquels fut confiée la tâche de police des routes... et puis on les envoya en Palestine sans doute pour préserver l’oeuvre de paix en europe et que les violents ne saccagent pas la naissance d’une société sociale. Les obscurantstes vouknt sans doute aussi jeter une grande ombre sur l’avènement des bâtisseurs. 

        Ce sont des aspects qui leur ont été ravis à nos cathédrales, on y colle les traumatisme de l’inquisition quand les inquisiteurs n’auraient jamais eu l’intelligence de construire ces violons de transformation énergétique, elles devaient réhausser l’énergie de ceux qui s’y rendaient lors des solstices en marchant le long de leurs labyrinthes afin de recueilir les énergies de la terre et du ciel liées, toute leur architecture ne visait que cela.

        Bien pus tard l’église les ravala dans son prêchi, saccageant souvent les labyrinthes privant ainsi les violons de leur archet et les remplirent de bancs d’école par l’influence des protestants qui faisaient eux des temples et des églises des écoles carrément.


      • dom y loulou dom 25 décembre 2009 15:47

        non deneb, les « mystères » desinitiations franc maçonnes sont tirées des mystères d’Eleusis et d’Isis, un culte égyptien provenu de babylone, le culte à Inanna.

        Juste rien à voir du tout avec les bas-tisseurs qui eux provenaient des druides celtes qui arpentaient encore l’europe du moyen âge, contrairement à ce qu’on nous dit dans les livres officiels soucieux de faire avancer le scientisme et de rayer de la mémoire la médecine préventive.

        Mais les francs maçons reprirent à leur compte l^histoire... encore... en gommant les sources humaines d’où les cathédrales avaient jailli.


      • le-Joker le-joker 25 décembre 2009 16:20

        C’est une analyse un peu rapide Deneb, la construction des Cathédrales fait appel à des notions qui dépassent le simple fait de reposer sur un plan un peu mieux construit. Par exemple les piliers sont positionnés sur des points précis que l’on nomme des champs de force tellurique comme par exemple le réseau Hartman ou le réseau Curry (Réseau Hartman) et qui n’ont pas encore livré tous leurs secrets. La science commence seulement à reconnaitre l’existence de ces réseaux telluriques que visiblement les bâtisseurs de Cathédrale connaissaient. Ces réseaux telluriques sont notamment étudiés en géobiologie et on mesure encore très mal leurs influences sur leur environnement.




      • Deneb Deneb 25 décembre 2009 17:59

        Dom : « ...violons de transformation énergétique.... »

        Je vois que vous êtes un fin astrologue. Je ne sais pas quelle energie transforment les cathédrales, ne serait-ce que celle, eolienne, issue du brassage d’air, dans les quantités toutefois infimes.


      • Deneb Deneb 25 décembre 2009 18:38

        Le joker : vous non plus je ne vous savais pas astrologue. Réseau ésotellurique - on le repere par radiesthésie ?


      • le-Joker le-joker 25 décembre 2009 19:18

        Deneb,


        Quand tu veux de l’eau dans ton jardin tu fais appel à un sourcier ? Et bien ce n’est ni plus ni moins qu’un radiesthésiste. Et là ça ne te surprend pas le moins du monde qu’il trouve de l’eau avec une baguette de bois.

      • Deneb Deneb 25 décembre 2009 20:06

        Le-Joker : c’est consternant que vous soyez à tél point victime des charlataneries ésotelluriques.
        http://www.zetetique.ldh.org/radiesthesie_pour_les_nuls.html


      • armand armand 25 décembre 2009 20:09

        Deneb,

        J’ai déjà été interrogé par la police, plusieurs fois, et dans certains cas alors que je circulais armé pour me rendre à un entraînement. Jamais de problème, au contraire. Mais j’ai eu de la chance, sans doute. Et je ne vivais pas sous un régime autoritaire...

        C’est pourquoi je suis sans doute plus idéaliste que vous. L’Eglise (les Eglises, je devrais dire) nous aide à affronter l’inconnu de la mort, de l’éternité, à espérer au moyen d’une « Bonne nouvelle », à nous inspirer par de belles histoires exemplaires. L’Armée c’est le lieu de l’ascèse, de la discipline, du sacrifice. La tradition de l’honneur et du désintéressement. De la beauté du geste aussi quand il s’agit de faire don de sa vie, sans toujours savoir très bien pourquoi. C’est, à son mieux, la Chevalerie. Ce sont les bras de tout corps politique traditionnel dont le savant est la tête et le prêtre le coeur.

        Voilà pour la théorie. Dans la pratique ces deux institutions, pour moi absolument essentielles dans un corps politique, peuvent aussi être répressives, intransigeantes, dangereuses.


      • dom y loulou dom 25 décembre 2009 20:31

        lol, non je ne suis pas astrologue et pas forcément spécialement fin, juste mon ex-métier de verrier m’a bien sûr plongé dans la magnificence des cathédrales.

        mais la transformation énergétique ne visait pas la bâtisse mais le corps humain afin de relever son taux vibratoire, ainsi, comme le précise le joker justement, les courants telluriques servent à harmoniser note corps avec les énergies cosmiques. Celà n’a rien d’une fable quand nous en sommes à être inondés d’ondes technologiques sans pour autant chercher les ondes fondamentales de la nature que notre esprit est là pour apprendre et que les abeilles en deviennent berzerk.

        Les bâtisseurs en tenient compte et ce fut un mouvement incroyable, en une génération la cérativité explosa littéralement sur toute l’europe et les cisterciens sortirent toute l’europe de la profonde misère encouragée par Rome, en faveur de l’opulence des papes après Constantin.

        Les cathédrales furent le moyen pour les celtes de sauvegarder le savoir millénaire des druides. La symbolique que nous trouvons en elles, le nombre d’or, les chimères portant souvent la toiture, mais St.Georges terrassant le dragon n’a rien de chrétien, même si les bâtisseurs furent obligés de taire leur vocabulaire pictural. AInsi fut il dit aux évêques se questionant sur l’incroyable densité picturale des scultpres qui les ornent que St.Georges signifiat le bien terrassnt le mal et tous furent ravis.

        Le dragon chez les celtes reprsentait la vouivre, le coruant tellurique en effet. St.Georges touchnt de sa lance la vouivre indique simplement que la cathédrale est posée sur un croisement tellurique, ainsi la cathédrale de Bâle, ce qui n’est pas le cas de toutes.
         
        Chacune fut sans douite érigée en essayant d’actionner des vertus précises.
         
        Certaines comme celle de Vezelay si je ne m’abuse entièrement façonnée sur la gamme harmonique et les corrélations harmoniques de fréquence entre les notes, chaque pierre taillée précisément selon les gammes de fréquence. Il y en trois construites selon cette formule, excusez mon peu d’érudition, je ne suis pas capable de vous les citer. D’autres le pourront, je sais seulement que ces trois-là sont construites en triangle l’une de l’autre.

        C’est plus qu’un héritage architectural, c’est un livre ouvert pour qui veut bien apprendre la langue qui les a dessinées et j’y reviens forcément parce que de les avoir transfomrées en musée est stupide, celà nous rpive de les faire vivre dans leur première fonction.

        Elles étaient prévues comme système social, elles servaient de point de ralliement, de place de liens sociaux, qui nous fait encore cruellement défaut alors que nous nous voyons tous isolés dans les boîtes à consommer et que le social est une autre boîte d’isolement. Les étages de la pyramide babylonienne broyeuse de vies que nous vivons encore au lieu du souvenir de notre lien avec le cosmos et de l’unité du vivant... le savoir au lieu d’être partagé éibrement afin de vivifier les esprits st utilisé comme une arme de contrôle et d’encouragement aux jeux de pouvoirs entre les aom.

        et nous avons développé cette stupide vision d’un monde entièrement hostile où la peur est revendiquée comme un droit (!) quand elle n’est qu’une plaie, l’amour inversé.

        Et ce point non plus n’est pas une fatalité. 


      • armand armand 25 décembre 2009 20:43

        Deneb,

        On est deux. Je crois aussi aux courants telluriques. On pourrait en débattre à l’occasion d’un article sur le site de Glastonbury, par exemple.


      • le-Joker le-joker 25 décembre 2009 21:14

        Bonsoir Armand,

        Deneb n’a que faire le test de placer une plante verte sur un point du réseau Hartman, il verrait qu’elle ne tient pas 1 mois. Les chinois connaissent ces phénomènes depuis des milliers d’années, les bâtisseurs de pyramides aussi.


      • Deneb Deneb 25 décembre 2009 21:28

        Armand : « ...De la beauté du geste aussi quand il s’agit de faire don de sa vie... »

        Je suis sûr que beaucoup de nazis sont morts pour que d’autres puissent gazer les juifs. Chevaleresque, n’est-ce pas ?


      • amipb amipb 25 décembre 2009 22:03

        Mr Deneb, comme souvent, vous êtes totalement hors suet et n’entendez que ce que vous voulez bien entendre.

        Vous êtes malheureusement la preuve flagrante qu’il existe un intégrisme athée, ou plutôt a-religieux.


      • Deneb Deneb 26 décembre 2009 06:34

        Amipb : au lieu d’essayer d’humilier votre intérlocuteur, trouvez plutot des arguments à oposer. Mais je constate que vous subissez un esotéllurisme assez handicapant. Un tuyau : pour trouver la raison, inutile d’appeler un radiesthésiste.


      • Deneb Deneb 26 décembre 2009 10:00

        Dom « la transformation énergétique ne visait pas la bâtisse mais le corps humain afin de relever son taux vibratoire »

        Là, vous vibrez en plein esotellurisme, mon cher. Mais je vous aime bien quand même, j’ai un faible pour les poetes.


      • Fergus Fergus 25 décembre 2009 11:23

        On peut éprouver de l’admiration pour une cathédrale sans être le moins du monde croyant. Et la plus belle stupidité que je connaisse est celle de ces gens qui refusent d’netrer dans un édifice religieux au motif qu’ils sont athées ou agnostiques. Ils se privent ainsi du spectacle de véritables merveilles de l’art.


      • armand armand 25 décembre 2009 11:23

        Certes, certes,

        Mais qui choisit son néducation ? Et il est bon aussi d’avoir reçu en héritage des enseignements contre lesquels on peut se révolter à l’occasion.
        L’URSS a bien essayé de singer les rites sacrés, mais il lui manquait, prisonnier comme elle l’était de l’athéisme et du matérialisme absolu, la transcendance et la promesse de l’après-vie qu’offre la religion. Ainsi les Russes replissent-ils désormais les cathédrales rebâties.
        Les rites, dans une lecture éliadienne, abolissent le temps mesuré et font accéder l’homme au Grand Temps éternel. Cela vaut pour la messe, pour la célébration du martyre de l’Imam Hussein, et même pour les étranges rassemblements de « Reenactors » aux USA, qui nous rejouent la Guerre de Sécession en veillant à être pareils en toute chose à leurs ancêtres.


      • armand armand 25 décembre 2009 13:19

        Bonjouir Léon,
        A la Renaissance l’art n’est certainement pas une création gratuite, mais doit représenter une certaine conception du monde. Et celle-ci est liée à des notions philosophiques, souvent réinterprétées de l’Antiquité. Proportions, couleurs, symbolique, l’Art a une fonction qui ne se réduit pas à la seule esthétique - ou alors c’est l’ésthétique, et ses règles, qui relayent. Et l’on estimait que « Ce qui est bas est comme ce qui est en haut ». En tout cas, une notion qui est radicalement différente de celle qui se développe qu cours du XIXe et consuit à placer l’artiste au centre de l’oeuvre, dans toute sa subjectivité, au point qu’il en arrive à l’incarner. Voyez les actuelles dérives de l’art contemporain.

        Quant à l’oxymore, Eliade parle de « Grand Temps » ou de l’Illud Tempus, des « grands commencements » et des « personnages surnaturels » ; Henry Corbin évoque la dichotomie entre Temps mesuré et Temps éternel.


      • Big Mac 25 décembre 2009 14:23

        Je suis entièrement d’accord avec les religions qui se sont toujours comportées « en bonne putains du pouvoir » et avec « l’athéïsme bolchevique qui relevait bien + du règlement de compte idéologisé ».

        Mais écarter les religions du pouvoir ne peut pas se faire sans heurts ni violences, pour s’imposer la laïcité a du combattre fermement le christianisme, et c’est bien une énorme escroquerie que de prétendre que le combat contre l’islam est inutile voire raciste.

        Au contraire ce combat contre l’islam est indispensable et sera certainement bien plus sévère que celui contre le christianisme, puisque l’islam à l’inverse du christianisme ne possède pas en lui-même les germes de la laïcité.


      • Big Mac 25 décembre 2009 15:26

        Bourre-Pif,

        Je savais bien que je préchais un converti smiley mais c’était pour enfoncer le clou derrière vous !


      • paoum 25 décembre 2009 17:05

        tout à fait d’accord !!!
        tout le monde semble oublier que les cathedrales n’ont pu se construire ; comme les grandes mosquées d’ailleurs ; que sur l’exploitation la plus totale de la misère des serfs qui crevaient tous pour donner l’argent ( ils n’avaient pas le choix, ces bouseux) à la noblesse et au clergé qui trouvait ça bien normal que les gosses crèvent de faim pourvu qu’ils puissent se goberger de dieu qui punit seulement les pauvres, en habits d’or et d’argent.Eux, faisaient du gras sur le dos de tous les autres !!!
         Les églises et cathedrales du moyen âge représentent toute la richesse volée à ceux qui travaillaient la terre sans pouvoir se nourrir suffisament pour vivre !On voit que cette richesse volée était grande, aussi grande que ces bâtiment sont magnifiques !
        Quel héritage nous laissent ces constructions ?Rien qu’une nausée à la pensée de tout ceux qui sont morts dans la plus noire des misère et qui auraient préféré vivre, ces mauvais chrétiens !
        A bas toutes les religions qui sont des cancers de la liberté !
        Vive la république !!
        Puisse-t-elle éclairer l’auteur de cet article et l’empêcher d’ecrire tant d’inepties !
        démolissons toutes les cathédrales et faisons-en des logements pour tous les miséreux qui vivent aujourd’hui, en mémoire de ceux qui sont morts sans pouvoir en profiter !


      • Rounga petit papa Roungalashinga 25 décembre 2009 21:06

        paoum,
        au risque de vous choquer, je préfère qu’on ait aujourd’hui des cathédrales, même si leur construction s’est appuyée sur l’exploitation des pauvres, plutôt que pas de cathédrale et un passé lisse et uniforme d’égalité sociale. De là où ils sont, les ouvriers qui les ont érigées peuvent au moins se dire qu’ils ont contribué à quelque chose de beau et d’impérissable.


      • dom y loulou dom 25 décembre 2009 21:31


        oui bon.. euh... Tall... nous n’avons pas de problèmes particuliers avec les musulmans en suisse.

        faudra le répéter tous les jours ?


        Et celà dit, le christianisme porte en lui aussi peu les germes de la laïcité que l’Islam, je ne vois pas d’où vous sortez cela big mac.

        La transcendance oui, la verticalité pour ne pas se piétiner dans l’horizontalité, voyez-vous... 

        le signe-même des chrétiens n’est-ce pas ?
         
        le MOA, en descente si vous voulez, pour retrouver son ascension tellurique en effet, AOM. 

        Rien de vraiment astrologique là-dedans, mais un emblême que nous côtoyons tous les jours, le double serpent de l’hélix ADN de nos pharmacies.


        Mais la laïcité sociale a dû combattre le pouvoir du vatican qui imposait sa loi partout, l’emprise coercitive de Rome, l’empire dénué de toute raison logique en faveur du pouvoir oppressant militaire et séculier, qu’au nom de la laïcité, du scientisme et l’écologie certains voudraient maintenant nous servir sur toute la planète !!

        D’abord l’obscurantisme fut combattu avec grâce et construction par les cisterciens bâtisseurs et puis par les franciscains, puis les protestants... bref... chaque fois les courants se virent gangrénés à l’image des scissions qui eurent lieu dans chacune de ces évolutions.

        On dirait bien que c’est une sorte de mono-combat qui a dû se répéter inlassablement car toujours attaqué de nouveau par les mêmes amateurs de boucheries et de couronnes dorées et de pouvoirs temporels et matériels qu’ils aiment tant accaparer, les tenants du mono-latéralisme hyper violent, peu importent les noms qu’ils se sont donnés à-travers l’histoire des ismes.

        Encore une fatalité supposée... c’est faux.

        C’est nous qui apportons aux puissants les richesses.


        voilà je me tais pour aujourd’hui, joyeuses fêtes la compagnie avoxienne.







      • Rounga petit papa Roungalashinga 25 décembre 2009 22:39


        Et celà dit, le christianisme porte en lui aussi peu les germes de la laïcité que l’Islam, je ne vois pas d’où vous sortez cela big mac.

        Le fameux « il faut rendre à César... ».


      • Deneb Deneb 26 décembre 2009 06:59

        Dom : ...la verticalité pour ne pas se piétiner dans l’horizontalité, voyez-vous...

        ...et pour pouvoir allègrement faire ses besoins sur ceux d’en dessous, surtout.


      • sisyphe sisyphe 25 décembre 2009 10:35

        Il me semble important de discerner ce qui reste comme la trace d’un génie artistique et architectural (les cathédrales, les abbayes romanes, et autres édifices religieux), et le symbole de ce qu’elles représentent : à savoir la formidable domination financière, spirituelle, politique d’une église la plupart du temps corrompue, mêlée aux trafics des pouvoirs les plus despotiques, pratiquant l’inquisition, les excommunications, les chasses aux sorcières ; bref de l’église chrétienne, telle que les peuples de France et du monde l’ont subie pendant des siècles.

        Sumer invente les zigourats, l’Egypte les pyramides, l’Islam les mosquées, qui restent, aussi, des témoignages remarquables du génie artistique et architectural de l’homme ; pour autant, ce sont, pour la plupart, des esclaves qui les ont érigés, sous la domination de pouvoirs impitoyables, concentrés dans les mains de castes de dominants et de guerriers sanguinaires.

        Sanglant paradoxe pour des édifices censés rassembler des hommes pour la paix et l’amour..

        En revanche, la République amène à construire des ouvrages tout aussi remarquables (barrages, ponts, opéras, théâtres, musées) qui, eux, ne sont pas marqués par la volonté d’asseoir une domination d’une caste, mais destinés à tous.

        Pour moi, la grande différence est là.

        Sinon, personnellement, une des actuelles « merveilles du monde » est la Sagrada Familia du génial Gaudi ; encore faut-il préciser qu’elle est l’œuvre d’un génie mystique, contemporain, et non d’une Eglise dominatrice et asservissante.


        • armand armand 25 décembre 2009 11:17

          Bonjour Sisyphe,

          Sans vouloir faire de l’ironie, ton analyse (juste au demeurant) reprend mot par mot celle d’un Indien érudit, Bholanauth Chunder, quand celui-ci compare les réalisations architecturales des dynasties passées (temples, sanctuaires, tombes) avec celles des Britanniques (ponts, universités, bibliothèques) (dans Travels of a Hindoo). Aussi, ces structures destinées à l’éducation et à lavancement du plus grand nombre peuvent aussi naître de la domination d’une classe sociale. Un des plus beaux musées du monde, à mon sens, c’est la Frick Collection de New York - or, son fondateur fut l’un des magnats les plus impitoyables de la fin du XIXe siècle.

          Ce qui est admirable c’est ce que le peuple peut réaliser, individuellement et/ou collectivement, malgré les oppressions qu’il subit, à l’intérieur d’un carcan qu’on lui impose.
          A l’heure actuelle l’artiste est libre, certes, mais dépend néanmoins d’une exigence de rentabilité absolue, et de la nécessité de plaire à un public de consommateurs sans cesse à l’affût d’une nouveauté qu’on leur présentera comme « tendance ». On peut regretter, parfois, le noble mécène d’antan.


        • sisyphe sisyphe 25 décembre 2009 11:55

          Il est vrai que l’église a également servi de mécène pour de nombreux artistes (elle en avait les moyens), de même que la royauté (idem).

          Etait-ce préférable à l’impitoyable « marché de l’art », ses aspects spéculatifs, ses effets de mode, et son diktat économico-spectaculaire ?

          Je ne saurais dire, sinon que, pour un artiste, la liberté totale de créer me semble indissociable de son génie créatif, et que les mécènes évoqués n’auraient jamais permis l’éclosion d’artistes iconoclastes, qui font la richesse de l’art « moderne » et contemporain.

          Mais pour en revenir aux édifices au service du bien commun, et non d’une caste, qu’ils aient été également le fait de colonisateurs (et alors, construits dans des conditions d’exploitation proches de l’esclavage ou pas loin), n’enlève rien à leur statut d’objets paiens liant l’utile à l’art, contrairement aux temples uniquement dédiés aux puissances dominantes.
          Certes, les édifices religieux sont censés être destinés à la foule des croyants, mais en simples « passagers », comme objet de recueillement, et il s’agit là encore d’une ségrégation...

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