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Accueil du site > Actualités > Religions > La foi chrétienne et le mystère de la Trinité

La foi chrétienne et le mystère de la Trinité

En cette période de célébration de la résurrection, la tentation de méditer sur les mystères chrétiens s’offre aux âmes, qu’elles soient en peine ou radieuses. Un authentique chrétien du 21ème siècle ne se contente pas de croire sur parole les choses révélées puis interprétées et écrites. Une foi authentique ne peut se nourrir uniquement de textes et de bonnes paroles. Elle doit être vécue et comprise. De même que les mystères qui, contrairement à ce qui fut décrété par les docteurs de l’Eglise, ne sont pas complètement incompréhensibles à l’homme et ne sont pas interdits d’en-quête. La grâce est la meilleure compagne de la révélation. Le mystère s’offre à la gnose. Pour peu que l’on décide de s’affranchir des limites de la Raison. Le mystère a ses raisons que la raison ne peut connaître, du moins la raison des philosophes. Y a-t-il une raison spéciale pour les théologiens ? C’est possible. Auquel cas, il faudra élucider cette énigme. A moins qu’il ne s’agisse aussi d’un élément du mystère.

La foi authentique doit se baser sur deux interprétations, celles du vécu personnel et celles des signes du divin laissés par les prophètes et les œuvres humaines, consignés dans les Ecritures, fixés dans les dogmes et les écrits légués par les docteurs de la foi. Lorsque le vécu rejoint la théologie, c’est comme si en science l’expérience rejoint la théorie. Il se produit un accord mystérieux mais en science, il s’agit d’ajustements. La foi est du domaine de l’Ethos, la science du domaine de la technique. La science peut néanmoins s’accorder avec la théologie sans pour autant nourrir la foi. Lorsqu’on est émerveillé par le vol d’un oiseau, la forêt ou les mathématiques de la physique, ce n’est pas parce que ces choses possèdent le merveilleux mais parce que notre esprit est pénétré d’une capacité d’émerveillement qui s’accorde à tout ce qui s’y prête, y compris les harmonies de Bach, Mozart ou Hindemith. La Nature peut agir sur son domaine propre. Le magnétisme d’un corps peut influer sur un autre corps. Mais l’émerveillement, la grâce, la révélation et toutes ces mystérieuses choses relèvent du domaine de l’Esprit.

C’est cela le Mystère et bien d’autres choses, racontées dans les écrits des sages et des prophètes. Les livres sacrés d’Occident et d’Orient recèlent tous une part de mystère. Pour un chrétien, le mystère fondamental, c’est celui de la Trinité. Un mystère dont le sens échappe aux croyants et qui ne se laisse pas interpréter avec les limites de la raison. La Trinité désigne trois Personnes divines, le Fils, le Père, le Saint-Esprit. Ces trois personnes sont distinctes mais consubstantielles et d’égale dignité. Cette Trinité n’a pas de sens pour un philosophe rationaliste. Elle a pourtant une signification mais pour cela, il faut reconnaître que la raison est impuissante à expliquer le mystère et si elle pouvait le faire, le mystère deviendrait une énigme résolue, ce qu’il n’est pas, Dieu merci ! On notera que dans la physique quantique une situation similaire se produit. Le monde quantique est décrit avec des fonctions d’onde. On ne sait pas ce qu’elles représentent mais on sait que pour prédire certaines expériences, cela fonctionne.

Que puis-je vous dire sur le mystère de la Trinité ? C’est qu’il peut fonctionner, à l’instar de la mécanique quantique mais avec une différence essentielle. C’est que derrière la Trinité, il y a non pas la Nature docile et ses énigmes mais le mystère et un « Dieu » libre. Il ne faut pas tenter de comprendre ce « Dieu trinitaire » avec des images ordinaires. La Trinité possède une efficace dans le temps. Si cette efficace s’est produite avec un éclat particulier il y a 2000 ans, c’est qu’elle peut revenir à tout moment, sans pour autant revêtir un éclat particulier. Le mystère est grand et ses effets sont infinis.

Si la Trinité possède une efficace, celle-ci est triple. En vérité, le Fils est le Nom de la Création, le Saint-Esprit le Nom de la Révélation et le Père le Nom de la Rédemption. L’histoire des hommes est parsemée de témoignages attestant de ces trois catégories d’efficace. La Création se trouve souvent dans les œuvres musicales. Les compositions de Bach, Mozart, Debussy, ou King Crimson et Pink Floyd, relèvent du mystère. La Création est derrière d’autres œuvres. A chacun de les découvrir. La Révélation représente la vérité, l’accord si on veut, un accord entre les vibrations de la pensée et les choses pensées. Les équations d’Einstein ou de Dirac relèvent de la Révélation. Et la Rédemption, nul besoin d’aller la chercher très loin. Elle est l’efficace de la grâce, du bonheur, du pardon. Etre chrétien, ce n’est pas croire à la Trinité et écouter les pieuses paroles, c’est accueillir le mystère, lui ouvrir la porte lorsqu’il se présente ou alors aller le chercher surtout là où il ne se trouve pas.

Mes lignes improvisées avec inspiration sont celles d’un théologien libre penseur. Il est fort probable que ces propos n’aient rien de neuf, étant déjà écrits quelque part. Tout comme ceux qui suivent sur une certaine interprétation de la Trinité.

Dans la Trinité, le Fils désigne aussi le Verbe (créateur si vous voulez). L’Esprit-Saint, ou Paraclet dans les Evangiles, représente un intercesseur, un avocat. Le Père représente l’efficace de la Justice divine. L’Esprit-Saint possède une dynamique « théophysique », une sorte de « spin théologique » que les gnostiques et les pères de l’Eglise désignent comme spiration. Le Paraclet possède une double face, avocat pour l’homme, juge pour l’Eternel. L’homme est libre de ses actes. L’Eternel est libre de juger. Certains philosophes comme Schelling ont glosé sur la liberté de Dieu.

Autre note pour clore ces modestes éléments de théologie. Le Verbe est souvent associé au Logos et c’est une erreur pour qui a compris la Trinité. Il y a Le Verbe, le Logos et l’Eternel. Le Verbe est associé à la Création, le Logos est associé à l’Esprit de Vérité, l’Eternel est associé à la « Gravité » (cette Gravité étant à prendre dans plusieurs sens). La théologie trinitaire doit aussi inclure la dimension du Temps. L’Eternel ne peut pas créer, il a besoin du Verbe qui lui, dépend du temporel et prend son temps. Il a fallu deux milliards d’années pour passer des origines de la vie à l’humain. Le Verbe peut se comprendre à partir de la notion d’autoconstituant extraite des éléments de théologie de Proclus. Temporel et éternel à la fois.

Il n’y a pas deux cités comme le pensait Augustin mais deux temporalités. La première est celle du temps terrestre, physique, charnel ; ce temps du verbe immanent, qui construit mais aussi peut détruire à l’image du dieu païen Kronos. Le verbe immanent est historique ; il est même le temps comme efficience. Le verbe agit avec le temps. Ensuite, le mystère advient quand c’Est le Temps. Ou alors il n’advient pas. L’accord entre le verbe immanent et le mystère reste un mystère qui pourrait s’éclaircir en partie, révélant alors un autre mystère. Le verbe immanent est indispensable à la Création, il se nourrit d’expériences temporelles et d’informations pour parler en terme de nouvelle physique.

N’oublions pas que Jésus fut le fils de l’Homme avant d’être Fils de Dieu. On pourrait dire maintenant qu’il fut le fils du temps. Deux milliards d’années entre la vie et l’apparition de l’homme. Une paraphrase d’une célèbre formule. Rendre à Darwin ce qui est à Darwin et au Mystère ce qui est au Mystère.

L’efficace du mystère suppose une temporalité qui obéit au principe de l’attente et à la vertu théologale de l’espérance. La patiente n’est qu’une vertu cardinale qui organise l’existence temporelle. Quand le train n’est pas encore arrivé, il faut juste être patient. Quand on construit une œuvre, il faut aussi jouer de la patience. Le mystère possède une efficace qui « influe » sans que l’on ne puisse en déterminer le moment, la fréquence, l’intensité ou même la longue absence. Le mieux est d’espérer sans passer son temps à attendre et agir au mieux avec sa volonté. Et ne jamais renoncer à l’espérance. C’est l’enseignement que l’on peut tirer du livre de Job. Le mystère n’est plus adapté à notre époque où l’individu est devenu impatient, se presse à en devenir capricieux et se détourne de l’attente en s’aliénant dans les divertissements et le consumérisme pour satisfaire ses désirs immédiats.

Suggestions de lectures

Whitehead, Procès et Réalité

Rosenzweig, l’Etoile de la Rédemption

Moltmann, l’Esprit qui donne la vie


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83 réactions à cet article    


  • P-Troll P-Troll 3 avril 2015 11:11

    Les sociétés indo-européennes antiques ont, chacune, défini une triade de divinités majeures qui reflètent, au niveau du sacré, les fonctions tripartites indo-européennes autour desquelles s’organise ces sociétés qui reflète la tripartition fonctionnelle de ces sociétés :

    la fonction religieuse liée au sacré (le saint-esprit) ;

    la fonction militaire liée à la force (le fils) ;

    la fonction productrice liée à la fécondité (le père).

    Les religions sémitiques, elles, sont caractérisées par leur  monothéisme exclusif (comme le judaïsme).

    Le mot « trinité » n’appartient pas au vocabulaire des premières communautés chrétiennes.

    C’est Tertullien, au 3ème siècle, qui introduit le terme Trinitas dans le lexique théologique latin, et c’est avec l’arianisme, au début du 4ème siècle, qu’enfle la polémique, et l’usage du mot.


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 3 avril 2015 11:34

      @P-Troll

      La tripartition de Dumézil à laquelle vous faite allusion n’a rien de commun avec la symbolique de la Trinité Mitra et Varuna sont les dieux de la spiritualité Indra le dieu de la guerre les deux jumeaux Natasya ceux de la fertilité ces divinités en en correspondance avec la tripartition sociale, prêtres, guerriers, cultivateur

      Une tripartition n’est pas une trinité

      On la retrouve transposée et métamorphosée dans l’Ancien Régime, clergé, noblesse, tiers-état

      la trinité vient effectivement des Pères de l’Eglise qui avaient lu Plotin. La polémique avec l’arianisme a viré court en 325, avec le concile de Nicée


    • Abou Antoun Abou Antoun 3 avril 2015 11:44

      @P-Troll
      Les religions sémitiques, elles, sont caractérisées par leur  monothéisme exclusif (comme le judaïsme).
      Ce n’est pas une donnée primitive de la religion juive mais une évolution d’un Panthéon vers une divinité unique. Les religions païennes de l’antiquité suivaient d’ailleurs le même chemin, et elles auraient peut être abouti à des monothéismes si elles ne s’étaient heurtées à une concurrence plus ’moderne’ venue d’Orient, récupérée par Constantin.
      Pour les origines du judaïsme on peut consulter cette page.
      Ce mouvement d’alignement des Cieux n’a pas échappé à l’ami Georges :
      Le Grand Pan
      Perso je suis pour la spécialisation et le partage des tâches, au diable les monothéismes !
      Le christianisme est ambigu, personne ne sait vraiment qui est chargé de quoi dans cette étrange famille dont les les femmes sont absentes. Mais il faut dire que les pays latins ont remis les pendules à l’heure ; il s’agit réellement en Italie d’un monothéisme avec une déesse mère : la Madonna.


    • P-Troll P-Troll 3 avril 2015 12:03

      @Abou Antoun

      Le christianisme est un syncrétisme à géométrie variable adaptable à la région de monde dans laquelle il s’implante.
      Les anciens dieux deviennent des saints, mais ce ne sont pas les mêmes en Afrique, en Amérique du sud et en Europe.
      La Santeria cubaine est le plus bel exemple : les esclaves dupaient l’Église en laissant croire qu’ils vénéraient les saints catholiques, alors qu’en fait, derrière chaque saint, ils vénéraient un Orisha équivalent ; il en reste des avatars dans toute la région caraïbe.



    • Bernard Dugué Bernard Dugué 3 avril 2015 12:27

      @P-Troll

      Il n’y a pas de syncrétisme dans le christianisme

      le syncrétisme est inhérent aux pratiques religieuses et cultures locales. En bon chrétien, j’écoute religieusement Pink Floyd, mais ce n’est pas écrit dans les Evangiles qu’il faut écouter Pink Floyd


    • P-Troll P-Troll 3 avril 2015 13:25

      @Bernard Dugué

      « Il n’y a pas de syncrétisme dans le christianisme » ???

      Un exemple :

      Halloween est un héritage de la fête païenne de Samain qui était célébrée au début de l’automne par les Celtes et constituait pour eux une sorte de fête du nouvel an. A partir du 8e siècle, sous les papes Grégoire III (731-741) et Grégoire IV (827-844), l’église catholique a introduit la Toussaint en date du 1er novembre opérant un syncrétisme avec les fêtes de Samai.

      A l’origine la Toussaint était fêtée le 13 mai, jour anniversaire de la dédicace du Panthéon. Elle remplaçait la fête des ‘’Lemuria’’ de la Rome antique célébrée à cette date pour conjurer les spectres malfaisants.

      Il s’agit donc d’un double syncrétisme.

      Une croyance bretonne a même duré jusqu’au début du 20e siècle, selon laquelle les âmes des morts revenaient à la veille de la Toussaint et lors des nuits de solstice. Avant d’aller se coucher, on leur laissait de la nourriture sur la table et une bûche allumée dans le feu pour qu’ils puissent se chauffer. Cette croyance n’étant pas chrétienne, mais une survivance de Samain. Ça n’empéchait pas les recteurs bretons de dormir tranquilles.



    • Bernard Dugué Bernard Dugué 3 avril 2015 13:55

      @P-Troll

      Synchrétisme dans le culte qui se réclame de la religion chrétienne, oui, y compris avec les religions animistes en Afrique

      mais ce synchrétisme n’est pas dû au christianisme entendu comme doctrine théologique.


    • P-Troll P-Troll 3 avril 2015 15:15

      @Bernard Dugué

      Mais si : l’existence des saints (reconditionnement des anciens dieux locaux) qui induit la « communion des saints » est bien une doctrine théologique, non ?

    • Pascal L 3 avril 2015 17:38

      @P-Troll
      Les Saints ne sont jamais des Dieux. Ils sont des hommes/femmes dont la vie a été exemplaire et qui peuvent être cités en exemple. Puisque les chrétiens croient à la vie éternelle, il est normal qu’ils les considèrent comme vivants. Et puisqu’ils sont vivants, on peut les prier pour servir d’intermédiaire avec Dieu.


      Il n’y a pas de syncrétisme dans l’Eglise mais une volonté de respecter la culture des personnes converties, tout en restant fort sur les dogmes. La Toussaint remplace une fête païenne, certains rites sont issus de traditions païennes, soit, mais le contenu théologique de la Toussaint est authentiquement chrétien.

      De toutes façon, la manière d’appréhender Dieu est en constante évolution pour les Chrétiens. Les dogmes représentent un état de l’art qui fait consensus dans l’Eglise d’aujourd’hui, mais rien empêche de proposer une évolution de cette pensée. Le consensus mettra sans doute très longtemps à s’établir (parfois plusieurs siècles), mais si l’idée est juste, elle fera son chemin. Les Chrétiens sont les héritiers de plusieurs millénaires de recherche de Dieu. L’idée que Dieu existe ne s’est pas faite en un jour.

    • P-Troll P-Troll 3 avril 2015 17:50

      @Pascal L

      «  Il n’y a pas de syncrétisme dans l’Eglise mais une volonté de respecter la culture des personnes converties, tout en restant fort sur les dogmes. »

      J’ai toujours été béat d’admiration devant les Jésuites.
      Ils te renversent une crèpe sans faire couler la confiture !

    • Pascal L 3 avril 2015 19:18

      @P-Troll
      « J’ai toujours été béat d’admiration devant les Jésuites. »


      Je vous laisse faire la démonstration que des éléments de théologie païenne se retrouvent dans la fête de la Toussaint.

    • Albar Albar 3 avril 2015 22:05

      @Bernard Dugué

      Pourquoi tant d’effort pour tout compte fait ne convaincre personne ? Le mythe de la trinité, car s’en est un, nous laissera toujours dans l’embarras, ce qui est certain c’est qu’elle a pour origine ou pour le moins une relation étroite avec la crucifiassion du Christ qsssl, la poutre en croix que les romains utilisaient comme moyen de faire souffrir et donner la mort, devenue malheureusement symbole de la chrétienté, une relique qui n’a rien avec le message du prophète trahi par les siens.

      La religion monothéiste est une, et c’est Abraham qsssl qui usa le premier du terme de musulmans, priant Dieu que toute sa descendance ne suivra que la voie de l’islam, ce que justement tous les prophètes ont fait, depuis Moise, Jacob, le Christ et Mohamed qssse ; Mais au lieu de cela le christ fut remplacé par une relique en bois pour les chrétiens, et les juifs ont suivi yehuda, un des fils de Jacob, celui-ci s’en est écarté du vœu de son père, a savoir ’’ mourir qu’en étant musulmans ’’. 

      Je vous invite à lire Roger Garaudy ou Jacques Berque, deux libres penseurs qui ont su trouvé la voie de la vérité, et ce, par leur propre quête de celle ci. 


    • Abou Antoun Abou Antoun 3 avril 2015 22:32

      @Albar
      Garaudy et Berque n’ont pas droit à du qsssx ?


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 4 avril 2015 05:32

      @P-Troll


      « Les sociétés indo-européennes antiques ont, chacune, défini une triade de divinités majeures »

      OUI. Car il y a une relation trine fonctionnelle fondamentalle qui antécède les dieux qui l’expriment.... On peut en faire ce qu’on veut. Catholiques et Orthodoxes ont choisi d’en faire la base du Grand Schisme de la chrétienté.... !

      PJCA



    • Manu 16 avril 2015 17:14

      @Bernard Dugué

      Et si « Dieu » n’était pas trinitaire ? Tant de spéculations pour rien. Car avant de sonder ce mystère, ne serait-il pas judicieux de vérifier si celui-ci existe ?

      Dieu ne serait-il pas tout simplement mystérieux pour ceux qui ne le connaissent pas ?


    • Manu 16 avril 2015 17:21

      @Albar

      Je vous invite à lire Olaf, « Le grand secret de l’Islam ».


    • Crab2 3 avril 2015 11:34

      L’archevêque de Paris dénonce « l’élimination de toutes les religions de l’espace public  »
      L’actualité récente de la justification par la RATP de son refus d’une mention des chrétiens d’Orient sur une affiche publicitaire* a inspiré l’homélie du cardinal André Vingt-Trois lors de la messe chrismale mercredi 1er avril

      Suites : Sauver l’humanité

      http://laicite-moderne.blogspot.fr/2015/04/sauver-lhumanite.html

      ou sur

      http://laiciteetsociete.hautetfort.com/archive/2015/04/03/sauver-l-humanite-5596266.html




      • OuVaton OuVaton 3 avril 2015 11:42

        Ah le paraclet. Il faut lire Héloïse ouille !


        • Bernard Dugué Bernard Dugué 3 avril 2015 12:36

          @OuVaton

          ouille comme vous dîtes

          Pour le Paraclet dans la théologie chrétienne, il est préférable de lire les Evangiles


        • amiaplacidus amiaplacidus 3 avril 2015 12:01

          Désolé de venir jeter un pavé dans la mare.

          On nous présente un dieu d’amour, tout puissant.

          Lorsque l’on voit se qui se passe sur la terre, on doit bien convenir qu’il s’agit d’une contradiction fondamentale.

          - Admettons un dieu aimant, alors pourquoi y-a-t-il du malheur sur terre ?
          À cause d’un diable ? Dans ce cas, le dieu n’est pas tout puissant puisqu’un diable peut venir le contrecarrer !

          - Admettons maintenant un dieu tout puissant, alors il n’est pas aimant, plutôt sadique même. Que penser, par exemple, de l’église qui dit aux gens souffrant : « offrez vos souffrances à dieu », c’est vraiment le comble du sadisme pour ce dieu d’aimer se faire offrir des souffrances.

          - Ah, il aurait créé l’homme libre ? Mais alors, s’il est tout puissant, pourquoi n’a-t-il pas créé des créatures qui ne peuvent faire que le bien ? Serait-il un expérimentateur qui s’amuse avec une éprouvette ?

          Bref, toutes ces billevesées sur un dieu, son fils... ne sont que des enfantillages.


          • Bernard Dugué Bernard Dugué 3 avril 2015 12:21

            @amiaplacidus

            Votre critique sociale du phénomène religieux humain est légitime mais comme votre compère Abou du dessus qui ramène le religieux au politique, vous confondez les domaines et votre remarque comme celles du dessus et celles qui font arriver traduisent l’ignorance généralisé du domaine théologique par les Français.

            Ce qui est logique, le système éducatif a formé des ignares Le politique et l’idéologie économiste ont ainsi éliminé leur seul adversaire de taille apte à contrer leurs manoeuvres, le religieux et la puissance libératrice contenue dans le christianisme à laquelle vous passez complètement à côté


          • amiaplacidus amiaplacidus 3 avril 2015 13:58

            @Bernard Dugué

            Je suis agnostique, mais certainement pas un ignare en matière de religion, d’origine protestante, je peux vous assurer que j’ai été gavé de bondieuseries durant mon enfance. Mais, il faut être honnête, j’y ai aussi appris le libre arbitre et la réflexion personnelle.

            Et ces réflexions m’ont conduit à ma position : c’est au dessus de la compréhension humaine de savoir s’il existe ou non une (ou plusieurs) quelconque(s) déité(s). Et de toute façon, c’est une question totalement oiseuse.
            Et si cette (ces) déités(s) existe(nt), elle(s) est (sont) bien loin des religions humaines, quelles qu’elles soient. Mettons, pour simplifier, que je pencherais assez pour ce que nous dit Spinoza.
            Le bouddhisme pourrait aussi être une de mes références, mais le bouddhisme n’est pas vraiment une religion, de toute façon, le bouddhisme ne reconnaît pas de dieu créateur.

            Sur un plan plus strictement pratique, je fais un peu l’inverse du pari de Pascal : j’essaie de ne jamais faire souffrir qui que se soit, alors, si un dieu existe, je ne risque pas grand chose et s’il n’existe pas, je n’aurais pas perdu du temps à des rites et cérémonies inutiles.


          • Abou Antoun Abou Antoun 3 avril 2015 15:12

            @Bernard Dugué
            et la puissance libératrice contenue dans le christianisme
            La religion n’est qu’asservissement.


          • Yurf_coco Yurf_coco 3 avril 2015 16:56

            @Bernard Dugué

            « vous confondez les domaines et votre remarque comme celles du dessus et celles qui font arriver traduisent l’ignorance généralisé du domaine théologique par les Français. » 

            -> Vous semblez confondre vous mêmes certaines choses : La religion n’est pas la Culture

            Ce que vous appelez joliment « domaine théologique », telle une science, relève en réalité du domaine de la CROYANCE. 

            Je vous arrête tout de suite dans votre pensé : Je ne parle pas de l’Histoire humaine et de ses relations avec les religions, mais bien de votre article qui n’est pas du domaine de la Culture mais de la croyance.

            Libre à chacun d’être un As de la culture de ces CROYANCES, mais ça ne fera pas de cette personne une personne cultivé.

            C’est drôle cette façon de passer SA croyance pour de la Culture. 

            Vous le dites de manière non détourné : si on ne connait pas VOTRE croyance on est ignare... Typique du nombrilisme religieux.

            « Ce qui est logique, le système éducatif a formé des ignares Le politique et l’idéologie économiste ont ainsi éliminé leur seul adversaire de taille apte à contrer leurs manoeuvres, le religieux et la puissance libératrice contenue dans le christianisme à laquelle vous passez complètement à côté »

            -> Amen, l’érudit à parlé. Donc d’après vous, la religion est libérateur ? 

            On parle bien de ce truc ou il faut suivre les dogmes, s’enfermer dans des règles inventé par l’homme ?

            Ou le non croyant finis en enfer ? Pour souffrir pour l’éternité ? C’est de cette libération là qu’on parle ? 

            Moi j’appel ça du chantage. Le jour ou une religion me parlera d’amour sans « mais » ou « sinon », j’accepterai de l’écouter.


            Pour être plus léger, (mais toujours dans la dérision, satané libre arbitre) moi j’adore un truc. C’est comme les films américains, il y a une météorite qui tombe sur la planète, faut que se soit à New-York.

            La religion c’est pareil : On a un super Dieu catho (pardon, LE dieu), qui a créer l’univers, le monde et l’Homme tout ça... Il a ensuite dicté ses dogmes à l’homme, celui-ci devant les respecter sous peine de mal finir... la bible regorge d’exemples qui ont mal finis...

            Donc je veux dire... déjà il a pas choisi la super époque... Il aurait balancé un tweet de nos jours pour nous prévenir, ça aurait été plus efficace... Parce que c’est quand même une info importante !!!!! On risque tous d’aller en enfer quoi !!!!

            C’est quand même bizarre qu’il ne soit intervenu qu’il y a 2000 ans, tandis que l’homme existe depuis plusieurs centaine de milliers d’années... Et qu’il a « un peu » oublié à l’époque d’informer les indiens d’Amériques, les chinois, les africains... 

            Votre Dieu, ne serait il pas un peu raciste par hasard ? Soit c’est ça, soit c’est le catho qui se prends pour Dieu...


          • Pascal L 3 avril 2015 18:03

            @amiaplacidus
            « j’essaie de ne jamais faire souffrir qui que se soit »

            C’est déjà pas mal, mais la proposition de Dieu va beaucoup plus loin : Il ne suffit pas d’être entre indifférent ou respectueux vis-à-vis de son voisin, il faut aussi l’aimer. 

             Le chemin vers Dieu peut être inscrit dans les livres, mais Dieu se vit d’abord par une expérience personnelle de son amour. Et ce n’est pas parce que vous n’avez jamais rien observé qui ressemble à ça que d’autres ne peuvent pas le ressentir. Dieu ne vous juge pas, il vous aime. 

             Le pari de Pascal n’est pas suffisant. Si vous faîtes le bien par intérêt personnel, vous risquer de passer à côté de l’essentiel et vous risquer de rejeter l’amour de Dieu lorsqu’il se présentera. Vous vous plaignez que Dieu n’a pas fait l’humanité aimante, mais, vous même, êtes-vous prêts à aimer l’humanité ? Etes-vous prêt à abandonner votre liberté pour que ce monde soit meilleur ?

          • Allexandre 3 avril 2015 20:35

            @Yurf_coco
            Vous avez bien répondu et cerné l’imposture. L’auteur pense détenir une intelligence supérieure parce qu’il utilise un jargon théologico-intellectuel, un charabia que lui seul comprend. Mais qu’est-ce au juste que la théologie ? Une science ? J’en doute fort. Une philosophie ? Pas davantage. C’est une étude poussée des textes dits « sacrés », dont personne ne peut vérifier l’authenticité d’une soi-disant parole divine. Beaucoup de temps passé à étudier du doute. Mais la foi n’a rien à voir avec l’intellect. Les personnes qui ont la foi relèvent de la métaphysique et du psychique. La raison et l’intelligence sont étrangères à cette croyance issue d’une éducation formatée et souvent d’un besoin intrinsèque de se rassurer ou de trouver des réponses strictement personnelles (et donc respectables) au sens à donner à la vie. Mais comme vous le soulignez très bien, Dieu est un tantinet paresseux. Il s’est manifesté assez tardivement au regard de l’histoire de l’humanité, et en plus, son périmètre d’action ne dépasse pas un rayon de 200 km. Il aurait pu penser aux Amérindiens, aux Chinois, aux Africains (berceau de l’Humanité quand même). Eh bien non. Il a choisi des Sémites et personne d’autre. Tout ceci est bien restrictif. Je ne sais si les grands théologiens ont étudié cette question qui mériterait une grande attention, quand bien même les desseins de Dieu sont impénétrables !


          • Abou Antoun Abou Antoun 3 avril 2015 21:09

            @Allexandre
            Excellente mise au point.
            Mais qu’est-ce au juste que la théologie ? Une science ? J’en doute fort. Une philosophie ? Pas davantage. C’est une étude poussée des textes dits « sacrés », dont personne ne peut vérifier l’authenticité d’une soi-disant parole divine.
            Dieu, peut être tout sauf un sujet d’étude. On peut se spécialiser à la rigueur dans l’histoire des religions, qui est un sujet intéressant, devant assez normalement déboucher sur l’agnosticisme.


          • JC_Lavau JC_Lavau 3 avril 2015 21:10

            @Allexandre

            D’autant que le médecin de Loudéac a renoncé à prescrire des suppositoires aux égorgeurs de cochons des abattoirs Guérin quand ils sont grippés : car les voies du saigneur sont impénétrables.


          • amiaplacidus amiaplacidus 3 avril 2015 21:28

            @Pascal L qui dit :

            "Vous vous plaignez que Dieu n’a pas fait l’humanité aimante, mais, vous même, êtes-vous prêts à aimer l’humanité ? Etes-vous prêt à abandonner votre liberté pour que ce monde soit meilleur ?"
            .

            Puis-je vous rappeler ce que j’ai écrit plus haut :

            - Ah, il aurait créé l’homme libre ? Mais alors, s’il est tout puissant, pourquoi n’a-t-il pas créé des créatures qui ne peuvent faire que le bien ? Serait-il un expérimentateur qui s’amuse avec une éprouvette ?


          • Pascal L 3 avril 2015 23:51

            @amiaplacidus
            «  pourquoi n’a-t-il pas créé des créatures qui ne peuvent faire que le bien ? »

            L’homme fait parti du monde animal où la notion de bien ou de mal n’existe pas. Le prédateur mange ses proies sans se poser de questions. La notion de bien et de mal est apparue très tardivement avec la notion de transcendance de Dieu. Sans Dieu, on peut toujours considérer que sa propre jouissance est le bien et que les autres peuvent être considérés comme des objets de jouissance. Dieu nous propose de remplacer ce « paradis de jouissance » par l’espérance d’un « paradis d’amour ». 
            Le problème est que ce paradis d’amour est difficile à obtenir. L’homme découvre petit à petit que pour y arriver, il ne peut plus tuer son frère, puis qu’il ne peut plus tuer son voisin et maintenant qu’il ne peut plus tuer ses ennemis. L’homme reste libre de choisir cette voie. S’il ne l’était pas, il serait un automate.
            La notion de résurection est apparue lorsque l’homme a compris que ce paradis promis ne pouvait pas être sur terre. Nous avons l’espérance d’un paradis, pas une certitude. Nous savons seulement que si ce lieu existe, il répondra à vos attentes sur le bien. Encore faut-il pour y arriver ne pas rejeter l’amour que Dieu nous offre dès maintenant. Dieu offre son amour à tous, il ne règle pas nos vies.


          • Donbar 4 avril 2015 08:27

            @amiaplacidus
            ne trouvez-vous pas que lors du passage de l’Ancien Testament au Nouveau, Dieu a bien changé de caractère ? ou d’éthique ? Serait-ce un effet de la paternité ? Encore un prétendu mystère, c’est-à dire une bouillie conceptuelle dans laquelle on peut se vautrer et patauger dans les siècles des siècles.


          • Donbar 4 avril 2015 08:48

            @amiaplacidus
            D’accord avec vous sur les déités, amicusplacidus ; pour ma part le catholicisme imposé dès l’enfance n’ a été en rien un apprentissage du libre arbitre ni de la reflexion personnelle. Avec le recul je n’y vois qu’une entreprise de crétinisation à coup d’histoires tordues, de dogmes affligeants et de « mystères » qui sont autant d’impasses inavouées. Libre arbitre et reflexion ont bien plus profité de l’enseignement reçu dans les lycées de la République (littérature, philosophie, sciences). Quelle libération !


          • JC_Lavau JC_Lavau 4 avril 2015 12:16

            @Donbar.
            « Halte-là mon frère ! Tout ceci sent le libertinage ! »


          • ZEN ZEN 3 avril 2015 12:19

            Que puis-je vous dire sur le mystère de la Trinité ? C’est qu’il peut fonctionner, à l’instar de la mécanique quantique mais avec une différence essentielle. C’est que derrière la Trinité, il y a non pas la Nature docile et ses énigmes mais le mystère et un « Dieu » libre.

            Mein Gott !
            Heisenberg revient !


            • Bernard Dugué Bernard Dugué 3 avril 2015 12:23

              @ZEN

              Pour Heinsenberg devrait revenir dans ma phrase il y a marqué « différence essentielle » (sous entendu, avec la MQ) vous ne savez pas lire, aie, c’est ennuyeux pour vous


            • Bernard Dugué Bernard Dugué 3 avril 2015 12:24

              @Bernard Dugué

              rectificatif

              Pourquoi Heisenberg devrait-il revenir.....


            • JC_Lavau JC_Lavau 3 avril 2015 22:20

              @ZEN.

              Grave question ! Qui l’emporte en connerie, la sainte dualité ou la sainte trinité ?

              Etant du métier, je ne canonne usuellement que la « dualité », imposture fort lourde, dont l’absurdité extorque à chacun de nos étudiants un coût injustifiable.

              La trinité des cathos, je m’en suis débarrassé à l’âge de douze ans et demi, donc elle n’avait plus aucun pouvoir, plus rien pour me déranger. Ce n’est que lorsqu’un Dugué revient nous casser les oreilles avec, que je hérisse mes piquants. Donc oui, la trinité des cathos est encore plus Kolossalement idiote que la sainte dualité de Bohr et Heisenberg.


            • cathy30 cathy30 3 avril 2015 12:26

              1 Jean 5:7 (nouveau testament version Ostervald)

              Car il y en a trois qui rendent témoignage dans le ciel, le Père, la Parole, et le Saint-Esprit, et ces trois-là sont un.

              Lisez la bible, c’est le meilleurs moyen de savoir que Jésus est Dieu, et qu’il nous a laissé son Esprit en partant, afin d’être toujours avec nous.
              Dieu est mort à notre place, comme un sacrifice vivant. Jésus est l’image de Dieu, comme l’homme a été créé à l’image de Dieu.

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