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Accueil du site > Actualités > Religions > La gnose, rencontrer Dieu sans les religions

La gnose, rencontrer Dieu sans les religions

 La morosité du ciel et de l’existence ne doit pas nous persuader que la lumière n’est pas en ce monde. L’espérance dans le progrès technique et social s’est estompée. La plupart tentent de préserver leur situation et les plus exposés sont placés à côté du système économique, dans les marges du RSA et de la précarité. Il est parfois difficile de regarder droit dans les yeux de l’esprit ce monde si incertain et souvent cruel. La pénombre en devient aveuglante. L’attente d’un avènement qui ne vient pas est asphyxiante. Les hommes sont incertains et la société liquéfiée n’offre pas de levier solide pour construire un royaume. Mais qui sait, la lumière serait-elle au fondement de la vie et de l’existence ? Matière et lumière, corps et esprit, et les divines surprises de la vie. C’est lorsque le soleil est au plus bas que la lumière se fait plus désirable, celle des guirlandes illuminants magasins et rues achalandées mais aussi cette ineffable lumière tant prisée des mystiques et qui semble jouer avec notre conscience. L’hiver se dessine comme une longue nuit après le crépuscule et résonne de toute sa pénombre avec les signes d’une civilisation déclinante. Tandis que l’ascension des médias se poursuit et qu’on se demande si les deux ne sont pas liés. Les nouvelles diffusées par les grands journaux papier, parlés et télévisés, incite le voyageur pénétré de vérité à plonger dans une misanthropie intempestive tant la laideur des gens transparaît. Pourquoi les médias ont-ils tendance à ajouter de la laideur au monde ? Ou alors, en inversant à la Spinoza le constat, je dirais que le monde tel que je le perçoit rapporté par les journaux me paraît enlaidi. 

 Je me demande, maintenant, si les fenêtres médiatiques ne rencontrent pas leurs limites lorsque passé un certain niveau de conscience et d’intellection du réel, elles semblent réduire les choses et même les dégrader au lieu de les mettre en avant et si c’est nécessaire, de les magnifier, de leur conférer cette épaisseur phénoménologique leur permettant de pénétrer les sujets pour les rendre éclatantes de vérité. Quand je regarde l’écran et écoute le poste, j’ai le sentiment d’une vision déformée, parfois simpliste, semblant émanée de personnalités suintant le narcissisme, la comédie et parfois la mauvaise foi et l’arnaque. Serais-je enfin en capacité de développer ce fameux contrepoison dont parlait Platon dans le livre X de la République ? Un contrepoison permettant de déjouer les ruses de la manipulation et qui jouerait non seulement dans le registre émotionnel mais aussi dans la sphère intellectuelle. Il y a deux processus de vision du monde, l’un qui réduit et rétrécit, l’autre qui ouvre et amplifie. Un peu à l’image des deux miroirs, convexe et concave. L’un réduit l’image en écartant les rayons externes, l’autre les concentre, rassemblant les perceptions avec toute leur diversité et leur richesse, pour un entrelacs des choses leur permettant de dévoiler une vérité à travers leur complexité. Y aurait-il une théorie de la relativité du voir à élaborer ? L’accès au monde grâce aux médias ne produit pas le même effet. Prenez deux individus et placez-les face à une série de séquence télé et radio. L’un aura le sentiment d’agrandir sa vision du monde et l’autre aura l’impression d’être emprisonné et mutilé dans son élan gnostique.

 Si dans les Confessions d’Augustin on trouve une apologétique, on rencontre également quelques éléments de gnose, comme également dans La cité de Dieu. Ce qu’on retient chez cet auteur, c’est l’opposition entre deux mondes, celui physique (naturel), matériel et temporel et l’autre, divin ; cité céleste opposée à la cité terrestre. Cette opposition se dessine dans le champ de la morale théologale : « Deux amours ont bâti deux cités : celle de la terre par l'amour de soi jusqu'au mépris de Dieu, celle du ciel par l'amour de Dieu jusqu'au mépris de soi. L'une se glorifie en elle-même, l'autre dans le Seigneur. L'une en effet demande sa gloire aux hommes ; l'autre tire sa plus grande gloire de Dieu, témoin de sa conscience. L'une, dans sa gloire, redresse la tête ; l'autre dit à son Dieu : Tu es ma gloire et tu m'élèves la tête. L'une dans ses chefs ou dans les nations qu'elle subjugue, est dominée par le désir de dominer ; dans l'autre, on se rend service mutuellement dans la charité, les gouvernants en prenant les résolutions, les sujets en obéissant. L'une, dans ses puissants, chérit sa propre force ; l'autre dit à son Dieu : "Je t'aimerai, Seigneur, toi ma force. » (La cité de Dieu, XIV, 28) 

 On aura reconnu la marque du manichéisme, doctrine distinguant le bien et le mal en les concevant comme inconciliables, l’homme étant alors fait d’un corps mauvais et d’une âme immortelle appartenant au royaume de la lumière. La doctrine de Mani est une gnose. Qui influença le jeune Augustin qui s’en démarqua pour une pensée profondément chrétienne. La vision gnostique le conduit à évaluer distinctement tenants et aboutissant de deux cités. Deux ressorts distincts, la domination pour l’une, la charité pour l’autre. Deux dispositions morales, l’amour de soi au détriment de Dieu, et l’amour de Dieu au mépris de soi. On se situe dans le registre vouloir, aimer et agir. Augustin, comme tous ceux qui ont fréquenté la gnose, ont certainement commis l’erreur de déduire l’ontologique et le théologique à partir de la connaissance du monde. Quant aux modernes, ne pourrait-on dire qu’en sacrifiant la gnose au nom de la rationalité et de l’empirisme, avec l’appui des scientistes, ils ont détruit l’ontologie et la théologie ? Il fallait retrouver la vision, ou du moins une manière de Voir et c’est cette tâche qui occupa pendant des décennies Husserl, le fondateur de la phénoménologie.

 La voie phénoménologique permet d’envisager une instauration, voire une restauration du sujet gnostique. Chacun possède une propension pour voir le monde plutôt radieux ou alors assez sombre. Le psychisme oscille souvent entre l’une et l’autre option. La tonalité radieuse de la vision est causée par sujet mais elle lui échappe le plus souvent. Les contenus de la conscience échappent pour une part à la compréhension rationnelle, recélant une part de mystère. La phénoménologie mène-t-elle à Dieu ?

 Je décide d’interrompre cette réflexion, non pas parce qu’elle est inintéressante, ni même vaine, ni encore stérile ou inutile. La cause étant que la vérité est trop évidente pour ne pas être exposée. Quand on part à la recherche de Dieu, c’est soi-même qu’on cherche et chaque fois qu’on se trouve, on trouve Dieu. Le reste, eh bien disons qu’à travers les religions instituées, ce qu’on trouve le plus souvent, c’est l’illusion, la névrose, voire le délire d’une communauté qui s’est fourvoyée sur Dieu. En ce sens, la religion instituée est le plus souvent un facteur de perdition car elle est élaborée et propagée par des religieux égarés ou alors avides de pouvoir sur les âmes. La religion instituée n’est que le partage de névroses et d’égarements. La vraie religion est un chemin entamé par une libre délibération du pèlerin. Et pour délibérer, il faut connaître. Dieu est un transfini qui s’offre aux gnostiques et que les gnostiques trouvent chacun d’une manière personnelle. 

 


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125 réactions à cet article    


  • Robert GIL ROBERT GIL 25 juin 2012 10:45

    Il n’y a pas que la religion ou la croyance qui peut donner un sens à la vie. Heureusement. Il y a tout simplement l’humanité, la collectivité, la solidarité, la fraternité.................
    http://2ccr.unblog.fr/2012/03/24/sur-les-religions/


    • kriké 25 juin 2012 11:59

      "la collectivité, la solidarité, la fraternité.."

      Et la cohérence

      Lorsque l’on est incapable de se prendre en mains et que l’on se contente d’attendre le sauveur suprême, il ne faut pas venir se plaindre.

      Les pauvres ne veulent pas s’occuper de politique et préfèrent que d’autres décident pour eux,

      Bouche bée devant l’écran plasma qu’ils ont acheté à crédit, ils écoutent le discours stéréotypé du candidat qui leur promet ce qu’il ne tiendra pas.

      Ils ont horreur du changement et préfèrent voter pour ceux qui les exploitent

      Les plus pauvres s’appliquent même l’autocensure : ils ne vont pas à une réunion syndicale pour ne pas déplaire à leur patron


    • Chiitedeservice subcommandante 25 juin 2012 13:01

      Plus je lis les articles athées plus je vous trouve arrogant, orgueilleux et triste smiley
      L’Islam pour les nuls, et les maitre de la gnose c’est chez nous : Islam

      Cordialement


    • Kalki Kalki 25 juin 2012 16:32

      Oh le gnostique et les autres oublient souvent de manger des pommes

      Vous avez trouvé une meilleur solution pour sauver le monde : franchement ? NON .... : le monde de la finance et sa part de valeur et d’économie virtuelle va autosuffisance et garantir la justice sociale.

      Kamoulox


    • Kalki Kalki 25 juin 2012 16:55

      Au pays d’adam smith - et de sa pomme, et de staline si tout le monde peut produire et manger des pommes

      le problème des pommes est réglé, c’est tellement simple que la technocratie ne peut l’appliquer, même au niveau local

      We must avoid a new wrong turn of cooperativism : the strategic danger of collaborative ‘consumption’

      Open platform for peer-driven food production needs your help

      C’est fort, ca sort pas d’un politique ou de l’ordre


    • kriké 25 juin 2012 20:17

      @ l" auteur

      rencontrer dieu
      Vraiment ambitieux et dangereux comme programme,il faudra réviser à la baisse ;
      ou alors vous dématérialisez pour de bon et encore.

       


    • PascalR 25 juin 2012 10:55

      Hou la la, j’ai la migraine (LOL).
      Dieu ne sera jamais qu’une question sans réponse, produite par un cerveau humain en lutte permanente avec ses frayeurs profondes.
      Quelle frayeur ? Et bien qu’en réalité, l’Humain n’est qu’une espèce vivante parmi des millions d’autres, biologiquement la plus fragile (en réaction, elle répond par la technologie), arrogante et hégémonique, seule dans un univers infini et froid, coupée du vivant.
      Avec ces casseroles aux fesses, l’Homo sapiens a de quoi flipper fort et de se racrocher à n’importe quelle branche qui pourrait un tant soit peu le rassurer sur sa véritable nature, en l’occurence l’existence d’un Dieu qui l’aurait créer à son image (pas beau non ?).
      En conclusion, l’Humain a ceci d’extraordinaire, il passe son temps à raconter et à se raconter des histoires.


      • luluberlu luluberlu 25 juin 2012 11:46
        • conclusion consubstantielle à ce qui distingue sapiens des autres eucaryotes et encore qui dit si les amibes ne se racontent pas leurs histoires, elle le font d’ailleursà la réflexion c’est évident, donc ma conclusion c’est que ce qui a d’extraordinaire c’est d’en être de cette histoire qui se raconte entre dieuzeus et les hommes, la danse des vents..

      • volpa volpa 25 juin 2012 11:04

        Qui a créé Dieu ? Telle est ma question.

        Dieu sert il a quelque chose oui ou non comme l’article que je viens de lire sur Agoravox au sujet des députés.


        • soimême 25 juin 2012 11:32


          C’est pas possible vous vous êtes donné le mot sur agora vox hier ?


          • alinea Alinea 25 juin 2012 12:48

            Non, juré, on ne s’est pas donné le mot ! C’est peut-être la « loi des convergences » !
            Après la folle futilité des élections, on a besoin de se recentrer !!


          • COVADONGA722 COVADONGA722 25 juin 2012 11:35

            Tous les hommes voudraient cheminer sur la route de la Connaissance.
            Cette route, les uns la cherchent, d’autres affirment qu’ils l’ont trouvée.
            Mais, un jour, une voix criera :
            « Il n’y a ni route ni sentier ! »



            O KAYYAM ; Rubayat


            • Pierre-Marie Baty Pierre-Marie Baty 25 juin 2012 13:42

              Bonjour

              Très joli poème avec lequel je suis d’accord. Je pense que c’est juste une question de compréhension... et enfin de choix.

              « Just jump in », comme disent les anglais... smiley


            • Jason Jason 25 juin 2012 11:35

              Dieu ? Mais c’est la finance ! Et la religion qui va avec.


              • luluberlu luluberlu 25 juin 2012 11:50

                pas la finance, le pognon, le blés le pèze la fraiche. çà te donne tout, les banquiers sont les grands prêtres..


              • luluberlu luluberlu 25 juin 2012 11:36

                "La cause étant que la vérité est trop évidente pour ne pas être exposée. Quand on part à la recherche de Dieu, c’est soi-même qu’on cherche et chaque fois qu’on se trouve, on trouve Dieu« 
                La conne clusion ne sera ce pas que »dieu c’est moi" ? ....et puis ne pas confondre église et religion, et dieu ou yhw dont on n’osait même pas émettre le son et l besoin irrépressible à Sapiens de combattre l’angoisse, donc la peur, de quoi.... ? it’s depents where you seat. Comme clavait l’autre.
                 Les questions ont, depuis le temps des rédacteurs du livre, trouvées pas mal de réponses. D’où venons nous ou allons nous et quoi sommes nous ..poussière oui, mais d’étoile, et çà çà a de la gueule.


                • alinea Alinea 25 juin 2012 12:51

                  luluberlu : Qui suis-je ? Ou vais-je ? Dans quel étagère ? aujourd’hui, j’ai moi aussi envie de le prendre comme ça. Bien à vous
                  ( quel, n’est pas une faute d’orthographe !)


                • luluberlu luluberlu 25 juin 2012 13:29

                  @ Alinéa : Aujourd’hui est un beau jour, et l’étagère confortable et légère à déménager..


                • Constant danslayreur 25 juin 2012 13:47

                  Avissse à la populationnne, j’ai un flag pour vous

                  Luluberlu fait une proposition mimi ou coquine ou cochonne (QCM) à alinea sous un fil sur la spiritualité, consistant en le déménagement d’icelle au septième ... arrondissement

                  Sûrement un adepte de l’accès à la connaissance par la sexualité

                  Déjà dehors en fait


                • Jason Jason 25 juin 2012 14:07

                  Constant, c’est Avisse à la copulation.


                • luluberlu luluberlu 25 juin 2012 14:12

                  @ Constant D : Jaloux ?....regret ? agnostique ? perspicace !.


                • alinea Alinea 25 juin 2012 14:53

                  Constant dans l’erreur : j’apprécie votre humour, vraiment ! Ce doit être une bonne journée !


                • ffi ffi 25 juin 2012 11:44

                  Justement, il me semble que Saint-Augustin se démarque clairement du manichéisme, lorsqu’il dit : « 2 amours ont produit 2 cités ».
                   
                  En effet, le manichéisme propose une mythologie de la création qui repose sur un conflit de substances : « le combat du Bien contre le Mal, le combat de la lumière contre les ténèbres, lequel engendra l’homme ». En revanche, le christianisme (ou le platonicisme) repose sur l’idée que c’est l’amour qui est créateur.

                  De fait, l’époque actuelle est déjà gnostique et manichéenne :
                  Le libéralisme -> la concurrence des agents économiques pour prospérer.
                  Le darwinisme -> la lutte des espèces pour évoluer.
                  Le marxisme -> la lutte des classes pour prospérer.
                  le suffrage universel -> la concurrence des partis pour gouverner.
                  la séparation des pouvoir -> la concurrences des pouvoirs pour gouverner.

                  De fait, la mythologie révolutionnaire-républicaine « les lumières qui combattent l’obscurantisme pour produire l’homme nouveau » est l’expression typique d’une mentalité gnostique et manichéenne.

                  J’appelle ceci les polémosophies modernes (du grec polémos : guerre, sophos : sagesse), la croyance selon laquelle le conflit engendrerait de la sagesse.

                  Ma foi, je n’y crois pas du tout.
                  L’artiste produit d’autant mieux qu’il a l’amour de son oeuvre.
                  L’amour est un acte de création par excellence.


                  • Gollum Gollum 25 juin 2012 12:03

                    De fait, la mythologie révolutionnaire-républicaine « les lumières qui combattent l’obscurantisme pour produire l’homme nouveau » est l’expression typique d’une mentalité gnostique et manichéenne.


                    Bien d’accord là-dessus. Mais l’Église elle-même en diabolisant un peu tout à tord et à travers a été manichéenne pendant longtemps et elle l’est encore. La Révolution est d’ailleurs née des excès de l’Église. 

                    Dans la mesure où celle-ci professe une séparation entre Dieu et l’homme, entre les élus et les damnés elle est manichéenne, elle maintient la dualité.

                    D’autre part le manichéisme n’est pas toute la gnose, elle en est même une version dégénérée. La véritable gnose est la recherche de l’Unité et donc l’adhésion à la non-dualité telle que professée par l’Hindouisme ou par un Maître Eckhart au sein du monde chrétien.

                  • soimême 25 juin 2012 12:08

                    Ce qui est affligeant c’est de lire des réponses aussi affligeante, aucune réflexions du papier collé, de la plus basse propagande cathos réactionnaire bon tiens, en rien du vécus !


                  • ffi ffi 25 juin 2012 12:13

                    J’ai encore deux à rajouter dans mon panel des polémosophies modernes (pensées gnostiques et manichéennes) :

                    - Le fascisme :

                    Fascism [...] conceives of life as a struggle in which it behooves a man to win for himself a really worthy place, first of all by fitting himself (physically, morally, intellectually) to become the implement required for winning it.
                    Le fascisme conçoit la vie comme une lutte dans laquelle il appartient à l’homme de gagner sa dignité par lui-même, avant-tout en se battant (physiquement, moralement, intellectuellement) pour devenir sa propre oeuvre.

                    Struggle is at the origin of all things, for life is full of contrasts : there is love and hatred, white and black, day and night, good and evil ; and until these contrasts achieve balance, struggle fatefully remains at the root of human nature. However, it is good for it to be so. Today we can indulge in wars, economic battles, conflicts of ideas, but if a day came to pass when struggle ceased to exist, that day would be tinged with melancholy ; it would be a day of ruin, the day of ending.
                    La lutte est à l’origine de tout, puisque la vie est pleine de contrastes : il y a l’amour et la haine, le blanc et le noir, le jour et la nuit, le bon et le mauvais ; Tant que ces contrastes continuent de s’équilibrer, la lutte restera à la racine de la nature humaine. Pourtant, il est bon que cela soit ainsi. Aujourd’hui, nous pouvons nous livrer à des guerres, des batailles économiques, des conflits d’idées, mais si un jour vient où la lutte cesse, ce jour sera teinté de mélancolie ; Ce sera un jour de ruine, ce sera la fin des temps.

                    (Mussolini, la doctrine du fascisme)

                    - Le nazisme : la lutte des races.


                  • ffi ffi 25 juin 2012 12:21

                    Soi-même,
                    ce qui t’afflige, c’est que mon argumentation t’a déplu, car elle a certainement brisé une de tes idoles, je suppose : Elle démasque d’un trait les diverses pseudo-philosophies modernes (en fait, des polémosophies), les déshabille de leur appareillage sophistiqué et en montre leur profonde unité conceptuelle.

                    Si tu veux parler de non-argumentation, c’est bien plutôt dans ton message qu’il faut regarder.


                  • ffi ffi 25 juin 2012 12:28

                    Gollum,
                    il ne me semble pas que l’église professe la séparation entre Dieu et l’homme, mais au contraire l’unité entre Dieu et les hommes, par l’obéissance des hommes à Sa Volonté, au sein du corps mystique du Christ (= l’Eglise).


                  • soimême 25 juin 2012 12:30

                    Ce n’est pas ton argument qui ma déçus, c’est que tu es affligeant dans tes certitudes !
                    Si tu ne voie pas de quoi je parles, c’est que tu as encore top de satisfaction personnelle !


                  • ffi ffi 25 juin 2012 12:56

                    C’est tout ce que tu as répondre ?

                    Tu es affligé, cela t’abat moralement ?
                    Mais tu devrais te réjouir ! Le vrai mal moral moderne est débusqué : nous sommes placés, par les idéologies modernes, dans un conflit perpétuel et absurde, alors qu’il nous suffirait de vivre par amour... C’est cela qui est affligeant.

                    Mais peut-être es-tu adepte du scepticisme ?
                    De cette polémosophie qui prône « Le combat du Doute contre la Certitude pour découvrir le Vrai »
                    C’est cela qui t’entretient dans la déprime, l’hésitation et l’affliction.

                    Au contraire, il faut aimer le vrai, et c’est ainsi que tu peux avoir des certitudes, et grâce à la prudence en tes actions, si tu t’aperçois qu’une certitude est erronée, tu va la corriger, par amour du vrai.

                    Note :
                    affliger -> latin ad- (renforce l’action) + fligo (frapper / heurter).
                    confligo -> laton con- (ensemble) + fligo = s’entre-frapper.
                    Si cela mes arguments t’affligent, c’est que les polémosophies modernes t’ont fait croire pour valide qu’il fallait te battre contre toi-même, et ton affliction vient du fait que tu combats en toi la certitude que je te donne. Mais le vrai, il suffit de l’aimer. Corriger l’erreur en soi ne fait pas mal, c’est au contraire très bon.


                  • soimême 25 juin 2012 13:03

                    Allez retourne à la maternelle !
                    La maitresse va de donné un bon point !
                     


                  • ffi ffi 25 juin 2012 13:19

                    Si au moins tu me donnais un argument qui montre l’erreur de mon approche, je pourrais changer d’avis, mais là, je ne vois rien de tel venir...

                    N’ayant rien à dire, tu tentes la carte du mépris et la dérision.


                  • soimême 25 juin 2012 13:20

                    Si tu ne voie pas de quoi je parles, c’est que tu as encore top de satisfaction personnelle !


                  • ffi ffi 25 juin 2012 13:23

                    Tu ne parles de rien. Il n’y a rien à voir.


                  • Pierre-Marie Baty Pierre-Marie Baty 25 juin 2012 13:55

                    Bonjour ffi,

                    J’ai lu vos échanges et votre mention de Saint Augustin et je brûle de vous poser une question.

                    Que pensez-vous de la doctrine de Pélage ?


                  • ffi ffi 25 juin 2012 15:02

                    Je ne connais pas tellement la doctrine de Pélage, m’étant plutôt penché sur l’histoire des sciences et de la philosophie.

                    A partir des fragments de doctrine que j’ai pu cueillir ici où là, je peux dire ceci :
                    Il me semble en effet faux d’estimer que l’homme a un parfait libre-arbitre. D’abord, il ne peut connaître parfaitement - son esprit a certaines limites. Ensuite, il est visible que les hommes ont des manies, des penchants récurrents, des habitudes, ce qui font que chacun tend à reproduire un acte qu’il a aimé faire, même si cet acte est mauvais.

                    C’est à peu près ce qu’exprime l’idée de concupiscence : du latin concupiscentia, participe présent de concupisco, variante de concupio avec con-, préfixe intensif, et cupio désirer, ce qui signifie donc « désirer ardemment », cela ressemble à la marque d’un manque. L’homme, livré a lui-même, est ainsi coupé de Dieu, et sa doctrine d’agir tend à le porter naturellement vers la recherche de jouissance physique, laquelle le rend malheureusement dépendant (le péché est un esclavage).


                  • Pierre-Marie Baty Pierre-Marie Baty 25 juin 2012 15:24

                    Merci pour votre réponse. Vous vous situez donc dans la même ligne que l’évêque d’Hippone et l’Eglise de Rome.

                    C’est un espace de débat intéressant (je précise que je ne suis pas d’accord avec vous, mais je respecte bien évidemment votre point de vue). J’espère avoir un jour l’occasion d’échanger avec vous sur ce sujet, pourquoi pas à l’occasion d’un article sur la théologie pélagienne ou le semi-pélagianisme.

                    Ce sont des doctrines intéressantes, et il est intéressant de voir que les églises orientales, qui se réclament d’ailleurs de Byzance, en ont intégré l’essentiel. Il y a des choses fantastiques à découvrir chez nos voisins.

                    Bonne journée smiley


                  • ffi ffi 25 juin 2012 15:58

                    Il me semble en effet que le simple fait que tout homme ait des manies, conduit à écarter l’idée qu’un parfait libre-arbitre soit possible pour l’homme.

                    Ce problème des manies n’est d’ailleurs pas sans relation avec cette impression d’enfermement contre laquelle les gnoses et le manichéisme tentent en vain de lutter.

                    Je ne peux tenir la manie de l’introspection, c’est-à-dire de la contemplation de son nombril, comme une réponse fonctionnelle : au contraire, et c’est le fruit de mon expérience empirique, ayant tenté diverses formes de spiritualité, c’est la contemplation de l’extériorité radicale et de l’infinité de Dieu qui libère.


                  • ffi ffi 25 juin 2012 16:35

                    Pour compléter, voici comment je perçois le cercle vicieux du gnosticisme.

                    sensation d’enfermement -> rituel introspectif pour s’améliorer (lutte contre soi) -> exaltation -> déconnexion du réels -> actes erronés (le réel, c’est quand on se cogne) -> souffrance -> sensation d’enfermement -> rituel introspectif -> exaltation -> déconnexion du réel ...etc

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