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Accueil du site > Actualités > Religions > La langue arabe, son histoire, son originalité et son influence

La langue arabe, son histoire, son originalité et son influence

PLAN : 

1 - Aperçu sur les langues sémitiques

2 - Divisions de la langue arabe

3 - Origine de l’arabe

4 - Morphologie de l’arabe classique

5 - La richesse de la langue arabe

6 - Influence de la langue arabe

7 - Conclusion

Aperçu sur les langues sémitiques[1]

Les langues sémitiques forment un groupe de langues parlées depuis la plus haute l’Antiquité au Moyen-Orient, au Proche-Orient ainsi qu’en en Afrique du Nord. Ces langues sont qualifiées de « sémitiques » en reference au nom biblique de Sem, fils de Noé. C’est une des branches de la famille des langues afro-asiatiques, répandues de la moitié nord de l’Afrique jusqu’au Moyen-Orient. On ne connait pas de manière certaine l’origine ainsi que l’expansion géographique de ces langues, soit de l’Asie vers l’Afrique ou de l’Afrique vers l’Asie.

La presence des langues sémitiques archaïques telles l’akkadien et l’ougaritique est attestée depuis plus de quatre millénaires. Les plus anciens documents akkadiens, en écriture cunéiforme, datent de la seconde moitié du troisième millénaire avant J.-C. et l’archéologie découvre d’autres documents akkadiens ultérieurs jusqu’au début de l’ère chrétienne.

Les langues sémitiques contemporaines les plus parlées sont l’arabe (plus de 450 millions de locuteurs), l’amharique (27 millions), l’hébreu (8 millions), le tigrinya (6,75 millions). Elles constituent aujourd’hui, avec le maltais, (400 000 locuteurs) les seules langues sémitiques officielles, bien que d’autres langues utilisées en Éthiopie, en Érythrée, à Djibouti et en Somalie, ainsi que les divers parlers néo-araméens du Moyen-Orient, se rattachent à cette famille.

Ce qui caractérise les langues sémitiques entre autres est la prédominance de racines trilittères - constituant le squelette de la langue - et par l’usage de consonnes laryngales, gutturales et emphatiques.

L’araméen apparut vers 850 AC en Syrie, et dès le VIe siècle fut utilisé comme Linga franca (langue la plus utilisée) de l’Égypte à l’Afghanistan. Seul le grec rivalisa avec l’araméen au Moyen-Orient. Ainsi, par exemple, la lingua franca des Hébreux à l’époque du Christ était l’araméen. Celle-ci fut donc la championne des langues sémitiques du VIe siècle AC jusqu’au VIIe siècle. C’est pour cela beaucoup d’historiens estiment que Jésus fils de Marie a prêché en araméen en Palestine.

Depuis cette date, la langue sémitique la plus répandue est l’arabe qui s’est propgée du pourtour méditérannéen jusqu’en Asie centrale.

Arbre linguistique des langues sémitiques.

La linguistique, au XIXe siècle, soutenait l’origine asiatique des langues sémitiques. Aux XXe et XXIe siècles, de nouvelles hypothèses avancent une origine africaine des langues sémitiques dont la famille serait partie intégrante d’un groupe plus large de langues afro-asiatiques.

L’antique cité d’Ebla fut découverte en 1964 sur le site de Tell Mardikh en Syrie. En 1974, 42 tablettes portant une écriture cunéiforme furent extraites des ruines d’un palais datant de l’âge du Bronze ancien (2400-2225 avant l’ère chrétienne). En 1975, 17 000 tablettes furent ensuite mises au jour. L’étude de ces tablettes présente une langue archaïque dont certains traits morphologiques rappellent l’akkadien, et dont le lexique semble s’apparenter à l’hébreu et à l’araméen.

Des langues sémitiques occidentales, parlées de la Syrie au Yémen, livrent progressivement des textes écrits. Des textes en proto-canéen datent de 1500 av. J.-C. et attestent l’usage d’une langue sémitique occidentale à cette époque. Des tablettes écrites en ougaritique ont été découvertes en Syrie du Nord, datant de 1 300 av. J.-C. Vers cette époque, des nomades araméens font incursion dans le désert syrien. Le vieux sudarabique est une langue sémitique méridionale.

Au Ier millénaire av. J.-C., l’alphabet s’étant largement répandu, toute une série d’autres langues devinrent accessibles : l’araméen et le vieux sudarabique. Durant cette période, le système de déclinaisons, encore vigoureux dans l’ougaritique, semble décliner pour donner naissance aux langues sémitiques du nord-ouest. Les Phéniciens répandent le canéen à travers une bonne partie de la Méditerranéee, tandis que son cousin, l’hébreu devient la langue de la littérature religieuse avec la Torah et le Tanakh . Avec les conquêtes de l’empire assyrien, l’araméen devient la lingua franca du Croissant fertile, supplantant toutes les autres langues, notamment l’akkadien et le phénicien, tandis que l’hébreu subsiste en tant que langue liturgique.

Lettres d’Amarna, -XIVe siècle

 

L’ Araméen

On a vu que l’araméen fait son apparition vers 850 AEC en Syrie, et dès le VIe siècle il fut utilisé comme lingua franca, de l’Égypte à l’Afghanistan et, en particulier celle des Hébreux à l’époque du Christ était l’araméen.. Seul le grec rivalisa avec l’araméen au Moyen-Orient.

L’ancien araméen (aussi appelé impérial, ou encore pré-chrétien) est connu à travers de nombreux papyrus, documents, et certains livres de l’Ancien Testament. Il se distingue des langues cananéennes par le passage de la voyelle â à la voyelle ô.

Actuellement, seul le grec peut prétendre avoir une aussi longue histoire documentée ininterrompue que l’araméen (2800 ans !). On trouve de nos jours

  • le néo-araméen occidental (syriaque occidental), parlé par quelques milliers de locuteurs de trois villages syriens (dont Maaloula.
  • le néo-araméen oriental (néo-syriaque, syriaque vulgaire), qui compterait des centaines de milliers de locuteurs particulièrement dans le nord de l’Irak appelé "Soureth" ,
  • le néo-araméen central parlé par quelques milliers de locuteurs des villages du Tour Abdin dialecte Turoyo[1]. Aussi, en Syrie dans la province d’Al-Hasakah

Parmi les manuscrits de Qumran, une centaine est constituée de textes rédigés en araméen, notamment des traductions de la Bible (targoums).

L’araméen était également la langue employée par les rabbins qui ont participé à l’écriture du Talmud de Babylone. Langue dans laquelle les deux Talmuds furent rédigés intégralement.

Tablette du Déluge de l’épopée de Gilgamesh, rédigée en akkadien

Divisions de la langue arabe

l’arabe ancien, langue morte aujourd’hui ;

l’arabe littéral, langue écrite et savante, dont le Coran offre le parfait modèle.

1. L’arabe ancien :

L’arabe ancien comptait les dialectes du Yémen et du Hedjaz, nommés himyarite et Koréischite. À l’avènement de l’Islam, ce dernier dialecte prédomina. Consacré par le Coran, il absorba rapidement toous les dialectes de l’Arabie, puis les autres idiomes sémitiques, constituant ainsi l’arabe littéral moderne. Celui-ci a tous les caractères d’une langue littéraire, et de plus il acquiert, comme langue liturgique, une importance particulière ; l’étude en est recommandée aux Arabes par la nécessité de lire et d’interpréter le Coran. Mais cette langue savante, qui suppose toujours un certain degré de culture, n’a pas toujours été accessible aux peuples qui font usage de l’arabe vulgaire.

2. L’arabe vulgaire :

L’arabe vulgaire comprend plusieurs dialectes à peu près identiques par leurs vocabulaires et qui se distinguent surtout par des différences de prononciation.

Les plus caractérisés sont :

celui du Yémen, considéré comme le plus pur de tous ;

celui de Thehama ;

celui de la Mecque, très corrompu à cause du brassage et du mouvement des populations diverses affluant vers la ville sainte ;

le bédouin, parlé dans un grand nombre de sous-dialectes, par les tribus nomades du désert ;

le syrien, le maronite et le druse, bien particulier au Liban et très mélangé ;

le mapoulet, parlé dans l’Inde, sur les côtes de Malabar et de Coromandel ;

l’égyptien, le maghrebin ou maure, propre aux anciens états du sud méditérannéen. On pourrait mentionner encore parmi les dialectes de l’arabe vulgaire le maltais, jargon composé d’arabe, d’italien et de provençal, dans lequel Quintin, Majus, Agius, Hervas et Vallencey, ont prétendu à tort reconnaître la langue punique ; puis le mosarabe ou maramisch, parlé jadis par les Arabes d’Espagne, dont on comptait encore au XVIIe siècle de nombreuses traces dans les montagnes de Grenade ou dans plusieurs localités de l’Andalousie, de Valence et d’Aragon. Ce dialecte a disparu de l’Espagne après l’expulsion des morisques par Philippe II en 1609.

Une liste de pays permet de situer géographiquement ces dialectes. Le hassaniyya est parlé en Mauritanie, au Sahara occidental, et dans le sud du Maroc. L’arabe maghrébin est parlé du nord Maroc à la Lybie, ses variantes sont l’arabe marocain , l’arabe tunisien (dont une variante est le judéo-tunisien), et l’arabe algérien (avec ses variants : l’arabe nedromi , le dialecte djidjélien et l’arabe oranais). Toujours en Afrique septentrionale on parle aussi l’arabe égyptien et l’arabe tchadien.

En Méditerranée se parlaient autrefois l’arabe andalou et l’arabe sicilien, ce dernier ayant dérivé vers le maltais, un des rares dialectes arabes écrit à l’aide de l’alphabet latin. Le maltais, langue hybride, fut fortement influencé par le phénicien, l’arabe, l’ottoman, le sicilien, l’italien et l’anglais.

Les plus anciens textes en arabe découvert par les archéologues, écrits avec un alphabet dérivé du nabatéen datent du 4è siècle.

Origine de l’arabe

L’origine du mot Arabe demeure obscure, malgré les nombreuses recherches. Selon Toufik Fahd, le radical ʿarab, en arabe, désigne le désert et c’est un mot araméen "arâbâh" . Le mot arabe peut dériver de la racine sémitique Abhar "se déplacer". Mais l’étymologie arabe considère que le mot arabe dérive du verbe "exprimer".

Le mot Aribi a été trouvé dans une inscription assyrienne qui date de 853 av. J.-C. Le roi Salmanazar III relate une rébellion du prince Gindibou l’Aribi. Vers 530 av. J.-C., le mot Arabaya est transcrit dans plusieurs documents persans. Le nom de lieu Arabia est transcrit en grec par Hérodote. Par la suite tous les écrivains grecs ou latins désignent l’endroit et les habitants par le mot arabique.

Ou il désigne « l’homme du désert » ou encore « l’homme qui a traversé le désert » ; dans cette acception, il représenterait l’identité bédouine, au sens strict, c’est-à-dire l’ensemble des tribus nomades vivant en Arabie.

Le poète palestinien Tamim al Barghouti nous fait remarquer de manière pertinente l’origine bédouine de cette langue née en plein coeur du désert :
"Comme de nombreuses propriétés de la langue arabe, ce qui a été généralement attribuée à l’origine bédouine de la langue, le désert est ici pour imposer l’unicité, l’homogénéité, et donc l’égalité sur toutes les créatures. Le sable est partout, et à la fin tout se transforme en sable, les extrêmes contradictoires de la vie semblent être de la même substance.…Un sens de la continuité et l’unité de l’Univers aurait été présent dans la communauté du désert des Arabes Bédouins, mais un sentiment d’insignifiance n’était pas là. La façon dont les décideurs anciens de la langue arabe a célébré les moindres détails de leur monde est vraiment remarquable."

L’historien Marc Bergé écrivit :

« Les Arabes font leur première apparition dans l’histoire en 854 avant Jésus-Christ : l’arabe Gindibu soutint Bin Idri de Damas (le Ben Hadad II de la Bible) en lui amenant mille chameliers du pays d’Aribi à l’occasion de la bataille de Qarqar […] Peut-être le camp de Gindibu était-il situé au sud-est de Damas ? Il est certain que les éléments bédouins de la péninsule arabique - qu’on appelait probablement indifféremment Aram, Eber ou Haribu - devaient être installés à l’origine, dans la région qui s’étend entre la Syrie et la Mésopotamie et qui fut, avec la Syrie le berceau le plus ancien des Sémites". »

Présents dans la péninsule Arabique et le désert arabo-syrien jusqu’au VIIe siècle, les Arabes ont alors connu une expansion vers le reste des Proche et Moyen Orients, vers l’Afrique du Nord et la péninsule Ibérique portés par leur foi en l’islam qui s’est transmise jusqu’en Andalousie.

Récits antiques et médiévaux

Dans la mythologie de la péninsule arabique, les arabes du sud ont pour ancêtre Qahtan et les arabes du nord ont pour ancêtre Adnan.

Selon Ibn Khaldoun, les Arabes sont formés de quatre groupes distincts, les Ariba, les arabes d’origine, les Mostaâriba, ceux qui maitrisent parfaitement la langue arabe, les Tabia lil âarab, ceux qui ressemblent aux arabes et enfin les Mostaâdjem, ceux qui ne maitrisent pas la langue arabe.

D’après lui, les généalogistes arabes séparent les tribus de leur nation en deux catégories. La première descend de Qahtan et l’autre d’Ismaël . Khehlan et Himyer sont de la 1re catégorie. Moder et Rebia b Nizar appartiennent à la 2e catégorie.

Selon Tabari, un historien musulman, Ève habitait à Djeddah et Adam demeurait seul à Serândib dans une montagne. Cette montagne a été identifiée par Ibn Battuta et porte maintenant le nom de pic d’Adam, il fut envoyé la première fois dans l’Hindoustan. Adam et Ève sont passés par l’actuelle Arabie saoudite. Adam faisait son pèlerinage et il retournait à sa nouvelle demeure, qui est La Mecque actuelle.

Les plus anciens feuillets coraniques conservés, vers l’an 650. BNF

Morphologie de l’arabe classique

L’arabe classique pré-coranique tire ses origines du centre et du nord de la Péninsule arabe et se distingue de l’arabe yéménite.

La plus vieille inscription retrouvée en arabe classique pré-coranique date de 328 de l’ère courante, connue comme « inscription de Namarah » en alphabet nabatéen, découverte en Syrie méridionale en avril 1901 par deux archéologues français René Dussaud et Frédéric Macler.

L’arabe classique commme on l’a vu plus haut est une langue sémitique comme l’hébreu, l’araméen ou l’akkadien. La particularité de ces langues sont les racines de mots qui sont généralement à base de trois consonnes.

Exemples :

  • ktb : écrire
  • kataba, il écrivit
  • yaktubu, il écrit
  • kitāb, livre
  • maktaba, bibliothèque
  • maktoub, ce qui est  :
    • ʼi-kta-ta-ba (اكتتب) : « copier »
    • kitaab (كتاب) : « livre » ;
    • kaatib (ﻛﺎتب) : « écrivain » ;
    • ma-ktaba-h (مكتبة) : « bibliothèque » ;
    • mi-ktaab (مكتاب) : « machine à écrire » ;
    • kutub (كتب) : « (des) livres ».

Ajouté au caractère flexionnel de la langue, il n’est pas facile de reconnaître rapidement un radical sans bien connaître la grammaire. Les recherches dans le dictionnaire ne sont donc pas facilitées.

L’arabe possède deux types de phrases : la phrase nominale et la phrase verbale. Dans le premier cas elle se compose d’un sujet (mubtada) et d’un attribut (khabar, « information »). Elle exprime une constatation ou une définition et le verbe est sous-entendu. L’attribut s’accorde en genre et en nombre si le sujet est au singulier,

An-naasu kathiiruuna : « les gens sont nombreux ».

En revanche l’attribut prend la marque du féminin singulier s’il s’agit d’un pluriel d’animaux ou de choses inanimées

الكتب كثيرة = Al-kutubu kathiira : les livres sont nombreux.

VERBES

  • l’accompli ou maahii : se traduit souvent en français par un passé composé ou un passé simple ;
  • l’inaccompli ou muDhari`’ (il peut être marfuu`, manSuub et majzuum) : outre le présent et le futur, on peut le rendre aussi par l’imparfait, surtout lorsqu’il est précédé de kaana et par le plus-que-parfait lorsque kaana est à l’inaccompli.

Ainsi, contrairement aux langues indo-européennes, qui privilégient la situation sur la flèche du temps, les langues sémitiques privilégient l’état accompli ou non. Cela donne un éclairage nouveau sur les textes bibliques : pour Dieu, une action accomplie peut se situer temporellement dans le futur. De telles choses sont difficiles à rendre dans une langue indo-européenne car si l’on choisit le futur, on perd la notion d’inéluctabilité, et si l’on choisit le passé, on fait un contresens.

La richesse de la langue arabe

L’arabe est une langue très riche ; les Arabes se vantent, selon Ernest Renan, d’avoir 80 mots pour désigner le miel, 200 pour le serpent, 500 pour le lion, 1000 pour le chameau et l’épée, et jusqu’à 4400 pour rendre l’idée de malheur. Le vocabulaire comprend 60 000 mots. Les grammairiens arabes prétendent que toutes les racines de leur langue ont été primitivement des verbes, et ils élèvent considérablement le nombre de ces racines. Il est en réalité de 6000. D’après Maurice Gloton[2] le Coran a utilisé environ 5000 termes, ce qui correspond à 1726 racines différentes.

 Ces racines sont ordinairement composées de trois lettres écrites, et les mots dans lesquels elles entrent se complètent, soit au moyen de lettres dites serviles, à cause du rôle qu’elles jouent, soit par le redoublement des radicales, ou encore par le changement des voyelles figurées par des points diacritiques. C’est ainsi qu’une même racine donne des verbes, des substantifs, des adjectifs, des adverbes, enfin des dérivés de toute sorte. Les verbes forment dix-sept conjugaisons. Ils subissent dans leur forme active treize modifications principales avec un pareil nombre de modifications pour les formes passives. La conjugaison est très pauvre en apparence, mais au moyen de particules ou par le changement des points-voyelles, on déternine le présent, le futur, l’optatif, le subjonctif, etc., avec autant de précision que l’on veut. La construction est généralement directe.

La richesse du vocabulaire et les figures rhétoriques de la langue arabe sont parmi ses plus beaux attraits. Ibn Khalawayh indique que les Arabes ont 500 noms pour le mot « lion » et 200 noms pour le serpent. Certains linguistes s’accordent à dire que ces noms sont absolument identiques, mais l’opinion la plus solide est celle qui soutient qu’il existe des nuances d’un mot à un autre et que deux termes ne désignent pas exactement la même chose.

Voici quelques exemples autour de la notion de vide et des différents termes utilisés en arabe pour l’exprimer[3] :

- Une table sans repas est appelée « khiwaan خِوان ». Lorsqu’elle est servie, on utilise le terme « maa’idah مائدة ».

- Un verre vide est appelé « koob كوب » ou « qadah قدح ». Lorsqu’il contient un liquide, il devient « ka’s كأس ».

- Pour désigner le fait de manger tout ce qui se trouve sur une table, lors du dîner, on utilise le verbe « iqtamma اِقتمّ ».

- Pour désigner le fait de boire tout ce que contient un récipient, on utilise le verbe « ishtaffa اشتفّ ».

- Pour décrire l’enfant qui boit tout le lait que sa mère, allaitante, lui fournit au point de l’épuiser, on utilise le verbe « imtakka امتكّ ».

- Le verbe qui indique le fait de vider les pis d’un chameau est « nahaka نهك ».

- Le verbe qui indique le fait de vider un puits est « nazafa نزف ».

Il y a dans la langue arabe, toute une catégorie de mots qui signifient une chose ainsi que son contraire. Ce que Tamim al Barghouti décrit comme "antonymes" et "synonymes"[4] Il précise par exemple ce qui à nos yeux s’apparentent à des contradictions "le mot "Saleem", signifie celui qui est guéri, et celui qui vient d’être mordu par un serpent, le mot "Baseer", désigne une personne avec une vue perspicace, mais aussi un aveugle " mawlâ "signifie maître et l’esclave," wala " tente de suivre ou tente de guider, Le mot, "Umma" qui est généralement traduit en nation, désigne l’entité qui est suivie, ou le guide, ainsi que l’entité qui suit et est guidée. "

Il nous rapporte aussi ces belles anecdotes : "On raconte que le grand poète et linguiste aveugle du XIe siècle, Abul-Ala Al-Maary a heurté au souk un des princes à la cour de Ibn Saleh Mirdas, le souverain autonome du nord de la Syrie. Le prince a perdu son caractère noble, surtout parce que le poète était pauvre, et les poètes pauvres, ne sont pas censés se frotter à la noblesse riche ! Ce prince traite alors le poète de "chien ignorant". Abul-Ala répliqua aussitôt : "le chien parmi nous est celui qui ne connait pas les soixante-dix noms pour désigner le chien !" Bien sûr, le prince et la moitié des linguistes de la Cour ne pouvait pas remémorer autant de noms. Plus tard, dans le XIIe et XIIIe siècles, lorsque la préservation de la langue est devenue une obsession, ces soixante-dix noms ont été inscrits. Ils n’étaient pas tout à fait synonymes, car ils ne signifient pas tout à fait : « chien », plutôt, ils décrivent les conditions d’un chien, un chien enragé avait un nom différent d’un joyeux, le chien qui avait une oreille vers le haut et l’autre vers le bas a un nom différent de celui qui avait les deux oreilles, ou les deux oreilles vers le bas. Ce qui est vrai du chien est vrai de la plupart des autres creatures. De nos jours les sept plus célèbres noms du lion sont enseignées aux enfants dans les écoles partout dans le monde arabe : « Laith", "Sab", "El-Assad", "Qaswara", "Ghadanfar", "Dirgham", et « Oussama »."….

L’amour quant à lui possède soixante dix-sept noms différents, "dont chacun a une légère différence, mais critique de l’autre. "Hawa", est le goût léger, il comporte également un élément d’erreur, d’irrationalité, le vieux proverbe pré-islamique va : "Hawa fait perdre la raison". Ensuite, vous avez "ishq", qui vient de l’intrication, comme deux morceaux de bois et d’ivoire dans une œuvre d’arabesques, les deux amoureux sont inséparables mais toujours indépendants et distincts, alors vous avez "Hayam", qui vient du fait d’avoir soif dans le désert, et "fitna", ce qui signifie l’amour, l’engouement, le désir passionné, mais aussi guerre civile et illusion. Vous avez aussi "izaz", qui est le genre d’amour qui satisfait à la fois les amateurs de puissance et de la dignité, et « Sakan », qui signifie également la maison et la tranquillité, le Coran emploie ce mot pour décrire la relation entre les couples mariés. Le stade suprême de l’amour est, paradoxalement, "fanaa", ce qui signifie la non-existence. C’est le stade où les amoureux perdent leurs existences indépendantes et effectivement devenu l’un l’autre. Cette étape est généralement utilisé par les Soufis en référence à l’amour divin et de l’unité de l’existence…"

Enfin, il conclut sur la faiblesse et la contingence du pouvoir…."Le pouvoir est temporaire, et est donc dénué de sens. Le pouvoir est donc synonyme de faiblesse, le capitaine et l’esclave doivent subir l’expérience de la mort à la fin, de meme le voyant et l’aveugle. Ces couples méritent donc le même nom. Pour les Arabes, tous les objets physiques doivent s’évanouir et se tourner vers le sable, mais les idées restent. Ainsi le pouvoir est seulement nécessaire afin de créer un héritage, des souvenirs, des épopées, des légendes et des poésies. On pourrait trouver la trace de cette idée dans l’ère pré-islamique. Après l’avènement de l’Islam, Le concept de l’héritage fut remplacé par la notion de l’au-delà. "

Influence de la langue arabe

Héritage et transmission du savoir classique

Il est bien connu que la langue arabe est devenue langue officielle sous le califat de l’omeyyade Abd Malik Ibn Marwan. Auparavant, le grec était la langue administrative. Abd Malik a décidé d’arabiser tous les textes officiels ainsi que l’administration. La langue arabe n’est donc plus la langue liturgique uniquement reservée au domaine religieux. C’est à partir de ce moment précis que les traductions vers l’arabe prirent une part importante.

 Il est communément admis que ce sont des chrétiens Syriaques qui ont traduit la majorité des textes des auteurs grecs en arabe et que les versions commentées d’Aristote, de Platon ou d’autres sont parvenues en Europe avec les annotations des penseurs musulmans ayant ainsi contribué d’une certaine manière au mouvement des idées sans en avoir été pour autant les importateurs exclusifs. La latinisation de leur nom peut montrer leur influence auprès des savants européens : Ibn Rushd est devenu Averroès, Ibn Sina Avicenne, Ibn Tufayl Abubacer, Ibn Bajjah Avempace, Hunayn ibn Ishaq Johannitius,...

L’islam a rapidement conquis la Perse sassanide et la majeure partie de la chrétienté orientale où chrétiens et juifs reçoivent le statut de dhimmi (protégés). Les nouveaux conquérants demandent à leurs tributaires une contribution intellectuelle qui nourrira cette civilisation naissante en puisant dans les trésors de la pensée antique. La Syrie était alors le principal centre de la pensée hellénique depuis que Justinien avait fermé les écoles d’Athènes. Les ouvrages grecs étaient traduits en syriaque, une forme nouvelle d’araméen, dans un mouvement qui s’amplifia après l’expansion musulmane. A l’exception de quelques œuvres traduites directement du grec en arabe, on traduisait généralement des textes grecs traduits en syriaque.

Les califes abbassides créent au début du IXe siècle une académie de traduction appelé Bayt al Hikma (Maison de la sagesse) à Bagdad et envoient des émissaires à Byzance pour acquérir les manuscrits grecs à prix d’or. Ce mouvement de traduction inclut des ouvrages de médecine, de logique ou de philosophie grecques mais aussi de littérature persane ou d’astronomie indienne qui, synthétisées à travers l’Islam, font émerger une nouvelle culture philosophique et scientifique arabe appelée l’adab, imprimant un essor nouveau aux savoirs en général et à la science en particulier.

Les textes sont d’abord traduits en syriaque, puis du syriaque en arabe. Parmi les traducteurs fameux, on peut mentionner au IXe siècle le médecin Hunayn ibn Ishaq qui transcrit les corpus médicaux d’Hippocrate et de Galien, qui serviront de base au Canon de médecine d’Avicenne qui sera lui-même traduit en latin et fera autorité durant cinq siècles. D’autres personnalités d’importance sont à mentionner tels al-Farabi qui donne une interprétation d’Aristote et de Platon harmonisant les deux philosophies ou encore le savant al-Biruni , qui décrit l’histoire de l’Univers dans la tradition grecque. Enfin, l’œuvre d’Averroes, philosophe, théologien et savant musulman du XIIe siècle, commentateur des œuvres d’Aristote, soulève des débats passionnés qui trouvent autant de partisans que de détracteurs et a une influence telle dans l’occident médiéval qu’on parle d’averroïsme. Ernest Renan lui a même consacré un ouvrage qui porte ce nom : "Averroes et l’averroisme"

Les traductions d’Aristote et d’autres auteurs antiques gagnent l’Espagne musulmane et la Sicile où l’on traduit activement les œuvres de l’arabe en latin. Tolède, reprise aux Arabes en 1085, devient un lieu de contacts féconds entre culture arabe et monde chrétien : de 1130 à 1150, l’ archevêque Raymond d’Agen emploie des médiateurs juifs qui, en plus de l’hébreu connaissent l’arabe, le castillan, le latin ou encore des savants chrétiens comme Gérard de Crémone. Ainsi les auteurs anciens et les commentaires arabes pénètrent en occident influençant profondément la pensée des auteurs chrétiens comme Albert le Grand et Thomas d’Aquin.

Conclusion

Cette théorie est aujourd’hui hélas partiellement contestée par des historiens comme Jacques Heers ou Sylvain Gouguenheim qui, allant à contre-courant des chercheurs contemporains, explique dans un ouvrage très critiqué, "Aristote au Mont-Saint-Michel", qu’à côté de la transmission arabe il aurait existé une filière directe de traductions du grec au latin, dont le Mont-Saint-Michel aurait été le centre au début du XIIe siècle, grâce à Jacques de Venise. L’historien confirme néanmoins la reprise arabo-musulmane de nombreux éléments de la culture ou du savoir grecs mais considère que la pensée d’Aristote n’y eut pas d’influence dans les secteurs de la politique et du droit, du moins du VIIIe au XIIe siècle. Cette contestation a été reprise et largement diffusée hélas par certains milieux extrémistes et islamophobes.

On constate que ces théories hélas ne sont pas nouvelles ; elles reprennent à leur compte les thèses racistes aujourd’hui désuetes mais très en vogue au 19 e siècle. Ernest Renan par exemple s’en était fait le chantre en martelant dans

"L’avenir de la science" :

"Ou parle souvent d’une science et d’une philosophie arabes, et, en effet, pendant un siècle ou deux, au moyen âge, les Arabes furent bien nos maîtres ; mais c’était en attendant que nous connussions les originaux grecs. Cette science et cette philosophie arabes n’étaient qu’une mesquine traduction de la science et de la philosophie grecques. Dès que la Grèce authentique se lève, ces chétives traductions deviennent sans objet, et ce n’est pas sans raison que tous les philologues de la Renaissance entreprennent contre elles une vraie croisade. A y regarder de près, d’ailleurs, cette science arabe n’avait rien d’arabe. Le fond en est purement grec ; parmi ceux qui la créèrent, il n’y a pas un vrai sémite ; c’étaient des Espagnols, des Persans écrivant en arabe. Le rôle philosophique des juifs au moyen âge est aussi celui de simples interprètes. La philosophie juive de cette époque, c’est la philosophie arabe sans modification."

Gabriel Martinez-Gros, professeur à l’université de Paris X précise que « si le Moyen Âge occidental minimise l’apport des Arabes, c’est qu’il cherche avant tout à renouer avec un patrimoine antique qu’il tient pour sien ; l’Islam médiéval quant à lui exalte une Grèce antique sans parenté avec l’Empire byzantin ».

Notons que les échanges culturels et la transmission du savoir ont été une constante dans l’histoire de l’humanité, surtout lors des transactions commerciales, des expéditions, des voyages. Même les guerres malgré le lot de désolations qu’elle engendre, ont été l’occasion d’échanges souvent fructueux ; les livres et les manuscrits faisaient souvent partie des butins. En somme, aucun pays, aucune nation ou groupe d’hommes ne peuvent s’arroger le droit de s’accaparer à soi-même l’héritage culturel ou scientifique, de revendiquer la paternité et encore moins de nier ou de minimiser les contributions des "autres". Platon lui-même, un des pères de la brillante culture grecque antique reconnaissait l’Egypte comme étant "la patrie de la sagesse".

Le véhicule d’une culture,des idées ou d’une pensée, c’est d’abord une langue. On a vu que les racines des langues sémitiques, généralement à trois consonnes jouent le rôle de "squelette" de la langue et que la distribution de trois voyelles (a, u, i) "irrigue". "Apprendre à vocaliser, apprend à penser" disait justement Louis Massignon[5].

Quant à la culture arabe, elle a puisé l’essentiel de sa source dans le texte sacré de l’Islam lui permettant ainsi de mettre sur pied une approche et une pensée originales, comme l’a bien souligné Mohamed Arkoun[6] "La pensée arabe a eu, avec le Coran, un départ fulgurant. Le Livre a ouvert des horizons si vastes, introduit des thèmes si denses, utilisé des moyens d’expression si exceptionnels qu’aujourd’hui encore il offre aux penseurs et aux chercheurs scientifiques d’inépuisables sujets à exploiter".



Louis Massignon, Parole donnée, Poche, Paris, 1967[5]

[6] Mohammed Arkoun, La pensée arabe, P.U.F. ’Que sais-je ?’, 2008

Documents joints à cet article

La langue arabe, son histoire, son originalité et son influence La langue arabe, son histoire, son originalité et son influence La langue arabe, son histoire, son originalité et son influence La langue arabe, son histoire, son originalité et son influence

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161 réactions à cet article    


  • Bernard Dugué Bernard Dugué 25 juin 2010 10:53

    Interessant billet mettant l’accent sur l’importance des langues

    Il y a le Coran et l’arabe
    Platon, Aristote et le grec classique

    N’oublions pas le sanskrit et la pensée védique, des Upanishad au Samkhya


    • Chouikha Chouikha 25 juin 2010 11:49

      C’est exact ! mais cela nécessite un un autre investissement pour bien répondre à cette problématique.
      N’oublions pas par exemple que les chiffres dits « arabes » ne sont autres que des symboles sanskrits bien connus depuis l’Antiquité en Inde.


    • AniKoreh AniKoreh 25 juin 2010 14:32


      Mais pourquoi diable cet article, fort intéressant au demeurant (encore merci à l’auteur), se retrouve-t-il classé dans la rubrique Religions  ?


    • Chouikha Chouikha 25 juin 2010 15:13

      C’est une simple erreur d’aiguillage (un mauvais clic). En effet, ce papier aurait dû être classé dans la rubrique : culture ou histoire.
      Merci pour la remarque



    • ha ha ha..ce bon M. Navis qui optant pour le silence radio, ne peut s’empêcher d’insulter ses contradicteurs, délocalisant ici ses attaques ad hominem...déjà dit cher M. Navis : pas de copier-coller et vous le savez : différent somme toute de vos articles qui ne sont qu’une resucée de pléthore de textes du genre que vous ne faites que résumer et fourguer comme article.

      Ensuite niveau culture&réflexion : ben, là je pense que vous devriez reconsidèrer la haute estime que vous avez visiblement pour vous même : parce que la culture, mon bon Navis n’est pas la reprise d’un corpus pseudo-historique, pseudo-scienfitique au mot prés...pas plus que la réflexion ne serait devenue l’incapacité à accepter contradiction et contradicteurs allant avec, ou se priver des outils logiques et rationnels qui si vous étiez de bonne foi et non un manipulateur vous donnerait aisément les moyens de voir en tant qu’anthropologue : biais et interprétations erronées dans vos thèses...

      sinon, mon bon TJ : quoi donc commenter ? article pédagogique, bon récapitulatif...mais pas plus je ne commente wiki, pas plus je ne commente des articles qui donne dans la pédagogie ou la vulgarisation : je le lis et vote positivement : c’est tout... 


    • pallas 25 juin 2010 11:26

      Il est interessant a noté que le monde du Maghreb a une histoire d’une richesse et d’une complexité aussi riche que nous occidentaux ce qui est chose normal.

      D’ailleurs je vois un attachement culturel, ethnique des pays du Maghreb, donc un besoin identitaire de plus en plus fort, une forme de nationalisme qui est présente a ne pas douter.

      Une histoire commune, avec la culture grec, romaine, phénicien, étrusque, germanique, l’afrique noir, avec les grands royaumes de l’afrique noir dont malheureusement l’histoire n’est pas apprise, tel que la dynastie des pharaons noir qui ont gouverné l’Egypte antique.

      Je tiens a signaler, qu’il y a une révolution culturel dans les pays du Maghreb, scientifique, philosophique, culturel, d’ailleurs cela n’a rien avoir avec l’Islam qui doit dans le futur faire ça révolution au risque de disparaitre a moyen terme, car dans les pays meme, au sein du Liban, Syrie, il y a l’emergence d’intellectuel et philosophe

      L’occident est en décadence moral, social, pendant que les pays du maghreb évolue dans la lumiere.

      L’auteur de l’article le démontre bien, justement par son article.

      Le Coran est inspiré de la premiere religion monothéisme, qui est Le zoroastrisme .

      Malheureusement Alexandre le Grand est le responsable de la destruction de cette religion en ayant incendier la grande bibliotheque de Babylone et chercher par tous les moyens a détruire les livres saint de cette religion.

      Le zoroastrisme est la religion Mere, des trois religions monothéisme, le lien il est la.

      Donc nous en arrivons aussi a la langue et aussi de l’influence l’inde proto antique auquel des villes vieille retrouver étaient ultra moderne, avec des egouts, des maisons, etc etc.

      Une chose est sur, nous ne connaissons absolument rien de l’histoire passé, et chaque jour qui passe, l’étonnement de la modernité de nos ancetres ce fait de plus en plus criante.



      • samir 25 juin 2010 14:31

        Pasou Pasou Pasou

        ce que tu sembles tenir pour un scoop est annoncé par l’Islam lui meme : il n’est qu’un rappel

        Or le judaisme n’est qu’un repompage du monotheisme babylonien qui lui meme a un ancetre :

        il se pourrait que la pensée monotheiste soit bien plus vieille que ce que l’on a tendance a dire


      • inès 25 juin 2010 13:23

        Chouikha

        J’ai retenu quelques phrases qui m’ont interpellé.

        1/ Ainsi, contrairement aux langues indo-européennes, qui privilégient la situation sur la flèche du temps, les langues sémitiques privilégient l’état accompli ou non.

        L’ incomprehension actuelle entre l’Occident et cet Orient (proche et moyen orient) viendrait -elle dela ?

        Je saisis mieux le fait que cet Orient est plus patient que nous, l’Occident,qui n’arrêtons pas de courir devant , comme vous dîtes : la flèche du temps à en finir à tracer un sillon avec des ornières.

        2/ Certains linguistes s’accordent à dire que ces noms sont absolument identiques, mais l’opinion la plus solide est celle qui soutient qu’il existe des nuances d’un mot à un autre et que deux termes ne désignent pas exactement la même chose.

        Parlez-vous ici, en sorte de l’accusatif et du datif que l’on trouve esssentiellement en Occident dans la langue grecque ou slave ?

        3/ En somme, aucun pays, aucune nation ou groupe d’hommes ne peuvent s’arroger le droit de s’accaparer à soi-même l’héritage culturel ou scientifique, de revendiquer la paternité et encore moins de nier ou de minimiser les contributions des « autres ». 

        Votre phrase résume la réalité que certains ne voient pas en s’obstinant de se croire supérieurs aux autres cultures. On sait où cela mène.

        Merci de redorer le mot « dhimmi ». Une question, les palestiniens sur votre organigramme, vous les mettez dans quel groupe ?


        • pallas 25 juin 2010 13:48

          Il ne s’agit pas de dhimmi, l’islam dans les pays du Maghreb évolue et redevient laïc, il y a bon nombres de chercheurs, philosophes, scientifiques qui sont d’origine maghrébine, les filles du Maghreb, j’ai l’occasion souvent de discuter avec elles, grâce a internet, ont des idées philosophiques et aiment la philosophie des lumières, je n’est jamais rencontré une fille française qui parlait de philosophie.

          Je parle d’individus féminine, qui ont entre 20 ans et 35 ans, j’ai 31 ans pour tout te dire et bien français de souche.

          L’islam en France et en Occident est beaucoup plus violent que le vrai Islam dans les pays du Maghreb qui devient laïque et dont en vérité n’est considéré comme une simple religion et non une civilisation, la part des choses est importante auquel chez nous, ne comprenons pas et ne voulons pas comprendre du a la méconnaissance du monde qui nous entoure.

          L’Occident s’effondre, moralement, culturellement, scientifiquement, il n’y a même pas de baisse démographique, n’y un remplacement de population.

          La vérité, est que nous n’avons absolument aucunes valeurs morales.

          En Tunisie, ou au Maroc, tu a très peut de chance de te faire agresser, alors qu’en France ou en Angleterre, c’est ultra violent.

          Il y a aussi la Notion de Famille, alors qu’en Occident il n’y en a pas.

          Notre civilisation est née dans la Mésopotamie, c’est un fait, la paternité n’est pas du aux arabes, ils n’en ont pas la paternité, je suis d’accord avec toi.

          D’ailleurs la notion «  »« langue arabe »«  »« , ne devrai pas exister, il faudrait dire »«  »langue mésopotamienne«  »«  ».

          Tout comme l’institut de monde arabe, qui devrait ce nommer en vérité «  »«  »institut du monde maghrébin«  »«  ».

          Mais bon, ça n’est pas à moi de le dire ou le faire, je ne fais que des suggestions, comme d’habitude.

          L’auteur de l’Article a un savoir important, auquel nos historiens a nous, ne lui arrivent absolument pas a la cheville, voila un autre exemple de notre décadence.


        • Chouikha Chouikha 25 juin 2010 14:01

          Merci pour vos remarques pertinentes. J’essaierai de repondre à vos questions :

           1 / En effet, dans l’esprit occidentale moderne le « passé » est achevé ce n’est plus qu’ un vague souvenir. Quant au « futur, » il est encore loin, le temps présent occupe donc une place importante.
          Rien de tel chez les orientaux (proche et même extrème orient) ou le futur et le passé sont parfois très présents.
           La question de la flèche du temps s’est paradoxalement posée chez les philosophes grecs (anciens), ce qui un suscité un grand débat. La question était pourtant simple « Achille rattraperat-t-il la tortue ? »

          2/ Peut-être ? la question mérite qu’elle soit approfondie

          3/ Je n’ai d’organigramme précis, mais aujourd’hui les palestiniens (surtout à Gaza) n’ont même pas droit à un traitement humain digne de ce nom.


        • inès 25 juin 2010 14:41

          Chouikha

          Merci pour votre réponse.

          Rien de tel chez les orientaux (proche et même extrème orient) ou le futur et le passé sont parfois très présents.

          Je comprends mieux maintenant les nuances.

          Nous les occidentaux, nous rayons le passé (a part le mettre au grenier) et le futur, aux calendes grecques.

          L’Occident a vraiment un problème sérieux. Nous ne voyons pas plus loin que le bout de notre nez. Vous m’ouvrez des portes intéressantes.


          • saint_sebastien saint_sebastien 25 juin 2010 14:58

            n’importe quoi , c’est notre capacité à se projeter dans l’avenir et à tirer des leçons du passé qui est l’essence de la domination occidentale.
            Les africains sont incapables de se projeter dans l’avenir.
            Les économies rurales ne voient pas au delà de la prochaine saison.
            Les orientaux se soucient du réchauffement climatique ?
            Ils sont bridés par leur croyances ancestrales , optimisés pour pérenniser le pouvoir de leurs dictateurs.
            Tout ces peuples au maghreb , ont oublié qui ils étaient , leurs origines pré islamiques.
            Contrairement au christianisme qui a échoué à effacer toute trace de l’histoire des peuples.

            Qui raie le passé ? l’islam


          • samir 25 juin 2010 15:15

            ouah c’est du concentré de chez concentré

            "n’importe quoi , c’est notre capacité à se projeter dans l’avenir et à tirer des leçons du passé qui est l’essence de la domination occidentale.« 

            ouah super explication pour un phenomene autrement plus compliqué que cela

            Deja il y a l’émergence de la pensée occidentale moderne par le biais de l’Averroisme : d’ou la renaissance qui fera directement reference aux grecs sans remercier le monde musulman

            Ensuite La domination occidentale vient indirectement de l’élaboration de nouvelles techniques bancaires à partir du 12-13eme siecle (Venise Florence notamment) qui permirent le financement d’expedition en tout genre, la suite on la connait.

             »Les africains sont incapables de se projeter dans l’avenir."

            ils ne sont pas assez rentrés dans l’histoire c’est ca ?


          • inès 25 juin 2010 15:36

            Saint Sébastien, vous dîtes

            n’importe quoi , c’est notre capacité à se projeter dans l’avenir et à tirer des leçons du passé qui est l’essence de la domination occidentale.

            Vous tenez tant que cela d’être dominant.

            Je suis pour la rencontre des civilisations : « GAGNANT, GAGNANT »

            Et puis, j’aime bien cette phrase :

            « Les premiers seront les derniers ».


          • paul mohad dhib 25 juin 2010 18:32

            Salut ( ps : je n’ai pas relu...)
            aparté sur le temps, suite a des « interioritees » avec un ami...
            suite a une expérience genre Kundalini, que j’ai moi même vécu, il a « vu » deux choses, la premiers : le temps n’existe pas, la deuxième, l’espace ,en tant que séparation entre n’existe pas car tout est reliée..
            pas dur a voir en tous les cas, quand on parle du futur, on parle en tant qu’humain de projections mentales faites pour l’avenir, tres proche, on mange quoi ? ou tres lointain, genre Hubert Reeves qui se posait la question de touiller le soleil dans 15 milliards d’années pour éviter ,peut être, qu’il ne se transforme en géante rouge...balaise le gars....les problèmes d’aujourd’hui ne le concerne pas , on comprends mieux pourquoi...
            Notre corps lui, entité indépendante avec son propre programme ne peut qu’être dans un présent renouvelé en permanence,si il est du passe il est mort, si il est du futur il meurt ou n’existe pas...
            pourquoi je parle de cela ? parce que notre cerveau/ego qui analyse en permanence et conclu toujours et systématiquement par oui ou non, notre machine automatique qui elle aussi comme le corps fonctionne toute seule, ne vit que dans le passe des regrets et peurs et dans le futur des désirs, et des peurs a éviter......la partie du cerveau ego , est en fait un programme automatique qui marche tout seul, il n’est pas dans le présent, il n’est donc pas vivant, or quand on n’est pas vivant ou est le problème de tuer.. ?
            tous les cerveaux humains fonctionnent de cette façon, et seuls ceux qui ont la capacité a ne pas être en permanence dans les projets du futur illusoire ont une chance d’être vivant...
            or ca le cerveau analytique ne le peut, il a divorce du reel pour vivre dans son futur idéal qui est une fuite de ce qu’il ne peut voir, entre autre la mort donc la fin,sa fin...
            ainsi les gens les plus occupes tout le temps sont en fait en fuite permanente de leur nature qu’ils ne peuvent voir, ils sont terrasses par la peur et l’angoisse et trouvent dans des projets permanents une drogue pour essayer de ne pas se voir en face...ca ne marche pas vraiment...et les problèmes s’accumulent..les névroses aussi..
            même riche a 100 vies, un tel humain a besoin de sa drogue, tel un junkie, il se shoote..sinon c’est le suicide, voila pourquoi rockfeller est encore sur le pont ,en fuite de sa propre trouille....
            c’est le drame de tous les humains, sauf exceptions, on aura plus de chance de rencontrer un bel humain réellement vivant donc sage de sa connaissance n’importe ou, sauf dans un monde type occidental, c’est impossible...chut faut pas le dire mais le monde type occidental est partout...mais chut...
            parce que on a transforme notre outil analytique ego qui est un moyen pour survivre, en une fin qui doit achever quelque chose, atteindre, on est en plein cauchemard car le but atteint, de suite tel un drogué une autre dose de désir a atteindre est nécessaire, c’est un cauchemard sans fin que de tenter de remplir le vide d’une telle vie, c’est impossible je pense !
            or si la vie n’a absolument aucun objectif particulier sauf de survivre et de goûter a l’ illumination du présent dans le reel, alors on a absolument tout faux, et il n’y a aucune possibilité de changement profond dans un humain donc dans nos sociétés, nous sommes ,je le pense ,sur le mauvais chemin,depuis des millénaires, il est celui de la souffrance, pauvres ou riches, celle des leaders encore plus, dans une tentative d’exorcisme personnel ils s’en prennent aux autres en espérant un miracle qui leur enlèverait la douleur permanente insupportable de leurs propres vies.....ce n’est pas dure a comprendre, contrairement ace que pensent bcp ,nous fonctionnons tous de la même façon, avec chacun une spécificité...
            existe t’il une autre capacité humaine au delà de notre ego qui analyse, fonction mécanique automatique je le rappelle, vous pouvez le voir en vous connaissant mieux.. ??
            je dis oui, je la connais, mais la on entre dans un domaine ou l’expérience sera celle de chacun ou ne sera jamais, répéter ne marche pas, pour apprendre une technique oui ca marche de répéter, mais dans la connaissance de soi non, c’est a vous de jouer...pour un occidental ca ne veut rien dire du tout....alors c’est foutu pour lui malgré ses réalisations techniques, qui au passage ne sont même pas les siennes mais celles du programme automatique d’analyse ou ego,,...programme mis en place par le créateur de l’humain, qui nous a donne la souffrance pour que l’on se rende compte que c’est le mauvais chemin, souffrance psychologique ou physique sont des signes que l’on se trompe, que quelque chose déconne, mais on ne le comprends pas, on ne comprends pas grand chose d’ailleurs et ceux ici qui s’extasient sur le génie occidental, balayent tout ce qu’ils ne veulent pas voir, car nous sommes des destructeurs de vies., des déments névrosés
            .. je parie que survivre est suffisant et que la beauté de la vie réside dans ce vide que notre ego ne peut voir, normal ils ne sont pas dans le même espace temps...
            nous ne sommes pas vraiment vivant, alors la vie qui est bonté ne peut nous toucher, la souffrance restera notre lot collectif, individuellement il est a tout moment possible de s’enfoncer dans la connaissance de soi ,celle qui libère , et qui fait que la question du sens de la vie ne se pose pas, vous savez quand il n’y a pas de souffrance psychologique la question du sens de la vie ne se pose pas du tout, je l’ai vécu....c’est dans une autre dimension de notre cerveau, celle qui est dans le présent...c’est d’une beaute calme étrange et en meme temps si normale, notre corps le sait déjà ..lui...


          • Lucien Denfer Lucien Denfer 26 juin 2010 09:30

            @Paul,

            Tu le dis à ta manière mais je ressent exactement la même chose. Qu’est-ce qui nous empêche de comprendre une telle sagesse ? Confondre l’esprit et la pensée qui est enflée d’orgueil et de vanité. La proximité d’une telle évidence, là, plus intime même que le souffle de notre respiration. Le temps psychologique n’existe pas. Le temps n’a d’emprise que sur les choses matérielles, pas sur les idées.


          • paul mohad dhib 26 juin 2010 12:40

            @ lucien denfer....
            comprendre cette sagesse ,qu’est ce qui empêche ?
            notre ego qui est un cerveau qui analyse et qui fonctionne tout seul en automatique, pas tres dur a percevoir avec ces flux de pensées ,et d’avis incessant sur tout , partout et tout le temps...oui/non, j’aime ou je rejette...nous sommes des êtres binaires, des ordinateurs, sans réelle conscience du tout, sauf la conscience de ce qu’il connaît propre a chacun, cette conscience propre a chacun qui ne supporte pas qu’une autre conscience interfère avec la sienne, = pensée unique...c’est un monde ou chacun vit séparé par ses opinions, utilisant ou rejetant les autres tels des choses selon le désir ou le rejet du moment, une vie mécanique stupide et violente de conséquences, la notre , qu’on accepte... faute de savoir....
            c’est un dictateur sans bonté.., il est LE probleme, et par notre ignorance de cela et notre desinteret total concernant la connaissance de nous meme, on s’enfonce tout le temps dans le pire des que c’est possible, nous ne vivons que des vies de programme mecanique a travers ce cerveau analytique/ego, la seule chose a faire est de voir son fonctionnement, voir qu’il est la guerre, qu’il est aussi sciences et techniques, mais surtout qu’il fonctionne tout seul, il n’y a pas une once de liberté dans une telle vie, prisonniers de nous mêmes, des mêmes pensées, des mêmes désirs, une vie de roulement a bille qui fait souffrir....sans rien comprendre a ce qui se passe, on fuit, on rêve, on espère , on s’illusionne, on conquiers des pays, on amasse du pognon, on tue, on torture ,on rend malade puis on soigne, on fait comme si notre nature n’était pas de mourir, on pleure sur soi même, on cherche la sécurité absolue, bref on déconne en permanence.....
            nous et notre ego sommes le problème, mais la le refus de se considérer comme le problème met fin a toute connaissance de soi avant même d’avoir commencé....
            ca fait des milliers d’années que ca dure, et on a encore absolument rien compris, pire on ne cherche pas a comprendre, captif d’un programme de survie, car cet ego que je qualifie de cerveau analytique ne me semble être que cela, c’est lui qui dicte son bon vouloir, et comme son programme est d’accomplir dans les domaines pratiques, lorsqu’il prend le contrôle total du cerveau, il pense que la vie est d’accomplir ,de réussir ,d’achever etc....il a tout faux, et si survivre était suffisant, et que le sens de la vie était ailleurs mais juste la devant nous, cet ego est le problème qui empêche de « voir » , on peut dire ou faire ce que l’on veut ,c’est la clé, voir son fonctionnement, toutes ses subtilités,et passer a autre chose.. car il a des capacités importantes, il est le fameux QI, mais reste un outil a qui on confie l’intégralité de nos vies, par ignorance...
            amicalement lucien denfer..


          • inès 25 juin 2010 14:43

            « Achille rattraperait-t-il la tortue ? »

            En réponse :

            Rien ne sert de courir, il faut partir à temps.


            • Martin D 25 juin 2010 15:06

              bravo à l’auteur de cet article...

              avant de me convertir à l’Islam, j’avais lu quelques livres qui traitaient de l’apport de la civilisation Arabe à l’occident. Quel fut mon étonnement d’apprendre que bon nombre de « choses » aujourd’hui attribué aux occidentaux, a été rendu possible grâce aux musulmans...

              Justinien brula les bibliothèques et plongea le monde occidental dans le chaos du moyen-âge...les musulmans extrémistes firent la même erreur vers 1458, ce qui plongea les musulmans dans le chaos de l’ignorance...

              voici quelques exples de la réalisation des musulmans durant le moyen-âge :
              - création du statut d’étudiant en médecine et création du diplôme de médecin
              - création de la pharmacie
              - optimisation de l’administration par un gouvernement centralisé
              - création de véritable tribunaux de justice
              - promotion de la philosophie et de la science (astronomie, mathématique, agriculture, ...)
              - création de la quarantaine en médecine
              - etc...

              vous trouverez aisément sur internet le reportage ARTE intitulé « l’Age d’Or de l’Islam » traitant de ceci.


              • pallas 25 juin 2010 16:14

                Tu confond Religion et Civilisation, une erreur purement «  »«  »occidental«  »«  ».

                Il y a un empire «  »« Ottoman »«  »", de plus il y a des Califats, qui étaient indépendant de leurs point de vue structures internes, mais qui formait une confédération d’état, il n’y a pas et il n’y aura jamais de monde musulman. la preuve en est, la Guerre Froide entre l’Iran et l’Arabie Saoudite.

                L’islam est une religion et absolument pas une civilisation.

                Il faut arrêter de mélanger tout et n’importe quoi a des fins religieux pour attirer le chaland, c’est du pure n’importe quoi.

                La psychanalyse a été développer par des individus issu du Maghreb, rien ne prouve qu’ils étaient musulmans.

                La religion ce donne le droit de la paternité de la création de tout ce qui existe, c’est une erreur que tu ne devrais pas suivre.

                Tu confond tout et tu ne sais rien.

                Les croyants sont réellement fatigant.


              • samir 25 juin 2010 16:20

                « 

                Il y a un empire »«  »Ottoman«  »«  », de plus il y a des Califats, qui étaient indépendant de leurs point de vue structures internes, mais qui formait une confédération d’état, il n’y a pas et il n’y aura jamais de monde musulman. la preuve en est, la Guerre Froide entre l’Iran et l’Arabie Saoudite."

                l’arabie saoudite en service commandé pour le compte des USA ?

                « L’islam est une religion et absolument pas une civilisation. »

                L’islam a donné naissance a différrentes civilisations certes mais la constituion de Medine sert d’exemple pour la constituion des futurs etats musulmans

                De plus tu parles de différrents califats mais nulle idée de nations, la nation etant la communauté

                ton avis est plus que contestable historiqument parlant

                "La psychanalyse a été développer par des individus issu du Maghreb, rien ne prouve qu’ils étaient musulmans."

                qui sont ces personnages ?


              • Martin D 25 juin 2010 16:40

                Il y a un empire «  »« Ottoman »«  »", de plus il y a des Califats, qui étaient indépendant de leurs point de vue structures internes, mais qui formait une confédération d’état, il n’y a pas et il n’y aura jamais de monde musulman. la preuve en est, la Guerre Froide entre l’Iran et l’Arabie Saoudite.

                ==> la guerre froide entre iran et arabie saoudite ne signifie en aucune manière qu’il n’y a pas de monde musulman. le monde musulman connait de terribles divergences et guerres fratricides depuis la mort du prophète Muhammad (sws).

                L’islam est une religion et absolument pas une civilisation.

                ==> On parle de monde musulman ou civilisation musulmane car la religion pratiquée majoritairement est l’Islam et que l’Islam a favorisé l’émergence de cultures basé sur l’islam.

                la culture musulmane andalouse est différente de la culture musulmane de la péninsule arabique. de nos jours c’est pareil, la culture maghrébine est différente de la culture indonésienne, mais les 2 sont tiré de la religion musulmane qui a profondément coloré la culture d’origine !

                La psychanalyse a été développer par des individus issu du Maghreb, rien ne prouve qu’ils étaient musulmans.

                ==> rien ne prouve qu’ils ne l’étaient pas ! on peux aller très loin comme ça !

                ce qui compte c’est que ces psychanalystes aient vu le jour sous la lumière de l’islam

                c’est l’islam des califes d’époque qui a permit de créer des lieux de discussion et d’apprentissage en vue d’améliorer la situation de leurs administrés.

                cette idée s’est vu reprise par les croisés par la suite, ce qui a donné naissance aux démocraties d’aujourd’hui


              • samir 25 juin 2010 17:08

                personne veut m’expliquer rapidement cette histoire de psychanalyse ? a qui l’attribuez vous ?


              • verdan 25 juin 2010 15:18

                Bravo !

                mille mercis


                • frédéric lyon 25 juin 2010 15:31

                  Je pense que la langue arabe est magnifique et je me demande pourquoi le français est encore enseigné à l’école dans les pays du Maghreb.


                  Il convient d’arabiser de toute urgence l’enseignement dans les pays arabes, le français n’étant qu’un résidu indésirable de la colonisation.

                  Les intellectuels arabes ont trois caractéristiques :

                  1) Il ne se posent JAMAIS la question de comprendre POURQUOI la civilisation musulmane a accumulé un tel retard sur TOUTES les autres civilisations, à l’exception de la civilisation africaine traditionnelle.

                  2) Ils ne se posent JAMAIS la question de savoir ce qu’il conviendrait qu’ils fassent pour combler au moins une petite partie de ce retard.

                  3) Ils se gargarisent du souvenir d’une grandeur qui n’a duré que deux siècles et qui a été suivie d’un marasme général qui dure depuis cinq ou six cents ans jusqu’à nos jours. Sans que personne n’en voit le bout, même encore aujourd’hui !

                  Le résultat est que dès que la rente pétrolière sera épuisée, qui permet à certains de faire plus ou moins bien illusion, nul ne sait ce qui va se passer là-bas, sinon que la misère y sera si noire que le chaos qui règne aujourd’hui y passera pour une époque de vaches grasses malheureusement révolue !

                  Pauvres gens.

                  • Martin D 25 juin 2010 16:22

                    1) l’occident a profité de l’apport des musulmans à l’occident pour s’enrichir scientifiquement et culturellement, ce qui lui a permis de faire de grands progrès scientifiques

                    2) les peuples musulmans savent très bien ce qu’il faut faire...s’ils osent demander la démocratie, ils sont stigmatisé. les gouvernements musulmans du moyen-âge pratiquaient la démocratie : ils promouvaient la science. Ce n’est pas le cas des dictatures d’aujourd’hui. Ce n’est donc pas la faute des peuples.

                    3) l’âge d’or de l’Islam a duré de la mort du prophète Muhammad (sws) en l’an 632 jusque vers 1458...année ou les bibliothèques musulmanes furent incendiés par les extrémistes musulmans et par les croisés (les templiers + exactement)...


                  • Lucien Denfer Lucien Denfer 26 juin 2010 09:52

                    Le poète Adonis critique les régimes arabes à Alger : « Les révolutionnaires sont devenus tyrans »

                    A78 ans, le poète, penseur et philosophe syrien Adonis, ne veut pas tordre le cou uniquement à la langue arabe mais aux convictions et aux régimes politico-religieux qui étouffent les sociétés arabes et aux intellectuels qui reproduisent en boucles les idées prêt-à-porter.

                    « Vers une résistance radicale et globale », a plaidé Adonis, le 13 octobre dernier, dans une conférence à la Bibliothèque nationale à Alger. Ce n’était pas parce que l’auteur du monumental Le constant et le variable était invité pour la première fois en Algérie qu’il allait se gêner et se retenir. Il a dit ce qu’il pensait, irritant la sensibilité de certains présents à la salle rouge de la BN. C’est qu’Adonis, comme l’a si bien souligné le romancier Amine Zaoui, directeur de la Bibliothèque nationale, est un poète qui « creuse dans les tempêtes ».

                    « On ne peut pas évoquer la modernité sans parler d’Adonis. Il a combattu l’ennui qui caractérisait la poésie arabe et les règles rigides qui en étaient liées. Il a donné à la langue arabe un autre souffle. Et sur son chemin, ce polémiste a trouvé des adversaires et des ennemis », a-t-il relevé sans manquer de rappeler qu’Adonis a traduit au français la poésie d’Abou Alaâ El Maâri et à l’arabe celle de Saint John Perse. La résistance défendue par Adonis est celle de la Moumanaâ qui sous-entend le refus également. Refus de systèmes politiques bâtis sur le fait religieux qui tyrannisent les sociétés arabes et musulmanes.

                    Et là, le penseur a pris le soin de préciser : « Je parle de l’Islam en tant qu’ordre, institution mais pas en tant que croyance ou expérience personnelle que je respecte et défends. Chaque personne a le droit d’avoir une croyance ». Et il ajoute que s’il critique les intellectuels arabes, il ne se met pas en retrait. « Je suis autant concerné qu’eux. Je fais partie de ce grand crime arabe, l’arriération ! », a-t-il appuyé. En Egypte, en Syrie, en Libye ou en Irak, les résistants d’hier sont, d’après lui, devenus des oppresseurs une fois arrivés au pouvoir. Adonis, sans doute par élégance, a évité de parler de l’Algérie où le FLN, parti unique, a préparé le lit à une véritable dictature militaire dans les années 1970.

                    « Les mouvements révolutionnaires sont devenus des systèmes tyranniques qui usent de la violence pour se maintenir au pouvoir (...) Ils ont adopté le langage et l’attitude religieux pour mieux régner. Chaque parti pense être sur le droit chemin, les autres, ceux qui s’opposent, sont dans l’erreur », a estimé l’auteur de Feuilles dans le vent. Ces mouvements, selon lui, s’attachent à la glorification du passé, à l’entretien de l’apparence et à une certaine « idéoligisation » du fait religieux. « Leur pensée est basée sur le licite et l’illicite. Toute résistance n’est acceptée que si elle est menée de la manière qu’ils veulent. Autrement, tout résistant sera banni et persécuté », a-t-il expliqué. D’après lui, les intellectuels arabes ont accepté que dans leurs pays, l’individu n’est perçu que comme une machine.

                    « Son identité ne lui appartient pas au nom d’une lecture de la révélation divine. Celle-ci est transformée en institution politique dominante articulée sur une vérité absolue qui conduit à la soumission et à l’allégeance. Personne n’y échappe », a-t-il expliqué. Il a argumenté son propos par les luttes fratricides qui ont suivi la mort du Messager de l’Islam, entre Koreïchites et Ansar et par les sentences mortelles contre les renégats à l’époque. « Ceux-ci n’ont pas renié l’Islam mais ont refusé de payer la Zakat parce qu’ils étaient pauvres.

                    Ils ont été accusés de se soulever contre la sunna par l’ordre en place », a noté l’auteur d’une étude sur « le choc entre la modernité et le pouvoir de l’héritage religieux ». Les intellectuels ont été, d’après lui, complices pour avoir accepté de ne pas voir le passé d’un œil critique et retenir les leçons des dérives commises au fil des temps depuis l’avènement de l’Islam. « Ils ont dit qu’ils ne voulaient pas provoquer les gens. Or, on ne peut pas comprendre les problèmes de la société sans revenir à l’histoire en y faisant des recherches. Ces intellectuels, même ceux de gauche, se sont moqués des populations en disant qu’ils défendent leurs droits. Tout ce qu’ils ont fait, c’est de courir vers le pouvoir », a déclaré l’auteur de la célèbre thèse du Constant et du variable (qui a suscité une immense polémique dans le monde arabe).

                    Selon lui, les régimes en place ont mélangé rites, argent, tribus, clans et violence, les ont liés pour renforcer leurs positions en alimentant la culture du passé. « Le dirigeant arabe proclame : Dis moi à quel degré tu me soutiens et je te dirai quel est le niveau de ton nationalisme (...) Le pluralisme culturel, basé sur l’égalité et la tolérance, n’a jamais existé. Autant que le droit. Comment peut-on inventer les lois, il y a 6000 ans, avec Hamourabi, et n’être plus capable d’en avoir en 2008. Mais, s’il y a une loi, elle n’est appliquée que sur les plus faibles. Je vous le dis, les régimes arabes sont un viol ! », a-t-il noté.

                    Citant le texte coranique, il dit que le problème se situe dans les lectures et les interprétations. « Quelle que soit la grandeur d’un texte, il deviendra petit après passage par un esprit étroit », a relevé le penseur. Il a regretté que parmi les 1,3 milliard de musulmans, il n’existe pas de penseur qui réclame une lecture nouvelle de la religion. « La critique a ravivé le christianisme en Europe, l’Eglise l’a tué », a-t-il précisé. « Il n’y pas d’autres choix que de délier ce rapport entre le politique et le religieux.

                    Je suis contre tout Etat bâti sur la religion. Dans les conditions actuelles, il est impossible que les sociétés arabes adoptent la démocratie. Celle-ci est une culture, une morale, des pratiques. L’apprendre prend du temps. Cela dit, les athées arabes les plus extrémistes estiment que la religion est un besoin pour l’homme autant que l’est le pain. La religion, une pratique de tous les jours, doit être discutée, enrichie par le débat », a-t-il proposé. Interrogé sur le Hamas palestinien et le Hezbollah libanais, il a précisé n’avoir pas de réponse à avoir sur le parti de Khaled Mechaâl. « Je ne connais pas le contexte palestinien. Par contre, je suis d’accord avec le Hezbollah en tant que combat, pas en tant qu’idée religieuse.

                    Le Liban est un pays multiconfessionnel. Aucune religion ne doit s’imposer à l’autre », a-t-il souligné. Il regrette que les Arabes n’ont aucun mot à dire sur l’avenir du l’humanité. « Nous avons disparu en tant que civilisation. Nous existons en tant que peuple, mais nous sommes absents de la carte du monde actuel », a constaté l’auteur de Chants de Mihyar le Damascène (un recueil qui a ouvert la voie à une nouvelle esthétique dans la poésie arabe). « Je déteste les réponses parce que je suis convaincu de ne pas avoir une vérité à moi.

                    J’ai toujours douté de tout », a-t-il répliqué au public qui le harcelait de questions. Certains, des députés islamistes, n’étaient pas d’accord avec l’analyse du poète. De son vrai nom, Ahmed Ali Saïd Esbar, ce natif de la région de Lataquié en Syrie, est auteur d’une cinquantaine de recueils, d’études critiques, d’essais et de traductions. En 1988, il avait été présenté pour le Nobel de la littérature, remis à l’époque à l’Egyptien Nadjib Mahfoud.

                    Source de l’article


                  • Jojo 25 juin 2010 16:08

                    Bon article merci mais qui n’a rien à faire en rubrique religion. Encore un choix éclairé d’AV...

                    Dans l’ordre : Arabe, Français et Anglais. Je dois tout à ces trois langues et ne saurais concevoir ma vie sans pratiquer l’une d’elles. Mention spéciale pour l’Arabe en fait définitivement hors classement.

                    • AniKoreh AniKoreh 25 juin 2010 16:35


                      (Bon, l’explication en a déjà été donnée par l’auteur. Et AVox n’est pas à blâmer pour le coup..) 


                    • Jojo 25 juin 2010 17:06

                      Merci pour l’information je n’avais pas lu votre commentaire ni sa réponse, par contre AV est censée décider au final de la rubrique de publication ce en quoi ils ont failli. Je le sais parce qu’à l’époque j’avais envoyé un « article d’opinion » destiné à la tribune libre et qu’il avait été passé en ’parodie’. 

                      Je n’en fais pas une jaunisse mais là en l’occurrence avaliser l’erreur de manipulation de l’auteur revient à faire un appel d’air formidable à tous ceux qui réagissent aux mots clés « arabe et religion ».

                    • AniKoreh AniKoreh 25 juin 2010 17:34


                      Ca, je ne vous le fais pas dire. Quelques unes de ces « sentinelles » nous sont déjà bien connues..  smiley


                    • mcjb 25 juin 2010 17:12

                      d’apres une première lecture rapide vous savez ce que je note 

                      « vous avez foule au pied la memoire d’adan et eve,

                      vous auriez a la limite pu vous dispensez d’ecrire cela, car lla vous etes vraiement ridicule

                       »Selon Tabari, un historien musulman, Ève habitait à Djeddah et Adam demeurait seul à « Serândib dans une montagne. Cette montagne a été identifiée par Ibn Battuta et porte ’maintenant le nom de pic d’Adam, il fut envoyé la première fois dans l’Hindoustan. Adam »et Ève sont passés par l’actuelle Arabie saoudite. Adam faisait son pèlerinage et il « retournait à sa nouvelle demeure, qui est La Mecque actuelle.

                      selon mon interpretation a moi, eve et adam se sont connus sous un pin »eve a" pres de jerusalem


                      • mcjb 25 juin 2010 17:16

                        selon mes informations eve et adam se sont aimes sous le pin « eve a » pres de Jerusalem,

                        chacun ses fantasmes cher ami,


                        • mcjb 25 juin 2010 17:29

                          d’autre part apparemment ses informations viennent directement de la Mecque , c’est donc un contexte religieux qui n’a rien d’historique puisque non confirme par la science ,

                          beaucoup de pages web proposent des pages fiables qui ont le merite d’etre historiquement exactes , on ne s’improvise pas redacteur , car generalement c’est pour donner des informations , ok cela concerne les pays arabes mais ne concerne en aucun cas le contenu de la bible


                          • mcjb 25 juin 2010 17:31

                            d’autre part vous savez tres bien que le coran a ete exploite par les scientifiques , je vous invite a prendre contact avec l’inria de Bordeaux


                            • COVADONGA722 COVADONGA722 25 juin 2010 18:01

                              yep , perso quand je tombe sur un texte ou j apprend peu m importe de savoir si l auteur détient l intégrale vérité je remercie celui/celle qui sait partager son savoir


                              seul le fou se dispense d apprendre.


                              • inès 25 juin 2010 18:16

                                mcjb

                                Vous parlez de l’inria. C’est bien ceci :

                                http://www.inria.fr/  


                                • mcjb 25 juin 2010 18:55

                                  oui c’est cela


                                • mcjb 25 juin 2010 18:56

                                  le nom coran apparait en tapant inria coran fermat 8*2 dsl je ne peux importer rla page


                                • FRIDA FRIDA 25 juin 2010 18:38

                                  Un grand merci pour cet article, il a fait mon bonheur.
                                  Il y a des jours comme ça, je ne regrette pas de tout de passer faire un tour d’horizon sur le site.

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