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Accueil du site > Actualités > Religions > La longue et difficile gestation des dogmes du christianisme

La longue et difficile gestation des dogmes du christianisme

Depuis quelques années, à la demande des autorités politiques du pays, a été intégré officiellement dans les programmes d’Histoire l’enseignement des religions. Dire que cela a soulevé moult difficultés est un doux euphémisme pour cacher un échec retentissant de forme et de fond. Ouvrons une piste de réflexion pour l’avenir avec l’exemple du christianisme...

Certes, cet enseignement, assez particulier, et qui était assuré de manière plus ou moins sommaire depuis longtemps dans les programmes antérieurs, a vite a posé plusieurs problèmes de divers ordres. Outre la difficulté d’enseigner les histoires de religions sur lesquelles les faits historiques sont soit inexistants, soit peu fiables, soit contradictoires, cette volonté politique soudaine s’est aussi heurtée à un autre obstacle de taille : que devait-on exactement enseigner et de quelle manière, ceci dans un contexte « français » particulier, en respectant à la fois les principes de la laïcité - donc de neutralité scientifique par rapport au savoir diffusé - et les sentiments sur ce sujet des publics scolaires ?

Il semble bien que la volonté quelque peu surprenante d’introduire comme tel cet enseignement n’ait pas été précédée par une réflexion appropriée, sereine et scientifique sur la forme, le contexte et le contenu dudit enseignement. Les directives données ont été plus confuses que clarificatrices. Elles ont généré divers incidents et griefs. Il est aussi à noter le caractère « francocentriste », voire au mieux « europocentriste » des instructions officielles qui s’attachent à certaines religions existant dans le pays - pas toutes donc - et qui ont laissé de côté tout ce qui n’est pas lié, pour résumer, au passé européen post-chrétien. Etrange conception de l’enseignement et du savoir dans une société dite "mondialisée" !

Dans ce contexte, il paraissait utile d’essayer de dresser une synthèse de la naissance du christianisme, une des principales religions dont l’histoire est censée être enseignée par des pédagogues maîtrisant le sujet.

Mythes, réalités et hypothèses

Concernant l’historicité de Jésus, personnage central dans l’apparition du christianisme, je renvoie les lecteurs à l’excellent article très érudit de Jean Zin : http://agoravox.fr/article.php3?id_article=26038, ainsi qu’à de nombreux commentaires très documentés, dont ceux de Romain de Pescara.

Pour les passionnés du sujet ou simplement les lecteurs qui veulent se cultiver plus sur ce thème durant l’été, une bibliographie instructive sera placée en fin de cet article.

Pour faire court, nous n’avons, sur le plan scientifique et historique, aucune correspondance avérée entre le Jésus évoqué par les textes fondateurs du christianisme, les Evangiles - dont nous verrons combien ils sont eux-mêmes des fabrications longues, contradictoires et complexes - et un personnage ayant eu une existence attestée.

Certes, de nombreux Jésus sont cités ici ou là, mais aucune des sources documentaires historiques concernant ces Jésus divers n’évoque le Jésus « évangélique », donc ne permet de valider les textes chrétiens ni d’authentifier leur contenu. Et ceci sans évoquer même un statut divin ou extraordinaire. Tel est l’état de la situation à ce jour.

Il convient donc de garder en mémoire ce contexte afin d’aborder avec le plus grand soin une histoire, ici synthétisée brièvement, du christianisme, en fait de la gestation de ses dogmes appelés aussi croyances (en latin, credo).

De l’Evangile de Marcion au Concile de Nicée : crises, violences, apports et accords

Du point de vue historique, la naissance du christianisme, ou plus précisément la gestation de ses croyances ressemble à une sorte de « longue marche ». Cette "longue marche" est constituée de crises, de conflits, de violences, d’apports extérieurs des croyances et de cultes anciens, d’affrontements verbaux, mais aussi parfois physiques, avec des avancées et des reculs, qui s’étale, pour se donner des repères de dates, de + 140 à + 325.

+ 140 est l’année où est attesté par des sources fiables le premier Evangile dit de Marcion ou Evangelion - écrit en grec - et diffusé dans les milieux chrétiens de Rome. Avant cette date, ce qu’on sait du christianisme se résume à fort peu de choses fiables : l’existence de groupes dans divers points de l’Empire romain, se revendiquant d’une nouvelle foi monothéiste, plus ou moins amalgamés ou confondus avec les communautés juives et ne plaisant pas toujours aux autorités politiques romaines.

Entre le IIe et le VIe siècle de notre ère, on assiste à l’apparition d’une véritable pléthore de textes divers qui se veulent, plus ou moins, relater la vie d’un certain Jésus et ses enseignements. On a recensé à ce jour, sauf erreur ou omission, 22 Evangiles, 15 Actes, 10 Epitres et 6 Apocalypses, sans compter divers parties de textes incomplets, tous rejetés par l’Eglise catholique comme « apocryphes », donc non recevables comme véritables textes selon elle.

L’Eglise catholique primitive a retenu, au Concile de Nicée tenu en + 325, 4 Evangiles, un texte appelé « Acte des apôtres », divers Epitres et une Apocalypse. Ces textes dits "canoniques" - conformes aux canons ou normes de l’Eglise catholique - sont donc présentés comme étant les « vrais » récits de la vie dudit Jésus et/ou de ses enseignements. On verra plus bas qui et pourquoi a décidé de ces choix.

Une rapide étude des 4 textes évangéliques montre qu’ils sont remplis de contradictions et de modifications manifestement dues à des auteurs différents travaillant à des moment distincts et qu’ils reflètent parfois des orientations religieuses dissemblables. Pour faire court, selon tous les spécialistes qualifiés du sujet (voir bibliographie), les "textes canoniques" sont non seulement de rédaction bien postérieure aux événements - aucun n’est antérieur à + 180 - qu’ils sont censés décrire et relater, mais de plus, ils ne s’accordent entre eux ni sur les faits ni sur les dates ni sur les croyances qu’ils promeuvent. L’Acte des apôtres et les Epitres manifestent les mêmes travers que les 4 Evangiles.

Les lecteurs peuvent utilement ici se référer aux travaux et aux livres de Charles Guignebert (1867-1939) qui fut le premier professeur occupant la chaire d’histoire du christianisme à la Sorbonne en 1906. Voir lien : http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Guignebert

Ce disciple de Rénan, un des chercheurs modernes les plus éminents en étude du christianisme primitif, analysa les textes canoniques chrétiens avec un sérieux et une méticulosité admirables. Ces conclusions sont claires et n’ont jamais fait l’objet de contestations scientifiques valables à ce jour. Elles sont partagées dans leurs grandes lignes par la grande majorité des historiens sérieux.

Tout au plus pourrait-on aujourd’hui ajouter à ses résultats que les premiers éléments de la foi chrétienne sont d’origine essénienne (ce que Rénan supposait déjà par déduction) et que le culte de Mithra a influencé profondément le christianisme en gestation - notamment le choix de ses fêtes, symboles et dates de festivités - pour des motifs très pratiques : leur affrontement acharné pendant une longue période, en fait jusqu’en 313.

La longue, sanglante et vaine lutte pour des dogmes stables

Ceci vu, il est aussi très instructif de suivre l’historique des schismes, hérésies et crises qui scandent les premiers siècles du christianisme. Si on excepte la concurrence acharnée entre le culte de Mithra et le christianisme au sein de l’Empire romain, avec des changements aussi brusques que violents du soutien à la persécution par les autorités selon les choix religieux personnels des empereurs, la menace de dislocation la plus dangereuse vient d’Arius, un clerc, qui a donné son nom à l’arianisme, une tendance chrétienne qualifiée ensuite d’hérétique par ses adversaires.

Celles et ceux que cette partie peu connue, mais fort instructive, de l’histoire du christianisme intéressent est fondamentale pour toute personne voulant maîtriser le sujet de la religion chrétienne - liront le récit passionnant de ces péripéties dans le livre très documenté de Richard R. Rubinstein, professeur d’histoire du christianisme à l’université George Mason aux Etats-Unis.

Son livre s’intitule « Le Jour où Jésus devint Dieu », éditions Syros ET de la Découverte, paru en 2001 et complété depuis. Il se lit comme un témoignage vivant des événements passés et on y assiste à toutes les phases de la gestation des dogmes chrétiens qui seront formalisés au Concile de Nicée.

L’auteur, tel un spectateur attentif et neutre, relate les faits publics attestés qui ont conduit à la défaite à la fois de l’arianisme au sein de l’Eglise catholique en formation chaotique, avec l’appui de l’empereur Constantin qui voulait préserver l’unité durement restaurée de son empire romain en le dotant d’une religion unique soumise à son autorité politique, et du culte très populaire de Mithra dans ce même empire.

Il raconte avec force détails ce processus mouvementé, qui prend parfois l’apparence de tragédies violentes, de complots retors, de discussions ardues, de massacres impitoyables et de révoltes sanglantes, et se relie manifestement aux problèmes politiques essentiels de l’époque.

Cette victoire du christianisme non-arianiste a lieu en deux étapes : en 313, il est reconnu comme religion d’Etat de l’empire. En 325, au Concile de Nicée, sous la dictée de l’empereur Constantin, les dogmes, jusqu’ici non fixés car sujets de débats âpres et interminables, de la religion devenue force politique impériale, sont fixés dans leurs grandes lignes.

Détail amusant et ô combien significatif : c’est en 326, donc après ce Concile fondateur, que la mère de Constantin, Hélène, aurait trouvé, selon la légende chrétienne orale, des morceaux de la "vraie croix" à Jérusalem... ! Le hasard aurait donc favorisé, ou plutôt donné la preuve de la vérité des choix religieux de Constantin, certes avec un an de retard.

Les croyances actuelles du christianisme ne peuvent donc pas, comme d’autres religions le prétendent pour elles (le judaïsme et l’islam par exemple) être issues de « révélations ou d’inspiration divines », car elles sont les fruits, les conséquences obligées d’un arrangement amiable entre factions rivales, arrangement dont le texte est en fait pensé et rédigé en sous-main, sinon directement, par l’empereur Constantin. Tels sont les faits consignés par les participants et témoins directs de ce Concile !

Le Concile de Nicée est en fait une sorte de compromis entre arianistes et anti-arianistes, mais les dogmes nouvellement adoptés sous la férule de Constantin ne régleront qu’un temps les difficultés qu’ils étaient censés résoudre.

L’Empire romain éclatera en deux, celui d’Orient et celui d’Occident, les conflits religieux anciens se perpétueront avec la naissance de l’orthodoxie qui scissionne, après de longues et pénibles crises, de l’Eglise catholique, toujours au motif officiel d’une question de dogmes, mais sur fond de problèmes politiques.

Bien plus tard, à la Renaissance, alors que le christianisme est remis en cause par nombre d’intellectuels et ne répond pas aux nécessités urgentes de la bourgeoisie commerciale ascendante (notamment sur les questions de prêt à intérêt), le protestantisme rompt avec l’Eglise catholique, encore une fois au motif de problèmes de dogmes, mais avec en toile de fond, encore et toujours, des circonstances et objectifs politiques clairs que de nombreux auteurs, dont Max Weber, ont parfaitement explicités.

On en conclura que les dogmes originaux chrétiens, qui ont beaucoup varié avec le temps avant le Concile de Nicée, ont encore en partie été modifiés avec les schismes et hérésies au cours des siècles par d’autres Conciles. Le combat pour l’unité religieuse chrétienne autour de dogmes rassembleurs a été une longue lutte, mais qui n’a abouti qu’à des divisions toujours plus nombreuses et profondes autour de dogmes sans cesse modifiés.

Dogmes « variables » ils étaient, dogmes « changeants », ils sont demeurés ; et ce jusqu’à ce jour.

Pour enseigner la vérité historique en histoire des religions

Tout ce qui précède est instructif pour le grand public, même sous la forme d’une rapide synthèse qui résume et concentre les faits essentiels. Ces derniers sont éclairants et permettent à tout un chacun de se forger une libre opinion fondée sur les événements réels, et non sur des textes légendaires ou des interprétations "religieuses", discutables par essence.

Il importe donc que les « faits religieux » soient présentés, si les autorités du pays continuent à vouloir qu’ils soient une partie du programme scolaire, sous une forme analogue à celle que cet article met en oeuvre pour le christianisme, en replaçant les religions dans leur contexte historique réel et en redonnant tous les éléments de compréhension scientifique des faits et des croyances.

Car, et cette remarque est essentielle, si l’on peut regretter que, dans ce cadre, les décisions ministérielles évacuent nombre de religions passées et présentes, les philosophies à caractère religieux et/ou mystique, mais aussi l’agnosticisme et l’athéisme de ses Bulletins Officiels, il ne peut être acceptable dans un Etat moderne, laïc, désireux de progresser sur les plans technologique et scientifique, donc voulant doter ses jeunes citoyens d’un vrai bagage culturel utile et fécond, de ne pas enseigner les faits réels historiques avec toutes leurs implications naturelles.

Car, ce ne sont pas les religions et leurs « dogmes » variables autant que discutables, donc sources de conflits bien inutiles et nuisibles qu’il est nécessaire d’enseigner dans l’école de la République, c’est l’histoire des religions, laquelle s’inscrit dans l’histoire humaine.

Notice bibliographique

Outre les livres de Charles Guignebert et de Richard E Rubinstein, déjà cités, que je recommande vivement tant aux enseignants qu’à tous les lecteurs, je propose la bibliographie suivante afin de se forger une culture large et précise en même temps sur le sujet abordé :

  • Anatomie d’un mythe, Patrick Boistier, éditions A l’Orient.

  • Le Dieu unique et le récit de Jésus, Suzel Fuseau-Braesch, éditions l’Harmattan.

  • Jésus contre Jésus, Gérard Mordillat et Jérôme Prieur, éditions du Seuil

PS : D’autres ouvrages pourraient encore être cités, mais il importe d’aller à l’essentiel. Pour celles et ceux qui s’intéresseraient aux "reliques" dites saintes, je recommande la lecture de l’ouvrage, non daté, de Paul Parfait - bien que dur à trouver en version complète (une réédition serait souhaitable tant le livre est amusant autant que véridique - voir Google en tapant "Paul Parfait" ou "La Foire aux reliques").

Ce travail est intitulé : "La Foire aux reliques". L’auteur y recensait avec humour, et à son époque, les nombreux "suaires sacrés", "véritables tuniques", "vrais morceaux de la vraie sainte croix", et jusqu’aux divers prépuces conservés de Jésus... On peut certes rire ici de bon coeur, mais au-delà, l’intérêt historique est de montrer qu’à la multiplicité manifeste des Jésus potentiels correspond une multiplicité des objets qui auraient appartenu au(x) personnage(s). En clair, les reliques chrétiennes confirment les faits donnés par les historiens !


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26 réactions à cet article    


  • Deneb Deneb 3 juillet 2007 13:40

    D’accord pour l’enseignement des religions à l’école, mais pas dans le cadre de l’histoire, plutôt dans le cadre de l’éducation sexuelle. En effet, la religion serait tout à fait supportable et sa nuisibilité serait réduite, si , à l’instar de la sexualité, chacun gardait ses pensées religieuses pour soi, et s’il fallait en parler, on le ferait avec un peu de honte et de gêne . La religion deviendrait ainsi quelque chose de profondément intime, et la culture religieuse subirait un traitement semblable à la pornographie. Justement, dans le cas du christianisme, c’est très étonnant que personne ne s’offusque de ceux qui exhibent, souvent aux enfants, un cadavre mutilé, ensanglanté, cloué sur une croix. En général ce genre de représentation est qualifié comme « extrême violence » et interdite aux mineurs. On pourrait aller plus loin - la sexualité, à son tour, prendrait la place de la religion. Ne serait-ce pas le paradis sur terre si l’on échangeait les rôles entre la sexualité et la religion dans notre société ?


    • Romain Baudry 3 juillet 2007 13:59

      Vous tenez vraiment à ne faire l’amour qu’une fois par semaine, en réunion, avec des bancs en bois inconfortables pour seul mobilier et un type qui est là pour vous donner le rythme ?


    • Romain Baudry 3 juillet 2007 14:13

      La lente formation qu’a connu le christianisme au cours de ses premiers siècles est un sujet que je trouve extrêmement intéressant. Pourquoi tel texte a-t-il été retenu pour faire partie du Nouveau Testament et pas tel autre ? Pourquoi les débats sur la nature du Christ se sont-ils arrêtés sur une position qui n’était ni l’arianisme, ni le nestorianisme, ni le monophysisme ?

      Donner aux collégiens/lycéens une connaissance générale de l’histoire des religions en général et du christianisme en particulier me semble une excellente idée. Ces cours ne doivent bien sûr pas ignorer les faits au profit du « message officiel » des religions. Cela étant dit, il ne faudrait pas pécher par excès de laïcisme non plus. On ne peut tout de même pas étudier les religions sans étudier les croyances qu’elles véhiculent.


    • Philippe Vassé Philippe Vassé 3 juillet 2007 15:29

      Romain,

      Merci pour votre commentaire soucieux d’Histoire et de vérité historique avérée.

      Je partage, comme vous le voyez dans l’article, votre position exposée dans votre premier paragraphe en apportant les réponses historiques attestées à un certain nombre de choix et décisions sur les points évoqués.

      Sur votre deuxième paragraphe, je reste un peu dubitatif. D’abord, sur votre « enthousiasme » pour un enseignement que vous voudriez égal sur toutes les croyances- ce qui n’est pas le cas- et sur la prééminence « particulière » du christianisme que vous soutenez, si je vous comprends bien.

      Votre dernière phrase souffre, à mon sens, d’un manque de précision ennuyeux, mais très commun : l’enseignement historique n’a pas à enseigner les croyances, qui elles-mêmes varient dans les religions et leurs diverses variantes (ce qui engendrerait un alourdissement inutile et stérile des programmes vu le nombre de croyances et de variétes possibles), mais la formation des religions et leur histoire propre, le tout en ne se fondant que sur les faits historiques avérés, afin que le élèves puissent au moins en appréhender les mécanismes et les contextes.

      En général, un bref exposé très synthétique de la croyance suffit, car sinon, les élèves s’y perdent vite et le cours devient vite « ennuyeux », voire rébarbatif. Ce sont de jeunes esprits, pas des adultes doctorants !

      Mais, ceci dit, votre « imprécision » est justement au coeur de la problématique pédagogique que je mets en avant.

      Bien cordialement vôtre,


    • Philippe Vassé Philippe Vassé 3 juillet 2007 15:07

      Hervé,

      Merci de votre commentaire qui montrre que tout article sur un sujet d’histoire des religions soulève un réel intérêt, à défaut de générer une acceptation rationnelle des savoirs actuels.

      Je ne vais pas reprendre le débat sur l’Histoire du christianisme en une réponse.

      Votre propos est caractéristique d’une série de commentaires qui ne visent qu’à soutenir une position précise, mais sans arguments étayés.

      Un seul élément : votre citez, comme « unique » preuve de...rien la « fameuse » interpolation- en XVIII-3/6 - qui a été rajoutée au IVème siècle au texte de Flavius Josèphe, qui n’existait pas dans la version originale donnée par Origène et dont tout indique qu’elle a été commise par le célèbre faussaire historique de l’époque, Eusèbe de Césarée !

      Cela fait des siècles que ce rajout tardif donc un faux pour être clair, conforme d’ailleurs aux conclusions du Concile de Nicée -325- donc bien postérieur à l’auteur original, a été dénoncé par tous les auteurs et historiens.

      L’historicité de celui que vous nommez Paul de Tarse n’est pas plus établie que celle DU Jésus évangélique. Vous vous gardez bien au demeurant d’apporter la moindre pièce fiable, assurée, attestée, au débat, ce que je comprends, car il n’en existe aucune.

      Bien sûr, l’étude historique des religions en France ne s’appuie pas sur les textes religieux.

      Je partage l’opinion de votre dernier paragraphe et y souscris volontiers cat il reprend ce que je dis aussi en conclusion.

      Pour le reste, il concerne vos opinions qui n’intéressent pas un débat historique.

      Bien cordialement vôtre,


    • miaou miaou 3 juillet 2007 23:17

      Dans quelques millénaires, on pourra mettre en doute l’existence de Napoléon, vue comme un avatar d’un mythe solaire. Je me fais un plaisir de rééditer ce lien, qui avance une telle supposition juste quelques années après l’épopée napoléonienne (en pastichant la thèse de Jésus mythe solaire ayant eu cours à cette époque)

      http://www.phdn.org/negation/fous/napoleon.html

      Quelles preuves de l’existence de Socrate (n’a jamais écrit, témoignages de « disciples » donc contestables, certains éléments biographiques incertains ou contradictoires), Alexandre (forte mythification ultérieure susceptible de brouiller son historicité), Pythagore (doute quant à la paternité de son fameux théorème ; école de Pythagore plutôt que Pythagore lui-même, mouvement que d’aucuns qualifieraient de sectaire...) , respectant les mêmes critères que vous imposez pour Jésus de Nazareth ?

      D’autant que ce dernier a la « malchance » d’avoir vécu dans une région marginale de l’Empire. Il est toujours relativement simple, vues les périodes en question, pour un historien en mal de renommée de faire mine de douter de l’existence de tel ou tel « grand homme ».

      Toutes les religions (comme tous les faits sociaux ou toutes les institutions) ont une histoire ; cela ne signifie pas, comme cela est souvent sous-entendu, qu’elles se valent toutes (le bouddhisme comme l’antique religion aztèque ou carthagénoise porvoyeuse de sacrifices d’enfants). Pour en finir avec une vision relativiste des religions , il faut relire René Girard : ainsi, pour faire (très) court, le fondateur du christianisme entendait, par son sacrifice volontaire, dénoncer le scandale multi-millénaire de l’utilisation du meurtre de bouc-émissaires pour assurer la cohésion d’une une société (tout comme le fit Socrate en son temps, mais avec davantage d’impact) ; il se démarque ainsi des religions archaïques.


    • Philippe Vassé Philippe Vassé 4 juillet 2007 05:48

      Miaou,

      Votre commentaire appelle les remarques suivantes : Socrate, Pythagore et Alexandre dit le Grand -fils de Philippe de Macédoine- ont de nombreuses attestations qui avèrent leurs existences et leurs oeuvres (récits de témoins contemporains de diverss origines et cultures, livres, rapports, textes divers, etc.....

      Le fait que des documents historiques contiennent parfois des contradictions, ce qui est assez habituel, n’exclut pas l’historicité de la personne concernée quand la masse documentaire attestée permet de cerner assez nettement la réalité de la vie et de l’action des personnages en question.

      Le problème est que LE Jésus DES Evangiles n’est attesté pour le moment par aucune source fiable pouvant être recoupée. Cela ne signifie pas qu’il ne puisse pas avoir existé, cela veut dire que, pour l’heure, rien ne montre son existence.

      Ainsi, nous avons de multiples preuves historiques, fussent-elles avec des contradictions ici ou là- de l’existence de Mahomet- comme personage militaire et chef politique- ou de Bouddha, en sa qualité de prince indien à l’origine, ou du clerc Arius -celui qui fonda l’arianisme.

      Mais, il ne sert à rien de disgresser sur des sujets autres dès lors que, pour le moment, un personnage n’a pas de preuve de son existence comme tel. Par contre, je vous renvoie à la thèse historique possible d’une succession de « maîtres » esséniens dont l’un aurait été appelé Jésus (voir les écrits esséniens dits « rouleaux de la Mer Morte » mis en forme par Dupont-Sommer) et aurait bien donné naissance au mythe fondateur d’un Jésus bien après sa mort, probablement effectivement due à la répression romaine en Palestine.

      Bien cordialement vôtre,


    • nephilim 3 juillet 2007 16:12

      ZZZZZZZZZzzzzzzzzzzzzzzzzz oups pardon j’ai ronflé ?


      • miaou miaou 3 juillet 2007 21:32

        Pourquoi ce n-ième retour sur le christianisme ? Quid de l’Islam ?

        Historicité du Coran (cf Luxenberg...), de l’Islam, de Mahomet ; influences complexe du judaïsme, christianisme, zoroastrisme, paganisme résiduel (« pierre noire », djinns, « versets sataniques »...) ; mélange entre affaires de l’Etat et la religion dès l’origine (cf Mahomet lui-même), histoire compliquée des courants et hérésies,...

        Une critique « historiciste » de l’Islam serait bien plus destructrice que celle faite effectuée sur le christianisme, mais il est vrai que bien peu s’y risquent...


        • Philippe Vassé Philippe Vassé 4 juillet 2007 03:22

          Miaou,

          Votre idée de présenter objectivement, c’est à dire scientifiquement, l’historique de la gestation des dogmes musulmans, de leur évolution et de leur différenciation est une excellente idée.

          Je pense que votre suggestion, puisque vous semblez maîtriser le sujet, peut être appliquée par vous-même.

          Bien présentée, bien rédigée, bien argumentée, solidement étayée, une telle contribution ferait date et permettrait de compléter ce que je fais sur les origines du christianisme, sujet que je maîtrise bien mieux, de formation, que celui des sources de l’Islam.

          Par contre, pour aller en avant dans votre idée, je me propose de travailler bientôt sur le même thème des origines du bouddhisme et, peut-être, du Judaïsme.

          L’histoire des religions est bien celles DES religions, et non bien sûr d’une seule, prise parmi tant d’autres ici comme exemple par rapport à un problème pédagogique généré par les autorités françaises, notamment suite au « Rapport Régis Debray ».

          Bien cordialement vôtre,


        • Luciole Luciole 3 juillet 2007 22:19

          J’ai le sentiment que l’auteur trouve que Jésus est encore « trop vivant » aujourd’hui et que les romains ont mal fait leur travail pour l’éliminer.

          Qu’est-ce que vous suggérez de plus efficace comme mise à mort ? Le bûcher ? La roche tarpéienne ? La lapidation ?

          Vous savez bien que Nietsche a dit : « Dieu est mort, nous l’avons tué ». Mais pas encore assez tué à votre goût ?

          Combien de victimes vous faudra-t-il encore ?


          • Philippe Vassé Philippe Vassé 4 juillet 2007 05:30

            Luciole,

            Je vous remercie de votre commentaire qui, certes, n’aborde ni le sujet de l’article, ni même son fond, mais cite Nietzsche au passage.

            Pour l’heure, je vous rassure : aucun crime n’a été connu contre un quelconque Jésus. Pour qu’il y ait crime, il faut un cadavre, et pour le moment, si Nietzche a fait une célèbre phrase ironique qui visait-je suppose que vous le savez aussi- une époque et ses écrivains les plus marquants, aucune recherche n’a trouvé le cadavre avec l’identité attestée que vous énoncez.

            Mais, pour l’Histoire, le livre très documenté et passionant de Rubinstein vous apportera des éclairages factuelles sur le sujet que l’article aborde.

            Comment vous semblez croire que l’Histoire serait cruelle par essence, je vous rassure : les processus qui ont conduit au Concile de Nicée et au premier énoncé cohérent des dogmes chrétiens ont certes vu beaucoup de personnes mourir de mort violente (crises, affrontements, révoltes, hérésies, etc...), mais leur nombre ne peut, en l’état, qu’être évalué de manière empirique. Cependant, oui, vous avez raison : on a bien utilisé le bûcher, les lapidations, voire pire selon les endroits et les coutumes du lieu pour faire passer de vie à trépas nombre de personnes, dont de nombreux chefs chrétiens tués, égorgés ou pire par d’autres chrétiens, au nom de la même foi, mais vue de manière légèrement différente.

            Espérant vous avoir inspiré la lecture sereine du travail historique méticuleux de Monsieur Rubinstein,

            Bien cordialement vôtre


          • Luciole Luciole 6 juillet 2007 22:31

            Le cadavre exquis boira le vin nouveau...


          • tep 3 juillet 2007 23:10

            Le ton général de l’article -par ailleurs sérieux et fouillé- laisse transparaître une volonté anormalement tenace de prouver l’incohérence de la construction des dogmes du christianisme. Il semble en effet que votre but est plus de régler son compte à une religion (à laquelle vous n’êtes visiblement pas indifférent) que d’exhumer la pure vérité historique. Je vous rejoins en tout cas pour dire que le problème de l’enseignement des religions à l’école est complexe. Cependant je crois que l’idée d’un exposé neutre et « vraiment » historique est non seulement vaine, mais surtout ne respecte pas les canons de la laïcité dont vous vous faites le hérault. Comment en effet expliquer froidement aux élèves qu’il n’existe « sur le plan scientifique et historique, aucune correspondance avérée entre le Jésus évoqué par les textes fondateurs du christianisme (...) et un personnage ayant eu une existence attestée. » et qu’il n’y a rien de plus changeant qu’un dogme, et leur garantir ensuite de respecter leurs croyances personnelles ? Je constate pour ma part souvent des réactions épidermiques de ce type face à la religion qui a façonné l’Europe et les générations dont nous sommes issus. Il est possible que l’Eglise ait sa part de responsabilité dans cette révolte sourde. Comme l’évoque un commentaire précédent, Dieu n’est sans doute pas encore assez mort pour la calmer. Pour terminer, je voudrais vous suggérer une excellente référence pour compléter votre bibliographie, élargir votre horizon d’idées et surtout trouver le chemin de la paix : « Jésus de Nazareth », de Joseph Ratzinger.


            • Djanel 3 juillet 2007 23:28

              Lisez le commentaire en dessous du votre, s’il vous plait. Moi aussi je suis chrétien et jésus était un rebelle.


            • Philippe Vassé Philippe Vassé 4 juillet 2007 05:15

              Tep,

              Je vous sais gré de votre appréciation et même de vos conseils quant aux textes de Joseph Ratzinger, lequel ne me semble pas être historien, mais chef religieux. .

              Vous me prêtez une volonté, tenace de plus, de montrer une incohérence dans la gestation des dogmes fondateurs chrétiens primitifs. C’est votre droit de souligner ce que vous concluez être des incohérences.

              Sur le plan des faits, je serais plus prudent que vous, le terme « incohérence » ne me semblant pas ici adapté aux faits constatés : il y a eu évolution des dogmes chrétiens au cours des temps historiques (sur de nombreuses questions allant de la nature divine, humaine ou commune de Jésus, de la virginité ou non de sa mère, de sa naissance ou de son apparition adulte, etc.....), tout commes les rites et dates des fêtes ont changé avec les époques et selon les crises religieuses.

              Sur le plan purement historique, le Concile de Nicée met en ordre, en quelque sorte, les dogmes auxquels les chrétiens de l’époque devaient adhérér. Précisons que certains de ces dogmes ne sont plus en cours aujourd’hui. Il définit les rites liturgiques à mettre en oeuvre, rites plus que très modifiés aujourd’hui, même dans les églises catholiques.

              Un un mot, comme je ne cesse de l’écrire, l’histoire de toute religion étant une histoire humaine, elle s’inscrit dans l’évolution des sociétés humaines de l’époque.

              En ce sens, je parlerais plutôt d’évolutions que d’incohérences, de débats réglés par des accords plutôt que de contradictions surmontées.

              Mais, si le coeur vous en dit, le livre de Rubinstein sur le Concile de Nicée est une source précieuse d’informations attestées....

              Bien cordialement vôtre,


            • Djanel 3 juillet 2007 23:23

              L’enseignement obligatoire de l’histoire de la religion est scandaleux. D’abord les religions reposent sur des dogmes et parce que les dogmes n’évoluent pas dans le temps la pensée religieuse n’a pas d’histoire. Qu’est-ce qu’on enseigne ? L’histoire religieuse séparée de la politique. Que voulez-vous que ce soit d’autre ? L’histoire de la religion, n’est qu’un chapitre de l’histoire universelle puisse qu’elle a toujours été présente. Elle est donc déjà enseignée. Pour quoi cette tautologie ? Parce que l’église la plus grande pécheresse du monde veut tout simplement falsifier l’histoire pour cacher les crimes qu’elle a commis durant 1789 ans d’inquisition. D’un côté, on enseignera l’histoire officielle avec son cortège guerres, de désastres, de massacres etc. .... On y apprendra que les rois en seront rendus responsables. Et de l’autre en parallèle l’histoire de la pensée religieuse édulcorée de tout ce qui est négatif pour l’église puisse que les guerres auront déjà été enseignées dans l’histoire universelle. Le tour de passe-passe est jouée et en plus c’est rendu obligatoire par une loi. Qui lave plus propre que le blanc ? Pas moi en tout cas.


              • miaou miaou 3 juillet 2007 23:49

                L’anticléricalisme & Cie comme outil d’exonération des turpitudes du pouvoir politique.


              • renard argenté 4 juillet 2007 03:48

                Bonjour Philippe, bonjour à tous, Dans votre précipitation à emballer le christianisme pour le jeter le plus rapidement possible à la poubelle de l’histoire, vous oubliez quelques faits importants qui ruinent votre entreprise et la rendent ridicule. En voici quelques uns, non pour vous convaincre vous-même, l’entreprise ne semble pas humainement réaliste, mais pour éclairer ceux d’entre nous qui cherchent la vérité.

                Le canon, cet ensemble de textes que les chrétiens considèrent comme inspirés fait justement l’unanimité parmi eux, depuis au moins 17 siècles, sans distinction d’appartenance de doctrine de lieu ou de temps. Cette unanimité devrait conduire celui qui cherche la vérité à examiner ces textes, au moins à les lire avec attention. Une foule immense et extrêmement diverse les considère depuis si longtemps comme infiniment précieux. Les rejeter après un survol rapide parait bien inconséquent.

                Limiter également votre attention à quelques auteurs récents et français sur le christianisme me parait aussi inconséquent, voire grotesque. Vous argumentez comme si personne n’avait écrit sur ce sujet en presque 20 siècles, dans le monde entier. Les bibliothèques sont pleines d’ouvrages sérieux, dont les auteurs sont au moins dignes d’être pris en compte, et pas seulement en France. Le christianisme n’est pas une religion française ou romaine, cette bonne nouvelle s’est répandue jusqu’aux extrémités de la terre (Paul aux romains 10 verset 18), elle a bouleversé le monde (Actes 17 verset 6).

                Enfin, il parait bien insensé de vouloir enquêter sur un sujet en rejetant d’emblée tout ceux qui en sont les meilleurs spécialistes. Juger du christianisme en refusant d’entendre les chrétiens c’est comme vouloir se faire une idée de l’automobile en interrogeant uniquement les piétons et les cyclistes exclusifs. Vous aurez une vision fortement négative, c’est ce que vous cherchez, mais elle sera si fortement lacunaire et si visiblement orientée qu’elle paraîtra à l’évidence ridicule.

                Si vous voulez attaquer le christianisme, il faut le faire de face, en toute honnêteté. Je conçois que cette démarche puisse vous effrayer, plusieurs l’ont tentée et son devenus chrétiens. C’est la marque de la vérité, quand elle s’impose à vous, elle vous transforme à jamais. « lorsqu’il passa Peniel. Jacob boitait de la hanche » (Génèse 32 verset 31).

                Pour ce qui est de l’enseignement du christianisme à l’école, le message de Jésus appelle beaucoup trop l’engagement personnel : « Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. (Evangile de Jean 14 verset 6) pour avoir sa place dans une école laïque. Ou cet enseignement est vrai et il faut le sonder puis y adhérer, ou il est faux et c’est un mensonge qu’il faut éradiquer. L’enseigner en feignant de ne pas savoir si le message est digne de confiance ou non c’est avoir l’attitude de Pilate « Qu’est-ce que la vérité ? » (Evangile de Jean 18 verset 38). Cette attitude annule la puissance du message pour celui qui la prend en le dispensant de s’engager. Mais s’en laver les mains ne rend pas l’homme innocent devant Dieu, au contraire cette attitude le condamne.

                Le royaume de Jésus n’est pas de ce monde (Evangile de Jean 18 verset 36) l’entreprise de Constantin que l’on célèbre en ce moment à Trèves et des églises établies dans le monde politique est donc une fausse route pour l’église.

                Si l’on veut donner aux adolescents d’une ville une vision utile du christianisme, il me semble plus judicieux d’accorder quelques minutes à chacune des églises présentent dans la ville pour présenter sa position. Ceux qui cherchent la vérité sauront reconnaître leur voie (sa voix). (Evangile de Jean 10 verset 27).


                • Philippe Vassé Philippe Vassé 4 juillet 2007 04:48

                  Renard argenté,

                  Je vous remercie de votre commentaire, mais vous aurez compris que la foi a sa logique interne propre qui n’a rien à voir avec une démarche scientifique historique.

                  Analyser les faits historiques, comme les processus qui ont conduit à mettre en forme les dogmes, jusqu’alors très discutés et variables du christianisme, au Concile de Nicée n’est pas une attaque contre votre foi, que je respecte, c’est simplement un travail de vérité historique.

                  Il est regrettable que quelques commentateurs ne puissent accepter de regarder en face une vérité historique sur les origines de leur foi, vérité historique qui, pour des croyants capables de pensée critique et libre, ne saurait valoir argument CONTRE leurs croyances.

                  Eclairer une réalité n’est pas prendre parti dans un autre débat-ici, celui des croyances personnelles - mais juste permettre à celles et ceux qui le veulent de la regarder en face, sans peur et sans esprit de refuge dans un autre débat, qui serait non-scientifique.

                  Le travail de l’historien, sur tout sujet, est d’énoncer ce qui est sûr quant à l’évolution historique des sociétés humaines, de leurs cultures, de leurs arts, de leurs sciences et de leurs croyances. Il ne juge pas, il relate et explique les faits qu’il a vérifiés.

                  Les croyants, de TOUTES confessions, gagneront certainement en confiance en eux et en conviction sincère approfondie le jour où, plutôt que de nier les évidences historiques, ils les regarderont collectivement comme des faits qui n’ont pas, en eux-mêmes, de portée CONTRE leur foi intime.

                  Toute autre attitude, notamment de nier les faits historiques dans un négationisme vain, ne peut qu’isoler de la réalité, couper de la société réelle, les personnes concernées.

                  L’historien est le spécialiste de l’Histoire. Il n’empiète pas sur les croyances en eles-mêmes, qui relèvent de la sphère privée des convictions intimes.

                  Il serait sain et nécessaire que les croyants de TOUTES croyances fassent de même et restent dans leur domaine, plutôt que de vouloir dire à l’Histoire ce qu’ils voudraient qu’elle dise. Et cette remarque s’applque aussi aux sciences, par exemple sur l’évolution.

                  Le croyant, quel qu’il soit, n’est pas un « spécialiste » de ce qu’il ignore. A chacun son travail et ses qualifications propres.

                  Votre propos est une illustration claire de la nécessité de séparer clairement vie publique et religion, savoirs et foi, chacun ayant son domaine propre. Les mélanger aboutit seulement, vous le montrez, à de terribles confusions qui n’aident ni votre foi, ni les sciences, mais sèment la discorde et la confusion au détriment de tous.

                  Je vous invite donc, plutôt qu’à ne rien apporter de concret au débat historique, à respecter l’Histoire et la vérité des faits autant que je respecte votre croyance.

                  Enfin, je rappelle que là où je réside, dans un Etat laïque, la philosophie ou croyance majoritaire, le bouddhisme, rsepecte bien cette séparation des sphères et ne s’en porte que mieux. Et de plus, aucun bouddhiste ne remet en cause les études historiques sur ses origines !!!

                  Et je souligne que le christianisme, aujourd’hui divisé en de multiples tendances très différentes en termes de croyances, n’est pas uniforme, ni univoque, pas plus qu’il est la religion majoritaire sur la planète.

                  Un enseignement utile et une encouragement à la modestie relative pour d’autres croyants ailleurs et maintenant ?

                  Bien cordialement vôtre,


                • Djanel 8 juillet 2007 06:50

                  Mon commentaire est-il aussi mauvais pour que vous puissiez l’ignorer à ce point. La discutions à l’air d’être terminé sans avoir réellement commencer. Je ne reviendrais pas sur ce forum mais néanmoins je trouve étrange que vous ne m’ayez rien dit sur l’idée qu’en séparant l’histoire de la foi religieuse de l’histoire universelle ce n’était qu’une tentative de falsifier l’histoire en minimisant le rôle politique qu’on exerçait les papes. Point final et salut.


                • Djanel 8 juillet 2007 07:03

                  Mon commentaire est-il aussi mauvais pour que vous puissiez l’ignorer à ce point. La discussion à l’air d’être terminée sans avoir réellement commencé. Je ne reviendrai pas sur ce forum mais néanmoins je trouve étrange que vous ne m’ayez rien dit sur l’idée qu’en séparant l’histoire de la foi religieuse de l’histoire universelle ce n’était qu’une tentative de falsifier l’histoire en minimisant le rôle politique qu’ont exercée les papes. Point final et salut.

                  P.s.

                  C’est à cause de mon correcteur d’orthographe, il est encore plus nul que moi. Je dois encore me corriger après lui.


                • Peepo 24 juillet 2007 14:56

                  Indépendamment du fait que Jésus ait existé ou non, je cite : Les fondements de la foi Chrétienne sont le résultat de « crises, de conflits, de violences, d’apports extérieurs des croyances et de cultes anciens, d’affrontements verbaux, mais aussi parfois physiques, avec des avancées et des reculs, qui s’étale, pour se donner des repères de dates, de + 140 à + 325- sous l’influence de facteurs politiques. »

                  Et en plus c’est documenté.

                  Pas de quoi le villipender l’auteur de l’article.


                  • Edgar Edgar 1er août 2007 11:33

                    Je me suis toujours demandé si Jésus aimerait que son Eglise ait choisi comme symbole l’instrument de sa mort ??

                    Il est certain que l’histoire des religions est très intéressante, encore plus celle du christianisme, particulièrement mouvementée.


                    • Pidé 10 août 2007 20:19

                      Je crois que tout le monde est bon pour une lecture approfondie du « Jésus de Nazareth » de Benoît XVI smiley !


                      • jeanclaude 11 août 2007 19:06

                        Je voudrai juste intervenir sur deux points faibles de votre travail d’historien, visant à démontrer que l’identité de Jésus tel que cru et enseigné par les Eglises chrétiennes (pour faire simple) est le résultat d’une création mythologique.

                        1) Vous donnez trop d’importance au Concile de Nicée. C’est effectivement un moment historique qui a beaucoup d’atouts à l’appui de votre thése : premier concile (excepté ce qui est relaté dans le Nouveau testament), intervention de l’empereur, absence du pape, dont le statut dans l’institution est encore en évolution. Les choix qui ont été faits dans ce concile l’ont été à partir de « thèses théologiques » existantes, échaffaudées, selon votre lecture méthodologique, par des écoles ou courants de la chrétienté. Il n’est pas sérieux qu’un historien décide que la thèse triomphante l’a été exclusivement du fait de forces politiques, et non pas en vertu du contenu même.

                        Cela suppose que l’historien accepte d’expliciter sa méthode en fonction du sujet qu’il traite. Pour moi l’objectivité consisterait à ce qu’il y ait explicitation préliminaire de l’historien sur ce point, ensuite fixation de règles décrivant comment seront examinées « de manière neutre » les courants et mouvements, écoles générant ces élaborations conceptuelles de la croyance.

                        Un sociologue et un ethnologue n’agiraient jamais aussi « brutalement » vis à vis de la matière qu’ils traitent que vous ne le faites. En réalité, vous partez de l’axiome que la religion est un mythe et vous travaillez après les faits historiques selon. Vous ne travaillez donc pas à charge et à décharge, ce qui laissera toujours un goût de parti pris « a priori » aux résultats de vos travaux.

                        2) Cette objection épistémologique pourrait bien sûr valoir pour tous les travaux sur cette religion comme sur d’autres : est-on objectif en ne s’intéressant pas au sens du contenu des croyances-thèses qui sont élaborées ? Là encore un philosophe ne procéderait jamais avec des textes philosophiques en les expliquant uniquement par des causes extérieures. De même pour la littérature ou la musique. En une image, vous posez d’emblée que le contenu de la relgion est une coquille vide, puis votre travail, « c’est ce qu’il faut démontrer ».

                        Je conçois qu’en tant qu’historien il est légitime que vous ne vous situez pas « de l’autre côté », en prenant la croyance comme vraie. Mais de la définir au départ comme fausse ou mythique, c’est un parti pris qui rendra toujours discutable le résultat final de vos travaux. D’un point de vue épistémologique.

                        Ces réflexions vont aussi dans le sens de la grande difficulté à enseigner une histoire des religions « neutre ».

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