Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Religions > La main tendue de Benoît XVI

La main tendue de Benoît XVI

La chronique du blédard. Retour sur la visite de Benoît XVI en Turquie.

Dieu merci, c’est terminé. Finalement, les choses se sont bien passées. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la perspective du déplacement du pape en Turquie m’inquiétait depuis plusieurs semaines. Cette visite, je l’avais non seulement inscrite dans la rubrique « à suivre de près » mais je me la représentais comme un nuage supplémentaire susceptible d’alourdir une atmosphère mondiale déjà trop électrique. Comprenez-moi bien, je n’ai rien contre le fait que le chef de l’Eglise catholique se rende en terre musulmane. Bien au contraire : le dialogue interreligieux est plus que jamais nécessaire et, à l’inverse de nos habituels allumés du cerveau, je n’ai vu, dans ce voyage, aucune trace d’une « campagne de croisés contre l’islam et les musulmans »...

Mais, et cela n’étonnera personne, comment pouvais-je être serein dans la conjoncture actuelle ? « Et s’il se passait quelque chose de grave ? » a été la question qui me taraudait, d’abord par amitié pour le peuple turc mais aussi par intérêt en tant que musulman. Je sais, on va me dire que personne n’est responsable des actes d’autrui surtout s’il s’agit d’extrémistes. Pure rhétorique. Nous savons tous à quel point la responsabilité collective s’applique aujourd’hui aux musulmans comme elle s’est appliquée aux Arabes dans les années 1970. Qu’un acte de violence aveugle ait lieu quelque part, qu’une foule d’hommes aux yeux exorbités se déchaîne, et l’on se sentira, qu’on le veuille ou non, concerné, pour ne pas dire tenu coupable de silence complice et consentant. De fait, depuis bien avant les attentats du 11 septembre, nous sommes sur la défensive, tenus de nous justifier pour tout et n’importe quoi. Et c’est épuisant.

J’ouvre ici une parenthèse. Je pense souvent à un texte de feu Edward Saïd dans lequel il racontait comment il fut, un jour d’avril 1995, harcelé par des coups de téléphones incessants de la part de journalistes étasuniens désireux de recueillir coûte que coûte ses commentaires. C’était quelques heures à peine après l’attentat d’Oklahoma City. Pour les médias, cet acte de violence perpétré, on l’a su un peu plus tard, par Timothy McVeigh (que l’on qualifie d’ailleurs rarement de terroriste, mais c’est une autre affaire) ne pouvait qu’être lié au Proche-Orient, aux Arabes et aux barbus... Fin de la parenthèse.

Bien sûr, un pape est toujours bien protégé mais allez savoir ce qui peut arriver par les temps qui courent. C’est pourquoi j’ai trouvé, dès la confirmation du voyage et malgré toutes les réserves que m’inspirait l’homme, que Benoît XVI avait du cran. Il aurait pu reporter ce déplacement, attendre que les feux qu’il a allumés avec son fameux discours prononcé à l’Université de Ratisbonne s’éteignent définitivement. Cela aurait sûrement soulagé les autorités turques et nous avec. Peut-être même, avec la plus parfaite des mauvaises fois, vous aurais-je infligé une chronique dénonçant ce report ou cette annulation...

Au lieu de cela, le pape a fait face, et il est heureux que ce voyage ait pu avoir lieu. Allez, avouons-le, personne ne s’attendait à pareille tournure. Ayant lu le maximum de choses publiées en amont de cette visite, je n’ai rien trouvé qui annonçât les deux grandes surprises du séjour papal. Commençons par la première. Contrairement au cardinal Ratzinger, le pape Benoît XVI ne semble pas opposé à l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne (UE). Certes, il n’y a pas eu de déclaration officielle - c’est le premier ministre turc qui l’a révélé - et le Vatican n’a pas vraiment confirmé. Mais il n’a pas démenti non plus et, en langage diplomatique, cela s’appelle une confirmation implicite, laquelle n’a d’ailleurs pas échappé aux médias.

Je fais partie de ceux qui pensent que l’une des meilleures choses qui puisse arriver au monde musulman est l’entrée de la Turquie dans l’UE. Evidemment, les choses sont mal parties (notamment à cause de Chypre qui, a défaut d’être une puissance, m’a dit un jour un confrère de Nicosie, a fait le choix d’être une nuisance...) Mais rien n’est encore perdu, et c’est pourquoi je suis ravi de cette prise de position du pape qui a le mérite de reléguer à l’arrière-plan le débat stérile sur l’Europe « club chrétien ».

Mais ce n’est pas le plus important. Ce qui restera dans les annales, c’est ce moment de prière de Benoît XVI sous les voûtes de la mosquée bleue. Ce fut un geste fort, un pont jeté vers une communauté qui, à travers le reste du monde, fait figure d’agresseur et qui se sent elle-même agressée. On va me dire que cet homme est incohérent, qu’il rudoie un jour les musulmans pour les flatter le lendemain. On va me reprocher de baisser ma garde et d’oublier le discours de Ratisbonne ainsi que la « leçon » faite aux musulmans à Cologne durant l’été 2005. On n’aura peut-être pas tort.

Il reste que je suis étonné et déçu de voir que ce moment de partage, cette communion spirituelle inédite entre un mufti et un pape dans un lieu saint n’a guère ému les foules musulmanes. Quelques images de télévision, quelques rares commentaires et éditoriaux, et puis c’est tout. Ne sommes-nous capables d’émotion que lorsque nous nous sentons insultés ? Où sont les grandes tirades ? Les opinions étalées sur deux pages ? Mais que l’on se rende compte : le pape a prié dans une mosquée !

Et si nous réfléchissions à notre tour ? Et si, par exemple, les dignitaires d’Al-Azhar ou de l’Organisation de la conférence islamique se fendaient d’un communiqué annonçant, en signe de bonne volonté, que le sort des minorités chrétiennes en terre d’islam est de la responsabilité de tous les musulmans et que doivent être bannies les menaces et les persécutions qui les font fuir, peu à peu, de la terre de leurs ancêtres ? Voilà une réponse qui serait à la hauteur de ce qui s’est passé à Istanbul. Mais, je rêve peut-être.

En tous les cas, cette main tendue du pape m’a fait du bien. A sa manière, elle signifie qu’il faut que nous cessions d’avoir peur les uns des autres. Je ne suis pas naïf. Il y aura d’autres moments difficiles, d’autres épreuves mais rien ne pourra effacer cette « prière de la mosquée bleue ». Surtout, j’ose espérer que cette démarche papale ne sera pas mal interprétée par nos excités du djihad. En se rendant à Istanbul, en priant dans une mosquée, Benoît XVI a mis notre religion sur le même plan d’égalité que la sienne. Ce serait lui faire insulte que d’affirmer ou d’oser penser qu’il s’agit d’un acte de contrition ou d’allégeance. Ne confondons pas main tendue et révérence.


Moyenne des avis sur cet article :  4.52/5   (58 votes)




Réagissez à l'article

33 réactions à cet article    


  • Grouik (---.---.72.26) 18 décembre 2006 13:18

    Je suis toujours amusé par l’importance que semblent revêtir aux yeux de certains des éléments/évènements symboliques.

    Enfin, si ça fait fantasmer certains, tant mieux pour eux...


    • Bill Bill 18 décembre 2006 13:32

      Mais non ! Le pape n’a pas « prié », il a médité, c’est lui-même qui l’a dit et puis un pape ne mettrait jamais aucune autre religion au même niveau que la sienne, pour lui la vérité est dans le catholicisme, même si il reconnaitra l’orthoxie. Quant au protestantisme, c’est déjà une autre affaire. Cependant ce pape a beaucoup d’estime pour les croyants musulman, ça ne l’empèche pas de ne pas adhérer du tout à l’islam.

      On a pas bien cerné le voyage du pape. Il venait rencontrer le patriarche de Constantinople, pour la St-André. Ceci dit c’est vrai qu’il a été couillu, et je suis très heureux que son voyage se soit bien passé. Il y aurait un journal musulman « extrémiste », en tous cas très conservateur, qui a titré en allemand « bienvenue frêre Benoit XVI ». Il a su plaire et a même dit une prière (chrétienne) en langue turque dans la maison de Marie.

      Bill


      • Bill Bill 18 décembre 2006 13:55

        En complément, ce discours d’une audience du pape et la partie qui concerne les musulmans et les Turcs :

        « j’ai rendu hommage au Mausolée du »père de la patrie« , Mustafa Kemal Atatürk ; j’ai ensuite eu la possibilité de m’adresser au Corps diplomatique à la Nonciature apostolique d’Ankara. Cette intense série de rencontres a constitué une partie importante de ma Visite, en particulier compte tenu du fait que la Turquie est un pays à très large majorité musulmane, réglementé cependant par une Constitution qui affirme la laïcité de l’Etat. Il s’agit donc d’un pays emblématique en ce qui concerne le grand défi qui se joue aujourd’hui au niveau mondial : c’est-à-dire, d’une part, redécouvrir la réalité de Dieu et l’importance publique de la foi religieuse, et, de l’autre, assurer que l’expression de cette foi soit libre, privée de dégénérescences fondamentalistes, capable de rejeter fermement toute forme de violence. J’ai donc eu l’occasion propice de renouveler mes sentiments d’estime à l’égard des musulmans et de la civilisation islamique. J’ai pu, dans le même temps, insister sur l’importance que les chrétiens et les musulmans s’engagent ensemble pour l’homme, pour la vie, pour la paix et la justice, en réaffirmant que la distinction entre le domaine civil et le domaine religieux constitue une valeur et que l’Etat doit garantir au citoyen et aux communautés religieuses la liberté effective de culte. »

        A retrouver sur http://benedettoxvi.va/holy_father/benedict_xvi/audiences/2006/documents/hf _ben-xvi_aud_20061206_fr.html

        Par Bill


        • Jim (---.---.91.33) 18 décembre 2006 14:01

          Bonjour Akram !
          et ravi de vous lire ! Effectivement Benoit XVI en a étonné plus d’un quant à son attitude lors de sa visite en Turquie. J’espere que cette visite permettra à certains de relire la conférence de Ratisbonne dans son integralité et notamment les passages controversé, le texte est assez difficile à comprendre car hautement philosophique, mais permettra de constater que les medias ont fait un travail hallucinant de désinformation et ont une fois de plus, entretenu une haine qui n’a absolument pas lieu d’exister.
          Pour ce qui est du pape dans la mosquée bleue, c’est un grand signe, il a montré à la face du monde que les êtres humains sont capables de se receuillir ensemble dans un même endroit et ce même si leur religion est différente. Il ne faut pas oublier que les Chrétiens, les Musulmans, les Juifs, même s’ils ne prient pas le même Dieu, ont un unique but : le rejoindre. Les moeurs sont différents, les principes semblables, parfois il y a des déviances, mais ce n’est pas la religion qu’il faut critiquer, ce sont les déviants. Parfois certains déviants viennent à exprimer leur déviances un peu trop fort, il convient de corriger leur erreur en dialoguant intelligemment, et si ce n’est pas possible, en les « ex-communiants ». Bref, il est temps que les hommes acceptent leur différence et commencent à faire ce long travail qu’on appelle le respect, ou la charité, bref, ce grand principe qui consiste à s’aimer, à dialoguer, à comprendre, bref à devenir des Hommes. Jim


          • bou (---.---.253.54) 20 décembre 2006 13:17

            je suis entierement d’accord avec le contenu du commentaire de JIM. Juste une petite précision qui vient du fait que l’islam est méconnu : pour nous musulmans, nous prions le même dieu que les chrétiens et les juifs, et que les prophètes de ces deux religions sont aussi les notres.


          • Marsupilami Marsupilami 18 décembre 2006 15:23

            @ Blédard

            Intéressant article, comme d’habitude, quoi que moins pittoresque que les précédents. On dirait que t’as un coup de blues...

            « Il reste que je suis étonné et déçu de voir que ce moment de partage, cette communion spirituelle inédite entre un mufti et un pape dans un lieu saint n’a guère ému les foules musulmanes. Quelques images de télévision, quelques rares commentaires et éditoriaux, et puis c’est tout. Ne sommes-nous capables d’émotion que lorsque nous nous sentons insultés ? ».

            Bel et lucide aveu. La tolérance est toujours (et pour combien de temps ?) à sens unique. L’islam crispé sur son identité défaillante et archaïque ne tolère pas grand chose, à part l’Islam crispé sur son identité défaillante et archaïque. Le catholicisme à la papa est aussi con, mais (provisoirement ?) hors d’état de nuire. Ce qui n’est pas le cas de l’évangélisme étasunien, religion hyperconne et prosélythique qui se taille des parts de marché ultralibérales partout dans le monde. Putain de religions...

            Et merci à Bill pour sa précision : effectivement, le mitré catho a bien précisé qu’il avait « médité » et non « prié ». Pas folle la guêpe. A mon avis, il ne devait pas « méditer » sur un quelconque œcuménisme des monothéismes abrahamiques ! Peut-être sur son pieux mensonge à propos de l’entrée de la Turquie dans l’U.E. ?

            Bon, à part ça, les mitrés, les enturbannés et les kippés nous emmerdent avec leurs prêchi-prêcha. Et ils n’ont malheureusement pas fini de le faire.


            • Marie Pierre (---.---.87.195) 18 décembre 2006 16:16

              Merci Le Blédard pour cet article très intéressant.

              Dans l’esprit de votre article, qui met tout de même en avant la manipulation des peuples et l’idolâtrie, je voudrais vous citer un extrait d’une chronique d’un de vos confrères que je lis sur Internet, M. Hammouche, Liberté Algérie , à propos de la visite de Zidane en Algérie, en opposition avec l’écrivaine algérienne Assia Djebbar élue à l’Académie Française :

              "Un État en quête de modèles pour ses enfants n’aurait pas ignoré l’œuvre et la consécration d’Assia Djebbar et d’autres éminences scientifiques et artistiques. Mais grisés par l’enivrement du montage audiovisuel, nos officiels s’égarent à égarer nos enfants. Ils exposent aux jeunes une réussite hypothétique qui passe par les terrains de jeu, et les distraient de la voie de salut la plus sûre qui passe par l’école.

              Si la visite de Zidane s’imposait, d’abord parce qu’il l’a voulue et parce qu’elle exprime une affection réciproque, la célébration de l’écrivain s’imposait comme référence pédagogique. Après avoir dilapidé Yacine, Racim et Dib et d’autres inconnus de leurs concitoyens qui ont brillé dans les sciences et les arts, il est encore temps de nous approprier nos dernières lumières vives. En cela, il semble bien avoir conscience qu’il constitue un “mauvais exemple” pour les enfants.

              Par contre, une écrivaine, qui a intégré l’équipe de France des érudits, constitue, pour le jeune âge, un modèle bien plus pertinent : l’instruction, si elle ne procure pas forcément l’excellence et la réussite, amortit l’échec et assure d’un minimum de dignité. Mais le cortège d’une académicienne n’est, certes, pas rabatteur de foules et l’attelage télévisé fait de politiciens et de lettrés n’émeut pas les chaumières.

              Par nature, le populisme a le souci de l’illusion, pas celui de l’exemple"


              • Marsupilami Marsupilami 18 décembre 2006 16:34

                @ Marie Pierre

                J’en profite pour faire une nouvelle fois de la retape pour l’excellent bouquin La disparition de la langue française d’Assia Djebar. A lire absolument (c’est pas cher, c’est en collection de poche).


              • slaf (---.---.41.15) 18 décembre 2006 17:41

                Chez les chrétiens quant on parle à Dieu ... On prie... et le pape, représentant de tous les chrétiens, montre qu’il s’adresse à Dieu comme tous les musulmans. Priez Dieu sans intercession dans une mosquée démontre au monde que nous sômmes de la même famille.

                http://www.inxl6.org/article3167.php Extrait de la déclaration de benoit XVI

                ....Dans le domaine du dialogue interreligieux, la Divine Providence m’a donné d’accomplir, presque à la fin de mon voyage, un geste qui n’était pas prévu au début, et qui s’est révélé très significatif : la visite à la célèbre Mosquée bleue d’Istanbul. En m’arrêtant quelques minutes pour me recueillir en ce lieu de prière, je me suis adressé à l’unique Seigneur du ciel et de la terre, Père miséricordieux de l’humanité tout entière. Puissent tous les croyants se reconnaître comme ses créatures et rendre le témoignage d’une véritable fraternité !


                • wrisya (---.---.231.251) 19 décembre 2006 07:40

                  Salut Slaf,

                  J’aime toujours autant te lire... Personnellement, je pense que les propos rapportés du Pape ont été manipulés par les médias : ils ont extrait une ligne d’un discours de plusieurs paragraphes en le décontextualisant même si le passage en lui-même posait certainement problème aux muslims... De toute façon, je comprends toujours pas pourquoi il en est fait tout un pataquès de cela : après tout, chacun pense ce qu’il veut tant qu’il ne manque pas de respect à une population donnée... Seulement, ça sert les extrêmes des deux côtés : les anti muslims et les intégristes religieux : c’est la même chose...

                  L’islam n’a certainement pas besoin d’être réformé : sa richesse réside dans le fait que ce texte a été définitivement « scellé » tel qu’il était. C’est pas ça le problème : c’est la société et les mentalités car on se rend compte que dans les sociétés concernées, c’est surtout les traditions et actes coûtumiers qui posent problèmes, lesquels sont en parfaite contradiction avec l’islam même : l’excision, les mariages forcés ou la séquestration de la femme sont à mettre au bans de pratiques archaïques et proprement culturels....


                • Marie Pierre (---.---.87.195) 19 décembre 2006 09:56

                  @ Wrysia

                  Bonjour Wrysia,

                  Sais-tu que certains salafistes réécrivent certains versets du Coran pour en faire une lecture différente ? Le ministre du culte en Algérie s’inquiète de ce que de nombreux exemplaires de ce nouveau Coran circulent.

                  Et encore une fois, l’éditorial de Liberté Algérie sur ce sujet :

                  "Ils ont voulu imposer à notre société des habitudes vestimentaires qui n’ont rien à voir avec notre identité culturelle. Ils ont à maintes reprises rompu le jeûne en fêtant l’Aïd El-Fitr avant ou après leurs compatriotes, dans le but de semer la confusion dans la communauté. Cette année encore, ils ont poussé leur “idjtihad” jusqu’à faire subir des altérations à la prière du matin. Des sacrilèges et des comportements aussi blasphématoires de la part de ces détraqués, on peut en citer à l’envi. Mais, eux qui se prévalent pourtant de la pureté et de la littéralité du texte coranique, on ne les imaginait pas capables de pousser leur “iconoclastie” jusqu’à falsifier le Livre Saint en ajoutant ou en amputant des passages à des “ayate” (versets) dans le seul but d’en faire des arguments à leur inqualifiable dérive. Car là, ils ont poussé le bouchon de la provocation trop loin et ne cherchent ni plus ni moins qu’à provoquer une véritable “fitna” dans notre société en diffusant des exemplaires apocryphes du Saint Coran."


                • wrisya (---.---.231.251) 19 décembre 2006 11:33

                  Salut Marie Pierre,

                  Non je l’ignorais tu me l’apprends... mais cela ne m’étonne pas du tout : quand on en arrive chez certains muslims à interdire à la femme d’étudier ou de travailler soi-disant en se basant sur des bases islamiques inexistentes, voire carrément contradictoires avec les hadiths sahih je ne m’étonne plus de ça : tout est bon à manipuler quand on veut avilir les gens et en faire des bêtes...

                  Ceci dit, je crois qu’il ne faut pas généraliser : les salafis dont tu parles doivent être, au sein même des salafis, des personnes « déviantes » car au fond, le salafisme appliquée au sens propre ce n’est que la volonté de revenir aux fondamentaux de l’islam sans pour autant en avoir une lecture littéraliste... Là où ça pose pb, c’est lorsque justement il s’agit pour ces individus de prétendre vivre 2006 comme ils auraient vécu en l’an 750 ap J.C. !!!

                  Mais bon, de toute façon tant que les muslims n’envisageront pas le Coran comme objet d’étude et simplement comme des dogmes et des interdits, il ne faut pas s’étonner de ces dérives qui de toute façon ne profitent jamais aux femmes, jamais aux enfants mais encore et toujours aux mecs les plus machistes de la terre qui doivent pas vraiment avoir confiance en eux pour craindre autant la femme !!


                • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 18 décembre 2006 17:50

                  Le dialogue approfondi entre les musulmans et les non-musulmans passent par 4 décisions de la part des autorités musulmanes :

                  1) que les non-musulmans dans les pays dits musulmans soient condédérés comme ayant les mêmes droits que les non-musulmans

                  2) que les musulmans de tradition acquièrent le droit de ne plus être musulmans, voire d’être athées sans aucun risque de sanction. (abolition du délit d’apostasie)

                  3) que les droits des hommes et des femmes soient égaux.

                  4) que les mariages forcés soient condamnés par les autorités musulmanes.

                  Il n’est pas interdit d’amorcer un dialogue, mais celui-ci ne pourra vraiment porter ses fruit qu’à ces 4 conditions minimales. Ce qui s’est accompli, avec beaucoup de difficultés chez nous, devra l’être chez les musulmans : ce qui s’appelle la laïcisation du droit et l’affirmation de la tolérance et de la liberté de croire ou de ne pas croire comme valeur éthique fondamentale.


                  • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 18 décembre 2006 17:55

                    Le dialogue passe (j’ai effacé un autre sujet sans modifier le verbe), avec mes excuses


                  • Marsupilami Marsupilami 18 décembre 2006 19:34

                    @ Sylvain Rboul

                    Aucun bon sens dans tes propos. Tu demandes rien de moins que de réformer le Coran et se haddths. Mission actuellement impossible.


                  • (---.---.196.81) 18 décembre 2006 19:44

                    La liberté n’est pas une valeur éthique mais seulement la condition pour qu’il puisse exister des valeurs, qu’elles soient intellectuelles ou éthiques.


                  • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 19 décembre 2006 08:49

                    Je ne demande rien d’autre aux musulmans que de modifier leur interprétation du Coran pour l’adapter au monde pluraliste moderne en vue de promouvoir le dialogue et la paix. Ce qui a été fait (en gros) chez nous.

                    Je rappelle que contrairement à ce que prétendent les intégristes de tous poils (et nous n’avons surtout pas à les considérer comme les seuls authentiques interprètes musulmans du Coran ou de tout autre textes religieux) il y a plusieurs interprétations possibles du Coran comme de tout texte religieux, dès lors que l’on peut constater que s’y trouvent des énoncés (sourates) qui paraissent contradictoires.

                    Est-ce manque de bon sens que de m’adresser à un musulman plus éclairé et ouvert au dialogue sur cette question ? Il est de sa responsabilité d’intellectuel musulman engagé d’y répondre. Il serait au contraire irresponsable de ne pas engager un débat sur les conditions d’un dialogue approfondi -conditions sur lesquelles vous ne vous dites pas en désaccord- qu’il a lui-même initié sur AV. En tout ce cas c’est ma responsabilité de philosophe de provoquer ce débat avec qui me semble prêt de l’engager.

                    J’estime donc, au nom de tous les lecteurs d’AV, avoir le droit d’attendre une réponse de l’auteur de l’article (qui se dit un musulman ouvert au dialogue) aux conditions du dialogue fructueux que je pose. S’il ne répond pas, ce sera, en effet, une indication quant à la portée et au sens réels de son article.


                  • Bill Bill 19 décembre 2006 11:34

                    @ Sylvain Reboul

                    Pour une fois je suiis d’accord avec vous ! C’est d’ailleurs ce qu’évoque le pape d’une certaine façon quand il réclame la réciprocité et la laïcité de l’état.

                    Bien à vous

                    Bill


                  • capreolus (---.---.77.137) 19 décembre 2006 12:27

                    Ah, Sylvain, mon collègue, toujours aussi idéaliste ! Je crains que tes catégories rationnalistes soient un peu courtes pour saisir l’ampleur du fait religieux. Celui-ci ne procède pour toi que d’une aliénation, et cette condamnation indistincte se retourne contre toi et te condamne en retour à l’incompréhension... Amicalement, Capreolus


                  • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 19 décembre 2006 13:36

                    Je n’ai rien contre le fait religieux mais tout contre l’intolérance. Si vous confondez les deux, je vous en laisse la responsabilité ; mais il serait paradoxal de m’accuser d’être excessivment rationaliste, alors même que vous semblez confondre religion et fanatisme, ce qui ne peut qu’alimenter une vision dure, voire athée, de la laïcité...


                  • Mike (---.---.58.193) 2 janvier 2007 18:26

                    Vous semblez (à la lecture de vos nombreux commentaires) être le fervant défendeur de la laicité, vous positionnant ainsi en arbitre des pensées ou des croyances.

                    A contrario de l’athéisme, la réligion fixe des règles, une hygiène de vie, une morale qui permet d’etre une référence à l’ensemble d’une communauté , là ou l’athéisme laisse place à la liberté de la conscience humaine , pouvant laisser place à ce qui a de pire (l’etre humain est ainsi fait et l’ignorance des problématiques des autres et l’égoisme en est la preuve la plus flagrante)..

                    Ma question est ouverte et dépasse le cadre de l’article qu’est ce qui vous dérange dans la foi des croyants ?

                    Ma concerption est simple : le judaisme est le tome 1 d’une révélation monothéiste (les hommes doués d’intelligence se devaient de recevoir et suivre ce message), le christianisme le tome 2 et l’islam le tome 3 (un achèvement pour les musulans du monde) L’objectif etant le meme : le salut de l’ame après la mort.. Inch’allah.


                  • Akriden (---.---.134.130) 3 janvier 2007 11:06

                    A vous lire on pourrait penser que les athées sont des débauchés anarchistes sans aucunes valeurs morales menant une vie dissolue, là où les personnes soumises et aliénées à une religion sont des exemples car suivant aveuglément et sans réflexion personnelle les règles dictées par celle-ci ??

                    Les églises, mosquées et autres temples sont emplies de mécréants qui viennent se montrer, jouent les pieux aux yeux du monde, espérant dissimuler et se pardonner ainsi l’ensemble des méfaits dont ils sont responsables... Il n’est pas nécessaire pour avoir la Foi, d’obéir aux représentants autoproclamé d’un Dieu qui ne brille que par son absence et son silence, la conscience chargée des millions de morts que son adoration à causé, surtout quand ces dits représentants vivent dans le luxe et l’abondance, se montrent manipulateurs, intolérants et assoiffés de pouvoirs, autant de comportements que dénoncent précisément leurs religions......vous parlez d’un exemple !

                    Quant à obtenir le salut de l’âme après la mort, la belle affaire !! Que penseriez- vous de l’obtenir de votre vivant ?


                  • (---.---.229.236) 3 janvier 2007 11:11

                    « A vous lire on pourrait penser que les athées sont des débauchés anarchistes sans aucunes valeurs morales »

                    Lénine, Staline, Hitler, Pol-Pot, Mao, Kim il Sung, castro, etc,etc.

                    Oui, les athés n’ont aucune valeurs morales.


                  • (---.---.58.194) 3 janvier 2007 17:59

                    Celui qui fait un atome de bien en a la récompense de son vivant et une meilleure dans l’au dela. Celui qui fera un atome de mal peut effectivement le masquer ici bas (n’osant l’avouer aux autres tellement il s’en sent géné), par contre cet atome de mal se vera dans l’au delà. On ne ment pas à dieu, par contre comme celui ci n’existe pas pour les athés vous pouvez mentenir continuelement ce mensonge perpétuel que vous vous faites qu’à vous meme..

                    Dieu est le plus savant, meme si vous etes un grand penseur.


                  • Comité Cicéron 18 décembre 2006 19:26

                    Bravo pour cet article !

                    Ce n’est pas aux occidentaux de donner des leçons de paix et d’égalité homme-femme, nous avons eu des périodes très noires nous aussi. Mais le geste du pape est vraiment beau, et va au-delà du symbole ! Puissent de nombreux chrétiens et de nombreux musulmans comprendre la portée de cette démarche qui refuse les caricatures et les tensions religieuses.

                    Et ce n’est pas un pieux mensonge de parler de l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne : c’est du réalisme, maintenant que les négociations sont lancées il est vraiment lamentable de la part de la France d’essayer de les faire capoter : il fallait dire non plus tôt si c’était ce que pensait notre chef d’Etat.

                    En revanche rien n’interdit de faire une Europe plus intégrée à quelques pays, au sein d’une zone de libre-échange et de démocratie, mais c’est une autre question.


                    • Bill Bill 19 décembre 2006 11:26

                      Le pape maitrise bien mieux le français que bien des intervenants : le terme de « se recueillir » a une signification bien précise, que les musulmans qui se font passer pour des chrétiens ne doivent pas connaitre ! Je relève ici la définition de l’Académie Française :

                      SE RECUEILLIR signifie Rassembler toute son attention pour ne s’occuper que d’une seule chose. J’ai besoin de me recueillir. Se recueillir en soi-même. Se recueillir au-dedans de soi. Après s’être recueilli quelques instants, il s’exprima en ces termes.

                      Il signifie spécialement, en termes de Dévotion, Détacher son esprit des objets de la terre et le ramener en soi, pour se livrer à la méditation religieuse, à de pieuses contemplations. Chaque jour elle va dans son oratoire et y passe quelque temps à se recueillir.

                      Il ne s’agit donc pas d’une prière.

                      Mais cela n’enlève rien à une certaine communion d’esprit avec d’autres Hommes, le pape est par ailleurs le pape de tous : sa mission ne s’arrête pas aux seuls catholiques, mais à tous les Hommes, croyant ou pas. Il n’a pas besoin pour ça d’épouser les conceptions religieuses des autres confessions, il faut ètre idiot pour croire ça.

                      Bill


                      • akram belkaïd akram belkaïd 20 décembre 2006 15:32

                        Salam à toutes et à tous,

                        Je vous remercie pour vos commentaires.
                        - @ Jim : c’est vrai que les déviants sont légions et que toute démarche spirutuelle doit leur faire face à un moment ou un autre.

                        - @ Marsupilami : Je crois que l’on néglige vraiment le niveau de tolérance réelle qui existe dans les pays musulmans. Je ne parle pas de ce qui est affiché, surtout quand il s’agit d’un interlocuteur occidental, mais de ce qui existe dans la sphère privée. Contrairement à ce que l’on pense, les accomodemments sont légion.

                        - @Marie-Pierre : Nul n’est prophète en son pays... Vous citez des auteurs qui ont quitté l’Algérie. Certains ont essayé « d’y faire quelque chose » comme Dib - qui aurait mérité le Nobel de Littérature et pour lequel Djebbar a fait campagne - En vain. Mais il n’y a pas que les écrivains ou les artistes. L’Algérie officielle, je l’ai écrit dans mon livre, n’aime guère ses enfants et ses élites. C’est le drame profond de ce pays.

                        - @ Sylvain : Votre injonction à dialoguer m’interpelle et me démontre qu’il faut toujours et encore répéter ce que l’on a dit ou écrit avant. Une recherche sur internet vous démontrera que j’ai déjà pris position sur la question de l’exégèse nécessaire du Coran ou sur la liberté de chacun de choisir sa religion. C’est un travail de fourmi, parfois inaudible car, à ceux qui tiennent le même discours que moi, les grands médias préfèrent les provocateurs et les opportunistes qui se préoccupent plus d’exploiter l’air du temps que d’aider leur communauté à progresser.

                        Bien à vous toutes et tous

                        akram


                        • Marsupilami Marsupilami 24 décembre 2006 16:21

                          @ Talleyrand

                          Tu déconnes. Akram n’est pas un faux-cul (même s’il est ambigu comme tout penseur musulman qui se respecte), contrairement aux islamistes qui s’expriment sur Agoravox.

                          Et puis comme disait celui dont tu t’es paré du prestigieux pseudo, « Dans les temps de révolutions, on ne trouve d’habileté que dans la hardiesse, et de grandeur que dans l’exagération ».


                        • La Taverne des Poètes 24 décembre 2006 16:49

                          « même s’il est ambigu comme tout penseur musulman qui se respecte » dit Marsupilami en s’adressant à...Talleyrand, le personnage historique le plus ambigu sans doute. On aura tout entendu !


                        • Marsupilami Marsupilami 24 décembre 2006 17:17

                          @ Taverne

                          Justement, je faisais de l’humour au 3e degré ambigu en filant une citation de Talleyrand (le vrai) à Talleyrand (le pseudo). Mais vu que je me refuse à utiliser les smileys, ça t’a échappé...


                        • La Taverne des Poètes 24 décembre 2006 17:22

                          Talleyrand pleine forme Marsupi l’ami !

                          Sans smiley non plus.


                        • Marsupilami Marsupilami 24 décembre 2006 17:43

                          @ Taverne

                          Et j’ajoute que j’ai mis cette citation à la con de Talleyrand (le vrai) à Talleyrand (le pseudo) pour voir comment il y réagirait par rapport à ses propres propos sur l’article d’Akram. Mais probablement qu’en ce moment il est trop occupé à faire rôtir sa dinde aux marrons pour réagir. A suivre...


                        • La Taverne des Poètes 24 décembre 2006 16:55

                          à l’auteur :

                          Pauvres medias ! On dirait qu’ils vont vers la facilité : transmettre les émotions violentes. Les moments de communion et de transcendance spirituelle étant, eux, plus difficiles à rendre compte, ils les négligent et c’est dommage.

                          Ah ! la belle Europe suspendue aux lèvres du pape et de quelques cardinaux pour se déterminer sur l’entrée ou pas de la Turquie en son sein.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès