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Accueil du site > Actualités > Religions > La participation à un culte est facultative

La participation à un culte est facultative

La lamentable affaire du barbecue halal géant organisé par la mairie de Dijon n’est que l’une parmi d’autres des tentatives pour faire entrer la nourriture halal dans la sphère publique, et même pour la faire consommer par des non-musulmans.
 
A cet égard, on entend de plus en plus un argument d’apparence bonnasse, mais qui contient cependant en fraude, dans ses bagages, rien de moins que la charia. Cet argument consiste à dire : "La viande Hallal n’est interdite par aucune religion, tout le monde peut en consommer. Il n’est donc pas discriminatoire de la généraliser. Alors qu’il est discriminatoire de ne prévoir que de la viande non-halal, puisque les musulmans n’ont pas le droit d’en manger."
 
On remarquera d’abord qu’en acceptant cet argument manipulateur, nous traiterions les religions avec des égards inversement proportionnels à leur degré de modernité et de respect des droits de l’homme : la religion qui se veut législative deviendrait prioritaire (puisque ses fidèles sont obligés de refuser la nourriture ordinaire, et que cela leur "donnerait droit" à un menu spécial) ; les fidèles dont la religion se contente de conseiller une conduite sans interdire expressément sont invités à s’adapter puisqu’ils le peuvent ; quant aux athées, agnostiques et anti-cléricaux, ils sont complètement oubliés dans ce raisonnement.
 
Désolée, mais nous sommes dans un pays laïque, et ce n’est pas ce que prévoit la loi de 1905.
 
Celle-ci ne prévoit pas que "l’Etat respecte toutes les religions", comme certains font semblant de le croire. Lisons son article premier de façon exacte :
 
"La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public."
 
Ce qui est assuré par la loi, ce n’est pas la seule liberté religieuse. C’est la liberté de conscience, c’est à dire le droit d’avoir une religion ou de ne pas en avoir. Cette liberté est assurée dans le respect de l’ordre public, c’est à dire sans permettre que l’espace public devienne un champ de bataille ou chaque culte exprime ses revendications les plus échevelées.
 
Et relisons l’article 2 :
 
"La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte ..."
 
Il est donc interdit de subventionner indirectement l’islam par le biais des taxes de certification halal. Et, même si la taxe halal ne coûtait rien, il resterait interdit de reconnaître publiquement un culte en inscrivant de la viande sacrifiée rituellement aux menus municipaux.
 
Car, ne l’oublions pas : la viande halal a été tuée par un sacrificateur agréé par une mosquée en prononçant une prière et en tournant la tête de la bête vers la Mecque. Or, le sacrifice est un acte cultuel, c’est même un des premiers que l’humanité ait pratiqués. La consommation de la viande fait partie intégrante du sacrifice. Le sacrificateur tue la bête, les fidèles la mangent, en réservant éventuellement une part au(x) dieu(x). Telle est la structure du sacrifice.
 
En mangeant halal, nous prenons donc part à un rite sacrificiel. Il importe donc que soit respecté notre droit de ne pas y prendre part.
 
La question n’est pas de savoir si notre religion, pour ceux qui en ont une, nous permet ou ne nous permet pas de manger halal. Cela, on s’en fout. Les religions, toutes autant qu’elles sont, n’ont rien à nous interdire ou à nous permettre. Et la République, si elle faisait son travail, les rabrouerait vertement quand elles prétendent récupérer ce droit, l’islam en tête, les autres essayant de se cacher derrière lui.
 
He bien sachez, Monsieur Rebsamen, Sénateur-Maire de Dijon, que ma religion ne m’interdit pas de manger halal, et qu’il ferait beau voir qu’elle prétende m’ordonner ou m’interdire quoi que ce soit. Mais là n’est pas la question !
 
Pour refuser de manger halal, je n’ai pas besoin d’un mot d’excuse de mon curé, ou d’un autre religieux.
 
C’est moi qui décide. C’est ma conscience qui m’interdit d’être complice de souffrances inutiles infligées à un animal. Point barre. Et je n’ai pas d’autre justification à vous donner pour exiger que de la viande normale me soit proposée.
 
La liberté de conscience est une prérogative des individus et non des Eglises. Et c’est elle qui est garantie par la loi de 1905.
 
***
 
NDLR : ce lundi matin, le Dijon Football Côte-d’Or a publié le communiqué suivant : "L’organisation souhaite présenter ses excuses à l’ensemble des populations heurtées par le manque de précisions apporté quant au barbecue géant du 9 juillet prochain. La prestation pour se restaurer sera un barbecue pour tous, il est simplement prévu de proposer un stand de viande Hallal pour toutes les personnes qui le souhaiteront. Parce que cette fête du football est un moment pour TOUS et que nous serons heureux d’accueillir le plus grand nombre d’entre vous !"

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179 réactions à cet article    


  • pigripi pigripi 28 juin 2010 10:56

    Merci pour ce judicieux rappel de la loi et des règles plus que nécessaire en ce moment où les têtes ont le tournis et perdent tout sens des valeurs qui permettent à une société de vivre et se développer harmonieusement


    • Ronald Thatcher rienafoutiste 28 juin 2010 11:05


      sus au supplice halal !


      • bo bo 28 juin 2010 18:33

        En France, la loi prévoit que la bête doit être assommée avant d’être tuée et saignée....il faut donc appliquer la loi point barre.


      • foufouille foufouille 28 juin 2010 18:38

        y en a qui ont jamais vu des abatoirs normaux
        « notre pain quotidien »
        sinon elevages de poule en cage, etc


      • celuiquichaussedu48 celuiquichaussedu48 28 juin 2010 20:34

        Aux USA ( avec le God save America que l’on connait, donc c’est pas très musulman comme pays), il y avait une affaire de vaches amenées à l’abattoir avec des véhicules de chantiers, donc bon, le droit des animaux invoqué par JAMES est très peu présent...


      • dudule 29 juin 2010 01:40

        Bravo les Suisses... Quant à ces « religieux » pourquoi n’égorger que des moutons... ? que n’essaient il pas avec des tigres ? ... Allez.... allez.... un peu de courage !


      • Catherine Segurane Catherine Segurane 29 juin 2010 07:03

        En théorie, la loi oblige à un abattage sans douleur, et les abattages halal ou casher ne sont que des tolérances.


        Dans les faits, les exceptions deviennent la règle à la faveur d’initiatives telles que celle de Rebsamen, et l’Etat n’y trouve rien à redire : http://www.ripostelaique.com/Nous-mangeons-tous-hallal-ou.html


      • LE CHAT LE CHAT 28 juin 2010 11:36

        il faut interdire ce banquet islamiste ! pourquoi un banquet halal alors qu’on interdit le pinard et le saucisson !
        les socialistes sont anti -français et pro islamistes ! puissent ils ne jamais revenir au pouvoir !


        • jaja jaja 28 juin 2010 18:47

          Le Chat : Les socialistes français à l’origine des guerres coloniales aujourd’hui pro-islamiste ? Il y a vraiment de quoi se marrer quand on sait tout le soutien que ce parti a apporté et apporte toujours aux sionistes... Vous les avez déja vu se mobiliser pour défendre le peuple palestinien... Moi jamais.... Par contre aux diners du CRIF ils se bousculent....

          Pouvez-vous citer un seul de ses leaders qui soit anti-sioniste ou qui défende les résistances palestiniennes irakiennes ou afghanes ?

          On touche ici le fond du fond du ridicule...


        • Lucien Denfer Lucien Denfer 28 juin 2010 11:54

          Quel meilleur outil que l’islam, sa simplicité et le caractère implacable de ses lois pour contraindre des masses qui ont perdues toute vélléités de réflexion, tout désir de liberté. Quand on abdique son libre arbitre et que l’on embrasse le culte de la soumission, tout est pour le mieux. Plus besoin de se poser de questions car tout procède de la volonté divine. Plus besoin d’avoir peur car la véritable existence commence dans l’au delà et attend les fidèles qui pourront gouter éternellement aux plaisirs charnels.

          Pas étonnant que cette récupération, cette imposition de la charia fasse des émules en ces temps de crise et d’incertitudes.

          Simplicité, fidélité, soumission, fatalité, sans oublier d’ajouter la célèbre formule à la fin de chaque déclaration...Inchallah


          • samir 28 juin 2010 13:04

            c’est fouca et puis c’est marrant que l’Europe renaisse des cendres de la civilisation/religion de simplets qu’est L’Islam...dingue !!


          • Lucien Denfer Lucien Denfer 28 juin 2010 13:29

            @samir

            Le mythe de l’âge d’or scientifique de l’islam
             
            Non, l’occident ne doit rien aux Arabes

            L’Occident ne serait pas sorti des ténèbres du Moyen Age sans Averroès et ’Ibn Khaldoun : l’intellectuel palestinien Saqr ’Abou Fakhr remet en question cette idée si répandue des deux côtés de la Méditerranée.

            Sans la civilisation arabe, dit-on, l’Occident n’aurait jamais pu connaître l’éveil, le développement et le progrès qui ont mené à sa domination actuelle sur le monde entier. La majeure partie des écrivains nationalistes arabes et des romanciers musulmans continuent de perpétuer l’idée d’une ancienne civilisation arabe glorieuse et incontournable, alors que celle-ci s’est éteinte avec la chute de Bagdad, en 1258, à la suite de laquelle les Arabes cessèrent de créer et d’innover, excepté dans certains domaines limités et disparates.

            Le fait de continuellement reprendre cette affirmation d’un âge arabe des Lumières l’a incrustée dans l’esprit des Arabes, comme cela arrive pour certaines superstitions et certaines légendes. Le temps est donc venu d’en faire la critique. Disons tout d’abord que les Arabes ont apporté une importante contribution à la civilisation humaine, comme l’ont fait les Chinois, les Indiens et les Perses. Mais les Arabes ont-ils joué un rôle déclencheur dans l’apparition de la civilisation occidentale contemporaine ? La civilisation arabe a pris fin il y a près de huit cents ans, et aujourd’hui ce sont les Arabes eux-mêmes qui risquent de disparaître. Et pourtant, ils continuent de se vanter en déclarant que,

            « sans les Arabes, l’Europe aurait certainement stagné dans l’obscurantisme du Moyen Age ».

            Il devient nécessaire de dissiper de telles chimères et de les remplacer par l’Histoire réelle. Il semble avéré que la civilisation occidentale ait été portée - du moins sur le plan technique - par trois innovations essentielles, toutes venues de l’extérieur mais qui se sont conjuguées et fécondées mutuellement, à l’intérieur d’un ensemble géographique unique, pour finir par créer une nouvelle dynamique qui a engendré une formidable civilisation, sans précédent dans la longue histoire de l’humanité et qui dure jusqu’à ce jour.

            Ces trois innovations sont :

            1. L’imprimerie, qui a déclenché la révolution des connaissances et la diffusion des sciences.

            2. La boussole, qui a grandement contribué aux nombreuses découvertes géographiques.

            3. La poudre, qui a procuré à l’Occident la supériorité des armes et enclenché l’expansion coloniale en Amérique, en Inde et en Afrique. C’est de Chine que ces trois techniques fondamentales sont parvenues à l’Europe, alors incapable d’innovation parce qu’étant sous la prégnance religieuse de l’Eglise (catholique). [ouais]

            L’originalité des Européens a consisté à intégrer ces inventions à leur propre civilisation et à en tirer graduellement, par la méthode de l’essai et de l’erreur, de nouveaux principes favorisant la science, le progrès et, par voie de conséquence, la puissance et la domination. C’est donc à la pensée occidentale que revient, en premier lieu, le mérite d’avoir rendu possibles ces développements.

            Cette pensée n’a jamais refusé ni interdit ces innovations essentielles, elle ne les a pas considérées, à la manière dont le font aujourd’hui les vieux esprits du monde arabe, comme des objets « importés » dont il faudrait se méfier ou qu’on devrait boycotter. Tout au contraire, la pensée occidentale a opéré une révolution radicale contre l’Eglise et les ecclésiastiques, et a mis à bas tout ce qui faisait obstacle à la renaissance des sciences et des arts.

            Les historiens arabes sont presque tous d’accord sur le fait que la civilisation occidentale moderne a énormément tiré profit d’Avicenne [980-1037] et surtout d’Averroès [1126-1198] et d’Ibn Khaldoun [1332-1406], et que l’Europe n’aurait pas pu avancer sur la voie du progrès sans leurs écrits.
            En fait, il n’en a rien été. Sinon, on serait en droit de se demander pourquoi les principes énoncés par Averroès auraient été un facteur décisif de la Renaissance en Europe alors qu’ils n’ont eu, à la même époque, aucune influence sur la civilisation arabe. La réponse à cette question est très simple.

            En fait, Averroès, Ibn Khaldun et Avicenne se trouvaient en quelque sorte en dehors du courant dominant d’une culture arabe qui les a d’ailleurs refusés et rejetés. Une culture qui, déjà à l’époque, sombrait, tout comme aujourd’hui, sous le poids des fatwas des oulémas, des théologiens et récitants du Coran, du même acabit qu’Al Ghazali, Ibn Taymiya, Al Chafei et Al Achaari. Pouvons-nous penser sérieusement que la civilisation occidentale ait emprunté quoi que ce soit à ces théologiens ? Certainement pas.

            De même, pour Ibn Khaldoun, l’Occident n’a donné aucun crédit à ses élucubrations sur les esprits maléfiques, mais s’est seulement intéressé à ses opinions concernant la place et l’usage de la raison. L’Occident s’est servi de l’aristotélisme grec d’Averroès et s’est saisi de son idée - exposée dans son Commentaire d’Aristote - d’harmoniser philosophie et chari’a musulmane, c’est-à-dire raison et révélation.
            L’Occident en a déduit que c’est en s’appuyant sur la raison qu’on pouvait s’engager sur la voie de la renaissance et du progrès. A la même époque, les théologiens arabes prononçaient déjà leur terrible anathème : « Adopter le rationalisme, c’est faire profession d’athéisme. » Averroès ayant écrit son Incohérence de l’incohérence, le conservateur Al Ghazali lui avait répliqué par L’Incohérence des philosophes. L’Europe diffère des Arabes en ce qu’elle a réussi, petit à petit, à exclure l’Eglise de toute mainmise sur les idées et à accorder la prééminence à la raison.

            Processus inverse en Islam, au cours duquel le salafisme (retour aux valeurs des ancêtres) l’a emporté, très tôt, sur les idées critiques : Al Ghazali fut officiellement préféré à Averroès. Ainsi le contrôle de la pensée arabe par les religieux a-t-il participé à la stagnation, puis à la régression de la pensée et de la vie dans cette société, depuis les Seldjoukides (au XIe siècle) jusqu’à nos jours. La contribution arabe à la civilisation occidentale moderne ne fut pas globale mais limitée à un certain nombre d’écrits rationalistes, qui constituèrent pour cet Occident le point de départ d’une redécouverte de l’ancien patrimoine philosophique et artistique grec.

            La civilisation arabe elle-même était, par certains aspects, le produit de ces nombreuses traductions à partir du grec, dans lesquelles excellaient les Syriaques (membres de l’une des Eglises chrétiennes d’Orient). Mais cette civilisation ne dura que deux siècles, plus précisément les IIIe et IVe siècles de l’Hégire (IXe et Xe siècles de notre ère), alors que la civilisation européenne a des racines qui remontent au Ve siècle avant notre ère.

            Un apostat d’aujourd’hui

            L’hérésie de Nasr Abou Zeid est certifiée en bonne et due forme : il est officiellement déclaré apostat par les tribunaux égyptiens en 1996. Les problèmes de ce chercheur en théologie, né en 1943 en Egypte, commencent dès 1992, quand il affirme que le Coran n’est pas le Verbe incarné et éternel, mais une oeuvre culturelle qui doit être comprise en tenant compte du contexte historique. Dans son livre Critique du discours religieux (Actes Sud, 1999), il explique qu’il ne faut pas s’en tenir au sens littéral du texte, mais le soumettre à une analyse historique, sociologique et linguistique.

            Le professorat lui échappe, sous prétexte que son oeuvre porte atteinte à l’islam.
            En 1995, la justice prononce d’office son divorce, puisqu’une musulmane ne peut vivre avec un apostat. Afin d’éviter la séparation et d’échapper aux menaces de mort qui pèsent sur lui en Egypte, il s’exile aux Pays-Bas et enseigne à l’université de Leyde.

            source de l’article


          • samir 28 juin 2010 14:33

            on veut réécrire l’histoire ?

            bientôt tu va me soutenir que les textes grecques d’Aristote étaient conservés au mont Saint Michel ?

            dur pour un Européen ethnocentriste d’avaler ca...je comprends mais aucune civilisation n’a le monopole de l’invention, quelques etudes epistemologiques permettent de s’en rendre compte...

            et l’argument qui consiste a dire que l’Averroisme a été rejeté par le monde musulman (c’est vrai) mais sans Averroes ----> pas de renaissance de l’Europe, de meme que sans les chiffres indiens point de developpement des mathematiques modernes par la suite...

            tu auras beau échafauder toutes les arguties du monde, l’histoire est l’histoire


          • Lucien Denfer Lucien Denfer 28 juin 2010 14:51

            @samir

            Rappel

            Averroès (berbère) :

            A partir de 1195, Averroès, déjà suspect comme philosophe, est victime d’une campagne d’opinion qui vise à anéantir son prestige de cadi. Al-Mansûr sacrifie alors ses intellectuels à la pression des oulémas. Averroès est exilé en 1197 à Lucena, petite ville andalouse peuplée surtout de Juifs, en déclin depuis que les Almohades ont interdit toute religion autre que l’islam. Après un court exil d’un an et demi, il est rappelé au Maroc où il reçoit le pardon du sultan, mais n’est pas rétabli dans ses fonctions. Il meurt à Marrakech le 10 ou 11 décembre 1198 sans avoir revu l’Andalousie. La mort d’Al-Mansûr peu de temps après marque le début de la décadence de l’empire almohade.

            Suspecté d’hérésie, il n’aura pas de postérité en terre d’islam. Une part de son œuvre sera sauvée par les traducteurs juifs. Elle passera par les Juifs de Catalogne et d’Occitanie dans la scolastique latine.

            Ibn Khaldoun (qui appelait les noirs « des bêtes »)

            a été jeté 3 fois en prison :

            « Abu Inan Faris, lui offre par la suite un poste de scribe chargé des proclamations royales, ce qui n’empêche pas une défaveur brutale et une peine de prison qu’Ibn Khaldoun explique par une intrigue de cour causée par la jalousie. De 1357 à la mort d’Abu Inan Faris, il passe vingt-deux mois en prison. »

            « En 1372, Abou Hammou Moussa II reconquiert le pouvoir et lance ses partisans à la recherche d’Ibn Khaldoun dont il veut se venger. Celui-ci parvient à rejoindre Fès, où la situation est confuse, mais se retrouve en prison. »

            « En janvier 1401 Tamerlan le jette en prison »

            Avicenne (perse)

            « En 1021, la mort du prince Shams o-dowleh, et le début du règne de son fils Sama o-dowleh, cristallisent les ambitions et les rancœurs : victime d’intrigues politiques, Avicenne connaît la prison. Déguisé en derviche, il réussit à s’évader, et s’enfuit à Ispahan.

             »La confession de la mère d’Avicenne n’est connue que par des sources secondaires. Si l’on peut supposer en première approche qu’elle est musulmane, certaines sources indiquent qu’elle était juive : c’est le cas notamment du roman Avicenne de Gilbert Sinoué. Cependant une autre source indiquerait que le sultan Mahmûd de Ghaznî aurait répandu cette information afin de « calomnier » le philosophe.« 

            --------------

            Les 3 figures les plus respectés de l’Islam ont été trés bien traité de leur vivant par leurs »frères"...


          • samir 28 juin 2010 15:00

            ces figures etaient bien trop en avance sur leur temps

            l’Europe etait beaucoup plus diposée a ecouter ce qu’ils avaient a dire que voulez vous

            cela ne sert a rien de chercher des éléments discriminants dans cette histoire car si on regarde l’histoire de Byzance vous verrez que des intellectuels grecques ont été chassés par Justinien et se sont refugiés en Syrie et plus loin en Orient : c’est grace a eux que les premiers savants de l’Islam seront sensibilisés à la pensée d’Aristote

            l’histoire n’est qu’un suite de transmission


          • samir 28 juin 2010 15:01

            "L’Histoire, la science (donc l’archéologie,etc...) et les mythes religieux ça fait deux...Tu devrais le savoir..."

            Merci de ton enseignement j’aurais beaucoup appris grace a toi


          • Nicolas 28 juin 2010 15:31

            Lucien

            Le cas d’Averroès et d’Ibn Khaldun est assez similaire, ils sont des penseurs musulmans d’’époques où le monde musulman avait passé sa meilleure période sur le plan de l’originalité de sa production intellecuelle. Ce sont de grands penseurs mais ils sont isolés. Le cas d’Averroès montre pas mal de choses, le durcissement de l’islam, mais aussi la fragilité du statut de l’intellecuel en milieu islamique, bien plus dépendant du bon vouloir du souverain qui l’entretient, alors que leurs équivalents occidentaux se sont constitués en corporations. Mais il arrive après la meilleure période de l’islam, il aurait eu moins de problèmes 200 ans plus tôt, et on peut aussi objecter que les théologiens-philosophes occidentaux ont parfois été en butte à l’incompréhension, voire à des condamnations.
             
            Vouloir trouver des éléments qui feraient d’Avicenne quelqu’un qui est quelque part en dehors du monde islamique est logique si on veut montrer à toute force que l’âge d’or du monde musulman est un mythe (et j’en ai vu dans ce style : persan, il ne pouvait être un vrai représentant de l’islam, c’était un faux croyant, et autres tentatives), mais cette lecture de l’histoire est une mauvaise grille de lecture, car autant le dynamisme est retombé au moment où l’Europe passe devant, vers la fin du XIIIème et ensuite, autant il est impossible de nier le très haut niveau atteint dans des domaines comme l’algèbre ou l’astronomie par les Arabes, même si ça n’a rien de comparable à ce que fera l’Europe au XVIIème siècle et plus tard. Vouloir montrer le contraire n’aboutit qu’à des impasses, comme le mauvais mais très instructif « Aristote au mont saint Michel ».

            Pour en finir avec Averroès, il ne faut pas s’arrêter à ses problèmes, qui montrent de réelles difficultés, mais un évènement historique isolé ne peut tout représenter, il faut se montrer plus prudent. Prenons la condamnation par l’évêque de Paris Etienne Tempier en 1277 de l’averroïsme, qui est aussi une condamnation des thèses de théologiens chrétiens comme Thomas d’Aquin, elle ne représente pas plus la logique de l’évolution de l’histoire intellectuelle de l’Occident, pas plus que les ressentiments de Bernard de Clairvaux envers Abélard.


          • samir 28 juin 2010 15:41

            bonjour Nicolas ca fait plaisir de parler enfin a quelqu’un qui a du nieavu

            j’ai bien aimé votre post car fin dans l’analyse cependant tu dis :

            "vers la fin du XIIIème et ensuite, autant il est
            impossible de nier le très haut niveau atteint dans des domaines comme l’algèbre ou l’astronomie par les Arabes"

            par contre j’insiste : la force de l’Islam a été (et est) de fédérer différents peuples et différentes cultures et les arabes (moyen orientaux purs) n’ont finalement joué qu’un role tres succinct dans l’elaboration des sciences aux quattres coins d’un empire aussi vaste


          • Nicolas 28 juin 2010 16:06

            Pourtant, dieu sait que je ne suis pas d’accord avec pas mal d’idées, et il me semble que je n’approuve pas tous vos posts, mais je ne me retrouve pas dans certains clichés sur l’islam médiéval.

            Dire qu’Avicenne ou d’autres étaient des esprits éclairés qui se dissimulaient dans le monde musulman ne correspond pas à ce que j’ai pu lire. Ce n’est cohérent ni avec leur existence, ni avec leurs rapports avec les détenteurs du pouvoir, ni avec le fait qu’il y ait des inflences et des postérités d’une génération à l’autre.

            J’ai fait des études d’Histoire et ne me retrouve dans aucun camp. Je trouve que c’est une discipline qui est très maltraitée sur ce site, elle retombe dans son défaut durant des siècles, vouloir la faire servir à tout prix à des idéologies présentes. L’histoire du Vème siècle grec a été pourrie pendant des années quand on voulait voir dans Sparte le IIIème Reich allemand et en Athènes la IIIème république. Pareil pour l’Antiquité Tardive, le Moyen Age, ou cette notion de Renaissance forgée au XIXème siècle dont on ne peut se défaire et qui est souvent une grille de lecture catastrophique, à laquelle les historiens professionnels n’échappent d’ailleurs pas toujours. La vérité est que l’on ne peut transposer mécaniquement sur des réalités d’il y a des siècles des problèmes du monde actuel. C’est faire preuve d’anachronisme, qui est le pire défaut d’un historien selon un moderniste français célèbre.


          • Lucien Denfer Lucien Denfer 28 juin 2010 16:13

            C’est pour le moins étonnant d’assister à cette ré-appropriation opportuniste d’un savant nord-africain qui ne s’est pas contenté de compiler les textes d’aristote, mais les a explicité. Ce qui gênait assurément c’est le fait qu’il s’opposait à la fois à l’interprétation d’Avicenne le Persan et à la critique d’Al-ghazali. Il considère la théologie comme inutile au philosophe pour qui la véritable science doit être démonstrative et rejette autant l’islam que le christianisme..

            Ceci expliquant cela, mais j’oubliais le profond besoin de certains de rénover leur sentiment, leur fierté d’appartenir à une civilisation fourre-tout dont la pratique favorite fut (et est encore) de « labelliser » arabe jusqu’aux coquillages, aux grains de sable et aux astres.

            Mais suivant cette logique puisque nous sommes issu d’une civilisation qui n’existerait pas sans la majestueuse « civilisation » ARABO-MUSULMANE qui a daigné nous apporter la science, pauvres incultes barbares que nous étions alors, et en tenant compte que nous mangeons désormais hallal malgré nous, nous pouvons procéder à un raccourci salvateur et déclarer sans plus attendre (c’est pour bientôt) que nous sommes désormais une civilisation ARABO-MUSULMANE...

            Inchallah


          • samir 28 juin 2010 16:21

            "Pareil pour l’Antiquité Tardive, le Moyen Age, ou cette notion de Renaissance forgée au XIXème siècle dont on ne peut se défaire et qui est souvent une grille de lecture catastrophique, à laquelle les historiens professionnels n’échappent d’ailleurs pas toujours. La vérité est que l’on ne peut transposer mécaniquement sur des réalités d’il y a des siècles des problèmes du monde actuel."

            Pas tout a fait d’accord avec la phrase en gras il y a des domaines ou cela est possible...

            cela n’a rien a voir avec l’epoque actuelle mais par exemple je trouve que le declin de l’Islam et la fuite du savoir est un phenomene civilisationnel recurrent par exemple je trouve que cela ressemble assez a ce qui s’est passé en 528 a Byzance sous Justinien et la destruction des academies grecques


          • Nicolas 28 juin 2010 17:01

            On peut raconter ce qu’on veut, il n’en reste pas moins que pas mal de choses sont passées aux occidentaux via les arabes.

            Et je n’aime pas le bouquin de Gouguenheim, je n’y peux rien. Je n’ai beau être ni Le Goff ni De Libera, quand on lit dans ce bouquin que Jean Scot Erigène lisait le grec, ce qui est vrai, mais qu’on présente ce fait archi-connu depuis des lustres comme une thèse originale de l’auteur, c’est grotesque. Auteur qui n’a pas non plus parlé d’ouvrages comme le Ménon, le Phédon, l’Organon, l’Ethique à Nicomaque, les oeuvres d’Euclide, connues par les traductions à partir de versions venues des Arabes. Quand je lis dans « Aristote au mont saint Michel », qu’un exemplaire traduit équivaut à un réseau de circulation et de diffusion des idées du livre, il y a de quoi se fendre la poire. Pareil quand il est fait implicitement une équivalence entre les traités de Boèce sur la logique et la possession complète du corpus aristotélicien, ce qui est une bouffonnerie pure et simple.

            Et limiter le rôle des échanges de savoir entre Islam et chrétienté à la réception de textes grecs comme le font certains est faux, l’Occident a souhaité avoir et a obtenu des oeuvres des musulmans, comme le Canon d’Avicenne, d’autres ouvrages de médecine, l’oeuvre d’Al Haytham sur l’optique et bien d’autres.

            Si ces oeuvres étaient disponibles en Occident et si faciles à obtenir, pourquoi des traducteurs comme Gérard de Crémone ou Michel Scot se sont-ils donnés la peine de traduire pendant des décennies des dizaines d’ouvrage en latin.

            Il suffit d’avoir plongé son nez dans trois ou quatre textes de « théologie » médiévale dans sa vie pour savoir que les oeuvres du XIIIème sont autant des ouvrages de philosophies que de religion, bien avant la séparation de la philosophie et de la théologie au 14ème siècle. On y parle des rapports entre l’individuel et le général (la querelle des universaux), de géographie, d’histoire naturelle (voir Albert le Grand), là encore il y a pas mal de raccourcis et d’idées reçues. La philosophie ne s’est pas arrêtée après les grecs antiques, contrairement à ce qu’on peut entendre, cette idée sur laquelle repose une partie des controverses historiques actuelles ridicules est simplement fausse.


          • Professeur Eckhart Von Treelok Professeur Eckhart Von Treelok 28 juin 2010 17:09


            Il me semble que certains s’éloignent un peu trop du sujet, qui rappelons-le concerne une manifestation de type terroirisme post-contemporain, que nous pouvons aisément lié à la mouvance ultra-méchouiste burgonde, elle-même semble-t-il issu de l’école halalienne fondée par Hômoss bin Tabouleyy lors du grand schisme de Kabb al Ghazl…dont chacun peut aisément mesurer les conséquences théogastronomiques que cela a eu…

             

            je pense qu’il nous faut ici s’arrêter un moment sur les écrits du fondateur de la Zaouia Chebakia, le célèbre Abû Chich Taouk qui dans ses célèbres épîtres Rasâ’il Ikwhân al Makrout, a posé les bases de la pensée makroutéenne qui influencera énormément les premiers méchouistes connus, ceux de la Zaouia Shawarma, bien entendu…

             

            quel est donc l’idée fondatrice, postulée par Abû Chich Taouk : et bien il écrit « le sens apparent est l’enveloppe extérieure du sens caché » soit la distinction entre l’apparent (zâhir) et le caché (bâtin) : dont les manifestations théogastronomiques les plus évidentes sont bien entendues celles issues de la Zaouia Samosa et des divers courants brikistes traditionnels.

               

            Et c’est avec cette perspective qu’il faut essayer de comprendre le terroirisme post-contemporain des mouvances ultra-méchouistes (voir néo-taginistes) et l’importance théogastronomique que les écrits de Abû Chich Taouk ont pu avoir sur ces courants, ainsi que sur la pensée de leur principal fondateur Hômoss bin Tabouleyy :

             

            qui dans son livre Kitab Al-Malsouqa tente dégager le sens caché de la feuille de brik et de la farce : si son inspiration est évidemment chebakiste, il n’empêche que nous pouvons y retrouver une trame d’inspiration néo-moussakiste dans le retour au concept des deux hypostastes du célèbre penseur moussakiste  Ouzzo SirtakisEnveloppe et Farce conçus comme métaphores du corps et de l’âme forment un couple indissociable. Et c’et par leur intermédiaire que le disciple atteindra l’état mystique du kébabâ (soit illumination gastrique) : formulée ainsi par Bin Tabouleyy : « …c’est la béatitude mystico-gastrique de l’âme humaine qui grâce à la gnose salvatrice émanant du Ab’Al Kebab devient immortelle, s’étant ainsi unie mysticogastriquement à son origine céleste »  

             

            bref, revenons aux manifestations post-modernes et notamment à cet acte terroiriste clairement attribuable aux courants ultra-méchouistes, si ce n’est néo-taginistes, avec des organisations aussi célèbres que la  jamiat al-Kefta al-Shawarma ou celle de plus triste mémoire depuis les gastroattentats dans la province du Shiâss Oriental la  al-Jama’ah al-Harissayah al-Chorbayya.

             

            Pouvons-nous résolument inscrire l’attentat terroiriste du Bourgognistan dans la mouvance halalienne de Hômoss bin Tabouleyy ? Car là est la seule question !

             

            et donc retrouvons-nous les hypostases Enveloppe et Farce dans les rites ultra-méchouistes  ? selon moi : clairement non : l’animal embroché (rite curry-tantrique ?) forme une unité du début jusqu’à la fin du rite méchouiste et cela que ce soit chez les keftistes que les shawarmistes ; mais par probité intellectuelle, je dois rappeller les hypothèses du célèbre philologue Zakouksi Bortsch qui dans son traité de Théogastronomie appliquée « Immanence et Transcendance dans les églises paprikanes et chachlikéennes contemporaines » établissant clairement le parallèle entre rituels chachlikéens et méchouistes démontre que les deux hypostases de Bin Tabouleyy se retrouve clairement dans les transes rituelles des néo-chachlikéens recherchant à leur manière l’état de kébabâ qu’ils préfèrent appeler pyrozhki (la racine pyro moussakiste est évidente) :

             

            donc qu’en conclure théogastronomiquement parlant ? et bien que nous assistons là sans doute à l’émergence d’un nouveau courant que certains qualifient d’ors et déjà d’eurokébabisme halalien mais que je préfère pour ma part appelé simplement méchouisme postmoderne : l’avenir nous dira donc si l’influence de Hômoss bin Tabouleyy se perpétuera ou non chez les néo-halaliens d’Europe.

             

             

            Professeur Eckhart von Treelok,

             phD en Métaphysique acrobatique du Tube et Gérontochiatrie rectale, Enseignant-chercheur en Théorie de la Turpitude à l’Université de Barvard ( Etat de Xanadu) 

            Professeur honoris causeur à l’Université Alma Mateur de Shitazuwang (province de Sushi Oriental), titulaire d’une chaire en physique des condoms à l’Université Populaire et Socialiste de Vodkagrad ( Oblast de Zubrowka)


          • Le péripate Le péripate 28 juin 2010 17:19

            Nicolas. C’est assez difficile de vous contredire, il faudrait au minimum posséder la même culture médiévale que vous et répondre point par point. Ca m’est impossible.

            Cependant, je n’ai pas lu ce livre comme vous semblez l’avoir lu. Il me semble que ce livre tempère simplement une vision monolithique des Arabes comme passeurs uniques et indispensables de la pensée grecque. Il ne fait pas la thèse inverse et symétrique mais s’inscrit ouvrage isolé en contradiction avec le paradigme universitaire.

             smiley


          • mcjb 28 juin 2010 17:58


            un dogme quel qu’il soit cultuel ou politique releve de l’ingerence dans les libertess individuelles

            ces libertes sont garanties par la chartre des droits de l’homme auquel la france a adhere

             si vous etes fervent defenseur d’une republique dogmatique cultuelle ou politique , vous restez malgre tout soumis a la loi francaise.


          • mcjb 28 juin 2010 18:03



            vous n’avez sans doute pas compris la porte de l’article

            en France la liberte de culte est totale mais s’exerce dans la sphere prive comme le dit l’article

            d’autre part ,

            un dogme quel qu’il soit cultuel ou politique releve de l’ingerence dans les libertess individuelles

            ces libertes sont garanties par la chartre des droits de l’homme auquel la france a adhere

            la loi francaise s’applique ddonc avant toute autre consideration


          • mcjb 28 juin 2010 18:08

            @samir hors sujet


          • samir 28 juin 2010 18:34

            "A ce compte-là, on pourrait aussi parler de l’inverse, du vaccin au web, en passant par les aéronefs et les pétrodollars, ça fait un sacré volume !"

            Oui c’est vrai meme si tous ces elements ne sont pas a proprement parler des progres positifs...
            au bout d’un siecle la Terre n’en peut plus du petrole


          • Nicolas 28 juin 2010 19:16

            Bonjour Péripate, 

            En fait, la communauté des historiens a une position bien plus équilibrée qu’on ne le croit, en règle générale. Ils considèrent que l’apport arabe était

            Jamais il n’y a eu de tentative de négation de ce qui a été conservé dans les bibliothèques d’Europe. Le vrai problème est que, autant certains domaines sont bien couverts, autant il y avait des manques dans d’autres. Autant la littérature latine était bien conservée (les clercs connaissaient très bien un Ovide ou un Perse), autant il en allait tout différemment en sciences, où il manquait beaucoup en astronomie et en mathématiques, et c’était bien en Orient que se trouvaient les ouvrages grecs. Sur Aristote, on connaissait son oeuvre logique, mais pas l’éthique à Nicomaque par exemple. Mais aucun historien n’a nié que l"on avait connaissance par exemple de l’oeuvre de Végèce, auteur militaire, ou d’Augustin. Après, ce qui peut se dire sur des sites orientés politiquement pro-islam et qui ne font pas dans la dentelle et disent que les astronomes musulmans allaient aussi loin quasiment que Galilée ou Newton, ce qui est très exagéré, c’est autre chose.

            Il y a bien dans quelques tournures de phrases chez un auteur comme Alain de Libera, un spécialiste reconnu de l’histoire intellectuelle du Moyen Age, des concessions à l’esprit du temps sur la communauté intellectuelle entre Orient et Occident, mais cela n’enlève rien sur le fond à la qualité du travail et à sa crédibilité.

            Si Jacques Le Goff, le plus renommé des médiévistes français, a défendu en partie l’ouvrage sur Aristote, ce n’est pas un hasard, car il expliquait dès les années 1960 que le dynamisme occidental était le vrai élément déclenchant de son essor. Mais pouvoir profiter d’Euclide, de Platon et d’Aristote en quasi totalité, de Ptolémée a économisé à l’Occident de devoir redécouvrir leurs avancées, et les arabes ont joué un rôle utile en sciences, d’autant qu’ils avaient aussi avancé de leur côté.

            Le vrai problème se situe aussi dans le fossé entre ce qui se fait dans la recherche et ce qu’on trouve sur Internet ou dans les compte-rendus de journaux. Il y a une simplification et une tendance à caricaturer les points de vue, qui donne ce genre de débat empoisonné. On pourra toujours le prendre dans le sens qu’on veut, car les interactions entre éléments extérieurs, les facteurs de dynamisme internes, le patrimoine culturel conservé et celui emprunté à l’extérieur sont impossibles à séparer, l’un commence, entraine l’autre, qui a son tout stimule le premier. Comment séparer des mécanismes à effet d’auto-entrainement, c’est absurde. Une seule solution, la nuance.

          • Professeur Eckhart Von Treelok Professeur Eckhart Von Treelok 28 juin 2010 20:25


            Vous avez raison Pr. Nicolas, cependant nous ne pouvons nier que les travaux de Kougel-heim s’incrivent bel et bien dans le courant post-moderne de la kébabophobie savante très idéogastrique, et cela indépendammment de leurs récupérations par les mouvements porcinocentristes.

             

            Il sera très difficile à ce bon Kougel-heim de contrer les travaux de l’éminent gastrorien ibère, le célèbre Gaspacho Cocido qui dans sa fameuse thèse « Coliques Médiévales et Hérésie Gastrite  » a clairement démontré par exemple l’influence certaine de Ibn Harira sur la pensée de Ste Thomâte Tatin notamment sur les rapports entre le Foie et la Raison que le premier synthétise parfaitement dans sa célèbre formule « le raisonnement ne conduit à rien constiperait le Foie  » que le thômatisme reformule certes ainsi nihil est in intellectu quod non sit prius in pomodoru mais qui démontre définitivement l’influence de la pensée de Ibn Harira et donc du kébabisme médiévo-halalien sur celle de Ste Thomâte Tatin.

             

            Gaspacho Cocido établit les communautés monastiques issues des églises paellane et tortillane comme le médium de transmission et relativise l’importance des monastères camembertins.

             

            Professeur Eckhart von Treelok,

             phD en Métaphysique acrobatique du Tube et Gérontochiatrie rectale, Enseignant-chercheur en Théorie de la Turpitude à l’Université de Barvard ( Etat de Xanadu) 

            Professeur honoris causeur à l’Université Alma Mateur de Shitazuwang (province de Sushi Oriental), titulaire d’une chaire en physique des condoms à l’Université Populaire et Socialiste de Vodkagrad ( Oblast de Zubrowka)

             

             

               


          • Professeur Eckhart Von Treelok Professeur Eckhart Von Treelok 28 juin 2010 20:26


            correction : sa célèbre formule « le raisonnement ne conduit à rien  QUI constiperait le Foie  »


          • Nicolas 28 juin 2010 20:55
            Un vrai petit bijou très cher Eckhart (Maître devrais je dire). 
            Gaspacho Cocido établit les communautés monastiques issues des églises paellane et tortillanecomme le médium de transmission et relativise l’importance des monastères camembertins.

            Quelle délicieuse allusion aux centres de traduction espagnols comme Tolède, décidément, votre talent d’humoriste est remarquable.

            Mais cher Professor (excusez pour l’allemand smiley ), il y avait un argument monumental, et c’est celui-ci qui avait échappé à tout le monde, moi y compris. Comme quoi...

            Figurez vous que plein de personnes comme Marc Gélone sur ce fil, et il y en a d’autres, tempêtent quand on leur parle d’apport du monde musulman à l’Europe, alors qu’il fallait simplement renverser le raisonnement et s’en glorifier comme signe d’ouverture d’esprit, qu’apprendre des autres est un signe de curiosité et de dynamisme, et montrer que le repli chinois à partir du XVème, la limitation des contacts avec l’extérieur et la destruction des jonques de haute mer était un signe de stagnation, tout comme le repli japonais de 1687 à 1854, sauf un ilot dans le port de Nagasaki (les pauvres, se coltiner les Hollandais pendant 150 ans, s’ils étaient aussi agréables en commerçants qu’en touristes)

            Des fois je vous envie, je suis dépourvu de fantaisie lexicale, et me trouver en dessous d’un volcan tel que vous, on se sent tout petit smiley

          • Professeur Eckhart Von Treelok Professeur Eckhart Von Treelok 28 juin 2010 21:39


            Figurez vous que plein de personnes comme Marc Gélone sur ce fil, et il y en a d’autres, tempêtent quand on leur parle d’apport du monde musulman à l’Europe, alors qu’il fallait simplement renverser le raisonnement et s’en glorifier comme signe d’ouverture d’esprit, qu’apprendre des autres est un signe de curiosité et de dynamisme

             

            J’entends très bien cet argument Pr. Nicolas, et je vous renvoie aux travaux du célèbre bonobo-gastrologue Hépatis de Mesclun qui a établi dans son célèbre traité Omniphagia Zooropéa un lien évident entre l’omniphagie intellectuelle zooropéenne et l’hyperconsommation de gorets !

             

            Etonnant, non ? Mais Hépatis de Mesclun voit une corrélation directe entre cette ouverture d’esprit, curiosité et dynamisme zooropéen et ces créatures roses qui en dépit des préjugés divers et variés à leur encontre sont non seulement propres (avec une attention particulière pour la préservation de leur épiderme) mais aussi connu pour leur hypercuriosité groinique et leur vive intelligente ( pré-boudinaire bien entendu !), sans compter bien entendu leur nature omnibouffaire : bref le goret : une bestiole sensible au soleil, pragmatique et curieuse : typiquement zooropéenne smiley . Chacun connaît la charge symbolique du sanglier et autres bestioles groinées chez les paillards Gaulois.

             

            Et c’est ainsi qu’Hépatis de Mesclun en arrive à cette conclusion, où retournant la célèbre formule « on est ce que l’on mange » dit « on mange ce que l’on est  » : la suite de son essai étant un peu plus controversée, (Hépatis de Mesclun étant connu pour son porcinocentrisme affirmé) puisqu’il tente d’établir entre nature grégaire des biquettes, moutons et bœufs les raisons du sous-développement chez les non-zooropéens. ce qui me semble autant contredit par les traditions oléïstes et moussakistes de Zoorope Méridionale que par la variété des cultures non-zooropéennes qui par leurs passif historique elles ont démontré que même dans le mouton ou le bison tout est bon !


            ( entre parenthèse, ses travaux sur les Eglises Entrecôtistes laissent aussi un peu à désirer.)

             

            Moi-même n’ayant jamais conçu que la barbacophagie chez les zômos bonobo se suffisait à elle-même pour expliquer les évolutions différentes voir divergentes dans la longue histoire bonobaine.

             

            Sur le repli chez les tao-sojaïstes et kung-fuîstes bambouéens, une des raisons aussi fut la conviction que rien ne saurait dépasser soja et bambou et que le reste du Monde n’avait rien à apporter à l’Empire du Milieu qui se concevait comme ayant atteint l’excellence : bref hypernombrilisme sojaïque. Pour les Sushistes nippons, disons que la logique fut un peu la même, sans compter leur extrême nippocentrisme, toujours d’actualité !

             

            Professeur Eckhart von Treelok,

             phD en Métaphysique acrobatique du Tube et Gérontochiatrie rectale, Enseignant-chercheur en Théorie de la Turpitude à l’Université de Barvard ( Etat de Xanadu) 

            Professeur honoris causeur à l’Université Alma Mateur de Shitazuwang (province de Sushi Oriental), titulaire d’une chaire en physique des condoms à l’Université Populaire et Socialiste de Vodkagrad ( Oblast de Zubrowka)

             

             

             

             


          • Nicolas 28 juin 2010 22:21

            Et il est possible aussi que la canisphagisme avéré de nos amis memophiles ait renforcé leurs tendances communautaires et à la suprématie du groupe sur l’individu, le meilleur ami de nous autres Zumains étant notoirement groupusculeux. 

            Plus original, la thèse d’ Albe Atroce, selon lequel la consommation outrancière de nids d’hirondelles leur aurait donné un cervelle d’oiseau.

            Et quel est le défaut évoqué des thèses sur les églises entrecôtistes ? Elles ne sont pas à point ? (je sais, c’est vaseux mais je n’y résiste pas)

          • romaeterna romaeterna 28 juin 2010 23:32

            Tudieu !
            Denfer, Merci pour cette analyse très intéressante. Cela fait encore tomber une de leur légende !

            De toute façon qu’il y ait eu et qu’il y ait encore des personnes intelligentes qui essaie de se faufiler dans tout ce fatras d’âneries mahométanes, nul n’en doute. Sauf qu’au bout d’un moment, ils sont forcés de s’expatrier car comment vivre dans de telles sociétés de bêtise, de haine et d’intolérance ?


          • Professeur Eckhart Von Treelok Professeur Eckhart Von Treelok 28 juin 2010 23:38

            Et il est possible aussi que la canisphagisme avéré de nos amis memophiles ait renforcé leurs tendances communautaires et à la suprématie du groupe sur l’individu, le meilleur ami de nous autres Zumains étant notoirement groupusculeux. 

            Plus original, la thèse d’ Albe Atroce, selon lequel la consommation outrancière de nids d’hirondelles leur aurait donné un cervelle d’oiseau.

             

             

            Cher Pr. Nicolas, sur la caniphagie des tao-sojaïstes et kungfuîstes bambouéens, je ne serai point aussi tranché que vous sur la question, de même que sur le rapport cérébro-aviaire proposé par Albe Atroce : bien connu pour son hostilité au sojaïsme, depuis sa malheureuse expérience dans la province de Shitou-Lashpa.

             

            Entre parenthèse, là, nous voyons la différence entre les gastrologues de terrain et les thésards : Albe Atroce n’aurait pas connu cette malheureuse expérience si il avait daigné relire le maître en la matière Imodium Colon et son sublime récit de voyage gastrologique au Shitou-Lashpa : Les Collines de Shigella.  

             

            Revenons donc à la question qui nous occupe : la caniphagie au pays du Soja Levant et au Bamboustan extrême-oriental : je réfute la thèse qui y voit un lien direct  avec le groupusculisme sojaïsme et bambouéen : je me place résolument dans la lignée de Bredele Von Linzertorte qui préfère voir dans le groupusculisme sojaïste l’influence de l’entomophagie rituelle dans le sojaïsme primitif : je vous renvoie d’ailleurs à son chef-d’œuvre Cultes diptèromorphiques et Termitisme rituel au Taolithique en pays Niak-Wé. (je vous ai évité le titre original, connaissant votre méconnaissance du teuton)

             

            Et quel est le défaut évoqué des thèses sur les églises entrecôtistes ? Elles ne sont pas à point  ? (je sais, c’est vaseux mais je n’y résiste pas)

             

            En effet, les thèses de Hépatis de Mesclun sont loin d’être à point sur cette question ! il ose les séparer des courants charichiatiques yankistanais et préfère y voir un simple courant issu du Burgerisme réformé, occultant de fait la glossophagie rituelle qui est une de leurs caractéristiques principales et qui les relie donc définitivement aux courants charichiatiques  : un vrai bleu sur le coup de ne pas y voir la marque même de l’influence du père de la pensée charichiatique Vibrion de Méconium qui a clairement exposé la centralité de la glossophagie rituelle dans son traité Sancta Dysenteria : celle-ci étant le seul moyen, selon la doctrine chariatique, d’être sauvé par la déjection des péchés pour le disciple qui aura stricto sensu bouffé du Saint-Esprit.

             

            Voilà donc brièvement, ce qui me fait m’opposer à Hépatis de Mesclun sur la question de l’Entrecôtisme yankistanais.

             

             

            Professeur Eckhart von Treelok,

             phD en Métaphysique acrobatique du Tube et Gérontochiatrie rectale, Enseignant-chercheur en Théorie de la Turpitude à l’Université de Barvard ( Etat de Xanadu) 

            Professeur honoris causeur à l’Université Alma Mateur de Shitazuwang (province de Sushi Oriental), titulaire d’une chaire en physique des condoms à l’Université Populaire et Socialiste de Vodkagrad ( Oblast de Zubrowka)

             

             

             


          • Nicolas 29 juin 2010 07:52

            Merveilleux encore une fois Eckhart, mes neurones sont fatigués ce matin mais mon esprit est plus gai. Excellent, bonne journée smiley


          • Menouar ben Yahya 29 juin 2010 17:38

            L’âge d’or des sciences arabes a existé et le mythe serait plutôt, celui de faire des Arabes que les transmetteurs de l’héritage grec ! Allez donc voir, l’âge d’or des sciences arabes à l’institut du monde arabe, assistez aux conférences du professeur Ahmed Djebbar, lisez ce que dit sur cet apport Abdelwahabb Medeb, ces érudits sont loin de partager votre avis. En ce qui concerne Averroés, à cause des intégristes, il a été chassé d’Andalousie tout comme Maimonide, ses écrits ont pu être sauvés grâce à l’Hébreu, langue dans laquelle il avait été aussi retranscrite. Averroés et son rationalisme ont influencé très fortement la pensée occidentale et s’il est vrai que Thomas d’Aquin a plus puisé chez un Ghazali cet obscurantiste que l’on peut cataloguer d’anti-averroés, il n’en demeure pas moins qu’il y a un lien entre Aristote, Averroés et Guillaume d’Ockam qui comme vous le savez avec son principe connu sous le nom de rasoir d’Ockam, allait ouvrir la porte aux sciences modernes. Je ne parle d’Ibn Kheldoun, le père de l’Histoire en tant que science et accessoirement celui de la sociologie. Effectivement la diffusion du savoir via l’imprimerie a été un tournant pour les musulmans, il faut dire que les milliers de copistes qui vivaient de ça, on vus d’un mauvais œil, l’arrivée de l’imprimerie et ils ont tout fait pour que ça ne leur enlève pas le pain de la bouche…


          • Céphale Céphale 28 juin 2010 12:09

            Ce barbecue halal organisé par la mairie d’une grande ville française est un déni du principe de laïcité inscrit dans la constitution. Rebsamen serait-il devenu fou ?


            • Lucien Denfer Lucien Denfer 28 juin 2010 12:10

              @l’auteur

              C’est moi qui décide. C’est ma conscience qui m’interdit d’être complice de souffrances inutiles infligées à un animal. Point barre. Et je n’ai pas d’autre justification à vous donner pour exiger que de la viande normale me soit proposée.

              Même sans parler du volet des souffrances faites aux animaux, le simple fait d’associer subrepticement des non-musulmans à un rite sacrificiel sous prétexte de non violation d’interdits religieux s’apparente à subventionner insidieusement un prosélytisme qui avance masqué en faisant fi de la liberté religieuse de chaque individu.

              Ce genre de pratiques est à la limite de ce que l’on peut habituellement concevoir par « liberté de culte ».

              Quelle sera la prochaine étape ?

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