Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Religions > La science et la religion

La science et la religion

La genèse de ce texte se trouve dans un article du « Monde » paru récemment et qui avait pour titre « Le Conseil européen met en garde contre les dangers de l’enseignement du créationnisme ». Dans plusieurs pays, dans l’enseignement, le créationnisme est mis en concurrence ou susceptible de le devenir avec le darwinisme. Le créationnisme est soutenu par les religieux. La religion a longtemps été un moyen d’expliquer le monde. La science en est un autre, plus récent.

L’homme a longtemps été seul face aux mystères d’une nature immense et hostile, qu’il ne pouvait expliquer que par le surnaturel. Les scandinaves attribuaient à Mjolnir, le marteau de Thor, le pouvoir de provoquer la pluie. Les fléaux qui s’abattaient sur la France, comme la peste, ont longtemps été interprétés comme des châtiments divins pour les péchés du pays. Les Français catholiques allaient en pélerinage dans divers lieux pour guérir, en remerciant par des ex-voto qu’on peut encore voir dans certaines églises. L’intérêt de la religion comme moyen d’expliquer le monde est qu’elle fournit des réponses à toutes les questions qu’on peut se poser, ce qui a un côté très rassurant. L’homme est naturellement sujet à l’angoisse sur le sens de sa vie face à la mort inévitable et insondable. La religion catholique y répond en apportant l’assurance de la résurrection des corps au jour du Jugement dernier. On peut aussi se référer à la pièce « La Vie de Galilée » de Bertold Brecht, dans laquelle un petit moine exprime au cours d’un monologue très émouvant de quelle façon la religion contribue à donner un sens à la vie des gens.

Aujourd’hui on sait prévoir le temps qu’il fera dans un délai de trois semaines environ, et on sait que les maladies contagieuses se propagent entre individus par le biais de virus, de bactéries ou de micro-organismes, ce qui est une autre façon d’expliquer le monde. L’intérêt de cette méthode est évidemment qu’elle permet de prévenir, de soulager et parfois de guérir la maladie. Imaginez simplement ce que serait votre vie sans dentiste, opticien, antibiotiques. Malgré ça, dans beaucoup de domaines, la science a mis très longtemps à s’imposer face aux principes soutenus par la religion.

Bien sûr, en partie parce que nous sommes tous des produits de notre époque, et qu’il faut une force de caractère peu commune pour rejeter toutes les conventions dans lesquelles on a toujours vécu. Mais aussi parce que la science a contribué à ôter son importance à l’homme à ses propres yeux. Je m’inspire ici du livre « La Mélodie secrète » de Trinh Xuan Tuan. Il y explique en détail comment Dieu s’est peu à peu éloigné de l’homme au fur et à mesure que la science progressait. Dans l’Occident du Moyen Age, la Terre était au centre de l’univers, parce qu’elle était le monde de l’homme et que l’homme était la création ultime de Dieu et donc son chef-d’œuvre ; ensuite, elle n’était plus qu’une planète parmi d’autres en orbite autour du Soleil ; la valeur de l’homme, délogé de son rôle de centre de la création, en prenait un sacré coup. Si Mars tournait autour de la Terre, elle décrirait dans l’espace un itinéraire compliqué, plein de boucles et de retours en arrière, mais les gens préféraient imaginer cela qu’un itinéraire elliptique dont un foyer était le Soleil. C’est en partie la raison pour laquelle Galilée rencontra une si forte opposition ; il s’inspirait des théories coperniciennes qui n’avaient pas rencontré un tel accueil mais Copernic avait pris soin de présenter ses théories comme une pure hypothèse.

Le créationnisme s’inscrit dans la même ligne de réflexion que celle de ces religieux de la Renaissance qui refusaient de diminuer l’importance de l’homme au sein de la création. Etre créé de la main de Dieu, c’est tout de même autre chose que d’être le produit de l’évolution d’espèces animales. M. Tuan consacre un chapitre entier de son livre « La Mélodie secrète » à démontrer qu’on n’est pas obligé de choisir entre la science et la religion. La science est un moyen d’expliquer le monde, la religion fournit de précieuses indications pour vivre en société.


Moyenne des avis sur cet article :  2.85/5   (26 votes)




Réagissez à l'article

51 réactions à cet article    


  • aurelien 27 juin 2007 12:51

    A rappeler quand même que Thuan croit en un principe organisateur...et a un arrière-plan religieux : il ne le cache pas dans ses livres d’ailleurs


    • aurelien 27 juin 2007 12:55

      P.309 Trinh Xuan Thuan « La mélodie secrète » (folio essais) :

      « Pour ma part, je suis prêt à parier sur l’existence d’un être suprême »

      Ce n’est pas moi qui le dit...


    • aurelien 27 juin 2007 13:11

      Pour ma part, je pense que les religions organisées avec leurs structures hiérarchisées, (ceux qui savent et ceux qui ne savent pas), leurs divisions etc... sont loin de refléter des valeurs d’humilité, d’humanité commune, et de vivre-ensemble.

      Cela ressemble plus à du spectacle et à des scènes de pouvoir qu’à autre chose.


      • L'enfoiré L’enfoiré 27 juin 2007 14:35

        @L’auteur,

        « Etre créé de la main de Dieu, c’est tout de même autre chose que d’être le produit de l’évolution d’espèces animales. »

        >>> Un peu d’humilité, que diable !

        « démontrer qu’on n’est pas obligé de choisir entre la science et la religion. La science est un moyen d’expliquer le monde, la religion fournit de précieuses indications pour vivre en société. »

        >>> Cet angle est meilleur. Mais entre un placebo et un véritable médicament qui a subit de multiples tests, il n’y a pas photo. smiley


        • ZEN ZEN 27 juin 2007 15:48

          @ Aurélie

          Vous devriez aller voir là . Les commentaires de Claude, Reboul, zen,etc....


          • NPM 27 juin 2007 18:31

            « La religion catholique y répond en apportant l’assurance de la résurrection des corps au jour du Jugement dernier. »

            Heu ? Ca c’est la version hippie du catholicisme ! Non, en fait pour le catholicisme, 90% des gens seront damnés...

            « la valeur de l’homme, délogé de son rôle de centre de la création, en prenait un sacré coup. »

            Bof, ca c’est plutôt une reflexion du XXéme siécle. Je n’ai pas encore vu ce prétendu dépis dans des textes historiques.


            • B. R. B. R. 27 juin 2007 19:31

              @ l’auteur

              Je pense qu’une erreur courante est de croire que la plupart des personnes croyantes et/ou pratiquantes (quelle que soit la religion...) ont un mode de vie calqué sur leur communauté, et pratiquent dans le cadre de la religion organisée. Je n’ai pas de chiffres, mais c’est l’impression que je me fais en observant les personnes de mon entourage, et en discutant avec eux. Idem pour ce qui est des dogmes, et des prescriptions concernant le mode de vie, et la conduite à avoir en société (à divers degrés suivant les religions). Bref, je trouve votre image de la religion un peu réductrice.

              J’ai même envie de dire la même chose pour la science...

              Enfin, science et religion ne sont pas si opposés que vous le laissez paraître dans votre article. De moins en moins même. La science est un excellent outil, mais elle nous ramène souvent à notre propre subjectivité. Donc une dose de spiritualité est bénéfique, c’est mon humble avis, pour équilibrer les choses. Dans le cadre d’une religion organisée, ou non, d’ailleurs. Il existe de nombreuses méthodes d’introspection. Enfin, l’expérience religieuse est maintenant étudiée scientifiquement (voire les expériences sur le cerveau du Dalaï Lama). ReEnfin, (pardon !), même sur un sujet comme le darwinisme, je pense qu’il faut rester un peu ’souple’ et ouvert, car celui-ci est aussi contesté, et je ne pense pas qu’il faut diaboliser le créationnisme comme on le fait actuellement, bien que je ne partage pas ce point de vue.

              Amicalement !


              • Rayves 28 juin 2007 10:06

                Mettre science et religion sur le même plan relève de la malhonnêteté intellectuelle, au mieux ! Le créationnisme repose sur des croyances remontant aux siècles obscurs. Quant à l’évolution, elle, c’est un édifice scientifique patiemment élaboré à partir d’observations et confirmé par l’expériences. Voir comment les créationnistes expliquent les fossiles relève du ridicule le plus abouti pour tout être doué de bon sens. On pourrait presque en rire si le but premier de ces obscurantistes n’était pas celui-ci : continuer à garder leur contrôle et leur pouvoir sur les esprits faibles.


              • aurelie 27 juin 2007 20:13

                Bonsoir,

                Merci à tous pour vos réactions et vos votes. Vos réactions m’ont permis de faire avancer ma réflexion. Merci à tous pour votre courtoisie, et parfois votre humour.

                aurelien : vous avez raison, M. Tuan croit en l’existence de Dieu, et je n’ai pas voulu dire le contraire. Son exemple montre qu’on peut être à la fois un scientifique et un croyant.

                aurelien : la religion a longtemps été très intimement mêlée au tissu social. Je pense à la France qui était une monarchie de droit divin.

                ZEN : je suppose que vous aviez mis un lien vers l’article de la section Europe qui parle aussi de créationnisme. J’irai voir, d’autant plus que le débat y est passionné.

                NPM : je n’ai pas voulu dire que tout le monde serait sauvé, mais il me semble bien que dans la religion catholique tout le monde ressuscite avant d’être présenté au tribunal du jugement dernier. Pour la valeur dépréciée de l’homme, je tiens ça de « La mélodie secrète », de Trinh Xuan Tuan.

                Benjamin Roadley : je ne voulais pas dire que la science et la religion sont opposées, et je me rends compte maintenant que j’aurais dû être plus claire dans mon article sur ce point, et que M. Tuan pense effectivement qu’on peut concilier dans sa vie la science et la religion.


                • NPM 27 juin 2007 22:27

                  « il me semble bien que dans la religion catholique tout le monde ressuscite avant d’être présenté au tribunal du jugement dernier. »

                  Nan. Hitler est en enfers, et ne va pas récussiter du tout : il va disparaitre.


                • Tab Tab 28 juin 2007 10:28

                  NPM :

                  Revise tes fondamentaux.

                  L’enfer, chez les catholiques, c’est de passer l’éternité loin de Dieu, et c’est cela qui nous brule de l’intérieur.

                  Tout le Monde ressuscite. Même les damnés.

                  Aurélie :

                  Attention à ta présentation du "jugement dernier, c’est un peu rébarbatif. En réalité, c’est l’homme qui est libre, et de ce fait, fait son propre jugement. En faisant ou non le choix de Dieu, il se condamne ou se sauve lui-même.

                  Merci pour ton article.


                • aurelie 28 juin 2007 21:11

                  Merci pour ces informations précieuses.


                • orwell 27 juin 2007 20:53

                  2 commentaires concernant le darwinisme et le principe organisateur. 1) L’évolution des espèces, attestée de multiples façons, s’oppose aux descriptions bibliques. Par conséquent ce n’est pas seulement le darwinisme que les créationnistes religieux doivent réfuter, mais toutes les collections de fossiles qui attestent de l’évolution. En France, le darwinisme est très mal enseigné et compris, mais la société connaît l’existence de l’évolution des espèces. 2) Le darwinisme semble s’opposer à tout projet organisateur en expliquant l’évolution par des mutations aléatoires suivies de sélection. Mais rien n’interdit de penser que si l’apparition hautement improbable de l’homme dans ces conditions s’est réalisée, c’est à cause d’un projet. Simplement, une telle attitude ne permet aucune prédiction et est stérile.


                  • aurelie 28 juin 2007 07:32

                    Merci pour votre commentaire. Pourquoi dites-vous que l’attitude de dire que Dieu peut intervenir sur Terre par des moyens accessibles à la raison est stérile ?


                  • Mjolnir Mjolnir 28 juin 2007 14:07

                    @Aurelie

                    « Pourquoi dites-vous que l’attitude de dire que Dieu peut intervenir sur Terre par des moyens accessibles à la raison est stérile ? »

                    je comprends Orwell comme ceci : L’existence de Dieu n’est pas une théorie falsifiable donc discutable : on y croit ou on n’y croit pas, point barre.

                    Discuter pour savoir si dieu existe ou non est une discussion sans fin donc stérile. Par conséquent, discuter de tout ce qui découle de l’existence de dieu est stéril aussi.

                    De toutes façons, « dieu » (donnez la définition que vous voudrez) en tant qu’explication de l’univers ou de la présence de l’Homme n’est qu’une leurre. Comment expliquer « dieu » lui même ?

                    « Dieu » n’est un nom, un mot qu’on donne à ce qui est censé être une réponse à toutes nos interrogations mais au fond, il ne nous apprend RIEN d’autres de ce qu’on imagine. Dire que dieu est la cause du bigbang par ex n’apprends pas grand chose sur le bigbang au fond même si ça peut donner l’illusion qu’on a un système complet.


                  • NPM 28 juin 2007 14:11

                    «  »Dieu« n’est un nom, un mot qu’on donne à ce qui est censé être une réponse à toutes nos interrogations mais au fond, il ne nous apprend RIEN d’autres de ce qu’on imagine. »

                    Non, car bible, St Thomas d’Acquin, Descrates, etc...


                  • orwell 28 juin 2007 18:59

                    Aurélie, je crois que je ne me suis pas bien fait comprendre. Je ne crois pas qu’on puisse simplement penser que « Dieu peut intervenir sur terre par des moyens accessibles à la raison ». La croyance aux interventions divines est irrationnelle. Là où je pense qu’il y a débat, c’est entre les modèles déterministes (y compris ceux qui font référence à un déterminisme chaotique) et les modèles aléatoires. Je pense que les modèles déterministes (de type « grand horloger ») sont stériles mais je ne suis pas convaincu par les modèles aléatoires. Je pense qu’il est probablement plus fécond de les envisager de manière cognitive, relativiste, en fonction de notre façon de percevoir notre environnement.


                  • Forest Ent Forest Ent 27 juin 2007 22:10

                    « Le créationnisme est soutenu par les religieux. »

                    Non. Le créationnisme est soutenu par DES religieux. Il n’y a pas d’opposition de principe entre sciences et religions : elles ne traitent en général pas du même sujet.


                    • aurelie 28 juin 2007 07:31

                      Vous avez eu raison de préciser « des » au lieu de « les ». Merci pour cette correction.


                    • Jean-Pierre Julhes 28 juin 2007 12:00

                      Détrompez vous, les créationnistes de la Vieille Terre sont bien plus informés des découvertes scientifiques les plus récentes en anthropologie et génétique que la plupart des bac+12 .... Si vous avez un peu de temps, allez lire le bouquin d’un jeune étudiant qui a bien repris tous les conflits et rapprochements entre sciences et religions, dans la trame d’un roman bien documenté. http://stores.lulu.com/store.php?fAcctID=1123986


                    • docdory docdory 28 juin 2007 13:06

                      @ Salut Forest Ent

                      « Il n’y a pas d’opposition de principe entre science et religion » Je pense que Galilée et Giordano Bruno , s’ils pouvaient encore émettre une opinion , ne serait pas vraiment du même avis ... Actuellement , il y a un milliard deux cent millions de musulmans dans le monde soit un sixième de l’humanité , et néanmoins , depuis qu’existe le prix Nobel , aucun prix Nobel scientifique ( physique , chimie , medecine ) n’a jamais été attribué à un musulman ( il y a bien eu un prix Nobel d’économie , mais l’économie n’est pas une science ! ) .

                      Tout cela pour dire que pour 1/6 ème de l’humanité , la religion s’oppose frontalement à la science !


                    • Tab Tab 28 juin 2007 15:20

                      Il n’as pas dit : il n’y a pas d’opposition de fait entre sciences et religions, il a dit qu’il n’y a pas d’opposition de principe. Et il a raison.

                      Comme je le développais sur un autre fil, je pense que la science et la religion s’exerce dans des sphères parallèles. La science explique comment, quand la religion explique pourquoi. Les inévitables frictions interviennent quand l’un des deux parties fait un débord sur un sujet qui sort de sa compétence.

                      Exemple, un scientifique qui dit : il y a eu un big-bang, donc Dieu n’existe pas ; ou un religieux qui dit : Dieu existe donc la terre est au centre de l’univers.


                    • docdory docdory 28 juin 2007 15:39

                      @ Tab

                      Le fait est que la religion craint la science car celle-ci , donnant une explication simple à de nombreux phénomènes naturels , retire ces phénomènes comme preuve des religions ( s’il y a de la foudre , ce n’est pas à cause de la colère de Zeus , mais en raison de phénomènes électriques dans un cumulo-nimbus . Un tsunami n’est pas une vengeance d’Allah contre les infidèles , mais la résultante d’un séisme , etc ... ) . Ne plus craindre les dieux , c’est déjà moins y croire , et cela les religions ne peuvent pas le tolérer !


                    • Tab Tab 28 juin 2007 16:15

                      La nouvelle donne, c’est que dans la religion catholique, Dieu est amour. On ne doit plus faire les choses par crainte, mais par amour. C’est une religion positive.

                      De parler de crainte de Dieu, en le voyant autrement que comme le respect de Dieu, est juste la résurgeance d’un archaïsme de la Foi.

                      Lire à ce sujet l’excellent livre de François Varillon :

                      http://www.amazon.fr/Joie-croire-vivre-François-Varillon/dp/2227310987


                    • Forest Ent Forest Ent 29 juin 2007 01:17

                      @docdory

                      « Actuellement , il y a un milliard deux cent millions de musulmans dans le monde soit un sixième de l’humanité , et néanmoins , depuis qu’existe le prix Nobel , aucun prix Nobel scientifique n’a jamais été attribué à un musulman. Tout cela pour dire que pour 1/6 ème de l’humanité , la religion s’oppose frontalement à la science ! »

                      Entre l’hégire et la réforme, la science héritée des grecs était véhiculée par juifs et musulmans. L’islam ne s’est fermé à la science qu’après la reconquista. Et le catholicisme ne s’y est ouvert que tardivement. Tout ça pour dire qu’il n’y a pas d’opposition native - de principe - entre islam et science. Il manque juste une réforme.

                      Je suis bien d’accord pour dire qu’il y a des tas de religieux obscurantistes. Mais je maintiens qu’on peut ne pas l’être. En tout cas, moi, je suis très scientifique et très croyant et je n’y vois nulle contradiction.

                      Et si la science est parfois pour moi une passion plus qu’un divertissement, je n’en fais pas la seule raison de l’humanité comme les positivistes. Ce n’est pas une religion, et elle n’apporte pas la vertu.


                    • docdory docdory 29 juin 2007 13:34

                      @ Forest ent

                      D’accord , mais pour ce qui est de l’enseignement , c’est évidemment l’évolution qui doit être enseignée à l’école , et non le créationnisme ( ou sa version pseudo-édulcorée , l’intelligent design ) . La puissance heuristique de la théorie de l’évolution est telle que pratiquement aucun fait biologique n’est compréhensible si on fait l’impasse sur cette théorie !

                      Bien sûr , libre à des parents d’élèves d’envoyer leurs enfants à l’instruction religieuse pour que leur soit exposées des idées créationnistes , mais on ne peut pas qualifier cela d’appprentissage !


                    • Forest Ent Forest Ent 29 juin 2007 21:51

                      Oui. Nous sommes - il me semble - d’accord sur la force de l’idée de laïcité. Les croyances doivent être enseignées par les parents ou des écoles spécialisées. Ce n’est pas le boulot de l’Etat. Si nous demandons que la société tolère nos croyances, nous devons tolérer l’agnosticisme, l’athéisme ou les croyances d’autrui.

                      Et puis de toutes façons, la majorité des croyants ne sont pas ’créationnistes’ au sens US. En tout cas, je ne considère pas la Genèse comme un texte ayant un sens premier.


                    • koton 28 juin 2007 13:08

                      et puis c’est tout !

                      aux états unis il y’a des musée ou l’on croise des hommes vivant à la meme époque que les dinausores !!! et les créationiste pensent que la terre a 6000ans !!!c’est décidement du grand n’importe quoi !moi je trouve les personnes qui pensent que l’on peu associer religion et évolution sont dangereuses.j’ai pas envie qu’on mettent des idées de merde dans la tete de mes enfants !c’est primordial puor l’avenir !non mais et puis encore...


                      • docdory docdory 28 juin 2007 13:28

                        @ Aurèle

                        Vous dites en conclusion « ... la religion fournit de précieuses indications pour vivre en société »

                        Permettez moi d’affirmer , au contraire , que les religion donnent de précieux pretextes pour les assassins en gros : Saint Barthélémy , sorcières brûlées , croisades , conquistadors , Sainte Inquisition , Onze septembre , Londres , Madrid , Bali , etc , etc ...

                        Lewis Fry Richardson , l’inventeur de la météorologie scientifique et de la polémologie scientifique , a démontré que le déclenchement des guerres est un phénomène essentiellement cahotique , mais que la seule cause sociale répértoriée qui peut faciliter le déclenchement d’un conflit , c’est la différence de religion entre deux nations ou groupes ! Cf la conclusion de l’article suivant :

                        http://www.americanscientist.org/template/AssetDetail/assetid/14426?&print=yes


                        • NPM 28 juin 2007 13:39

                          « les religion donnent de précieux pretextes »

                          Si ce ne sont que des prétextes, alors ce ne concerne pas les religions en tant que telles.

                          Contrairement au socialisme, qui prévoit explicitement le meutres des patrons, actionnaires, riches, diplomes etc..


                        • docdory docdory 28 juin 2007 13:52

                          @ NPN

                          franchement , je ne vois pas le rapport !


                        • NPM 28 juin 2007 14:06

                          ? ?

                          De quoi ?

                          Prétexte, juste prétexte.

                          Quand au socialisme, vous n’ignorez sans doute pas que c’est une religion -totalement irrationel (d’ou leur énervement contre les autres religions, ses concurentes).

                          Donc, je ne suis pas tout a fait d’accord avec vous. Certaine religions ne sont que des prétextes, d’autre sont effectivement des machine de guerre qui ne peuvent que mal finire..


                        • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 28 juin 2007 14:59

                          Elles sont où les religions en tant que telles, au ciel ?

                          Là, où pour reprendre l’image d’Aristote , sont les chevaux en soi ? Je ne connais que des religions humaines ; quant aux religions divines elles ne sont que ce que les hommes en font ! Antant dire que, en tant que telles, elles ne sont rien.


                        • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 28 juin 2007 14:53

                          Vous aurez beau faire, vous ne trouverez aucun scientifique pour faire intervenir Dieu dans son laboratoire ou dans le processus et les résultats de ses recherches ! Dieu n’a tout simplement pas sa place dans le champ de la connaissance scientifique, car il peut tout expliquer et son contraire, sans permettre aucune expérimentation rigoureuse.

                          Voire par ailleurs mes interventions à propos de l’excellent article précédent le vôtre sur un thème similaire de D. Riot.


                          • Tab Tab 28 juin 2007 17:13

                            Je voudrais juste pour conclure dire à Aurélie de ne pas jetter l’éponge. En réalité, la nature humaine veut que les votes, au lieu de sanctionner l’intérêt d’un article, exprime plutôt un avis sur le sujet. Il y a donc une majorité de gens qui ne sont pas d’accord avec vous. Mais je peux vous garantir que votre article est intéressant.

                            Tab


                            • aurelie 28 juin 2007 21:07

                              Merci pour vos encouragements et vos appréciations smiley


                            • stephanemot stephanemot 30 juin 2007 11:17

                              Cela commence à bien faire : il est hors de question qu’Agoravox devienne un terrain de propagation du révisionnisme créationiste !

                               smiley

                              Cette idéologie religieuse fondamentaliste veut la mort de la science et l’avènement d’une théocratie. Sa stratégie repose, de l’aveu même de ses dirigeants, par une désinformation permanente et la confusion des esprits.

                              La Rennaissance a tout au contraire cherché à rompre la chappe de plomb du fondamentalisme religieux, sortir la science de l’obscurantisme médiéval.


                              • NPM 2 juillet 2007 11:45

                                « La Rennaissance a tout au contraire cherché à rompre la chappe de plomb du fondamentalisme religieux, sortir la science de l’obscurantisme médiéval. »

                                N’importe quoi.


                              • ZEN ZEN 30 juin 2007 11:45

                                @ Stéphanemot

                                Je partage votre indignation et protestation. Les modérateurs doivent être enfin vigilants...


                                • bright nantes michel naud 2 juillet 2007 09:03

                                  L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe devait discuter et voter durant sa session ouverte le 25 juin 2007 un rapport préconisant que les thèses créationnistes ou assimilables doivent rester en dehors des programmes scientifiques des établissements scolaires européens.

                                  Le parlementaire français Guy Lengagne, mathématicien, professeur émérite des universités, rapporteur de la commission de la culture, de la science et de l’éducation de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a été sollicité puis désigné pour rédiger et présenter ce rapport. Ce rapport a été adopté lors de la dernière réunion de la commission le 31 mai 2007 à Saint Petersbourg.

                                  Le 25 juin 2007, le parlementaire belge Luc Van den Brande, diplômé en droit canon de l’Université Catholique de Louvain, ancien ministre-président de la région flamande, chef de groupe du groupe chrétien au Conseil interparlementaire consultatif de Benelux (depuis 2000), président du groupe constitué du parti populaire européen et des démocrates chrétiens à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (depuis 2005) a demandé que ce rapport ne soit pas discuté en séance plénière et soit donc renvoyé en commission : « le Conseil de l’Europe n’est pas une académie scientifique mais un organe politique. Il n’est donc pas approprié de discuter de ce sujet ici. ». Après vote, par 63 voix contre 46 et 10 absentions, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe décidait que ce rapport ne serait pas discuté.

                                  Le créationnisme et ses avatars

                                  Le créationnisme est l’affirmation de la vérité littérale du récit de la Génèse, commun aux trois variantes du monothéisme né sur les pourtours du bassin méditerranéen ; ces écrits relatent la création du monde par un agent surnaturel unique dénommé YHWH, Dieu ou Allah suivant que l’on se réfère à l’une ou l’autre des religions ; il se trouve au sein de chacune des familles religieuses des fidèles attachés au « littéralisme », principalement au sein du mouvement évangélique ou de l’islam.

                                  Des adeptes de l’une ou l’autre des « religions du Livre » ont par ailleurs régulièrement mené des approches « concordistes » visant à rendre compatibles les écrits bibliques, dans leur esprit supposé si ce n’est dans leur lettre, avec la réalité de l’histoire naturelle du monde. Ce fut par exemple, au siècle dernier, la tentative du paléontologue et prêtre catholique français Teilhard de Chardin (1881-1955), initiative modérément appréciée en son temps par la hiérarchie de l’église romaine. Une version contemporaine plus largement popularisée à l’échelle planétaire est celle dite de l’ Intelligent Design (ID) propulsée par le Discovery Institute de Seattle, Washington. S’inscrivant dans une perspective déjà rencontrée avec la théologie naturelle de William Paley (1743-1805) suivant laquelle il ne saurait y avoir d’horloge sans horloger, cette théorie défend que l’organisation du vivant témoigne d’une conception tout comme d’une évolution intelligentes (on parle donc d’un dessin et d’un dessein intelligents).

                                  Pour nombre de francophones du continent européen la résurgence du créationnisme et de ses avatars est corrélée à l’activisme du mouvement évangélique nord-américain. Les mésaventures du conseil scolaire de Pittsburg en Pennsylvanie ou de Salluit dans le grand nord Québécois, tout comme l’ouverture récente de musées créationnistes à Cincinnati, Ohio ou dans l’Alberta canadien, font alors figure d’actualité insolite contribuant au portrait peu flatteur souvent dressé des états-uniens.

                                  En réalité, même si souvent moins spectaculaire, le succès de ce regain d’activisme spiritualiste est tout aussi décelable de notre côté de l’atlantique. Ainsi par exemple, en 2004, la ministre italienne de l’enseignement suggérait d’abandonner l’apprentissage de la théorie de l’évolution dans le primaire et le secondaire. En 2005, la ministre néerlandaise de l’éducation estimait à son tour qu’il fallait mettre en débat la théorie de l’évolution et les thèses néo-créationnistes. A l’automne 2006, le vice-ministre polonais de l’éducation déclarait : « La théorie de l’évolution est un mensonge, une erreur qu’on a légalisé comme une vérité courante ».

                                  Ainsi que l’a rappelé la controverse intervenue en octobre 2005 avec la diffusion du reportage Homo Sapiens d’inspiration néo-teilhardienne par la chaîne de télévision franco-allemande ARTE, la France laïque est peu préparée face aux intrusions spiritualistes d’allure respectable. La confusion la plus totale règne assez souvent sur les étalages des rayons « sciences » des librairies, les ouvrages de biologie y côtoyant des essais titrant sur Darwin et visant à expliquer qu’il ne s’agit pas de « choisir entre Dieu et Darwin » mais de concilier la foi et la raison, ou d’autres suggérant les réponses que l’on imagine à des questions du genre « Notre existence a-t-elle un sens ? » ; de façon compréhensible ceux qui veulent diffuser leur message idéologique ou spirituel s’adressent à des journalistes souvent peu à même de déceler les passagers clandestins au sein d’un discours à cosmétique scientifique, alors que les scientifiques se font dans le même temps peu prolixes et usent souvent d’un langage plus aride et plus difficile d’accès que le discours simpliste des propagandistes.

                                  L’Association Française pour l’Information Scientifique

                                  Rappelle que contrairement à ce qu’affirment les propagandistes religieux, la théorie de l’évolution n’est pas « juste une théorie » ; au contraire, comme le disait le biologiste Theodosius Dobzhansky (1900-1975) : « rien en biologie n’a de sens, si ce n’est à la lumière de l’évolution » ; c’est ce que le député Guy Lengagne mettait en lumière avec pertinence dans son rapport en abordant l’éventualité souvent évoquée de mutations du virus H5N1 de la peste aviaire ou la question de l’émergence de résistance aux antibiotiques.

                                  Rappelle que la république française est une république laïque fondée sur la séparation des Églises et de l’État ; que la laïcité institutionnelle y garantit la liberté de conscience, autrement dit que les religions peuvent librement se développer et les points de vue librement s’exprimer ; que la laïcité scolaire y garantit que l’instruction publique, et notamment l’enseignement des sciences, sont mis à l’abri des influences de tel ou tel groupe idéologique ou religieux.

                                  Affirme que les thèses créationnistes et leurs avatars, de même que toutes les interrogations plus ou moins spiritualistes que d’aucuns croient pouvoir développer à partir de leur propre compréhension ou incompréhension des sciences doivent rester en dehors des programmes scientifiques des établissements d’enseignement.

                                  Affirme, avec les auteurs du rapport, que « l’enseignement de thèses alternatives en tant que sciences, ne peut donc être acceptable. Un tel enseignement représenterait en soi un danger, et ferait prendre le risque de voir se développer une multitude de thèses tout aussi absurdes les unes que les autres et ne ferait que semer le trouble chez les élèves et les étudiants ».

                                  S’étonne que le président d’un des principaux groupes de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe puisse considérer que le fait d’affirmer que des thèses créationnistes ou assimilables n’ont pas à être présentées dans le cadre des programmes scientifiques des établissements d’enseignement n’est pas une question politique mais au contraire académique, semblant suggérer ainsi que le débat scientifique ne serait pas tranché...

                                  S’inquiète que s’est trouvée une majorité absolue de parlementaires présents pour suivre le réquisitoire contre l’examen de ce rapport durant la session parlementaire.

                                  Se félicite que les parlementaires français présents aient voté à l’unanimité pour l’examen de ce rapport.

                                  Se félicite que la Commission de la culture, de la science et de l’éducation, réunie à Strasbourg le 26 juin 2007 sous la présidence du parlementaire français Jacques Legendre (UMP), professeur agrégé, ait protesté « contre la procédure par laquelle l’Assemblée parlementaire a décidé le 25 juin dans des conditions confuses et vraisemblablement irrégulières » de renvoyer en commission le rapport sur les dangers du créationnisme dans l’enseignement, et ait exprimé son soutien au rapport de Guy Lengagne (PS) - député sortant - et sa détermination à voir son rapport inscrit à la prochaine session plénière au mois d’octobre.

                                  Invite la communauté scientifique nationale et les médias à tirer les leçons de ce revers au Conseil de l’Europe et à montrer davantage de vigilance face aux pressions spiritualistes, tout autant celles facilement identifiables des religieux les plus fondamentalistes de toutes les religions (créationnisme, dessein intelligent), que celles qui véhiculent des thèses de nature métaphysique sous une apparence plus nuancée, voire pseudo-scientifique (à l’image de la communication de celles et ceux qui gravitent autour de l’Université interdisciplinaire de Paris -UIP - ainsi que signalé dans le rapport) .

                                  L’Association Française pour l’Information Scientifique (AFIS), fidèle au rationalisme scientifique et à la laïcité républicaine, en conclut pour sa part à la nécessité renforcée, avec ses adhérents et à l’aide de ses médias (revue Science et pseudo-sciences, site www.pseudo-sciences.org ), de contribuer à la promotion de la méthode scientifique, au développement de l’esprit critique chez les citoyens, et à la dénonciation des pseudo-sciences et croyances non fondées. Adhérente de l’Union Internationale Humaniste et Laïque (IHEU/UIHL), organisation internationale non gouvernementale ayant statut participatif auprès du Conseil de l’Europe, l’AFIS tiendra toute sa place au sein de la délégation auprès du Conseil de l’Europe pour permettre à l’IHEU de porter ce message dans la conférence des OING. L’AFIS oeuvrera enfin au développement de la coopération scientifique au sein de l’Union Internationale Humaniste et Laïque.

                                  Paris, le 30 juin 2007 Association Française pour l’Information Scientifique (AFIS) 14 rue de l’école polytechnique, 75005 Paris

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON

Auteur de l'article

aurelie


Voir ses articles






Les thématiques de l'article


Palmarès