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Le Christ : la grande confusion

De nos jours, le christianisme est la première religion au monde. Cependant, qu’est-ce que le christianisme ? Il apparaît qu’il s’agit de l’obéissance à une hiérarchie cléricale, de l’adoration de symboles, mais également des rituels et des comportements étranges (la prière), ou également une sorte de conviction psychologique profonde que l’on appelle la foi.

Le Christ, la personne historique, si elle a jamais existé, est morte. C’est un fait. Personne n’échappe à la mort. Personne ne peut contester cela. La mort est un processus biologique naturel et fait partie de la vie. Aussi, la résurrection dans son sens factuel n’existe pas, ce sont des fantasmes, des mythes, des imaginations symboliques. Personne n’a jamais vu et ne verra jamais un mort revenir à la vie, excepté dans les films fantastiques.

Aussi, cette personne, si elle a jamais existé, est morte. Et puis s’est créée autour de cette personne une organisation religieuse qui, au fur et à mesure de l’Histoire, a pris cette importance que l’on connaît aujourd’hui. Sur quoi se base cette organisation ? Sur un livre, la bible et des symboles : des croix, des crucifix, des bustes ou portraits de Jésus… et toute une organisation humaine, avec ses hiérarchies, ses luttes de pouvoir, sa propagande, ses fragmentations, ses temples et églises, etc.

Les chrétiens adorent donc des symboles et des choses créées par la pensée humaine, des images d’une personne et un ensemble de souvenirs particulier formé par le mythe et l’éducation religieuse. Tout cet ensemble est créé par la pensée. Et en adorant ces créations de la pensée, les chrétiens et a fortiori aussi les hindous, les bouddhistes, les musulmans, etc., dans leur propre religion, adorent la pensée elle-même, ou un ou des contenus de pensée.

Il apparaît alors que la religion n’est rien d’autre que l’adoration d’un contenu de pensée, d’idées, etc., exprimé dans la matière par les activités humaines. Il s’agit de l’adoration de la pensée et de l’adoration de la matière, et quoi de plus étonnant aussi dans une société aussi matérialiste que la nôtre, que ce culte ait pris forme et est encore d’actualité aujourd’hui. Or qu’est-ce que la pensée ? La pensée est ce qui caractérise la conscience humaine, c’est la capacité de se former des objets mentaux, de les faire interagir entre eux, et d’exprimer leur contenu, par le langage, qu’il soit verbal, artistique ou non. Dans cet espace de la pensée est tout le connu, et nous pensons également que dans cet espace de la pensée est l’inconnu, l’innommable, l’incommensurable, etc.

Comme toute pensée fait partie du domaine du connu, nous pensons que la création elle-même réside dans le champ de la pensée, que l’amour réside dans le champ de la pensée, et que l’absolu également réside dans ce champ. Car, à part la pensée, nous ne connaissons rien d’autre. En effet, toute connaissance est objet de pensée, et l’inconnu également est, en soi, un objet de pensée, une catégorie de la pensée. La mort, elle-même fait partie de la pensée : c’est un objet mental, l’idée de la mort, que ce soit la nôtre ou celle des autres. Et puis il y a le fait en soi de la mort, la réalité de la mort. Et cette réalité de la mort et l’idée de la mort sont deux choses très différentes. Dans la mort, il n’y a pas d’idées, il y a juste la mort. Et comme personne n’est jamais revenu de la mort - ce qui serait absurde car alors ce ne serait pas la mort -, la mort reste définitivement ce qui est inconnu.

Aussi ne pouvant faire face à cet inconnu, nous aimons croire que, dans la mort, la pensée survit, que le "moi" survit, que nous irons au "Paradis" ou en "Enfer" ou je ne sais où… et que donc nous devons obéir, nous conformer, sinon nous risquons d’être puni, de souffrir, etc. Voyez-vous, tout ce processus éducatif qui est associé à la religion ? Un processus basé sur la récompense ou le châtiment. Tenez-vous bien dans votre vie, sinon vous serez puni dans la mort ou après votre mort. Et ce même mode de pensée existe dans l’hindouisme ou le bouddhisme, avec l’idée de Karma et de renaissance.

Alors, vous pouvez dire, mais si cela existe aussi bien dans les religions orientales que dans les religions occidentales, cela doit avoir une certaine vérité, n’est-ce pas ? Eh bien quelle est la vérité de tout cela ? Quelle est la vérité de dogmes et de traditions religieuses ? Quelle est la vérité des religions organisées ? Les religions organisées ne sont-elles pas bâties sur la volonté de contrôler les populations ? La volonté de les diriger notamment par la peur ? Tout le monde ou presque a peur de la mort. Aussi, inventer un monde imaginaire après la mort est quelque chose de très réconfortant pour le "moi". Un enfant éduqué dans la religion, conditionné par la religion, comme le sont beaucoup d’enfants dans le monde va aussi perpétuer cette religion, qui se traduit dans la société par diverses institutions, des églises, etc., et nous voyons bien qu’il s’agit-là de questions de pouvoir.

Toutes ces religions différentes, antagonistes dans leurs formes, dans leurs symboles et dans leurs croyances, dans leurs divisions culturelles, sont sources de conflits dans le monde, car ici telle ou telle religion est favorisée par rapport à telle ou telle autre, ou encouragée politiquement, créant tous les communautarismes et les conflits associés, des violences isolées jusqu’aux guerres entre nations, ou encore le terrorisme. Religion et politique sont intimement liées, et on peut le voir aujourd’hui y compris dans un pays dit laïc comme la France, qui encourage aujourd’hui une forme particulière de religion, et notamment en prônant le christianisme historique de l’Europe dans sa constitution.

La politique comme la religion sont des moyens de contrôle et d’organisation des sociétés humaines, la première dans ses activités extérieures, la deuxième dans ses pensées mêmes et dans sa vie intérieure et dans ses relations. Si une certaine organisation des activités humaines est nécessaire, quelle est la nécessité d’une morale imposée, d’un conditionnement ou de communautarismes divisant les êtres humains entre eux qu’ils soient religieux ou autres ?

Aussi, est-il possible de rester avec l’inconnu de la mort, sans extrapoler sur le fait, sans imaginer ce qu’est la mort, ou ce que serait un avant et un après la mort ? Alors, vous n’avez plus besoin d’aucune croyance ni d’aucune religion pour vous dire ce qu’est la mort, car vous invitez la mort elle-même, psychologiquement, dans votre vie. Et alors, la mort n’est plus séparée de la vie, comme s’échinent à le faire toutes les croyances et tous les dogmes religieux qui divisent les êtres humains entre eux, de ceux qui sont en perpétuelle recherche de sécurité au niveau psychologique.

par Abolab mardi 23 septembre 2008 - 199 réactions
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  • Par cathy30 (xxx.xxx.xxx.53) 23 septembre 2008 13:23
    cathy30

    à radix
    complètement d’accord avec ce non sens sur l’idolatrie des saints.
    j’ai été visitée la cathédrale monreale à palerme (superbe) et maintenant il y a une nouvelles sortes de cierges. Se sont de faux cierges avec une ampoules. On met de l’argent dans la fente et l’ampoule s’allume. Quel ingéniosité, les religieux ont le sens des affaires.

  • Par Zawgyi (xxx.xxx.xxx.14) 23 septembre 2008 17:52

    En tant qu’athée, je partage le fonds de l’article. Mais, la méconnaissance des religions dont fait preuve l’auteur dessert finalement ceux qui comme moi croient que les religion sont un construit historique et culturel. Cet article ne servira une nouvelle foi à alimenter les clichés que colportent les croyants à propos des athées, de leur méconnaissance des religions, de leur manque de spiritualité.

    Pour revenir sur quelques erreurs retenues dans cet article fouilli :

     Je ne sais pas si le christianisme est vraiment la première religion du monde comme vous le dites. A voir. Tout dépend comment on l’entend : parle-t-on des pratiquants ou simplement des baptisés ? De plus, parler du christianisme comme d’une seule religion homogène est absurde : certains mouvements protestants ont autant à voir avec les catholiques que les cathares à leur époque. Certes, ils partagent le Livre et croient dans le Christ, mais cela ne suffit pas à en faire une même religion. Les premiers bouddhistes mahayanistes n’ont-ils pas repris nombre de divinités hindoues. Et que dire du panthéon romain copié sur celui des grecs. Donc, non, il n’y a pas un christianisme uni et donc pas une religion majoritaire, mais une multitude de croyances chrétiennes qui ne forment pas un bloc homogène.

     J’en viens ainsi à ma deuxième remarque : toutes les communautés chrétiennes ne dépendent pas d’un clergé organisé et hiérarchisé. C’était justement l’objet de la réforme : permettre à l’homme une relation directe avec Dieu en dehors de l’Eglise. D’où la naissance du protestantisme qui ne reconnaît pas le Pape. Aussi, l’auteur, en voulant parler des religions en général ne parle finalement que du catholiscisme.

     Cet ethnocentrisme se retrouve dans son association maladroite et difficilement validée entre matérialisme et sentiment religieux. Sans doute associe-t-il la ferveur accompagnant la venue du Pape à la teneur actuelle de la société française et de la civilisation occidentale en général. Cependant, si je puis me permettre, la dévotion et la foi n’ont pas attendu la société de consommation et le capitalisme pour se développer. Le fait qu’il y ait une recrudescence de la foi à notre époque explique tout simplement le fait que le mode de vie fondé sur la consommation matérielle ne répond pas à toutes les questions quand il n’est pas accompagné par une augmentation du savoir. Et oui, les gens savent lire, savent utiliser un ordinateur, savent utiliser tous les jours une carte bleue, mais ils croient encore que le monde a été fait en sept jours car la connaissance scientifique de l’univers n’est malheureusement pas assez vulgarisée et étendue à l’ensemble de la société. D’où un nombre important de cadres supérieurs qui rejoignent les sectes. Le niveau de vie n’est pas paralèlle à celui des connaissances.

     Par ailleurs, les raccourcis rapides et brouillons entre toutes les religions dans l’article sont assez dérangeants. Pour rappel, il n’y a pas de Dieu tout puissant dans le Bouddhisme. A l’inverse du Christiannisme ou de l’Islam. Pas de pape non plus (à part pour la partie infime que représentent les lamaistes tibétains) mais plutôt un clergé très diffus et décentralisé. Il s’agit en fait d’une philosophie. Ce n’est donc pas en cela que l’on peut rapprocher le Bouddhisme, l’Hindouisme, l’Islam, etc. Il faut pour cela se rapporter à ce que disait Mircea Eliade : la religion, c’est une relation au sacré. Le dogme est donc totalement différent entre hindouisme, bouddhisme et christianisme par exemple, mais l’on retrouve s’est vrai des comportements, une relation au sacré, au monde, qui est la même : la prière, l’offrande, la relation transcendentale avec une entité supérieure, une explication du monde, de l’après-mort, etc. C’est ce qui a fait dire à beaucoup d’ethnologues qu’il existait probablement une religion originelle unique d’où proviennent toutes les autres qui lui sont postérieures. Certains parlent de polythéisme ou d’animisme primordial. D’autre placent le monothéisme à l’origine de tout. Freud, lui, faisait naître cette origine commune dans l’esprit même de l’homme, dans son insconcient. Ce qui a fait dire à Jung qu’il existait un inconscient collectif à l’origine de tous nos mythes. La vérité est que l’on en sait rien car on ne peut remonter jusque-là.

    Quoiqu’il en soit, on sait pour certain que la Bible est une création humaine. On peut en dater l’écriture, retrouver en son sein les références au Noun égyptien, à Isis et Horus, à la naissance du Dieu Thot. On a retrouvé l’origine du mythe du Déluge sur les bords de la Mer Noire. On n’a pas retrouvé de traces de l’Exode à une époque où les Egyptiens gardaient traces des événements majeurs de leur époque. Et les datations de la Bible sont au mieux décalées de plusieurs siècles. Tout cela on le sait et je suis d’accord pour dire qu’il est inconcevable que l’on puisse encore croire à de telles fables. Autant de critiques peuvent êtres apportées au Nouveau Testament. Je suis donc d’accord avec l’auteur sur le fond.

    Mais, il y a la manière de le faire. Ecrire des articles confus et non documentés ne fait que desservir l’athéisme scientifique, moral, spirituel, moniste que beaucoup s’évertuent à défendre pour le bien de tous. Cela ne contribue qu’à colporter l’image que continue à donner de nous l’Eglise, son pape et notre Président, des êtres vivants dans l’ombre et le matérialisme, à la pensée et à la morale litigieuses, à la spiritualité limitée, au mode de vie décadent et immoral.

    Pour finir, ce n’est pas parce que l’on a été éduqué dans un milieu religieux que l’on devient croyant soi-même et que l’on continue à perpétuer la foi comme l’affirme l’auteur. J’en suis la preuve vivante - et je suis loin d’être le seul - ayant grandi dans une famille catholique traditionnelle et étant allé à l’école chez les Jésuites. Je n’en suis pas moins devenu un athée convaincu. Mais, comme pour le cancer, pour lutter contre une maladie, il faut la connaître, et pour lutter contre les théologiens, il faut étudier son sujet.

    Alors, évitez d’écrire des articles contre la religion bourrés de clichés et peu clairs. Cela ne fait que desservir notre cause, pourtant ô combien noble, mais tellement mise à mal par ce XIXe siècle comme l’avait prédit Malraux.

  • Par Forest Ent (xxx.xxx.xxx.205) 23 septembre 2008 11:47
    Forest Ent

    Comment passer à côté d’un débat intéressant. smiley

  • Par Gilles (xxx.xxx.xxx.169) 23 septembre 2008 15:02
    Gilles

    daerel

    "Qui a vu que dans ses homélies, le Pape Benoit XVI (Panzer-kardinal:p) a condamné le culte de l’argent-roi et explicitement visé les financiers ? TF1 n’en a pas parlé tiens, elle a plutôt parlé de Sarkozy venant faire la pêche aux bourgeois catholiques de Versailles..."

    Comment se fait-il que le Pape se compromet autant avec Sarkozy alors ? Il n’était pas obligé de se traîner à Paris et de se coltiner ses discours avec un flagorneux "trés Saint Père" par phrase en moyenne. Un petit tours à Lourdes histoire de bénir les marchands du temple vendeurs d’idôles et hop, cela aurait suffit.

    Mais peut être que c’est de la real-religion.... tant que Sarko fera la promotion des idées du Vatican en France, l’infaillible sera avec lui, même s’il s’autorise à le moquer à mots couverts.

    Franchement l’auteur à raison..... on l’a vu avec la visite papale. le but de tout ce cirque était de prendre l’ascendant sur les foules de chrétiens et les réunir en communion autours de deux hommes : BENOIT XVI et SARKOZY. Chacun y a trouvé son compte dans cette bande d’hypocrites

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