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Le Christ mythologique est un dieu païen comme les autres

C'est un des aspects les plus mystérieux de la figure du Christ : au départ, nous avons un prédicateur juif qui sillonne les routes de Galilée et de Judée en dispensant un message empreint d'une compassion nettement plus grande que chez les autres religieux de son temps.

A-t-il existé réellement ? Pourquoi pas ? Il n'y a rien de surnaturel dans le fait de voyager, d'enseigner, de réunir des disciples autour de soi.

Mais la figure de Jésus prend une dimension mythologique avec le récit de la résurrection.

Et là, mystérieusement, le mythe se paganise fortement. On se croirait complètement sorti du milieu culturel juif. Le récit devient une des nombreuses variantes sur un thème omniprésent à cette époque dans les cultes à mystères tout autour du bassin méditarréen : un dieu subit une passion et ressuscite pour le salut des hommes.

Comment cette acculturation a-t-elle été possible ? Deux remarques :

D'abord, le judaïsme n'était pas un système clos. Il comprenait en particulier tout un courant fortement hellénisé, comme en témoigne, par exemple, la Bible des Septante (en grec) ; dans la "Galilée des nations", pays de Jésus, le milieu était fortement multiculturel. Lui-même, en tant que charpentier, a bien du connaître ces grands chantiers de l'époque qu'étaient les villes nouvellement construites de Sepphoris et Tibériade.

Ensuite, ses disciples prêchent dans les synagogues et se voient entourés de toute une population de sympathisants, de nouveaux convertis, de personnes en recherche qui devaient passer d'un culte oriental à l'autre et les faire déteindre l'un sur l'autre.

Le culte du Jésus mythologique, celui qui eu le pouvoir de ressusciter, nous offre un récit construit sur le même modèle que les cultes à mystères qui fleurissaient autour de la figure d'un dieu martyrisé, mort, et ressuscité pour le salut des hommes. De tels cultes étaient nombreux. 

Contrairement aux religions civiques, juive ou païennes, qui rendent hommage aux dieux pour en obtenir une protection politique pour la cité, les cultes à mystère s'intéressent à l'individu et à son salut. Le secret dont ils sont entouré empêche de les connaître avec tous les détails qu'on souhaiterait avoir, mais des constantes se retrouvent.

Osiris

Nous commencerons par parler d'Osiris, le dieu égyptien des morts. A l'époque du Christ, son culte a conquis tout l'Empire romain. Il est vénéré sous son nom ou assimilé à Hadès, parfois à Dionysos, sous le nom de Sérapis. Son épouse Isis est également très vénérée.

Osiris, dieu des morts égyptiens, est le premier et le modèle de ces dieux morts et ressuscités auxquels les contemporains des premiers chrétiens aimaient confier leur salut. Victime d’un assassinat, démembré, reconstitué par son épouse Isis mais pas complètement, ressuscité par elle mais pour un temps seulement, il vit dans les Champs d'Ialou, le domaine bienheureux qu'il a su créer de l'autre côté, de même que, sur cette terre, il avait su apporter la fertilité à l'Egypte. Il y accueille, après jugement, les défunts qu'il juge dignes de l'y rejoindre.

On comprend ce que la figure d'Osiris pouvait avoir de rassurant : c’est un dieu qui connait la souffrance, qui conserve une fragilité. C’est le roi des morts, mais c’est aussi un mort lui-même (il est d'ailleurs souvent représenté avec ses bandelettes de momie). On pourrait presque dire qu’il est sur pied d’égalité avec ceux qui comparaîtront devant lui ; en tous cas, il n’a pas, sur eux, cette supériorité infranchissable que le vivant a sur le mort. 

 Aucun sadisme chez lui : après une pesée de l’âme et un jugement, celui qui le mérite gagne un séjour heureux. Les âmes mauvaises sont dévorées et leur seul châtiment est la privation d’éternité.

Les « confession négatives » des Livres des Morts nous décrivent une morale dans laquelle l’humaniste moderne se reconnaît parfaitement : « Je n’ai pas affligé. Je n’ai pas affamé. Je n’ai pas fait pleurer. Je n’ai pas tué. Je n’ai pas ordonné de tuer. Je n’ai fait de peine à personne."

L'étude du mythe d'Osiris nous aide à comprendre celui de Jésus.

Avant de m'y interesser, je ne comprenais pas du tout pourquoi la passion du Christ pouvant racheter les pêchés des hommes. Je ne voyais pas le rapport. En quoi les souffrances du Christ devraient-elles inciter son Père à nous juger moins sévèrement ?

Je comprends mieux la logique de ce grand archétype quand, à la place tout à la fois du Père qui nous juge et du Fils qui a souffert, je place Osiris : je comprends alors aisément qu'il soit disposé à la compassion car il a sévèrement souffert lui-même.

Dionysos

C'est sous le nom de Zagreus que Dionysos est un de ces dieux morts et ressuscités pour le salut des hommes.

C'est une probable variante grecque du mythe d'Osiris, dont il est très proche.

Zagreus est né des amours de Zeus et de Perséphone avant que celle-ci épouse Hadès. Héra, jalouse, fait rechercher l'enfant par les Titans, qui le retrouvent, le démembrent et le dévorent, à l'exception du coeur.

Zeus avale le cœur de l'enfant et parvient ainsi à lui donner naissance une seconde fois, sous le nom de Iacchos — d'où une étymologie proposée pour le nom de Dionysos : « deux fois né ». 

Naître deux fois, c'est aussi une façon de ressusciter.

Zeus foudroya les Titans, et de leurs cendres naquirent les hommes marqués par cette double ascendance. La matière des Titans, dont ils sont constitués, ont donné aux hommes une propension à faire le mal, mais l'amour du bien est aussi présent en eux, puisque Dionysos est partie constitutive de la chair des Titans après qu'ils l'eurent dévoré, ces mêmes Titans dont la matière compose les hommes.

Ici encore, il y a un lien logique entre le martyre du dieu et le salut des hommes. Ce n'est pas tout à fait le même type de lien que dans le mythe d'Osiris. Ici, la problématique n'est pas celle du jugement et du pardon. Ce n'est pas ainsi que le problème se pose. Dionysos ne juge pas les hommes, pas plus qu'il ne leur pardonne ni ne leur refuse son pardon. Mais, puisque les hommes (par l'intermédiaire des Titans) l'ont dévoré, Dionysos est maintenant une partie de ceux qui l'ont absorbé. Il le confère par le fait même une étincelle divine, qu'il ne tient qu'à eux de faire croitre.

Les autres cultes à mystères sont nombreux (Orphisme, Mystères d'Eleusis ...) , généralement en lien avec les divinités chtoniennes : Hadès, Perséphone.

Esprits de la végétation

Les dieux dont le martyre apporte a l'homme son salut ont aussi pour point commun d'être à la fois des dieux funéraires et des dieux de la végétation, et ceci aussi bien dans le contexte égyptien (Osiris) que dans le contexte grec (Perséphone).

Osiris est comme le grain enterré lors des semailles qui ressuscite lors de la moisson suivante. Le grain est fécondé par l'eau dans le sol. Lors des récoltes il est démembré par les faucilles des faucheurs. Perséphone elle aussi est une déesse de la végétation, supposée descendre aux Enfers en hiver et revenir sur terre avec le printemps.

On comprend mieux, dans ce contexte, un rituel comme celui de l'eucharistie, où les fidèles sont invités à manger le corps du Christ sous la forme du pain, et à boire son sang sous la forme du vin.




par Catherine Segurane lundi 30 janvier 2012 - 72 réactions
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  • Par Furax (---.---.---.218) 30 janvier 2012 12:28
    Furax

    Le lac de Tibériade est l’endroit ou le Christ (et non...Horus !) marcha sur les eaux.
    Un touriste veut le traverser.
    Le batelier :
    -cinq dollars !
    -c’est hors de prix !
    -c’est ici que Jésus a marché sur les eaux.
    -à ce prix là, ça ne m’étonne pas !

  • Par Furax (---.---.---.218) 30 janvier 2012 12:23
    Furax

    Je ne vais pas me fatiguer :
    Par Furax (xxx.xxx.xxx.218) 25 décembre 2010 11:34

    L’armée romaine, qui voulait combattre l’influence chrétienne, a introduit dans le culte de Mithra la résurrection au troisième jour, ainsi que la plupart des similitudes citées plus haut, au DEUXIEME SIECLE après JC (on sait très peu de choses du culte de Mithra avant son importation par l’armée romaine.(http://fr.wikipedia.org/wiki/Culte_...)
    Quant à Horus :

    Sur de nombreux sites web on trouve cette liste de points communs visant à démontrer que Jésus n’est qu’un personnage mythique inspiré du dieu égyptien Horus :

    Horus a dit : « Moi et mon Père sommes un ».

    • Il est né d’une vierge le 25 décembre dans une grotte ou une crêche, sa naissance étant annoncée

    par une étoile à l’Est et attendue par trois hommes sages.

    • Il enseignait à des enfants au Temple et fut baptisé à l’âge de trente ans.

    • Il a eu 12 disciples.

    • Il accomplit des miracles et éleva un homme, El Azarus, d’entre les morts.

    • Il marcha sur l’eau.

    • Il fut transfiguré sur la Montagne.

    • Il a été enterré dans un tombeau et a été ressuscité.

    • Il était aussi "la Voie, la Vérité, la Lumière, le Messie, le fils oint de Dieu, le Fils de l’Homme, le Bon Berger, l’Agneau de Dieu, la Parole« , etc.

    • Il était »le Pêcheur« et était associé à l’Agneau, au Poisson ( »Ichthys« )

    • Son épithète personnelle était »Iusa,«  »le fils éternel du « Père. »

    • Il s’appelait « le KRST, » ou « Oint, »
    Il semble que cette théorie a été inventée par Gerald Massey (1828-1927) puis développée par Acharya.

    Mais que vaut-elle ???


    Horus est né d’une vierge le 25 décembre dans une grotte ou une crêche, sa naissance étant annoncée par une étoile à l’Est et attendue par trois sages.

    >>>> Il n’est écrit nulle part d’Isis ait été vierge. Des peintures la représentent même, sous forme d’un faucon, planant au dessus du phallus érigé de son mari Osiris lors de la conception d’Horus.

    La date du 25 décembre n’a pas de sens dans le calendrier égyptien car celui-ci utilise une « année vague » qui se décale lentement par rapport aux saisons (car le système des années bissextiles n’était pas utilisé).
    Même si on utilise le calendrier agricole théorique, qui commencait avec le lever héliaque de l’étoile Sothis (Sirius) le 19 Juillet, cela ne correspond pas : Il est écrit qu’Horus est né le 31ème jour du mois de Khoiak, ce qui doit correspondre au 16 novembre.
    De plus nulle part il n’est écrit non plus dans la Bible que Jésus est né un 25 décembre.

    Les textes égyptiens disent qu’Horus n’est né ni dans une grotte ni dans une crêche mais dans un marais, au milieu des roseaux.

    On ne retrouve aucun texte égyptien, à ma connaissance, qui parle de trois sages et d’une étoile lors de la naissance d’Horus. D’ailleurs il n’est écrit nulle part dans la Bible que les « rois-mages » étaient au nombre de trois. Les chrétiens orthodoxes prétendent même qu’ils étaient 12.


    • Il enseignait à des enfants au Temple et fut baptisé à l’âge de trente ans.

    >>>>>> Le baptème n’existait pas chez les Égyptiens. Et aucun texte égyptien, à ma connaissance, ne dit donc qu’Horus a été baptisé.
    Acharaya prétend que son baptiseur était ANUP. Ce nom n’est autre que celui du dieu ANUBIS, et nulle part il n’a jamais été écrit que celui-ci avait baptisé Horus. Par contre ANUBIS avait momifié Osiris, le père d’Horus, ce qui est une toute autre chose.


    • Il a eu 12 disciples.

    >>>>>>>Aucun texte égyptien, à ma connaissance, ne dit qu’Horus avait 12 disciples.
    On trouve seulement des références à quatre HERU-SHEMSUs (« suivants d’Horus »), à 16 adeptes humains, et à un nombre inconnu de MESNIUs / MESNITUs (« forgerons ») qui l’ont suivi dans ses batailles.


    • Il accomplit des miracles et éleva un homme, El Azarus , d’entre les morts.

    >>>>>>> De nombreux autres dieux ont fait des miracles.
    En tout cas « EL AZARUS » n’est pas du tout un nom égyptien. Le préfixe semble arabe et le suffixe semble latin. Si ce nom désigne OSIRIS, le nom égyptien de celui-ci n’est pas EL_AZARUS mais ASAR ou OUSIR (ce qui est bien plus éloigné de Lazare). En outre ce n’est pas du tout Horus mais Isis qui a ressuscité Osiris.


    • Il marcha sur l’eau.

    >>>>>>> Aucun texte égyptien, à ma connaissance, ne dit qu’Horus a marché sur l’eau. Il est juste dit que lui et Seth se sont transformés en hippopotame et qu’ils sont restés trois moins au fond de l’eau.


    • Il fut transfiguré sur la Montagne.

    >>>>>>> Aucun texte égyptien, à ma connaissance, ne dit qu’Horus a été transfiguré sur une montagne.
    Il est juste écrit qu’il décapita sa mère Isis, la prit dans ses bras et escalada une montagne, où Isis se transforma en une statue de silex. Et il est écrit aussi que Thoth ou Hathor a soigné les yeux d’Horus (crevés par Seth) en haut de cette montagne.


    • Il a été enterré dans un tombeau et a été ressuscité.

    >>>>>>> Aucun texte égyptien, à ma connaissance, ne dit qu’Horus a été enterré dans un tombeau et ressuscité. Il est juste raconté que le dieu Thoth l’a guéri d’une piqûre de scorpion.
    C’est son père Osiris qui a été ressuscité, trés brièvement, par Isis

  • Par gaijin (---.---.---.82) 30 janvier 2012 10:36
    gaijin

    le culte de dyonisos vient d’inde c’est une branche du trantrisme çivaïste ....
    dans ce contexte la notion de deux fois né signifie l’entrée dans la vie spirituelle

  • Par posteurfou (---.---.---.192) 30 janvier 2012 11:37
    posteurfou

    Je ne vois pas le rapport ?

     mais bon !

     

    Crdt ..

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