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Accueil du site > Actualités > Religions > Le marxisme, une hérésie chrétienne

Le marxisme, une hérésie chrétienne

Nous sommes tellement occupés à critiquer et à combattre un capitalisme devenu fou (crise financière, réchauffement climatique, épuisement des ressources, hyper-consommation dans les pays riches...) que nous oublions que son frère ennemi, le communisme, menait lui aussi l’humanité à sa perte. Or, le marxisme-léninisme reposait sur l’hérésie inverse de la prédestination calviniste : le libre-arbitre érigé en absolu et donc la mort de Dieu.

 Face aux urgences de l’heure, il semble inutile de tenter de comprendre le communisme. Ne s’est-il pas condamné lui même ? François Furet parle du « passé d’une illusion » dans l’un des réquisitoires les plus implacables qui lui ait jamais été consacré. Drôle d’ « illusion » qu’un système qui a envoyé, le premier, un homme dans l’espace, vérifier de visu la révolution copernicienne ! Solide mirage qui a tenu la dragée haute aux États Unis et leurs alliés dans la course aux armements pendant quarante ans !

Crimes écologiques

Disparition de la mer d'AralLe communisme n’a pas été une simple illusion, ce qui ne l’empêche pas d’avoir été une catastrophe. Tout ce que nous reprochons au capitalisme planétaire et destructeur d’aujourd’hui, nous pouvons le lui reprocher aussi. A tous les crimes du communisme, il ne faut pas oublier d’ajouter les crimes écologiques : la destruction de la mer d’Aral, Tchernobyl, la contamination de la mer blanche par les déchets atomiques sont les plus connus. Mais il existe aussi des milliers de désastres écologiques disséminés dans l’ex-empire communiste. En l’absence d’opinion publique et de presse libre, la population s’apercevait généralement de l’accident lorsque le nombre de naissances anormales se multipliait de manière trop visible...

Nous avons étés contemporains du plus grand naufrage politique et intellectuel de tous les temps. Mais cet échec est un mystère. Il ne doit pas nous empêcher de poser la question du sens du combat communiste, quoiqu’il soit discrédité par son échec final : « pourquoi les communistes se battaient-ils, alors même qu’ils croyaient en un sens de l’Histoire ? » En d’autres termes : comment peut-on être à la fois libre et déterminé ?

La réponse officielle (encore donnée ces dernières années par le Parti communiste Français) est : « c’est pour hâter l’avènement du Grand Soir, de la fin de l’Histoire et de la société sans classe ». Mais cette réponse ne tient pas. On ne sacrifie pas sa vie et celle des autres (de millions d’autres !) pour rendre plus rapide quelque chose qui arrivera nécessairement. Les derniers véritables communistes risquent d’emporter leur secret dans leur tombe...

La liberté dans l’Histoire

La vraie réponse est que l’engagement communiste n’est pas rationnel, il est mystique. C’est une « foi », comme on l’a souvent dit et répété, mais sans suffisamment souligner la contradiction avec Hegel (« tout ce qui est réel est rationnel »), dont le marxisme s’inspire pourtant. Le militant communiste n’agit pas dans le but d’arriver à un objectif donné, grâce à des moyens objectivement nécessaires. Il se sent comme investi du sens de l’Histoire. Il sent l’émancipation de l’Homme agir en lui.

C’est une manière de régler la contradiction entre liberté et déterminisme. Rien ne peut empêcher la marche en avant de la Liberté, qui est donc déterminée. Le militant communiste est à la fois totalement libre et absolument déterminé. Il est une liberté qui marche dans l’Histoire. Cette marche en avant vers le Bien expulse progressivement le Mal, qui n’est qu’un produit des contradictions de la lutte des classes.

Le marxisme, parti de l’idée de liberté absolue de l’homme et de son émancipation dans l’Histoire, se retourne en déterminisme et en négation de la liberté humaine. Cette « trahison de l’idéal communiste » est bien connue. On la déplore, mais on ne la comprend pas. Le marxisme, à la suite du Rousseauisme, divinise le libre-arbitre en supprimant Dieu. Mais très vite, c’est le Parti, l’Etat, qui incarne cette Liberté abstraite, contre l’individu. "On le forcera d’être libre", disait Rousseau dans le Contrat social.

L’humanité moderne est donc face à deux échecs successifs et symétriques : l’hypertrophie de la toute puissance de Dieu par la Prédestination calviniste et puritaine, qui mène au capitalisme anglo-saxon ; et d’autre part l’émancipation de l’Homme poussée jusqu’à la liberté divinisée, qui mène au matérialisme communiste. Ces deux échecs sont aussi, d’un point de vue chrétien, deux hérésies.

 


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80 réactions à cet article    


  • manusan 23 novembre 2009 10:10

    reste à tester l’anarchisme.


    • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 23 novembre 2009 11:20

      Vous pouvez toujours essayer dans une petite communauté pour voir ce que ça donne.

      Au niveau historique, ça a débouché sur la FEODALITE : toujours preneur ?


    • Mr.K (generation-volée) Mr.K (generation-volée) 23 novembre 2009 11:47

      Vous voulez dire le chaos car l’anarchie appliquée est venu apres la feodalité.cqfd
      Encore une belle manipulation des puissants.


    • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 23 novembre 2009 15:44

      Le problème est que sans Etat, la société fonctionne moins bien et que les services à la collectivité ne sont pas bien organisés.


    • Philou017 Philou017 23 novembre 2009 18:51

      Le socialisme libertaire a été peu et même pour ainsi dire pas testé.
      Le seul exemple est en Catalogne en 1936. Mais l’expérience a tourné court à cause des brigades franquistes, appuyées par les états fascistes Italiens et nazis, pendant que le parti « progressiste » du Front Populaire ne bougeait pas le petit doigt pour la révolution Espagnole.

      Il est curieux que cette doctrine ait rencontré si peu de succès. J’y vois deux raisons :
      - le sentiment revanchard des populations malmenées les fait préférer une solution appuyée sur la force comme le communisme
      - Les puissants ont tout fait pour étouffer ce courant, lui préférant nettement le communisme, même s’ils le combattent. Le communisme n’est finalement pas si loin du fonctionnement capitalisme dans son essence. s’appuyant principalement sur le rapport de force, que ce soit dans la conquête du pouvoir, ou dans son maintien. Les puissants de ce monde maitrisent parfaitement de genre d’affrontement.

      Le socialisme libertaire lui vise le dialogue et l’agrément majoritaire, ce qui est beaucoup plus efficace et pertinent.
      Mais il demande aussi qu’une forte proportion de gens se prennent en main, ce qui n’est pas évident dans nos sociétés déresponsabilisantes.
      C’est aussi pourquoi les gens ont préféré le communisme, où des chefs leur disent quoi penser et quoi faire.
      Il reste à l’homme à grandir encore un peu.


    • Mr.K (generation-volée) Mr.K (generation-volée) 24 novembre 2009 19:08

      Une societé communiste libertaire est possible quoiqu’en dise les partisans ventripotent du satu quo.
      Malheureusement l’air du temps n’est pas le même qu’en catalogne dans les années 30.Les gens etait curieux,les militants préféraient enseigner la revolution plutot que de la faire à la place des autres (cf les faux amis gauchistes).
      Les gens parlaient dans la rue,c’était l’effervescence d’une république naissante.Aujourd’hui la télé,outils tout puissant de propagande,diffuse une conscience individuelle,détachée des impératifs du groupe,voir même de ses propres impératif qui passe après le plaisir du loisir.


    • abdelkader17 23 novembre 2009 10:16

      « François Furet parle du « passé d’une illusion » dans l’un des réquisitoires les plus implacables qui lui ait jamais été consacré. »

      Du marxisme au libéralisme ou la valse des paradigmes.
      Les marxistes retournés sont toujours les plus radicaux quant il s’agit de condamner l’objet de leur dévotion antérieur.


      • Paul Muad Dib 23 novembre 2009 10:24

        Comment ne pas parler de ce qui se passe ? réponse : lire cet article...
        comment essayer de détourner l’attention que le communisme doctrinaire et dictatorial a disparu ? lire cet article...
        mon gamin de 10 ans fait pareil , quand il fait une grosse connerie , il dit tout le temps : c’est ma sœur...
        conclusion : nous nous laissons diriger par des gens totalement immatures qui n’ont comme autre activité que de manier mots et concepts, et d’utiliser le collectif pour mener une vie de nabab ... la réponse a nos malheurs est elle du coté des dominés ou est ce que cette masse des dominés n’aspire elle aussi qu’a une chose , accéder a un pouvoir absolu ??
        de bonnes questions contiennent la ou les réponses..
        question subsidiaire : quel est le premier beauf qui va nous balancer le fameux : coree du nord, chavez etc...a vos paris..


        • Le péripate Le péripate 23 novembre 2009 10:28

          Non, c’est bon : il y a déjà eu un bonobo pour évoquer les « dominés » et les « dominants ».

          En rut.

           smiley


        • anty 23 novembre 2009 12:45

          Non non il faut s’intéresser à l’actualité tues un peu à côté de la plque...

          Ecoute :

          corée du nord pas bon

          chavez pas bon

          cuba pas bon

          La démocratie it’s good avec ou sans Sarko

          Et achtung ,on fait pas la fine bouche


        • sleeping-zombie 23 novembre 2009 10:28

          T’es a coté de la plaque au niveau de ton analyse :

          -au niveau de militants, d’après ce que j’ai pu voir, les marxistes ne sont pas mystiques. En tout cas, bien moins que ceux qui croient au « marché » (la main invisible etc...)

          - « pourquoi les communistes se battaient-ils, alors même qu’ils croyaient en un sens de l’Histoire ? »
          Un petit exemple vaut mieux qu’un grand discours :
          imagine le système (fictif) suivant.
          100 personnes sur une ile isolée. Sur ces 100, 99 travaillent 20h par jour pour récolter de la nourriture, et il donne tout ça au 100eme. Le 100eme garde la moitié pour lui, et, dans sa grande bonté, rend l’autre moitié aux 99 autres, qui arrivent tout juste a rester en vie grâce à ça...
          Le sens de l’histoire nous dit quoi ? un jour les 99 vont se rendre compte de la situation et éjecter le dictateur. Lequel ne sera peut-être que remplacé, mais dans ce cas on repartira pour un tour, jusqu’a ce que la sortie du dictateur se traduise par un changement du système. Mais l’éjection du dictateur, ce fait, n’est pas l’œuvre d’une puissance mystique que serait l’histoire, c’est l’œuvre des gens, qu’ils en soient conscient où non.

          Prenons un autre exemple :
          « A force de dire et faire n’importe quoi, Sarkosy ne se fera pas réélire. Moi ? je continue de voter pour lui, parce que de toute façon l’Histoire l’éjectera en fin de compte. » Tu vois pas ce qui cloche dans ce raisonnement ?


          • abdelkader17 23 novembre 2009 10:37

            Le Marxisme de la Theologie de la Liberation

            La découverte du marxisme par les chrétiens progressistes et par la théologie de la libération ne fut pas un processus purement intellectuel ou universitaire. Son point de départ fut un fait social incontournable, une réalité massive et brutale en Amérique latine : la pauvreté. Nombre de croyants choisirent le marxisme parce qu’il semblait offrir l’explication la plus systématique, cohérente et globale des causes de cette pauvreté, et parce qu’il etait la seule proposition qui fût suffisamment radicale pour l’abolir. Pour lutter efficacement contre la pauvreté, il faut en comprendre les causes. Comme l’a dit le cardinal brésilien dom Helder Câmara : "Aussi longtemps que je demandais aux gens d’aider les pauvres, on m’appelait un saint. Mais lorsque j’ai posé la question : pourquoi y a-t-il tant de pauvreté ? on m’a traité de communiste ..."
            http://www.espacoacademico.com.br/017/17clowy.htm


            • Pierre de La Coste Pierre de La Coste 23 novembre 2009 15:07

              Vous auriez pu citer aussi Teilhard de Chardin, plus philosophique et scientifique que social, qui établit une passerelle entre marxisme et christianisme.Mais, fianlement, toutes ces tentatives n’ont rien donné à l’époque. Aujourd’hui, c’est différent.
              Je vais bientôt parler dans un prochain papier d’un grand Algérien, non pas Abelkader1 mais Saint-Augustin...


            • Mr.K (generation-volée) Mr.K (generation-volée) 23 novembre 2009 11:55

              « Le marxisme, le christianisme, l’islam(isme), le socialisme etc... »

              « l’islam(isme) » pourquoi les parenthèse ??

              xénophobie quand tu nous tient........


            • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 23 novembre 2009 15:47

              L’islam est un système idéologique LIBERTICIDE basé sur un texte FARFELU : le coran

              Tout citoyen digne de ce nom devrait REJETER cette doctrine pernicieuse au même titre que le nazisme and co.


            • Mr.K (generation-volée) Mr.K (generation-volée) 24 novembre 2009 18:58

              Déjà quand on ne sait rien,on se tait,ça vous éviteras de passé pour un inculte.L’islam est une religion bigre d’idiot apres pour le reste à vous de voir mais dans ce cas,n’oubliai pas la stupidité du christ ou celle de moise.

              mince j’oubliai,les immigrés en France sont pas juifs ou chrétiens.

              xénophobie quand tu nous tient.....


            • DESPERADO 29 novembre 2009 13:56

              @Pasou
              Ton « raisonnement », n’a ni queue ni tête.
              Peut être l’a tu écris avec tes pieds.
              Ce que j’ai compris c’est que tu es islamophobe, inculte.
              Parles moi plutot du talmud, tu dois certainement mieux le connaitre.


            • DESPERADO 29 novembre 2009 13:59

              Frankenberger
              Il faudra rendre , les terres volées et rentrer en Pologne ou en Allemagne rejoindre vos cousins génocidaires.
              Talmud uber alles.
              Sionisme = racisme


            • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque 23 novembre 2009 10:58

              Jésus de Nazareth et Karl Marx en commun un certain nombre d’aspects, relevés par divers auteurs (Frédéric Nietzsche, Dolléans, Sigmund Freud, André Gide, etc.).


              « Le socialisme est la forme qu’a prise au XIXe siècle la religiosité latente en la nature humaine […] On peut dire de cette doctrine qu’elle est la religion de l’humanité [Pierre Le Roux] ou encore la religion du prolétariat déifié [Georges Clémenceau] […] Les socialistes sont des chrétiens sans le savoir, des chrétiens qui sans doute ont perdu la douceur évangélique, mais n’ont rien oublié de l’intolérance de l’Église. […] Le vice fondamental des doctrines socialistes est de reposer sur une psychologie erronée de la nature humaine #. »
              Édouard Dolléans, « Le caractère religieux du socialisme », Revue d’économie politique, 1906.


              La formule « A chacun selon ses besoins » se trouve, comme on sait, chez Karl Marx : « De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins ! » (Critique du programme de Gotha, I, 3), mais aussi dans le Nouveau Testament : « La multitude de ceux qui avaient foi n’était qu’un cœur et qu’une âme, et personne ne disait qu’aucun de ses biens fût à lui, au contraire ils mettaient tout en commun. […] Il n’y avait aucun indigent parmi eux. Tous ceux, en effet, qui étaient propriétaires de domaines ou de maisons les vendaient ; ils apportaient le prix de la vente et le déposaient aux pieds des apôtres ; c’était distribué selon les besoins de chacun. » (Actes des apôtres, IV, 32, 34-35).

              La Règle de saint Benoît dénonce le « vice de propriété » (chapitre LV) en se référant à ces Actes. Dans le Manifeste, Marx et Engels précisaient : « Les communistes peuvent résumer leur théorie en cette seule expression : abolition [Aufhebung] de la propriété privée. »

              Tous deux sont profondément insatisfaits du monde tel qu’il existe, et proposent, pour l’un un autre monde, pour l’autre un changement de société (et non un changement de la société) ; dans les deux cas, ce qui est ultimement visé, c’est la suppression des conflits, la suppression du mal. Mais il est plus facile de constater l’échec du marxisme en terre communiste que de démontrer en terre chrétienne l’inexistence de l’autre monde de Jésus. Toutefois, la contribution de Jésus concernait une société primitive, sans culture, dépourvue de sciences et de techniques, très éloignée de la nôtre en ce début de XXIe siècle, très éloignée même de la société romaine et de sa culture.

              Leur rapport à la connaissance n’est pas celui de la philosophie grecque ; dans le cas chrétien, le désir de connaissance est dévalorisé. « La science ? elle sera abolie » trouve-t-on dans la 1ère Épitre aux Corinthiens (XIII, 8). La philosophie est mise au service (ancilla) de la théologie. Dans le cas marxiste, la philosophie est remplaçée par « l’étude du monde réel », monde réel auquel on imposera la conformité au dogme (affaire Lyssenko) ; le marxisme semble favorable à la science, mais cette scientificité n’est qu’un scientisme. Opposition générale des disciples de Marx et de Jésus à la culture étendue et diversifiée qui fait l’honnête homme. « L’Église primitive, c’est bien connu, luttait contre les « intelligents », en faveur des « pauvres en esprit » » (Frédéric Nietzsche, Crépuscule des Idoles, (5), § 1) ; le parti communiste fait de même.

              En particulier, opposition à la philosophie :

               De Jésus rien n’est rapporté concernant la philo, mais pour Paul, c’est « ce vain leurre qui s’inspire de la tradition humaine et des éléments du monde, mais non du Christ » (Épître aux Colossiens, II, 8). Jésus rejette la culture mondaine comme Marx la culture bourgeoise. De l’un à l’autre, la ligne de dichotomie s’est déplacée, mais la dichotomie subsiste.

               Antiphilosophie chez Karl Marx : « La grande action de Feuerbach est : 1° d’avoir démontré que la philosophie n’est rien d’autre que la religion mise sous forme d’idées et développée par la pensée ; qu’elle n’est qu’une autre forme et un autre mode d’existence de l’aliénation de l’homme ; donc qu’elle est tout aussi condamnable » (Sur la dialectique de Hegel, 1844).
              « Les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde. Ce qui importe, c’est de le transformer #. » L’Idéologie allemande, Thèses sur Feuerbach, 11.
              « La philosophie et l’étude du monde réel sont dans le même rapport que l’onanisme et l’amour sexuel. » (L’Idéologie allemande, Le concile de Leipzig – III Saint Max).


              Les libertés de connaissance et d’expression sont donc brimées, puisqu’il s’agit d’interdire la connaissance ouverte. La liberté de penser autre chose, d’acquérir un savoir indépendant et objectif, est absente aussi bien chez Jésus que chez Marx.

              L’égalité est fortement privilégiée, à la fois par rapport à la liberté et par rapport à la compétition ou concurrence. Voltaire, qui n’était ni Marx ni Jésus, pouvait seul reconnaître cette vérité : « Le commerce, qui a enrichi les citoyens en Angleterre, a contribué à les rendre libres, et cette liberté a étendu le commerce à son tour. » (Lettres philosophiques, X).

              La famille, attache mondaine dans un cas, bourgeoise dans l’autre, est rejetée énergiquement. « Après que la famille terrestre a été découverte comme le mystère de la sainte famille, il faut que la première soit elle-même anéantie en théorie et en pratique. » Karl Marx, L’Idéologie allemande, Thèses sur Feuerbach, 4.


              Abêtissement, perte de l’esprit critique, par soumission à l’orthodoxie ; il y a là une sorte de servitude volontaire intellectuelle des adeptes qui amène des esprits parfois très brillants dans d’autres domaines à accepter sans discussion des réponses simplistes ; ainsi le croyant dévalorisera toute la cosmologie qu’il ignore au nom de sa foi. Le marxiste récuse a priori toute explication qui ne soit pas fondée sur l’économie.

              Divergence : alors que Jésus pense que le mal vient de chaque homme, tout en valorisant la faiblesse et la débilité, et en appelant à la conversion intérieure, Marx (après Jean-Jacques Rousseau) rejette presque toute la faute sur l’organisation sociale, qui serait source d’aliénation ; il appelle le prolétaire à la « prise de conscience », équivalent marxiste de la conversion religieuse intérieure et unique référence à à la responsabilité individuelle.

              Jésus propose un anti-matérialisme, Karl Marx est matérialiste.

              « Camarade, ne crois à rien ; n’accepte rien sans preuve. […] L’appétit de savoir naît du doute. Cesse de croire et instruis-toi. » (André Gide, Les Nouvelles nourritures, IV).

               Gide nous ramène à la connaissance (objective), bien malmenée à la fois par les religions et les idéologies totalitaires, mais valorisée par la philosophie ; c’est même cette valorisation de la connaissance qui caractérise le mieux la philosophie.


              • Pierre de La Coste Pierre de La Coste 23 novembre 2009 15:02

                Je crois que l’on est d’accord sur tout, sauf sur André Gide. Je vais écrire un trosième article, plus orienté sur Saint-Augustin, qui me permettra de compléter un peu cette ébauche. Il faut, comme vous le faites, noter le tronc commun entre communisme et chistianisme, tout en soulignant les antagonismes, d’où le terme « hérésie ».
                Le communisme, contrairement au nazisme, est une hérésie chrétienne.


              • Gazi BORAT 23 novembre 2009 16:14

                @ L’AUTEUR

                Le marxisme comme hérésie chrétienne ?

                Ps si absurde, si l’on considère, dans l’ex RDA, le nombre d’études universitaires sur les mouvements chrétiens hérétiques et « millénaristes dans lesquels le régime voyait des mouvements proto politiques, voire proto communistes.

                Avec un soupçon de nationalisme, les révoltes de paysans allemands conduites par des messies (tels Müntzer) prônant abolition de la propriété privée et partage des richesses étant particulièrement à l’honneur.

                Avec un curieux paradoxe pour le nazisme.. Celui-ci, se référant largement à Nietsche et son opposition au »gloria victis" du christianisme, à son mythe du surhomme, posait plutôt les bases d’une morale individualiste, chacun se construisant sa propre morale et s’opposant ainsi à tout engagement collectif, sauf de circonstance..

                gAZi bORAt


              • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque 23 novembre 2009 17:38

                « le nazisme.. Celui-ci, se référant largement à Nietsche »

                Pas une seule fois le nom de Nietzsche n’apparait dans Mein Kampf [Mon combat] d’Adolphe Hitler.

                Le nom d’Arthur Schopenhauer, deux fois.


              • Gazi BORAT 24 novembre 2009 08:03

                @ CLAUDE COUROUVE

                Le nazisme ne se limite pas à Mein Kampf et Adolf Hitler n’eût pas la carte N°1 du NSDAP.

                S’y trouvait déjà entre autres un poête que vous devez sans doute apprécier...

                Nietsche,dans la première phase de sa pensée, était une lecture largement appréciée dans les milieux militaires allemands.. et souvent se produisait pour les jeunes Allemands au moment du service militaire où les écrits du philosophe étaient une référence indispensable des bibliothèques des casernes.

                Jouèrent dans la genèse et l’acceptation du national socialisme allemands par les masses la forte composante judéophobe de ses écrits.

                La fondation du IIe Reich revivifia les mythes généalogiques, en correspondance avec les découvertes philologiques allemandes de cette époque. On se mit alors à opposer l’esprit allemand à l’esprit juif.

                Wagner apporta alors une contribution artistique à ce courant..

                Le mythe aryen se construisit comme une opposition entre la communauté des peuples indo-européens dont la Grèce à la barbarie asiatique à laquelle appartient la Judée...

                Et ce là sans doute que le bât blesse pour vous car révélant la nature glauque de l’adulation de la Grêce Antique à laquelle se livre les courants « Nouvelle Droite » et à laquelle vous souscrivez..

                Le Nazisme tout entier comme « point de détail » ?

                C’est de l’ultra révisionnisme !

                gAZi bORAt


              • jack mandon jack mandon 23 novembre 2009 12:04

                @ Pierre de la Coste,


                Le temps de la vie,

                Comme le balancier de l’horloge, qui dit oui, qui dit non et bien sur nous attend,
                l’inspiration humaine oscille entre les mouvements et directions contraires.
                Cette frénésie dichotomique et sans doute liée à la peur bien naturelle,
                que le balancier de chronos ne s’immobilise au centre définitivement.
                La peur de la mort fausse le jeu...alors gesticulons dans tous les sens !
                 


                • Pierre de La Coste Pierre de La Coste 23 novembre 2009 14:55

                  Je n’ai pas comparé le lac de Genève à la mer d’Aral. D’ailleurs le lac de Genève ne risque pas de disparaître...Je manque peut-être d’humour mais je ne comprend pas...
                  En outre je ne suis pas tellement libéral, du moins pas au sens anglo-saxon du terme (voir mon article précédent « C’est Calvin qui brûle la planète »


                • zelectron zelectron 23 novembre 2009 13:39

                  Les polonais avaient trouvé une formule sarcastique pour quasiment tout résumer : le capitalisme c’est l’exploitation de l’homme par l’homme, le communisme c’est tout le contraire*

                  *pardon à ceux, à celles qui connaissent.


                  • Pierre de La Coste Pierre de La Coste 23 novembre 2009 14:51

                    Oui, oui, oui, je suis entièrement d’accord avec vous, cher Monsieur. Ce sont dés mécanismes comme ceux-ci qu’il faudrait décrypter et qui expliquent bien des choses.


                    • Pierre de La Coste Pierre de La Coste 23 novembre 2009 16:23

                      Je défend le christianisme de Saint Augustin. Quand à la situation actuelle...je suis catho, mais certains jours j’aimerai être orthodoxe. Dans un post précédent, « C’est Clavin qui réchauffe la planète », j’opposai la vision protestante de la réussite économique à la vision catholique. J’aurai pu dire orthodoxe ou chétienne origielle.


                    • Gazi BORAT 23 novembre 2009 16:29

                      @ Vilistia

                      Il existe actuellement un mouvement de départ de Catholiques Romains au bénéfice de l’orthodoxie.

                      Je ne suis pas croyant, ne me souviens pas l’avoir été aussi loin que je me souvienne.. et pourtant, si un jour je me tournais vers une religion, ce serait sans doute l’orthodoxie, en partie pour la beauté des chants liturgiques..

                      Mais pour cela, encore me faudrait-il avoir la Foi, ce qui me semble relever de l’impossible..

                      Tant pis ou tant mieux ?

                      gAZi bORAt


                    • anty 23 novembre 2009 19:10

                      Et surtout adopté des prêtresses.

                      Ca manque des femmes dans la hiérarchie catholique


                    • Traroth Traroth 23 novembre 2009 15:14

                      "On ne sacrifie pas sa vie et celle des autres (de millions d’autres !) pour rendre plus rapide quelque chose qui arrivera nécessairement" : C’est vite dit. Les communistes partent du principe que l’avènement d’une société communiste est une bonne chose. A partir de là, il y a une différence entre penser que cela se produira de toutes manières dans un lointain futur et penser qu’on est capable de mettre la même chose en place de son vivant, en pensant économiser à l’humanité des siècles d’oppression.


                      • Pierre de La Coste Pierre de La Coste 23 novembre 2009 15:29

                        Pas forcément de son vivant, quand on est prêt à mourir pour le communisme...
                        Pour les vrais communistes, il y a un sens de l’Histoire inéluctable.
                        Ils ne sont pas les seuls, c’est vrai. Tous ceux qui croient au Progrès général, nécessaire et positif de l’Histoire humaine, depuis la Révolution française le croient aussi.
                        Ou plutôt ils le croyaient avant le nauffrage du communisme, pointe ultime des idéologies du sens de l’Histoire.
                        Que reste-t-il maintenant ? Le progressisme anglo-saxon ? il s’effondre lui aussi. C’est le dogme du Progrès qui est en cause.


                        • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 23 novembre 2009 16:13

                          Si l’on suit votre raisonnement, la conclusion qui semble s’imposer est que le christianisme catholique est la seule idéologie salvatrice. Outre que cette vision est historiquement très discutable, elle suppose que le christianisme catho s’impose comme la religion universelle par le fait du saint-esprit et/ou par celle de la puissance publique nationale et internationale.

                          C’est dire que votre vision, en tout cas celle où votre article semble conduire, est au moins aussi irréaliste que celles que vous fustigez. Croire en Dieu n’est pas donné à tous ! Et se soumettre au pape encore moins !

                          Que pensez-vous de la laïcité comme agnosticisme d’état ? Il est temps, du point de vue de la liberté, me semble -t-il, de se passer de religion, qu’elle soit transcendante ou immanente...Bref de renoncer au politico-t(h)éléologique comme l’indiquait déjà Spinoza au XVIIème siècle.


                          • Pierre de La Coste Pierre de La Coste 23 novembre 2009 16:38

                            Si la laîcité, c’est la neutralité et le respect des autres, elle est l’application de la parole du Christ « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ». Elle pose des problèmes par rapport à l’Islam qui n’a jamais accepté, historiquement, le « rendez à César... »
                            Mais la laïcité de la 3ème République, du 19ème siècle, du scientisme triomphant, et finalement du marxisme qui en est l’aboutissement, c’est bien autre chose. C’est une doctrine active, avec un vrai contenu métaphysique et politique. D’une certaine manière c’est la religion de l’Homme, qui remplace Dieu. Pourquoi pas... sauf que cela mène à l’impasse actuelle. Cet Homme absolu, divinisé, doit bien s’incarner quelque part, et c’est souvent dans un Etat, dans un Parti, qui règne sur la terre et non pas dans le royaume des cieux. Il est donc beaucoup plus totalitaire que les régimes traditionnels.
                            Renoncer au poiltico-t(h)é(lé)ologique (je rajoute une parenthèse pour être exact), c’est probalement le but. Je pense que le catholicisme y parvient moins mal que le marxisme, le protestantisme ou l’islam. Mais personne n’a de leçon à donner de personne, si l’on regarde les 2000 ans d’histoire qui viennent de s’écouler, sans oublier d’y inclure les plus récentes désillusions des temps modernes.


                          • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque 23 novembre 2009 17:30

                            La laïcité, c’est :

                             - liberté de conscience

                             - liberté des cultes

                             - séparation des Eglises et de l’Etat


                          • Moristovari Moristovari 23 novembre 2009 18:31

                            Dans la perspective de mettre à jour les valeurs religieuses encore présentes dans nos sociétés modernes, cet article et le précédent sont louables. Cependant pourquoi présenter à chaque fois une si maigre matière alors que le champ d’étude est si fertile ? Loin d’être le fruit d’un véritable labeur, ces articles ne seraient-ils que le résumé d’un seul livre - L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme et Le passé d’une illusion - ?

                            L’autre problème, c’est qu’ici le le titre de l’article ne correspond guère à son contenu. Hegel, Marx, Rousseau sont cités, non Jésus, non Saint-Paul, non la Bible. Étrange pédagogie, absurde démonstration. Heureusement que le commentaire de Senatus populusque apporte quelques étais à cette affirmation : le marxisme est une hérésie chrétienne.

                            L’article, lui, préfère traiter de cette fameuse thèse entre inéluctabilité du socialisme et l’appel à la révolution. Sujet digne d’un paradoxe de Zénon, aussi curieux que vain intellectuellement. Pour Marx, penseur non du présent et de l’individu mais de l’histoire et des masses, ce paradoxe n’existait point. Tout est relatif.


                            • ELCHETORIX 23 novembre 2009 19:04

                              bonsoir l’auteur
                              vous ne trouvez pas curieux que le CHE , et ses portraits ressemblent au « christ » !
                              En tout cas , Ernesto Guevara de la Senna rejetait tout aussi bien le Marxisme-Léninisme que le libéralisme - économique de l’Occident et ses « fidèles » de l’Arabie - Séoudite et ailleurs .
                              Mais il était plus près des théories de Karl - MARX que celles des libéraux et leurs banquiers dont Rockfeller et Rotchild .
                              Autrement , je suis d’accord avec vous , pour constater que ces deux systèmes ont échoué pour le bien de l’humanité !
                              Le CHE voyait un « système » socialiste auto-gestionnaire pour toutes les « activités » humaines « , ce qui m ’a toujours rapproché de ses pensées ou idées .
                              Un petit exemple ou l’ ex YOUGOSLAVIE de TITO , se démarquait de l’ex - URSS , sans tomber dans le »giron « du libéralisme occidental , à l’époque de la »guerre froide " .
                              Bien à vous .
                              RA .


                              • abdelkader17 23 novembre 2009 21:08

                                @Elchetorix
                                salut
                                Cette vision du monde aurait pu obtenir une traduction concrète dans le mouvement des non alignés,la tri-continentale,la conférence de Bandung,mais ces tentatives venaient contre carrer les intérêts occidentaux.
                                http://fr.wikipedia.org/wiki/Conf%C3%A9rence_de_Bandung
                                http://www.marxists.org/francais/guevara/works/1967/00/tricontinentale.htm
                                http://fr.wikipedia.org/wiki/Conf%C3%A9rence_tricontinentale
                                C’était l’époque du tiers mondisme révolutionnaire et où le mot socialisme avait encore un sens.
                                Hasta siempre la victoria amigo !!!


                              • ELCHETORIX 23 novembre 2009 21:21

                                Bonsoir Abdel , oui très juste ta réflexion au sujet des pays non - alignés dont faisait parti l’ ALGERIE de Boumediene !
                                Merci pour tes liens !
                                A +
                                RA .


                              • anty 23 novembre 2009 19:06

                                Marx a tout simplement reprit de nombreuses idées contenues dans la bible .

                                La bible a consigné de nombreuses idées des peuples du bassins méditerranéen en particuliers des égyptiens babyloniens grecs etc..

                                Ces peuples ont gardé des nombreuses idées venues du fond des âges qui ont été traduites sous formes des traditions ,coutumes ,religions , philosophies etc...

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