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Le monde des shudras : réflexions sur la symbolique des castes appliquée au monde contemporain

Pour les hindous et tant d'autres, la société s'organise autour du système des castes. Celui-ci consiste en une répartition des fonctions, chacun selon ses prédispositions.

 

Ainsi, le Mânava-Dharmashâstra (encore appelé loi de Manu), sorte de code juridique poétique fondé sur le Véda – somme des écritures sacrées de l'hindouisme- distingue 4 types d'êtres aux aptitudes différenciées. Il y est fait mention de 4 varnas, ou « teintes », chacune symbolisant une partie du corps humain, analogie du corps social.
 
En premier lieu, le Brahmane, associé à la tête, est le détenteur de la connaissance métaphysique. Il a pour mission de la conserver et de la transmettre. Il est à la fois le sage et l'enseignant. Il possède l'autorité spirituelle et est le gardien de l'harmonie du monde.
 
Le Kshatriya quant à lui, associé au tronc et aux bras, est à la fois le guerrier, l'administrateur et le politique. Sa plus haute figure étant le Roi,il est chargé d'exercer le pouvoir temporel.
 
Le Vaishya se distingue quant à lui dans l'activité économique. Associé au ventre, il est l'agriculteur, l'artisan, et le commerçant.
 
Enfin, et cette composante est souvent traitée à tort de manière tout à fait résiduelle, le Shudra, représentant les jambes et les pieds de la société et de l'ordre divin ( les deux sont indissociables dans une vision traditionnelle, l'une étant le reflet de l'autre), n’extériorisant aucune des tendances propres aux autres varnas, est chargé de les servir tous.
 
I.
 
Le système des castes étant aussi méconnu que décrié, il convient de démentir certaines contre-vérités à son sujet, colportées bien souvent par des auteurs inaptes, de par leur constitution d'esprit, à en saisir l'efficience et le sens profond (1).
 
La première idée reçue est celle de l'hérédité des charges. Celui qui naît au sein d'une caste ne pourrait en sortir au risque de devenir un paria. Cette vision, corroborée en effet par la réalité actuelle et passée, n'est pas du tout inhérente au système lui-même mais simplement une marque de sa dégénérescence. A l'origine, c'était au Guru (maître) de déceler chez l'enfant ses caractéristiques afin de l'orienter vers l'activité la plus proche de sa nature propre. Ainsi, dans la pureté de la doctrine, la naissance ne prend aucune part dans la nature des êtres.
 
Le second stéréotype, et non des moindres, est celui de l'infamie qui serait attachée à certaines fonctions. L'image de l' « intouchable » heurte particulièrement l'imaginaire et la morale occidentale toute imbibée d'une égalité pourtant introuvable. Or, l'intouchable ne fait partie d'aucune caste, il est celui qui, ayant contrevenu aux devoirs de son ordre, a renoncé par la même à ses privilèges. Cette disgrâce n'est pas héréditaire en théorie comme nous venons de la voir. L'intouchable serait l'équivalent de l'excommunié sous nos latitudes.
 
En dernier lieu, et puisque les réflexions sur ce sujet se prêtent à des considérations infinies qui sortiraient largement de notre propos, il conviendra de réaffirmer que ce type d'organisation sociale est à la fois verticale dans l'ordre métaphysique et horizontale d'un point de vue matériel. S'il est incontestable que le Brahmane et le Kshatriya, membres de la noblesse, jouent un rôle cosmique bien plus éminent dans l'équilibre du monde, il n'en demeure pas moins qu'à l’échelle terrestre (donc d'un point de vue horizontal), celle que les hindous appelle la « manifestation », chaque ordre dépend étroitement des autres. Chacun dans son rôle participe à l'unité divine et à l'harmonie du monde. Chacun est également indispensable et respectable.
 
Une lecture du Bhagavad-Gïtâ (XVIII, 41-44) nous offre d'ailleurs une démonstration de cet esprit de synthèse, qui, s'il fut universellement partagé il y a de cela des milliers d'années, est désormais l'apanage de l'Orient (en actuelle « occidentalisation » accélérée, à tel point que la distinction n'a plus véritablement de raison d'être, si tant est qu'elle n'en ait jamais eue) :
 
« Les devoirs des Brahmanes, Kshatriyas, vaishyas et shudras se repartissent en fonction des qualités primordiales d'où ils tirent leur nature propre
Sérénité, maîtrise de soi, ascèse, pureté, patience et rectitude, connaissance,discernement et foi, tels sont les devoirs du Brahmane selon sa nature
La vaillance, la gloire,la constance et l'adresse, le refus de la fuite, le don et la seigneurie, tels sont les devoirs du kshatriya selon sa nature
Soin des champs et du bétail, négoce, tels sont les devoirs du vaishya selon sa nature
Servir est le devoir du Shudra selon sa nature. »
 
Il ne faudrait pas voir dans ces quelques précisions liminaires la marque de considérations destinées à satisfaire une certaine forme de « curiosité exotique ». La classification que nous venons d'étudier succinctement n'appartient pas en propre à l'Inde, même si elle trouve dans cette civilisation son application la plus aboutie.
 
Héritiers incontestables d'une vision hélleno-chrétienne, nos illustres ancêtres n'envisageaient pas les choses autrement ; que l'on songe seulement à la classification tripartite de l'ancien régime, clergé/noblesse/tiers-état, l'analogie étant trop évidente pour que l'on s'y attarde ; que l'on songe également au « Timée » de Platon, exposition sous forme dialectique de la constitution de l’Athènes de jadis, et dont Socrate fait remonter les origines à la naissance de l'univers. Rappelons ici les paroles de Critias (la figure du Sage) :
 
« Tu verras qu'un bon nombre de lois ont été copiées sur celles qui étaient alors en vigueur chez nous. C'est ainsi d'abord que la classe des prêtres est séparée des autres ; de même celle des artisans (…), pour la classe des guerriers, tu as sans doute remarqué qu'elle est chez nous séparée de toutes les autres ; car la loi leur interdit de s'occuper d'aucune autre chose que de la guerre. »
 
On retrouve ici en tous points la classification hindouiste, à une exception notable : alors que grecs et chrétiens (et tant d'autres en réalité) adoptent un découpage trinitaire, l'hindouisme se distingue par une classification quadripartite incluant une catégorie sûrement considérée par d'autres comme parfaitement marginale, la caste des shudras. C'est elle qui ici retiendra ici toute notre attention.
 
II.
 
Le shudra tire sa spécificité de l’absence des prédispositions propres aux autres castes. Il n'est ni guerrier, ni homme d'affaire, ni intellectuel, ni commerçant dans l'âme. Ainsi, cette définition « négative » fait de cet être singulier un élément proprement passif. N'étant pas mû par une volonté spécifique, il se contentera de « servir ». Se mettre au service de l'autre, porteur lui d'une destinée, est sa fonction dans l'univers. Participant activement à l'harmonie et à l'unité, au même titre que les autres, le shudra doit faire preuve de qualités spécifiques.
 
Ainsi, le shudra est interchangeable. Il servira les desseins de quiconque, kshatriyabrahmane ou vaishya, faisant ainsi preuve d'une plasticité inconnue des autres ordres. Le bon shudra est un auxiliaire indispensable : travailleur, dévoué, pointilleux et zélé, malléable. Et cela car il est totalement dénué d'esprit critique.
 
Si l'idéal-type du Shudra n'est pas un guerrier, il fera un excellent soldat. S'il ne sera jamais un intellectuel, il fera un parfait universitaire. S'il ne fera jamais un bon entrepreneur, il vendra avec enthousiasme n'importe quel type de produit. S'il ne sera jamais un grand cuisinier, il fera un parfait commis. S'il n'excellera jamais en tant qu'agriculteur, il labourera avec ardeur le champs de quiconque. Les exemples de ce type peuvent se décliner indéfiniment.
 
Le shudra est un exécutant dévoué et il est apprécié pour cela. Il se chargera des basses besognes ou participera aux plus grands desseins avec le même sentiment de servitude et de satisfaction.
 
Entendons-nous bien, il ne s'agit pas ici de porter un jugement de valeur, car comme nous l'avons dit, le shudra, jambes et pieds du monde, est une composante essentielle de l'ordre (ou du désordre, puisque même le désordre apparent actuel fait en réalité partie d'un ordre plus grand, de la volonté divine). Le Shudra n'est certes pas un être moral, il n'est pas non plus immoral, il est a-moral. Il n'est pas responsable de la mauvaise utilisation que l'on fera de ses dons.
 
La place du shudra est donc de servir. 
 
Dans un monde harmonieux et donc hiérarchisé, dans lequel le prêtre commande au roi, le shudra est le serviteur de l'ordre divin et de l'unité. Néanmoins, et toujours dans la vision traditionnelle, la perfection est un état transitoire appelé « âge d'or » qui a vocation a dégénérer graduellement avant de renaître. Ainsi, la première étape de cette chute consiste en une corruption de la caste sacerdotale. De cette corruption découlera la révolte du roi, qui se libérera de la tutelle du brahmane. Ensuite, la puissance économique devra prendre une place grandissante et entraîner la prise de pouvoir du vaishya.
 
Il est bien évident que la révolution française de 1789 offre un exemple typique de cette prise de pouvoir qui s'est désormais généralisée. La prophétie s'est réalisée.
 
Le système ne pouvant être dépourvu de tête, l'idéologie marchande deviendra la métaphysique de cette phase cyclique, le capitaliste se fera brahmane. Ce que Garaudy nommait « le monothéisme du marché ».
 
Le vaishya devenu brahmane apprécie tout particulièrement les qualités du shudra. Nous avons vu précédemment qu'en raison de sa nature, ce dernier se pliera volontiers à toutes les exigences du libéralisme, exigences qui écœureraient jusqu'à la nausée tout bon prêtre ou guerrier véritable. Le prototype du shudra est l'homo-economicus, l'employé modèle, le consommateur enthousiaste (2), si bien que toute l'éducation ou la philosophie s’évertuera désormais à produire cet être hors-sol et indifférencié. Le monde moderne est un terreau fertile pour sa culture et sa prolifération. Toute notre formation intellectuelle actuelle a pour objectif de nous « shudraiser ». Malheur à celui qui n'y parvient pas.
 
Le shudra est donc, d'une façon tout à fait logique, destiné lui aussi à diriger le monde à l'ultime stade de cette phase descendante, tous comme ses coreligionnaires l'avaient précédemment fait. Tout notre propos est de démontrer que c'est effectivement devenu le cas.
 
III.
 
 
Le vaishya, s'il est incontestable qu'il s'est fait brahmane, n'en est pourtant pas un. Sa constitution, sa tournure d'esprit et son idéal sont totalement incompatibles avec la fonction éminente qu'il se proposait d'exercer. Il a réduit l'harmonie de l'univers et du monde à « la main invisible du marché ». Sa volonté exacerbée d'offrir un cadre parfait au commerce l'a conduit à ignorer toute morale transcendante et tout bon sens. Il a substitué aux règles naturelles les plus élémentaires un libéralisme débridé niant jusqu'aux réalités les plus triviales.

 

Pourtant, ce faisant, le vaishya, auto-proclamé « humaniste des lumières » (rien que ça !), se trompait de bonne foi. Toute la pensée moderne est portée par une volonté non feinte, bien qu'inopérante, de paix et de prospérité. De ce que l'on appelle le Progrès.
 
Et même si la pensée marchande, aussi bien dans ses composantes purement économiques, mais aussi culturelles et politiques, était inapte à tenir ses promesses (si l'on s'en tient bien évidemment à notre présupposé des castes, auquel il n'est nullement obligatoire d'adhérer), il était encore permis d'y croire jusqu'à un passé récent, que nous situerons à la fin des années 70. En effet, les avancées technologiques, les gains de productivité, la fin du communisme, la relative augmentation du niveau de vie dans les pays du nord ; tout cela pouvait laisser encore accroire - à celui qui refusait de voir les impasses qui se présentaient et les débâcles passées - à un avenir radieux (3).
 
L’émergence des problématiques environnementales, l'impossibilité d'assurer à l'humanité entière le standard de vie promis par la publicité, les conflits de plus en plus fréquents et sanguinaires, la chute de la conscience et de la morale, jusqu'au vacillement inquiétant du système économique lui-même depuis ce qu'il est convenu d'appeler la « crise » ne devrait plus laisser aucun doute dans un esprit sain : le modèle que l'on nous a légué n'est absolument pas viable.
 
Pire,en 60 ans de développement maximal, il menace, par sa matérialité maladive et sa puissance de guerre phénoménale, pas moins de détruire la terre.
 
Que dirait Adam Smith des subprime ? Que penserait Tocqueville de notre législation sociétale ? Qu'inspirerait à Locke un champs de soja aspergé de Round'up ? N'en doutons pas, les penseurs libéraux seraient très étonnés de voir les résultats pratiques de leurs réflexions quelques deux siècles après. Sade avait pris toute la mesure des conséquences de ce changement de paradigme. Dostoïevski dans un autre registre l'avait entrevu (4). Les deux ont fini embastillé pour cela. A l'instar de tant d'autres.
 
Il en ressort que les tenants du monde contemporain, les décideurs, diffèrent radicalement de leurs inspirateurs en ce qu'ils ne discutent plus le modèle actuel, ne feignent même plus la recherche d'un idéal, prenant leur idiosyncrasie pour un acquis indépassable qu'il convient d'appliquer coûte que coûte, jusqu'à la folie et la mort : ce sont des shudras.
 
De là un capitalisme débridé, débarrassé de toute « morale bourgeoise », avec le profit comme seul objectif. La figure du parvenu, celle d'un Rastignac, d'un Sorel ou d'un Brulard n'a plus aujourd'hui quoi que ce soit de romanesque, elle est celle de tout aspirant à l'emploi. L'époque est sans conscience. Où sont les intellectuels (au vrai sens du mot) qui affirment que notre monde est le fruit d'une erreur fondamentale ? Ils se comptent sur les doigts d'une main et n'occupe qu'une place marginale, souvent condamnés à errer dans les tréfonds du net ou à mourir de faim.
 
« Dieu se rit des hommes qui se plaignent des conséquences alors qu'ils en chérissent les causes. »
 
L'aspirant à la transcendance est probablement brahmane ; celui qui se désespère de toute l’absence d'esprit chevaleresque et de virilité est probablement un kshatriya, celui qui en dépit de tout entreprend est vaishya, celui qui pense vivre dans le meilleur des mondes (même s'il se peut qu'il souhaite le reformer à la marge, en adhérant à l'UMP ou au PS, ou en souhaitant « plus d’Europe ») est à n'en pas douter shudra, mais où est le guru qui nous le certifiera ?
Pour conclure, puisqu'il le faut bien, nous nous aventurerons à citer une phrase de Guénon :
 
« si les éléments sociaux les plus inférieurs accèdent au pouvoir d’une façon ou d’une autre, leur règne sera vraisemblablement le plus bref de tous, et il marquera la dernière place d’un certain cycle historique, puisqu’il n’est pas possible de descendre plus bas ; si même un tel événement n’a pas une portée plus générale, il est donc à supposer qu’il sera tout au moins, pour l’Occident,la fin de la période moderne. » (5)
 
Insh'Allah.
 
Raphaël M.
 
 
 
(1). Pour exemple : Emile Durkheim, Le régime des castes
(2). Ceci nous rappelle un célèbre Hadith : « Celui qui mange et qui pleure n'est pas égal à celui qui mange et qui rit »
(3). Ce que Fukuyama appelait « la fin de l'histoire »
(4). Que l'on songe seulement à la phrase culte de Dmitri dans les frères Karamazov : si Dieu n'existe plus, alors tout est permis.
(5). Autorité spirituelle pouvoir temporel Chap XII.

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15 réactions à cet article    


  • Gollum Gollum 5 septembre 2013 14:35

    Très bon texte une fois de plus. Le problème des castes avait été soulevé dans ce texte publié sur Avox en juillet dernier... Je renvoie ici à mes commentaires.


    On peut faire plusieurs remarques : l’omniprésence du nombre 4 qui se révèle comme le nombre de tout ensemble structuré. Comme l’a montré de façon abondante toute l’œuvre de Raymond Abellio.

    Les 4 castes doivent être placées sur une structure en croix dont un axe (Brahmane/Ksatrya) sera dit spirituel et considéré comme vertical, l’autre axe sera considéré comme matériel et horizontal.

    On notera ici que la plongée vers le Bas propre à l’âge de Kali s’est considérablement accru par la chute de l’ordre aristocratique en 1789.. Celui-ci étant couplé avec la caste sacerdotale de l’Église de Rome, elle-même profondément dégénérée, a fait que la branche verticale de notre croix ne pouvait plus s’opposer au matérialisme grandissant propre à l’axe horizontal..

    Ce fut donc la victoire de la Bourgeoisie avec tout le paradigme matérialiste qui va avec : Lumières (au pluriel encore une fois, ce qui est le propre des Ténèbres maquillées), pensée scientifique à présupposés matérialistes, rationalistes et mécanistes, envol du capitalisme.

    Celui-ci générera par réaction la révolte de la 4ème caste avec la survenue de l’idéologie marxiste et communiste et la naissance d’une Russie bolchévique en 1917 faisant face à son ennemi à l’Ouest. Notons ici que l’axe Est/Ouest peut lui-même être considéré comme un axe horizontal et « matérialiste ».. Il n’y a donc pas de hasard. Et ces deux entités partagent le même matérialisme sous-jacent même si celui de l’Ouest se cache sous un christianisme apparent..

    Cette croix des castes se trouve elle-même en relation avec la croix zodiacale des signes fixes qui forment la figure du Tétramorphe propre à la vision d’Ézéchiel et que l’on retrouve en permanence autour du Christ en Gloire sur toutes les cathédrales d’Occident..

    Il n’y a pas besoin de beaucoup d’explications pour comprendre que le signe du Lion correspond à la caste royale. Le signe d’en face, le Verseau, correspond de ce fait au sacerdotal..

    Le Scorpion, sous domination de Pluton, correspond à la Bourgeoisie, et le Taureau aux serviteurs que dans le contexte actuel on appellera plutôt les exploités. Ce n’est donc pas un hasard si Karl Marx, le prophète de la 4ème caste, fut natif du Taureau..

    A l’inverse le Scorpion génère la ploutocratie (terme qui provient précisément de Pluton, celui qui accumule les richesses)

    On peut dire que ce n’est pas un hasard si la crise de 1929 a commencé très précisément lors du passage du Soleil dans le signe du Scorpion.. Idem pour l’abandon du Glass-Steagall act sous Clinton qui eut lieu pendant le mois du Scorpion..

    Naturellement ce Tétramorphe correspond aussi aux 4 âges de la doctrine indienne : le Verseau correspond à l’âge d’Or, le Lion à l’âge d’Argent, le Scorpion à l’âge d’Airain, le Taureau à l’âge de Fer...

    Notons ici que nous avons vu dans l’Histoire de France, qui est une Histoire sacrée, le passage du sacerdotal au royal, notamment par la révolte de Philippe le Bel contre le sacerdotal et la chute de l’ordre du Temple (qui fut le Véritable ordre sacerdotal de l’Occident), puis du royal à la 3ème caste à la venue de la bourgeoisie en 1789 et enfin la venue de la 4ème caste en 1917, avec une victoire toujours plus courte en durée de chaque caste conformément à cette loi des 4 âges qui veut que le plus ténébreux dure le moins longtemps...

    • Raphaël M. Raphaël M. 5 septembre 2013 16:57

      Excellent commentaire, et merci de me faire partager votre érudition. Je ne suis pas un grand adepte du symbolisme zodiacal mais je vais totalement dans votre sens concernant le taureau, car j’entends cette interprétation pour la première fois et y voit beaucoup de correspondance avec mes propres expériences.

      Auriez-vous des infos sur le gémeau ? ;) c’est mon signe.

      Très intéressant la remarque sur le nombre 4 comme base de tout ensemble structuré, ce qui est d’ailleurs parfaitement logique.

      Cher Gollum, dès que le temps me le permet, je m’empresserais de lire vos articles.

      Nous avons parfaitement la même vision et le même découpage de la chute.

      Avez-vous un compte facebook ou un blog ?


      • Gollum Gollum 5 septembre 2013 18:22

        Auriez-vous des infos sur le gémeau ? ;) c’est mon signe.

        Cela ne va pas vous faire plaisir mais les Gémeaux sont le signe de la dualité. smiley

        Mais je suppose que dans votre thème se trouvent des éléments concourant à une recherche de l’Unité sinon vous n’écririez pas ce que vous écrivez.. smiley

        Très intéressant la remarque sur le nombre 4 comme base de tout ensemble structuré, ce qui est d’ailleurs parfaitement logique.

        Oui, on en trouve quelque chose chez Guénon d’ailleurs avec son ouvrage sur Le symbolisme de la Croix.

        Cher Gollum, dès que le temps me le permet, je m’empresserais de lire vos articles.

        Je n’ai écris que dans des revues spécialisées et pas ici sur Avox. Contactez moi par le mail suivant : barbillon suivi de l’incontournable @ et enfin neuf.fr

        Je me ferai un plaisir de vous faire parvenir mes textes en format PDF.

        Nous avons parfaitement la même vision et le même découpage de la chute.

        Oui smiley


        Avez-vous un compte facebook ou un blog ?


        J’ai un compte facebook mais je n’y mets plus les pieds, je suis allergique.. je préfère les mails..


      • rikiki 5 septembre 2013 19:57

        Merci beaucoup à l’auteur de l’article et au commentaire de Gollum.
        Je pense, et ne suis pas le seul, que le communisme ou socialisme, s’il combattait le capitalisme, il lui doit pourtant d’exister : Wall street finança la révolution bolchevique de 1917. Par la suite capitalisme et socialisme on co-existés, et même en se conditionnant l’un l’autre. Il existe certainement des instances occultes menant le monde et qui influencent à la fois la Russie et les États-Unis ; la première de ces instances étant probablement la finance internationale.
        Rejeter le socialisme et garder le capitalisme, c’est rejeter le fleuve et vouloir garder sa source.


        • Raphaël M. Raphaël M. 5 septembre 2013 20:38

          En effet, il est évident que capitalisme et communisme ne s’opposent en aucune façon. Ils seraient plutôt les 2 facettes de la même médaille de la modernité. Tout comme d’ailleurs ne doivent pas être opposés laïcards haineux et fondamentalistes, qui reproduisent exactement les mêmes schémas mentaux.


        • Bubble Bubble 5 septembre 2013 20:11

          Merci beaucoup pour cet article, très instructif pour moi qui n’y connait rien ; mais ça permet de faire pas mal de liens.

          Le fait d’élire un président comme « président normal » prend du sens sous cet éclairage. Il faut que je relise le meilleur des mondes, je ne me souviens plus comment Huxley caractérise ses catégories de populations (A,B,C) mais je crois qu’elles sont similaires à ces castes aussi, dans les profils des gens.

          • Raphaël M. Raphaël M. 5 septembre 2013 20:35

            Effectivement le lien avec Huxley pourrait être intéressant. Ce doit être un bel exemple de système de castes totalement perverti. Je me suis promis de le lire un jour et vous venez de me donner une nouvelle motivation.


          • Pillippe Stephan Uraniumk 6 septembre 2013 10:04

            pour aller plus loin (par approchedelaTradition)

            les castes 1/4
            les castes 2/4
            les castes 3/4
            les castes 4/4

            pour aller plus loin (René Guénon) lecture de livres
            La métaphysique orientale

            Un personnage
            miss Interlok et l’Ami suisse


            • Lancelot 8 septembre 2013 11:47

              Ne serait-il pas demandé à chaque être humain de retrouver son état primordial, lequel serait an-historique plutôt que proto-historique, réalisation qui viserait à accomplir en lui-même les quatre qualifications fort bien décrites dans cet article ?


              • Gollum Gollum 8 septembre 2013 15:30

                Tout à fait juste. 


                Le Tétramorphe que j’ai évoqué se retrouve en analogie avec les 4 vertus cardinales traditionnelles..

                A savoir : La Force ou courage correspond naturellement au signe du Lion. Le mot courage vient d’ailleurs du mot cœur, organe traditionnellement attribué au Soleil et au signe du Lion.

                La Justice correspond au signe du Verseau, celui du sacerdotal. Cette vertu contrebalance celle de la Force en parfaite complémentarité, comme il se doit de deux signes en face à face. La Force qui devient excessive devient tyrannique et la Justice permet d’y faire face par un contre-pouvoir.

                Notons ici que dans le Zohar la lettre צ, Tzadé correspond au Verseau et est l’initiale du mot צדק, Tzadiq, Justice, le Zohar ne cessant d’insister sur l’affinité entre cette lettre et cette vertu..

                Si la Royauté correspond au Lion et la Justice correspond au sacerdotal et donc au Verseau, notons ici que le nom du mythique מלכיצדק, Melkitzédeq, unit en lui les deux fonctions, royale et sacerdotale, exactement comme le Christ plus tard, qui est Prêtre et Roi, selon l’ordre de Melkitzédeq, nous dit encore la liturgie ecclésiale..

                La Tempérance correspond au Taureau puisque ce signe est celui des appétits charnels qu’il s’agit de maîtriser..

                Et la Prudence correspond au Scorpion puisque le signe du Scorpion est celui du Mal et qu’il s’agit ici d’être circonspect face aux forces obscures : bref comme le dit le proverbe : on ne dine avec le diable qu’avec une grande cuiller...

                L’équilibre entre ces 4 vertus entraine l’émergence d’un Centre, d’un pôle de Stabilité, qui n’est autre que le Soi.

                Ces 4 vertus se retrouvent dans le jeu de Tarot. L’une d’entre elles, la Prudence, sous forme cachée..

                On peut bien évidemment faire un parallèle avec la psychologie de Jung qui connaît 4 fonctions :

                - Sensation, correspond au Taureau

                - Intuition, correspond au Scorpion et est complémentaire de la Sensation.

                - Pensée, correspond au Lion : besoin de concepts clairs

                - Sentiment, correspond au Verseau : se sentir relié aux autres ou au cosmos par une participation qui passe par autre chose que le discours construit.

                L’équilibre de ces 4 fonctions assure là aussi l’émergence du Soi.

                Le déséquilibre est source de névrose et signe d’un non accomplissement de la personne. La fonction la moins utilisée se retrouve rejetée dans l’Ombre au sens de Jung et souvent projetée sur les personnes extérieures..

              • Castel Castel 9 septembre 2013 18:05

                La relation entre le scorpion et l’intuition ne me parait pas évidente. Beaucoup l’aurait assimilé au verseau.


              • Gollum Gollum 9 septembre 2013 19:11

                Bonjour Castel. Je comprends votre doute et votre choix. Toutefois il s’agit de procéder de façon logique ici. Si on part du plus évident et qui saute aux yeux, le Taureau qui correspond à la Sensation, avec son côté charnel, les deux pieds bien ancrés dans le monde réel, concret, le signe opposé ne peut que correspondre à la fonction opposée qui est bien l’Intuition..


                Le signe du Scorpion correspond à l’élément eau  qui est traditionnellement mis en correspondance avec l’intuitif, le féminin..



                On voit ici que les fonctions de perception correspondent aux signes froids, féminins, et les fonctions de jugement aux signes chauds, masculins..

                Les fonctions majeures correspondent aux signes secs et les fonctions mineures correspondent aux signes humides.

                Ce qui est tout à fait logique. Il est bien évident que l’intuition est une fonction humide tout comme le sentiment. Et que le sentiment est plus chaud que l’intuition. De ce fait les correspondances sont toutes trouvées et correspondent bien à celles proposées..

              • Castel Castel 10 septembre 2013 09:12

                Il me semble que les 4 vertus cardinales peuvent être assimilés, comme vous le faites Gollum, aux signes fixes, car se sont des qualités de concentration (Voir Rudhyar, l’astrologie de la personnalité). Par contre, les 4 fonctions Jungiennes me paraissent plus être des qualités de génération donc liés à des signes cardinaux.
                Je peux proposer ce système :
                La pensée > Bélier (premier signe)
                La sensation > Cancer
                Le sentiment > Balance
                L’intuition (lié à un but rationnel) > Capricorne


                • Gollum Gollum 10 septembre 2013 10:07

                  Bonjour Castel. Je connais très mal Rudhyar dont j’ai lu un seul livre, qui ne m’ayant pas convaincu, a fait que j’ai zappé les autres..


                  Je ne suis pas trop d’accord avec ce lien avec les cardinaux, mais je vous accorde que la Balance convient mieux au Sentiment que le Verseau, on reste dans l’élément Air, de même la Pensée conviendrait mieux à la Vierge, mais là on est dans l’élément Terre..

                  De fait le Tétramorphe peut être vu comme une analogie avec les 4 fonctions de Jung, sans être totalement en adéquation..

                  Une structure en croix plus abstraite (les 4 éléments par exemple) serait peut-être plus judicieuse..
                  , les 4 signes fixes étant des cas particuliers des éléments.. (en même temps les plus représentatifs quelque part puisque signes fixes..)

                • Mao-Tsé-Toung Mao-Tsé-Toung 11 février 2014 10:52

                  @ Raphaël M

                  ----------------------------------------------------------------

                  Je ne connais pas les intellectuels espagnols modernes !
                  Je crois qu’ils n’existent pas tout simplement !
                  Le ressenti de cet écrivain confirme mon point de vue !
                  S’il y en avait qu’un seul, il parlerait du scandale de la royauté espagnole comme exemple indépassable ...mais le problème décisif c’est que les intellectuels , de verdad , c. à d. non infestés par les universités,il y en a NULLE PART dans ce monde schizophrène !!

                  C’est pas Rajoy , Hollande , Obama ...le Pb c’est le MONOPOLE inqualifiable des Universités qui FORMATENT depuis le primaire la caste pseudo-intellectuelle qui mène aux subprimes entre autres !!!

                  Et la masse de tous les pays qui en résulte est totalement désarmée et croit ,dur comme fer ,que ce sont les êtres supérieurs de notre temps !

                  ...les subprimes, cette énormité qu’ils ont revendiquée, pourquoi après SEPT ANS on en sort pas ? la réponse est simple :
                  la schizophrénie de cette caste misérable !

                  la schizophrénie est une maladie redoutable dont les principaux responsables sont les PSYCHO-psychanalistes infiltrés depuis long dans les Universités !

                  ---------------------------------------------------------------------
                  Bonjour,
                  je viens d’arriver sur le site et vient de tomber sur votre article que j’apprécie particulièrement !
                  Je voudrais échanger oralement avec vous, avec ma caméra d’amateur , la votre si vous en avez une ou celle d’amis qui voudraient se joindre à nous !Je suis sur Paris !

                  Le commentaire qui précède , j’en ai écrit une quinzaine,
                  c’est seulement pour montrer ,dé qué pié cojéo un poco , et serait une bonne approche ,à ceci près que j’y apparais « MILITANT » alors que je ne le suis pas du tout !
                  Pour moi ,avec l’outil caméra , on doit souvent renoncer à l’écrit pour par exemple éviter ce type de malentendu !

                  A vous lire

                  AgoraVox peut , si ça se fait , vous donner mon mail

                  Évidemment si Agoravox voulait se joindre à nous,
                  pourquoi pas ?!

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