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Accueil du site > Actualités > Religions > Le pape, les cardinaux, les jésuites. Trois réponses au scandale

Le pape, les cardinaux, les jésuites. Trois réponses au scandale

L’axe majeur tracé par Benoît XVI. Les estocades de Schönborn et d’O’Malley contre Sodano. Le rôle de Bertone et du père Lombardi. Le combat de « La Civiltà Cattolica » contre la "culture de la pédophilie"

ROME, le 20 mai 2010 – La hiérarchie catholique réagit actuellement de trois manières au scandale des abus sexuels commis par des prêtres.

La première à l’initiative du pape. La seconde du fait de l’action de certains cardinaux. La troisième grâce aux jésuites savants de "La Civiltà Cattolica", revue qui est publiée avec l’imprimatur de la secrétairerie d’état du Vatican.

1. L’AXE MAJEUR

L’axe majeur est celui qui est tracé par le pape. L’Église – a dit Benoît XVI en diverses occasions, à partir de sa lettre du 19 mars aux catholiques d’Irlande – doit comprendre que ses plus grandes difficultés ne viennent pas de l’extérieur, mais des péchés qui sont commis en son sein. Son premier devoir est donc de faire pénitence, afin de s’ouvrir à la conversion et finalement à la grâce régénérante de Dieu.

C’est au moment de son pèlerinage à Fatima que le pape a demandé avec le plus de force que l’on emprunte cette voie. En effet le message des apparitions de Marie aux petits bergers se résume justement en ce mot : "Pénitence !". Et le pape théologien n’a pas craint, bien au contraire, de s’associer là à la piété populaire.

Mais même une fois rentré du Portugal à Rome, le pape Joseph Ratzinger a persisté à emprunter cette voie. Il l’a fait à travers un message et un salut.

Le message est celui qu’il a envoyé au Kirchentag, la kermesse œcuménique qui a réuni des catholiques et des protestants allemands à Munich du 12 au 16 mai. Le texte pontifical porte la date du 10 mai et il a été lu en ouverture de l’évènement. Mais comme il n’a guère retenu l’attention en Allemagne, la salle de presse du Vatican a pris soin de le distribuer aux médias du monde entier samedi 15 mai, l’original en allemand ayant été traduit en italien.

Ce message a visiblement été écrit par le pape lui-même. C’est une invitation à "être heureux au milieu de toutes les difficultés", parce que, s’il y a beaucoup d’ivraie dans l’Église, elle n’arrivera en tout cas pas à étouffer le bon grain. Et si dix justes auraient suffi à sauver Sodome du feu, "grâce à Dieu, il y a dans nos villes beaucoup plus de dix justes".

Le salut est celui que Benoît XVI a adressé, dimanche 16 mai à midi, après la récitation du "Regina Cæli", aux 200 000 fidèles qui remplissaient la place Saint Pietro et les rues voisines, accourus de toute l’Italie pour manifester leur soutien au pape (photo).

"Nous, chrétiens, nous n’avons pas peur du monde, même si nous devons nous garder de ses séductions", leur a dit Benoît XVI, parce que "le véritable ennemi à craindre et à combattre est le péché, le mal spirituel, qui parfois, malheureusement, souille aussi les membres de l’Église".

Les deux textes sont intégralement reproduits ci-dessous. Le premier, en particulier, est tout à fait important.

Il est certain que Benoît XVI reviendra sur le sujet les 10 et 11 juin prochains, lors de la veillée de prière et de la messe par lesquelles il va conclure l’Année Sacerdotale, qu’il a voulue précisément pour redonner de la force spirituelle au clergé.

2. L’AFFRONTEMENT AU SACRÉ COLLÈGE

Mais, tandis que le pape trace l’axe majeur, certains de ses cardinaux en tirent les conséquences au niveau du gouvernement de l’Église.

Les cardinaux qui se sont manifestés sont l’Autrichien Christoph Schönborn, archevêque de Vienne, et l’Américain Sean O’Malley, archevêque de Boston. Le premier à travers des déclarations publiées le 4 mai par l’agence Kathpress, le second dans une interview accordée le 14 mai à John L. Allen pour le "National Catholic Reporter".

L’un et l’autre ont attaqué durement le cardinal Angelo Sodano, secrétaire d’état de Jean-Paul II puis de Benoît XVI lui-même pendant sa première année de pontificat. Ils l’ont accusé d’avoir longtemps entravé le travail de nettoyage entrepris par celui qui était alors le cardinal Ratzinger en ce qui concerne des personnalités aussi importantes que Hans Hermann Gröer, archevêque de Vienne, et Marcial Maciel, fondateur des Légionnaires du Christ, tous les deux accusés d’abus sexuels et finalement, trop tard, reconnus coupables.

De plus, Schönborn et O’Malley ont reproché à Sodano d’avoir minimisé, en les qualifiant de "jacasseries", les accusations lancées par les médias contre l’Église en matière de pédophilie, faisant ainsi un "tort immense" aux victimes d’abus sexuels. Sodano s’est effectivement exprimé ainsi, dans le texte d’hommage lu par lui à Benoît XVI le jour de Pâques, au nom de tout le collège des cardinaux : texte d’hommage que le pape n’avait pas demandé et encore moins "mendié", a tenu à préciser le père Federico Lombardi, directeur de la salle de presse du Saint-Siège.

Ces accusations contre l’incompétent Sodano, par opposition au clairvoyant Ratzinger, jettent aussi une ombre sur le pontificat de Jean-Paul II, pendant lequel les abus sexuels au sein du clergé ont atteint un sommet, sans avoir été combattus efficacement.

Mais Schönborn et O’Malley ne vont pas jusque là. Le pape Karol Wojtyla, disent-ils, était trop vieux et malade pour prendre l’affaire en main. Ses collaborateurs "formaient un bouclier" autour de lui et ils croyaient à tort que l’affaire concernait l’Amérique, pas le reste du monde. L’opinion d’O’Malley, de Sodano et d’autres dirigeants de la curie est qu’ils agissaient ainsi "davantage par ignorance que par malignité".

C’est un fait que Sodano est aujourd’hui le doyen du collège des cardinaux, comme Ratzinger l’était à la mort de Wojtyla. Dans l’éventualité d’un conclave, ce serait donc lui qui présiderait à l’interrègne et les médias du monde entier le cloueraient implacablement au pilori, provoquant une catastrophe en termes d’image qui atteindrait l’Église tout entière. C’est aussi pour empêcher que cela n’arrive que deux cardinaux de premier plan comme Schönborn et O’Malley ont porté l’estocade. Ils veulent que Sodano quitte définitivement la scène, aussi tôt que possible.

Mais ce n’est pas tout. L’offensive des deux cardinaux trouve à la curie le soutien, de fait, du successeur de Sodano à la secrétairerie d’état, le cardinal Tarcisio Bertone.

Bertone était secrétaire de la congrégation pour la doctrine de la foi, aux côtés de Ratzinger, lorsque celui-ci était "entravé" par Sodano et ses alliés. Aujourd’hui, il montre qu’il veut arriver, lui aussi, à un règlement de comptes avec la vieille garde de la curie.

On s’en rend compte en voyant avec quelle sévérité Bertone est en train de mener l’opération de "nettoyage" des Légionnaires du Christ, la congrégation fondée par l’indigne Maciel, qui a été défendu et loué jusqu’au dernier moment non seulement par Sodano mais aussi par celui qui était alors le secrétaire personnel de Jean-Paul II, Stanislaw Dziwisz, et par d’autres dirigeants de la curie.

On l’a également vu à la manière dont, le 15 avril, Bertone a désavoué – par un communiqué tranchant de Lombardi, le porte-parole du Vatican – une lettre écrite en 2001 par le cardinal Darío Castrillón Hoyos, qui était alors préfet de la congrégation pour le clergé, afin de soutenir un évêque français condamné pour avoir refusé de dénoncer l’un de ses prêtres coupable de pédophilie.

Castrillón Hoyos s’est défendu en disant qu’il avait fait lire sa lettre à Jean-Paul II et qu’il avait obtenu l’approbation de celui-ci. Mais c’est un fait qu’un tel comportement n’est plus admis aujourd’hui. Dans l’avant-dernier numéro de "Civiltà Cattolica", la revue des jésuites, qui paraît après avoir été contrôlée par la secrétairerie d’état du Vatican, on cite comme exemples de bonne conduite les diocèses de Munich, de Cologne et de Bolzano, "où les évêques ont adopté une attitude que l’on pourrait appeler ’proactive’, c’est-à-dire de collaboration préventive avec les autorités civiles".

Et avec cet article de "La Civiltà Cattolica" nous arrivons à la troisième modalité de réaction au scandale de la pédophilie.

3. LE COMBAT CULTUREL

A vrai dire, il y a deux articles, qui figurent en ouverture des numéros du 1er mai et du 15 mai 2010 de la revue. Les auteurs, les pères jésuites Giovanni Cucci et Hans Zollner, enseignent la psychologie à l’Université Pontificale Grégorienne de Rome et ils traitent la question de la pédophilie sous l’angle psychologico-social.

Dans le premier des deux articles, les auteurs décrivent, sur la base de la littérature scientifique, les caractéristiques de la pédophilie, la personnalité des gens qui commettent de tels actes – souvent, étant enfants, ils ont eux-mêmes été victimes d’abus sexuels – et leur incidence sur le clergé catholique, en opposition très grave avec le profil moral et éducatif élevé qui devrait être la caractéristique de leur vocation.

Parmi les leçons qu’il faut tirer du scandale, les auteurs insistent sur l’importance de la préparation des candidats au sacerdoce, dont l’équilibre et la maturité doivent être sérieusement vérifiés.

Ils démentent qu’il y ait un lien de cause à effet entre le célibat e la pédophilie.

En ce qui concerne la demande de réduire à l’état laïc les prêtres coupables de pédophilie, ils constatent :

"Certes, cela peut aussi être une procédure juste, prévue par le code de droit canonique. Mais il n’est pas dit que ce soit ce qu’il y a de mieux pour les victimes potentielles, les enfants, ni pour le coupable lui-même, qui, souvent, revient dans la société sans faire l’objet d’aucun contrôle et, livré à lui-même, recommence à commettre des abus sexuels. C’est ce qui s’est passé dans le cas de James Porter, prêtre du diocèse de Fall River (Massachusetts) : une fois démis de ses fonctions, il n’a pas du tout été poursuivi par les autorités civiles, il s’est marié et, peu de temps après, il a été inculpé de harcèlement sexuel envers la baby-sitter de ses enfants".

Dans le second article, Cucci et Zollner dénoncent le "silence étrange" à ce sujet que l’on constate non seulement de la part de ceux qui interviennent dans le monde de l’éducation (parents, enseignants, etc.) mais surtout de la part de ceux qui seraient les plus qualifiés pour en parler en connaissance de cause : les psychologues, psychiatres, psychothérapeutes.

La littérature scientifique relative à cette question apparaît réticente et incertaine. Les plus grands dictionnaires et encyclopédies ne consacrent à la pédophilie que quelques lignes sur des milliers de pages. Et on constate la même chose pour l’éphébophilie. Le résultat, c’est que, dans le débat public, la compétence est remplacée par l’"ouï-dire". Ce qui alimente cette "panique morale" qui déforme les véritables dimensions du problème.

Cucci et Zollner remarquent que, dans une opinion publique aussi troublée, "on oscille entre la criminalisation et la libéralisation". Ils citent de nombreux cas où la pédophilie a été défendue au nom de la liberté sexuelle. Ils rappellent un document et un colloque dont c’était le but, réalisés par le parti radical italien, en 1998, au palais du sénat. Ils rappellent la constitution aux Pays-Bas, en 2006, d’un parti pro-pédophilie. Ils font remarquer que l’actuel ministre de la Justice du gouvernement fédéral allemand, Sabine Leutheusser-Schnarrenberger, qui figure aujourd’hui parmi ceux qui critiquent le plus sévèrement l’Église, faisait partie de la direction de l’Humanistische Union à l’époque où cette organisation se battait pour la libéralisation de tous les actes sexuels "consensuels", y compris avec des mineurs.

"Ces observations – concluent les deux auteurs – demanderaient la remise en question d’un contexte culturel plus vaste, souvent accepté sans esprit critique, qui approuve les transgressions et les perversions comme manifestations de liberté et de spontanéité". Pour que la pédophilie soit reconnue comme une perversion et combattue, "il faut qu’elle fasse l’objet d’une norme qui sera éthique et psychologique avant d’être juridique".

Le combat doit donc être également culturel. Un combat dans lequel l’Église du pape Benoît se trouve au premier rang.


MESSAGE AU KIRCHENTAG ŒCUMÉNIQUE DE MUNICH, 12-16 MAI 2010

Chers frères et sœurs dans le Christ,

De Rome, je salue tous ceux qui se sont réunis sur la Theresienwiese à Munich pour la célébration liturgique d’ouverture du second Kirchentag œcuménique. Je me rappelle avec plaisir les années que j’ai passées dans la belle capitale de la Bavière en tant qu’archevêque de Munich et Freysing. J’adresse donc un salut particulier à l’archevêque de Munich et Freysing, Reinhard Marx, ainsi qu’à l’évêque régional luthérien, Johannes Friedrich. Je salue tous les évêques d’Allemagne et de nombreux pays du monde et aussi, tout particulièrement, les représentants des autres Églises et communautés ecclésiales ainsi que tous les chrétiens qui participent à cet évènement œcuménique. Je salue aussi les représentants de la vie publique et tous ceux qui sont présents à travers la radio et la télévision. La paix du Seigneur ressuscité soit avec vous tous !

“Afin que vous ayez l’espérance” : c’est autour de ce thème que vous vous êtes réunis à Munich. En ces temps difficiles, vous voulez envoyer un signal d’espérance à l’Église et à la société. Je vous en suis très reconnaissant. En effet, notre monde a besoin d’espérance, notre temps a besoin d’espérance. Mais l’Église est-elle un lieu d’espérance ? Au cours des derniers mois, nous avons dû faire face, à maintes reprises, à des informations qui tendent à faire disparaître la joie dans l’Église, qui la cachent comme lieu d’espérance. Comme les serviteurs du propriétaire dans la parabole évangélique du royaume de Dieu, nous voulons, nous aussi, demander au Seigneur : “Seigneur, n’est-ce pas du bon grain que tu as semé dans ton champ ? D’où vient donc qu’il s’y trouve de l’ivraie ?” (Mt 13, 27).

Oui, par sa Parole et par le sacrifice de sa vie, le Seigneur a vraiment semé, dans le champ qu’est la terre, du bon grain qui a germé et qui germe. Nous ne devons pas penser seulement aux grandes figures lumineuses de l’histoire, à qui l’Église a reconnu le titre de “saints”, c’est-à-dire complètement imprégnés de Dieu, resplendissants à partir de Lui. Chacun de nous connaît aussi des gens ordinaires, dont aucun journal ne parle, qu’aucune chronique ne cite, et qui, à partir de la foi, ont mûri et sont parvenus à un haut niveau d’humanité et de bonté. Quand il a discuté passionnément avec Dieu pour que celui-ci épargne la ville de Sodome, Abraham a obtenu du Seigneur de l’univers l’assurance que, s’il y avait dix justes, il ne détruirait pas la ville (cf. Gen 18, 22-33). Grâce à Dieu, il y a dans nos villes beaucoup plus de dix justes ! Si aujourd’hui nous sommes un peu attentifs, si nous ne percevons pas seulement ce qui est obscur, mais aussi ce qui est clair et bon dans notre époque, nous voyons que la foi rend les hommes purs et généreux, qu’elle les forme à l’amour. Encore une fois : l’ivraie existe aussi dans l’Église et parmi ceux que le Seigneur a pris à son service de manière particulière. Mais la lumière de Dieu n’est pas affaiblie, le bon grain n’a pas été étouffé par la graine du mal.

“Afin que vous ayez l’espérance” : cette phrase veut avant tout nous inviter à ne pas perdre de vue le bien et les gens qui sont bons. Elle veut nous inviter à être bons nous-mêmes et à le redevenir sans cesse, elle veut nous inviter à discuter avec Dieu en faveur du monde, comme Abraham, en cherchant nous-mêmes, passionnément, à vivre de la justice de Dieu.

L’Église est-elle donc un lieu d’espérance ? Oui, puisque par elle la Parole de Dieu, qui nous purifie et nous montre le chemin de la foi, nous atteint sans cesse de nouveau. Elle l’est, puisqu’en elle le Seigneur continue à se donner à nous, dans la grâce des sacrements, dans la parole de la réconciliation, dans les multiples dons de sa consolation. Rien ne peut obscurcir ou détruire tout cela. Nous devrions en être heureux au milieu de toutes les difficultés. Si nous parlons de l’Église comme lieu de l’espérance venue de Dieu, alors cela implique en même temps un examen de conscience : qu’est-ce que je fais de l’espérance que le Seigneur nous a donnée ? Est-ce que je me laisse vraiment modeler par sa Parole ? Est-ce que je me laisse transformer et guérir par Lui ? Quelle quantité d’ivraie pousse en moi, en réalité ? Suis-je prêt à l’arracher ? Suis-je reconnaissant du don du pardon et prêt à pardonner et à guérir à mon tour, au lieu de condamner ?

Demandons-nous encore une fois : qu’est-ce vraiment que “l’espérance” ? Ce que l’on peut faire tout seul n’est pas objet d’espérance, c’est un devoir que l’on doit accomplir avec la force de sa raison, de sa volonté et de son cœur. Mais si nous réfléchissons à tout ce que nous pouvons et devons faire, nous constatons que nous ne pouvons pas faire ce qui est le plus grand, ce qui ne nous arrive que comme un don : l’amitié, l’amour, la joie, le bonheur.

Je voudrais faire remarquer encore une chose : nous voulons tous vivre, mais la vie non plus, nous ne pouvons pas nous la donner tout seuls. Or, aujourd’hui, presque personne ne parle encore de la vie éternelle, qui était autrefois le véritable objet de l’espérance. Comme on n’ose pas y croire, on a besoin d’espérer que l’on va tout obtenir de la vie présente. Si l’on met de côté l’espérance en la vie éternelle, on en arrive à désirer une vie ici et maintenant, qui devient presque inévitablement égoïste et qui, en fin de compte, reste irréalisable. C’est justement quand nous voulons nous approprier la vie comme une sorte de bien qu’elle nous échappe.

Mais revenons en arrière. Les grandes choses de la vie, nous ne pouvons pas les réaliser nous-mêmes, nous ne pouvons que les espérer. La bonne nouvelle de la foi consiste justement en ceci : Celui qui peut nous les donner existe. Nous ne sommes pas abandonnés. Dieu est vivant. Dieu nous aime. En Jésus-Christ il est devenu l’un de nous. Je peux me tourner vers lui et il m’écoute. Voilà pourquoi, dans la confusion de notre époque qui nous incite à croire à tant d’autres voies, nous lui disons comme Pierre : “Seigneur, à qui irons-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Nous croyons et nous savons que tu es le Saint de Dieu” (Jn 6, 68s).

Chers amis, je vous souhaite, à vous tous qui êtes réunis sur la Theresienwiese à Munich, d’être à nouveau bouleversés par la joie de pouvoir connaître Dieu, de connaître le Christ et d’être connus de Lui. Voilà notre espérance et notre joie au milieu de la confusion du temps présent.

Du Vatican, le 10 mai 2010

Benedictus PP. XVI


SALUT APRÈS LE "REGINA CÆLI" DU DIMANCHE 16 MAI 2010

Chers frères et sœurs,

Merci pour votre présence et votre confiance, merci ! Aujourd’hui, mon premier message de salut va aux fidèles laïcs venus de toute l’Italie et au cardinal Angelo Bagnasco qui les accompagne comme président de la Conférence épiscopale. Je vous remercie de tout cœur, chers frères et sœurs, pour votre présence importante et chaleureuse ! Répondant à l’invitation du Conseil national des associations de laïcs (Consulta Nazionale delle Aggregazioni Laicali), vous avez adhéré avec enthousiasme à cette manifestation de foi et de solidarité, belle et spontanée, à laquelle participe aussi un groupe important de parlementaires et d’administrateurs locaux. Je désire exprimer à tous ma vive reconnaissance. Je salue aussi les milliers d’immigrés qui nous regardent de la place San Giovanni, avec le cardinal vicaire Agostino Vallini, à l’occasion de la ‘Fête des Peuples’. Chers amis, vous montrez aujourd’hui la grande affection et la proximité profonde de l’Église et du peuple italien pour le pape et vos prêtres qui prennent chaque jour soin de vous pour que, dans un engagement de renouvellement spirituel et moral, nous puissions toujours mieux servir l’Eglise, le Peuple de Dieu et tous ceux qui s’adressent à nous avec confiance.

L’ennemi véritable à craindre et à combattre est le péché, le mal spirituel qui parfois, malheureusement, souille aussi les membres de l’Eglise. Nous vivons dans le monde - dit le Seigneur - mais nous ne sommes pas du monde (cf. Jn 17, 14), même si nous devons nous préserver de ses séductions. Nous devons au contraire craindre le péché et pour cela, être profondément enracinés en Dieu, solidaires dans le bien, dans l’amour, dans le service. C’est cela que l’Eglise, ses ministres, unis aux fidèles, ont fait et continuent de faire en s’engageant avec ferveur pour le bien spirituel et matériel des personnes dans le monde entier. C’est cela que vous faites habituellement dans les paroisses, dans les associations et dans les mouvements : servir Dieu et l’homme au nom du Christ. Poursuivons ensemble ce chemin avec confiance et que les épreuves que le Seigneur permet nous poussent à plus de radicalité et de cohérence. Il est beau de voir cette foule place Saint-Pierre, comme il a été émouvant pour moi de voir la foule immense qui, à Fatima, a prié à l’école de Marie pour la conversion des cœurs. Je renouvelle aujourd’hui cet appel, conforté par votre présence si nombreuse ! Merci !



La lettre de Benoît XVI aux catholiques d’Irlande

> "Vous devez en répondre devant Dieu"

Et les interventions ultérieures du pape à propos du scandale de la pédophilie :

> L’Église persécutée ? Oui, par les péchés de ses enfants

La revue des jésuites de Rome, publiée sous le contrôle de la secrétairerie d’état du Vatican :

> La Civiltà Cattolica

L’agence catholique autrichienne qui a repris et mis en évidence, le 4 mai 2010, des déclarations faites, le 28 avril précédent, par le cardinal Schönborn contre le cardinal Sodano :

> Kathpress

La dépêche du 4 mai a ensuite été retirée.

L’interview du 14 mai 2010 dans laquelle le cardinal O’Malley a lui aussi critiqué Sodano :

> O’Malley on the crisis


Le discours d’hommage du cardinal Sodano au pape, avant la messe de Pâques :

> "Padre Santo, è con Lei il popolo di Dio, che non si lascia impressionare dal ’chiacchiericcio’ del momento..."

Et l’interview qu’il a accordée à "L’Osservatore Romano" du 6-7 avril 2010 :

> Con la Chiesa a fianco del Papa

Le commentaire du père Federico Lombardi à propos du discours d’hommage du cardinal Sodano :

> "Benedetto XVI non aveva chiesto assolutamente nulla..."

Dans ce commentaire, le père Lombardi écrit notamment : "J’estime qu’il est de mon devoir d’expliquer clairement que Benoît XVI, même dans les moments difficiles, ne mendie pas et n’organise pas de manifestations de défense et de soutien pour soutenir sa sérénité spirituelle dans la foi et son autorité".

Du côté de la presse, le coup le plus dur qui ait été porté à l’image du cardinal Sodano, en raison de ses liens avec le fondateur des Légionnaires du Christ, l’a été par Jason Berry dans le "National Catholic Reporter" du 6 et du 12 avril 2010 :

> Money paved way for Maciel’s influence in the Vatican

> How Fr. Maciel built his empire

Suite à ces deux articles, Joseph Bottum, le directeur de "First Things" a également écrit de manière claire et nette, dans le dernier numéro de cette revue du catholicisme conservateur américain, que le cardinal Sodano "has to go" :

> The Cost of Father Maciel

A propos de la déclaration du Vatican, en date du 15 avril 2010, contre le cardinal Darío Castrillón Hoyos :

> Fuori uno. Il Vaticano sconfessa il cardinale Castrillón Hoyos

Et voici la reconstitution de l’affaire par Jason Berry dans le "National Catholic Reporter" du 22 avril 2010 :

> Vatican cardinal bucked US bishop on abuse

www.homelie.biz

 

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Le pape, les cardinaux, les jésuites. Trois réponses au scandale

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25 réactions à cet article    


  • jullien 24 mai 2010 11:59

     Ils citent de nombreux cas où la pédophilie a été défendue au nom de la liberté sexuelle. Ils rappellent un document et un colloque dont c’était le but, réalisés par le parti radical italien, en 1998, au palais du sénat. Ils rappellent la constitution aux Pays-Bas, en 2006, d’un parti pro-pédophilie. Ils font remarquer que l’actuel ministre de la Justice du gouvernement fédéral allemand, Sabine Leutheusser-Schnarrenberger, qui figure aujourd’hui parmi ceux qui critiquent le plus sévèrement l’Église, faisait partie de la direction de l’Humanistische Union à l’époque où cette organisation se battait pour la libéralisation de tous les actes sexuels « consensuels », y compris avec des mineurs.
    Qu’on me permette de signaler un autre tartuffe : Bernard Kouchner qui a récemment critiqué le Vatican apparemment sans voir la contradiction avec sa défense de Roman Polanski poursuivi par la justice US pour un acte qui aujourd’hui serait qualifié de pédophilie. Le pire c’est que plus rien ne semble étonner les Français.
    Quelqu’un qui n’est pas un fan de Benoit XVI.


    • domini canus domini canus 24 mai 2010 17:30

      Polanski ... et Frédéric Mitterand, mininstre de la « culture » de la France !


    • goc goc 24 mai 2010 12:32

      un journaliste demande à un jésuite :

      -c’est vrai que quand on vous pose une question, vous répondez par une autre question ??

      - qui vous a dit ça ??

       smiley


      • joelim joelim 24 mai 2010 13:19

        « Nous, chrétiens, nous n’avons pas peur du monde, même si nous devons nous garder de ses séductions », leur a dit Benoît XVI, parce que « le véritable ennemi à craindre et à combattre est le péché, le mal spirituel, qui parfois, malheureusement, souille aussi les membres de l’Église ».

        C’est bien le haut clergé çà.... Toujours prêt à pourfendre les pêchés des autres (en totale contradiction avec le message de Jésus qui est de pardonner les pêchés d’autrui).

        Et quand c’est la religion elle-même qui faute (la pédophilie, excusez du peu...), on dit que c’est « malheureux », tout en ayant caché pendant des décennies les crimes pédo-religieux, au détriment des victimes supplémentaires que ce comportement odieux a directement produit. Et aussi des victimes initiales qui ont vu leur drame nié, considéré comme nul et non avenu. Ce n’est plus la multiplication des petits pains mais la multiplication des horreurs...

        En conclusion, la religion n’a rien à voir avec le dieu d’amour que nous avait présenté Jésus. Ou alors elle confond « amour » et « attouchements ». Mais ce n’est pas la seule religion pédophile, les trois religions monothéistes les plus tristement célèbres le sont !

        Dernier conseil au Pape pour sortir des contradictions de son organisation : canoniser Polanski !...

        • Louise Louise 24 mai 2010 18:01

          « C’est bien le haut clergé çà.... Toujours prêt à pourfendre les pêchés des autres »... 

          - Précisément, le pape dit bien que le péché souille, parfois, les membres de l’Eglise. Avez-vous vraiment lu l’article ?

          Les membres des religions monothéistes ne sont pas plus pédophiles que l’ensemble de la population, et c’est encore heureux ! Pensez-vous que tous les pédopholes détenus dans les prisons sont des religieux ?


        • joelim joelim 24 mai 2010 23:47

          - Précisément, le pape dit bien que le péché souille, parfois, les membres de l’Eglise. Avez-vous vraiment lu l’article ?

          Si vous me lisiez mieux vous verriez que je commente uniquement la citation du Pape que j’ai collée. Si je reformule, elle dit que le mal en général il faut le combattre. Quant au mal fait par des représentants de l’Eglise, il dit que c’est malheureux. Sa phrase c’est un peu du genre : battons-nous contre le mal en général, quant à celui dont on est responsable contentons-nous de prier.

          Et pourquoi pas l’inverse ? Combattre le mal fait par l’Eglise, et trouver malheureux le mal en général ? En résumé commencer par soigner sa poutre avant de s’attaquer à la paille de son voisin ? Cela serait plus responsable et plus efficient. Mais vu la façon choquante avec laquelle le Pape a commencé à gérer cette crise, çà ne m’étonne pas. 

          Les membres des religions monothéistes ne sont pas plus pédophiles que l’ensemble de la population, et c’est encore heureux ! 

          Je n’ai pas dit çà, j’ai parlé des religions du livre. En me basant sur les faits, non sur des versets interprétables à l’infini. Pour les catholiques la pédophilie n’est qu’une conséquence de l’obligation du célibat (chez les juifs et les musulmans ce n’est absolument pas mieux, entre certaine coutume de « désinfection » de circoncisation à la bouche et le mariage de fillettes non consentantes). 

          L’obligation du célibat peut être vue comme une façon pour l’Eglise de se croire plus fort que dieu, qui a mis en nous une pulsion biologique que certains peuvent contrôler voire sublimer mais en faire une obligation gâche tout, puisqu’il faut bien constater que tous les responsables du culte n’y parviennent pas. Et cela dans une proportion supérieure à la moyenne, c’est évident : ne serait-ce que par la proximité avec les jeunes qu’implique le métier. Et le célibat n’aurait aucune espèce d’importance ? C’est grotesque.

          Pensez-vous que tous les pédopholes détenus dans les prisons sont des religieux ?

          Ce n’est pas parce qu’il existe des pédophiles non religieux (évidemment, quelle question) qu’il n’existe pas un problème spécifique au catholicisme. En plus on peut répondre que s’il n’y a pas (ou peu) de pédophiles ministres du culte en prison, c’est dû aux nombreux scandales de dissimulation et de mutation des nombreux prêtres fautifs ! Avec les inévitables drames de nouveaux viols, et d’injustice vis-à-vis des premières victimes sur lesquelles on a appliqué un innommable non-dit. Mais cette partie de mon post précédent vous a moins intéressé apparemment.

        • joelim joelim 25 mai 2010 00:09

          Ah mais c’est vrai, il faut se pâmer : le Pape a enfin dit officiellement qu’il y avait parfois du mal au sein de l’église... Quel homme de bien ! Quand on sait sa responsabilité dans l’omerta qui fût longtemps la seule réponse à ces déviances criminelles aggravées par la répétition (et oui en prison peu de pédophiles ont d’aussi « beaux tableaux de chasse » que certains des prêtres incriminés dont les victimes se comptent par dizaines).

          Je n’attaque pas la spiritualité, le vrai bien (et pas son apparence), l’amour des autres, l’humilité et autres leçons de vie prônées notamment par Jésus. Mais l’hypocrisie çà suffit, la religion en tant qu’organisation administrative a échoué à ne serait-ce qu’à suivre les préceptes de dieu. Ce n’est pas que les religieux soientt mauvais, mais que la structure centralisée du culte religieux ne tient pas la route. La chair est faible, ne pas le reconnaître pour son organisation est un péché d’arrogance, qui j’en ai bien peur préfère avoir un « pourcentage de pertes » (comme à l’armée) que d’adapter le dogme catholique à la réalité vraie.

        • domini canus domini canus 25 mai 2010 00:53

          Voir mes réponses à Nho et à Jojo


        • Jojo 24 mai 2010 13:28

          Le célibat n’est peut être pas la cause mais c’est en tout cas un facteur aggravant mon père


          • Jojo 24 mai 2010 13:30

            Désolé com tronqué, je reprends :

            Le célibat n’est peut être pas la cause mais c’est en tout cas un facteur aggravant mon père. Alors si c’était une exigence divine je comprendrais, mais ça ne l’est pas.

            Sinon excellent article j’ai beaucoup appris merci. 


          • domini canus domini canus 24 mai 2010 17:19

            Pouvez-vous étayer votre opinion, s’il vous plaît ? Moi, je ne vois pas d’autres raisons de le dire que des a priori. Merci de votre commentaire.


          • Jojo 24 mai 2010 20:00

            Avec plaisir mon père, pour des raisons qui me semblent à moi, évidentes.

            Appelons le « Il » s’il vous plait pour n’indisposer personne

            1. Je ne conçois pas qu’il ait fait le choix de me créer mi-âme mi terre avec ce que ces deux composantes induisent comme besoins très différents les uns des autres il est vrai, sans m’offrir en même temps un moyen licite et ne nuisant à personne (surtout pas à moi), de répondre aux dits besoins.

            Or les époux ont besoin l’un de l’autre, bien sûr pour s’épanouir physiquement mais surtout pour leurs équilibres personnels et leurs auto-constructions tout le long des années.

            Célibataire je lisais et relisais un texte dans lequel il disait avoir créé des liens très particuliers entre époux, la formulation du texte en question était très claire et j’arrivais donc à comprendre sans difficultés, c’est du moins ce qu’il me semblait car ce n’est que bien plus tard (je ne me suis pas marié jeune), en réfléchissant à ce que je ressentais pour mon épouse que j’ai vraiment compris de quoi il parlait. Ce sentiment dans son origine n’a tout simplement rien d’humain mais là n’est pas la question, c’est l’apport de ce sentiment « donné » et « reçu » à chaque individu qui compte.

            2. Je ne conçois pas que celui qui peut tout et qui s’il avait voulu, aurait créé des hommes sans besoins physiques, sans besoins d’âme sœur, sans besoins d’affection, sans besoins tout court ait pu nous créer comme ça et nous demander d’aller à l’encontre de ce que nous sommes.

            3. Toujours dans l’individuel, il y a l’exposition à tous les vents et puis il y a la protection derrière des paravents fabriqués chez le bon faiseur… La parabole utilisée et qui est très parlante à mon sens est « habit », vous êtes leurs habits et elles sont vos habits…

            Et même un bouclier je dirais

            4. De l’individu à la cellule début du socle familial, le croyant que vous êtes comprendra également parfaitement ceci : « Le loup ne s’attaque qu’aux brebis (non pas égarées, quoique), mais surtout seules » et quand je dis loup vous aurez parfaitement compris  à qui je fais allusion, diviseur est une de ses tâches les plus prenantes.

            5. Plus dans le théologique maintenant, avant le concile d’Elvire et même bien avant Jésus il y a eu des personnes comme Abraham et tant d’autres, n’est-il pas un peu prétentieux même lorsque la sincérité est présente que de penser faire mieux qu’Abraham et arriver à être encore plus proche qu’il ne l’était juste en faisant le vœu de s’interdire ce qu’il ne s’est pas interdit, prendre femme ? Abraham était-il un impur indigne d’officier dans une église ?

             

            Sur ce terrain, il y aurait tant à dire mais je ne veux pas m’écarter de votre question alors je résume :

            Le célibataire volontaire va à l’encontre de ce qu’il est, se fragilise au point de se précariser et s’attribue (je n’ai aucune raison de douter de la sincérité des prêtres), des capacités et une foi qui ne sont pas toujours présentes. Ce faisant, il se met en danger et il peut mettre d’autres que lui en danger ce qui est autrement plus grave. Cordialement 


          • Nho 24 mai 2010 20:30

            2. Je ne conçois pas que celui qui peut tout et qui s’il avait voulu, aurait créé des hommes sans besoins physiques, sans besoins d’âme sœur, sans besoins d’affection, sans besoins tout court ait pu nous créer comme ça et nous demander d’aller à l’encontre de ce que nous sommes.

            Nous le demande t-il ?

            Je ne suis pas croyant, et pourtant j’ai fait plusieurs fois l’expérience du jeûne ou du « vœux » de silence ou de l’abstinence sexuelle. Le but de ces pratiques est à mon avis des plus simples : s’arrêter pour considérer les choses différemment. Dieu m’a donné la parole et la liberté de ne pas en user. Et lorsque je cesse d’en user, que je sors du brouhaha mental, je me sens plus près de Dieu, et peut-être le suis-je.

            Vos propos sont un brin réducteurs Jojo :)


          • domini canus domini canus 24 mai 2010 20:52

            Hier, c’était la Pentecôte. Même le monde admire les personnalités « charismatiques ». Quoi de plus charismatique que le célibat consacré, qui, assurément, dépasse l’horizon des considérations humaines que vous évoquez dans votre réponse à ma question, mais qui justement pour cette raison, n’est envisageable que dans la foi, l’espérance et la charité chrétiennes, et qui, par conséquent n’est envisageable que dans un dépassement ?
            Merci de lire cette homélie pour des ordinations diaconales dans le diocèse de Nanterre.

            Toutes vos objections s’écrasent devant un fait : Jésus, vrai Dieu ET vrai homme, ne s’est jamais marié. Il est resté célibataire. Je pense que vous ne m’objecterez pas que, s’il avait vécu plus longtemps, il aurait pu se marier « sur le tard »...

            Jésus lui-même a fait comprendre quelle valeur il attribuait à l’engagement dans la voie du célibat. Selon saint Matthieu, Jésus fait l’éloge du célibat volontaire tout de suite après sa déclaration sur l’indissolubilité du mariage. Comme Jésus a interdit au mari de répudier sa femme, les disciples réagissent : « Si telle est la condition de l’homme par rapport à la femme, il vaut mieux ne pas se marier ». Jésus répond, en donnant au « il vaut mieux ne pas se marier » une signification plus haute : « Ce n’est pas tout le monde qui peut comprendre cette parole, mais ceux à qui Dieu l’a révélée. Il y a des gens qui ne se marient pas car, de naissance, ils en sont incapables ; il y en a qui ne peuvent pas se marier car ils ont été mutilés par les hommes ; il y en a qui ont choisi de ne pas se marier à cause du Royaume des Cieux. Celui qui peut comprendre, qu’il comprenne ! » (Mt 19, 10-12).

            Cela ne veut pas dire que l’on jette une ombre sur l’état matrimonial. Il faut au contraire se rappeler ce qu’affirme le Catéchisme de l’Église catholique : « Les deux, le sacrement du mariage et la virginité pour le Royaume de Dieu, viennent du Seigneur lui-même. C’est Lui qui leur donne sens et leur accorde la grâce indispensable pour les vivre conformément à sa volonté. L’estime de la virginité pour le Royaume et le sens chrétien du mariage sont inséparables et se favorisent mutuellement » (n. 1620 ; cf. Exhort. apostol. Redemptionis donum, 11). Le Concile Vatican II attire l’attention sur le fait que l’acceptation et l’observance du conseil évangélique de la virginité et du célibat consacrés demandent « une maturité psychologique et affective convenable » (PC, 12). Cette maturité est indispensable. En ce qui concerne le célibat consacré, les conditions pour marcher fidèlement à la suite du Christ, sont donc : la confiance dans l’amour divin et son invocation, stimulée par la conscience de la faiblesse humaine ; un comportement prudent et humble ; et, surtout, une vie d’union intense au Christ. Ce dernier point - qui est la clef de toute la vie consacrée - est le secret de la fidélité au Christ comme Époux unique de l’âme, unique raison de vivre.


          • Jojo 24 mai 2010 21:15

            Peut être, ce n’était pas mon intention en tous cas. Ce qui est sûr c’est que vous avez beaucoup de sagesse s’arrêter pour considérer les choses différemment n’est pas à la portée du premier venu. Un soufi disait même qu’une heure de réflexion valait beaucoup plus qu’une nuit entière à prier.

             

            Cela dit, dans ce qui nous préoccupe il ne s’agit pas de s’arrêter un moment pour voir les choses différemment mais de s’interdire à vie le mariage. La nuance est de taille.

             

            Je peux passer une semaine sans autre nourriture qu’un peu de pain sans avoir à craindre grand-chose pour ma santé, mais si je décide un beau jour que les laitages tous les laitages, ne sont pas ma tasse de thé (passez moi l’expression) et que je finisse par faire de l’ostéoporose, je ne pourrai en vouloir qu’à moi-même et je comprendrai un peu tard que j’ai été fait avec notamment ce besoin là.

             

            Sur ce mauvais exemple en particulier, une revue ou un site médical aurait pu me l’apprendre … du moins de nos jours, mais il y avait aussi une autre démarche possible je m’explique :

             

            Dans une relation où croire est central, il parait normal qu’une grande part du mérite vient du fait qu’on n’ait rien vu de ses yeux vus. Si on pouvait voir des anges dans la rue, une part importante du dit mérite à croire en le reste tomberait.

            A l’inverse dans une logique de foi si elle est entière non seulement on croit sans avoir vu mais en plus, on fait confiance a celui qui est (ou qui est censé être je vous l’accorde)

            ·  Donner aux autres en étant convaincu que ça n’est pas perdu fait partie de cette confiance et n’est pas évident pour tous,

            ·  Se demander ce que font les laitages et la vache qu’il y a derrière dans cette … construction d’une incroyable perfection aussi, mais c’est effectivement réservé à ceux qui réfléchissent

            ·  alors restera pour Mr Tout le monde la possibilité ou pas c’est lui qui voit, de faire confiance lorsqu’il lira « ne t’interdis rien de ce que moi j’ai rendu licite »

            ·  De faire confiance lorsqu’il saura que rien de ce qu’il peut interdire n’est bénéfique et que rien de ce qu’il peut autoriser ne peut vous faire de mal

            Pas sûr que tous les prêtres catholiques conçoivent leur foi en s’autorisant ce genre de réflexions qu’ils n’auront par ailleurs aucun mal à avaliser sur le principe...


            Pas sûr que tous les prêtres catholiques en soient à se demander si le célibat est la volonté de Dieu ou celle de simples mortels bien que la réponse historique saute aux yeux. Pas sûr que tous les prêtres catholiques aient confiance en l’omniscience de l’omniscient au moins (pardon je ne veux blesser personne) autant qu’ils ont confiance en certains de leurs guides, tel est mon propos.

             

            Bien sûr qu’il y a parmi eux des gens de grande piété et sur lesquels le célibat n’induira rien de négatif, mais dans l’institution qui est la leur, il est question d’une règle valable pour tous ?!


          • Jojo 24 mai 2010 21:27

            Ma réponse ci-haut s’adressait à Nho,

            Après avoir lu votre réponse à vous je ne suis pas sûr qu’il soit utile de continuer car nous n’irions pas très loin, si vous commencez à me citer l’évangile comme argument choc et impossible à réfuter. Car ça je sais aussi faire et vous demander par exemple comment se fait-il que dans l’évangile de Jean Jésus annonce à plusieurs reprises un paraclet en lui attribuant entre autres avec les racines acouo et laleo les facultés d’entendre et de parler et que vous persistiez à Rome et ailleurs à y voir autre chose que l’annonce de la venue d’un autre homme d’un autre prophète. 

            Allez bonne soirée. 


          • Wàng 28 mai 2010 10:53

            En ce qui concerne le célibat consacré, les conditions pour marcher fidèlement à la suite du Christ, sont donc : la confiance dans l’amour divin et son invocation, stimulée par la conscience de la faiblesse humaine ; un comportement prudent et humble ; et, surtout, une vie d’union intense au Christ. Ce dernier point - qui est la clef de toute la vie consacrée - est le secret de la fidélité au Christ comme Époux unique de l’âme, unique raison de vivre.

            Excellent mise au point mon père. Le célibat doit être porté par la grâce, il n’a aucun sens si on le coupe de cette source, or le problème des prêtres pédophiles est largement dû à un mauvais discernement des vocations, lié à une époque et à une théologie horizontale (la récupération du Concile par le parti du progrès), identifiant le sacerdoce à une fonction d’animateur social et de lutte contre la pauvreté matérielle (construire le royaume de Dieu sur terre, en oubliant le ciel).

            Le problème avec certaines orientations sexuelles (la pédophilie mais pas seulement), c’est que passé l’adolescence, s’il n’y a pas eu un minimum de lutte, il est presque impossible humainement parlant d’acquérir l’habitus de pureté (sans parler de la grâce). On ne guérit pas de la pédophilie. C’est trop enraciné, d’où l’importance d’un discernement réaliste des vocations (qui peut être injuste pour certaines personnes).


          • Nho 24 mai 2010 17:02

            "Ces observations – concluent les deux auteurs – demanderaient la remise en question d’un contexte culturel plus vaste, souvent accepté sans esprit critique, qui approuve les transgressions et les perversions comme manifestations de liberté et de spontanéité". Pour que la pédophilie soit reconnue comme une perversion et combattue, "il faut qu’elle fasse l’objet d’une norme qui sera éthique et psychologique avant d’être juridique".

            Il me semble qu’en plus de ce contexte culturel, il faut prendre en considération les enjeux politiques et/ou idéologiques associés à des cas particuliers et servis par nos bien-aimés médias. Comment peut-on voir deux cas traités simultanément avec une approche radicalement différente du délit (crime ?) sans que personne (ou presque) ne dénonce ce deux poids deux mesures ? Je veux parler bien sur des cas de pédophilie (et éphèbophilie - merci d’enrichir mon vocabulaire mon père) au sein de l’Église catholique et de l’affaire Polanski. Alors que d’un côté on va jusqu’à parler de crime contre l’humanité (corrigez moi si ma mémoire défaille), de l’autre on n’a de cesse d’inverser bourreau et victime.

            Merci pour cet article


            • domini canus domini canus 24 mai 2010 17:29

              Si, au moins, les médias avaient le souci de prendre la défense des victimes... Mais ils s’en fichent pas mal. Sinon ils dénonceraient aussi les cas de pédophilie et d’éphébophilie dans les autres confessions chrétiennes (il y en a davantage chez les pasteurs protestants, mariés pour la plupart) et dans le milieu de l’éducation (les professeurs) et du sport (les entraîneurs). Quant à Polanski, c’est un « artiste ». Alors il peut se permettre ...

              Et que dire de l’avortement, plus grave, à mon sens, que la pédophilie, mais parfaitement légal dans la plupart des pays dits civilisés ?

              Ne disons pas cela pour dédouaner les prêtres pédo- et éphébophiles, mais si l’Eglise catholique est ainsi purifiée dans la douleur, qu’en sera-t-il de la société dans son ensemble le moment venu, qui viendra tôt ou tard ? Seigneur, prends pitié !


            • Louise Louise 24 mai 2010 18:04

              Merci Domini canis (!) pour cet excellent article ! Je l’avais lu sur votre blog, et je pensais justement qu’il aurait bien sa place ici.


              • domini canus domini canus 24 mai 2010 21:24

                domini canus = chien du Seigneur


              • Ornithorynque Ornithorynque 24 mai 2010 20:49

                Un vrai article de journaliste !!!
                Avec une enquête approfondie, notamment sur les questions de pouvoir au sommet de l’église, et une recherche documentaire passionnante.

                Le problème c’est que la polémique que nous aimons tant est difficile à lancer après un tel dossier...

                donc vous aurez peu de commentaires.

                 Mais c’est que cette qualité impose le silence.
                Alors je me tais !

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