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Accueil du site > Actualités > Religions > Le pape « repense » le célibat du clergé. Pour le renforcer

Le pape « repense » le célibat du clergé. Pour le renforcer

C’est, dit-il, le signe que Dieu existe et qu’il y a des gens qui se laissent gagner par la passion pour lui. C’est pour cette raison que ce célibat constitue un grand scandale et que l’on veut le faire disparaître. La transcription intégrale de la dernière intervention de Benoît XVI à ce sujet. Et d’un étonnant discours antérieur, qu’il avait prononcé en 2006.

ROME, le 15 juin 2010 – Benoît XVI a répondu à ceux qui s’attendaient à une "relecture" de la règle du célibat du clergé latin. Mais à sa façon.

Le soir du jeudi 10 juin, sur la place Saint-Pierre, au cours de la veillée de clôture de l’Année Sacerdotale, le pape Joseph Ratzinger, répondant à cinq questions posées par autant de prêtres venus des cinq continents, a consacré l’une de ses réponses à expliquer la signification de la chasteté des prêtres. Il l’a fait sous une forme originale, en s’éloignant de la littérature historique, théologique et spirituelle courante.

La transcription intégrale et authentifiée de la réponse du pape, diffusée par le Vatican deux jours plus tard et reproduite ci-dessous, permet de comprendre en profondeur son raisonnement.

Le célibat – a dit le pape – est une anticipation "du monde de la résurrection". Il est le signe "que Dieu existe, que Dieu a quelque chose à voir avec ma vie, que je peux fonder ma vie sur le Christ, sur la vie future".

C’est pourquoi – a-t-il également dit – le célibat "est un grand scandale". Pas seulement pour le monde d’aujourd’hui "dans lequel Dieu n’a rien à voir". Mais pour la chrétienté elle-même, dans laquelle "on ne pense plus à l’avenir de Dieu et dans laquelle le présent de ce monde paraît suffisant à lui seul".

***

Cela suffit à faire comprendre que ce qui constitue un fondement de ce pontificat, ce n’est pas le relâchement du célibat du clergé, mais son renforcement. En liaison étroite avec ce que Benoît XVI a plusieurs fois indiqué comme étant la "priorité" de sa mission :


"À notre époque où, dans de vastes régions de la terre, la foi risque de s’éteindre comme une flamme qui ne trouve plus à s’alimenter, la priorité qui prédomine est de rendre Dieu présent dans ce monde et d’ouvrir aux hommes l’accès à Dieu. Non pas à un dieu quelconque, mais à ce Dieu qui a parlé sur le Sinaï ; à ce Dieu dont nous reconnaissons le visage [...] en Jésus Christ crucifié et ressuscité".

Le pape affirmait cela dans sa mémorable lettre ouverte aux évêques du monde entier, écrite le 10 mars 2009.

Mais encore auparavant, il y avait eu un autre discours important dans lequel Benoît XVI avait explicitement lié le célibat du clergé à la "priorité" qui est de conduire les hommes vers Dieu, et il avait expliqué le motif de ce lien.

Ce discours est celui qu’il avait adressé à la curie romaine le 22 décembre 2006 et dans lequel il commentait les voyages qu’il avait faits hors d’Italie cette année-là.

À propos de son voyage en Allemagne, trois mois plus tôt, celui du célèbre discours de Ratisbonne, le pape commençait ainsi :

"Le grand thème de mon voyage en Allemagne était Dieu. L’Église doit parler de tant de choses : de toutes les questions liées à l’être qu’est l’homme, de sa propre structure et sa propre organisation et ainsi de suite. Mais son véritable et - sous certains aspects - unique thème est ’Dieu’. Et le grand problème de l’Occident est l’oubli de Dieu : c’est un oubli qui se répand. En définitive, chaque problème particulier peut être ramené à cette question, j’en suis convaincu. C’est pourquoi, au cours de ce voyage, mon intention principale était de bien mettre en lumière le thème de ’Dieu’, me rappelant aussi du fait que dans certaines parties de l’Allemagne vit une majorité de non-baptisés, pour qui le christianisme et le Dieu de la foi semblent des choses qui appartiennent au passé.

"En parlant de Dieu, nous abordons aussi précisément le thème qui, dans la prédication terrestre de Jésus, constituait son intérêt central. Le thème fondamental de cette prédication est le règne de Dieu, le ’Royaume de Dieu’. Ce qui est exprimé à travers cela, ce n’est pas quelque chose qui viendra un jour ou l’autre, dans un avenir indéfini. Ce n’est pas non plus le monde meilleur que nous cherchons à créer pas à pas, avec nos forces. Dans le terme ’Règne de Dieu’ le mot ’Dieu’ est un génitif subjectif. Cela signifie que Dieu n’est pas un ajout au ’Royaume’ que l’on pourrait peut-être même laisser de côté. Dieu est le sujet. Royaume de Dieu signifie en réalité : Dieu règne. Il est lui-même présent et il est déterminant pour les hommes dans le monde. Il est le sujet et, là où ce sujet manque, il ne reste rien du message de Jésus. C’est pourquoi Jésus nous dit que le Royaume de Dieu ne vient pas de façon à ce que l’on puisse, pour ainsi dire, se mettre sur le côté de la route et observer son arrivée. ’Il est au milieu de vous !’ (cf. Lc 17, 20 sq.). Il se développe là où est réalisée la volonté divine. Il est présent là où se trouvent des personnes qui s’ouvrent à sa venue et qui laissent ainsi entrer Dieu dans le monde. C’est pourquoi Jésus est le Royaume de Dieu en personne : l’homme dans lequel Dieu est parmi nous et à travers lequel nous pouvons toucher Dieu, nous approcher de Dieu. Là où cela se produit, le monde est sauvé".

Ayant dit cela, Benoît XVI continuait en liant à la question de Dieu justement celle du sacerdoce et du célibat sacerdotal :

"Paul appelle Timothée - et à travers lui l’évêque et en général le prêtre - ’homme de Dieu’ (1 Tm 6, 11). Tel est le devoir central du prêtre : apporter Dieu aux hommes. Certes, il ne peut le faire que s’il vient lui-même de Dieu, s’il vit avec et de Dieu. Cela est exprimé de façon merveilleuse dans un verset d’un psaume sacerdotal que nous - l’ancienne génération - avons prononcé lors de notre admission à l’état clérical : ’Seigneur, mon partage et ma coupe : de toi dépend mon sort’ (Ps 16 [15], 5). L’orant-prêtre de ce psaume interprète son existence à partir de la forme de la distribution du territoire établie dans le Deutéronome (cf. 10, 9). Après la prise de possession de la Terre, chaque tribu obtient par tirage au sort sa portion de la Terre sainte et prend ainsi part au don promis par le chef de lignée, Abraham. Seule la tribu de Lévi ne reçoit aucun terrain : sa terre, c’est Dieu lui-même. Cette affirmation avait certainement une signification tout à fait pratique. Les prêtres ne vivaient pas, comme les autres tribus, de la culture de la terre, mais des offrandes. Toutefois, l’affirmation va plus loin. Le véritable fondement de la vie du prêtre, le sol de son existence, la terre de sa vie, c’est Dieu lui-même. Dans cette interprétation de la vie sacerdotale par l’Ancien Testament - interprétation qui apparaît également à plusieurs reprises dans le psaume 118 [119] - l’Église a vu à juste titre l’explication de ce que signifie la mission sacerdotale à la suite des Apôtres, dans la communion avec Jésus lui-même. Aujourd’hui le prêtre peut et doit également dire avec le Lévite : ’Dominus pars hereditatis meae et calicis mei’. Dieu lui-même est ma part de terre, le fondement extérieur et intérieur de mon existence. Ce théocentrisme de l’existence sacerdotale est nécessaire précisément dans notre monde totalement fonctionnel, dans lequel tout est fondé sur des prestations qui peuvent être calculées et vérifiées. Le prêtre doit véritablement connaître Dieu de l’intérieur et l’apporter ainsi aux hommes : tel est le service prioritaire dont l’humanité a besoin aujourd’hui. Si, dans une vie sacerdotale, on perd cet aspect central de Dieu, le zèle pour l’action disparaît peu à peu. Dans l’excès des choses extérieures, il manque le centre qui donne un sens à tout et qui le reconduit à l’unité. Il y manque le fondement de la vie, la ’terre’ sur laquelle tout cela peut demeurer et prospérer.

"Le célibat - qui vaut pour les évêques dans toute l’Eglise orientale et occidentale, et, selon une tradition qui remonte à une époque proche de celle des Apôtres, pour les prêtres en général dans l’Eglise latine - ne peut être compris et vécu, en définitive, que sur la base de ce fondement. Les raisons uniquement pragmatiques, la référence à la plus grande disponibilité, ne suffisent pas. Cette plus grande disponibilité de temps pourrait facilement devenir aussi une forme d’égoïsme, qui s’épargne les sacrifices et les difficultés découlant de l’exigence de s’accepter et de se supporter réciproquement contenue dans le mariage ; elle pourrait ainsi conduire à un appauvrissement spirituel ou à une dureté de cœur. Le véritable fondement du célibat ne peut être contenu que dans la phrase : ’Dominus pars’ - Tu es ma terre. Il ne peut être que théocentrique. Il ne peut signifier être privés d’amour, mais il doit signifier se laisser gagner par la passion pour Dieu et apprendre ensuite, grâce à une présence plus intime à ses côtés, à servir également les hommes.

"Le célibat doit être un témoignage de foi : la foi en Dieu devient concrète dans cette forme de vie qui n’a de sens qu’à partir de Dieu. Placer ma vie en Lui, en renonçant au mariage et à la famille, signifie que j’accueille et que je fais l’expérience de Dieu comme réalité et que je peux donc l’apporter aux hommes. Notre monde devenu totalement positiviste, dans lequel Dieu entre en jeu tout au plus comme une hypothèse mais non comme une réalité concrète, a besoin de s’appuyer sur Dieu de la façon la plus concrète et la plus radicale possible. Il a besoin du témoignage de Dieu qui réside dans la décision d’accueillir Dieu comme terre sur laquelle se fonde notre existence.

"C’est pourquoi aujourd’hui le célibat est si important dans notre monde, même si son application à notre époque est constamment menacée et remise en question. Une préparation attentive est nécessaire au cours du chemin vers cet objectif, de même qu’un accompagnement persévérant de la part de l’évêque, d’amis prêtres et de laïcs, qui soutiennent ensemble ce témoignage sacerdotal. Il faut une prière qui invoque sans cesse Dieu comme le Dieu vivant et qui s’appuie sur Lui dans les moments de confusion comme dans les moments de joie. De cette façon, contrairement à la tendance culturelle qui cherche à nous convaincre que nous ne sommes pas capables de prendre de telles décisions, ce témoignage peut être vécu et ainsi, dans notre monde, il peut remettre en jeu Dieu comme réalité".

***

Quand on relit ce discours de décembre 2006, on n’est pas étonné que Benoît XVI continue encore maintenant à consacrer autant d’efforts au clergé.

La création de l’Année Sacerdotale, la proposition de personnages exemplaires comme le saint Curé d’Ars, le renforcement du célibat font partie – aux yeux du pape – d’un dessein très cohérent qui ne fait qu’un avec "la priorité suprême et fondamentale de l’Église et du successeur de Pierre à l’époque actuelle", c’est-à-dire "de conduire des hommes vers Dieu".

Cela a été confirmé le 10 juin dernier par la réponse du pape au prêtre qui l’interrogeait sur la signification du célibat, réponse intégralement transcrite ci-dessous.


EXTRAIT DU DIALOGUE DE BENOÎT XVI AVEC LES PRÊTRES

Rome, Place Saint-Pierre, le 10 juin 2010


SUR LE "SCANDALE" DU CÉLIBAT


Q. – Très Saint Père, je m’appelle Karol Miklosko, je viens d’Europe, plus précisément de Slovaquie, et je suis missionnaire en Russie. Quand je célèbre la sainte messe, je me trouve moi-même et je comprends que c’est là que je rencontre mon identité ainsi que la racine et l’énergie de mon ministère. Le sacrifice de la croix me révèle le Bon Pasteur qui donne tout pour son troupeau, pour chacune de ses brebis, et quand je dis : "Ceci est mon corps, ceci est mon sang" donné et versé en sacrifice pour vous, alors je comprends la beauté du célibat et de l’obéissance, que j’ai librement promis au moment de mon ordination. Malgré les difficultés naturelles, le célibat me semble évident, lorsque je regarde le Christ, mais je suis abasourdi quand je lis toutes les critiques profanes contre ce don. Je vous demande humblement, Très Saint Père, de nous apporter vos lumières sur la profondeur et sur la signification authentique du célibat ecclésiastique.

R. – Merci pour les deux parties de votre question. La première montre le fondement permanent et vital de notre célibat ; la seconde montre toutes les difficultés dans lesquelles nous nous trouvons à notre époque.

La première partie est importante, c’est-à-dire que la célébration quotidienne de la sainte eucharistie doit vraiment être le centre de notre vie. Ici les paroles de la consécration sont centrales : "Ceci est mon corps, ceci est mon sang" ; c’est-à-dire que nous parlons "in persona Christi". Le Christ nous permet d’employer son "je", nous parlons avec le "je" du Christ, le Christ nous "attire en lui" et nous permet de nous unir, il nous unit, à son "je". Ainsi, à travers cette action, à travers ce fait qu’il nous "attire" en lui-même, de manière à ce que notre "je" soit uni au sien, il manifeste la permanence et l’unicité de son sacerdoce ; ainsi il est vraiment toujours l’unique prêtre et pourtant il est très présent dans le monde, parce qu’il nous "attire" en lui-même, rendant ainsi présente sa mission sacerdotale. Cela veut dire que nous sommes "attirés" dans le Dieu du Christ : c’est cette union avec son "je" qui se réalise dans les paroles de la consécration.

De même, dans le "je t’absous" – parce qu’aucun d’entre nous ne pourrait absoudre quelqu’un de ses péchés – c’est le "je" du Christ, de Dieu, qui seul peut absoudre. Cette unification de son "je" et du nôtre implique que nous sommes également "attirés" dans sa réalité de Ressuscité, que nous avançons vers la vie complète de la résurrection, dont Jésus parle aux sadducéens au chapitre 22 de l’évangile de Matthieu : c’est une vie "nouvelle", dans laquelle on est déjà au-delà du mariage (cf. Mt 22, 23-32). Il est important que nous nous laissions sans cesse pénétrer par cette identification du "je" du Christ avec nous, par ce fait d’être "attirés hors de nous-mêmes" vers le monde de la résurrection.

En ce sens, le célibat est une anticipation. Nous transcendons ce temps et nous allons de l’avant, de telle sorte que nous nous "attirons" nous-mêmes ainsi que notre temps vers le monde de la résurrection, vers la nouveauté du Christ, vers la vie nouvelle et vraie. Le célibat est donc une anticipation rendue possible par la grâce du Seigneur qui nous "attire" en lui vers le monde de la résurrection ; il nous invite sans cesse à nous transcender nous-mêmes, à transcender ce présent, vers le véritable présent de l’avenir, qui devient présent aujourd’hui.

Nous arrivons ici à un point très important. Un grand problème de la chrétienté dans le monde d’aujourd’hui est que l’on ne pense plus à l’avenir de Dieu : le présent de ce monde semble suffisant à lui seul. Nous voulons seulement ce monde, vivre dans ce monde. Nous fermons ainsi les portes à la véritable grandeur de notre existence. Le sens du célibat comme anticipation de l’avenir est justement d’ouvrir ces portes, d’agrandir le monde, de montrer la réalité de l’avenir que nous vivons déjà comme présent. Vivre, donc, en témoignage de la foi : nous croyons vraiment que Dieu existe, que Dieu a quelque chose à voir dans ma vie, que je peux fonder ma vie sur le Christ, sur la vie future.

Et nous connaissons maintenant les critiques profanes dont vous avez parlé. Il est vrai que, pour le monde agnostique, pour le monde dans lequel Dieu n’a rien à voir, le célibat est un grand scandale, parce qu’il montre justement que Dieu est considéré et vécu comme une réalité. Avec la vie eschatologique du célibat, le monde futur de Dieu entre dans les réalités de notre temps. Et cela devrait disparaître !

En un certain sens, cette critique permanente du célibat peut surprendre, à une époque où il est de plus en plus à la mode de ne pas se marier. Mais ce refus du mariage diffère totalement, fondamentalement, du célibat, parce qu’il est fondé sur la volonté de ne vivre que pour soi-même, de n’accepter aucun lien définitif, de vivre à tout moment en pleine autonomie, de décider à tout moment quoi faire, que prendre de la vie ; c’est donc un "non" à ce qui lie, un "non" à ce qui est définitif, une façon d’avoir la vie pour soi seul. Le célibat, c’est justement le contraire : c’est un "oui" définitif, une façon de se laisser prendre en main par Dieu, de se mettre dans les mains du Seigneur, dans son "je", et c’est donc un acte de fidélité et de confiance, un acte qui suppose aussi la fidélité du mariage ; c’est vraiment le contraire de ce "non", de cette autonomie qui ne veut pas se donner d’obligations, qui ne veut pas entrer dans un lien ; c’est bien le "oui" définitif qui suppose, qui confirme le "oui" définitif du mariage. Et ce mariage est la forme biblique, la forme naturelle de la manière d’être homme et femme, fondement de la grande culture chrétienne, de grandes cultures du monde. Et si cela disparaît, la racine de notre culture sera détruite.

C’est pourquoi le célibat confirme le "oui" du mariage par son "oui" au monde futur et nous voulons donc aller de l’avant et rendre présent ce scandale d’une foi qui fait reposer toute l’existence sur Dieu. Nous savons qu’à côté de ce grand scandale que le monde ne veut pas voir, il y a aussi les scandales secondaires de nos insuffisances, de nos péchés, qui cachent le véritable et grand scandale et qui font penser : "Mais ils ne vivent pas vraiment en prenant Dieu pour base". Mais il y a tant de fidélité ! Le célibat – comme le montrent justement les critiques - est un grand signe de la foi, de la présence de Dieu dans le monde. Prions le Seigneur pour qu’il nous aide à nous libérer des scandales secondaires, pour qu’il rende présent le grand scandale de notre foi : la confiance, la force de notre vie, qui est fondée sur Dieu et sur Jésus-Christ !


Le soir du 10 juin 2010 sur la place Saint-Pierre, lors de cette même veillée de clôture de l’Année Sacerdotale, Benoît XVI a également répondu à d’autres questions portant sur d’autres sujets.

Voici deux de ces questions avec leurs réponses : la première porte sur l’étude de la théologie, la seconde sur la baisse des vocations.

SUR LA THÉOLOGIE "SCIENTIFIQUE"


Q. – Très Saint Père, je suis Mathias Agnero et je viens d’Afrique, plus précisément de Côte d’Ivoire. Vous êtes un pape théologien, alors que nous, quand nous y arrivons, nous lisons à peine quelques livres de théologie pour notre formation. Mais il nous semble qu’une fracture s’est créée entre la théologie et la doctrine et, plus encore, entre la théologie et la spiritualité. Nous sentons que nos études ne doivent pas être uniquement académiques mais qu’elles doivent alimenter notre spiritualité. Nous en ressentons le besoin dans l’exercice même de notre ministère pastoral. On a quelquefois l’impression que la théologie n’a pas Dieu pour centre et Jésus-Christ pour premier "lieu théologique", mais au contraire les goûts et les tendances les plus répandus ; la conséquence, c’est la prolifération d’opinions subjectives qui permettent l’introduction dans l’Église elle-même d’une pensée non catholique. Comment ne pas être désorientés dans notre vie et dans notre ministère quand c’est le monde qui juge la foi et non pas le contraire ? Nous nous sentons "décentrés" !

R. – Vous abordez là un problème très difficile et douloureux. Il y a effectivement une théologie qui veut surtout être académique, apparaître comme scientifique, et qui oublie la réalité vitale, la présence de Dieu, sa présence parmi nous, le fait qu’il nous parle aujourd’hui et pas seulement dans le passé. Déjà saint Bonaventure, en son temps, distinguait deux formes de théologie ; il disait : "Il y a une théologie qui vient de l’arrogance de la raison, qui veut tout dominer, qui fait passer Dieu de l’état de sujet à celui d’objet que nous étudions, alors qu’il devrait être le sujet qui nous parle et qui nous guide".

Il y a vraiment cet abus de la théologie, qui est arrogance de la raison et qui ne nourrit pas la foi, mais dissimule la présence de Dieu dans le monde. Et puis il y a une théologie qui veut connaître davantage, par amour de l’être aimé, qui est stimulée par l’amour et guidée par l’amour, qui veut connaître davantage l’être aimé. C’est celle-là qui est la vraie théologie, qui vient de l’amour de Dieu, du Christ, et qui veut entrer plus profondément en communion avec le Christ.

En réalité, aujourd’hui, les tentations sont grandes ; surtout on voit s’imposer ce que l’on appelle la "vision moderne du monde" (Bultmann : "modernes Weltbild"), qui devient le critère de ce qui serait possible ou impossible. Et c’est justement avec ce critère selon lequel tout est comme toujours et tous les événements historiques sont du même genre, que l’on exclut précisément la nouveauté de l’Évangile, que l’on exclut l’irruption de Dieu, la véritable nouveauté qui est la joie de notre foi.

Que faut-il faire ? Je voudrais dire avant tout aux théologiens : ayez du courage. Et je voudrais également dire un grand merci aux très nombreux théologiens qui font du bon travail. Il y a des abus, nous le savons, mais partout dans le monde il y a un très grand nombre de théologiens qui vivent véritablement de la Parole de Dieu, qui se nourrissent de la méditation, qui vivent la foi de l’Église et qui veulent contribuer à ce que la foi soit présente dans notre aujourd’hui.

Et je voudrais dire aux théologiens en général : "N’ayez pas peur de ce fantôme du caractère scientifique !". Je m’intéresse à la théologie depuis 1946 ; j’ai commencé à l’étudier en janvier 1946 et j’ai donc connu presque trois générations de théologiens. Je peux dire que les hypothèses qui, à cette époque et dans les années Soixante et Quatre-vingt, étaient les plus neuves, absolument scientifiques, presque absolument dogmatiques, ont depuis lors vieilli et perdu leur valeur ! Beaucoup d’entre elles paraissent presque ridicules. Donc, il faut avoir le courage de résister à l’apparent caractère scientifique, de ne pas se soumettre à toutes les hypothèses du moment, et de penser véritablement à partir de la grande foi de l’Église, qui est présente à toutes les époques et qui nous donne accès à la vérité. De plus, il ne faut surtout pas penser que la raison positiviste, qui exclut ce qui est transcendant – qui ne peut pas être accessible – est la véritable raison ! Cette raison faible, qui ne présente que les choses que l’on peut expérimenter, est vraiment une raison insuffisante. Nous, théologiens, devons faire usage de la grande raison, qui est ouverte à la grandeur de Dieu. Nous devons avoir le courage d’aller au-delà du positivisme, jusqu’à la question des racines de l’être.

Cela me paraît très important. Il faut donc avoir le courage de faire usage de la grande, de la vaste raison, il faut avoir l’humilité de ne pas se soumettre à toutes les hypothèses du moment, il faut vivre de la grande foi de l’Église de tous les temps. Il n’y a pas de majorité contre la majorité que constituent les saints : la vraie majorité, ce sont les saints de l’Église et c’est sur les saints que nous devons nous orienter !

Aux séminaristes et aux prêtres je dis la même chose : pensez que la Sainte Écriture n’est pas un livre isolé : elle est vivante dans la communauté vivante de l’Église, qui est le même sujet au cours des siècles et qui garantit la présence de la Parole de Dieu. Le Seigneur nous a donné l’Église comme sujet vivant, avec la structure des évêques en communion avec le pape, et ce grand ensemble des évêques du monde en communion avec le pape nous assure le témoignage de la vérité permanente. Ayons confiance en ce magistère permanent de la communion des évêques avec le pape, qui représente pour nous la présence de la Parole ; ayons confiance en la vie de l’Église.

Ensuite nous devons faire preuve d’esprit critique. Certes la formation théologique – je m’adresse ici aux séminaristes – est très importante. Aujourd’hui, il faut bien connaître la Sainte Écriture, y compris face aux attaques des sectes ; nous devons vraiment être des amis de la Parole. Nous devons également connaître les courants de pensée de notre temps pour être capables de répondre de manière raisonnable, pour pouvoir donner – comme le dit saint Pierre – "raison de notre foi". La formation est très importante. Mais nous devons aussi faire preuve d’esprit critique : le critère de la foi est le critère selon lequel il faut aussi voir les théologiens et les théologies. Le pape Jean-Paul II nous a donné un critère absolument sûr, qui est le catéchisme de l’Église catholique : nous y voyons la synthèse de notre foi et ce catéchisme est vraiment le critère qui permet de voir si une théologie est acceptable ou inacceptable. Je vous recommande donc de lire, d’étudier ce texte, pour que nous puissions aller de l’avant avec une théologie qui soit critique au sens positif de ce mot, c’est-à-dire critique contre les tendances de la mode et ouverte aux véritables nouveautés, à la profondeur inépuisable de la Parole de Dieu, qui se montre nouvelle à toutes les époques, y compris à la nôtre.

SUR LA BAISSE DES VOCATIONS

Q. – Très Saint Père, je m’appelle Anthony Denton et je viens d’Océanie, d’Australie. Ce soir, nous sommes un très grand nombre de prêtres réunis ici. Mais nous savons que nos séminaires ne sont pas pleins et qu’à l’avenir, dans plusieurs parties du monde, une baisse du nombre de prêtres nous attend, et même une baisse brutale. Que peut-on faire de vraiment efficace pour les vocations ? Comment proposer notre vie, en ce qu’elle a de grand et de beau, à un jeune homme de notre temps ?

R. – Vous posez vraiment un grand et douloureux problème de notre temps : le manque de vocations, à cause duquel des Églises locales risquent de se dessécher, parce qu’il leur manque la Parole de vie, la présence du sacrement de l’eucharistie et des autres sacrements. Que faire ? La tentation est grande de prendre nous-mêmes l’affaire en mains, de transformer le sacerdoce – le sacrement du Christ, le fait d’être choisi par lui – en une profession normale, en un "job" avec ses horaires, chacun étant son propre maître pour le reste, ce qui en ferait une vocation comme une autre et la rendrait accessible et facile.

Mais c’est une tentation qui ne résout pas le problème. Elle me fait penser à l’histoire de Saül, le roi d’Israël, qui, avant la bataille contre les Philistins, attend Samuel pour le nécessaire sacrifice à Dieu. Et comme Samuel n’est pas là au moment prévu, c’est Saül lui-même qui fait le sacrifice, bien qu’il ne soit pas prêtre (cf. 1 Sam 13) ; il croit résoudre ainsi le problème, ce qui n’est bien sûr pas le cas, parce que s’il se charge de ce qu’il ne peut pas faire, il se fait Dieu ou presque et il ne peut pas s’attendre à ce que les choses se passent vraiment comme si c’était Dieu qui les avait faites.

Nous non plus, nous ne résoudrions rien si nous nous limitions à exercer une profession comme les autres, en renonçant à la sacralité, à la nouveauté, au caractère spécial du sacrement que seul Dieu donne, qui ne peut venir que de son appel et pas de notre "action". Nous devons d’autant plus prier Dieu – comme le Seigneur nous y invite – frapper à la porte de Dieu, à son cœur, pour qu’il nous donne des vocations ; prier avec beaucoup d’insistance, de détermination, de conviction aussi, parce que Dieu ne rejette pas une prière insistante, constante, confiante, même s’il nous laisse faire, même s’il nous fait attendre, comme Saül, plus longtemps que nous ne l’avons prévu. Le premier point me paraît donc être ceci : encourager les fidèles à avoir cette humilité, cette confiance, ce courage, de prier avec insistance pour les vocations, de frapper au cœur de Dieu pour qu’il nous donne des prêtres.

En plus de cela, je voudrais peut-être indiquer trois points. Le premier est que chacun de nous devrait faire de son mieux pour vivre son sacerdoce de manière à être convaincant, de manière à ce que les jeunes puissent dire : c’est une vraie vocation, on peut vivre ainsi, de cette façon on fait quelque chose d’essentiel pour le monde. Je pense qu’aucun de nous ne serait devenu prêtre s’il n’avait pas connu de prêtres convaincants en qui brûlait le feu de l’amour du Christ. Donc, et c’est le premier point, cherchons à être nous-mêmes des prêtres convaincants.

Le second point est que nous devons inviter, comme je l’ai déjà dit, à l’initiative de la prière, à avoir cette humilité, cette confiance, de parler à Dieu avec force et décision.
 
Le troisième point est qu’il faut avoir le courage de parler avec les jeunes s’ils ont des raisons de penser que Dieu les appelle, parce qu’une parole humaine est souvent nécessaire pour que l’appel divin soit entendu ; il faut parler avec les jeunes et surtout les aider à trouver un cadre de vie dans lequel ils puissent vivre. Le monde d’aujourd’hui est tel que la maturation d’une vocation sacerdotale semble presque exclue ; les jeunes ont besoin d’environnements dans lesquels la foi est vécue, dans lesquels apparaît la beauté de la foi, dans lesquels il apparaît que c’est un modèle de vie, "le" modèle de vie. Il faut donc les aider à trouver des mouvements, ou la paroisse – la communauté paroissiale – ou d’autres environnements où ils soient vraiment entourés par la foi, par l’amour de Dieu, et où ils puissent donc être ouverts pour que l’appel de Dieu leur parvienne et les aide. Du reste, rendons grâces au Seigneur pour tous les séminaristes de notre temps, pour les jeunes prêtres, et prions. Le Seigneur nous aidera !


La transcription intégrale du dialogue entre Benoît XVI et des prêtres, le 10 juin 2010 :

> Veglia a conclusione dell’Anno Sacerdotale

Et la documentation complète, en plusieurs langues, relative à l’Année Sacerdotale, sur le site du Vatican :

> Année du Sacerdoce


Le discours adressé par le pape à la curie romaine le 22 décembre 2006 :

> "Messieurs les Cardinaux..."


L’article consacré par www.chiesa, le 28 mai 2010, à la question du célibat du clergé :

> Eunuques pour le Royaume des Cieux. Le débat sur le célibat

À ce propos il faut signaler, parmi les plus récentes études, l’excellente synthèse historique et théologique de Cesare Bonivento, missionnaire de l’Institut Pontifical des Missions Étrangères et évêque de Vanimo en Papouasie-Nouvelle Guinée :

Cesare Bonivento, "Il celibato sacerdotale. Istituzione ecclesiastica o tradizione apostolica ?", San Paolo, Cinisello Balsamo, 2007, 184 pages, 14,00 euros.


Dans la seconde partie du livre, Bonivento démontre – sur la base de la tradition ininterrompue de l’Église latine – que la règle de la continence devrait également s’appliquer aux hommes mariés qui sont ordonnés diacres.


Sandro Magister
Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

www.chiesa


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48 réactions à cet article    


  • Gabriel Gabriel 16 juin 2010 10:51

    Libre de ne pas tenir compte de l’évolution des sociétés, libre de persister dans une position qui génère la crise des vocations et qui est en grande partie responsable des problèmes judiciaires de l’église actuelle, libre de croire que sa parole est la seule et unique vérité, libre de faire preuve d’intransigeance sur l’avortement d’une mineure et de ne pas livrer ses violeurs d’enfant à la justice etc etc … Je comprend et respect profondément la foi en Dieu mais l’attachement à une telle institution me laisse dubitatif !


    • domini canus domini canus 16 juin 2010 11:49

      Libre de mettre en doute le bien fondé de vos doutes... smiley


    • Gabriel Gabriel 16 juin 2010 13:18

      Cher Dominic Anus,

      La pédophilie au sein de votre sainte église c’est un fait établi et non un doute ! N’est ce pas le Christ qui a dit :« La vérité, que la vérité, rien que la vérité » ? 

    • domini canus domini canus 16 juin 2010 13:33

      Oui, en effet, c’est un fait établi. Mais là n’est pas la question. La question est de savoir si c’est un motif suffisant pour mettre en doute « l’attachement à une ... institution » qui, je vous le rappelle, est divine. Si c’était le cas, il faudrait mettre en doute toutes les autres institutions (humaines), telles la famille (dans le cadre de laquelle se commettent la majorité des actes pédophiles), l’Education Nationale et le monde des sports, du cinéma, et j’en passe... sous peine de se rendre coupable de négationisme.


    • Gabriel Gabriel 16 juin 2010 14:36

      C’est vous et votre staff qui prétendez que cette institution est divine ! Cette institution est d’origine humaine affichant une vitrine divine et étant Déiste vos propos me heurtent. Votre institution n’a pas plus de fondements, de légitimités ou d’excuses face à des faits répréhensibles que les autres institutions que vous citez. Evitez d’utiliser le vocable « Négationnisme » pour parler d’une croyance et non d’un acte prouvé, vous pouvez cependant vous l’appropriez si vous niez des évènement tel que l’inquisition. Ne voyez dans mes propos aucune agression de ma part, simplement une série d’interrogation sur la méthode de votre institution. Cordialement


    • domini canus domini canus 16 juin 2010 15:01

      Bon, vous n’êtes pas chrétien. Merci de l’avoir précisé. Que vient faire l’Inquisition dans la question du célibat des prêtres ? Et qui a dit que l’Eglise nie l’Inquisition ? Il ne faut pas tout mélanger quand même.

      Revenons donc à la question qui est traitée dans l’article, et à la suite de votre commentaire :

      "Votre institution n’a pas plus de fondements, de légitimités ou d’excuses face à des faits répréhensibles que les autres institutions que vous citez."

      Libre à vous de le croire. Mais elle en au moins autant. Et il est tout à fait légitime, même de votre point de vue, d’y être attaché, autant qu’aux autres.

      Evitez d’utiliser le vocable « Négationnisme » pour parler d’une croyance et non d’un acte prouvé...

      J’ai bel et bien utilisé le mot « négationisme » pour des actes prouvés, et non pour une croyance : les abus d’enfants mineurs, commis dans le cadre de la famille, de l’école, du sport..., des institutions auxquelles on demeure attaché.


    • dup 16 juin 2010 10:55

      2 èvèques discutent à un concile :

      - pensez vous qu’on verra un jour des prêtre mariés ?

      - non ,mais peut être nos enfants , oui !



      • domini canus domini canus 16 juin 2010 11:51

        Des prêtres mariés, on en voit ! Mais des prêtres qui se marient, ça, même « nos enfants » ne sont pas près de le voir... smiley


      • Wàng 16 juin 2010 11:42

        C’est un vrai plaisir de lire ces réflexions théologiques de Ratzinger. Il a un grand sens mystique et des intuitions profondes qui concernent la direction de notre monde actuel, on sent le disciple de st Bonaventure.


        • domini canus domini canus 16 juin 2010 11:53

          Le disciple de Saint Bonvaventure et le « coopérateur de la vérité » ! smiley


        • Hermes Hermes 16 juin 2010 11:44

          Si se rapprocher de dieu c’est bannir les relations sexuelles alors, si ce n’est pas la volonté de dieu que l’homme soit sexué de qui serait-ce la volonté ? Du diable ?

          Le sexe est une chose sacrée, c’est l’énergie vitale dans sa forme la plus basique, et la position diabolisante de l’église, a depuis des siècles ancré une ambiguité malsaine autour de ce thème.

          Avec cette déclaration, l’église s’enfonce à nouveau dans l’obscurantisme, accompagnant la grande tendance de notre époque.


          • domini canus domini canus 16 juin 2010 12:07

            Les relations sexuelles sont « très bonnes » à condition de ne pas en faire une idole. Elles ne constituent pas un absolu. Le Christ affirme que dans le Royaume il n’y en aura pas. Le célibat consacré en est une anticipation prophétique dans un monde où le sexe est monté à la tête.  smiley C’est tout le contraire de l’obscurantisme !


          • Wàng 16 juin 2010 12:08

            Ou avez vous vu que ce n’était pas de la volonté de Dieu que l’homme soit sexué ?

            Vous confondez le catholicisme avec le catharisme.


          • domini canus domini canus 16 juin 2010 12:28

            Où avez-vous vu que j’ai dit que ce n’était pas la volonté de Dieu ? Mais c’est la volonté de Dieu également qu’il y ait des « eunuques pour le Royaume ».


          • Wàng 16 juin 2010 12:45

            Je répondais à Hermès.


          • domini canus domini canus 16 juin 2010 13:35

            Merci. Moi aussi. smiley


          • Hermes Hermes 16 juin 2010 16:13

            Merci de vos réponses, puisque je posais une question. En voici d’autres donc :

            Si j’ai bien compris, il s’agit de poser dans le monde physique des règles qui anticipent un hypothétique royaume spirituel ?

            A supposer qu’il existe, pourquoi ne pas plutot attendre d’y être ?

            N’est-ce pas torturer des personnes que de leur demander de renier leur condition d’existence humaine dans ce qu’il y a de plus basique ?


          • domini canus domini canus 16 juin 2010 16:32

            Si j’ai bien compris, il s’agit de poser dans le monde physique des règles qui anticipent un hypothétique royaume spirituel ?

            Oui, sauf qu’il n’est pas hypothétique, le Royaume. On n’est pas au Tiercé !

            A supposer qu’il existe, pourquoi ne pas plutot attendre d’y être ?

            Il s’agit justement de l’annoncer aux hommes. C’est pour cela que « le Verbe s’est fait chair », et qu’il a envoyé ses disciples dans le monde.

            N’est-ce pas torturer des personnes que de leur demander de renier leur condition d’existence humaine dans ce qu’il y a de plus basique ?

            Un dieu pervers quoi ... Saint Thomas d’Aquin disait : « L’homme ne peut pas vivre sans joie ; c’est pourquoi, quand il est privé des vraies joies spirituelles, il devient nécessairement esclave de plaisirs charnels ». Ce n’est pas du mépris pour les plaisirs charnels qui passent. C’est l’affirmation de la « meilleure part » des joies spirituelles qui demeurent.


          • Hermes Hermes 16 juin 2010 17:46

            J’ai le droit de le considérer comme hypotétique le royaume dont vous parlez, comme vous avez le droit d’affirmer qu’il existe. Non ? Nous sommes sur un forum de libre expression.

            Il s’agit de l’annoncer aux hommes, dites vous ? Je ne vois pas le rapport pour ma part au fait d’annoncer une nouvelle condition future avec le fait de renier une condition actuelle qui est totalement impossible à renier à part par la mort physique.
            Je prend un exemple : si je dis a quelqu’un « il y a un pays où le temps sera toujours clément », je ne vais pas pour autant me promener en petite tenue par les rigueurs de l’hiver.

            Dans ma première intervention j’insistais bien sur la caractère basique et sacré du sexe. Une activité sexuelle peut être une activité normale qui ne soit pas une recherche effrénée de plaisir, et s’inscrire dans une vie « spiritiuelle » (il y a de nombreuses écoles pour donner des sens à ce mot et pour ma part je ne m’inscrit pas dans l’acceptation catholique, vous en conviendrez).

            Vous supposez que j’imagine un dieu pervers... Je n’imagine pas de dieu donc pas de dieu pervers. Je sais que toute non intégration de sa condition d’être humain génère une souffrance. Un enfant qui ne recoit pas l’affection de ses parents par exemple souffre. Un adulte qui est privé de vie sexuelle souffre. Parlez-en aux détenus en prison par exemple.

            On peut bien sûr compenser la souffrance par un système imaginaire, un royaume futur. Mais cela ne constitue pas une libération et si en plus on a décidé par un système moral particulier que cette souffrance est bonne cela devient un enchaînement. En effet même le soulagement de cette souffrance peut devenir en final souffrance psychique s’il est désapprouvé par le système moral.

            Heureusement, absoudre le soulagement soulage le psychisme, n’est-ce pas ? C’est une sorte de cycle psychologique sous contrôle, qui crée une dépendance extérieure et illusoire. Il n’y a pas de libération possible de cette façon... en tout cas dans ce monde qui est le seul que je connaisse en ce moment.

            Pour m’être déjà libéré de nombreuses souffrances, je témoigne par mon expérience qu’il y a un chemin de libération possible ici et maintenant, une libération qui intègre toutes les composantes de l’être humain, sexe compris.

            A bientôt peut-être, et merci de votre lecture.


          • domini canus domini canus 17 juin 2010 03:44

            "J’ai le droit de le considérer comme hypotétique le royaume dont vous parlez, comme vous avez le droit d’affirmer qu’il existe. Non ? Nous sommes sur un forum de libre expression.« 

            Libre à vous de le mettre en doute, en effet. Mais alors vous ne pouvez pas comprendre le célibat consacré, qui est fondé précisément sur sa réalité.

             »Il s’agit de l’annoncer aux hommes, dites vous ? Je ne vois pas le rapport pour ma part au fait d’annoncer une nouvelle condition future avec le fait de renier une condition actuelle qui est totalement impossible à renier à part par la mort physique.
            Je prend un exemple : si je dis a quelqu’un "il y a un pays où le temps sera toujours clément", je ne vais pas pour autant me promener en petite tenue par les rigueurs de l’hiver."

            Après m’avoir attribué un dieu pervers, voilà que vous me prenez pour Mr Météo. Je ne vous annonce pas le temps qu’il fera demain dans un pays lointain ! Je suis témoin de Jésus mort, ressuscité, vivant à jamais, avec nous chaque jour jusquà la fin du monde. Mon Epoux n’est pas un défunt, mais le Vivant. Nuance ! Témoignage impossible à la chair et au sang, mais possible à Dieu.

            "Dans ma première intervention j’insistais bien sur la caractère basique et sacré du sexe. Une activité sexuelle peut être une activité normale qui ne soit pas une recherche effrénée de plaisir, et s’inscrire dans une vie « spiritiuelle » (il y a de nombreuses écoles pour donner des sens à ce mot et pour ma part je ne m’inscrit pas dans l’acceptation catholique, vous en conviendrez).« 

            Sacraliser le sexe revient à en faire un absolu, une idole (cf. les prostituées sacrées de l’Antiquité). Même une sexualité sainement vécue (et bénie par Dieu) n’en est pas pour autant moins éphémère. Qu’entendez-vous par »acceptation catholique" ?

            "Vous supposez que j’imagine un dieu pervers... Je n’imagine pas de dieu donc pas de dieu pervers. Je sais que toute non intégration de sa condition d’être humain génère une souffrance. Un enfant qui ne recoit pas l’affection de ses parents par exemple souffre. Un adulte qui est privé de vie sexuelle souffre. Parlez-en aux détenus en prison par exemple."

            Ce Dieu pervers, vous ne l’imaginez pas pour vous, mais pour moi... Je ne suis pas dans une prison, et Dieu n’est pas mon geôlier, mais mon libérateur, et mon célibat n’est pas une punition, mais une grâce (un charisme) donnée par Dieu à qui il veut. C’est l’offrande libre de ma personne, corps et âme à Celui qui, en se faisant homme, a épousé notre humanité pour nous unir à sa divinité.

            "On peut bien sûr compenser la souffrance par un système imaginaire, un royaume futur. Mais cela ne constitue pas une libération et si en plus on a décidé par un système moral particulier que cette souffrance est bonne cela devient un enchaînement. En effet même le soulagement de cette souffrance peut devenir en final souffrance psychique s’il est désapprouvé par le système moral.« 

            Système imaginaire : voir plus haut.

            Royaume non pas futur, mais présent : »Voilà que le règne de Dieu est au milieu de vous" (Lc 12, 13).

            Souffrance, oui, mais encore une fois, pas celle de travaux forcés, mais celle d’un enfantement. Vous n’allez quand même pas dire à une femme qui accouche qu’elle est maso ?

            "Heureusement, absoudre le soulagement soulage le psychisme, n’est-ce pas ? C’est une sorte de cycle psychologique sous contrôle, qui crée une dépendance extérieure et illusoire. Il n’y a pas de libération possible de cette façon... en tout cas dans ce monde qui est le seul que je connaisse en ce moment."

            C’est bien pour cela que vous ne pouvez pas comprendre le célibat consacré.

            "Pour m’être déjà libéré de nombreuses souffrances, je témoigne par mon expérience qu’il y a un chemin de libération possible ici et maintenant, une libération qui intègre toutes les composantes de l’être humain, sexe compris."

            Ah bon ? Vous témoignez, vous ? D’une libération possible ici et maintenant, qui intègre toutes les composantes de l’être humain, sexe compris ? Eh bien, moi aussi je témoigne, et ce dont je témoigne ne s’arrête pas avec la mort, mais commence dès maintenant.

            « A bientôt peut-être, et merci de votre lecture. »

            A bientôt ! Et merci aussi.


          • Hermes Hermes 17 juin 2010 16:36

            Nous avons des positions très éloignées sur le plan intellectuel tout au moins, et difficilement compatibles. Nous avons bien exposé nos vues et c’est déjà très bien. La réflexion que je mène est personnelle et la votre se réfère à un dogme, du coup les règles du jeu du dialogue ne sont pas les mêmes pour chacun de nous. Vous pouvez sortir le dogme de chapeau.. joker permanent pour vous !

            La discussion serait plus intéressante si vous parliez de votre rapport au dogme plutot que du dogme lui-meme, mais c’est votre choix.

            Je tiens toutefois à préciser les points suivants :

            - je ne peux pas comprendre le célibat consacré car je pense que ce royaume est une vue de l’esprit. Exact.

            - je ne vous ai pas attribué de dieu pervers, je me suis déjà expliqué sur votre affirmation et je de plus ne vous prend pas pour Mr Météo. Ne tounez pas en dérision mon analogie si vous ne souhaitez pas la prendre en compte. Elle est très simple, je l’admet, mais la réalité est souvent très simple.

            - Le sexe est sacré autant que tout ce qui nous constitue. Mais fondamental. Une activité sexuelle régulière est un gage de bonne santé psychologique. Je ne parle pas de recherche effrénée du plaisir entendons nous bien.

            - L’acceptation catholique, s’exprime parfaitement dans votre phrase : « Je suis témoin de Jésus mort, ressuscité, vivant à jamais, avec nous chaque jour jusquà la fin du monde. » Pour moi la spiritualité est une recherche dans le présent sans dogme a priori. Cela requiert beaucoup d’attention à ce qui se passe vraiment, et non l’idée qu’on s’en fait, autant que des images que l’on a de soi. Il y a des trésors dans le présent, et vous semblez

            - Non, non, non je n’imagine pas de dieu pervers non plus pour vous. Tout mécanisme psychologique illusoire est l’affaire de la personne qui le vit. Il y a des contextes propices à créer des mécanismes illusoires de dépendance, et la religion me semble être un de ces contexte. Mais je ne préjuge pas de votre vécu qui est peut-être autre... puisque vous le revendiquez comme tel.

            - Il me semble difficile de nier qu’il existe un système moral, non exprimé comme tel, bien sur, associé à la religion catholique.

            - Vous parlez de sacrifice de votre personne ?

            - Ah ? le royaume est présent ? Bien. Sans doute une expérience particulière du présent non ?

            Pour que deux être humains se comprennent il faut qu’ils se dépuillent de leurs a priori et qu’ls se souviennent qu’ils ne peuvent avoir totalement raison, aucune de leurs interprétation n’étant parfaite.

            Je vous souhaite bonne soirée.


          • domini canus domini canus 17 juin 2010 18:09

            La réflexion que je mène est personnelle et la votre se réfère à un dogme, du coup les règles du jeu du dialogue ne sont pas les mêmes pour chacun de nous. Vous pouvez sortir le dogme de chapeau.. joker permanent pour vous !

            La discussion serait plus intéressante si vous parliez de votre rapport au dogme plutot que du dogme lui-meme, mais c’est votre choix.

            Mon cher Hermes, vous vous moquez de moi. J’ai donné ma vie au Seigneur, et vous affirmez que ce n’est pas le fruit d’une réflexion personnelle, mais le résultat mécanique d’un dogme ?

            - je ne peux pas comprendre le célibat consacré car je pense que ce royaume est une vue de l’esprit. Exact.

            Ce dont acte. Mais alors il faut en tirer les conséquences. Et tout ce qui suit dans votre « réflexion personnelle » est disqualifié. Ce qui vous est demandé non pas de comprendre mais de respecter, c’est que la dimension religieuse des êtres humains est au moins aussi réelle que leur dimension sexuelle. 

            Ce que non seulement vous devez respecter mais pouvez comprendre, c’est que l’Eglise est libre de demander à ceux qui se présentent comme candidats au sacerdoce la continence parfaite.

            Ce que vous pouvez constater de vos yeux, c’est que depuis deux mille ans, des millions de prêtres se sont engagés dans cette voie en y trouvant leur plein épanouissement et bonheur.

            - je ne vous ai pas attribué de dieu pervers, je me suis déjà expliqué sur votre affirmation et je de plus ne vous prend pas pour Mr Météo. Ne tounez pas en dérision mon analogie si vous ne souhaitez pas la prendre en compte. Elle est très simple, je l’admet, mais la réalité est souvent très simple.

            Je vous ai simplement montré que votre comparaison ne tient pas la route.

            - Le sexe est sacré autant que tout ce qui nous constitue. Mais fondamental. Une activité sexuelle régulière est un gage de bonne santé psychologique. Je ne parle pas de recherche effrénée du plaisir entendons nous bien.

            C’est ça. Et ceux qui y renoncent par amour (eunuques pour le Royaume) sont tous des névrosés, c’est ça ? Et ceux qui n’y renoncent pas et qui font en libre usage sont par contre tous au septième ciel. Ben voyons ! Attention aussi à une conception purement hygiéniste de la sexualité, dont le sens profond n’est pas de s’épanouir soi-même (quel égoïsme !) mais de faire le bonheur de l’autre.

            - L’acceptation catholique, s’exprime parfaitement dans votre phrase : "Je suis témoin de Jésus mort, ressuscité, vivant à jamais, avec nous chaque jour jusqu’à la fin du monde."

            Bravo !

            Pour moi la spiritualité est une recherche dans le présent sans dogme a priori. Cela requiert beaucoup d’attention à ce qui se passe vraiment, et non l’idée qu’on s’en fait, autant que des images que l’on a de soi. Il y a des trésors dans le présent, et vous semblez

            Il y a dans vos raisonnements beaucoup d’idées qui ressemblent pourtant fort à des idoles...

            - Non, non, non je n’imagine pas de dieu pervers non plus pour vous. Tout mécanisme psychologique illusoire est l’affaire de la personne qui le vit. Il y a des contextes propices à créer des mécanismes illusoires de dépendance, et la religion me semble être un de ces contexte. Mais je ne préjuge pas de votre vécu qui est peut-être autre... puisque vous le revendiquez comme tel.

            « mécanisme psychologique illusoire » : ça, c’est vous qui le dites. Ramener toute la dimension religieuse de l’homme à un mécanisme psychologique illusoire, voilà votre erreur fondamentale (votre dogme !). Libre à vous d’y persévérer. Mais alors vous vous mettez dans l’impossibilité de comprendre le début du commencement du célibat consacré.

            - Il me semble difficile de nier qu’il existe un système moral, non exprimé comme tel, bien sur, associé à la religion catholique.

            Loin de vouloir le nier, je l’affirme ! Pas de dogme sans morale ...

            - Vous parlez de sacrifice de votre personne ?

            J’ai parlé du don de moi-même, oui, et donc d’un renoncement, et donc d’une souffrance, mais une souffrance qui a un sens, une fécondité. Et alors ? Encore un mécanisme psychologique illusoire ?

            - Ah ? le royaume est présent ? Bien. Sans doute une expérience particulière du présent non ?

            Présent pour ceux qui croient. Fable pour ceux qui refusent d’y croire.

            Pour que deux être humains se comprennent il faut qu’ils se dépuillent de leurs a priori et qu’ls se souviennent qu’ils ne peuvent avoir totalement raison, aucune de leurs interprétation n’étant parfaite.

            Vos a priori psycho-philosophiques sont pourtant légion... La foi, elle, n’est pas un a priori dont on pourrait se dépouiller, une simple opinion intellectuelle qu’on pourrait mettre entre parenthèses sur commande.

            Je vous souhaite bonne soirée.

            Merci. A vous aussi.


          • Hermes Hermes 21 juillet 2010 18:42

            Bonjour,

            puisque vous m’avez « disqualifié »....... la partie est finie !

            Avec tout le respect qu’un homme doit à un autre homme.

            Cdt.


          • Wàng 16 juin 2010 11:56

            Sur la théologie scientifique : je pense qu’il y a équivoque entre les méthode modernes historico-critiques (purement positivistes), et la vraie théologie scientifique (thomiste), qui est une connaissance des manières d’être (le comment) de Dieu et qui présuppose une philosophie de l’être ouverte à la contemplation. Je ne partage pas la vision augustinienne et bonaventurienne (platonicienne) qui introduirait une dialectique entre l’amour et la connaissance.

            Sur le catéchisme de l’Eglise catholique : il est déjà une synthèse théologique en soi. Je crois c’est un excellent outil pour le fidèle, mais que le théologien doit aussi se pencher sur la lettre des dogmes (dans le Denzinger) pour essayer de les unir et de rendre compte de leur intelligibilité. C’est une méthode extrêmement féconde !


            • Dominitille 16 juin 2010 14:16

              Mon père, pardonnez-moi car je vais pêcher.
              L’ église catholique n’ a t-elle pas interêt à succiter de nouvelles vocations pour éviter son effondrement ? Que fera t-elle lorsque les vieux prêtres seront au royaume de Dieu et que personne n’ accueillera plus les maigres foules se pressant aux portes des églises ?
              N’ a t-elle pas non plus interêt à réactualiser son discours vieux de 2000 ans ?
              Faire croire dans notre siècle de techonologie, de scientifiques, de peuples éduqués que Jesus a transformé l’ eau en vin sans en apporter la preuve c’ est courrir droit dans le mur de l’obscurantisme.
              Les prêtres se sont mariés à une époque et pour une sombre histoire d’ héritage l’ église a fait marche arrière.
              Une planète et pourtant tant de croyances différentes. Le Dieu des catholiques n’ est pas celui des musulmans des juifs des bouddhistes, et un tas d’ autres encore.
              Pourquoi obliger les prêtres au célibat, lorsque l’on s’ interesse un tant soit peu à la vie des papes, il y a lieu de se demander si l’ église catholique ne s’ est pas moquée de ses ouailles depuis le début.
              Le fondement même de la religion est une vaste fumisterie. Il n’ya aucun fait historique qui tienne la route pour un esprit ouvert.
              Pourquoi donc se préoccuper du mariage des prêtres surtout que ceux qui restent ont dépassé l’ âge limite.
              La seule chose qui me ferait changer d’ avis sur votre église, c’ est que Dieu se manifeste
               mais ce serait la fin du mystère divin. C’ est si jouissif de maintenir la population dans l’ ignorance et de lui faire avaler des couleuvres depuis si longtemps.
              Il faut d’ urgence réformer les religions et non pas s’inquiéter du mariage des hommes.
              Votre église est misogyne, rétrograde et riche.
              Jamais le clergé ne se renforcera parce que les hommes qui le compose se marieront.
               Oter vos oeillères vieilles de plus de 20 siècles, et regardez la lumière du jour. Les hommes sont allés dans la lune et veulent aller sur mars. Dieu est devenu obsolète.
               Pardonnez-moi de vouloir vous priver de votre gagne-pain quotidien.
              J’ ai un peu mélangé les genres mais ma pensée est un tout. L’ église catholique hérisse mon intelligence de femme.
              Votre préoccupation est le mariage des hommes alors que nous sommes encore maintenues à l’ écart de l’autel. Esprit rétrograde, sort de ce corps !


              • domini canus domini canus 16 juin 2010 15:11

                La formule correcte est : « Bénissez-moi, car j’ai péché ». Pour le pardon, la condition est le repentir sincère, et le ferme propos de s’en corriger. smiley

                "L’ église catholique n’ a t-elle pas interêt à succiter de nouvelles vocations pour éviter son effondrement ?"

                Qui a dit que l’Eglise catholique s’effondrait ? Selon les dernières statistiques, le nombre de catholiques à l’échelle du monde est en augmentation, de même que le nombre de prêtres.

                Et si, dans certaines régions, leur nombre diminue (celui des catholiques et celui des prêtres), qui dit que le fait d’admettre le mariage des prêtres serait la panacée ? Dans ces mêmes régions, les pasteurs protestants, qui peuvent se marier font face à la même diminution des effectifs.

                La solution n’est pas le mariage des prêtres, mais le retour à la foi dans une société qui veut reléguer Dieu dans la sphère des dévotions privées.

                Heureux ceux qui croient sans avoir vu !


              • Gabriel Gabriel 16 juin 2010 15:59

                La solution n’est pas le mariage des prêtres, mais le retour à la foi dans une société qui veut reléguer Dieu dans la sphère des dévotions privées.

                Voilà bien là le problème fondamental des religions, non seulement elles n’admettent pas que l’on pense différemment, mais il faut qu’elles convertissent le chaland à leur croyance. Reléguer Dieu dans la sphère privée, et alors où est le problème ? D’après vous Dieu a t-il besoin de folklore, de manifestation, de rassemblement populaire ? Pensez vous qu’un lien entre entités puisse être impossible sans en passer par une religion ? Et que faites vous de la laïcité ? La laïcité est du domaine public, la religion du domaine privé, alors reléguer Dieu dans la sphère des dévotions privées n’est nullement choquant, plutôt pudique.


              • domini canus domini canus 16 juin 2010 16:13

                "Voilà bien là le problème fondamental des religions, non seulement elles n’admettent pas que l’on pense différemment, mais il faut qu’elles convertissent le chaland à leur croyance.« 

                La liberté religieuse a été clairement réaffirmée par le concile Vatican II. Mais le respect de l’Eglise pour ceux qui ne croient pas demande la réciprocité.

                 »Reléguer Dieu dans la sphère privée, et alors où est le problème ? D’après vous Dieu a t-il besoin de folklore, de manifestation, de rassemblement populaire ?"

                Dieu n’a besoin de rien du tout. Ce sont les hommes qui en ont besoin. Le corps est là pour cela. Un amour qui ne s’exprime pas n’est pas de l’amour.

                 Pensez vous qu’un lien entre entités puisse être impossible sans en passer par une religion ?

                Ca, c’est du Nouvel Âge, si je ne me trompe....

                 Et que faites vous de la laïcité ? La laïcité est du domaine public, la religion du domaine privé, alors reléguer Dieu dans la sphère des dévotions privées n’est nullement choquant, plutôt pudique.

                Voilà le problème ! Le laïcisme a voix au chapitre. La religion, selon vous, n’a qu’à se taire. Mais le laïcisme, c’est aussi une religion. C’est bien vous qui avez un problème.


              • Gabriel Gabriel 16 juin 2010 16:31

                Voilà le problème ! Le laïcisme a voix au chapitre. La religion, selon vous, n’a qu’à se taire. Mais le laïcisme, c’est aussi une religion. C’est bien vous qui avez un problème.

                Définition de la laïcité Padre : 

                Respect de toutes les religions ainsi que possibilité de leurs pratiques tant que celles-ci n’empiètent pas sur la sphère publique. En clair la laïcité est d’ordre public et la religion d’ordre privé donc pratiquée dans la sphère privée ! Si je traduis le mot religion, cela veut dire relier à Dieu. Où avez-vous vu que le laïcisme est une religion ? Le laïcisme, et je vous encourage à en apprendre la définition, est la plus grande des tolérance car il accepte toutes les religions et leurs pratiques. Pour terminer cet agréable échange, je n’ai jamais spécifié que la religion n’avait qu’à se taire. Soit vous traduisez mes propos comme cela vous arrange mais je n’ose le croire, soit vous ne les comprenez pas et cela me désole. Enfin, merci de vous inquiétez mais je n’ai aucun problème et la seule chapelle que je défende c’est la vie. Cordialement


              • domini canus domini canus 16 juin 2010 17:01

                Définition de la laïcité Padre : 

                Respect de toutes les religions ainsi que possibilité de leurs pratiques tant que celles-ci n’empiètent pas sur la sphère publique. En clair la laïcité est d’ordre public et la religion d’ordre privé donc pratiquée dans la sphère privée !


                Dans ma réponse, vous n’avez peut-être pas remarqué que je n’ai pas utilisé le terme « laïcité » mais celui de « laïcisme ». En Europe, nous assistons au débat entre laïcité « saine » et laïcisme... Le laïcisme, c’est-à-dire une idée qui sépare totalement la vie publique de toute valeur des traditions, est une impasse, une voie sans issue. Nous devons redéfinir le sens d’une laïcité qui souligne et conserve la véritable différence et autonomie entre tous les domaines, mais également leur coexistence, la responsabilité commune. Ce n’est que dans le contexte de valeurs qui ont fondamentalement une origine commune, que la religion et la laïcité peuvent vivre, dans une relation féconde réciproque. Nous, Européens, devons repenser notre raison laïque, laïciste. Le rôle d’une saine laïcité est de veiller à ce que toutes les religions puissent librement s’exprimer dans un respect mutuel.


                Les communautés de croyants sont présentes dans toutes les sociétés, expression de la dimension religieuse de la personne humaine. Les croyants attendent donc légitimement de pouvoir participer au dialogue public. Malheureusement, on doit observer qu’il n’en est pas toujours ainsi. Nous sommes témoins, ces derniers temps, dans certains pays d’Europe, d’une attitude qui pourrait mettre en péril le respect effectif de la liberté de religion. Si tout le monde s’accorde à respecter le sentiment religieux des individus, on ne peut pas en dire autant du « fait religieux », c’est-à-dire de la dimension sociale des religions, oubliant en cela les engagements pris dans le cadre de ce qui s’appelait alors la "Conférence sur la Coopération et la Sécurité en Europe". On invoque souvent le principe de la laïcité, en soi légitime, s’il est compris comme la distinction entre la communauté politique et les religions (cf. Gaudium et spes, n. 76). Mais distinction ne veut pas dire ignorance ! La laïcité n’est pas le laïcisme ! Elle n’est autre que le respect de toutes les croyances de la part de l’État, qui assure le libre exercice des activités cultuelles, spirituelles, culturelles et caritatives des communautés de croyants. Dans une société pluraliste, la laïcité est un lieu de communication entre les diverses traditions spirituelles et la nation. Les relations Église-État peuvent et doivent donner lieu, au contraire, à un dialogue respectueux, porteur d’expériences et de valeurs fécondes pour l’avenir d’une nation. Un sain dialogue entre l’État et les Églises – qui ne sont pas des concurrents mais des partenaires – peut sans aucun doute favoriser le développement intégral de la personne humaine et l’harmonie de la société.


                La difficulté à accepter le fait religieux dans l’espace public s’est vérifiée de manière emblématique à l’occasion du débat sur les racines chrétiennes de l’Europe. Certains ont relu l’histoire à travers le prisme d’idéologies réductrices, oubliant ce que le christianisme a apporté à la culture et aux institutions du continent : la dignité de la personne humaine, la liberté, le sens de l’universel, l’école et l’Université, les œuvres de solidarité. Sans sous-estimer les autres traditions religieuses, il reste que l’Europe s’est affirmée en même temps qu’elle était évangélisée. Et l’on doit en toute justice se souvenir qu’il y a peu de temps encore, les chrétiens, en promouvant la liberté et les droits de l’homme, ont contribué à la transformation pacifique de régimes autoritaires, ainsi qu’à la restauration de la démocratie en Europe centrale et orientale.

                Si je traduis le mot religion, cela veut dire relier à Dieu. Où avez-vous vu que le laïcisme est une religion ? Le laïcisme, et je vous encourage à en apprendre la définition, est la plus grande des tolérance car il accepte toutes les religions et leurs pratiques.

                Même remarque que plus haut.

                L’étymologie de religion est effectivement « ce qui relie » à Dieu. En tant que le laïcisme en est une négation absolue (athée) ou relative (déni de la dimension sociale de la religion), il s’inscrit bien dans le domaine religieux.

                Pour terminer cet agréable échange, je n’ai jamais spécifié que la religion n’avait qu’à se taire.

                Vous avez bien écrit : "Reléguer Dieu dans la sphère privée, et alors où est le problème ?"


              • Voilà bien là le problème fondamental des religions, non seulement elles n’admettent pas que l’on pense différemment, mais il faut qu’elles convertissent le chaland à leur croyance. Reléguer Dieu dans la sphère privée, et alors où est le problème ? D’après vous Dieu a t-il besoin de folklore, de manifestation, de rassemblement populaire ? Pensez vous qu’un lien entre entités puisse être impossible sans en passer par une religion ? Et que faites vous de la laïcité ?

                Ce que vous ne comprenez pas, c’est que du point de vue d’un chrétien, l’homme ne peut trouver son salut qu’en Jésus. Comme le christianisme prône l’amour de tous les hommes en Dieu, il est donc normal pour un chrétien de souhaiter à tous les hommes le salut par le Christ. L’amour du prochain dans le christianisme ne s’arrête pas à la solidarité sociale à laquelle on a trop souvent tendance à le réduire. De ce point de vue, la laïcité est un mode de fonctionnement social respectable dans la mesure où elle permet au fidèle la liberté religieuse et qu’elle ne mêle pas le spirituel au temporel. Mais il n’y a pas de raison de sacraliser la laïcité, de l’ériger en valeur intouchable, car alors on rentre dans un comportement de type religieux.


              • Gabriel Gabriel 16 juin 2010 17:20

                Padre, on se retrouve enfin au carrefour, bien que n’utilisant pas le même chemin, nous cherchons le même port. Bonne route !


              • Gabriel Gabriel 16 juin 2010 17:33

                Salut Rougmamalamachin,

                Je m’y perds un peu dans vos avatars, ils changent plus rapidement que les heures ! Il n’est pas question de sacraliser la laïcité, le terme est un peu fort et impropre au but recherche. Il s’agit de protéger la laïcité et de l’ériger en principe fondamental de notre société afin que chaque religion, idéologie puissent être pratiquées librement. Que le catholique puisse vivre en harmonie avec le musulman, le bouddhiste avec l’athée etc... Car la laïcité se nourrie du respect mutuel de chacun.   


              • Dominitille 17 juin 2010 00:09

                Bonsoir mon père,
                Je vous demandais de me pardonner pour le péché que j’ allais commettre en écrivant mon commentaire et surtout pas pour des péchés que j’ ai commis et qui ne regarde que moi.
                Je ne faisais référence qu’ à la seule église catholique, car les protestants ont l’ air d’ avoir compris le problème du célibat depuis longtemps. 
                Une question : êtes-vous vraiment prêtre ?


              • Dominitille 17 juin 2010 00:40

                mon père,
                qui a t-il a voir ? qu’ avez-vous vu de si particulier pour être si heureux ?
                J’ aime trop ma liberté pour vouloir me laisser enfermer dans un carcan d’ idées si rigides et ma foi, peu conformes à mes convictions.
                Que pensez des religieuses toutes mariées à un seul homme ? Ne pouvez-vous en tant que prêtres vous marier avec la maman de Jesus ?
                J’ espère que vous reviendrez sur AV pour y mettre d’ autres articles car j’ aurais plaisir à venir vous ennuyer ou parfois aussi poser des questions.
                Il y a eu ici pas mal d’ articles concernant la religion, mais jamais encore (du moins je le suppose) écrits par des professionnels de la soutane. Je gage ne jamais recevoir votre absolution, étant bien trop impertinente lorqu’ il s’agit de votre sacerdoce.
                Bonne nuit. Il sera bientôt l’ heure d’ aller prier à Matines.


              • domini canus domini canus 17 juin 2010 03:56

                "Je vous demandais de me pardonner pour le péché que j’ allais commettre en écrivant mon commentaire et surtout pas pour des péchés que j’ ai commis et qui ne regarde que moi. « 

                Chère Dominitille, on ne demande pas pardon pour un péché qu’on va commettre (ce ne serait pas sincère), mais pour un péché qu’on a commis.

                 »Je ne faisais référence qu’ à la seule église catholique, car les protestants ont l’ air d’ avoir compris le problème du célibat depuis longtemps. « 

                J’avais bien compris que vous faisiez référence à l’Eglise catholique. Mais pour le coup, je ne comprends pas la suite de ta phrase.

                 »Une question : êtes-vous vraiment prêtre ?"

                Oui.


              • domini canus domini canus 17 juin 2010 04:05

                "mon père,
                qui a t-il a voir ? qu’ avez-vous vu de si particulier pour être si heureux ? « 

                Heureux les pauvres, le Royaume de cieux est à eux.

                 »J’ aime trop ma liberté pour vouloir me laisser enfermer dans un carcan d’ idées si rigides et ma foi, peu conformes à mes convictions. « 

                La vraie liberté ne consiste pas à faire ce qu’on veut, mais à vouloir ce que Dieu veut.

                 »Que pensez des religieuses toutes mariées à un seul homme ? Ne pouvez-vous en tant que prêtres vous marier avec la maman de Jesus ? « 

                Les noces dont vous parlez sont spirituelles. Le fait que Jésus soit mon Epoux (et pas la Vierge Marie, qui n’est pas Dieu) ne fait pas de moi un homosexuel. J’ai pour la Vierge Marie une tendre affection et une filiale dévotion, mais c’est son Fils qui est mon Epoux.

                 »J’ espère que vous reviendrez sur AV pour y mettre d’ autres articles car j’ aurais plaisir à venir vous ennuyer ou parfois aussi poser des questions.
                Il y a eu ici pas mal d’ articles concernant la religion, mais jamais encore (du moins je le suppose) écrits par des professionnels de la soutane. Je gage ne jamais recevoir votre absolution, étant bien trop impertinente lorqu’ il s’agit de votre sacerdoce. « 

                Vous serez la bienvenue. Vous pouvez aussi venir m’ennuyer sur mon blog Praedicatho.

                 »Bonne nuit. Il sera bientôt l’ heure d’ aller prier à Matines."

                Bonne nuit et bonnes Matines ! smiley


              • Dominitille 17 juin 2010 14:30

                Bonjour mon père
                 J’ ignorais totalement que vous étiez marié à Jesus,
                Quant à votre invitation sur votre blog, je n’y manquerai pas d’y aller le voir.


              • domini canus domini canus 17 juin 2010 17:05

                « J’ ignorais totalement que vous étiez marié à Jesus »

                Ha ha ... vous n’aviez pas reçu le faire-part ... smiley


              • Céphale Céphale 16 juin 2010 18:38

                Domini Canus

                Vous avez écrit : « une société qui veut reléguer Dieu dans la sphère des dévotions privées. » C’est aussi mon avis. Cette idée fait l’objet en France d’un énorme malentendu. Il faudrait des pages pour expliquer la différence entre la sphère du privé et ce qui ne doit pas être exprimé en public. Dans notre république laïque, on a le droit d’affirmer sa foi religieuse, où que ce soit, mais pas de s’en servir à des fins politiques (par exemple pour inscrire nos racines chrétiennes dans la Constitution). Les laïcards qu’on voit à la télévision ne veulent pas comprendre cela. Je ne suis pas très doué pour vous l’expliquer, mais j’espère que vous me comprendrez.

                Bien à vous

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