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Accueil du site > Actualités > Religions > Le tout-psychologique : une nouvelle religion ?

Le tout-psychologique : une nouvelle religion ?

Il est malheureusement aisé de constater dans nos sociétés occidentales une tendance à l’extrapolation du modèle freudien et à sa déformation par le grand public et les médias qui utilisent les concepts freudiens du ça, du moi, et du surmoi comme une grille d’analyse universelle du comportement humain...

La dérive sensationnaliste et obscurantiste qui s’exprime dans l’usage que font de la psychanalyse freudienne certains professionnels mais aussi les médias et le grand public est devenue chose courante et on peut le regretter. Cette dérive consiste en l’instrumentalisation de la grille d’interprétation freudienne qui se voit quitter le champ thérapeutique dans certaines circonstances pour devenir un grille d’interprétation des comportements humains qui vient s’ancrer dangereusement dans le sociologique.

Il y a là un danger car la portée thérapeutique et explicative de la psychanalyse freudienne vient se fonder sur une relation de confiance entre le thérapeute et le patient qui se construit sur le temps long grâce, entre autres, à un nombre considérable de séances passées sur le divan. Il est malheureusement aisé de constater dans nos sociétés occidentales une tendance à l’extrapolation du modèle freudien et à sa déformation par le grand public et les médias qui utilisent les concepts freudiens du ça, du moi, et du surmoi comme une grille d’analyse universelle du comportement humain. Ce type de raisonnement est malheureusement trop souvent ancré dans les esprits : "Etant donné que, comme l’a dit le docteur Freud, nous sommes tous plus ou moins névrosés il apparaît nécessaire à un moment ou à un autre de notre existence d’entamer une démarche psychanalytique même si le besoin ne s’en fait pas directement sentir". On comprend bien ce qui permet le développement du "coaching" qui est à la psychanalyse ce que la chirurgie esthétique est à la médecine. Comme le disent ces pseudo-thérapeutes, "ça ne marche que si on y croit ". La psychanalyse pourrait-elle devenir pour le grand public et par le miroir déformant des médias une véritable religion ? Faut-il avoir foi en un inconscient psychique pour que la psychanalyse ait un quelconque effet thérapeutique ? Face à la tendance naturelle du grand public à l’extrapolation et à la pensée globalisante, il est plus que jamais du devoir des psychologues et des psychanalystes qui ont une exposition médiatique forte de ramener toute interprétation freudienne à son caractère circonstanciel et relatif pour couper court à une tendance dangereuse de "psychologisation du monde".

 


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67 réactions à cet article    


  • odlhp 29 juin 2007 10:23

    Article interessant mais la retranscription sur le site a du poser quelques problèmes. Il y a des redites...


    • odlhp 29 juin 2007 14:18

      Autant pour moi ! La première fois que j’ai lu l’article, certaines phrases étaient répétées deux fois. Je confirme donc : article interessant. Concernant le fond, nous avons tendance en Europe à récupérer avec 10 ou 15 ans de retard tout ce que les états unis font. En voilà un exemple de plus


    • Claude 1er juillet 2007 15:29

      d’ou vient cette idee qu’aux etats unis on ne psychologise pas . en fait on le fait beaucoup ,croyez moi mais a des fins pratiques,je veux dire en cherchant un effet et non pas uniquement pour le simple desir de philosopher . nos amis d’outre atlantique pensent qu’il faut manger pour vivre et qu’apres on pourra philosopher ce qui aidera a mieux manger. simple et efficace claude www.florideconseil.com


    • ZEN ZEN 29 juin 2007 10:44

      Intéressant article.La banalisation-incompréhension de la psychanalyse se vérifie , hélas !Cela fait longtemps que des psychanalystes dénoncent le « psychanalysme »

      « On comprend bien ce qui permet le développement du »coaching« qui est à la psychanalyse ce que la chirurgie esthétique est à la médecine »,dites-vous.

      Oui, ces nouvelles prises en charge à la mode sont souvent du maternage directif ambivalent. Le but de la psychanalyse n’est pas de diriger,mais , par une certaine qualité d’attention informée, d’attention « flottante »,d’écoute bienveillante et cultivée,de créer les conditions d’expression d’une parole libre à interpréter, d’un désir dans lequel le sujet reconnaîtra une part de lui-meme et retrouvera cohérence et relative sérénité.


      • JL JL 29 juin 2007 11:34

        hum ... des redites ? Dans un article si court ? sur un sujet si vaste ?

        A part la remarque de Zen je ne vois pas grand chose de nouveau dans ce texte.

        Je déplore l’association des concepts obscurantisme et sensationnalisme d’entrée de jeu, qui m’apparaît un peu comme le mariage de la carpe et du lapin. J’ai peut-être tort…


        • aurelien 29 juin 2007 11:39

          En effet ! Il est assez fâcheux de voir des personnes incompétentes en ce domaine parler de psychanalyse...

          Pour illustrer cela, voir par exemple cet article Agora Vox :

          Le jour où l’Amérique fut castrée


          • Luciole Luciole 30 juin 2007 21:07

            Si vous saviez avec quelles âneries sont « formées » les « personnes compétentes », vous retourneriez encore chez votre curé !


          • aurelien 29 juin 2007 11:53

            D’autre part et cependant, je dénote un amalgame, une sorte de globi-boulga :

            L’article parle de psychanalyse et le titre, quant à lui parle de psychologie, le tout assimilé à de la religion. difficile de comprendre donc quel est le sujet (le message, la volonté communicative ?) en fin de compte.

            Faire de la psychologie et comprendre des ressorts psychologiques n’a rien à voir avec faire de la psychanalyse, qui est une forme de relation institutionnalisée entre actants d’une psychanalyse.

            En d’autres termes, pas besoin de faire une psychanalyse pour comprendre comment fonctionne son esprit, et la pensée humaine.

            Maintenant vous parlez de religion, je ne pense que la psychanalyse freudienne aborde cette thématique dans cette optique de « nouvelle religion », vu que Freud définissait la religion comme l’« opium du peuple ». La psychologie analytique jungienne serait-elle plus proche de votre questionnement ?


            • ZEN ZEN 29 juin 2007 12:44

              @ Aurélien

              « Freud définissait la religion comme l’ »opium du peuple".

              Désolé, c’est Marx. L’auteur prend le mot religion comme métaphore, dans le contexte...


            • aurelien 29 juin 2007 12:48

              Quelle prestance, quel savoir !


            • aurelien 29 juin 2007 12:58

              Désolé, mais ni Marx ni Freud ne sont vraiment des auteurs que je lis régulièrement...

              Mais bon, « opium du peuple », « compensation illusoire », ou « névrose obsessionnelle collective », tout cela ne se rejoint-il pas un peu dans le fond ?


            • Ekmek 29 juin 2007 14:01

              La visée de l’article n’était pas de définir avec le plus d’exactitude possible les concepts de psychanalyse ou de psychologie mais bien de se questionner sur leurs perceptions par des non-spécialistes et par le grand public (avec des confusions possibles sur les concepts dans l’esprit de non-spécialistes) et sur les conséquences de ces perceptions sur les comportements et la vision du monde d’un nombre non-négligeable de personnes.


            • aurelien 29 juin 2007 14:13

              Donc sije comprends bien, vous êtes vous-même un non-spécialiste, qui critique le fait que les médias parlent de psychanalyse à tort et à travers, mais tout en ne sachant pas vous-même de quoi il en retourne ?


            • aurelien 29 juin 2007 14:32

              la « vision du monde » ?

              Mais en quoi la psychanalyse appporterait-elle une vision du monde aux gens ?

              silence radio ?


            • Ekmek 29 juin 2007 14:36

              Si vous le dites. Je suis débusqué, je m’incline devant tant de perspicacité et de remarques constructives de votre part.


            • aurelien 29 juin 2007 14:46

              Déconstruire c’est créer

              De nos jours, ce qu’on appelle construction, est en fait le refuge de la répétition et de la propagande.

              PS : Allez-y mollo quand même sur le transfert smiley


            • aurelien 29 juin 2007 15:41

              @ Parkway,

              Le « fantasme » (daans le sens pulsionnel, oral) ou mythe du cannibalisme, et la peur d’être mangé qui y est associée, est une composante très ancienne de la psyché humaine, et le fait que cela soit conscientisé et exprimé publiquement (d’autres que vous le font régulièrement aussi) dans un ordre de réflexion collectif (politique) est parlant, en ce qui concerne la situation actuelle de nos sociétés, s’apparentant de plus en plus à une jungle économique dans laquelle rôde les prédateurs financiers.


            • aurelien 29 juin 2007 15:45

              On associe génralement Bachelard à l’épistémologie dite « constructiviste » (wiki)

              Devrions-nous parler en un sens d’une épistémologie déconstructiviste pour saisir le réel par l’ « abîme », le Chaos/Abîme/Sans-Fond cher à Castoriadis ?


            • Alpo47 Alpo47 29 juin 2007 23:02

              Charabia incompréhensible ... Ce qui est clair, ne devrait il pas s’énoncer clairement ?


            • moebius 29 juin 2007 13:07

              Il est pourtant notable que la religion ou ce qui en tient lieu dans notre société à dominante laic doit beaucoup au langage de la psychologie freudienne et plus qu’un opium il s’agit là d’une « langue de bois » plus ou moins bien admise et reconnue par tous sur laquelle il est convenu de ne pas etre trop regardant. La psychanalyse est une tout autre démarche, c’est une pratique qui ouvre un espace de liberté.


              • aurelien 29 juin 2007 13:15

                C’est une pratique, oui ; qui ouvre un espace de liberté, non.

                L’analysé et l’analyste se conditionne mutuellement autour de l’approche définie par ce dernier.

                Il n’y a pas liberté mais accréditation d’une autorité extérieure (pour l’analysé) au travers de laquelle il s’analyse lui-même. Là où il y a autorité, au niveau psychologique, là où il y a méthode, il n’y a pas liberté.

                Ou alors parlez-vous d’une liberté par rapport à (quelque chose), par exemple, par rapport à certains masques sociaux, où la vie sociale de manière générale ? Dans ce cas, le « divan » est plus une fuite qu’une véritable liberté, ou alors une forme d’escalavage psychologique consenti.

                La liberté est d’un tout autre ordre.


              • aurelien 29 juin 2007 13:18

                lapsus révélateur : « se conditionnent », au pluriel...


              • ZEN ZEN 29 juin 2007 13:34

                @Aurélien

                « Là où il y a autorité, au niveau psychologique, là où il y a méthode, il n’y a pas liberté. »

                Justement, dans une psychanalyse bien conduite, il n’y a pas d’autorité, seulement une présence bienveillante et ouverte à tout, qui ne préjuge de rien, même pas de la guérison. Une méthode, heureusement que si...la seule règle:les libres associations. Le reste est caricature . Amct


              • aurelien 29 juin 2007 13:49

                Bien sûr que si il y autorité, et de plus marchandage : l’analysé paye l’analyste, pourquoi ? Parce qu’il en retire (ou croit en retirer) quelque chose de cette séance, parce qu’il y a autorité « bienveillante » comme vous dites durant la séance.

                Il me semble me souvenir d’une blague au sujet des psychanalystes :

                Deux psychanalystes se rencontrent et s’interrogent sur leur activité. L’un demande à son « pair », pourquoi d’après toi, malgré tant d’années passées sur le divan, nos clients ne semblent pas sortir de leur problèmes ? L’autre répond : peut-être parce que nous ne leur faisons pas payer assez cher la consultation...

                Ah ah smiley cela me fait penser à Lacan d’ailleurs...


              • JL JL 29 juin 2007 13:51

                Aurélien, essayez de remplacer ’analysé’ par ’analysant’ dans vos propos, peut-être que votre position quant à la confiscation de sa liberté par l’analyste sera plus nuancée.

                De fait, certains sont prisonniers de leurs images ici ou là. C’est aussi le rôle de l’analyste que de renvoyer une image qui elle n’emprisonne pas.


              • aurelien 29 juin 2007 14:07

                L’image renvoyée par le « filtre » d’un psychanalyste n’a rien de libérateur, c’est se voir au travers des yeux d’un autre.

                De même analyser, décortiquer, on peut le faire à l’infini. Est-ce que cela apporte le changement ? On peut passer toute sa vie à éclairer de petites zones d’ombre de l’esprit, sans pour autant aborder la vie dans sa globalité.


              • aurelien 29 juin 2007 14:09

                « yeux d’un autre », sous-entendu d’une autorité extérieure (celle du psychanalyste), dans le contexte limité que représente le cadre d’une psychanalyse.


              • Alpo47 Alpo47 29 juin 2007 13:19

                Permettez moi d’apporter une vision discordante.

                L’auteur mélange les genres et n’a, visiblement qu’une idée très lointaine des pratiques et méthodes utilisées actuellement en coaching. Je ne crois pas qu’il y ait un seul coach qui se serve des théories freudiennes dans sa pratique. Ceux ci ont des formations à l’analyse transactionnelle, l’approche systémique, la PNL, l’hypnose, la gestion des émotions, la sophrologie ... Toutes méthodes cherchant à amener des résultats VISIBLES et RAPIDES, tout le contraire de la psychanalyse, qui, si on en croit Lacan, n’est pas une pratique thérapeutique.

                Quand à supposer que tout le monde aurait intérêt à faire une analyse, voilà bien une idée, propagée pas les psychanalistes (tiens ?) et que je vais qualifier de totalement « inappropriée » ...

                Il existe, hélas, dans certains milieux Parisiens en particulier, toute une « mode » qui consiste à penser psychanalyse à tout propos et en particulier à utiliser Freud comme référence. Or le « grand homme » a commis pas mal d’erreurs dans sa pratique, (sinon de fraudes intellectuelles), notamment en généralisant à partir du travail d’auto-analyse qu’il a tenté de faire sur lui-même. Or, aujourd’hui, l’utilisation du travail de Freud pour les psychologues et psychiatres, limite leur recherche et leur compréhension du problème, mais SURTOUT leurs possibilités d’y apporter des solutions.

                Et je peux affirmer d’expérience, que le changement ne demande pas de s’allonger pendant des années sur un divan. Evidement, chacun fait ce qu’il veut de son temps et de son argent, je souhaiterais simplement que ce soit en étant informé.


                • aurelien 29 juin 2007 13:34

                  Votre article m’amène une réflexion sur Agora Vox :

                  Le problème avec ce genre de thématique est que nous sommes sur un journal d’opinions, et que le système de vote des commentaires reflète des opinions et non des avis réfléchis, le plus souvent.

                  L’arrivée du système de vote sur Agora Vox a amplifié le phénomène et la dégradation qualitative du journal. Le propre d’un journal d’opinion est que chacun essaie de faire passer un message sans pousser plus avant la réflexion, le plus souvent.

                  Résultat : il ne s’agit que de petites satisfactions temporaires (pour le rédacteur, mais aussi pour les lecteurs, mais sans plus d’impact sur la société). Plutôt que d’argumenter, on préférera voter négativement un commentaire, de manière parfois pulsionnelle et avec l’effet de groupe qui va avec (écrasement de certains commentaires). Tout cela allant dans une logique de « toujours aller plus vite »...

                  Sur Agora Vox, plus besoin d’argumenter, on écrit des petites brèves d’une vingtaine de lignes pour faire un article, on ne répond pas aux commentateurs, on ne s’investit pas dans le dialogue... et le tour est joué.

                  Petite « parenthèse »...


                  • moebius 29 juin 2007 13:45

                    Aurélien, Nous ne sommes pas d’accord sur la notion de liberté. « Accréditation d’une autorité extérieur pour l’analysé » peut aussi rimer avec « esclavage psychologique » Je pense ici a liberté comme à un lieu vacant ou une parole singuliere peut emmergée, certainement pas comme une fuite et pourquoi fuir alors que ce divan est si confortable et me conforte dans ma singularité


                    • moebius 29 juin 2007 13:47

                      Mais fuyons donc ce divan là...


                    • aurelien 29 juin 2007 14:01

                      Faire une psychanalyse pour se conforter dans ce que l’on est, dans ses opinions, c’est du narcissisme allongé.


                    • aurelien 29 juin 2007 14:02

                      à côté du narcissisme assis institutionnalisé du psychanalyste...


                    • moebius 29 juin 2007 14:08

                      Alpo, il est vrai que la psychanalyse est une mode (malheureusement ?) ou du moins elle la été, sa grande période fut celle des années 70 avec la figure de Lacan et « etre en analyse chez Lacan » vous donnez quelque chose comme du statut social, je ne pense pas que se soit encore le cas, de meme que le discours la pratique s’est aujourd’hui banalisée et mes fautes d’orthographe ne sont pas des lapsus


                    • moebius 29 juin 2007 14:13

                      aurélien, d’accord ça n’aurait aucun sens


                    • moebius 29 juin 2007 14:18

                      Furtif, vous oubliez la téle toujours en face du divan Snoopy, le prix de la redevance télé, c’est tout et quelque gateaux apéritif mais nous sommes loin de ce Sigmund


                    • snoopy86 29 juin 2007 13:58

                      Furtif, vous venez de faire, et de trés loin, le commentaire le plus intelligible de ce fil..

                      Votre tarif est-il négociable ?


                    • ZEN ZEN 29 juin 2007 14:49

                      @ Le Furtif

                      Sacré farceur !...Amicalement.


                    • aurelien 29 juin 2007 14:54

                      On ne peut pas dire qu’en ce qui vous concerne vous vous fatiguiez en terme de présence dans les commentaires de votre article !

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