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Les « 10 bonnes raisons » contre le mariage et l’adoption pour les couples homos du Cardinal André Vingt-Trois

Le Cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, président de la Conférence des évêques de France, ne ménage pas ses efforts pour s’opposer au mariage et à l’adoption pour les couples de même sexe. Après la prière de l’Assomption, les déclarations homophobes du Cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, et la lettre de l’évêque des Hauts-de-Seine aux catholiques de son diocèse, le diocèse de Paris vient de publier un argumentaire en 10 points, sans aucune connotation religieuse (sic !), « afin de permettre aux catholiques de faire entendre leur position. »

Une méthode qui ressemble curieusement à celle utilisée par l’institut Civitas, qui a publié une brochure de 28 pages intitulée « La problématique homosexuelle : Guide argumentaire contre le mariage de personnes de même sexe et l’adoption par elles d’enfant » et rédigée par Alain Toulza.

Pour le diocèse de Paris, c’est le Père Matthieu Rougé, directeur du Service pastoral d’Etudes politiques, qui a écrit, à la demande du Cardinal André Vingt-Trois, cet « argumentaire » qui n’apporte rien de nouveau sur la question et qui ne fait que reprendre des arguments dignes des philosophes du dimanche, lorsqu’ils ne vont pas à la messe…

 

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10 bonnes raisons de ne légaliser ni le mariage entre personnes du même sexe, ni l’adoption par des parents du même sexe

Certains affirment que notre législation actuelle du mariage et de l’adoption serait liée à une conception religieuse de la société. On notera qu’en fait, aucun des arguments ici énumérés n’a de connotation religieuse. En revanche, on voit que s’affrontent une vision strictement individualiste et une approche sociale.

1. Le mariage : une forme de vie précise mais pas exclusive

Le mariage est une forme particulière de vie commune. C’est le nom et l’institution juridique correspondant à l’engagement durable d’un homme et d’une femme qui souhaitent fonder une famille. Mais le mariage n’est pas un modèle universel. Il y a des célibataires, des concubins. Respecter vraiment les personnes homosexuelles, c’est les respecter aussi dans le fait de ne pas se plier au seul modèle du mariage, présenté ou perçu comme universel ou dominant.

2. Le mariage n’est pas la reconnaissance publique des sentiments

C’est se tromper sur la nature et la définition du mariage que de le considérer comme la reconnaissance sociale de l’amour, à laquelle pourraient aspirer tous ceux qui s’aiment sincèrement. On ne voit pas bien d’ailleurs l’utilité et la légitimité de la reconnaissance par les pouvoirs publics d’une relation amoureuse, la réalité la plus intime qui soit. Le mariage est en fait l’inscription de la filiation dans une institution stable, notamment pour protéger la mère (matri-monium) : il est en effet présumé que l’enfant d’une femme mariée a son mari pour père, avec les droits et les devoirs qui en découlent.

3. Le statut économique du mariage est lié à sa fonction social

Si le mariage est perçu comme un modèle attractif, c’est en particulier en raison des facilités économiques qui y sont liées. Mais celles-ci ne sont justifiées que par le soutien que la société estime devoir apporter à ceux qui contribuent à son renouvellement par la transmission de la vie et le travail éducatif. Il ne s’agit pas d’une « niche » fiscale et sociale, mais d’une prise en compte de l’apport spécifique de ce mode de vie à l’effort collectif. Détachées de cette justification, les contours économiques du mariage n’ont plus de raison d’être. Les célibataires devraient alors avoir exactement les mêmes droits que les « mariés ».

4. Le mariage entre personnes de même sexe entraînerait en fait la fin du mariage civil

L’orientation sexuelle n’a pas l’objectivité de l’identité sexuelle. L’expérience prouve qu’elle peut changer au cours de la vie et elle n’apparaît pas sur les cartes d’identité. Compte tenu de l’extrême souplesse de fait des obligations juridiques liées au mariage, rien n’empêcherait le cas échéant que deux hommes ou deux femmes totalement hétérosexuels se « marient » pour des raisons fiscales ou en vue d’un « regroupement » professionnel… Le mariage ne serait plus en réalité qu’une association contractuelle d’intérêts privés. On ne serait donc pas passé du PACS au mariage mais on aurait résorbé le mariage, institution sociale, dans le PACS, contrat privé. L’ouverture du mariage aux partenaires de même sexe reviendrait finalement à supprimer le mariage civil.

5. Conséquences logiques d’une déstructuration du mariage

Pourquoi le mariage unit-il deux personnes ? Parce qu’il s’agit d’un homme et d’une femme, en vue notamment de la procréation. Si l’on sort de ce modèle, pourquoi limiter à deux le nombre de partenaires ? C’est ainsi qu’un mariage à trois a été célébré au Danemark récemment. Dans le contexte français, la polygamie est devenue une question sociale sensible. Elle fait partie de l’expérience culturelle de certaines populations immigrées. Mais elle est aussi paradoxalement, certes sous une forme non juridique, le mode de vie assumé d’une frange de la population qui revendique ce droit aux partenaires multiples et simultanés. Le cas échéant, quels seraient donc les arguments probants qui permettraient de restreindre les ouvertures d’un « mariage » désormais détaché de son lien objectif avec la procréation ? Se posent d’ailleurs non seulement la question des partenaires multiples mais aussi celle des relations intrafamiliales ou intergénérationnelles.

6. Le mariage entre personnes de même sexe aggraverait le communautarisme

Le tout nouveau « code de la laïcité et de la liberté religieuse » justifie l’obligation de ne marier religieusement que ceux qui se sont mariés civilement par un souci d’ « intégration dans l’espace public ». Si le mariage civil devenait totalement équivoque par rapport à ce que l’ensemble des religions entendent par mariage, cette lourde obligation du code pénal leur deviendrait inacceptable et elles demanderaient vraisemblablement sa suppression. Dans le contexte sensible de la montée des communautarismes en France, il y aurait là un facteur de désintégration sociale.

7. Privilégier les droits « de » l’enfant plutôt que le droit « à » l’enfant

L’adoption consiste fondamentalement à donner des parents à des enfants qui en sont dépourvus et non l’inverse. Ce qui est premier dans ce processus n’est donc pas le désir des parents mais le besoin des enfants. Faire en sorte que leurs parents adoptifs remplacent au plus près leurs parents biologiques est donc une priorité.

8. L’adoption par les célibataires : un faux argument

La possibilité de l’adoption par des célibataires remonte aux lendemains de la guerre et s’explique au départ par un déficit de partenaires masculins pour les femmes et par une recrudescence du nombre des orphelins. On dira aujourd’hui que permettre l’adoption par le partenaire de même sexe d’un parent adoptif, c’est « sortir de l’hypocrisie ». En réalité, même si un parent adoptif a un partenaire de même sexe, le désigner comme un deuxième père ou une deuxième mère ne correspond pas à la réalité et constitue donc un mensonge. Il peut être légitime et opératoire en revanche d’établir un dispositif circonscrit de « délégation de l’autorité parentale pour les actes de la vie courante ».

9. Le mariage entre personnes de même sexe fragiliserait l’adoption internationale

On dira souvent qu’il vaut mieux qu’un enfant soit adopté par des partenaires de même sexe plutôt que de ne pas être adopté de tout. Chacun sait qu’en réalité cette question ne se pose pas puisque le nombre d’enfants adoptables est moins important que les demandes de parents adoptifs. En revanche, comme l’évoque un film récent, un certain nombre de pays refusent que leurs ressortissants soient adoptés par des parents provenant de pays où l’adoption par des partenaires de même sexe est autorisée. S’il y avait une légalisation en France, un grand nombre de pays interrompraient l’adoption internationale vers notre pays, ce qui diminuerait considérablement les possibilités d’adoption pour les familles françaises.

10. Le recours à la GPA largement identifié comme une atteinte à la dignité des femmes

L’aide médicale à la procréation peut sembler changer les règles de la parenté. Mais qu’on le veuille ou non, tout enfant, même s’il est né grâce à une insémination artificielle ou une fécondation in vitro, n’a pas deux pères ou deux mères : il a un père et une mère biologiques. Certains hommes vivant avec un partenaire de même sexe souhaiteraient, pour adopter des enfants, recourir à la gestation pour autrui. Celle-ci est actuellement rejetée et par la majorité (position du Gouvernement pendant la révision de la loi de bioéthique) et par l’opposition (vote du Conseil National du PS en décembre 2010) comme gravement attentatoire à la dignité des femmes. La coïncidence des revendications appelle en retour une cohérence du discernement.

 

Si c’est avec de tels « arguments » que l’Eglise catholique espère faire entendre sa voie dans le débat sur l’ouverture du mariage aux couples de même sexe, les personnes LGBT, qui attendent avec impatience que la loi soit votée, n’ont rien à craindre… D’ailleurs, craignent-elles vraiment les vociférations incessantes de l’épiscopat français qui joue un jeu dangereux à vouloir trop en faire sur une question qui ne le regarde pas ? Messieurs les cardinaux, archevêques et évêques, la coupe de l’ignorance crasse est pleine ! Inutile d’en rajouter encore !




par Giuseppe Di Bella (son site) mardi 18 septembre 2012 - 150 réactions
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  • Par King Al Batar (---.---.---.20) 18 septembre 2012 16:03
    King Al Batar

    Au début, cette loi j’étais contre mais je m’en foutais. Conscient de l’enfumage qu’elle represente, je ne voyais pas la peine de m’y interesser.
    L’auteur ne cesse de nous rabacher que ce fait 10 ans que la droite nous fout dans la merde, mais ca fait aussi 10 ans qu’elle nous enfume de la même manière, par conséquent nous ne sommes plus dupes...
    Sous Sarkozy, on nous balanceait des projets de loi sur le voile integral, des trucs qui concernent meme pas 1% de la population.
    La encore, le mariage homosexuel est du même ordre, c’est à dire une loi qui concerne finalement que peut de gens, et qui me parait être un enfumage homologué dont le seul but est de dissimuler un immobilisme évident concernant des sujets nettement plus important pour nos sociétés.
    Donc ma tendance, concernant ce type de mesure faussement « populiste » et qui ne sont que de la poudre aux yeux pour nous laisser croire que les politiques bossent et aient un quelconque pouvoir, c’est de m’en foutre.

    Maintenant, le concept de mariage homosexuel me gène de mon propre point de vue car je n’en mesure absolument pas la nécéssité. Pour bien connaitre ce type de contrat PACS + testament = contrat de mariage. Donc je ne vois pas l’interet de créer quelquechose qui existe déjà (en équivalence) et qui en plus touche au domaine du traditionnel.

    Par contre, à voir la virulence des homo soit disant « progresssistes » mais apparemment très attaché à la tradition (du moins sur ce point) je serais plutot pour l’avis d’un referundum national. Juste pour que les homos ainsi que les politiques de gauche comprennent qu’on impose pas aux citoyens quelquechose qu’ils ne veulent pas ! Et le pir c’est qu’on nous ment dans les sondages... Tout ca pour nous enfumer ca commence à me déplaire profondemment....

    De mon point de vue personnel je m’en fout. A voir le nombre de divorcede nos jours, je serais pour qu’on concoive un contrat de mariage à durée determiné, de 10 ans, renouvelable par tacite reconduction. Vu le consumérisme qui habite les francais, et mon peu d’attaches aux traditions, cela me paraitrait plus approprié... Donc vous voyez bien les traditions je m’assoie un peu dessus.

    Mais il y a manière et manière... Voyez vous M Di Bella, je n’aime pas vos manières... Je n’aime pas votre critique de l’église, qui ne fait que tenir une position qui est évidente... Je n’aime pas votre acharnement à vouloir démontrer tous les défauts de vos détrteurs, en sachant que si des gens s’acharnait autant que vous à demontrer les défauts des personnes de votre communauté, il y en aurait autant que pour l’église. Et jaime pas la manière de Francois Hollande de se faire passer pour un président normal, alors qu’il va nous la mettre de la même manière que la droite.

    M Di Bella, votre communauté est manipulée à des fins d’enfumage d’opinion publique (pour masquer un immobilisme évident) et vous, vous plongez dans cet enfumage, et sous pretexte de mener un combat, vous salissez l’église qui n’a certainement pas besoin que vous lui fassiez la morale. Vos procédés sont donc naifs (en incluant toute la stupidité que cela suppose), si vous êtes de bonne foi et defendez ce que vous croyez comme étant votre cause, ou alors vous êtes un complice de cet enfumage, et vous participez activement à la dissimulation de l’incompétence de nos élites.

  • Par arobase (---.---.---.178) 18 septembre 2012 17:03

    en effet j’avais une conviction qui s’est avérée insuffisamment fondé car basée sur tout ce qu’on entend.

    il est important de se rendre compte de ses erreurs !
    le simple fait d’entendre énumérer le nombre d’enfants vivant privés d’un des deux parents m’ont ouvert les yeux. 

    moi aussi je n’ai pas eu de père, privé de tout mais pas d’affection. aussi je ne changerai pas mon enfance contre celle de mes enfants qui ont tout eu, mais il leur a manqué cette ambiance familiale ou les grand parents, les oncles et tantes , les cousins, les copains, les voisins même, sont là et forment une cercle des plus chaleureux. la vie d’un enfant au village, ça n’a pas de prix !
    les miens ont été élevé dans la froideur de paris et marseille.
  • Par Romain Desbois (---.---.---.43) 18 septembre 2012 16:03

    Pourquoi abolir ?

    Est-il possible de laisser les gens libres de choisir ?

    La vraie liberté est la liberté de choix.

  • Par Romain Desbois (---.---.---.43) 18 septembre 2012 16:32

    Pas très chrétien de demander que l’on s’en prennent aux autres religions.....

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