Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Religions > Les députés québécois se cramponnent à leur crucifix

Les députés québécois se cramponnent à leur crucifix

Tandis qu’une affaire d’annulation de mariage par le tribunal de Lille, pour cause de non-virginité de l’épouse, émeut la France entière, le journal La Croix évoque la question du crucifix de l’Assemblée nationale qui divise en deux le Québec. Le quotidien commente également l’affaire de Lille avec assez de pertinence et de sérénité, ce qui n’est pas forcément le cas des journaux et de personnalités politiques qui ont exprimé bruyamment leur indignation.

Au Québec, existe une doctrine dite des "accommodements raisonnables" qui vise à rechercher le meilleur compromis entre le respect des religions et l’impératif de laïcité dans la vie publique. Dans ce cadre, le gouvernement a créé une commission de consultation pour étudier les habitudes d’accommodement reliées aux pratiques culturelles. Le rapport de cette commission vient d’être rendu public et, loin de calmer les esprits, jette de l’huile sur le feu à propos du crucifix qui trône au-dessus du siège du président de l’Assemblée nationale !

La commission d’étude s’est prononcée contre le maintien de ce crucifix et du port de signes religieux pour les fonctionnaires qui incarnent l’autorité de l’État. Elle s’oppose également à la prière au début des séances des conseils municipaux. En France ces questions peuvent sembler très curieuses et cela montre que d’un pays à un autre la notion d’accommodements peut revêtir des réalités diverses. Ce crucifix a été installé par Maurice Duplessis, en 1936, pour illustrer la proximité entre le pouvoir législatif et la religion catholique de la majorité québécoise, il ne signifie plus rien aujourd’hui et devrait être retiré, disent les auteurs du rapport.

Nous autres, Français, serions unanimes à décider qu’il devrait être retiré de notre Assemblée au nom de la séparation des pouvoirs temporel et spirituel et de la laïcité constitutionnelle. Mais les députés québécois ne voient pas les choses sous cet angle et, sitôt dévoilé le rapport de la commission, ils défendirent à l’unanimité une motion visant au maintien de cette croix dans l’enceinte du Parlement. "Il n’est pas question d’écrire l’histoire à l’envers, de préciser le Premier ministre Jean Charest. L’Église a joué un très grand rôle depuis trois cent cinquante ans, le crucifix est un symbole de cette histoire et n’est pas seulement religieux."

C’est donc au nom de l’Histoire que le symbole religieux sera sans doute préservé ! On voit, à cette occasion, où l’alibi historique peut mener en matière d’équilibre à trouver entre religion et laïcité.

Le journal La Croix analyse aussi l’affaire de Lille, sans passion, sous l’angle privilégié du droit. Le quotidien rappelle que jusqu’à la loi de 1975, la possibilité d’annulation de mariage ne tenait qu’à une erreur sur l’identité même de la personne. Mais, explique Pascal Labbée, professeur à l’Institut du droit et de l’éthique de Lille 2, cette loi a "contractualisé le lien matrimonial en instaurant le divorce par consentement mutuel’ et en alignant la définition de l’erreur dans le mariage sur celle que l’on connaît en droit commun des contrats"’.

Depuis des annulations de mariage ont été prononcées sur le fondement de la notion très subjective de "qualité essentielle de la personne". C’est cette même notion qui a justifié la récente décision du TGI de Lille. Mais les actions en justice pour annulation du mariage sur l’argument de la non-virginité de l’épouse échouent le plus souvent devant la difficulté du conjoint à apporter la preuve. Dans l’affaire de Lille, c’est l’honnêteté de l’épouse qui a été sanctionnée : celle-ci a avoué et donné son consentement à l’annulation du mariage. Comme quoi, la malhonnêteté est parfois payante en droit.

Les cas d’annulations des trente années écoulées concernent des dissimulations d’un passé de divorcé ou de prostitué, d’erreur sur la santé mentale du conjoint ou son aptitude à avoir des relations sexuelles normales. La notion de "qualité essentielle de la personne" peut en fait s’entendre très largement et c’est la faute du législateur qui l’a voulu ainsi. Serait-il mal venu de prendre le juge comme bouc émissaire alors qu’il n’aurait fait qu’appliquer la loi ? Pas si simple, son pouvoir d’interprétation lui permettait de dire que la perte de la virginité de constitue pas un vice du contrat de mariage parce que ce n’est pas une "qualité essentielle de la personne".


Moyenne des avis sur cet article :  4.4/5   (20 votes)




Réagissez à l'article

43 réactions à cet article    


  • rocla (haddock) rocla (haddock) 30 mai 2008 11:10

    son aptitude à avoir des relations sexuelles normales ,

     

    Expliquez-nous voir ça qu’ est-ce que ça veut dire que ça ce ?


    • La Taverne des Poètes 30 mai 2008 11:55

      à Rocla : Réponse juridique sur ce point : un exemple

      COUR DE CASSATION, DEUXIEME CHAMBRE CIVILE. 30 octobre 1989. Pourvoi n° 88-16.708 Arrêt n° 2076. Rejet du pourvoi :

      La cour dit "Que l’aptitude aux relations intimes constitue communément l’une des qualités que l’on attend de son futur conjoint"

      "Qu’il appartient cependant à celui qui se prévaut de l’impuissance ou de l’inhibition de son époux pour solliciter la nullité du mariage d’en rapporter la preuve"

       


    • rocla (haddock) rocla (haddock) 30 mai 2008 11:59

      La Taverne ,

       

      Une bonne levrette c ’est quand-même mieux que ce charabia juridique .


    • La Taverne des Poètes 30 mai 2008 12:05

      C’est cul F.D !


    • Pierre de Vienne Pierre Gangloff 30 mai 2008 11:18

      C’est la participation de la justice Francaise à l’humiliation d’une jeune femme qui est scandaleuse, sa complicité effective d’une pensée religieuse rétrograde. La "qualité essentielle de la personne" a surtout été bafouée par cette justice. L’honneur du mari bafoué on s’en tape !! 

       


      • rocla (haddock) rocla (haddock) 30 mai 2008 11:31

        Ca donne bafoué dans le dos...


        • La Taverne des Poètes 30 mai 2008 12:03

          Attention de ne pas confondre le défaut de consentement au mariage (cause de nullité absolue prévue par l’article 146 du code civil) avec les vices qui l’affectent sans en atteindre l’existence même (causes de nullité relative envisagées à l’article 180 du code civil).

          Selon l’article 180 du code civil, le mariage contracté sans consentement libre ou par erreur ne peut être attaqué que par les époux ou par celui des deux dont le consentement n’a pas été libre ou a été vicié par l’erreur. Tandis que la nullité absolue de l’article 146 peut (doit ?) être demandée par le Parquet.

          La Cour de cassation a rappelé cette distinction dans son arrêt 1ère chambre civile du 4 juillet 1995. (Pourvoi n° 93-15.005 Arrêt n° 1241.Cassation partielle sans renvoi.)

          La cour d’appel avait elle-même fait la confusion, c’est dire si le droit n’est pas facilement accessible à tout le monde !

           


          • La Taverne des Poètes 30 mai 2008 15:23

            Léon :

            Je cite la cour de cassation :

            "ALORS QUE, d’une part, en considérant qu’il n’y a point de consentement au mariage lorsque le consentement donné par l’un des époux est entaché d’erreur, la cour d’appel, confondant ainsi le défaut de consentement, cause de nullité absolue prévue par l’article 146 du code civil, et les vices qui l’affectent sans en atteindre l’existence même, causes de nullité relative envisagées à l’article 180 du même code, a violé par fausse interprétation et fausse application les dispositions du premier de ces textes ; "

            LA COUR DE CASSATION, PREMIERE CHAMBRE CIVILE. 4 juillet 1995. Pourvoi n° 93-15.005 Arrêt n° 1241. Cassation partielle sans renvoi.

            Je crois qu’il est écrit "juriste" aussi sur les cartes professionnesl des hauts magistrats ! Mais vous pouvez douter quand même...

            Par ailleurs, comme je ne m’adresse pas à des juristes, il m’arrive de simplifier ou d’user de quelques raccourcis ou images. Donc la précision peut en souffrir légèrement.

             

             


          • La Taverne des Poètes 30 mai 2008 15:26

            La distinction opérée ne concerne pas les effets mais le fondement juridique de la décision. Je n’ai pas évoqué les effets, c’est vous qui en parlez.

             


          • La Taverne des Poètes 30 mai 2008 15:42

            A propos de l’autre point que vous évoquez : tirée de la même décision de la haute cour, cette phrase :

            "L’action en nullité relative pour erreur dans la personne, ou sur des qualités essentielles de la personne, prévu par l’article 180 du code civil, est exclusivement attachée à la personne et ne peut être exercée que par l’époux dont le consentement a été vicié"

            Le parquet ne peut s’opposer au mariage que dans les cas dans lesquels il peut demander sa nullité au nom de l’atteinte à l’ordre public (exemples : absence de consentement -et non pas vice du consentement car alors c’est l’article 180 -, mariage blanc, etc) 

             


          • La Taverne des Poètes 30 mai 2008 16:16

            Oui on est d’accord : les effets de la nullité sont les mêmes dans les deux cas, à une exception toutefois : le mariage putatif mais bon ! n’entrons pas dans les complexités...

            Mais encore une fois je disais qu’il faut bien distinguer les deux pour fonder la décision en droit. Je ne parlais pas des effets produits.

             


          • La Taverne des Poètes 30 mai 2008 16:21

            Et pour en revenir à votre remarque désobligeante : Je suis juriste mais je ne connais pas tous les pans du droit. Vous ne trouverez au monde aucun juriste incollable tant le Droit s’est enflé et ramifié. C’est pourquoi il existe des cabinets pléthoriques de juristes avec chacun sa spécialité (et sous-spécialité). J’ai fait des études de droit public et je suis plus à l’aise à l’origine dans le droit adminsitratif et constitutionnel mais par mon métier je fais du droit privé et je suis particulièrement spécialisé dans tout ce qui touche à l’action sociale (très dense). Je trouve que ce n’est déjà pas si mal. Ces précisions vous suffisent-elles ?

             

             


          • 5A3N5D 30 mai 2008 16:45

             @ Poète,

            Le parquet ne peut s’opposer au mariage que dans les cas dans lesquels il peut demander sa nullité au nom de l’atteinte à l’ordre public (exemples : absence de consentement -et non pas vice du consentement car alors c’est l’article 180 -, mariage blanc, etc)

            Non ! Le "mariage blanc" (plus exactement "mariage frauduleux" ou "simulé") tombe uniquement sous le coup de l’article 146 (nullité absolue.)

            Le mariage blanc se définit par la volonté d’atteindre un but autre qu’une union matrimoniale (visa, titre de séjour, nationalité.)

             


          • La Taverne des Poètes 30 mai 2008 16:58

            C’est bien ce que je dis.


          • La Taverne des Poètes 30 mai 2008 17:00

            Article 146 et j’ai donné comme exemples : absence de consentement et mariage blanc


          • Olga Olga 30 mai 2008 12:21

            Quelle idée de se marier ? Surtout si on connaît si mal son partenaire...

            Pour les personnes allergiques au crucifix, je vous conseille de jeter un oeil sur les sketchs de George Carlin. Sa vision de la religion est assez désopilante. On peut en voir un extrait dans le film "Zeitgeist" (qui est librement téléchargeable), où le Dieu barbu sur son nuage en prend pour son grade. Tout le monde n’appréciera pas, moi j’adore. Pour ceux qui maîtrisent la langue de Shakespeare, vous pouvez trouver une vidéo intitulée "George Carlin on religion" sur un site, dont le nom commence par "daily" et finit par "motion". Je vous laisse trouver tout seul, vous en êtes tout à fait capable, si , si , j’insiste...


            • La Taverne des Poètes 30 mai 2008 12:28

              Les députés québé-croix !

               


            • Deneb Deneb 31 mai 2008 09:32

              Olga, j’ai bien aimé Zeitgeist. Dans le même registre je recommande "The Power of Nightmares", disponible sur les reseaux P2P pour ceux qui savent faire.


            • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 2 juin 2008 04:05

               @ Taverne du Poete : il vous manque le relief de la décision du crucifix. Le vrai débat, c’est sur la décision de la commission de permettre que les enseignants portent des signes religieux distinctifs à l’école, ce qui est évidemment l’endroit où les conséquences en sont doublement pernicieuses, puisqu’on permet au clergé catho de revenir insidieusement en scene, tout en offrant un prétexte pour accepter les symboles islamiques.. Le Québec est assiégé.... L’affaire du crucifix sert surtout à détourner l’attention...

              Pierre JC Allard 

               


            • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 2 juin 2008 04:18

               Je pense que ce qui contractualise le mariage est une pas vers la liberté de l"individu. Ici, nous avons une conséquence navrante, parce que les parties utilisent leur liberté pour aller à l’encontre de ce que nous estimons progressiste. Dommage, mais je ne crois pas qu’il soit sage de reculer sur la notion de liberté pour protéger les individus contre leurs propres idiosyncrasies. Plutôt une annulation acceptée que le spectre de mariages forcés.

              Pierre JC Allard

               

               


            • La Taverne des Poètes 30 mai 2008 13:02

              Cette malheureuse affaire aurait peut-être pu être évitée de la manière suivante (point de vue) :

              Le mariage pouvait être annulé puisqu’il y a ici commun accord, mais sur une base juridique différente de celle invoquée.

              En effet, l’absence de volonté réelle des époux de vivre une union matrimoniale est considérée comme une absence de consentement et la nullité relative peut-être invoquée par l’un des époux sur la base de l’article 146. (article invoqué aussi dans l’affaire de Lille).

              La preuve de l’absence de volonté réelle est facile à apporter dans les cas de mariage conclus dans une finalité étrangère de l’union matrimoniale (exemple coclu seulement pour transmettre un patrimoine successoral). Mais cette preuve peur aussi surgir après le mariage en fonction de l’attitude des époux. Ici, la femme a été renvoyée chez ses parents et le conjoint n’a plus voulu de vie commune. Il n’y avait donc plus de volonté réelle et l’annulation pouvait se faire, à mon avis, sur ce fondement car l’absence de cohabitation est mise en avant notamment pour faire annuler les mariages blancs. 

              Jurisprudence : "Il y a erreur sur les qualités essentielles de la personne et défaut de consentement lorsque l’un des époux était dépourvu de la volonté de s’unir effectivement et durablement et d’en assumer les conséquences légales." (COUR DE CASSATION, PREMIÈRE CHAMBRE CIVILE. Formation de section.19 septembre 2007.Pourvoi n° 06-20.208. Arrêt n° 958. décision cassée)

               

               


              • Olga Olga 30 mai 2008 13:13

                Votre arsenal juridique est fort impressionant. Je n’oserais pas vous contredire dans ce domaine. Pas d’objection votre Honneur !


              • La Taverne des Poètes 30 mai 2008 14:43

                Oui je suis très sérieux aujourd’hui. C’est le sujet qui veut ça. Mais je vais me lâcher ensuite. J’aime bien votre avatar !


              • faxtronic faxtronic 30 mai 2008 13:18

                En ce qui concerne les quebecois. le crucifix fait partie de leur histoire, c’est bien. Nous on a eu 1905 qui fait que retirer le crucufix fait aussi partie de notre histoire. Pas de probleme.

                En ce qui concerne l’affaire de Lille, Voire autre threads


                • LOISEAU 30 mai 2008 13:22

                  Bravo aux députés québecois. Leur action montre que séparer ne signifie pas exclure. Souvenons nous, lorsque l’on parle de laïcité en France, que le mot FRATERNITE figure sur la devise de la république.

                  Sur l’autre thème, je préfère crier haro sur le mari que sur la justice.


                  • Zalka Zalka 30 mai 2008 14:07

                    Donc être rétrograde, c’est grave seulement si on est musulman ?

                    Mouais...

                    Je trouve que les deux cas sont pathétiques...


                  • Zalka Zalka 30 mai 2008 14:09

                    C’est marrant, j’ai dit exactement la même chose sur un des articles sur cette annulation !

                    Comme quoi, seb, nous parvenons parfois à être d’accord. Je crains juste que votre opinion ne déborde sur tous les musulmans au lieu de concerner uniquement les arrièrés.


                  • La Taverne des Poètes 30 mai 2008 14:41

                    Quelque remarques :

                    L’avocat a raison de dire que la meilleure action à intenter était l’annulation et non pas le divorce pour infidélité. Car le vice (*) entachait le consentement dès l’origine. Il ne s’agit pas d’une infidélité post mariage. Il n’a pas tort non plus de dire que c’est le mensonge qui a été déterminant et pas la non virginité de l’épouse. Et la motivation est légale.

                     (*) vice = terme juridique sans connotation morale.

                    Mais c’est une annulation absolue à l’initiative du parquet qui aurait due être engagée pour éviter ce grave trouble à l’ordre public, et aux valeurs républicaines, occasionné par cette décision aberrante. Par ailleurs, si le consentement au mariage doit être réel et libre, obtenu sans contrainte, qu’en est-il de l’acquiescement de l’épouse à la décision d’annulation ? Cette décision est-elle vraiment libre, sans contrainte d’aucune sorte (religieuse, familiale, communautaire) ? C’est discutable. Il paraît qu’il n’y aura pas d’appel à la décision. Cette renonciation à faire appel est-elle libre ? On peut en douter pour deux raisons : les contraintes possibles que j’ai évoquées, le bruit qu’a provoqué cette affaire et qui va obliger l’épouse à se faire discrète.

                    Je vous donne les références des décisions judiciaires que la presse évoque la plupart du temps sans les citer : (jurisprudence des "qualités essentielles de la personne") :

                    - L’ignorance de la qualité de divorcé du conjoint : Cour de cassation chambre civile 01/12/1997

                    - L’ignorance que l’autre conjoint avait une liaison qu’il n’avait pas l’intention de rompre : TGI Le Mans 07/12/1981, cour d’appel Rennes 11/12/2000

                    - L’ignorance de la qualité de condamné de droit commun : TGI Paris 08/02/1971

                    - L’ignorance de la "qualité" de prostituée : TGI Paris 13/02/2001

                    - Erreur sur l’aptitude à avoir des relations sexuelles normales : Cour d’appel Paris 26/03/1982

                    - Erreur sur l’aptitude à procréer : TGI Avranches 10/07/1973

                    - Erreur sur l’intégrité mentale : TGI Rennes 09/11/1976

                     

                     


                    • Olga Olga 30 mai 2008 14:44

                      Et en plus il en avait sous le coude, le bougre... Mais où va-t-il s’arrêter ?


                    • 5A3N5D 30 mai 2008 16:28

                      @ Poète,

                      Mais c’est une annulation absolue à l’initiative du parquet qui aurait due être engagée pour éviter ce grave trouble à l’ordre public, et aux valeurs républicaines, occasionné par cette décision aberrante.

                      Vous racontez strictement n’importe quoi. En quoi le fait que la mariée ait menti à son époux constitue-t-il une "atteinte grave à l’ordre public, aux valeurs républicaines" ?

                      Retournez à votre poésie à deux balles. Sachez que l’absence de volonté de fonder une union durable n’est invoquée qu’en cas de "mariage blanc", qui, lui, est une atteinte à l’ordre public, puisqu’il vise à obtenir des droits intéressant la sphère publique, nés du mariage, acte de volonté privée, et rien d’autre (titres de séjour, nationalité.)

                      En quoi cette voie de droit pouvait-elle utilisée, alors que les deux conjoints étaient en France depuis longtemps (peut-être même français ?)

                      Défaut de consentement ne signifie pas intention frauduleuse : un des deux époux peut être soumis à des pressions au sein de sa famille pour le déterminer à contracter mariage. Dans ce cas, oui, il y a vice de consentement et cause de nullité relative (Article 180, alinéa 1.) 

                      Dans le mariage frauduleux, les deux époux savent très bien que le mariage n’est que de pure forme, sans volonté réelle d’union, mais avec consentement. Et un tel mariage est frappé de nullité absolue.

                      Dans cette affaire de droit privé, le parquet ne pouvait absolument pas intervenir : si le mari était passé outre son exigence de virginité, rien n’indique que les deux époux n’avaient pas l’intention de créer une union durable. Vous êtes en plein roman.


                    • docdory docdory 30 mai 2008 15:07
                       

                       

                       

                      @ La Taverne 

                       

                      Cette histoire de crucifix fait partie , comme tu le signales , d’une gigantesque polémique au Canada et encore plus au Québec sur la politique des " accommodements raisonnables " , qui est la politique officielle de l’Etat canadien sur les droits particuliers supposés des minorités , le Canada se définissant comme une société " multiculturelle " .

                       En raison d’une quantité industrielle de litiges hallucinants portés devant les tribunaux , cette politique est devenue extrêmement impopulaire , et est devenu l’objet d’une salutaire révolte citoyenne , en particulier dans la commune d’Hérouxville .

                       Afin de calmer les esprits , le gouvernement canadien a fait réaliser un rapport officiel , le rapport Bouchard Taylor , dans lequel on peut consulter 12 pages sidérantes ( page 48 à 60 ) d’affaires d’accommodements " raisonnables " ayant fait l’objet de litiges ou de décisions judiciaires insensées .

                       Lecture hilarante ou accablante , ou les deux :

                       http://www.ccpardc.qc.ca./documentation/rapports/rapport-final-integral-fr.pdf

                       Le problème de ce rapport c’est que la prétendue " solution " qu’il propose ( la laïcité " ouverte " , chère également au chanoine de Latran ) est un autre mot pour désigner la politique d’accommodements raisonnables qui est une politique de division nationale dont l’échec est patent . Seule une laïcité " à la française " , pourtant vertement critiquée par le rapport Bouchard Taylor qui la qualifie de " fermée " est à même de mettre un terme à cette avalanches de jérémiades bondieusardes qui ridiculisent le Canada .

                       

                       

                       


                      • docdory docdory 30 mai 2008 15:11

                         @ La taverne 

                        Bien entendu , l’adoption de la laïcité " à la française " par le Canada entraînerait immédiatement l’éviction du crucifix dans les locaux du parlement !


                      • La Taverne des Poètes 30 mai 2008 15:48

                        Je pense que, pour diverses raisons, les Canadiens et les Français ne donnent pas le même contenu à la notion d’"accommodements raisonnables". Il semble qu’à Lille, on soit plus proche de la conception canadienne avec la réservation d’horaires de piscine pour les femmes musulmanes au motif (au prétexte (?) de la libre circulation des femmes. Or, c’est un juge de Lille qui a pris la décision contestée du mariage annulé. Je n’en déduis rien ; je relève juste la coïncidence.

                         


                      • docdory docdory 30 mai 2008 18:38

                         @ La taverne 

                        Pour l’affaire de la piscine de Lille , Martine Aubry mériterait d’être exclue du PS . Pour le jugement de Lille , cette magistrate devrait être exclue de la magistrature ...( J’ai un article en gestation sur l’affaire de Lille )


                      • 5A3N5D 31 mai 2008 10:26

                         Pour le jugement de Lille , cette magistrate devrait être exclue de la magistrature ...

                        Assez radical comme méthode. Si chaque fois qu’une affaire est renvoyée en appel ou en cassation, le magistrat de première instance doit être révoqué, l’Etat va faire une sacrée économie de fonctionnaires ! 

                        Et, en la circonstance, aucun des deux époux n’a l’intention de se pourvoir.


                      • rocla (haddock) rocla (haddock) 30 mai 2008 21:37

                        Faut être un bleu pour contacter un mariage blanc avec une noire ,à leur place je serais sévère rouge de honte ...


                        • marine marine 30 mai 2008 23:39

                          Peut-être les Canadiens gardent-ils leurs crucifix pour se prémunir de leur voisin le grand satan ... Et puis c’est décoratif, ça évite d’accrocher la tête du président à chaque fois qu’il change, on fait des économies de déco. Un crucifix c’est indémodable !

                          Il serait intéressant néanmoins d’avoir l’avis des Canadiens non-chrétiens et des athées. C’est comme prêter serment sur la bible, étant athée ça me ferait doucement rigoler d’avoir à le faire.

                          Cordialement, aigue-marine.

                           

                          (ps : à toutes fins utiles, il faut prendre quelques unes de ces lignes au 12ème degré !!)

                           

                           


                          • Rousquille Rousquille 31 mai 2008 09:30

                            Je préfère mille fois qu’ils se cramponnent à un pauvre juste qui a été crucifié pour avoir troublé l’ordre établi qu’à leur porte-feuille, ou pire à une faucille et un marteau.

                            La croix de Jésus est un symbole universel, Caverne des Pouets.


                            • Rousquille Rousquille 1er juin 2008 04:09

                              Pour rappel, le couple impliqué dans cette affaire est d’origine maghrébine et donc de religion mahométane. D’où l’importance de la virginité (pourquoi pas d’ailleurs ?) ...

                              Je suis absolument certain que si c’était la femme qui avait obtenu l’annulation du mariage pour mensonge, personne ne s’en serait ému. Mais un homme !!!! Quel sacrilège !!!!

                              Comme par hasard, la Caverne des Chouettes vous avez réussi à mettre dans le meme sac l’affaire du crucifix et le jugement du tribunal de Lille, voulant sans doute par là montrer du doigt la religion catholique, éternelle responsable de toutes les "dérives" et "crispations".

                              Vous etes non seulement d’une fatuité et d’un conformisme aux idées ambiantes invraisemblables, mais aussi foncièrement malhonnete (intellectuellemement, s’entend), l’écrivassier de Quimper...

                               

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès