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Accueil du site > Actualités > Religions > Portraits d’Islam (6) : Mohammed bin Abdelwahhab et Ibn Séoud, le (...)

Portraits d’Islam (6) : Mohammed bin Abdelwahhab et Ibn Séoud, le Calvin du Désert et le Roi du Paradoxe

Je pourrais remercier Eric Besson. Peut-être même le devrais-je. Non, vraiment. Je ne plaisante pas. Mon propos n’est que vaguement teinté d’ironie mordante, quand bien même cette dernière serait garnie de belles canines bien pointues.

Plus sérieusement, et sans doute plus largement devrais-je remercier tout ceux qui alimentent le foyer ronflant de l’interminable brasier verbal opposant les « islamophobes » et les « pro-musulmans »... c’est-à-dire respectivement les ignares lobotomisés, lamentables scories du néo-conservatisme, qui, à l’appui de leurs délires racistes, citent éternellement les mêmes passages du Coran qui en appellent aux meurtres ; et l’alliance d’islamistes prétendument modérés, à la remorque desquels traînent toujours les mêmes benêts de gauche, qui voudraient mettre à l’index toute tentative d’expliquer l’Islam et son histoire sans en occulter les plus sombres aspects.

Je devrais donc les remercier car, après plusieurs mois sans pouvoir écrire, tenu à l’écart de cette activité par d’ennuyeux impondérables, il eut été légitime d’imaginer que mes deux derniers articles -conclusion sans doute provisoire- de mes Portraits d’Islam ne se retrouvent totalement hors-sujet. Fort heureusement, dans les heures les plus sombres de la vie, lorsque rien ne semble vouloir aller dans le bon sens, on peut toujours compter sur la bêtise humaine.

Aussi bien vous livrerais-je dans ce sixième article, une fois encore, un double portrait, dans lequel je m’efforcerai de vous dépeindre deux personnages pas nécessairement très connus, ou qui en tous cas n’occupent pas forcément toute la place qui devrait être la leur, et qui pourtant jouèrent un rôle fondamental, dans le développement de l’islamisme violent.

L’Islam des Purs

Mohammed bin Abdelwahhab naquit entre 1696 et 1703 à Ouyaïna, une localité proche de Riyad. Originaire d’une famille d’oulémas, il fut initié aux fondamentaux de l’école juridique hanbalite, y compris dans ses éléments les plus rigoristes. L’ironie voulut d’ailleurs que celui qui se présenterait plus tard sous les atours d’un "Réformateur de l’Islam" vint au monde dans une région, le Najd, qui fut autrefois l’un des premiers théâtres où les musulmans durent se battre pour s’imposer, mais qu’en ce début du XVIIIe siècle les habitants de cette contrée désertique eussent en grande partie abandonné la pratique de l’Islam, retrouvant au passage des rites pré-islamiques tels que l’animisme.

Un terreau potentiellement peu fertile pour y faire croître les racines d’un Islam rigoriste : pourtant, c’est la vue de ce monde oublieux des dons du Prophète qui poussera Mohammed bin Abdelwahhab à se faire le chantre d’une religion rénovée.

Toutefois, avant de devenir ce "Réformateur", Mohammed bin Abdelwahhab connut la honte et la douleur de l’exil. Son père lui-même avait été chassé d’Ouyaïna et envoyé à Houraïméla, et Mohammed dut le rejoindre des années plus tard, après un difficile passage à Bassora, où il dut faire face à l’hostilité des chiites, et un improductif séjour en Syrie. C’est à Houraïméla que fut donc rédigé le Kitâb al-Tawhîd ou "Traité de l’unicité divine", oeuvre juridico-théologique qui jetait les bases de la doctrine en devenir.

Celle-ci n’était, à bien y regarder, guère originale. Reprenant les fondamentaux du hanbalisme et les apports ultérieurs d’Ibn Taymiya, il y ajoutait un extrémisme et une véhémence dont on peut expliquer l’origine par les croyances particulières et le mode de vie des tribus bédouines du Najd, déjà évoqués plus haut, et qui s’avéraient assez éloignés de l’orthodoxie sunnite. Dès le tout début, le wahhabisme fut donc conçu comme une réaction à une pratique religieuse jugée trop décontractée : fondé sur une lecture littérale du Coran, il condamne toutes les pratiques qui s’en écartent, depuis l’animisme et le culte rendu à des membres de la famille du Prophète comme autant de "saints" musulmans -deux formes d’idolâtrie que, de fait, remettaient en cause l’unicité divine- jusqu’à la consommation d’alcool, en passant par le luxe des mosquées ou de l’habillement, l’usage du tabac et les jeux de hasard. C’est cette caractéristique particulière qui poussa l’orientaliste Henri Lammens à voir en Mohammed bin Abdelwahhab un "Calvin des Sables", formule que je me permets de paraphraser dans le titre de cet article.

En outre, comme dans le cas du hanbalisme, il ne fallut pas très longtemps pour qu’une nette tendance à la violence ne se manifeste chez Mohammed bin Abdelwahhab. Le Kitâb al-Tawhîd ayant rencontré un certain succès auprès du nouveau gouverneur d’Ouyaïna, bin Abdelwahhab fut autorisé à rentrer dans sa ville natale, et les faveurs dont il fit l’objet ne tardèrent pas à nourrir son arrogance naturelle -dépeinte par son propre frère, Suleiman, dans un ouvrage intitulé Les foudres divines qui répliquent au wahhabisme- et un goût certain pour le pouvoir, voire l’abus de pouvoir : ainsi s’arrogea-t-il le droit de prononcer des condamnations à mort. Parmi ses victimes figurait une femme adultère, que Mohammed bin Abdelwahhab condamna à la lapidation. L’ouléma aurait, selon les sources historiques, participé en personne à l’exécution de la peine.

Cependant, toutes les autorités civiles de la région ne voyaient pas d’un bon oeil les activités de l’exalté, et c’est justement suite à cette lapidation que Mohammed Bin Abdelwahhab connut une nouvelle fois l’exil, chassé cette fois par l’émir du Hassa’a -région voisine du Najd- qui estimait que l’ouléma avait, en prononçant cette condamnation, usurpé ses prérogatives.

L’histoire commence ici, pour ainsi dire : bin Abdelwahhab se retrouve dans une petite localité située au nord de Riyad, nommée Darïya, dont l’émir se prénomme lui aussi Mohammed. Mohammed bin Saoud.

Ce dernier accorde l’asile à l’ouléma extrémiste, et rapidement, les deux hommes comprennent tout le bénéfice que chacun pourrait retirer de l’autre. Le premier se sentait un peu à l’étroit à Darïya, et son ambition -qui selon toute vraisemblance égalait au moins l’arrogance de Mohammed Bin Abdelwahhab- lui faisait porter le regard bien au-delà : Riyad, le Najd dans son ensemble, et pourquoi pas au-delà, vers le Hedjaz, coffre recelant les deux plus précieuses pierres de l’Islam, La Mecque et Médine. Encore fallait-il quelque chose pour justifier pareilles prétentions. Les aspirations purificatrices du wahhabisme feraient l’affaire.

Quant au second, ses multiples déconvenues et exils lui avaient appris qu’il risquait fort de connaître une fin semblable à deux de ses plus éminents prédécesseurs, en l’occurrence Ahmed bin Hanbal et Ibn Taymiya, deux brillants juristes et penseurs, victimes des aléas de la politique en terre d’Islam, et qui terminèrent leur existence au fond d’un cachot. Mohammed bin Abdelwahhab ne voulait pas de cela, mais il avait compris ce qui avait fait défaut aux deux autres, les condamnant, eux et leur doctrine, à une relative impuissance : la force armée. Or, c’est justement ce que Mohammed bin Saoud se proposait de lui apporter en échange de son soutien religieux.

Tel fut le pacte de 1744 : l’alliance d’une ambition cupide et d’une doctrine extrémiste.

La rencontre entre bin Abdelwahhab et l’émir bin Saoud (1710-1775) allait produire des conséquences sur le très long terme : localement, elle jetait les bases d’un futur État -qu’on n’appellerait que beaucoup plus tard l’Arabie saoudite- qui saurait marqué de son empreinte l’époque de l’après-Seconde Guerre Mondiale, et dont la politique aurait des répercussions internationales tout à fait fondamentales, faisant de ce pays la matrice de l’islamisme moderne.

Dans un premier temps, l’alliance entre bin Abdelwahhab et bin Saoud porta rapidement ses fruits. Grâce au soutien de l’émir, l’ouléma multiplia le nombre de ses adeptes, et s’immisça dans l’organisation judiciaire du nouveau royaume, en créant la Commanderie pour la répression du vice et la promotion de la vertu, institution qui survit dans le système répressif saoudien contemporain, et dont la nature n’a guère évolué, police religieuse chargée de s’assurer que les administrés agissent en bons musulmans.

Quant à la conquête du Najd par les armées de Mohammed bin Saoud, elle fut légitimée par Mohammed bin Abdelwahhab. S’appuyant sur le concept de jihad, terme que l’on traduit généralement par "guerre sainte" mais dont un meilleur rendu serait "guerre légale", il théorisa une obligation guerrière qui n’avait d’autre but que de justifier la propagation par les armes de sa propre doctrine. Là est sans doute le principal apport de la doctrine wahhabite : là où le jihad impliquait en principe de faire la guerre aux non-musulmans pour qu’ils se convertissent aux bienfaits de l’Islam, Mohammed bin Abdelwahhab en détourna l’idée première pour la rediriger, non plus sur des non-musulmans, mais sur des "mauvais musulmans". Qui ? Des hérétiques de tous poils, qu’ils soient soufistes ou chiites, ces derniers étant de loin les plus détestés en raison du culte qu’ils vouent aux membres de la famille du Prophète, et notamment aux descendants de son gendre Ali. Mais cette distinction entre l’hérétique -celui qui ignore la vraie religion- et l’apostat -celui qui renie la vraie religion- n’avait de toute façon guère de prise dans le propre esprit de Mohammed bin Abdelwahhab, son arrogance fusionnant Islam et wahhabisme en un seul et même contenu à vocation dominatrice.

Cette volonté d’expansion ne connut pratiquement aucun frein ni aucune limite durant près de soixante-dix ans : de 1744 à 1812, les armées du wahhabisme ne rencontrèrent guère de résistance, y compris de la part des Ottomans. De fait, la Sublime Porte ne s’intéressait guère à ce qui se passait dans ces régions désertiques, tant que le passage vers les Lieux Saints de La Mecque et Médine n’étaient pas menacés. Le Najd fut donc conquis en quelques années, et Abdelaziz, le fils de Mohammed bin Saoud, s’empara de Riyad, dont il fit sa capitale, en 1773. Il évinça rapidement un Mohammed bin Abdelwahhab vieillissant et, après la mort de ce dernier en 1792, se tourna vers ce qui n’était pas encore l’Irak, prenant Karbala, faisant démolir la tombe d’Hussein, fils d’Ali et petit-fils du Prophète, et massacrer des milliers de chiites au nom de leur supposée hérésie. Le sang versé ce jour-là s’écoula lentement vers la mort d’Abdelaziz lui-même, qui fut assassiné dans la grande mosquée de Darïya par un survivant de la prise de la ville sainte chiite.

Le successeur d’Abdelaziz, Saoud le Grand, se tourna alors vers les proies tant convoitées par ses prédécesseurs : La Mecque et Médine, qui furent arrachées à la garde ottomane, la première en 1803, la seconde l’année suivante. Là encore, les morts se comptèrent par milliers.

Il fallut attendre 1812 pour que la Sublime Porte réagisse, car enfin elle n’était plus aux prises avec un Napoléon à présent en pleine déconfiture russe. Mahmud II, le Sultan de Constantinople, confia le commandement de la riposte à Mehmet Ali, le Khédive d’Égypte, dont les troupes accumulèrent les victoires, taillant en pièces le royaume sunnite ultra-orthodoxe rêvé par Mohammed bin Abdelwahhab et bâti dans le sang par les Saoud.

Riyad tomba en 1818, Abdallâh bin Saoud, le fils de Saoud le Grand, fut ramené à Constantinople et décapité -ses restes furent, dit-on, donnés à manger aux chiens- et la famille du Réformateur en grande partie massacrée. Il y eut cependant des survivants, de part et d’autre des parties au pacte de 1744. Ce que les Turcs parvinrent à défaire au début du XIXè siècle, d’autres allaient le recréer, un siècle plus tard.

Car tel est le legs de Mohammed bin Abdelwahhab : au coeur des sables du désert najdite, sa volonté purificatrice demeure, fantôme à la soif de conquête inextinguible, ne connaissant nulle frontière. Elle n’attendait qu’un ambitieux pour relever la tête.

Le "syndrome de l’Ikhwane"

Cet ambitieux fut un membre du clan des Saoud, du nom d’Abdelaziz bin Abderrhamane bin Fayçal al-Saoud (1880-1953), surnommé "Ibn Séoud" -sobriquet hérité d’un télégramme britannique, semble-t-il.

La carrière d’Ibn Séoud débute en 1902, par un joli coup d’éclat : à la tête d’une armée se résumant à quarante bédouins montés sur des chameaux, il s’empare de Riyad. Ses "soldats" lui ont été prêtés par l’émir du Koweït, qui a accordé asile aux Saoud au cours de la dernière décennie du XIXè siècle. Preuve de confiance, certes, mais Abdelaziz est loin de pouvoir s’en contenter. Certes il a repris la capitale familiale aux Turcs, mais en dépit de conquêtes ultérieures il sait qu’il n’ira pas bien loin. En outre, les bédouins ne lui inspirent qu’une confiance limitée, qu’il s’agisse de leur loyauté ou de leur efficacité au combat. Et sur le long terme, il ne s’imagine pas pouvoir bâtir un État moderne sur les activités traditionnelles des tribus nomades du Najd. Il a besoin de troupes sûres et d’une activité économique solide. Les deux passent par la sédentarisation.

Et la sédentarisation, elle, passe par la "wahhabisation" : à l’instar de son ancêtre Mohammed bin Saoud, Abdelaziz va se servir des oulémas wahhabites -certains descendant directement du Réformateur- et de leur propre ambition religieuse à ses fins. Il fait construire autour des points d’eau des colonies agricoles -houjar-, chacune disposant de sa mosquée et de son école coranique, tenues par les oulémas. Aidé de ces derniers, il parvient à obliger les bédouins à vendre leurs chameaux, et les installe dans les colonies, où règne la ferveur wahhabite. Ainsi les enfants à naître seront-ils élevés dans l’Islam le plus pur... ou jugé tel. Par ailleurs, une instruction militaire y sera dispensée.

En l’espace de quelques années, Ibn Séoud met sur pieds une véritable "légion des purs", qui se baptisent eux-mêmes du nom d’Ikhwane, ou "Frères" en arabe. Au nombre de 76.000, ils n’ont été formés et fanatisés que dans un seul et unique but : conquérir la péninsule arabique au nom du jihad, y compris -et surtout- les Villes Saintes de La Mecque et de Médine.

Toutefois, dans un premier temps, cela n’arrange pas Ibn Séoud, car la Première Guerre Mondiale fait rage. S’étant attiré les bonnes grâces des Britanniques, en lutte contre l’Empire ottoman allié à l’Allemagne, le maître de Riyad ne veut surtout pas se les aliéner en s’attaquant trop tôt au Chérif Hussein de La Mecque et à son fils, Fayçal. Car eux aussi sont des alliés des Britanniques, et Ibn Séoud est douloureusement conscient du peu de poids qu’il représente comparé aux deux Hachémites, nettement plus importants et utiles aux yeux de Londres.

Abdelaziz entendait donc temporiser, attendre la fin de la guerre. Hélas, les Ikhwane ne l’entendaient pas de cette oreille, eux qui se voyaient investis d’une sainte tâche. Ils menèrent des escarmouches à la frontière du Najd et du Hedjaz, occupèrent la ville de Khourma, et l’incursion wahhabite se solda finalement par l’intervention de la Royal Air Force qui contraignit les Ikhwane à battre en retraite. L’affaire aurait pu très mal tourné pour Abdelaziz, en porte-à-faux complet avec ses troupes.

Mais l’Histoire aime bien jouer des tours : en 1924, Mustafa Kemal abolit le Califat, et le Chérif Hussein, qui n’a pas digéré la promesse non tenue d’un royaume arabe avec pour capitale Jérusalem, y voit le moyen pour lui de rameuter tous les Arabes autour de son nom. Il se proclame alors Calife, au grand désarroi des Anglais qui y voient une menace pour le Plan Balfour, mais à la grande satisfaction d’Ibn Séoud, enfin libre d’agir à sa guise. Il lance donc ses Ikhwane à l’assaut du Hedjaz, puis investit La Mecque dont il chasse le Chérif Hussein. En 1925 il s’empare de Djedda toujours aux mains des Hachémites, et se proclame Gardien des Deux Lieux Saints. Ainsi, en 1926, vingt-quatre ans après la prise de Riyad, Ibn Séoud réunit sur sa tête les couronnes du Najd, du Hedjaz, du Qasim et du Hassa’a, qu’en 1932 il unifie officiellement en un seul État auquel il va jusqu’à donner son propre nom : l’Arabie saoudite.

Cependant, avant d’en arriver là, Ibn Séoud devra faire face à une crise majeure. En effet, une fois La Mecque et Médine conquises, la contradiction entre les visées politiques du souverain et les ambitions religieuses des fanatiques dégénéra en une révolte de deux ans, de 1927 à 1929, au cours de laquelle les Ikhwane défièrent le roi, s’attaquèrent à l’Irak et au Koweït, défoulant parfois leur zèle purificateur sur des Najdites jugés trop fidèles au maître de Riyad, et exécutant tout mauvais wahhabite. La révolte fut cependant écrasée par Abdelaziz, à la tête de l’armée régulière, lors de la bataille de Sabilah en 1929.

Cette crise et cette révolte démontre la véracité de ce que j’aime à appeler la "Théorie du paradoxe fondateur saoudien". Ce paradoxe est simple, et il repose tout entier sur les éléments constitutifs du pacte de 1744 : d’un côté une ambition purement politico-financière, de l’autre, une idéologie religieuse conçue comme la vérité ultime. Les deux peuvent s’accorder, du moins un temps, et marcher main dans la main : les conquêtes de Mohammed bin Saoud et de ses descendants, jusqu’à Saoud le Grand, en attestent, de même que les réussites obtenues à partir des années 1920 par Ibn Séoud lui-même. La contradiction finit néanmoins toujours par apparaître : le politique s’accommode de la réalité, de l’économie, des rapports de force, des frontières, autant de petits détails insignifiants que le religieux, s’adressant à Dieu et à l’âme des hommes, tend à ignorer.

La révolte des Frères illustre fort bien cet état de fait : tandis qu’Ibn Séoud entend exploiter le fanatisme des Ikhwane afin de bâtir, puis de consolider l’État saoudien, les "Frères" s’opposent à la formation même de cet État, qui voudrait les enfermer et contenir le wahhabisme dans ses

frontières. Là se situe le lien entre l’islamisme et les autres formes de totalitarisme, et cette contradiction trouve des échos dans de célèbres affrontements : Hitler contre Röhm, Staline contre Trotski. Derrière les luttes de pouvoir, se profile l’affrontement entre deux visions de l’idéologie, l’une conservatrice, instrument de pouvoir et de contrôle social sur les masses ; et l’autre révolutionnaire, à vocation internationaliste. La première aux ordres, la seconde incontrôlable. Au coeur du paradoxe fondateur saoudien, la friction des deux réalités du wahhabisme sera permanente, allant même en se renforçant à mesure qu’apparaîtront au grand jour les contradictions internes du régime .

C’est ainsi qu’Ibn Séoud qui, comprenant les réalités de l’après-guerre, se détourne des Britanniques pour se placer sous la "protection" des Américains : dès 1945, il signe avec le Président Roosevelt le "Pacte du Quincy"-du nom du porte-avion à bord duquel les deux chefs d’État se rencontrèrent- dont les termes n’ont pas varié en dépit des évènements du 11 septembre 2001 : Washington garantit la sécurité du royaume en échange d’un pétrole relativement bon marché fourni par Riyad. Le Pacte du Quincy abordait aussi la question des Juifs de Palestine et de la pérennité du "foyer national" instauré par le Plan Balfour. L’ambiguïté des monarques saoudiens successifs dans leurs rapports avec Washington et Tel-Aviv n’est donc que la conséquence du Pacte de 1945, et alimentera sur le long terme la grogne d’une majorité de la population saoudienne, élevée dans le wahhabisme le plus dur. Et tandis que ce dernier proclame l’interdiction pour les "impies" de mettre un pied sur le sol sacré d’Arabie, la realpolitik en même temps que les nécessités du développement économique y feront venir toujours plus de non-musulmans : techniciens et ingénieurs d’abord, dans le cadre de l’exploitation des ressources pétrolières ; soldats ensuite, lorsque les princes du clan Saoud se sentiront menacés par Saddam Hussein.

Car les successeurs d’Ibn Séoud devront faire face à des ennemis -et parfois aussi des concurrents- de poids : le nassérisme, l’islamisme révolutionnaire iranien, enfin Saddam Hussein ; en même temps, ils vivront dans la peur permanente de voir la révolte de 1927-1929 se reproduire. Pour lutter contre le premier, le roi Fayçal (1904-1975) et ses fils mettent sur pieds des institutions internationales, des ONG, des réseaux de transfert de fonds, au final une vaste toile qui va progressivement échapper au contrôle de ses créateurs. Afin de concurrencer le second, et offrir à leurs propres fanatiques un exutoire en adéquation avec leur instruction wahhabite, Riyad forme et organise les légions de moudjahidin qui combattront en Afghanistan, dans lesquelles les jeunes saoudiens, fanatisés comme avaient pu l’être les Ikhwane, sont vivement incités à s’enrôler.

Ces deux réalisations, appelons-les nébuleuse politico-financière et nébuleuse humaine, constituent aujourd’hui encore les piliers du terrorisme islamiste au niveau international, et le régime saoudien achèvera de se les aliéner lorsque, pour se prémunir d’une invasion irakienne, le roi Fahd en appela à l’armée américaine, éconduisant au passage un personnage qui proposait que ses moudjahidin reprennent du service pour protéger le territoire saoudien : nul autre qu’Oussama bin Laden lui-même. Et de ce "divorce" définitif entre la monarchie saoudienne et le plus pur produit de son système hypocrite découlera beaucoup, et notamment les attentats du 11 septembre 2001, acte de guerre dans le jihad mondial livré par ces néo-ikhwane pour imposer leur vision de l’Islam au reste du monde. C’est de cela qu’il sera question dans le dernier portrait, que je consacrerai à Oussama bin Laden.
 

Frédéric Alexandroff


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33 réactions à cet article    


  • Wàng 12 avril 2010 10:48

    Excellent rappel historique sur le wahhabisme, résurgence fondamentaliste qui s’inscrit dans le cadre de l’école juridique hanbalite. A rapprocher avec le haddith du Nejd, qui est l’objet de débats passionnés sur les fora musulmans :

    « Ô Allah accorde Tes bénédictions sur Médine et accorde Tes bénédictions sur Mekka, accorde Tes bénédictions sur le Châm, accorde Tes bénédictions sur le Yémen, accorde Tes bénédictions selon Ta mesure. » Une personne dit : « Et sur le Nejd ? » Il se tourna vers lui et dit : « Il s’y produira tremblement de terre, épreuves et tourments et y apparaîtra la corne de chaytan »


    • Frédéric Alexandroff Frédéric Alexandroff 12 avril 2010 15:20

      Merci Wàng,

      Et je ne connaissais pas ce hadith... mais je le trouve particulièrement savoureux !


    • brakoi 12 avril 2010 15:36

      >le haddith du Nejd, qui est l’objet de débats passionnés sur les fora musulmans .

      une citation qui décrete qu’il y a des coins de terres maudits et d’autres bénis, voila de quoi se passionner !
      Vraiment un tas d’inepties pour simples d’esprit en mal de croyance et d’ un semblant d’identité. Plus proche des fans de club de foot que de l’université.


    • Wàng 12 avril 2010 16:08

      une citation qui décrete qu’il y a des coins de terres maudits et d’autres bénis, voila de quoi se passionner !

      @ Brakoi : même si on n’y croit pas a priori (ce devrait être mon cas en toute logique, en tant que simple catholique porté sur la théologie), c’est tout de même intéressant, parce que les musulmans, eux, y croient ! A nuancer selon le degré de fiabilité de la chaine de transmission du Hadith en question, mais il y a forcément une recherche de sens. De même, si le prochain article est sur Ben Laden, il y aura beaucoup à dire de l’eschatologie qui le motive et dans lequel ses actes trouvent leur cohérence, comme le rejet des armées occidentales de la terre des deux mosquées suite à la guerre du Golfe.


    • mokhtar h 12 avril 2010 12:17

      On est bien seuls,au Maghreb, face à ces alliances infernales, Arabie Saoudite-Usa et Israël. Le wahabisme a connu au Maghreb un très fort développement à partir de 1973, avec l’argent du pétrole, où l’Arabie Saoudite est devenue une puissance financière, faisant oivrir les portes des pays arabes aux wahabites. Et où l’Algérie en a payé les frais avec une décennie rouge à partir de 1991, des dizaines de milliers de morts. 200 000 ou plus , selon certaines sources. Personne n’a vu venir, pas même le peuple américain et sa CIA.
      Auparavant, les maghrébins pratiquaient un islam plus serein bien distant de ces fumisteries. Un gâchis, ou l’Amérique est allée guerroyer en Baghdad au lieu de Riadh, et s’apprête encore à se tromper d’ennemi en visant Téhéran.
      Sans l’Amérique et Israël, il y a longtemps que le wahabisme aurait été liquidé, çà ne fait pas un pli.


      • anti-oligarchie anti-oligarchie 12 avril 2010 17:45

        L’auteur de l’article pourrait il citer quelques sources bibliographique ?

        Merci


      • Frédéric Alexandroff Frédéric Alexandroff 12 avril 2010 18:16

        Quelques références bibliographiques :

        -Claude FEUILLET, l’Arabie à l’origine de l’islamisme, Favre.
        -Stéphane MARCHAND, Arabie saoudite, la menace, Fayard.
        -Dominique et Janine SOURDEL, Dictionnaire historique de l’Islam, PUF.


      • anti-oligarchie anti-oligarchie 12 avril 2010 17:44

        @ ton père.
        c’est pas toi qui disait que ceux qui croyaient à dieu avaient un problème psychologique ?
        Drole d’éducation,...


      • dupont dupont 12 avril 2010 14:46

        « c’est-à-dire respectivement les ignares lobotomisés, lamentables scories du néo-conservatisme, qui, à l’appui de leurs délires racistes, citent éternellement les mêmes passages du Coran qui en appellent aux meurtres ; »

        Il est vrai que votre rappel historique, condensé de ce que peut être cette religion de paix, d’amour et de tolérance, donne totalement tort à ces « islamophobes » ignares lobotomisés qui ne font que citer éternellement les mêmes passages du Coran qui en appellent aux meurtres. Des racistes, quoi...Vous avez bien fait de le mettre, le mot « raciste », aurait manqué quelque chose, sinon.


        • Frédéric Alexandroff Frédéric Alexandroff 12 avril 2010 15:30

          Une fois encore on voudrait me faire dire ce que je n’ai pas dit, ni écrit. Mon rappel historique, comme vous dites, met justement en lumière -du moins me semble-t-il- la singularité du wahhabisme et sa propension à vouloir purifier l’Islam... ce qui conduit donc à distinguer Islam et islamisme, le second n’étant, au final, qu’une idéologie politico-religieuse instrumentalisant le premier.

          Et si je me permets de qualifier ces gens de racistes lobotomisés, mon cher Dupont, c’est pour deux raisons :

          1- Ils le sont ;
          2- Ils ne s’attachent qu’aux passages du Coran qui peuvent apporter de l’eau à leur moulin, occultant dans le même temps ceux qui pourraient les contredire. Je condamne donc leur démarche intellectuelle en ce qu’elle est à la fois partiale et partielle, ce qui invalide leurs conclusions.

          Je constate d’ailleurs que vous souffrez du même mal : vous me citez quand je m’en prends aux islamophobes, mais oubliez la phrase suivante où j’évoque l’alliance objective de certains islamistes et d’une certaine gauche.

           


        • brakoi 12 avril 2010 15:43

          Vous faites partie de ceux qui veulent faire croire à une différence de nature entre islam et islamisme, alors que toute son histoire montre que c’est sa pente naturelle et la raison ultime de son déclin.

          coran = parole de dieu : voila l’alpha et l’omega, la force et la condamnation de cette religion sans avenir.


        • dupont dupont 12 avril 2010 16:06

          Alors, si objectivité et pondération sont dans vos préoccupations, essayez d’éviter une phraséologie (rappelée en-tête de mon message) digne de la Pravda ou du P’tit Chilien de Pinochet (au choix).
          Quant à votre diagnostic à distance qui prétend révéler le mal dont je souffre, cela relève de l’usurpation de qualité, en tant que juriste cela va chercher dans les combien(s) ? 


        • Frédéric Alexandroff Frédéric Alexandroff 12 avril 2010 16:19

          Rebonjour Dupont... ma foi, je ne prétendais pas poser un diagnostic médical, je relevais simplement que vous opériez un choix dans vos citations.

          Et vous dites que ma phraséologie est digne de la Pravda ? Vous me faites bien plaisir ! Cela dit, si vous n’aimez pas mon style, je ne puis hélas rien y faire...

          Et oui, je persiste et signe : Islam et islamisme ne sont pas synonymes... ce qui ne veut pas dire que les deux ne soient pas liés. Autre façon de dire la même chose : tous les musulmans ne sont pas islamistes, mais tous les islamistes sont musulmans. C’est précisément l’objet de mes portraits, à bien y réfléchir.

          Et juste un petit détours pour répondre à Ton Père : où Diable avez-vous vu que j’affirmais que l’Islam était une race ? Citez-moi, et je vous répondrai.

          Bien cordialement,

          Frédéric Alexandroff


        • Frédéric Alexandroff Frédéric Alexandroff 12 avril 2010 18:09

          « @ l’auteur : Vous dites : »... islamophobes... à l’appui de leurs délires racistes...« 
          Islamophobes=racistes=>islam=race.
          CQFD »


          Très joli détournement de la lettre et de l’esprit d’un texte. Si je suis votre raisonnement jusqu’au bout : les nazis parlaient de « race juive », donc traiter les nazis de racistes revient à accréditer la véracité de cette notion de « race juive » ?

          Absurde.

          Quand un individu passe son temps à délirer sur la violence par nature d’une religion, et qu’au passage il en rajoute une couche en faisant aussi l’amalgame entre musulmans et arabes (allez me dire que ce n’est pas un abus de langage fréquent), eh bien je crois pouvoir utiliser l’adjectif « raciste » pour désigner cette personne, sans pour autant qu’on puisse considérer que je vois moi-même l’Islam comme une race. CQFD

          En ce qui me concerne je crois aux individus beaucoup plus qu’aux races, mais ce n’est évidemment pas le cas de tout le monde.

          Par ailleurs, lorsque j’oppose les « islamophobes » et les « islamophiles » (il s’agit là d’un mot que vous avez employé, non moi), je ne réduis pas le débat à cette seule rivalité, pas plus que je ne me classe parmi le camp des islamo-béats dont je ne manque jamais de critiquer les manquements. Je n’appartiens à aucun groupement ou alliance, ni ne prêche pour une quelconque chapelle. Bien au contraire, je m’efforce de faire une place à la vérité historique. J’ai aussi ma propre interprétation des faits. Le reste est question de style, le lecteur reste libre d’apprécier ou pas.

          Bien cordialement,

          Frédéric Alexandroff


        • dupont dupont 12 avril 2010 18:14

          Petite précision à l’Auteur.

          Si votre prologue suscite critique de ma part, j’ai par contre très apprécié votre texte. (Peut-être auriez vous dû indiquer la bibliographie ?)


        • Frédéric Alexandroff Frédéric Alexandroff 12 avril 2010 18:21

          « Si votre prologue suscite critique de ma part... »

          J’ai bien le droit d’invectiver de temps en temps, non ? ;)

          « ...j’ai par contre très apprécié votre texte. (Peut-être auriez vous dû indiquer la bibliographie ?) »

          Merci. J’ai mis les trois principales références un peu plus haut (c’est vrai, j’aurais dû y penser à la fin de l’article). Mea culpa.


        • Frédéric Alexandroff Frédéric Alexandroff 12 avril 2010 18:59

          @ Ton Père

          Une fois encore vous me reprochez des choses dont je ne suis pas l’auteur, alors je vais essayer d’être plus clair.

          Primo, vous me dites : « C’est vous qui faites le raccourci que vous me reprochez (je n’ai pas la même opinion que vous, et donc c’est pour vous une tare... encore un bel exemple démocratique, merci à vous ».

          Là, c’est très drôle, car voyez-vous, vu que vous vous êtes arc-bouté sur deux lignes d’un texte qui représente environ sept pages, je n’ai pas la moindre idée de ce que vous pouvez penser !

          Vous précisez ensuite néanmoins cette pensée : « Je suis contre les religions, toutes, car je sais qu’elles mentent dans leurs textes et créent guerres, abominations et perte d’esprit critique chez les croyants (nommée schizophrénie par la psychiatrie), et pour l’islam je sais pertinemment que les arabes n’en sont pas la composante principale, comme je sais que tous les arabes ne sont pas tombés dans le piège infernal de l’islam, loin de là.
          Mais si vous liez, dans votre infâme et diffamatoire raccourci, la critique des religions à du racisme, alors je suis raciste envers tous les humains, de quelque race qu’ils soient, puisque toutes ont des représentants de chacun des délires religieux à notre disposition sur terre. »

          Veuillez noter que, lorsque dans mon texte, je tance les « islamophobes », je n’inclue pas dans leurs rangs tous ceux qui critiquent la religion, loin de là. C’est là pure surinterprétation de votre part, à moins qu’il ne s’agisse de paranoïa (désolé, elle était facile celle-là, mais vous avez l’air porté sur la psychologie, c’était donc irrésistible. Vous pouvez donc oublier la dernière remarque). Dans mon esprit, donc, les « islamophobes » sont bien cantonnés à une frange particulière de population, une ligne de pensée spécifique, et n’englobent nullement tous les athées ou libres-penseurs. A ce train-là, je serais moi aussi « islamophobe », puisque je n’hésite pas à critiquer des musulmans et des courants de pensée islamiques.

          Au-delà de l’« islamophobie » proprement dite, et c’est un point que vous abordez, il n’y pas davantage de confusion dans mon esprit entre critique de la religion et racisme... sans quoi je me considérerais moi-même comme raciste, ce qui serait un comble. Je me doute que vous ne faites pas la confusion entre musulman et arabe, d’ailleurs le personnage que j’évoque dans une de mes réponses plus haut est purement fictif, une sorte d’étalon or de la bêtise humaine, et il ne s’agit absolument pas de vous.

          Pour le reste, un débat sur l’utilité ou la nocivité des religions serait passionnant... néanmoins je m’inscris résolument en faux contre toute affirmation qui tendrait à faire croire que les religions n’ont apporté que ruines et désolation (s’agissant de l’Islam je vous renvoi au portrait n°5). Avec ou sans religion, les Hommes trouveront toujours une bonne raison pour se massacrer.

          Bien cordialement,

          Frédéric Alexandroff, le Grand Diffamateur (j’aime beaucoup...)


        • mokhtar h 12 avril 2010 22:50

          A Brakoi.
          Islam, religion sans avenir, vous dites ? Heu ! d’après les statistiques des dernières décennies, L’Islam n’est pas loin de devenir la première religion (1,57 milliard de musulmans contre 2,1 pour les chrétiens) dans le monde dans une cinquantaine d’année, cent tout au plus


        • brakoi 13 avril 2010 08:43

          L’humanité s’est en partie affranchie de certaines contraintes physique. Ce n’est plus le nombre qui fait la force (voir guerre iran/irak). Les musulmans sont la partie la plus misérable et la moins éduquée de la population mondiale. L’islam y est pour quelquechose, c’est la religion du « Livre », c’est-à-dire qu’un seul livre suffit, très peu de bibliothèque en pays musulmans.

          C’est pourquoi l’aggressivité musulmane va les conduire à la catastrophe, en tout cas il n’on aucune chance d’atteindre leur but de domination, si une chose est sure c’est bien celle-là.


        • Frédéric Alexandroff Frédéric Alexandroff 13 avril 2010 08:57

          Monsieur Ton Père continue sur sa lancée, visiblement sans rien écouter ni lire de ce que j’écris. Qu’importe que je m’efforce d’expliciter mon point de vue, de préciser des éléments qui pourraient être obscurs : notre Torquemada agnostique n’en a cure et entend bien me faire passer sur le bûcher de sa pensée anti-religieuse. Voyez :

          « Islamophobe : mot utilisé pour la première fois par la clique de Khomeini lors de la révolution islamique en Iran pour fustiger les femmes qui refusaient de porter le voile en signe de soumission.
          Des racistes, ces femmes ? »

          Car il était évident pour tout un chacun, cela ayant sans doute transparu à travers mes écrits, que je suis un adorateur de Khomeini et de la Révolution islamique, et que je rêve d’une France où toutes les femmes porteraient un voile. Mais bien sûr...

          J’ai pris la peine de préciser ce que je définissais comme une forme de racisme, l’« islamophobie » (vous noterez les guillemets par lesquelles j’indique que ce terme ne me plaît pas), à savoir la critique véhémente et sans recadrage historique d’une religion, en occultant, volontairement ou non, ses apports, ses réussites, ses réalisations.

          « Je ne crois pas que vous comprenez bien les termes que vous utilisez, car si vous le faites vous êtes effectivement un diffamateur en assimilant les islamophobes à des racistes. »

          Alors je suis un diffamateur, et cet échange fatiguant et stérile s’arrêtera là.


        • brakoi 12 avril 2010 14:47

          Intêressant point d’histoire.
          Pour ceux qu’intêressent les incarnations locales et actuelles du double langage, écoutez cette émission ou l’un des intervenants commence la moitié de ses phrases par les mots « honnetement, franchement ».

          Mohamed Sifaoui, Journaliste, écrivain, réalisateur et Tareq Oubrou, Recteur de la mosquée de bordeaux
          http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/repliques/fiche.php?diffusion_id=83214


          • Serpico Serpico 12 avril 2010 18:08

            Finalement il ne faut pas désespérer de trouver un européen intelligent.

            Je plaisante, bien sûr, mais si peu...

             :)


            • Serpico Serpico 14 avril 2010 13:58

              Ton père

              Et ça c’est de la connerie défintive.


            • frédéric lyon 12 avril 2010 19:31

              Finalement, pour bien faire, il faudrait que nous fassions semblant de ne pas lire dans le Coran ce qui y est pourtant écrit noir sur blanc.


              C’est un peu ce qui se passait pendant les années trente, lorsque les « pacifistes » qui ont été ensuite les meilleurs collabos des occupants, nous expliquaient qu’il ne fallait pas prendre Mein Kampf au pied de la lettre.

              Un petit rappel historique qui s’impose.

              Et pourquoi parler de « racisme » alors que nous ne parlons que de religion ?

              Parce que les musulmans n’ont que cet argument pour toute réponse aux questions que tout le monde se pose ?

              Cet argument va être beaucoup trop court, d’ailleurs il commence déjà à fatiguer.

              L’islamophobie n’est pas un racisme anti-arabe, de même que la naziphobie n’était pas un racisme anti-allemand et tout ce qu’on peut en conclure est que nos anti-islamophobes n’auraient sans doute pas été des anti-Nazis non plus s’ils avaient suivi le même raisonnement. 



              • Frédéric Alexandroff Frédéric Alexandroff 13 avril 2010 09:09

                Votre problème, mon cher monsieur Lyon, qui est celui de tous ceux qui voudraient nous faire avaler leur soupe anti-musulmane, c’est que vous tenez absolument à ce qu’on confonde Islam et islamisme.

                Alors bien sûr, au fil de mes articles, j’ai souvent été amené à défendre les musulmans : pas par plaisir ou conviction, ni parce que je serais moi-même de confession musulmane, mais parce que les critiques les plus absurdes et les plus agressives sont venues du « camp » d’en face, à une ou deux exceptions près. Mais les faits m’intéressent davantage que l’idéologie (que celle-ci soit religieuse ou athée) et si j’ai entamé cette série d’article, c’est simplement au nom du savoir : j’ignore tout de ce qui nous attend dans l’autre monde, mais je reste convaincu que la connaissance est seule à pouvoir assurer le salut de l’Homme dans ce monde-ci.

                Mais les gens tels que vous rejettent la connaissance : ils la méprisent, la vilipendent. Celui qui cherche la vérité, et qui entend en faire profiter autrui, fut-ce au niveau le plus humble, ne saurait dès lors être qu’un parangon de mépris. Cette critique m’a plusieurs fois été adressée en réactions à mes articles.

                Pour le reste, sur ma définition d’« islamophobie », je vous renvoie à mes commentaires précédents. Je réitérerai néanmoins un point : ce terme ne me convient pas, je ne l’ai employé qu’une fois dans le chapeau de l’article, et ce par commodité de langage, avec des guillemets.

                L’opinion de ceux ou celles qui n’ont pas été capables de lire plus loin m’intéresse finalement assez peu.

                Cordialement,

                Frédéric Alexandroff


              • tourn en ron 13 avril 2010 19:59

                parlons alors d’hetno-fobie plutôt que de racisme !non !!!


              • LADY75 LADY75 13 avril 2010 09:00

                Lady Paname dit :

                « A s’rappeler que l’Nouvel Ordre Mondial il a commencé quand l’président Roosevelt, sur le r’tour de la Conférence de Téhéran en 43, y s’est arrêté à Djeddah avec son croiseur pour causer bizness avec le Roi Abdulaziz.. »


                • brakoi 13 avril 2010 09:03

                  Les réponses de l’auteur aux commentaires ont le mérite d’éclairer sont point de vue et ses objectifs. Ses positions sont clairement pro-islam et vont à l’encontre des sentiments d’un nombre croissant de citoyen qui prennent conscience de la dangerosité de cette religion.

                  Sa série de « portraits » se présente comme un travail de rappel historique objectif et factuel. La multiplication des noms, des courants,des évènements vise à suggerer une diversité, une ouverture qui en réalité sont secondaire et ne présente pas d’interêt pour ceux à qui l’islam presente un front uniformément hostile et aggressif.

                  C’est tout au plus une application du principe de double langage théorisé et validé a la source même de l’islam.


                  • Frédéric Alexandroff Frédéric Alexandroff 13 avril 2010 09:30

                    C’est amusant, je trouve...

                    Après avoir vu ce commentaire, j’ai pris la peine de relire mon article et, ma foi, j’ai été fort surpris de ne pas avoir dépeint Mohammed bin Abdelwahhab comme un chic type, genre « curé de campagne musulman », ouvert, jovial, toujours à l’écoute de ses ouailles...

                    Et non, cher monsieur, je ne suis pas « pro-Islam ». Ce camp-là, si vous prenez la peine de relire le paragraphe introductif qui a tant fait baver certains, en prend aussi pour son grade.

                    « Sa série de »portraits« se présente comme un travail de rappel historique objectif et factuel. La multiplication des noms, des courants,des évènements vise à suggerer une diversité, une ouverture... »

                    Faites-moi rire encore une fois et pondez un article qui invalide les faits évoqués dans les miens. Je dis bien les FAITS, non l’interprétation : on est tout à fait libre de ne pas être d’accord avec moi quand je dis que le Pacte de 1744 était l’alliance d’une ambition cupide et d’une idéologie extrémiste (mais il paraît que je suis pro-musulman).

                    Oui, il y a dans l’Islam une diversité et une ouverture, qui sont les principales cibles des islamistes : avant même d’imposer leur Islam au non-musulmans, ils veulent d’abord regrouper les autres musulmans sous leur bannière... et se débarrasser de ceux qui y seraient rétifs. Leur arme est une méconnaissance de l’Islam, car un esprit faible et vide est malléable.

                    « Ses positions sont clairement pro-islam et vont à l’encontre des sentiments d’un nombre croissant de citoyen qui prennent conscience de la dangerosité de cette religion. »

                    La majorité des gens, puisque c’est elle que vous invoquez, ignore souvent tout de l’Islam, de son histoire et de sa diversité. Hum... que disais-je, plus haut, au sujet des esprits faibles et vides ?

                    Je ne défends pas une religion : mon but n’est pas de dire « l’Islam, c’est bien », comme vous proclamez arbitrairement le contraire. Je ne suis pas non plus partisan d’un retour aux religions en général. Je suis pour la connaissance. Je suis pour une République de citoyens avertis, cultivés et capables de tenir une conversation de plus de dix secondes sans balancer des lieux communs entendus au bistrot du coin. Et tant pis si ça fait de moi un élitiste méprisant. J’assume.

                    Bien cordialement,

                    Frédéric Alexandroff


                  • mcjb 13 avril 2010 11:00

                    je voudrais vous interroger sur un point precis,
                    manifestement la connaissance du triangle en mathematique date de Platon, ci joint une page documentee
                    il en decoule la clef arithmetique suivante 2 3 5 puissance cube = 8 27 125
                    soit un total de 160*10=1600 (1000+600time)
                    multiplie ces nombres donnent 8*27*125 =2700 soit une difference de 1100
                    rendons a cezar ce qui est a cezar en l’occurence ce triangle a Platon
                    http://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/creation.htm

                    qu’en est il de la science mathematique dans le coran, puisqu’il est suppose recenser des miracles scientifiques 
                    n’est ce pas tout simplement une volonte manifeste de tromper les occidentaux en cachant l’origine du savoir de Mohammed

                    je m’interrogte, je precise que je publie aujourd’hui pour la première fois ce decompte, qui bien sur figure dans la bible 216/8=27


                    • Noor Noor 21 avril 2010 13:11

                      Vos articles sont incomplets et pas assez consistants, j en ressors toujours un peu frustrée lol mais bon je ne devrai pas etre surprise, je me rappelle que vous aviez totalement baclé l article sur le Prophète.

                      Votre prochain article (le dernier) sur ben laden ? J imagine que c est dans la continuité de ce portrait ci.....
                      Pour vous, ben laden fait partie des « grandes figures de l islam » donc ...

                       PS : Et oh en fait, en parcourant les figures islamiques des articles precedant , je n ai pas vu Saladin !? 
                      Une petite idée pour vous en passant.....meme si ben laden est plus tentant pas vrai ?


                      • Starend 6 mai 2010 00:29

                        Bonsoir,
                        Une serie de portraits sur l’islam sans article sur Abou Ḥamid Moḥammed ibn Moḥammed al-Ghazālī (1058-1111) ne peut être complete. non ???
                        Il douta avant Descartes, il disputa avec Averroès, avant Kant exprima la scission Noumene/phénomènes... et fonda en grande partie la doctrine sunnite.

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