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Pour des lieux de culte accessibles à tous

Tutelles administratives, communes, diocèse et paroisses : à quand des églises accessibles à la grande dépendance & au handicap  ?

La fête de L’Assomption approche et pose à nouveau le débat de l’accessibilité des sanctuaires à tous les croyants quels que soient leurs cultes et rites.
J’en viens au problème de l’accessibilité des lieux cultuels qui ne date pas de la dernière loi Handicap de février 2005. Elle était déjà une obligation légale concernant tous les établissements recevant du public (ERP de 1° catégorie ) depuis 1975.
 
Mais, depuis plus longtemps, des diocèses catholiques que je connais mieux, conscients de leur devoir – élémentaire – d’accueillir tous les fidèles, font des efforts pour rendre les églises et les locaux paroissiaux accessibles aux personnes dépendantes – âgées, malades et handicapées – en installant notamment des rampes, des ascenseurs ou encore des portes élargies. Egalement doit-on penser à des zones sans obstacle, mieux éclairées, mieux sonorisées, voire mieux chauffées. 
À Barbezieux, dans le diocèse d’Angoulême, « une rampe d’accès a été aménagée il y a plus de vingt ans, ainsi qu’une salle de plain-pied qui communique avec l’église », raconte le P. Pierre Plantevigne, curé et vicaire général. Concernant le très ancien, il en est heureusement de même de la cathédrale Saint Siphrein à Carpentras, comme de beaucoup certainement.
 
Depuis 1975 , les lois successives obligent les partenaires à s’adapter
Or si les lois Handicap prévoient que tous les lieux de culte ( en tant qu’ERP ) soient tous accessibles début 2015 (au 1er janvier ? au 11 fevrier ?) , trop des responsables et de partenaires ignorent cette échéance. Dans bon nombre de diocèses, pourtant, cette loi cadre – toilettée le 11 février 2005 – est l’occasion de lancer une réflexion pour mettre en conformité l’existant.

À Paris, la mise aux normes est le fruit d’une réflexion avec la Ville, tant pour les églises du XX° appartenant au diocèse que pour celles, construites avant 1905, propriétés de la commune. « L’étude est systématique, puis les travaux suivent, conduits par le propriétaire, ville ou diocèse », explique Bertrand de Feydeau, directeur des affaires économiques du diocèse.
La loi « oblige les diocèses à s’adapter, constate de son côté Lionel Brunel, responsable des moyens généraux dans le diocèse de Lyon, mais il faut ensuite trouver les moyens financiers et matériels. »
 
Les diocèses seuls ? Non : depuis les lois de séparation de l’Eglise et de l’Etat (1903-1905) , et des confiscations, sont tout autant concernés des ministères, des collectivités et bien sûr toutes les communes. Dans 90% des cas, « l’immobilier des cultes » est d’abord à leur charge dans la mesure où la III° République avait pris la responsabilité – le risque ? – de s’en rendre propriétaire. Bien entendu, les cultes historiquement installés en France sont tous trois concernés.
 
« 18 ans de handicap en fauteuil pour tétraplégique » , témoigne Didier DARCIER, militant et dirigeant des Paralysés de France (APF) mais aussi responsable MCC et CVX ( groupes ignatiens )  : « de l’Isère (Grenoble) au Var (Toulon – Saint Cyr) ou aux Bouches du Rhône (Marseille) ; je n’ai jamais pu me rendre dans la moindre de mes propres paroisses pour un temps de prière, une messe, l’assemblée dominicale, les liturgies de la Semaine sainte, le sacrement de la réconciliation, les grandes fêtes comme les évènements les plus intimes et familiaux : baptêmes, communions, mariages, obsèques, consécrations … » .
 
« Fondée pourtant par des militants de l’Action Catholique il y a 60 ans l’Association des Paralysés de France ne revendique rien à cet égard. Celle-ci compte 32.00 adhérents et/dont 25.000 bénévoles ; 12.000 usagers (dont 4.500 mineurs ) et bénéficiaires en structures ; 1.200 vacanciers d’été pour 2008. « Mes collègues dirigeants de notre association de personnes handicapées moteur ( id l’APF ) n’en ont jamais eu cure et ont ignoré toutes mes notes au sein de notre C.A. depuis 1999 ». « Le culte, les rites, ou les sacrements n’y sont pas même analysés comme socialisants, culturels ou thérapeutiques ». 
 
« Chrétien pratiquant dans ce fauteuil roulant, je ne peux me rendre – en règle générale – qu’en instituts religieux, en communautés ou en hôpitaux » . Même les cimetières lui sont pour l’essentiel inaccessibles.  « A présent en Ouest-Var, c’est la communauté chrétienne de La Ciotat – dans un autre département ! – qui seule peut m’accueillir convenablement et en sécurité ». « Et je ne vous parle ni des problèmes de déplacements ni de ceux des horaires » . 
 
L’accessibilité, la participation et la citoyenneté des personnes dépendantes (âgées, malades et handicapées) ne doit-elle effectivement pas tenir compte également et du transport et des horaires jusqu’à ceux de la climatisation ? Comment partager les obligations et les coûts ?
Or, on notera qu’il ne peut cependant que se produire des retours sur investissements : outre l’aspect touristique ( non négligeable ) et culturel, souhaitons aussi que les financeurs voient dans ces reconstructions et ces aménagements de la formation professionnelle, des formes de travail, donc de la stabilité sociale, professionnelle et spécialisée, donc de revenus, donc de bénéfices, donc de rentrées sonnantes et trébuchantes pour Bercy ! Le ministre L’emprunt d’Etat pour ses grands travaux 2012 consacrera-t-il une part ? L’emprunt d’Etat pour ses grands travaux 2012 consacrera-t-il une part ? Frédéric Mitterrand obtiendra-t-il « sa » part sur le futur emprunt national propre à financer de grands travaux jusqu’en 2012 ?
 
En tout état de cause, Didier ne cache pas qu’il portera plainte au 12 février 2015 matin.
 
Des délais désormais jugés trop courts
Car, en dépit de ces retours sur investissements, le moindre aménagement coûte cher à court terme et peut être perçu comme une menace pour l’architecture lorsqu’il s’agit par exemple des monuments classés.
Ainsi – certainement à contre-cœur - apprend-on de plus en plus l’obligation que se font certains maires à devoir détruire des édifices devenus trop dangereux (clochers, voûtes, façades) . Désolation pour les anciens. Colères, exaspérations ou incompréhensions paroissiales donc sur le dos des élus.
« Il est impossible de se caler sur la date souhaitée, mais on avance dans ce sens, à notre rythme », assure le vicaire général d’Angoulême. Les nouvelles églises, quant à elles, n’obtiennent un permis de construction qu’après avoir reçu le feu vert de la commission locale d’accessibilité.
Pour permettre l’accès aux fauteuils roulants, les solutions envisagées, plus ou moins chères, doivent respecter la sécurité et la vie paroissiale, et aussi s’adapter à l’environnement urbain. Pour les personnes malentendantes, ce sont en général les curés et prêtres responsables qui se chargent d’équiper la sonorisation d’une boucle magnétique.

Vu les retards accumulés depuis trente ans, les lenteurs au sein des administrations, les pesanteurs des expertises, les bonnes volontés des Conseils municipaux et des commissions ad-hoc, les malentendus parfois entre structures civiles et religieuses, la complexité des moyens financiers nécessaires, déjà les délais sont-ils curieusement jugés trop courts alors que tous les dossiers d’accessibilité auraient du être montés ou relancés depuis trois années déjà.
Déjà trois années de perdues qui vont coûter cher et continuer à discriminer les croyants les uns des autres !
Quelle commune a calculé combien de ses administrés sont d’abord des fidèles qui usent plus fréquemment d’un lieu de culte que d’un bureau de mairie, d’une bibliothèque, d’une salle de concert ou d’un accès aux plages ?
Puisque l’immobilier lui appartient, que la République assume donc sa propre part.
 
 
d’après l’auteur Claire de la GUERONNIERE (10 août 2009) et avec sa complicité heureuse et l’accord du journal LA CROIX
Article alors intitulé « Contraintes de se rendre accessibles aux handicapés avant le 1er janvier 2015 au plus tard, les paroisses se heurtent à de nombreuses difficultés » 
 

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5 réactions à cet article    


  • Massaliote 14 août 2009 15:24

    Grave problème mais les incessants procès menés par les merdias contre l’Eglise ne va pas inciter les édiles à le prendre en compte ; malheureusement, à Marseille, nombre d’églises sont fermées et donc inaccessibles à tous pour éviter les vols et dégradations.


    • Loan 14 août 2009 15:28

      Et on n’a jamais autant parlé de lutte contre les discriminations et d’effort en faveur des handicapés !


      • hypso hypso 15 août 2009 18:24

        Aucun lecteur ?.... aucun maire ni responsable du patrimoine ?... dommage ....

        A croire que ce site ne fonctionne plus qu’entre abonnés qui s’invectivent entre eux ?... à quoi sert-il encore ?


        • karpediem karpediem 23 août 2009 22:53

           Bien dommage, en effet ..... MAIS UN MERCI à mes 6 lecteurs dont mon bien amical voisin de Marseille
          Didier


          • monbula 27 août 2009 18:29

            Les nouvelles églises pour devenir accessibles ne devraient pas s’encombrer d’objets de valeur propice aux vols.

            Rien n’est plus déroutant qu’une église fermée... Dans une ville bruyante rien n’est plus reposant que de s’asseoir dedans.

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