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Religion et plaisir (1)

Dieu est amour, on a du mal à s’en apercevoir !

D’une certaine manière, la crucifixion peut être considérée non comme le sacrifice ultime d’un homme-Dieu pour sauver ses semblables (les sauver de quoi d’ailleurs, on se le demande ?), mais avant tout comme la performance athlétique d’un sportif de haut niveau qui a subi la flagellation, les épines et les clous comme une compétition. Quand le Christ déclare « tout est consommé », cela doit être interprété comme un cri de victoire, comparable à la joie d’un Sergei Bubka après avoir effacé une barre de 6 m 15 à la perche. On ne fera pas mieux avant longtemps ! La dimension sacrificielle ne peut être retenue que comme le cheminement vers l’exploit. Un exploit qui dépasse la souffrance physique et qui peut se résumer à la quête de l’impossible. Cette vision nietzschéenne de l’effort physique, du dépassement de soi est à comparer avec l’éthique de vie des stoïciens, mais des stoïciens qui aimeraient les médailles et les podiums. D’ailleurs, le philosophe allemand Peter Sloterdijk, très à la mode outre-Rhin, ne s’y méprend pas en faisant remarquer que l’ascèse, du grec askesis, veut initialement dire entraînement. Il voit dans l’exercice physique une école du « savoir souffrir » et conseille à chacun « Tu dois changer ta vie ». Comment et pourquoi en changer est plus nettement plus important que le changement en soi. Car bien qu’hostile aux religions et à leur totalitarisme inéluctable, Sloterdijk se fait l’apôtre d’une écologie cosmopolite à l’échelle mondiale qui sent à plein nez le culte classique qu’il récuse. Quand il constate avec amertume que presque tous les virtuoses du piano et du violon sont désormais asiatiques, il regrette qu’aucun européen ne soit plus capable de subir pendant des heures la férule d’un maître qui lui apprend la perfection de la pratique d’un instrument. Ce regret est d’ailleurs étrange, car quand on écoute du Chopin ou du Paganini, peu importe que le soliste soit Coréen, Chinois ou Luxembourgeois. Sloterdijk aurait-il osé cette comparaison hasardeuse, si les meilleurs solistes étaient majoritairement noirs ou arabes ? Mais qu’en est-il des non-culturistes, de ceux qui ne glorifient pas le sport comme un aboutissement ? La dimension sportive du Christ est, pour un chrétien éduqué dans le dogme officiel, de l’ordre de l’hérésie, car elle donne au personnage une composante égoïste, orientée et nombriliste. Cela est à l’opposé du message universel de sacrifice et d’incommensurable don de sa personne, véhiculé par les docteurs de la foi et les exégètes qui veulent expliquer et justifier la Passion. Pourtant, cette vision reste « religieuse » dans le sens où elle peut être considérée comme un accomplissement édifiant, comme une marche à suivre pour atteindre la félicité. Un Christ athlète se nourrit de sa propre exemplarité, il ne peut donc être sous anabolisant ou antidouleur, il doit gagner sainement sans tricherie et subir les épreuves sans artifices et sans produits de synthèse. Sa démarche doit être édifiante et positive et quand Simon de Cyrène l’aide à porter sa croix, ce temps de pause doit être décompté de la performance. Pour arriver à ce résultat, il doit obligatoirement faire l’impasse sur les autres distractions profanes. Les troisièmes mi-temps concernent une catégorie de sportifs non exemplaires. Ceux ou celles qui s’adonnent à des cabrioles post-natatoires ou à des prestations rémunérées d’après match avec des professionnelles mineures ou non entrent dans la même catégorie des champions dilettantes. Quand un excès de produits dopants en arrive à conclure l’épisode sportif par la mort, comme dans les cas Tom Simpson ou Marco Pantani, alors le héros crucifié dans l’effort retrouve une dimension christique et passe du statut de réprouvé à celui de victime sacrifiée sur l’autel du profit et du sport-spectacle. Richard Virenque a été vilipendé, menacé de procès et couvert d’infamie car il n’est pas mort de ses excès. Seul son statut de Français issu des couches populaires lui a évité l’opprobre absolu et le bannissement. Lance Armstrong, car Américain a été plus aisément traité de tricheur et traîné dans la boue par la presse française. Décidément le Christ ne peut être sous EPO lors de la montée du Golgotha au risque de passer pour un tricheur petit bras. Le Christ athlète rejoint d’une certaine façon l’acrobate, le funambule de Nietzsche. Mais du fait de sa dimension universelle, il doit impérativement se débarrasser de sa composante de bateleur de foire, il n’est pas un boxeur de fête foraine mais l’égal si ce n’est le modèle de Mike Tyson ou de Carlos Monzon, en dépit de leur dimension violente hors du ring. Et sa composante humaniste lui donne la grandeur et le désintéressement d’un Max Schmeling, le boxeur du Reich se débattant pour se débarrasser de l’amitié encombrante des dignitaires nazis. Vu sous cet angle, son adversaire noir américain Joe Louis devient le deuxième larron, mais du fait du désir de vaincre du boxeur américain, il serait plutôt Barrabas, le fameux combattant de l’Evangile. Le Christ lutte avant tout pour le plaisir de la performance, et si celle-ci peut servir d’exemple aux gens du commun, et bien tant mieux, mais il ne semble pas que ce soit le but essentiel de la démarche. Certains y verront un comportement masochiste, mais celui-ci est le lot commun de tout sportif de haut niveau. Il faut souffrir pour battre des records, la performance s’obtient dans la douleur. Ceux qui font la fête comme Yannick Noah, ou s’exhibent dans les magazines comme Laure Manaudou ou Marie-Jo Pérec ne font en général qu’une carrière sportive en dent de scie ou éclair, à l’image, certes fort avenante, d’Anna Kournikova. La gloire et l’argent ne font que partiellement oublier les souffrances de l’entraînement et de la compétition. Seul l’athlète pur est capable de subir les affres de l’entraînement et ses contraintes. Hélas le sport moderne est loin de l’idéal des premiers amateurs. Il est devenu un moyen d’enrichissement et a perdu en spontanéité. On a longtemps fustigé les écoles de gymnases roumaines et chinoises, les lanceuses de poids et de marteau soviétiques et d’Allemagne de l’Est et leur moustache, mais elles ont été remplacés par les écoles d’athlétisme à l’américaine qui ne valent guère mieux. L’athlète contemporain peut cependant être un équivalent du Christ quand on le débarrasse de sa coquille mercantile et médiatique. Il n’y a pas que les cyclistes amateurs participant à d’obscurs critériums régionaux et les anonymes vainqueurs du biathlon ou du water-polo pour souffrir dans l’indifférence. Les sportifs célèbres souffrent aussi, mais leur douleur est masquée par l’argent des contrats publicitaires et les photos sur papier glacé des magazines. Le Dieu de la Bible est un dieu malsain, vengeur, égocentrique et castrateur. Il empêche les humains de baiser en rond. On comprend mieux dans ces conditions que les gnostiques l’aient réfuté comme Dieu d’amour. Dans les trois monothéismes, Dieu s’oppose au plaisir de l’homme qui n’est l’affaire que de pécheur et d’hérétique. L’homme libre a par contre envie de crier aux autres hommes s’il est athée et à la face de Dieu s’il est croyant, « vive le péché et l’hérésie car ils sont libérateurs et donnent un sens à la vie ! ». Le chrétien parfait qui éprouve un petit plaisir en mangeant une pomme ou une simple tomate, se privera de pomme ou de tomate par recherche de la pénitence et par la traque permanente du péché, au lieu d’en manger deux. Mais contrairement à ce que professe le courant chrétien d’ascèse et de mortification, la luxure est un luxe qui mène à la liberté. Pour les juifs et les chrétiens le plaisir est une tentation démoniaque qui mène l’homme à son avilissement. Le salut réside en l’abandon de soi à Dieu et l’obéissance à ses Lois. La pénitence est cependant une forme de masochisme en l’attente d’un hypothétique monde meilleur dans un au-delà fort douteux. Pour les chrétiens, le bonheur est illusoire et éphémère, le plaisir mène l’homme à sa perte. S’y adonner, c’est se fourvoyer, se détourner de la seule voie qui en vaille la peine, celle de l’adoration de Dieu et de l’obéissance à ses Lois. Le plaisir, dans ces conditions est condamnable et seuls les impies et les hérétiques peuvent s’y laisser tenter. On peut malgré tout se demander si la voie choisie par Raspoutine a plus de chance d’attirer le regard du Tout Puissant. En effet, si Dieu est omnipotent et omniprésent, il est donc très occupé, il n’a que faire du petit pécheur avec ses fautes minables et étriquées. Seul celui qui commet des abus en tous genres, qu’ils soient de sexe, d’alcool, de table, de vol, de viol ou de rapines peut se faire remarquer de Dieu. Après s’être vautré dans l’infamie, il suffit alors d’exprimer un repentir sincère et spectaculaire à l’égal de la faute. Inutile de dire que cette optique est profondément hérétique pour ne pas dire néo-gnostique aux yeux des gardiens du dogme et de la foi. Le christianisme par contre cultive le mysticisme et l’ascèse. On loue Dieu en se privant et en se mortifiant. L’hagiographie est remplie d’exemples édifiants tirés de la vie des saints. L’austérité du monothéisme des mystiques comme Jean de la Croix, sainte Thérèse d’Avila ou Marie Alacoque est une quête de l’Eden (certains analystes de la pensée chrétienne y ont vu une recherche d’orgasme à travers l’alibi de Dieu ; la mortification, le cilice et les macérations sont pour certains d’excellents moyens masochistes pour exprimer leur foi). Le paradis sur terre n’existe plus depuis les temps bibliques, il s’opposait à celui des Dieux de l’Olympe et des Vikings, au libertinage romain et de la Régence ; il faut donc le chercher ailleurs. La spiritualité doit impérativement s’opposer aux travers et penchants humains et à leurs illusoires chimères. « Le plaisir extrême est proche de la douleur » nous déclare Paul Valéry. Voit-il dans la crucifixion l’ascèse ou l’orgasme ! Que dire de plus pour décrire le mysticisme chrétien ? Mais Valéry parle-t-il de l’extase du martyr ou de celle de jouissance sexuelle extrême ? Peut-être des deux, finalement. Pour le monothéiste, Dieu a créé l’homme à son image, or contradiction évidente, l’homme est jouisseur par nature et Dieu veut canaliser sa jouissance par une série d’interdits, ce qui de prime abord semble paradoxal, à moins que Dieu soit censé considérer l’homme comme un animal imparfait qu’il faut sevrer et brimer en permanence pour son bien. Dieu serait une sorte de dompteur de lions dans un cirque, mais ce faisant, il doit toujours être méfiant et ne jamais baisser sa garde, car le fauve a tendance à se rebiffer. L’histoire d’Eve et de la pomme est à l’origine de la réglementation de la sexualité et de la connaissance par la religion allant jusqu’au puritanisme. En admettant le plaisir comme un accomplissement et non comme un péché, Dieu bien au contraire, ne peut se vivre et se louer que dans l’excès. Sinon, le croyant reste un être tiède et inaccompli, c'est-à-dire un vermisseau aux yeux du Tout-Puissant. Pour les pères de l’Eglise, (mais curieusement pas dans les paroles du Christ rapportées dans les Evangiles), Satan est dans le sexe illicite même quand il ne s’habille pas en Prada. On le retrouve dans la fornication hors mariage pour les trois monothéismes, car la sexualité à des fins non reproductive c’est le mal absolu, au même niveau que le parricide et le blasphème. Mais en y regardant bien, ce mal peut très bien se retrouver dans un verre de gnôle ou une choucroute garnie pour les moralistes chrétiens, musulmans ou juifs, car tout plaisir est suspect. L’alibi de la reproduction et de la fondation d’une famille pour ne pas dire d’une lignée est là pour renforcer une ligne de conduite qui accepte la sexualité comme un mal nécessaire à la reproduction. Le christianisme est l’invention de Paul un misogyne à tendance homosexuelle refoulée qui a réussi à détourner les paroles supposées d’amour de son modèle pour en faire un culte mortifère. Le judaïsme n’est guère plus reluisant concernant les plaisirs de la chère et de la chair, en plus des interdits alimentaires qui privent ses membres de choucroute et de boudin, son approche de la sexualité est aussi faite de prescriptions et de recommandations des plus strictes sur la fidélité, la menstruation et le respect des traditions patriarcales. On ne peut que constater que les parents juifs ayant mangés des raisins verts ce sont leurs enfants spirituels chrétiens et musulmans qui en ont eu les dents gâtées.


Les réactions les plus appréciées

  • gordon71 (---.---.---.61) 29 février 2012 10:11
    gordon71

     Bonjour
    j’allais vous le reprocher , merci de la
    précision

    pour le fond je trouve votre texte très riche sur les rapports complexes entre sacré, sacrifice effort, don de soi et plaisir.

    je ne suis pas sûr que la religion (catholique, celle que je connais le mieux) condamne aussi sévèrement et de manière unanime le plaisir et la jouissance :

    « Je voyais donc l’ange qui tenait à la main un long dard en or, dont l’extrémité en fer portait, je crois, un peu de feu. Il me semblait qu’il le plongeait parfois au travers de mon cœur et l’enfonçait jusqu’aux entrailles.
    En le retirant, on aurait dit que ce fer les emportait avec lui et me laissait tout entière embrasée d’un immense amour de Dieu. La douleur était si vive qu’elle me faisait pousser ces gémissements dont j’ai parlé.
     Mais la suavité causée par ce tourment incomparable est si excessive que l’âme ne peut en désirer la fin, ni se contenter de rien en dehors de Dieu. Ce n’est pas une souffrance corporelle. Elle est spirituelle.
    Le corps cependant ne laisse pas d’y participer quelque peu, et même beaucoup. C’est un échange d’amour si suave entre Dieu et l’âme, que je supplie le Seigneur de daigner dans sa bonté en favoriser ceux qui n’ajouteraient pas foi à ma parole. Les jours que durait cette faveur, j’étais comme hors de moi. J’aurais voulu ne rien voir et ne point parler, mais savourer mon tourment, car il était pour moi une gloire au-dessus de toutes les gloires d’ici-bas.

    " Autobiographie, chapitre XXIX,13 - Sainte Thérèse d’Avila


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65 réactions à cet article

  • Georges Yang (---.---.---.154) 29 février 2012 09:58

    Ps

    La mise en page à fait disparaitre, les paragraphes, ce qui rend la lecture plus complexe, veuillez en tenir compte

  • gordon71 (---.---.---.61) 29 février 2012 10:11
    gordon71

     Bonjour
    j’allais vous le reprocher , merci de la
    précision

    pour le fond je trouve votre texte très riche sur les rapports complexes entre sacré, sacrifice effort, don de soi et plaisir.

    je ne suis pas sûr que la religion (catholique, celle que je connais le mieux) condamne aussi sévèrement et de manière unanime le plaisir et la jouissance :

    « Je voyais donc l’ange qui tenait à la main un long dard en or, dont l’extrémité en fer portait, je crois, un peu de feu. Il me semblait qu’il le plongeait parfois au travers de mon cœur et l’enfonçait jusqu’aux entrailles.
    En le retirant, on aurait dit que ce fer les emportait avec lui et me laissait tout entière embrasée d’un immense amour de Dieu. La douleur était si vive qu’elle me faisait pousser ces gémissements dont j’ai parlé.
     Mais la suavité causée par ce tourment incomparable est si excessive que l’âme ne peut en désirer la fin, ni se contenter de rien en dehors de Dieu. Ce n’est pas une souffrance corporelle. Elle est spirituelle.
    Le corps cependant ne laisse pas d’y participer quelque peu, et même beaucoup. C’est un échange d’amour si suave entre Dieu et l’âme, que je supplie le Seigneur de daigner dans sa bonté en favoriser ceux qui n’ajouteraient pas foi à ma parole. Les jours que durait cette faveur, j’étais comme hors de moi. J’aurais voulu ne rien voir et ne point parler, mais savourer mon tourment, car il était pour moi une gloire au-dessus de toutes les gloires d’ici-bas.

    " Autobiographie, chapitre XXIX,13 - Sainte Thérèse d’Avila

  • Gabriel (---.---.---.98) 29 février 2012 10:16
    Gabriel

    Bonjour Georges,

    Les représentants des religions monothéismes ont choisi les écrits et les ont adapté dans la  traduction afin qu’ils servent de fondement à leurs pouvoirs. Dieu n’a rien à voir dans tous cela. Combien y a-t-il de version de la bible (Catholique 73 livres, protestante 66 livres sans parler de celle des témoins de Jéhovah …) bien sur, chacun vous dira que seule la sienne est  la bonne. Ne parlons des autres écrits religieux qui doivent connaître le même problème d’authenticité. Quant à l’interprétation qu’il en est fait, cela est du domaine de la suggestion. Certain pour croire en Dieu, une entité ou une force supérieure, ont la l’impérieuse nécessité d’un support ou et de guides spirituels. D’autres, en revanche, n’en n’éprouvent nul besoin car ils savent être en phase avec leurs âmes et écouter le chant de la vie, ses vibrations et se mettre au diapason de la nature. Je ne crois pas que Dieu a émis une liste d’interdit. Je crois plutôt qu’il a donné la conscience et le libre arbitre afin que chacun fasse sa propre expérience de la vie. La morale religieuse est de ce point de vue relativement restrictive et interdit certain plaisir qu’elle juge invertueux toujours d’après ses lois. En tant que Déiste je m’appuis sur une règle : « Agissez avec les autres comme vous aimeriez qu’ils agissent avec vous » et sur un précepte : « Expérimentez par vous-même et retenez ce qui vous convient et est bon pour l’ensemble ». Evidement, je ne prétends nullement avoir raison…

    • tikhomir (---.---.---.227) 29 février 2012 11:58

      Vous avez une bien drôle de vision de la Bible et de ses traductions et le rapport avec les Églises. En ce qui concerne les canons et le nombre de livres retenus (je parle pour le christianisme là), eh bien cela dépend des traditions. Si vous prenez l’Eglise catholique Ethiopienne ou catholique Copte ou catholique romaine (ou d’autres), le nombre de livres retenus n’est pas le même. Le catholicisme ne se résume pas au catholicisme romain...

      De même, suivant les traditions orthodoxes, ce sera aussi différent. (le christianisme ne se résume pas au catholicisme).

      Pour les traductions, on vous répondra que la « meilleure version », c’est la version originale et la meilleure traduction celle que vous ferez vous-même. Après évidemment, il faut avoir une certaine maîtrise des langues anciennes... A côté de ça, il y a évidemment des meilleures traductions que d’autres pour certaines utilisations ou certains choix de traduction qui sont faits qui peuvent sembler parfois étranges ou incomplets.

      Pour un catholique romain, il est bien évidemment recommandé d’avoir une Bible qui contient les livres du canon retenu par l’Église catholique romaine, mais une Bible avec un canon orthodoxe (qui en général contiennent les mêmes plus quelques autres) fait très bien l’affaire, évidemment (je prends cet exemple parce que c’est mon cas).

      "bien sur, chacun vous dira que seule la sienne est  la bonne."

      La preuve que non avec mon petit discours ci-dessus.

    • Gabriel (---.---.---.98) 29 février 2012 13:41
      Gabriel

      Tikhomir, ma vision de l’institution et de son support auquel vous adhérez n’a rien de drôle, elle est issue de mon vécu, de mon ressenti et de mon expérience tout comme votre réponse est en rapport avec le lien étroit que vous entretenez avec cette institution et ses règles. Ne croyez pas que je critique votre foi qui est, à mes yeux, digne de tout respect. Seulement, pour en revenir sur l’idée de base du texte de Georges, l’église catholique romaine et apostolique aurait une sérieuse tendance à ranger dans la catégorie péché tout ce qui n’adhère pas à sa morale religieuse se coupant par la même de certain plaisir qu’elle juge avec plus ou moins de sévérité.

    • tikhomir (---.---.---.227) 29 février 2012 14:26

      Je comprends que vous ayez pu mal vivre certaines choses (j’en connais bien d’autres) et que vous parliez à partir de votre ressenti et de votre vécu mais à ce moment vous ne pouvez pas dire « l’Eglise ceci » ou « l’Eglise cela » car cela ne représente pas forcément l’ensemble de la réalité (et même pas forcément la réalité doctrinale).

      Pour revenir au sujet de l’article, je l’ai dit, je n’y vois aucun christianisme et l’auteur a la même tendance : les chrétiens ceci, les chrétiens cela, l’Eglise truc ou machin... Désolé, pas de christianisme là dedans ni même d’Église ni même de Bible ni même de Dieu, mais c’est peut-être le ressenti de l’auteur sur le christianisme.

      Ce qui me dérange un peu, c’est le fait de dire ce que sont les chrétiens, le christianisme ou l’Église ou autre à partir de son propre ressenti et non partir de ce qu’ils sont réellement et tel qu’ils vivent.

      Je ne nie pas qu’il y a des chrétiens comme décrits dans l’article, mais cela ne représente ni les chrétiens dans leur ensemble ni l’Eglise et c’est dommage de généraliser. Parfois, cela vient aussi de soi-même, problème de compréhension en général, non pas que ce soit complexe, mais il manque des éléments à bien des gens pour saisir le tout. Mais quoi de plus normal dans une société largement déchristianisée... Ou même venant du catéchisme, quand je vois certains catéchismes un peu anciens (du temps de nos parents/grands parents) et même souvent des modernes pour enfants/adolescents, c’est courant que ce soit truffé d’énormités. Et quand je vois ça, je comprends pourquoi ceux qui ont eu droit à ces catéchismes ne sont pas chrétiens aujourd’hui et qu’ils n’aient pas envie de pousser le sujet plus loin. Néanmoins, c’est dommage car ce sont les mêmes personnes à qui on a raconté de ces trucs bizarres au caté qui ensuite viennent expliquer le christianisme bien souvent. Alors forcément, ça coince et j’en suis le premier désolé et navré.

    • Georges Yang (---.---.---.154) 29 février 2012 16:35

      Les textes apocryphes sont aussi instructifs que ceux choisis par les exégètes, et d’ailleurs qui décide de la valeur d’un texte ou de son rejet ?

    • tikhomir (---.---.---.227) 29 février 2012 18:40

      Évidemment que les textes apocryphes sont instructifs, par contre de là à les mettre sur le même plan que les autres, non. Il ne s’agit pas de se rebeller pour se rebeller en disant « moi je lis et tiens compte des textes apocryphes comme étant aussi qui sont aussi valables ». A la lecture desdits textes, il faut quand même faire la part des choses.

      Pour choisir les textes dits inspirés (en tout cas dans leur totalité), ben c’est simple : on réunit tous les évêques et on discute, tout est étudié dans le détail.

      Typiquement, l’Évangile de Barnabé, texte apocryphe ne pourrait pas être mis dans le canon des écritures (en tout cas chrétiennes).

      http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89vangile_de_barnab%C3%A9

      Mais si vous prenez la didachè et bien là, l’Église s’y réfère jusque dans son catéchisme... Pourtant c’est un texte apocryphe...

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Didach%C3%A8

      Donc vous voyez que ce n’est pas aussi simple.

      Non, tous les apocryphes ne sont pas aussi instructifs les uns que les autres ou que les canoniques, mais oui, il y en a qui sont instructifs et qui sont même utilisés. Pas de souci avec ça.

    • Georges Yang (---.---.---.153) 29 février 2012 18:49

      Le livre de Baruch est dans certaines Bibles pas dans d’autres, est-il apocryphe ou non ?

      Il ne faut pas oublier que les premiers conciles et conclaves étaient truqués par des factions qui luttaient pour leur prédominance (ex Nicée) Quel évêque est plus éclairé qu’un autre dans ces conditions ?

    • tikhomir (---.---.---.227) 1er mars 2012 10:20

      C’est drôle, vous ne pouvez pas vous en empêcher d’avoir cette vision, pardonnez-moi le terme, il ne s’applique pas à vous mais à votre propos : simplette. C’est un livre deutérocanonique, il n’est pas dans le canon hébraïque mais dans le Grec et est donc dans le canon catholique et orthodoxe mais pas retenu par la plupart des protestants qui ne gardent que le canon hébraïque.

      Au delà des dispute d’évêques, les Eglises catholiques et orthodoxes ont retenu aussi un certain nombre d’écrits des juifs Grecs en langue Grecque (Septante) et pas seulement le canon hébraïque (contrairement à la majorité des protestants qui ne retiennent que le canon hébraïque). Évidemment, ce sont deux approches et deux choix qui se discutent.

      Votre problème, ce n’est pas de savoir ce qui est apocryphe ou non et nous le savons bien tous les deux et je l’ai dit, se rebeller pour se rebeller ne mène à rien et ne permet pas ni de penser sereinement (on part avec un à priori négatif quand on se rebelle bêtement, donc la pensée est biaisée) ni d’avoir des relations sereines avec les autres.

      Conclusion : apocryphes ou canoniques, il est de toute façon possible de les lire et je ne vois pas l’intérêt de pinailler là dessus éternellement.

  • Georges Yang (---.---.---.154) 29 février 2012 10:19

    PS

    Je cite les mystiques extatiques dans cet article, dont Thérès

  • gordon71 (---.---.---.61) 29 février 2012 10:26
    gordon71

    j’ai eu la chance d’accompagner mon père dans son passage vers l’au delà, de lui tenir la main et de le serrer dans mes bras sur son lit d’hôpital dans son dernier souffle.

    je peux vous garantir que ma compagne se souvient de la nuit qui a suivi, (sans me vanter), les funérailles ont été pour elle une sacrée fête charnelle, et çà n’a pas loupé, la vie a su trouver les arguments pour reprendre le dessus, 9 mois plus tard mon père avait un descendant, plein de vie et sacrément gourmand.

    • Georges Yang (---.---.---.154) 29 février 2012 12:32

      Chacun a sa propre vision du christianisme, le « vrai », celui des évangiles, expurgé des rajouts post christiques, pour justifier le dogme (cf par exemple le livre de Duquesne), est plus acceptable pour un jouisseur que la vision culpabilisante et mortifère de Paul, véritable imposteur et trahisant la pensée du Christ

      Mais on ne peut non plus faire l’impasse sur le côté performance sportive de la crucifixion 

  • tikhomir (---.---.---.227) 29 février 2012 11:05

    @L’auteur

    Désolé mais quand vous expliquez le christianisme et ce qu’est ceci ou cela pour le chrétien, je ne m’y reconnais pas et je n’y reconnais pas non plus l’enseignement de l’Église ni même rien de la Bible.

    Pour moi en gros, à aucun moment vous n’avez parlé de christianisme et le sujet n’a même pas été abordé. Ce que vous avez appelé « christianisme » ou « chrétiens » désigne tout autre chose à mes yeux, je ne sais pas quoi mais c’est bien éloigné du christianisme.

    Comment expliquez-vous cela ?

    • Georges Yang (---.---.---.154) 29 février 2012 12:39

      Voir mon commentaire précédent Il y a un monde entre la jouissance charnelle de Thérèse d’Avila et les raciocinations de Blaise Pascal, un trouillard qui veut rester à l’abri Donc plusieurs christianismes, quelquefois antagonistes J’avais écrit précédemment sur les gnostiques, qui auraient pu faire de « bons » chrétiens Sans parler de Raspoutine, escroc, mais aussi visionnaire qui reprend des thèses gnostiques

  • gordon71 (---.---.---.61) 29 février 2012 11:09
    gordon71

    la crucifixion....sacrifice ultime d’un homme-Dieu ..(les sauver de quoi d’ailleurs, on se le demande ?)
     de la désespérance peut être....

    "S’il m’arrivait un jour, et ce pourrait être aujourd’hui, d’être victime du terrorisme, qui semble vouloir englober maintenant tous les étrangers vivant en Algérie, j’aimerais que ma communauté, mon église, ma famille, se souviennent que ma vie était donnée à dieu et à ce pays.


    Qu’ils acceptent que le Maître unique de toute vie ne saurait être étranger à ce départ brutal, qu’ils prient pour moi : comment serais-je trouvé digne d’une telle offrande ?

    Qu’ils sachent associer cette mort à tant d’autres aussi violentes, laissées dans l’indifférence de l’anonymat.
    Ma vie n’a pas plus de prix qu’une autre. Elle n’en a pas moins non plus.
    Ma mort évidemment , paraîtra donner raison à ceux qui m’ont rapidement traité de naïf ou d’idéaliste : "Qu’il dise maintenant ce qu’il en pense !"

    Mais ceux là doivent savoir que sera enfin libérée ma plus lancinante curiosité.
    Voici que je pourrai, grâce à Dieu, plonger mon regard dans celui du père pour contempler avec lui, ses enfants del’islam tels qu’il les voit, tout illuminés de la gloire du Christ fruit de sa passion, investis par le don de l’esprit dont la joie secrète sera toujours d’établir la communion et de rétablir la ressemblance, en jouant avec les différences.

    cette vie perdue, totalement mienne, et totalement leur, je rends grâce à Dieu qui semble l’avoir voulue toute entière pour cette joie là envers et malgré tout.

    Dans ce merci où tout est dit, désormais, de ma vie, je vous inclus bien sûr, amis d’hier et d’aujourd’hui, et vous , ô amis d’ici, aux côtés de ma mère et de mon père, de mes soeurs et de mes frères et des leurs, centuple accordé comme il était promis.

    Et toi aussi, l’ami de la dernière minute, qui n’auras pas su ce que tu faisais. 

    Oui pour toi aussi, je le veux ce merci, et cet à-Dieu envisagé de toi.

    et qu’il nous soit donné de nous retrouver , larrons heureux, en paradis, s’il plaît à Dieu, notre père à tous deux.

    Amen ! inch’Allah

    testament Alger 1er décembre 1993

     Chrisitian de Chergé, religieux trappiste, moine à Tibhirine assassiné en 1996.

     tiré du livre de Michaêl Lonsdale« l’amour sauvera le monde »


     
    • oncle archibald (---.---.---.247) 29 février 2012 14:56

      On aimerait pouvoir mettre cent + au texte que vous rappelez .. merci de rappeler que l’amour n’a pas à se justifier .. On n’aime pas « parce que », on aime ou on n’aime pas ... Si on aime on peut faire des folies jusques à en mourir ... 

    • gordon71 (---.---.---.61) 29 février 2012 15:28
      gordon71

      ce texte me fait chialer à chaque fois que je lis

      je ne sais pas si c’est pour la peine qu’il m’inflige ou pour ce sentiment que je ressens

      de ne jamais sans doute être capable de pouvoir ressentir l"amour que ce moine vouait à la vie

      et à l’humanité

      (jalousie, orgueil.....)

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