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Accueil du site > Actualités > Religions > Religions : Nicolas le Stigmatiseur

Religions : Nicolas le Stigmatiseur

Stigmatisation de l’islam au nom de la laïcité, mais aussi multiculturalisme, héritage chrétien… Des notions bien mal digérées dont le seul but est compréhensible par tous : faire des voix par des moyens peu honorables.

À force de dire tout et son contraire, le Président de la République aurait pu penser attirer l’adhésion du plus grand nombre… ou la répulsion.

Il lui sera toujours aisé de rappeler ses propos tenus à l’Université de Mentouri, à Constantine, le 5 décembre 2007 : « Jeunes d’Algérie, je suis venu vous dire que vous pouvez être fiers d’être des jeunes musulmans parce que la civilisation musulmane est une grande civilisation. Jeunes d’Algérie, je suis venu vous dire que le peuple français vous aime et que le peuple français vous respecte. (…) C’est en tendant l’un vers l’autre une main fraternelle que nos deux peuples comprendront, que tant de fautes, que tant de crimes, que tant de malheurs n’auront pas été vains puisqu’ils nous auront appris à détester la guerre et à rejeter la haine. (…) La France ne transigera pas avec l’islamophobie. ».


Mais dans cette campagne présidentielle, Mister Hyde a repris le dessus sur Docteur Jekyll.

Nicolas Sarkozy avait commencé de façon brutale sa campagne avec une interview dans le "Figaro Magazine" du 10 février 2012 où il stigmatisait implicitement les chômeurs et les immigrés en proposant deux référendums : l’un sur la formation des chômeurs, l’air de dire qu’ils ne seraient que des paresseux et qu’il faudrait qu’ils apprennent quelque chose (le sujet de la formation est pourtant crucial et ne dépend que de l’effort budgétaire alloué par… l’État !), et l’autre sur la juridiction compétente pour les affaires ayant traits à l’immigration clandestine (un sujet dont tout le monde se moque sauf les obsédés de l’immigratiophobie).


Contre l’islam ?

Fort de la tactique de la polarisation au premier tour et du rassemblement au second tour, le Président candidat Nicolas Sarkozy a continué la stigmatisation d’une catégorie de la population française, ici les Français de religion musulmane, lors de son meeting à Bordeaux le 3 mars 2012. Une méthode qui ne lui permet cependant pas vraiment de rattraper son retard sur son principal concurrent.

Et il n’y est pas allé de main morte en insistant sur la peur de l’islam : « Je condamne sur ces sujets si sensibles les polémiques offensantes qui blessent inutilement. Mais reconnaissons à chacun le droit de savoir ce qu’il mange, halal ou non. Je souhaite donc l’étiquetage des viandes en fonction de la méthode d’abattage. Quant aux cantines scolaires, elles sont aussi tenues au principe de la laïcité. Je m’opposerai à toute évolution qui irait dans un sens contraire. (…) Il n’y a pas de place dans la République pour des piscines où il y aurait des horaires pour les femmes et des horaires pour les hommes ! ».

Il a abordé des thèmes typiquement extrémistes dans un pays en crise où la pauvreté s’accroît, où le chômage progresse, etc. et a même fait vaguement référence à la politique municipale de Martine Aubry à Lille.

Ce n’est pas nouveau ni le seul responsable politique à l’UMP à jongler avec ce genre de discours puisque le Ministre de l’Intérieur Claude Guéant n’a pas cessé, depuis un an qu’il est place Beauvau, de distiller des petites phrases scandaleuses et stigmatisantes. L’avant-dernière sur les civilisations n’a pas suffi et il a récidivé une énième fois contre les musulmans.

Cette fois-ci, c’était le 2 mars 2012 à Velaine-en Haye (commune qui m’est chère pour quelques raisons personnelles) : « Accepter le vote des étrangers, c’est la porte ouverte au communautarisme. Nous ne voulons pas que des conseillers municipaux étrangers rendent obligatoire la nourriture halal dans les repas des cantines, ou réglementent les piscines à l’encontre des principes de mixité. ».

C’était d’ailleurs un argument que j’avais énuméré parmi ceux utilisés par les contempteurs du droit de vote des étrangers (en citant le sénateur Philippe Bas : « Veut-on voir les municipalités réserver des horaires aux femmes dans les piscines, adapter les menus des cantines scolaires, réglementer la circulation pour permettre les prières de rue ? ») et que Nathalie Kosciusko-Morizet veut rejeter catégoriquement ce 5 mars 2012 en considérant (avec raison) qu’il y a d’autres arguments bien plus convaincants pour s’opposer au vote des étrangers (voir ici).

Dans le même discours, Claude Guéant disait sans (cette fois-ci) s’emmêler avec la logique statistique : « Il y a 5,8% d’étrangers en France alors que 13% des condamnations concernent les étrangers : il y a du bon sens à remettre dans la gestion des affaires publiques. ».

Outre le fait que cela fait dix ans qu’il est directement en charge de la gestion des affaires publiques dans ce domaine très particulier, Claude Guéant fait volontairement la scandaleuse double équivalence régulièrement utilisée par le Front national : étrangers = musulmans = délinquants. Qu’en pense la juge franco-norvégienne Eva Joly ?!


Multiculturalisme ?

Ce qui est en fait implicite, c’est cette volonté sans arrêt de dire que l’étranger, l’immigrant, et plus particulièrement "le" Maghrébin musulman (puisqu’il ne s’agit pas d’Américains ni de Scandinaves, par exemple) serait le responsable de la crise économique et de l’insécurité depuis quelques décennies en France. Cette mauvaise analyse a fait les choux gras de la famille Le Pen depuis 1983 en surfant sur un fond de xénophobie rampante (peur de l’étranger).

C’est d’ailleurs une idée reçue de beaucoup de monde en France et également en Europe. Il est intéressant de voir comment les journalistes et la classe politique collent à une sorte d’effet de mode qui aurait mérité un peu plus de hauteur et de réflexion.

Cela rappelle l’interview télévisée de Nicolas Sarkozy le 10 février 2011 sur TF1, il y a un an, où il assurait que le multiculturalisme était un échec. Certes, il répondait à une question du journaliste mais il aurait dû en rejeter le concept.

Il expliquait au contraire doctement : « Oui, c’est un échec. Dans toutes nos démocraties, on s’est trop préoccupé de l’identité de celui qui arrivait et pas assez de l’identité du pays qui l’accueillait. » (ce qui ne veut rien dire, concrètement : qui est "on" ? l’État ? la société ? que veut dire "se préoccuper" ? faire des lois ? porter attention ? comprendre ? s’opposer ?).

Quelques jours auparavant, tant Angela Merkel que David Cameron avaient également affirmé que le multiculturalisme était un échec. Il fallait donc leur emboîter le pas.

S’il y a bien un pays où le multiculturalisme ne pouvait pas être en échec, c’était bien la France. Car au contraire du Royaume-Uni et de cette tradition très anglo-saxonne qu’on peut retrouver en Afrique du Sud et aux États-Unis (encore que Barack Obama se soit sensiblement éloigné de ce modèle), la France n’a justement jamais voulu du multiculturalisme. Il ne peut donc être en échec car il n’a jamais été mis en application et il n’en a jamais été question dans notre histoire républicaine.

La France, au contraire, a une tradition de laïcité quasi-unique au monde (la Turquie nous avait imités mais son modèle est remis en cause actuellement). Cette tradition de neutralité et de tolérance ne provient pas seulement de la loi du 9 décembre 1905 (contrairement à ce que peut penser le candidat François Hollande) mais aussi de l’Édit de Nantes du 13 avril 1598 et de la volonté du roi Henri IV de réconcilier les Français au-delà des profondes divergences religieuses : « Advenant aussi vacation desdits états, charges et offices, pour le regard de ceux qui seront en notre disposition, il y sera par nous pourvu indifféremment, sans distinction de personnes capables, comme chose qui regarde l’union de nos sujets. » (révoqué le 18 octobre 1685 par Louis XIV).

Au contraire, la France a toujours voulu l’intégration des étrangers arrivant en France au sein de la communauté nationale. Une intégration/assimilation qui a donné le modèle du creuset républicain d’égalité où l’on ignore le sexe, l’ethnie, la religion, la condition sociale, l’origine géographique, les préférences sexuelles, etc. pour ne s’attacher qu’à l’individu et à son seul mérite personnel. D’ailleurs, qui peut aujourd’hui rejeter de la communauté nationale des Français d’origine polonaise, italienne, portugaise, voire arménienne ou suisse ?

Certains pensent qu’il y a un problème avec des immigrants venus du Maghreb, particulièrement de l’Algérie, en raison des relations historiques entre les deux pays. Il est possible que certains refusent expressément de s’intégrer et veulent imposer leur propre culture en France. C’était en tout cas la conclusion qu’avait admise Bernard Stasi à la tête de sa commission sur la laïcité, ce qui a encouragé l’adoption de lois spécifiques pour renforcer le caractère de neutralité publique vis-à-vis de la religion, loi sur le voile en milieu scolaire et loi sur la burqa dans l’espace public.

Dans cette même émission du 10 février 2011, Nicolas Sarkozy jouait ainsi sur les peurs et reprenait paradoxalement référence au modèle français : « Nous ne voulons pas d’une société dans laquelle les communautés coexistent les unes à côté des autres. Si on vient en France, on accepte de se fondre dans une seule communauté, la communauté nationale. Si on n’accepte pas cela, on ne vient pas en France. ».

Pourtant, parler de multiculturalisme en parlant de la France, c’est ne connaître ni l’histoire de France, ni la tradition française, ni ce mythe fondateur de la République et du creuset républicain où les citoyens, dans la richesse de leur seule personnalité, au-delà de leurs différences d’origine ou d’opinion, forment la communauté nationale. C’est pour cela que le droit du sol est un élément aussi important que le droit du sang. Aucun journaliste pour expliquer cela ?


Héritage chrétien ?

Évidemment, s’en prendre à l’islam nécessite d’être capable de se replier sur ses bases arrières. Or, les meilleures sont les racines chrétiennes de la France.

Nicolas Sarkozy n’a donc pas hésité, tout au long de son quinquennat, à maladroitement rappeler les références chrétiennes de la France, quitte à introduire le concept incertain de « laïcité positive » du discours du Latran du 20 décembre 2007 : « Il s’agit (…) de rechercher le dialogue avec les grandes religions de France et d’avoir pour principe de facilité la vie quotidienne des grands courants spirituels plutôt que de chercher à la leur compliquer. » tout en insistant sur le christianisme : « Les racines de la France sont essentiellement chrétiennes. Et la France a apporté au rayonnement du christianisme une contribution exceptionnelle. ».

Ce qui lui a fait dire : « La laïcité ne saurait être la négation du passé. Elle n’a pas le pouvoir de couper la France de ses racines chrétiennes. Elle a tenté de le faire. Elle n’aurait pas dû. (…) C’est pourquoi nous devons tenir ensemble les deux bouts de la chaîne : assumer les racines chrétiennes de la France, et même les valoriser, tout en défendant la laïcité enfin parvenue à maturité. ».

Rappel maladroit et assez inefficace si son but était d’obtenir l’adhésion de l’Église catholique à sa politique de stigmatisation des étrangers…

Ainsi, il y a juste un an, le 3 mars 2011, dans un déplacement au Puy-en-Velay où la magnifique cathédrale surplombe la ville, Nicolas Sarkozy a déclaré : « En disant cela, je ne fais simplement que rappeler une évidence : l’apport de la chrétienté à notre civilisation. (…) La chrétienté nous a laissé un magnifique héritage de civilisation et de culture. ».

Cette référence à "l’héritage chrétien", uniquement, d’ailleurs, dans le sens patrimonial du terme (il parlait des beaux monuments), n’est pas nouveau car lors de sa visite à la mythique basilique de Vézelay, le 30 septembre 2010, Nicolas Sarkozy en avait déjà parlé : « Quand on regarde le long manteau des églises, des basiliques et des cathédrales sur notre territoire, on voit bien l’influence de l’héritage chrétien dans l’histoire de France. ».

Je suis toujours étonné par le manque de perspicacité des journalistes (surtout ceux d’opposition, qu’ils fassent leur boulot !) quand des personnalités politiques évoquent des notions assez scabreuses. Celle de l’héritage chrétien en est une et ne va pas dans le sens voulu par son auteur.

Parler d’héritage chrétien, c’est assurément considérer qu’il n’y a plus de christianisme en France. C’est donc presque accepter le fait que la France ne soit plus chrétienne (dans les statistiques, il est un fait qu’il y a très peu de pratiquants revendiqués chez les catholiques comme chez les autres chrétiens). Cependant, le christianisme n’en est pas pour autant disparu.

On peut parler d’héritage du gaullisme car cela fait belle lurette qu’il n’y a plus de gaullisme en France. Parler d’héritage de la Résistance, d’héritage de la Révolution, cela se conçoit. Mais parler d’héritage chrétien, c’est tout simplement ne croire que la religion chrétienne n’est plus que les restes, parfois éclatants, de quelques cathédrales, alors que c’est avant tout une communauté vivante qui vit et fait vivre sa foi toujours au présent.

Ce mouvement vers les chrétiens (choqués par le discours de Grenoble du 30 juillet 2010) paraît bien inopérant par rapport aux effets pervers de la politique d’immigration mise en place depuis près de dix ans par Nicolas Sarkozy.


Entre tactique et sens des responsabilités

Personne n’est vraiment dupe et l’idée est de récupérer l’électorat que Marine Le Pen avait réussi à agréger par un discours ouvertement islamophobe (qui a peur de la religion musulmane). Il faut d’ailleurs avoir bien peu confiance en ses propres valeurs pour croire qu’une religion supposée "étrangère" (ce qui n’est pas le cas pour l’islam d’ailleurs) puisse ainsi écraser deux millénaires de culture judéo-chrétienne.

Beaucoup semblent croire que la finalité électorale est une condition suffisante pour accepter des discours ouvertement stigmatisants. Pourtant, surtout provenant d’un Président de la République garant de l’unité nationale et dont le rôle doit être fédérateur et pas diviseur, il est inadmissible que le sens des responsabilités ne l’ait pas emporté sur la préoccupation électoraliste. À la fin, Nicolas Sarkozy devra payer l’addition, et elle risque de lui être très salée…


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (6 mars 2012)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Le show est commencé.
La laïcité selon saint Hollande.
Le discours de Grenoble (30 juillet 2010).
Le discours de Constantine (5 décembre 2007).
Le discours de Bordeaux (3 mars 2012).
Le discours du Latran (20 décembre 2007).
Le discours du Puy-en-Velay (3 mars 2011).
Le discours de Vézelay (30 septembre 2010).
Refonder la démocratie.
L’État impartial.


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16 réactions à cet article    


  • Fergus Fergus 6 mars 2012 09:25

    Bonjour, Sylvain.

    Excellent article. Tout est dit sur la duplicité de Sarkozy et sa faculté à stigmatiser les boucs émissaires désignés par Le Pen pour s’assurer les suffrages qui lui manquent.

    Quant à la référence à « l’héritage chrétien » tout au long du quinquennat, elle relève de l’absurdité dans un pays qui ne nie pas ses origines culturelles mais dont la population, y compris chrétienne, a depuis longtemps intégré les valeurs de laïcité.


    • tikhomir 6 mars 2012 10:29

      « la population, y compris chrétienne, a depuis longtemps intégré les valeurs de laïcité. »

      Je ne dois pas faire partie de la population alors... Quelles sont « les valeurs de la laïcité » exactement ?


    • Fergus Fergus 6 mars 2012 11:58

      Bonjour, Thikomir.

      Le respect des croyances ou des non-croyances de chacun dans le fonctionnement républicain et la vie en société.


    • tikhomir 6 mars 2012 13:01

      Moui, bof. Donc je n’y adhère pas. On n’a pas attendu la laïcité pour « vivre en société », ça se fait juste depuis que l’Homme est Homme. A titre personnel, je ne suis pas républicain. Et quand on voit le résultat des valeurs de respect des croyances dont vous parlez, on en reparlera le jour où l’Etat arrêtera de financer des oeuvres anti-chrétiennes.

      Et puis l’Etat-maman éducatif et infantilisant, non merci.

      Les valeurs dont vous parlez n’ont pas grand chose de « laïque », c’est un idéal commun à la majorité des personnes. Et l’Etat n’applique pas les valeurs dont vous parlez, dois-je en conclure que l’Etat n’est pas « laïque » ?


    • posteriori 6 mars 2012 15:35

      Il y a 5 l’auteur defendait exactement l’inverse à longueur d’articles, il était un fervent soutien de sarkozy pour le karcher et l’association immigration/délinquance, du pur masochisme.
      Il a changé lui aussi.


    • Castel Castel 6 mars 2012 17:46

      "Tout est dit sur la duplicité de Sarkozy et sa faculté à stigmatiser les boucs émissaires désignés par Le Pen pour s’assurer les suffrages qui lui manquent.« 

      Je suis d’accord dans le principe du stigmatiseur, mais c’est signe que l’ »identité française« est difficile à contenir (elle est même carrément en voie de disparition, avec l’ouverture des frontières, l’identité Européenne et la crise, il n’y aura prochainement plus d’identité nationale). Du coup, je ne vois pas en quoi Sarkozy attendrait que Le Pen désigne des méchants qu’il faudrait taper, ça me parait même hors-sujet.
      Sarkozy fait voler en éclat la république laïque tout en se moquant du fragile »communautarisme" français. Il fait des beaux discours tout en sachant que tout est terminé pour l’identité française car elle va devoir s’adapter à la mondialisation.


    • Pierre Régnier Pierre Régnier 7 mars 2012 16:54

      @ tikhomir

      Ce n’est pas l’Etat qui n’est pas laïque, c’est le Gouvernement.

      Mais s’il n’est pas laïque, ce n’est pas parce qu’il ne respecterait pas la « laïcité » telle qu’elle est définie par Fergus (et par le gouvernement Sarkozien de droite extrême, et par la pseudo-Gauche, et par Sylvain Rakotoarison et par beaucoup d’autres).

      Il respecte au contraire »les croyances et les non-croyances de chacun">

      Mais il les respecte quelles qu’elles soient

      et quel que soit le mal qu’elles font à la société en exigeant qu’elle soumette son fonctionnement à ces croyances.


    • SNOOP 6 mars 2012 10:09

      nous voyons bien que le débat escamoté sur l’identité nationale revient très fort
      qui sommes nous et ou voulons nous aller, ensemble
      l’immigration musulmane pose question
      pourquoi ?
      parce que l’islam impose un choix de société qui n’est pas le notre
      nous subissons petit à petit l’islamisation de notre nation
      les revendications communautaristes sont contraires à notre république
      On est Français, POINT
      ni musulman ou juif, athée ou mormon, noir ou jaune
      on s’en fout !
      la république n’a pas à prendre en compte les lubbies des uns et des autres, elle ne reconnait aucun culte qui sont affaires privées
      doit on se soumettre à égorger des animaux à vif tournés vers la mecque ?
      - NON
      doit on accepter les prières publiques ?
      -NON

      ATTENTION cependant, notre nation n’est pas née du néant, elle est le résultat d’une histoire, cette histoire est nourie de la pensée Grecque, du droit Romain et de l’éthique Judéo-chrétienne, elle est notre histoire, notre patrimoine.
      la loi 1905 a bien fait les choses
      cette date est une frontière
      certaines processions sont reconnues parce que précédent la loi et souvent d’origines paiennes (récupérées par le christianisme)
      doit on interdire NOEL ?
      -NON 

      une simple loi pourrait clarifier la situation
      -interdiction de produire, importer, commercialiser de la viande non conforme aux normes en vigueur concernant le bien être animal (l’égorgement à vif étant considéré comme une souffrance) 


      • eratosthène 6 mars 2012 12:11

        Faut arrêter avec l’islamisation de la France, c’est une ânerie. Les Musulmans ne représentent que 6% de la population et ne demandent qu’à vivre tranquillement.

        Personne ne prie dans la rue par plaisir, c’est un problème de manque de place. S’il y a 2000 personnes qui veulent prier alors que le bâtiment ne peut accueillir que 1000 personnes, il y en aura forcément 1000 dehors. C’est la logique même.

        Tu n’as absolument pas compris la définition de la laïcité.
        Rappelons les deux premiers articles de la loi de 1905 :
        l’article premier de la loi de 1905 :
        "La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public."

        Et ensuite l’article 2 :
        "La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte."

        Les abattoirs sont des entreprises privées, il ne s’agit pas de l’État, ils sont parfaitement libres de pratiquer l’abattage rituel dans le cadre de la liberté de conscience et des normes érigées par la loi. En l’occurrence, la loi autorise l’abattage rituel dans ce cadre conformément à l’article R214-70 du code rural :
        "L’étourdissement des animaux est obligatoire avant l’abattage ou la mise à mort, à l’exception des cas suivants :

        1° Abattage rituel ;

        2° Mise à mort du gibier d’élevage lorsque le procédé utilisé, qui doit être préalablement autorisé, entraîne la mort immédiate ;

        3° Mise à mort d’extrême urgence."

        L’abattage de l’animal sans souffrance est un mythe surtout que l’électronarcose a été adoptée pour sa capacité à abattre en quantité industrielle, pas pour lutter contre la souffrance animal. Il s’agit de mettre des pinces à l’animal et de lui envoyer une énorme décharge, tu crois vraiment qu’il ne souffre pas ?
        De plus, tu fais un amalgame énorme. Les autorités musulmanes sont dans l’ensemble favorables à l’électronarcose avant l’égorgement comme la mosquée de Paris par exemple.

        Si on suivait ta logique, ton argument sur noël ne tient pas car la fête de noël même païenne à la base était religieuse. Il s’agissait de commémorer les Dieux des saisons. Sinon, comptes-tu vraiment vouloir interdire toutes les fêtes religieuses ? Tu veux prohiber l’aïd et anouka ? C’est un État totalitaire en gros, ce à quoi tu aspires ?


      • posteriori 6 mars 2012 15:39

         Au fait Iran jacob, saurais tu nous expliquer pourquoi même le cochon est abattu selon les rites hallal ? Charlot !


      • eric 6 mars 2012 10:24

        Je suis un tout petit peu d’accord avec vous. Dans le discours de Bordeaux écouté in extenso, tout était très bien balancé, intelligent, modéré, ouvert et fondé sur les grands principes républicains.
        Je comprends qu’un candidat se doivent de rassembler son électorat potentiel et de répondre aux désirs variés de ses électorat mais aussi d’une majorité de français. ( question de la viande hallal, personnellement cette question m’indiffère, mais si cela défrise une majorité de mes concitoyens, il n’est pas anormal qu’un candidat à la présidentielle s’y intéresse).
        Je comprends aussi la nécessité d’entretenir les dissensions à gauche. Si à droite il y a toujours eu un consensus de fond sur une laïcité républicaine et française qui est un compromis évolutif, à gauche il y de vrais déchirement entre les partisans du tout ou rien. Et en particulier concernant l’Islam. Parce que le multiculturalisme, la diversité, etc... SI il en a été et il en est question en France. Et pas à droite.

        Mais je trouve qu’il y avait d’autres moyens de dénoncer l’irresponsabilité politique des leaders de gauche. Pour Aubry, par exemple, il est plus choquant de l’avoir vu dénoncer des expulsions des Roms, la semaine ou elle demandait au préfet l’expulsion de « ses » Roms à elle que de la voir faire des horaires pour les piscines séparée en exigeant la parité dans les entreprises et moins dans le service public.

        Dans l’ensemble le discours était un vrai discours de droite, fondé sur la vérité, les principes et l’absence de démagogie. Cela va être dur, tous le monde sera conduit à faire des efforts. Il faut dépasser nos archaïsmes et nos blocages. On doit rester ouvert, mais en tenant compte des réalités etc...

        Les allusions spécifiques à l’islam, visant à répondre à des préoccupation d’une grande majorité de la population ressemblent néanmoins un peu au populisme opportuniste démagogique de gauche. Genre françois Hollande : 99% des français ne sont pas hostiles à ce que l’on augmente les impôts des autres......Tous le monde est favorable à ce que l’on livre du bio de petits producteurs de proximité dans les cantines des écoles parisienne ( au moins tant que l’on ne se demande pas si il y en a assez et combien ça coute et qui va payer).

        Tous ce qu’a dit Sarkozy est vrai, mais tant avec les attaques ad hominem, qu’avec les allusions précises à l’islam, je trouve qu’il s’est un peu mis sur le terrain des discours de gauche au lieu de rester sur celui des intérêts nationaux et des principes.

        D’un autre côté il n’est pas mauvais non plus de mettre de temps en temps en évidence leur tartufferie opportuniste.


        • JL JL1 6 mars 2012 16:11

          Allah jacter ailleurs !

          Les parties impropres religieusement sont les abats !


        • Pierre Régnier Pierre Régnier 6 mars 2012 16:07

          Comme on dit : FALLAIT L’ FAIRE !

          Eh bien ILS L’ONT FAIT !

          « Ils », ce sont Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, Daniel Cohn Bendit, député européen d’Europe Ecologie les Verts, et le journaliste de France Inter Patrick Cohen.

          L’émission animée par ce dernier, « Les débats de la matinale » se déroule en deux parties. A 8h 30, en effet, elle est momentanément interrompue pour faire place à une revue de presse, puis elle reprend jusqu’à 9h.

          Ce mardi matin, dans la revue de presse était rapporté le fait suivant : à Pantin, un boucher partant en retraite a renoncé à chercher un successeur qui pourrait continuer sa boucherie traditionnelle. Il n’en a pas trouvé et a vendu son commerce à un jeune boucher d’origine marocaine "qui était encore un sans papiers il y a quelques années" précisait le journal.

          Cette boucherie, précisait encore ce journal, était la dernière boucherie traditionnelle de la ville de banlieue parisienne de 55000 habitants. 

          A la reprise les trois très sérieux débatteurs ont discuté de république, de laïcité, d’immigration et d’hallal, en réussissant le tour de force de ne faire aucun rapprochement avec l’information qui venait d’être donnée.

          Comptons ici sur Sylvain le déstigmatiseur, "toujours étonné par le manque de perspicacité des journalistes", pour nous expliquer, avec le renfort de bonnes âmes comme Fergus ou eratosthène que, effectivement, il n’y a aucun rapprochement à faire.

          Précisons tout de même, pour ceux qui ne se satisfont pas des tours de magie de France Inter et de Sylvain sur Agoravox, que l’ont peut trouver sur le site d’un parti qui, il y a peu encore (je ne sais s’il a rassemblé les 500 signatures) présentait un « petit candidat » à la Présidentielle, des réflexions très sérieuses sur le remplacement des peuples. C’est ici : 

          http://www.in-nocence.org/

          On n’est pas obligé de se laisser éternellement berner par les « grands candidats », les journalistes et les citoyens partisans de l’aveuglement volontaire.


          • Pyrathome Pyrathome 6 mars 2012 18:49

            Et ben, si Sylvain Rakotoarisson se met à gerber sur son ancienne idole maintenant, c’est que les carottes sont bien calcinées pour le lécheur de riches......ah ah ah !!


            • docdory docdory 7 mars 2012 09:41
              @Sylvain Rakotoarison
              Permettez-moi d’être en désaccord avec votre analyse.
              1°) Vous appréciez le discours prononcé par Sarkozy à l’université de Mentouri à Constantine. Or celui-ci est des plus contestable.
              Quand il dit, je cite : « vous pouvez être fiers d’être des jeunes musulmans parce que la civilisation musulmane est une grande civilisation », cela laisse supposer qu’il y a de petites civilisations. Or, ce qui a précisément été reproché à Claude Guéant, c’est d’avoir dernièrement parlé de de l’inégalité des civilisations en laissant sous-entendre que la civilisation musulmane serait une civilisation moins évoluée que la nôtre.
              Il faut être cohérent :
              - soit on soutient , contre toute évidence, l’idée selon laquelle toutes les civilisations sont « égales » , et dans ce cas , on est autant en droit de reprocher à Sarkozy d’affirmer que l’islam est une « grande » civilisation ( forcément par rapport à d’autres ) qu’à Claude Guéant d’affirmer que notre civilisation est supérieure !
              - soit on examine les apports respectifs de chaque civilisation à diverses époques. Si l’on peut dire qu’à l’époque ou l’Espagne du sud était un pays musulman, la civilisation musulmane présentait un certain raffinement, il est beaucoup plus difficile de prétendre la même chose concernant la civilisation musulmane actuelle. A part le pianiste de jazz Ahmad Jamal et le percussionniste Zakir Hussein, je ne vois guère de musiciens d’exception issus du monde musulman ayant marqué le paysage musical du XXème ou du XXI ème siècle. En peinture, le bilan est encore plus maigre. A part les sublimes calligraphies de Hassan Massoudy, je ne vois aucun peintre musulman ayant révolutionné en quoi que ce soit l’art de la peinture.
              Dans le domaine des sciences, le bilan est encore plus tragique : sur plus de 800 Prix Nobel attribués, seul 7 ont été attribués à des musulmans dont je crois 2 seulement en sciences ( alors que un cinquième de la population mondiale est musulmane ). Une chose est sûre, on n’a guère de chance de croiser de futurs prix Nobel dans des madrassas !
              Quand aux réalisations architecturales, la civilisation musulmane pourrait se vanter d’avoir bâti la plus haute tour du monde à Dubaï ( la « Burj Khalifa » ), seulement, l’architecture et l’ingéniérie de Burj Khalifa ont été conçues par Skidmore, Owings and Merrill de Chicago Adrian Smith en a été l’architecte en chef et Bill Baker en a été l’ingénieur en chef pour le calcul des structures. Rien de très islamique, donc, parmi les concepteurs et réalisateurs de ce tour de force architectural...
              Dire que la civilisation musulmane actuelle est une « grande » civilisation, c’est donc aller un peu vite dans l’analyse.
              Quand il dit « la France ne transigera pas avec l’islamophobie », il s’érige en censeur injustifié des opinions de certains de ses concitoyens. Qu’aurait on dit si un Président français, pendant la guerre froide, avait dit « la France ne transigera pas avec l’anticommunisme » ? Or le fait d’être opposé à l’idéologie mahométane pour des raisons philosophiques, politiques, féministes ou toute autre raison est une opinion parfaitement légitime, autant que le fait d’être anticommuniste, sauf à estimer que les religions sont des idéologies à part qui ne sauraient être soumises à la critique ou à la moquerie.
              2°) Quant au problème de la viande halal, je ne le considère pas comme vous comme un « thème typiquement extrémiste ».
              - d’une part, l’existence d’une dérogation religieuse à la loi imposant l’étourdissement des animaux avant abattage est en soi un scandale : cela veut dire que des dogmes religieux sont, dans notre République laïque, considérés comme supérieurs aux lois de la République. Or , il s’agit la d’un dangereux précédent . Lorsque la loi de la République contredit une « loi » religieuse, c’est la loi de la République qui doit s’appliquer, et non pas la « loi » religieuse.
              - d’autre part, la dîme ( taxe religieuse ) a été supprimée en 1789, en même temps que l’abolition des privilèges. Pour chaque kg de viande hallal abattue, environ 10 centimes d’euros sont prélevés par les autorités musulmanes et servent au financement du culte musulman. Or, la production de viande abattue rituellement est au moins égale au quadruple de la demande des 4% de musulmans résident en France. Par conséquent, ce qui n’est pas consommé par les musulmans est refilé aux consommateurs non musulmans, qui, en l’achetant, s’acquitteront sans le savoir de cette taxe halal privée. Cette situation est tout simplement intolérable et fait régresser la France au stade où elle était du temps de l’ancien régime.Il ne s’agit pas d’un thème extrémiste de refuser de payer une dîme, c’est au contraire un des fondements de la civilisation française.

              • Pierre Régnier Pierre Régnier 7 mars 2012 18:52

                @ docdory

                Je suis pour ma part réellement admiratif d’un art « musulman » et je crois que des artistes musulmans en sont réellement les auteurs. 

                Je ne parle ici ni de « la plus haute tour du monde à Dubaï », qui me semble une « des plus grandes stupidités architecturales », ni seulement des calligraphies de Hassan Massoudy que, comme vous, je trouve réellement sublimes, mais qui ne sont pas les seules sublimes calligraphies d’artistes musulmans, loin de là.

                Voici comment je m’expliquais, sur Agoravox, la beauté de l’art « musulman » dans mon article « Benoît XVI, premier responsable de la violence religieuse » : 

                « Je suis convaincu que, dans l’histoire des pays islamiques, bon nombre de »musulmans« ont trouvé des artifices pour vivre bien malgré leur religion tout en faisant semblant de l’aimer et la servir. Ainsi sans doute de très grands artistes qui ont fui la violence dans la création de telle ou telle forme de beauté : architectes, décorateurs muraux et caligraphes, par exemple, qui ont donné au patrimoine de l’humanité les merveilles de l’art »musulman".

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