Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Religions > Sœur Emmanuelle, la sainte rebelle et acharnée

Sœur Emmanuelle, la sainte rebelle et acharnée

« Fends le cœur de l’homme, tu y trouveras un soleil. »

Foi en l’homme, justice, solidarité, respect des autres, liberté de pensée… quelques valeurs que cette presque centenaire a transmises à des centaines de milliers d’enfants de ce monde avec un optimisme incroyable et une chaleur communicative.
 

Sœur Emmanuelle s’est éteinte dans la nuit du 19 au 20 octobre 2008 dans sa maison de retraite, à Caillan, dans le Var, au sud de la France. Elle aurait atteint 100 ans dans un petit mois, le 16 novembre 2008.

Il est toujours difficile d’évoquer une femme de cette envergure sans écrire des platitudes.


Dans mon Panthéon des femmes exceptionnelles

Je la placerais volontiers sur la même montagne olympienne que Germaine Tillion, Mère Teresa, Geneviève Anthonioz-De Gaulle ou Irena Sendlerowa, celle des grandes dames du XXe siècle qui ont donné un sens à leur existence, et qui l’ont consacrée au service des autres, de ceux qui en ont eu le plus besoin. Qui sont à la fois l’honneur des femmes libres et volontaires et l’honneur des êtres humains tout simplement.


Un début d’existence assez classique

Cette petite dame toute rabougrie mais aux yeux pétillants de vie est née dans une famille plutôt aisée à Bruxelles sous le nom officiel de Madeleine Cinquin.

Elle passe son enfance à Bruxelles, Londres (à cause de la Première Guerre mondiale) et Paris. Elle se comporte alors comme une midinette gâtée et capricieuse, aimant s’acheter de beaux vêtements et danser avec de jolis garçons.

Sa mère lui dit même : « Telle que je te connais, tu t’intéresseras moins aux livres qu’aux moustaches ! »


Religieuse et prof

Elle décide cependant d’entrer au couvent à l’âge de 20 ans. Sa mère n’est pas vraiment d’accord, elle la voyait mariée à une autre famille bourgeoise. Elle avait perdu son père à l’âge de 6 ans en se noyant sous ses yeux dans la mer du Nord, mais ce n’est pas la disparition de son père qui l’aurait motivée. Et à 22 ans, elle devient Sœur Emmanuelle, de la congrégation Notre-Dame de Sion.

Elle expliquera ainsi sa vocation : « Je ai voulu, moi, m’appuyer sur ce qui ne me trompera jamais. Jamais ! J’ai choisi Dieu. (…) Je voulais l’Absolu. Et sur Terre, l’homme, quel qu’il soit, ne peut pas vous apporter l’Absolu. »

Sœur Emmanuelle passe toute sa vie active dans l’enseignement des lettres : dans un lycée d’Istanbul en 1932, puis à Tunis en 1960, puis à Alexandrie en 1965.

En Tunisie, elle tombe amoureuse d’un de ses collègues professeurs qu’elle trouve intelligent, fin et séduisant. Elle réfléchit alors beaucoup durant une nuit : « J’avais choisi Dieu, je ne voulais pas changer de route. Je ne regrette rien. Je suis fière de m’être prise en main. Cela a été un peu difficile, mais on peut y arriver si on a un choix de vie. »


Beaucoup de compassion pour les plus démunis

Elle est très affectée par les pauvres qu’elles côtoient quotidiennement et essaie de sensibiliser ses élèves issus de familles privilégiées à la condition extrêmement précaire des exclus : « Tant qu’à les former, je vais leur apprendre à regarder vers les autres, à défendre la place de la femme dans la société, à s’occuper des miséreux. » Elle n’a pas réussi à être affectée auprès des plus démunis par sa congrégation. La Supérieure lui explique qu’elle fera plus pour les pauvres en instruisant les enfants de la classe privilégiée qu’en faisant ce que d’autres pourraient faire à sa place.

Lorsqu’elle arrive à la retraite, en 1971, Sœur Emmanuelle décide de rester en Égypte à laquelle elle se sent attachée. Elle veut d’abord soigner des lépreux au Caire, mais la zone est militarisée, c’est trop difficile d’obtenir les nombreuses autorisations.

Elle décide alors de partager sa vie avec les chiffonniers du Caire dans le bidonville d’Ezbet el-Nakhl, dans la plus grande pauvreté. Un quatre mètres carré au milieu des puces, des rats et des chiens, à côtoyer la misère de la drogue et de l’alcool, des femmes battues et des enfants saouls.

Elle cherche à améliorer leurs conditions de vie, de santé, d’éducation. Elle se fait rapidement accepter par eux grâce à sa grande ouverture. Elle utilise son énergie à faire construire des écoles, des dispensaires et cherche à favoriser le dialogue entre juifs et musulmans.

Dans les pays difficiles, où règnent la chaleur, la pauvreté et la promiscuité, Sœur Emmanuelle y développe aussi un extraordinaire optimisme : « Vous savez, en Occident, on ne sait plus rire. Là-bas, on riait beaucoup. »

Cinq ans plus tard, elle fait la rencontre (essentielle) de Sœur Sarah (Sarah Ayoub Ghattas), une sœur supérieure copte francophone d’origine aisée qui la rejoint et accepte de gérer la communauté, ce qui permet à Sœur Emmanuelle de parcourir le monde pour chercher des aides et de professionnaliser ses actions en recherchant des successeurs et en implantant son association (créée en 1980) dans plusieurs pays.


Une retraite très peu inactive

En 1993, alors qu’elle aurait préféré mourir dans son bidonville, Sœur Emmanuelle doit quitter l’Égypte (l’obéissance est l’un des vœux qui peut peser le plus chez les âmes indépendantes) et se retire en France où elle continue ses actions d’aide aux plus défavorisés (notamment les sans-papiers et les sans-abris) et d’encouragement à l’engagement des bénévoles pour développer cette aide. Elle passe beaucoup de temps à la prière et à la méditation. Sœur Sarah continuera à s’occuper des chiffonniers du Caire.

Parallèlement aux conférences et rencontres qu’elle fait, Sœur Emmanuelle rédige quelques bouquins pour expliquer son engagement et sa foi. Et surtout, pour aider ses actions de solidarité. Elle intervient dans les médias qui en font un peu l’alter ego féminin de l’abbé Pierre.

Selon Frédérique Neau-Dufour dans sa biographie de Geneviève Anthonioz-De Gaulle, Sœur Emmanuelle aurait même convaincu Jacques Chirac en 1995 de baser sa campagne présidentielle sur la fracture sociale (un thème cher également à Philippe Séguin).


Reconnaissance des hommes

La République française a "largement" décoré cette femme exceptionnelle avec la Légion d’honneur, devenant commandeur le 1er janvier 2002 (des mains de Jacques Chirac qu’elle tutoyait comme tous ses autres interlocuteurs, car, en arabe, tout le monde se dit toujours "tu") puis grand officier le 31 janvier 2008 (des mains de Nicolas Sarkozy).

Mais pour elle, ces honneurs ne devaient pas valoir pas grand-chose comparés au sourire d’un enfant qu’elle aurait croisé.

Sœur Emmanuelle, c’était une dame qui ne regardait pas les titres pour s’adresser à une personne, qui considérait tout le monde égal, avec la même dignité.

Elle a compris très vite (comme d’autres "religieux médiatiques" tels que Mgr Jacques Gaillot ou l’abbé Pierre) que les médias étaient une caisse de résonance formidable et le revers de la médaille : « L’orgueil se glisse partout. J’ai beau être une religieuse, quand on parle de moi, ça me fait plaisir. »

Jean-Marie Cavada, Patrick Poivre d’Arvor, Michel Drucker, Bernard Pivot… tous les grands présentateurs l’ont invités à partir de 1990 sur les plateaux de télévision.

Jacques Delors a avoué avoir été très impressionné par la religieuse, Danièle Mitterrand et Charles Pasqua ont été sous le charme et un autre interlocuteur expliqua : « Elle vous secoue, vous charme et vous cannibalise. »

Sœur Emmanuelle analysait les conséquences de sa médiatisation ainsi : « Je me suis calmée peu à peu. Je dis bien : peu à peu. Pas en un jour. L’orgueil aussi. Depuis des années, quelque chose de terrible m’est arrivé : je suis devenue médiatique. Pour servir les autres, j’ai brassé des millions, parcouru la planète, rencontré ceux que l’on appelle les plus grands, les plus puissants et les plus célèbres en tout cas. Cela m’a donné un sentiment grisant. Pourtant, aujourd’hui, j’en mesure les limites. »


Une religieuse très libre et pragmatique

Elle était d’une grande gentillesse, mais elle n’était pas forcément consensuelle. Capable de dire les choses parfois crûment, elle avait avant tout un sens humain hors du commun et un esprit très pragmatique. Elle n’a jamais cherché à faire évoluer les choses d’en haut, mais d’en bas. Elle était capable de secouer les gens par ses paroles. Adepte du fameux "Aide-toi et le ciel t’aidera !"

Son esprit d’indépendance, elle l’aurait trouvé dans la mort de son père et quelques jours après, dans la crainte de voir sa mère mourir également lors de la traversée de la Manche pour fuir les Allemands en décembre 1914 : « Je crois qu’à partir de ce moment s’est développé en moi un grand esprit d’indépendance : l’hypothèse de me retrouver seule, vous comprenez ? »

Tout en étant très engagée religieusement, Sœur Emmanuelle était un "soldat" du terrain, qui voyait les problèmes concrètement. Elle avait observé qu’il existait beaucoup de prêtres mariés en Orient et que cela ne gênait personne, sauf qu’ils arrivaient parfois en retard à la messe !

Sœur Emmanuelle aimait beaucoup raconter à ses interlocuteurs qu’elle avait écrit une belle lettre au pape Jean-Paul II qu’elle admirait beaucoup pour lui expliquer qu’il était nécessaire de distribuer la pilule contraceptive et le stérilet au Caire, car elle voyait beaucoup de petites filles mariées dès l’âge de 11 ans (pour la dot), et qu’elles faisaient des enfants très tôt et très nombreux, à forte mortalité (plus de la moitié), et qu’il fallait stopper cela.

Elle n’avait jamais reçu de réponse de la part du pape mais « je sais qu’il a reçu ma lettre, parce que je la lui ai fait apporter par un intermédiaire qui le connaissait très bien. » [ma supposition personnelle : Jacques Delors ?] Ce qui lui fit conclure ainsi : « S’il ne me répond pas, c’est qu’il ne peut pas, que sa fonction l’en empêche. Mais en ne condamnant pas, il approuve. »


Rebelle et révolutionnaire

Son franc-parler pouvait choquer comme lorsqu’elle racontait, à propos d’un charter de retour des Philippines rempli de notables venus abuser d’enfants : « Si j’avais eu une bombe à ma disposition, j’aurais, comme les kamikazes, fait sauter l’avion !  »

Ou alors : « Un jour, à Genève, j’ai dit devant une assemblée très convenable : si je ne trouve pas 30 000 dollars, il ne me restera plus qu’à faire un hold-up. Alors là, j’ai eu du succès et j’ai eu les 30 000 dollars. »

Elle détestait ces bons chrétiens qui ne faisaient rien pour les pauvres : «  Qu’un homme soit riche et égoïste, c’est son affaire. Mais qu’il ose se dire chrétien et s’achète une bonne conscience en allant à la messe, cela je ne le supporte pas. Et je gueule ! Qu’on relise donc saint Matthieu ! C’est révolutionnaire, saint Matthieu ! J’ai eu faim, soif, froid et tu es venu vers moi… Ce n’est pas une question de messe, mais une question d’entraide et d’amour des autres. »

La révolution, elle aurait voulu la faire si elle avait été plus jeune et elle l’avait encouragée : « Je sais bien que je ne fais que colmater des brèches sans ébranler l’injustice sur laquelle est bâti le monde. Mais je compte sur les jeunes. Je leur dis : ayez des diplômes, maîtrisez plusieurs langues et infiltrez-vous dans les sociétés et organisations internationales. C’est vous qui pourrez insuffler d’autres valeurs, influencer les gouvernants. Ah ! Si j’avais été plus jeune, j’aurais moi-même rencontré les présidents de pays producteurs de coton pour les inciter à s’entendre sur son cours, scandaleusement bas ! »


L’islam et le foulard

Sœur Emmanuel considérait l’islam comme une religion non violente : « Par essence, le musulman n’est ni un violent, ni un fanatique. J’en au connu des milliers. Seulement, chaque homme, surtout jeune, est enclin à libérer ses instincts primaires. »

Elle se gardait d’ailleurs bien de faire du prosélytisme et d’essayer de convertir des musulmans : « Cela n’est vraiment pas un service à rendre en terre d’islam ! Ce serait comme arracher un arbre à sa terre, les couper de leur milieu, peut-être les condamner à mort. »

Et elle était contre l’interdiction du foulard à l’école : « N’est-il pas essentiel de respecter celui qui pense autrement ? Si aujourd’hui j’étais chrétienne à l’école, je porterais un voile uniquement par instinct de liberté. »


Pas la peur de mourir, mais celle de souffrir

Dans L’Express, Jacques Duquesne qui a interviewé Sœur Emmanuelle pour un livre d’entretiens prévu pour ses 100 ans affirme qu’elle avait surtout peur de l’agonie : « Elle est morte sans souffrir, comme elle le souhaitait. Elle a été exaucée. »

En regardant sa vie si intense, Sœur Emmanuelle se réfugiait dans l’humilité : « J’aurais pu mieux faire, j’aurais dû mieux faire ! Mais j’ai fait ce que mon cœur et Dieu me dictaient ! »

Car ce qui était essentiel à ses yeux, c’est que ces soixante-dix mille enfants dans le monde dont elle avait la charge, ils puissent bénéficier d’autres Sœur Emmanuelle, d’autres mères pour les soulager de la misère et de la pauvreté.


« Je sens maintenant ma barque s’éloigner peu à peu du rivage »

Sœur Emmanuelle voulait délivrait ce message : « J’ai eu une vie heureuse. Je ne peux que répéter qu’il faut donner aux autres optimisme, volonté et amour. (…) Sans partage, sans solidarité, on ne peut pas faire progresser l’humanité, il faut donc s’acharner. »


Et pour elle, ce qu’elle avait vécu dans son bidonville, c’était un peu comme ce que pourrait être le paradis qu’elle vient maintenant de rejoindre : « La joie régnait, une joie profonde, qui tenait à la solidarité. »


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (20 octobre 2008)


Pour aller plus loin :

Sœur Emmanuelle par elle-même (L’Express, 14 août 2008).

Articles du Monde et de L’Express sur Sœur Emmanuelle (20 octobre 2008).


Vidéo sur la religieuse.

 

 

 


JPEG - 60.3 ko
Sœur Emmanuelle / Crédits : Abacapress


 

Documents joints à cet article

Sœur Emmanuelle, la sainte rebelle et acharnée Sœur Emmanuelle, la sainte rebelle et acharnée Sœur Emmanuelle, la sainte rebelle et acharnée Sœur Emmanuelle, la sainte rebelle et acharnée Sœur Emmanuelle, la sainte rebelle et acharnée

Moyenne des avis sur cet article :  3.36/5   (88 votes)




Réagissez à l'article

219 réactions à cet article    


  • Dr. Larsen Mr Hyde 21 octobre 2008 09:57

    Une Grande Dame.


    • Super resistant de l’islam 21 octobre 2008 10:05

      Une personne remarquable, un exemple de vraie generosité.


      • Gilles Gilles 21 octobre 2008 11:22

        Pourtant seb elle a aidé des EGYPTIENS, musulmans pour la plupart, dont certains votent maintenant pour les frères musulmans, voir posent des bombes.

        Et tu la soutient ? t’es un comique toi


      • John McLane John McLane 21 octobre 2008 10:16

        Hier soir, chez Pujadas, une demi-heure consacrée à la disparition de la religieuse, avec des guest stars en veux-tu en voilà (Kouchner, Drucker, etc.). Un telle hystérie commémorative est tout simplement inadmissible sur le service public. Dans un état laïc qui plus est !

        Je ne cherche pas à minimiser l’action caritative de soeur Emmanuelle. Ce qu’elle a fait au Caire est humainement beau, c’est clair. Mais, merde, étaler sa disparition sur une demi-heure dans le difficile contexte actuel, où le monde est en train de se muer sous nos yeux, et reléguer les autres informations à de simples vignettes, j’appelle ça une faute professionnelle, moi !


        • geo63 21 octobre 2008 10:50

          @John McLane : d’accord avec votre commentaire, ce qui m’a le plus particulièrement écoeuré c’est la présence de Drucker qui bien entendu a parlé de lui-même avant tout. Ce Monsieur est devenu la référence humaine, humanitaire etc...Il a utilisé France 2 pour promouvoir son livre...Avec la crise actuelle et le merdier médiatique nous atteignons le sommet du mépris des citoyens.


        • Gilles Gilles 21 octobre 2008 11:26

          j’éi commencé à regarder le JT de France 2...j’en pouvais plus de cette hagiographie, j’ai zappé. je revenais toute les 5 minutes pour voir que 95% du journal était consacré à la Soeur

          Le jité est vraiment une "messe"....de récupération. A faire gerbe la soeur si elle les a entendu de son paradis

          J’ai tout de même vu KOuchner qui a été vraiment, mais vraiment, abject. Ce ton de commisération exagéré, ses louanges sur ces propres exploits....tout y était : ce type est de venu d’un répugnant à vomir. Quelle fin de carrière minable qui occulte un passé pourtant digne


        • Céphale Céphale 21 octobre 2008 10:26

          Il a gagné Sylvain : premier dans la course à la bondieuserie sur AV !


          • A. Nonyme Trash Titi 21 octobre 2008 11:26

            				"par Abgeschiedenheit (IP:xxx.x23.179.242) le 21 octobre 2008 à 10H33 				
            				

             
            					Je n’apprécie pas ces gens dont le fond de commerce est la pauvreté des autres sans laquelle ils ne seraient rien socialement".

            Celui-là, je me demande quand même s’il ne mérite pas la médaille d’or !!! Sûr, sœur Emmanuelle c’est du gros business ! La connerie atteint parfois des profondeurs abyssales...


          • Traroth Traroth 21 octobre 2008 11:33

            "Le vrai généreux, c’est tout autre chose, il s’occupe de lui" : Alors celle-là, elle est excellente ! smiley


          • A. Nonyme Trash Titi 21 octobre 2008 11:59

            Ouaip, pas mal, genre charité bien ordonnée commence par soit-même...


          • Muadib 21 octobre 2008 10:46

            Pour avoir assisté à une de ces conférences, je confirme le "acharnée".

            On peut regretter l’utilisation que certains politiques vont faire de sa disparition mais je pense que l’essentiel est qu’on parle de son action et de la situation des pauvres. Qu’ils soient en France ou au Caire.

            Pour le reste, je ne vois que quelques personnes frustrées qui pensent que leur combat contre l’Eglise doit s’accompagner d’une lutte implacable contre ceux qui en font partie.
            Quoiqu’ils fassent.
            Quoiqu’ils pensent.

            Je les plains...


            • SR-71 21 octobre 2008 10:47

              Ce que dit Abgeschiedenheit est brutal mais interressant.
              Cette femme n’a jamais travaillé de sa vie, mais pratiqué
              une passion.... 


              • Muadib 21 octobre 2008 10:55


                Que doit-on comprendre de votre intervention lumineuse ?.

                Que donner des conférences pour récolter de l’argent, que donner l’impulsion pour construire des écoles, des jardins d’enfants, qu’éduquer les jeunes filles à autre chose qu’au maschisme c’est...pas du travail ?

                Que ca ne demande aucun effort ?

                Le rendez-vous des frustrés ce fil.


              • SR-71 21 octobre 2008 11:00

                Frustré de quoi ?


              • sisyphe sisyphe 22 octobre 2008 00:53

                Ah bon !

                Je ne vois pâs ce que je viens faire dans cette énumération, vu que je rends moi-même un hommage à cette femme magnifique, et mon total respect ; mais bon.... 

                Haddock en profite pour se défouler ; à propos de la mort d’une telle belle femme, c’est pas vraiment glorieux, mon pauvre...


              • Dzan 21 octobre 2008 10:55

                Respect pour la personne, et son action, mais je rejoins les intervenants sur AV qui trouvent que , la TV publique, alimentée par nos taxes, n’a pas, surtout dans le contexte actuel, a consacrer 1/2 heure à cette religieuse, dan le JT..
                Qu’apres, il y ait une édition spéciale, je trouverais ça normal.

                Apres Sarko et le pétomane Bigard chez le Pape, la nomination de notre Guide Suprême au grade de Chanoine de St Jean de Latran, il s’instaure dans notre ? République un vent de bondieuserie.

                Ca a permis à A2 de squizzer les problèmes graves de l’Education Nationale- entre autres-

                Je ferai remarquer à ses laudateurs sur AV, qu’elle a demandé à ètre inhumée dans la plus stricte intimité.



                • LE CHAT LE CHAT 21 octobre 2008 10:57

                  chapeau bas ! tout comme soeur Teresa et l’abbé Pierre , elle a vraiment mis en pratique la théorie !
                  une grande dame ! un franc parler et une touche d’humour en plus !


                  • mikaboom 21 octobre 2008 10:58

                    L’auteur a écrit : "Tout en étant très engagée religieusement, Sœur Emmanuelle était un "soldat" du terrain, qui voyait les problèmes concrètement. Elle avait observé qu’il existait beaucoup de prêtres mariés en Orient et que cela ne gênait personne, sauf qu’ils arrivaient parfois en retard à la messe !"

                    Oui enfin, contrairement à ce que pensent les bonnes ames en France (qui n’y connaissent rien comme d’hab) les églises d’Orient qui effectivement autorise le mariage des pretres, ne l’autorise uniquement AVANT les voeux du séminariste. 

                    Ainsi, il ne faut pas croire qu’un pretre depuis 20 ans, célibataire, peut se marier comme ca parce qu’il en a envie.



                    • barbouse, KECK Mickaël barbouse 21 octobre 2008 10:59

                      morice, a partir de maintenant je boycott tous vos articles, et zap vos commentaires, aprés une telle réaction, Lorsqu’on ne respecte rien, pas même le deuil, ne vous étonnez pas si vos propos, opinions, sensibilités, rencontrent la même réaction.

                      barbouse


                      • Yohan Yohan 21 octobre 2008 18:59

                        Quoi Momo a encore sévi ?. De toute façon, il est coutumier du fait. Il ne respecte pas les morts et il fait chier les vivants. 


                      • Zalka Zalka 21 octobre 2008 11:06

                        Le premier fil moricien ayant été supprimé (à juste titre), je reposte, histoire d’ajouter (comme tout le monde mon petit hommage). Bravo à cette grande dame qui aura passé sa vie non pas à éradiquer la misère (c’est impossible), mais à soulager les misèreux. Et peu importe qu’elle fut religieuse. Je suis laïque avant d’être athée et la foi des autres ne trouble pas mon jugement lorsque de bonnes actions sont faites. Sans être spécialiste des "saints" et autre trucs religieux, Madeleine Cinquin est sans aucun doute une sainte telle que je l’imagine.


                        • chevsinclair 21 octobre 2008 11:11

                          Vraiment une bande de crétins sur Agoravox

                          Les commentaires reflètent le niveau des lecteurs et des auteurs.

                          Cet hommage, bien que gentil, n’a rien appris à personne. Il est exactement ce qu on entend à la TV sans arrêt, et on insiste fortement sur le côté "je distibue des pillules" de soeur emmanuelle.
                          Sauf que, les média qui aiment à la présenter comme ça, et la foule de paiens qui souhaiterait l’imaginer moins catho qu’elle n’était, se fourrent le doigt dans l’oeil.

                          Elle passait des heures à prier, elle croyait en Jésus Christ avant tout, et n’était pas si oecuménique quand elle disait que seule le catholicisisme était une religion d’amour. Elle avait raison. Et les bobo du nouvelobs aimerait nous faire croire le contraire.

                          Ayant eu la chance de lui parler, je peux vous dire qu elle aimait le saint père de toutes ses forces, JPII à l’époque, et, était entièrement d’accord avec le dogme de l’Eglise ;

                          Pas la peine de nous faire croire le contraire, elle avait la foi. Point barre. Et c est la foi qui lui donnait cette force.

                          Merci aux bobos qui comprenent rien à la foi catholique, et qui disent que la messe ça sert à rien, de pas trop la ramener, vous êtes tous à côté de la plaque.

                          ciao


                          • mikaboom 21 octobre 2008 11:28

                             Crétins ?

                            le mot est faible.

                            Ce sont de vrais ignares qui puent l’idéologie.


                          • foufouille foufouille 21 octobre 2008 12:08

                            je vois vraiment pas ce que ca peut faire qu’elle etait croyante
                            au moins elle a applique sa religion


                          • morice morice 21 octobre 2008 11:11

                             Remarquez pour une fois, Sylvain a 5 ans d’avance :

                            Selon l’article 9a des Normes pour la cause des saints (Novæ leges pro causis sanctorum), promulguées le 7 février 1983, les évêques doivent attendre cinq ans après la mort de la personne concernée avant d’introduire sa cause, afin que l’émotion n’entre pas en ligne de compte.

                            La plupart des théologiens ne considèrent pas la béatitude comme une déclaration infaillible de la part de l’Église, contrairement à la canonisation.

                            moi, voyez vous, j’ai beaucoup de mal avec quelqu’un qui dit ça :
                            « La mort, c’est le plus beau jour de la vie »


                            • morice morice 21 octobre 2008 11:14

                               Dans mon Panthéon des femmes exceptionnelles

                              avec qui, sans indiscrétion ? Jeanne D’Arc ?


                            • morice morice 21 octobre 2008 11:18

                               Papyn la pâmoison est nécessaire pour savoir si c’est une sainte ou pas. Et une sainte à une odeur, je vous le rappelle. Je dois vous rappeler votre religion ou pas ?

                              La locution odeur de sainteté est attestée après 1650. Elle évoque l’odeur agréable de fleur que serait censé produire le cadavre (relique) de certains saints ou bienheureux immédiatement après leur mort. La personne est alors dite myroblyte.

                              Par métonymie, la locution est devenue quasi-synonyme d’être dans les bonnes grâces d’une personne ou d’une institution, y compris profane.

                              Sœur Emmanuelle est-elle myroblyte ? Sylvain a déjà tranché : c’est oui. Je ne sais pas comment il fait sur internet, mais moi, voyez-vous, j’ai un DOUTE.


                            • morice morice 21 octobre 2008 11:23

                               par Zalka (IP:xxx.x0.101.7) le 21 octobre 2008 à 11H06 

                               
                              Le premier fil moricien ayant été supprimé (à juste titre), 

                              demandez à papy, il enregistre tout. "Une"sainte" ? ? ? je rêve là... voilà l’autre qui tombe en pâmoison maintenant."... c’était la teneur. Il est où le ’juste titre"  ? Qu’un forum démocratique laisse filer un titre carrément catho et qu’on ne puisse pas le décrier ? Depuis quand les fils sont des tribunes religieuses ? Pour moi elle n’était pas sainte. C’était une femme, une grande femme. Ce n’est pas pour autant que je médis. Ni ne l’admire. C’est si difficile à comprendre que ça ? 

                            • morice morice 21 octobre 2008 11:24

                               par Traroth (IP:xxx.x01.139.75) le 21 octobre 2008 à 11H22 

                               
                              Elle était pour la contraception. Mon petit doigt me dit qu’elle ne sera pas béatifiée avant très, très longtemps !

                              exact, ellle avait vu les dégâts de la surpopulation à la JPaul II partout ... merci de le rappeler !

                            • Gül, le Retour II 21 octobre 2008 11:28

                              Je comprends que vous avez cherché à vous mettre en avant comme d’habitude et que vous avez fait preuve d’un manque de respect difficilement acceptable !

                              Vous devriez plutôt faire profil bas et vous taire !!!


                            • morice morice 21 octobre 2008 11:29

                               
                              C’est une évidence qu’elle soit canonisée !

                              ah bon... faut d’abord vérifier sa myroblitée. J’y peux rien, c’est comme ça. Attention, pour être canonisé faut d’abord être béatifié.


                              (Religion) Mettre dans le catalogue des saintssuivant les règles et avec les cérémonies pratiquées par l’église.
                              • Il est béatifié, mais il n’est pas encore canonisé. Le Pape l’a canonisé.

                            • Castor 21 octobre 2008 11:36

                              Quoi, Morice ?

                              le gros naze qui a fait supprimer l’image choisie par un auteur pour son article ?
                              Celui qui l’a fait pour faire plaisir à un copain catho qui avait été choqué ?
                              Le roi de la censure à géométrie variable ?
                              Le killer de pastèques ?

                              Non, vous déconnez...


                            • cogno 21 octobre 2008 11:12

                              Relisez vous bande de morveux.
                              Vous en pouvez pas vous empêcher de venir déféquer vos rengaines habituelles, l’un avec sa religion, l’autre avec ses gauchistes (c’est vrai qu’a droite, l’altruisme est une vocation...), d’autres encore avec morice, vous êtes à gerber !

                              Ce genre de personnage est à prendre en exemple, à l’instar de l’abbé Pierre, ils vous montrent la voie, ils ne viennent pas vous faire chier avec leur religion, ils se focalisent sur l’Humain, et s’il y en avait un peu plus comme ceux là, les choses pourraient ête différentes.


                              • cogno 21 octobre 2008 11:15

                                @ Chevsinclair.

                                C’est ça , viens me faire l’éloge du catholicisme, tu seras bien reçu.
                                Dieu n’est pas la religion, le religion est un artifice humain, pas dieu.


                              • Fergus fergus 21 octobre 2008 11:14

                                Voir les membres de l’oligarchie politique, industrielle et financière, comme Sarkozy, verser aujourd’hui des larmes de crocodile sur Soeur Emmanuelle me soulève le coeur. Ces gens-là ne sont que de fieffés faux-culs car toute leur action ne vise qu’a augmenter les profits de quelques-uns sans se soucier des conséquences pour les plus fragiles !


                                • cogno 21 octobre 2008 11:18

                                  Ces gens là applique la religion made in USA, ou être plein de pognon est une récompense divine, et si on est pauvre, c’est qu’on a pêché.


                                • Tyner 21 octobre 2008 11:51

                                  Cracher sur la thématique de la "sainteté" en tant que telle, c’est n’apporter aucun argumentaire pragmatique (c’est-à-dire politique) sur la place et l’influence de l’Eglise dans la société.

                                  Plus utile aujourd’hui, je crois, est de se demander pourquoi l’Eglise va cannoniser les parents de sainte Thérèse : uniquement pour flatter quelques prières guérisseuses qui leur sont adressées par une minorité et ramener quelques "brebis attirées par des marges" ? C’est, politiquement, un acte à analyser soigneusement.

                                  A l’inverse, que l’Eglise béatifie rapidement, à terme, soeur Emmanuelle, serait un événement apprécié par beaucoup, et au-delà des croyants : le "pourquoi" serait riche en leçons de vie, en amour. Questions :

                                  - Est-ce que cela va se faire ? Certaines de ses prises de position non conformistes vont-elles passer au grill du procès ? Sous quel Pape ? Certains catholiques prieront-ils pour cette éventuelle sainte qui avait estimé que la vie sexuelle des femmes les regarde elles et elles seules ?...

                                  -  Imagine-t-on que, dans 100 ans, on veuille béatifier les parents de Soeur Emmanuelle ?!? [Ce qui se passe actuellement pour sainte Thérèse].


                                  Bref : qui peut douter que la canonisation est un instrument politique de l’Eglise ? Mais la Sainteté est aussi probablement un "moteur" de la foi au niveau strictement individuel [phrase maladroite typique d’un mécréant ! Désolé !]. Je me permets donc une question à ceux qui ont la foi : ceux qui, parmi eux, prient pour soeur Emmanuelle ces jours-ci (ou avant), certains estiment-ils que, une fois celle-ci sainte, leurs prières seraient plus "justifiées" ? plus "ferventes" ? Plus "quoi" ?


                                   



                                   
                                   


                                • Traroth Traroth 21 octobre 2008 11:22

                                  Elle était pour la contraception. Mon petit doigt me dit qu’elle ne sera pas béatifiée avant très, très longtemps !


                                  • Traroth Traroth 21 octobre 2008 15:53

                                    Je pense que les récompenses posthumes, les personnes "concernées" s’en foutent à peu près dans 100% des cas, en fait...


                                  • Gül, le Retour II 21 octobre 2008 11:23

                                    @ Tous

                                    Je ne conçois pas qu’un tel article sur une telle femme puisse être à ce point polémique ???

                                    Morice, vous n’avez fait qu’y apporter toute votre aigreur et votre haine ! smiley

                                    C’est lamentable !

                                    Je préfère me rappeler son sourire, ses yeux pétillants de malice, ses actions et l’extraordinaire force que ce petit bout de femme représentait.

                                    C’est une évidence qu’elle soit canonisée !

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès